Tag: Formation

  • À Martigues, les surveillants de baignade de demain en formation

    À Martigues, les surveillants de baignade de demain en formation

    « On n’a pas d’équipements comme ça à Marseille », s’émerveille Brahim Timricht, de l’association marseillaise Le Grand bleu, à propos de la piscine Avatica de Martigues. Cinq jeunes martégaux de 18 à 23 ans font des allers-retours dans le bassin de 25 mètres ce mercredi matin, sous les yeux de leur enseignant Houssine Naouar. Tantôt en nage libre, tantôt sur le dos et sans les mains, parfois une pause avant de reprendre, le programme est soutenu.

    Un emploi garanti à la fin

    Normal. Depuis lundi, la structure marseillaise connue pour enseigner la nage et plus encore aux enfants a débarqué à Martigues pour former des jeunes adultes au Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA). « Pour les préparer il faut améliorer leur pratique de la natation », explique l’enseignant. « En plus de la préparation physique, on apporte de la technique, chaque épreuve est chronométrée », détaille-t-il avant de lancer un nouvel atelier « prise de dégagement ».

    En binôme, un stagiaire simule une noyade pendant que l’autre doit le saisir au poignet, plaquer son bras au buste, puis le « remorquer » le plus loin possible, la tête hors de l’eau. « À l’examen il faut tenir 10 mètres. Pour l’entraînement je leur en demande 25 comme ça on est serein », confie Houssine Naouar. « Le cardio il est fini, on aurait dû commencer par ça », lance Thomas Miseranni, 18 ans et benjamin de l’équipe, essoufflé après avoir tracté son camarade Nabil Boukelkoul.

    Ce dernier est entré grâce au centre social Notre-Dame-des-Marins. « J’étais à un stade où j’en avais marre de l’école, je voulais quelque chose de professionnalisant », relate-t-il. « En plus la formation est gratuite, c’est pas négligeable et on trouve du taf partout : plages, piscines, campings et croisières. » Une préférence ? « Les croisières, ce serait pas mal », confie-t-il.

    Après la séance, les jeunes sont en formation générale au secourisme de 11h à 17h pause comprise, pendant 15 jours. « On sort 50 sauveteurs aquatiques par an depuis 15 ans », souligne Brahim Timricht du Grand Bleu. « Cette nouvelle formation, financée par la Politique de la Ville de l’État nous donne une ampleur départementale. À la sortie, l’emploi est positif à 100% », assure-t-il, une aubaine pour « les jeunes envoyés par les centres sociaux, la Ville la Mission locale et France travail ».

    Cela suscite des vocations. En fin de séance, Thomas Miseranni ose : « Je suis volontaire pour être maître-nageur. » Le CFA du Grand Bleu sera sa porte d’entrée, la même que son enseignant dix ans plus tôt.

  • Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    « Je me suis pris une amende alors que j’étais en règle, ça m’a pas trop fait rigoler. Et je leur ai dit parce que beaucoup de jeunes qui travaillent ici ont eu des problèmes. C’est parti de moi l’initiative. » Comme Dylan et Kevin, trisomiques, Théophile, lui atteint du syndrome de l’X-fragile, prend le train depuis Marseille pour venir travailler à la « Gare des étoiles », initialement la halte SNCF de Niolon. Un tiers-lieu investi depuis 4 ans par l’association « T’Cap 21 » qui propose de la restauration aux voyageurs avec son « Train Inc Café », permettant aussi aux jeunes de travailler en cuisine, au service ou à la plonge, sans oublier une multitude d’activités et d’actions pour l’inclusion. Et ces employés en témoignent, pour eux, se faire contrôler à bord du TER peut être une véritable épreuve, engendrant stress et incompréhension.

    La mauvaise expérience de Théophile a interpellé Julianne, conductrice de train sur la ligne Marseille-Miramas et membre de T’Cap 21 qui faisait déjà le lien avec le « Train Inc Café » en organisant des opérations « citronnades » où les jeunes apportaient sur le quai de quoi désaltérer les personnels de la SNCF. Elle en discute avec sa collègue Orkia, contrôleuse. « Je me suis dit il faut qu’on fasse quelque chose, qu’on puisse intervenir et qu’on les rassure ces jeunes. Moi je suis contrôleuse, je ne suis pas méchante », explique cette dernière.

    Sensibiliser les agents

    de la SNCF

    La hiérarchie a suivi. L’idée vient de démystifier le contrôle en y faisant participer les jeunes sur une journée puis de les munir d’un cordon avec un badge spécifique de « super voyageurs » pour leurs déplacements. « Avec cette identification forte, cela leur permet d’être visibles et d’éviter le stress de chercher l’abonnement dans le sac », explique Andrine Bernard, directrice des lignes TER Ouest Provence, pour qui « ce projet a pointé du doigt le fait que nos salariés, dans le cadre de leur formation, doivent être sensibilisés à tous nos voyageurs et toutes les situations qu’ils peuvent rencontrer », reconnaissant que « jusqu’à présent, c’est vrai qu’on était focalisés sur la partie sûreté, gestes et postures, potentiellement avec des voyageurs sans titre de transport ou avec un tarif non adapté ».

    Pour Nora, trésorière de T’Cap 21 et maman de Kevin, 32 ans, un des quinze « supers voyageurs », l’autonomie de son fils est primordiale. « Depuis ces 15 ans, il prend le taxi seul. Mon mari est décédé, je travaillais, on n’avait pas le choix. Là il va au café deux jours par semaine puis, le reste du temps, dans un foyer parce qu’il n’aime pas rester seul. La solitude est un poids. Il se débrouille, il fait un trajet d’une heure et demie tous les matins, tous les soirs », raconte-t-elle. Kevin nous montre fièrement son abonnement avec lequel il va aussi voir sa copine dans Marseille. « Dans le train, je suis avec le casque, dans ma bulle et avec le badge, et puis aussi Julianne, je suis rassuré », confie-t-il.

    La SNCF imagine développer le projet sur d’autres lignes, avec le soutien de la Région dont le représentant, Jean-Pierre Serrus (Ren.) est venu « en observateur ». « On accompagne cette initiative. La Région prend là des idées opérationnelles sur ce qu’on peut faire de plus pour que notre service public s’adresse à tout le monde… En particulier. On va réfléchir comment on va essaimer », annonce l’élu.

    Pour Julianne et Orkia, il faut aller plus loin : « Ces jeunes sont ceux qu’on connaît, qu’on aime, on est fiers d’eux mais on pense aussi à toutes les autres personnes en situation de handicap visible ou non, et pas que. Il y a aussi des personnes qui manquent de repères et pour qui prendre le train est une épreuve. Pourquoi pas étendre cette sensibilisation à ces gens-là aussi… »

  • La promo Souad Dinar en stage au Creps d’Aix

    La promo Souad Dinar en stage au Creps d’Aix

    Souad Dinar, six fois championne de France d’haltérophilie (1998, 2000, 2001, 2004, 2005, 2007) n’a pas pu être présente pour raison familiale.

    Mais l’Istréenne était très touchée de l’idée de la Fédération française d’haltérophilie et musculation de donner son nom à la sixième promotion d’éducateurs, qui s’est retrouvée durant trois jours au Creps d’Aix en Provence.

    « Les stagiaires viennent de toute la France et suivent cette formation dans l’optique de devenir entraîneur », détaille Jean-Luc Lebaigue. Celui qui est aujourd’hui président de la Ligue Sud a été le fondateur des clubs d’Istres, où Souad Dinar était licenciée, puis du lycée Dumont-d’Urville à Toulon avait fait le voyage au Pont de l’Arc pour rencontrer les futurs diplômés.

    Il apprécie de voir que sa discipline attire de plus en plus de monde, notamment du côté des femmes. Et que des athlètes d’autres sports viennent s’y former. « Nous avons dans cette promotion un ancien judoka, un professeur d’EPS et un enseignant en Staps », détaille-t-il.

    Bien se servir de son corps

    Tous sont venus parfaire leur connaissance d’un sport d’une grande richesse pédagogique et complémentaire de nombreuses disciplines. « Certains viennent pour un renforcement musculaire, d’autres pour mieux maîtriser les gestes et les postures afin d’apprendre à se servir de leur corps de manière optimale », poursuit-il.

    Car la pratique de l’haltérophilie ne se résume pas à soulever des barres. « C’est également une possibilité d’approche du sport-santé, notamment auprès des personnes âgées et aussi pour aider les personnes souffrant du dos. C’est aussi une activité de plus en plus prisée dans les écoles et dans les universités de par son aspect éducatif. »

    L’ouverture aux femmes, en 1990, « a amené une nouvelle approche technique et prouvé que pratiquer l’haltérophilie n’était pas synonyme de perte de son intégrité physique », insiste Jean-Luc Lebaigue.

    Ces trois jours de formation avaient pour but de donner des outils aux futurs éducateurs afin qu’ils puissent transmettre les bienfaits d’une pratique maîtrisée. Avec la possibilité d’une spécialisation en sport-santé et auprès des résidents en Ehpad. « Avec également un autre aspect, de plus en plus important, celui du sport bien-être, pour soutenir des gens en difficulté morale. En réussissant à soulever une barre, elles peuvent se retrouver sur la voie de la joie et la bonne humeur », précise le président de la Ligue.

    Florin Nicolae, le conseiller technique et sportif qui supervisait la formation, précise que l’haltérophilie est accessible à tous. « Les progrès sont très rapides. En maîtrisant bien la technique, il est possible de soulever le double de son poids de corps en quelques séances. Ensuite, chacun mène sa barque comme il l’entend. »

    En poste à Aix-en-Provence depuis 2020, ses missions sont multiples. Il est en charge de la formation des éducateurs, et la session du week-end dernier en était un exemple. Il a aussi un rôle de développement de la pratique, en allant à la rencontre des personnes susceptibles de rejoindre un club. Dans cette branche, le sport scolaire apporte une aide majeure car de nombreux haltérophiles ont découvert la pratique par le biais du collège. Enfin, Florin Nicolae également en charge de l’organisation de compétitions impliquant l’élite régionale, chez les jeunes de 15 à 20 ans. « Notre Ligue possède de très bons clubs, avec des dirigeants et éducateurs enthousiastes, prêts à transmettre leur passion. »

    Dans sa ligne de mire, figurent les championnats d’Europe, que la France va accueillir en 2028.

    www.halterophilie-sud.fr

  • Pour Renaud Muselier, un dernier budget tourné vers les JO

    Pour Renaud Muselier, un dernier budget tourné vers les JO

    Pour le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, c’est de nouveau « un budget de responsabilité, qui prépare l’avenir », qu’il compte présenter vendredi matin dans l’hémicycle régional. Mais cet avenir dessiné au fil des autorisations d’engagements et crédits de paiement ne sera plus complètement le sien, après l’officialisation de sa candidature aux sénatoriales et sa volonté de passer la main à la tête de l’institution qu’il préside depuis 2017, comme il l’a détaillé en exclusivité à La Marseillaise (notre édition du 09/04). « Je m’exprimerai à ce sujet à la fin de la plénière, pas au début », explique-t-il, pour couper court au débat.

    Avant de laisser la main fin septembre à un dauphin dont le portrait-robot ressemble trait pour trait au vice-président (DVD) à l’économie François de Canson, ce dernier budget présenté par l’ancien ministre chiraquien n’en illustre pas moins l’impulsion qu’il souhaite donner à la collectivité. Renaud Muselier célèbre 30 millions d’euros d’investissements supplémentaires grâce aux dotations européennes, un budget « 100% vert » à l’exception des infrastructures routières pour la zone industrielle de Fos et les Jeux d’hiver. Son soutien à l’industrie de guerre se concrétise, à travers un nouveau partenariat avec la Banque européenne d’investissement pour un accompagnement stratégique, juridique et financier gratuit sur la structuration de la filière, et 300 000 euros de subventions afin de créer un centre de ressources avec la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques. Les investissements dans les transports reculent significativement (-25%) après le pic de dépenses en 2025 pour l’achat des nouvelles rames qui accompagnent l’ouverture à la concurrence. Mais les dépenses de fonctionnement poursuivent leur hausse, et le président célèbre l’augmentation du trafic ferroviaire régional, « +50% de fréquentation depuis 2018 ».

    Alerte sur la formation

    Mais surtout, alors que Renaud Muselier a renoué avec le nouveau maire (UDR) de Nice Éric Ciotti pour y assurer la construction d’une patinoire olympique, le braquet des investissements est résolument mis sur les Jeux d’hiver 2030. La majorité des investissements liés aux transports concernent désormais les Alpes, et 26,6 millions doivent aussi être votés au fil de la séance pour financer les deux axes routiers menant au site olympique de Briançon. La collectivité abonde aussi significativement au budget de la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques), et renforce sa politique sportive, à l’image du Pass Sud Montagne de 100 euros pour les lycéens régionaux mis en place au mois de décembre dernier.

    Mais derrière l’affiche avantageuse, la collectivité a dû rogner de 5 millions d’euros ses dépenses de fonctionnement. « La formation professionnelle est la première à pâtir de ces choix politiques », s’alarme le représentant varois de la CGT au Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) Olivier Masini dans l’avis publié ce mercredi. « Cette nouvelle diminution des moyens de la formation professionnelle intervient dans un contexte de crise sans précèdent de ce secteur marqué par la cessation d’activité de nombreux organismes de formation y compris dans notre région », déplore-t-il, s’inquiétant aussi de l’impact pour les missions locales. Dans son rapport, l’institution consultative pointe une baisse de 21% des budgets dans le domaine de la formation professionnelle. « Il y a juste eu un sujet comptable, on garde le même nombre de places de formation », défend le président de Région. Une partie de cet impact s’explique en effet par le glissement sur une année civile de la rémunération des stagiaires. « Je veux tordre le cou à l’idée qu’on fait les Jeux olympiques et qu’on sacrifie le reste, insiste cependant Renaud Muselier. On se met au niveau à cause de l’État qui se désengage ! » D’autant que la collectivité, après les 80 millions d’euros de coupes imposées l’année passée, doit réaliser un effort supplémentaire de 60 millions d’euros. « Sur deux ans, c’est une saignée importante », s’indigne-t-il. Avant de pouvoir espérer infléchir les choix budgétaires au Sénat.

  • Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    C’est à deux pas de l’enceinte d’Airbus Helicopters, premier employeur privé du département, que se tenait le Forum aéronautique, emploi et sécurité ce mercredi 8 avril. Plus de cinquante entreprises, allant des leaders mondiaux, tels que Safran, Segula ou Sabena, aux PME locales ont répondu présentes à cette 15e édition.

    « Il y a de vrais besoins, affirme Sophie Nguyen Thanh Dao, directrice de l’agence France Travail de Marignane. On a la chance d’être sur un territoire qui a une histoire liée à l’aéronautique, avec un bassin d’emploi de l’étang de Berre qui abrite des donneurs d’ordre et des sous-traitants avec de réelles opportunités : on a 700 offres qui sont proposées, qui vont du CAP jusqu’à l’ingénierie, avec des postes à pourvoir dans les prochains mois. »

    Parmi les profils les plus recherchés, les techniciens de maintenance. « C’est le graal », assure Véronique Pinotti, directrice emploi au sein de l’Union des industries et métiers de la métallurgie Côte d’Azur. « C’est un métier en tension, on a du mal à être attractif alors que c’est super intéressant, on fait de la maintenance prédictive, c’est très moderne. »

    Si les carnets de commandes sont pleins, c’est en partie dû au « contexte international » qui « nécessite de la production et donc par répercussion de l’emploi », souligne Sophie Nguyen Thanh Dao.

    Le secteur devrait poursuivre son développement dans les années à venir, avec l’implantation de nouvelles industries à l’instar d’Hynaero à Istres. « Ces projets sont encore autant d’opportunité d’emplois dans l’aéronautique avec, à terme, pour 2027-2030, bon nombre de postes, poursuit la directrice d’agence. Tous les partenaires de l’emploi et de la formation s’organisent pour préparer ces arrivées. »

  • [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    Ce week-end, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence et candidat à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

    Sa Candidature

    Didier Gesualdi : Avant le vote de mardi pour choisir le futur président de la Métropole, vous avez construit votre candidature depuis longtemps. Pourquoi souhaitez-vous que ça change ?

    Avant d’être candidat, il faut savoir si la candidature que l’on veut porter a du sens. Je voulais être, j’espère être, je veux être, le candidat des 92 maires de cette Métropole. L’idée était de savoir ce qu’ils voulaient, s’ils avaient la même vision de ce qu’ils espèrent pour la Métropole. Donc, oui, j’ai essayé de voir le maximum de mes collègues sur ces dernières semaines, ces derniers mois, et j’ai même envie de dire, ces dernières années. J’ai pu échanger, j’ai senti qu’il y avait l’espérance d’une autre Métropole. C’est cette candidature que je veux porter, celle d’une Métropole des maires.

    Didier Gesualdi : La Métropole ça a l’air compliqué mais c’est le quotidien des habitants.

    Aujourd’hui, la Métropole est souvent pointée pour ses dysfonctionnements, j’espère qu’un jour elle sera pointée pour ses réussites. La Métropole s’occupe de beaucoup de choses qui font notre qualité de vie au quotidien, le meilleur exemple étant la propreté de nos rues, mais il y a aussi la voirie, l’environnement, les transports… C’est pour ça qu’il faut améliorer le service qu’elle rend. Pourquoi ça doit être la Métropole des maires ? Parce que lorsque vous êtes maire vous voulez que vos concitoyens vivent bien, qu’ils vous disent que la ville est propre, entretenue, qu’on circule bien… On veut le meilleur pour nos habitants.

    Léo Purguette : Si on vous entend bien, vous êtes porteur d’une rupture. Martine Vassal était pourtant de votre famille politique. Vous en avez parlé avec elle ?

    Oui, on a parlé de cela avec Martine à plusieurs reprises et avec Jean-Claude Gaudin avant elle. Il faut remettre en perspective ce qu’ils ont eu à faire : installer la Métropole que personne ne voulait, moi le premier. Fusionner de force les six intercommunalités, nous n’en voulions pas. Nous avions un fonctionnement en bassins de vie qui était optimal. On nous a imposé un changement. Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal ont eu à gérer cette installation, ils ont fait ce qu’ils ont pu dans les conditions que je viens d’énoncer. On ne va pas refaire l’histoire mais ils ont eu le mérite d’installer cette Métropole. Maintenant qu’elle est là et que nous allons la garder, il faut la transformer pour qu’elle soit plus efficace, à notre service.

    la Métropole « des maires »

    Léo Purguette : Vous défendez un fonctionnement réellement intercommunal, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires. La Métropole, demain, sera un outil. C’est-à-dire, par exemple, que lorsqu’un camion-poubelle va passer dans une rue, il va passer à la demande d’un maire, à l’horaire que souhaite le maire…

    Léo Purguette : C’est possible sans évolution de la loi ?

    Bien sûr. Prenons la propreté. Les décharges, le traitement des déchets, les incinérateurs, ça restera une compétence métropolitaine, et nous devrons le décider ensemble mais le passage des cantonniers dans nos rues, certaines villes comme la mienne ont la chance de l’avoir en gestion directe, d’autres ne l’ont pas. Demain, les villes qui voudront récupérer la gestion de ces hommes et de ces femmes méritants, qui nettoient nos rues au quotidien, auront la possibilité de le faire. En gestion directe, ils pourront décider des jours et des heures où passeront les cantonniers. Il n’y a pas besoin de révolution législative pour cela.

    Didier Gesualdi : Vous avez vu les maires de Marseille ? Aix ? Martigues ?

    J’ai vu tous les gros, tous les grands mais aussi le maire de La Barben, d’Aurons, de Saint-Paul-lès-Durance. J’ai vu ceux qui sont là depuis 30 ans et ceux qui viennent d’arriver. J’ai vu tous ceux que je pouvais, mille excuses à ceux que je n’ai pas encore rencontrés. Dans une Métropole des maires, tout le monde sera considéré. Il n’y a pas les uns contre les autres. Les ruraux contre les urbains, l’ouest contre l’est, Marseille contre le département… Tout ça, c’est fini. On est 92 ensemble, condamnés à réussir et à avancer dans un pack, un front commun.

    Didier Gesualdi : Les gens ont voté et élu des majorités différentes selon les communes. Il faudra quand même faire des choix, ce n’est pas pareil quand on est de droite ou de gauche ?

    Je ne suis pas du tout d’accord. Il y a des sujets sur lesquels la droite et la gauche, ça compte. Par exemple, l’âge de départ à la retraite, on a des visions différentes. Mais pardon, quand il s’agit de circuler, tout le monde veut la même chose : qu’on aille le plus vite, le plus sereinement, le plus respectueusement possible d’un point à un autre. Qui dit aujourd’hui qu’il trouve très bien de mettre 2h30 en partant de Salon pour aller voir un match de foot au stade Vélodrome ? Et à l’intérieur des villes, les maires élus décideront comment on circule dans leur commune. Ce sont des sujets ni de droite ni de gauche.

    Léo Purguette : Quid de la gratuité en Pays d’Aubagne ? C’est un débat droite-gauche.

    C’est un débat à 92 maires. La gratuité, sur le papier c’est bien mais derrière il y a quelqu’un qui paye, donc il faut voir les avantages et les inconvénients. Je n’ai surtout pas à dire « ça va être comme ça », la Métropole des maires, c’est 92 qui décident œcuméniquement, dans l’intérêt général.

    le RN

    Didier Gesualdi : Que ferez-vous avec le RN qui pèse dans l’assemblée métropolitaine comme il a pesé dans ces élections ?

    Le RN et ceux qui le représentent dans cet hémicycle seront respectés. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu : moi président de la Métropole, on ne va pas arrêter de ramasser les poubelles à Rognac ou d’y faire passer des bus. Les Rognacais seront traités comme les autres. Pour autant, la participation du RN dans l’exécutif n’est pas possible. Tout le monde en convient. D’ailleurs ils ne l’ont pas demandé. Le RN a choisi lors des dernières élections de faire le maximum de listes dans le maximum d’endroits pour s’opposer au maximum à ceux qui sont maires aujourd’hui. On ne peut pas essayer de changer les maires en place et puis leur dire ensuite « on vient travailler avec vous ». Il faut être dans la cohérence, ils ne peuvent bien évidemment pas participer à l’exécutif.

    le Logement

    Léo Purguette : Le logement était attribué à David Ytier, un Salonnais, à qui reviendra-t-il ? Pour mener quelle politique ?

    Comme dans tous les autres domaines, c’est un expert qui s’en occupera. Je suis président de l’établissement public foncier, dans cette région il faudra construire 30 000 logements par an pour satisfaire les demandes locales, on n’en produit que 18 000. Nous n’avons même plus de quoi loger nos enfants, il faut produire du logement, c’est mon avis. Pas n’importe comment. Des logements, oui. Dans le respect des maires, oui.

    Léo Purguette : On vous accuse d’avoir freiné la rénovation des copropriétés dégradées.

    L’établissement public foncier marche très bien, c’est une de mes fiertés personnelles. Cela fait 10 ans que j’en suis aux commandes. On travaillait avec 150 villes, c’est maintenant 300. On avait 1,4 milliard de budget, c’est 2,5 aujourd’hui. C’est un outil utile mais on l’a chargé. Au début on lui a dit de faire du logement social, puis du logement tout court, puis du développement économique et maintenant les copropriétés dégradées. Attention à ne pas charger la mule. On a trouvé un compromis avec l’État pour éviter de tirer vers le bas cet établissement avec une mission trop lourde pour lui.

    Salon-de-Provence

    Didier Gesualdi : Ce vendredi vous avez annoncé l’arrivée d’une grande enseigne à Salon, qu’est-ce que cela dit de votre ville ?

    C’est extraordinaire. C’est le reflet d’une ville qui avance et qui réussit. Decathlon qui ouvre un magasin en cœur de ville, c’est une reconnaissance pour le dynamisme de Salon. Nous avions déjà eu des locomotives remarquables comme la Fnac, Nature & Découvertes, et désormais parmi les 600 commerces de cœur de ville, nous compterons Decathlon, qui figure parmi les deux enseignes préférées des Français. Avoir un tel aspirateur à clients, ça va être énorme. Pour moi, le commerce de proximité est un bien sacré. Salon ne sera pas ce qu’elle est sans lui, c’est un art de vivre, un vivre ensemble. J’en suis très fier.

    le rapport à Marseille

    Didier Gesualdi : Benoît Payan s’estimait maltraité par la Métropole. Vous en pensez quoi ?

    Chacun interprétera ce mot comme il l’entend. Effectivement, on peut se demander s’il est bien légitime qu’un maire – quel qu’il soit – n’ait pas la possibilité de décider de la surface des terrasses dans sa ville. Dans la mienne, je les gère et j’entends bien continuer à le faire. Il n’est peut être pas normal que dans sa ville, le maire ne puisse pas décider des heures auxquelles passent le métro ou le tramway… On va remettre l’église au centre du village. Ce sont désormais les maires qui décideront chez eux ce qui est bon pour leur commune, parce qu’ils sont légitimes. Derrière les maires, il y a les habitants qui les ont choisi. Ceux qui portent la voix du peuple seront respectés, nous suivrons leur desiderata, avec le plus d’efficacité et de loyauté possibles.

    Léo Purguette : Il faut tout de même construire un exécutif métropolitain. Y aura-t-il des Marseillais ?

    Oui, il y aura des Marseillais parce que Marseille, c’est une grande ville et qu’elle mérite d’être respectée. L’idée c’est qu’il y ait des représentants de tous les territoires à l’origine de la création de la Métropole. Il y aura des petits, des gros, des gens de l’ouest, de l’est, des sans étiquette, des sensibilités différentes mais il y aura surtout, ce sera le maître-mot, des compétences. Personne ne peut avoir la prétention de maîtriser tous les domaines, mais les élus qui vont s’occuper de chaque domaine auront toutes les compétences pour le faire. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que personne n’a dit « je veux X place » mais que tout le monde se demande qui est la meilleure candidature dans chaque domaine. Il y a beaucoup de talents vous verrez.

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le maire de Marseille lui-même participe à l’exécutif ?

    C’est à lui que revient la réponse à cette question mais pour que les choses soient clairement dites, oui je le souhaite. Pour autant, il a beaucoup de responsabilités, la deuxième ville de France à gérer. S’il est avec moi, comme le maire d’Aix et les grands maires du territoire, je crois que ce serait un joli signal. Après je comprends que les responsabilités quotidiennes ne sont pas les mêmes à Marseille ou Aix qu’à Lamanon, sans faire offense à quiconque.

    Didier Gesualdi : La présidence de la RTM reviendra-t-elle à un Marseillais ?

    C’est réglé. La question ne se pose même pas. Il y aura dans le conseil d’administration des représentants d’autres communes mais la RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. Elle s’est posée par le passé, elle ne se posera plus parce que ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin. Idem pour le centre de formation des apprentis d’Aix. Idem pour les conseils de surveillance de chaque hôpital. Trouveriez-vous normal qu’à celui de Salon, les deux représentants de la Métropole soient le maire de Cadolive et celui de Peynier ? Moi je ne me mêlerai pas de la gestion de l’hôpital d’Aubagne ou de Martigues. C’est du bon sens. On va remettre tout ça en ordre.

    Didier Gesualdi : Toucherez-vous aux « attributions de compensation », utiles aux maires mais parfois au détriment de l’intérêt métropolitain ?

    On ne touchera jamais un euro des attributions de compensation. C’est l’intérêt d’avoir un maire qui soit président de la Métropole. Nous avons bâti nos budgets sur cette recette, si on nous l’enlève, ce sont des services publics en moins. Ce n’est pas possible.

    Léo Purguette : Et l’État ?

    Même s’il les a regretté, je pense qu’il a profité des fameuses chicayas dénoncées par le président de la République pour dire « on versera de l’argent quand vous vous serez mis d’accord ». Ça tombe bien : nous sommes d’accord. L’État va venir nous aider, aider ce territoire. Le nerf de la guerre c’est la mobilité, l’habitat, l’environnement, le développement économique. Nous avons deux millions d’habitants c’est autant que la Slovénie, c’est un pays ici !

    la question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Diane :

    Bonjour, Monsieur Isnard, si vous êtes élu à la présidence de la Métropole, qui vous remplacera à votre fonction de Maire de Salon-de-Provence ?

    Personne, parce que c’est le plus beau mandat que je puisse avoir, être maire de sa ville c’est vraiment le mandat suprême que l’on puisse espérer. D’ailleurs, si je suis intéressé pour piloter la Métropole c’est parce que ce mandat est compatible avec la continuité de mon mandat de maire.

    Je pense d’ailleurs qu’il est essentiel que ce soit un maire, qui vit le quotidien de la Métropole, qui puisse la piloter. Je pense que c’est particulièrement complémentaire. Je resterai maire de Salon-de-Provence, cette ville à qui je dois tout, qui m’a fait. J’essaye au quotidien de lui rendre ce qu’elle m’a donné. Je pense qu’en étant président de la Métropole, je pourrai faire bénéficier cette institution de la vie quotidienne d’un maire pour en améliorer le fonctionnement au jour le jour.

  • De nouvelles fouilles menées dans l’épave des Laurons

    De nouvelles fouilles menées dans l’épave des Laurons

    Les étudiants ont à peine eu le temps de commencer à retirer les sédiments qui recouvrent l’épave que les vents violents de la tempête Deborah les ont contraints à cesser toute opération. « La météo ne nous a pas beaucoup aidés cette semaine, confie Marine Sadania, responsable du littoral de la région Sud pour le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Ce genre d’aléas climatiques peut abîmer la coque quand elle n’est pas protégée. Là, elle est en danger. Ça tombe vraiment mal, ça ralentit le processus de fouilles et ça impacte la formation. »

    Depuis le 23 mars et jusqu’au 3 avril, les deuxième année du Master d’archéologie maritime et côtière participent à un chantier-école dans l’anse des Laurons. C’est dans cette crique, à proximité de la centrale EDF, que gît l’épave Laurons 11 à seulement 2 mètres de fond.

    Une étude du lest

    Datée entre 1450 et 1630, de taille modeste (environ 12 mètres de long pour 4 de large), son intérêt historique est immense. « Ce sont des unités de travail pour lesquelles on a peu de sources historiques, c’est inédit d’en avoir une en si bon état », explique Marine Sadania. Son collègue et directeur de recherche émérite au CNRS Éric Rieth poursuit : « Ce sont celles qui ont laissé le moins de traces alors qu’elles constituaient l’activité de base. Les grands vaisseaux se comptaient par trentaines mais ils étaient conservés car ils représentaient de gros investissements, alors que ces petites embarcations se comptaient par centaines sur le littoral, elles animaient l’activité maritime locale et régionale. Ces fouilles sont importantes pour la connaissance de toute cette économie. »

    Cette année, les étudiants vont se concentrer sur la zone centrale du bateau, le maître-couple, « une clé de compréhension essentielle de l’architecture », affirme Éric Rieth. Un géologue d’Aix-Marseille université mènera également un travail sur le lest. « On espère connaître la provenance des pierres calcaires qu’on a trouvées, et donc avoir l’aire géographique du bateau, développe Marine Sadania. Ça devrait confirmer nos observations et l’identité régionale du bateau, puisqu’on pense que c’est un petit caboteur qui ne va pas en haute mer. » Pour en savoir plus, rendez-vous à l’anse des Laurons mercredi 1er avril pour une journée ouverte au public.

  • La majorité se forme, l’opposition se défait à Port-de-Bouc

    La majorité se forme, l’opposition se défait à Port-de-Bouc

    Après la séance d’installation, qui a eu lieu dimanche, le premier conseil municipal port-de-boucain a été express. Neuf questions étaient à l’ordre du jour, ce mardi 24 mars, parmi lesquelles l’élection des représentants au sein du conseil d’administration du centre communal d’action sociale, l’élection des membres de la commission de délégation de service public et de concession ou encore la fixation des taux des indemnités de fonction attribuées au maire et aux adjoints.

    Laurent Belsola (PCF) percevra 67,6% du taux maximal, soit 2 778,71 euros brut. Quant à ses neuf adjoints, ils seront indemnisés à hauteur de 28,6% du taux maximal, soit 1 175,61 euros brut. « Ça fait quatre mandats que je suis là et qu’on vote cette même délibération, rappelle le maire. Nous sommes dans un parti politique où nous reversons. Nous ne sommes pas là pour nous enrichir, mais pour servir nos concitoyens. »

    Autre fait marquant de ce conseil : les démissions supplémentaires dans le groupe d’opposition de Pascal Spanu, le candidat divers droite soutenu par le RPR de Franck Allisio. Cinq nouvelles défections s’ajoutent aux quatre précédentes, alors que trois élus siégeaient ce soir. « C’est la première fois qu’on voit l’opposition ne pas assister au conseil d’installation, réagit Laurent Belsola. Ils ont perdu, mais ils représentent 30% de la population quand même. Je comprends que la défaite est amère, mais c’est la démocratie. »

    Des formations en interne

    À la sortie de la séance, qui aura duré à peine plus d’une demi-heure, le benjamin de la majorité, Samuel Lozano, revient sur cette première expérience : « Je me suis bien senti, on est une bonne équipe de 28, on est très soudés. » À 19 ans, le Port-de-Boucain n’est pas démuni face aux délibérations grâce aux bases administratives qu’il acquiert dans le cadre de ses études de droit. L’encadrement de l’équipe municipale finit de le rassurer : « On est bien accompagnés par des personnes compétentes. On nous donne de la documentation à lire, etc. »

    En ce début de mandat, la majorité profite des réunions de groupe pour faire de la formation interne. Ce mardi soir, les élus avaient par exemple une session sur leur rôle, leurs droits, leurs devoirs et l’intérêt général. Un responsable explique : « L’idée, c’est de s’appuyer sur les techniciens de la Ville et l’expérience des élus qui sont repartis pour dégrossir la chose publique. »

    « Ces réunions sont précieuses pour les nouveaux comme moi, affirme Samuel Lozano. Je ne maîtrise pas tous les domaines et je pense que, quand on est élu, surtout dans les petites villes, il faut être le plus polyvalent possible. Il faut pouvoir répondre aux habitants sur l’urbanisme comme la citoyenneté, la jeunesse ou la culture. »

    La prochaine formation aura pour objet le budget, en prévision de la prochaine séance de conseil municipal du 8 avril lors de laquelle aura lieu le débat d’orientation budgétaire.

  • L’école des sports hippiques de Cabriès dévoile son savoir-faire

    L’école des sports hippiques de Cabriès dévoile son savoir-faire

    Le va-et-vient des minibus rouges de l’Afasec a été incessant, samedi. Les deux véhicules étaient les navettes permettant aux visiteurs des portes ouvertes de découvrir la structure de formation aux métiers de la filière hippique. Avec la découverte des lieux de vie et scolaire. Mais, surtout, le contact avec les chevaux, qui seront au cœur de l’enseignement.

    « Nous avons des chevaux de trot et des chevaux de galop. Pour le galop, il y en a quinze, et ce ne sont pas des chevaux de manège. Ils s’expriment, sautent, mordent et ont leur caractère. C’est pourquoi il faut y aller crescendo avec eux », explique Cindy, éducatrice, à une dizaine de jeunes filles et garçons venus se renseigner sur la filière.

    La jeune femme prévient ceux qui ont en tête de faire un métier lié aux pratiques hippiques. « Ce n’est pas comme dans un centre équestre. Vous ne serez pas dans une activité de loisir. Vous intégrerez une école d’apprentissage dans le but d’apprendre un métier. Et vous serez à la disposition des chevaux, qui dicteront vos contraintes », prévient-elle.

    Si c’est avant tout pour faire un métier passion, se lancer dans la formation nécessite un certain courage et beaucoup d’abnégation. C’est pourquoi les stages, qui suivent les portes ouvertes et précèdent les inscriptions définitives, sont un passage obligé. « Ils permettent au candidat de se faire un avis sur des métiers qui sont très difficiles, car ils nécessitent de l’enthousiasme, de la disponibilité, de travailler le dimanche, se lever très tôt chaque matin. Dans cette période, nous appuyons là où ça fait mal pour voir si les jeunes sont aptes à encaisser les contraintes », insiste Cindy.

    Ces avertissements donnés, elle et son collègue Steeve passent à la phase présentation des chevaux et décrivent « le bonheur intense et indescriptible de voir celui dont vous vous occupez, gagner une course ».

    Monter n’est pas la priorité

    Au côté de sa maman, Naïs prend des notes. « Je ne suis pas forcément attirée par les courses. Mais plus par le métier de palefrenier. M’occuper d’une monture, la chouchouter, c’est ce qui me donne envie de venir ici », confie-t-elle.

    Raphaël est lui déjà sûr de son choix. « Je veux monter ! ». Il faut dire qu’avec deux frères déjà dans la place, le benjamin a de quoi être motivé. « Je suis venu visiter le site pour voir ce qui m’attend. Et cette journée me donne encore plus de motivation pour me lancer dans cette formation. »

    Les visiteurs du jour vont avoir droit à une découverte de fonts en combles des installations sur près de 100 hectares où tout est destiné à la découverte et à la pratique. « Tout est mis en place pour que les élèves en formations évoluent en toute sécurité, avec une montée progressive des niveaux de difficulté et une méthodologie adaptée », détaille Cindy.

    Le but recherché n’est pas de former des champions, « mais de leur faire avoir un état d’esprit, une implication, de la rigueur, de la compréhension et de la motivation ». Au regard des métiers auxquels l’Afasec prépare, c’est une évidence. Il est en effet possible de se former à une douzaine d’activités professionnelles. Si celle de jockey et driver est en quelque sorte la vitrine, le site de l’Arbois permet également de devenir entraîneur, manager d’écurie, responsable de voyage, cavalier d’entraînement de trot, ou de galop, cavalier de débourrage et pré-entraînement, agent d’écurie, responsable d’élevage, assistant d’élevage, personnel d’hippodrome ou encore assistant administratif.

    Le salaire en début de carrière est à 1 800 euros à la sortie de l’école. Mais il ne faut pas compter ses heures, jusqu’à 60 par semaine.

    https://afasec.fr/campus/academie-de-cabries

  • Une formation qui permet de travailler dès la sortie

    Une formation qui permet de travailler dès la sortie

    Nadine Mouelle dirige le centre AFASEC de Cabriès depuis deux ans.

    Celle qui a fait de la formation, l’insertion et le devenir des jeunes, son but se donne à fond dans sa mission, entourée d’une équipe dont l’objectif « est d’intégrer au mieux les candidats aux métiers liés aux pratiques hippiques en les aidant à acquérir compétence et savoir-être ».

    Pas besoin d’être un crac en équitation pour intégrer son centre de formation. « Nous avons plusieurs filières, notamment celle de palefrenier – soigneur qui permet de vivre au plus près des chevaux. »

    Un travail d’équipe

    En proposant des journées portes ouverts, et des stages de formation à ceux qui souhaitent entamer la formation, sa structure est l’occasion de dévoiler « la face cachée de la carte postale, et tous les métiers qui composent le milieu des courses hippiques ».

    Ces stages sont très importants pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure. « C’est une première étape qui permet de repérer ceux qui ont les capacités pour faire un de nos métiers. C’est un moyen de s’habituer à la vie en internat et à la vie en communauté, aux contraintes dictées par le bien-être des chevaux, qui est la priorité », insiste Nadine Mouelle.

    Avec 35 heures de cours hebdomadaire, qui s’ajoutent aux incontournables soins à apporter aux chevaux, cette école « est destinée à faire l’apprentissage de la rigueur, dans un contexte de formation professionnelle où le stagiaire, puis l’élève, apprend un métier. Avec ses contraintes, ses aléas et ses habitudes qui ne sont pas celles d’une colonie de vacances ».

    Le quotidien du centre, c’est être auprès des chevaux au petit matin, à savoir 6h30 pour les débutants. Apprendre à gérer le stress, être à l’écoute et travailler en équipe autour d’un animal. « Pas tout le monde deviendra jockey, mais chaque élève qui va au bout aura un emploi dans la filière, en étant bien souvent sollicité avant la fin de leur formation, car il y a une pénurie de cavaliers d’entraînement », insiste la directrice.