Tag: Finances

  • Revirement au Grand Avignon : pas de hausse du prix de l’eau

    Revirement au Grand Avignon : pas de hausse du prix de l’eau

    « Ne m’attends pas pour dîner ». Le message a du passer, ce lundi matin, dans les chaumières des conseillers communautaires du Grand Avignon. On se croirait presque à Noël, à la lecture d’un ordre du jour copieux, les cadeaux certainement en moins. À commencer par le dossier Tecelys, dont l’audit sur la gestion de cette SPL sera débattu (lire notre édition de vendredi). Le document n’est pas à proprement parlé dans une délibération mais, lors de la précédente séance, le président (SE) Joël Guin, avait promis un débat dessus ce lundi. Notons que le compte rendu annuel de Tecelys à la collectivité figure à l’ordre du jour, mais sans mention de l’audit. Une étude « partielle et partiale », continue d’ailleurs de pourfendre l’ex-directeur général des services, qui a lancé l’affaire.

    Au-delà de Tecelys, il sera aussi et surtout question de finances avec l’adoption du budget 2026, le dernier de la mandature. L’heure du bilan, avec un revirement de dernière minute : le Grand Avignon renonce finalement à augmenter sa fiscalité sur la facture de l’eau. La mesure figurait pourtant bien à l’ordre du jour, dans une version encore envoyée à la presse ce vendredi. Mais, selon nos informations, mercredi, une nouvelle mouture a été remodelée où ne figure plus cette hausse. Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) du Grand Avignon délégué à l’eau et à l’assainissement, nous a confirmé le retrait de la délibération. « Ils ont du faire leur compte et s’apercevoir que ça ne passerait pas », commente un conseiller communautaire.

    Une hausse initiale

    de 56 euros par an

    Cette hausse suscitait une vive opposition des élus avignonnais de la majorité de gauche de Cécile Helle. Elle était en effet loin d’être marginale, à plus 15%. « La facture type annuelle de 120 m3 passerait de 386,45 euros à 442,51 euros, soit une augmentation de 56,06 euros par an », était-il noté dans la délibération initiale. Si la part sur l’eau passait de 0,40 à 0,53 euros, celle sur l’assainissement était doublée. « C’est une excellente nouvelle », réagit Mireille Dapon, présidente du Collectif de l’eau, qui avait prévu d’assister au conseil communautaire et de manifester son opposition à cette hausse. « Nous ne sommes pas contre une augmentation, mais de manière concertée, avec des échanges en commission des services publics locaux ce qui n’a jamais été le cas », déplore Mireille Dapon pour qui les élus « ont manqué d’anticipation car il faudra augmenter vu l’état des réseaux ».

    Un vif point d’alerte évoqué il y a deux mois lors du rapport d’orientations budgétaires. Figée depuis 2018, la part fiscale du Grand Avignon sur le prix de l’eau ne suffit plus pour mener à bien les travaux, s’inquiétait en substance Xavier Belleville, vice-président LR aux finances. Sans hausse, il était prévu d’investir 1,9 millions d’euros en 2026 alors que les besoins sont estimés à 3,1 millions. « Si cette augmentation n’était pas mise aux voix ou pas votée, de toute façon, les prochains qui seront élus dans 6 mois seront bien obligés de le faire », prévenait il y a un mois Patrick Sandevoir. On s’y dirige tout droit.

  • La douane, maillon essentiel pour le commerce extérieur

    La douane, maillon essentiel pour le commerce extérieur

    C’est par une visite sur la chaîne de contrôle douanier de l’entreprise de livraison internationale, UPS, à Marignane que Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, a terminé ce jeudi 4 décembre sa visite en région Paca.

    Une conclusion logique explique-t-il quand les douanes relèvent aussi de la responsabilité de son ministère. « Il y a eu une évolution dans l’organisation de nos administrations, ce n’est plus seulement le ministère de l’Économie et des finances c’est aussi celui du commerce extérieur », indique-t-il. Que les douanes puissent contrôler les millions de colis qui transitent par l’entreprise de fret, afin de détecter les « contrefaçons, les produits illicites des trafics » fait partie de la « crédibilité nécessaire à UPS », et de l’État estime le ministre.

    Préserver l’emploi

    « chez nous »

    Détecter les contrefaçons, c’est aussi préserver « des emplois chez nous », enchaîne-t-il. La contrefaçon, « c’est de l’activité économique que l’on vole à ceux qui fabriquent légalement en prenant leur marque, en les falsifiant pour un prix qui ne rémunère qu’à peine ceux qui sont employés dans des pays lointains pour les fabriquer » insiste-t-il, défendant « une logique sociale ».

    Pas moins de 33 agents travaillent à Marignane, un des trois bureaux de douane des Bouches-du-Rhône avec celui de Fos et de Marseille, « dixième au niveau national », deuxième du département, précise à ses côtés Michael Lachaux, directeur régional des douanes. Ni portuaire, ni aéroportuaire, il dédouane « des flux pour les entreprises de tout le département », et connaît une augmentation de son trafic ajoute-t-il, sachant que dans les Bouches-du-Rhône, plus d’un million de déclarations par an sont réalisées à l’import-export. « Soit plus de 90% du dédouanement de la région », ajoute Michael Lachaux.

    Pour les douanes, les enjeux sont à la fois la lutte contre la fraude et l’accompagnement des entreprises. Une partie importante et méconnue de l’activité douanière.

    Reste que dans le premier aéroport régional en matière de fret, juste après les aéroports parisiens au niveau national, le contrôle des colis a pris de l’ampleur. « On consomme de plus en plus par e-commerce, les entreprises utilisent également le fret express pour des raisons de rapidité et de flux tendus », explique le directeur régional. Au point qu’une cellule spéciale a été créée pour traiter ce flux d’environ 1,1 million de colis dédouanés par an, dont 600 000 importés de pays hors UE et 500 000 à l’exportation.

    Quand on demande au ministre si un renforcement des moyens est alors envisageable face à la masse de travail, il évoque des « méthodes de travail » à repenser, assurant que l’État est mobilisé et qu’une réflexion au niveau européen est aussi engagée. Et de rappeler que « c’est à la demande de la France que l’exonération des colis de moins de 150 euros de valeur », sera supprimée en janvier.

  • Pour la majorité à Avignon, place aux ultimes tours de pistes budgétaires

    Pour la majorité à Avignon, place aux ultimes tours de pistes budgétaires

    Après un conseil municipal de rentrée express en septembre et avant, dans trois semaines, le vote du budget et une séance qui devrait être la dernière de la mandature, les élus ont rendez-vous ce samedi (9h, salle polyvalente de Montfavet) pour plancher sur 39 rapports. Alors qu’en prélude, le comité pour le retour de la semaine à quatre jours dans les écoles appelle à un rassemblement avec une pétition signée par plus de 3 000 personnes – sujet qui sera sur la table du prochain maire, le gros de la séance sera consacré aux orientations budgétaires.

    Habituellement, la majorité tenait un point presse dans les jours précédant le conseil. Mais le brûlant contexte électoral, avec des élus-candidats, aura eu raison de ce rendez-vous. À l’instar de Joël Peyre, élu (PRG) en charge des finances, qui, en présentant le rapport d’orientations budgétaires (ROB), se projettera peut-être dans un peu plus de quatre mois en amendant le futur budget. Rappelons que cette cuvée 2026 ne portera pas encore la marque de la majorité issue des urnes le 22 mars. Elle pourra ajuster certaines dépenses par des décisions modificatives, mais l’ossature générale restera celle préparée par Cécile Helle (PS) et son équipe.

    « Préparer la future transition municipale »

    Sans surprise, le ROB 2026 ressemble au précédent, un soupçon de crise en moins, avec comme leitmotiv « prudence et responsabilité », « dans une dynamique de continuité ». Le tout sans hausse de la fiscalité, comme depuis 2014. « Les choix financiers et budgétaires de ces dernières années ont permis à la collectivité de confirmer la sortie de crise, tout en préservant ses marges de manœuvre, autorisant une confiance raisonnée pour 2026, peut-on lire dans le ROB. Le budget devra aussi préparer la transition municipale et garantir à la future majorité la latitude financière nécessaire pour mettre en œuvre son programme. » Même si, pour l’heure, les objectifs affichés restent ceux de la mandature actuelle : enfance, culture, solidarité, sport, « service public communal de proximité »…

    Le tout en continuant de contenir fortement les dépenses de personnel, dont la part dans le budget de fonctionnement recule (59,6% à 57,7%), « malgré la hausse mécanique ». Ce qui signifie que la Ville tend à diminuer le nombre de ses agents. Toutefois, prévient déjà le ROB, « les dépenses de personnel subiront une augmentation sensible, au regard à la fois des nouveaux services de proximité et de l’augmentation des charges patronales ». Un maintien du niveau des investissements est annoncé (38 millions d’euros), sans fuite en avant, car il est prévu une légère diminution de la dette, passée en un an de 197,9 à 196,6 millions d’euros.

  • Lunel Collectif et des citoyens contre la déviation de la RN 113

    Lunel Collectif et des citoyens contre la déviation de la RN 113

    « Personne n’est au courant ! » Et pourtant, à quatre mois des élections municipales, le serpent de mer du Lunellois est bel et bien de retour. Vieux de près de 40 ans, il s’agit du projet de déviation de la route nationale 113. Traversant Lunel-Viel et le centre-ville de Lunel, la RN 113 est depuis toujours pointée du doigt pour générer embouteillages, nuisances sonores et insécurité en ville. « Entre les camions, les trottinettes et les trottoirs en mauvais état, les piétons ne se sentent pas en sécurité », témoigne Fatima Khouya, membre de Lunel collectif.

    D’où la volonté des maires aux manettes de déplacer le tracé de cet axe fréquenté au sud de Lunel-Viel et de Lunel. Après des années de silence radio, la préfecture de l’Hérault a relancé le 27 octobre une enquête parcellaire qui vient de se clôturer le 13 novembre. Une fois que le commissaire enquêteur aura rendu son rapport, le préfet pourrait ainsi réactiver le dossier dont certains citoyens ne veulent pour rien au monde.

    Au bord du canal de Lunel bordé de champs, Lise Florès imagine une future route, son pont et ses remblais : « 40 hectares de terres agricoles seraient ici détruites. Or, la loi sur la souveraineté alimentaire de 2025 commande aux maires de développer l’alimentation de proximité », insiste l’écologiste membre de Lunel collectif sur le point de monter une liste aux municipales. À ses côtés, Gilbert Gomez, viticulteur qui craint de perdre des terres, acquiesce. « Je m’étais déjà fait exproprier à l’époque à cause de la station d’épuration qui a pollué tous mes puits. Mon mas a perdu toute valeur. Ils veulent encore me prendre 21 ares, c’est hors de question. »

    Solutions alternatives

    Il n’est pas le seul menacé d’expropriation. Du côté de la RD24 où doit pousser le giratoire ouest, l’un des sept ouvrages d’art que nécessite la dernière version du projet, Laurent Firmin fait grise mine. « Le tracé mange la moitié de ma maison », déplore le gérant d’une société de nettoyage. « Mon entreprise est bien placée, j’ai ma clientèle et ma mère à côté, je n’ai aucun intérêt à partir. »

    Membres de Lunel collectif, d’autres ne sont pas concernés directement mais disent leur attachement au cadre de vie paisible, à la nature. Avec la proximité de la zone de captage des Horts, ils pensent qu’une imperméabilisation supplémentaire des sols serait néfaste. Un argument de plus que recense la pétition déjà signée par 250 personnes.

    Sans nier l’encombrement de la RN 113 – encore qu’ils auraient aimé qu’une étude* récente éclaire le débat public – les opposants sont convaincus qu’une déviation au sud ne réglerait rien. « Il existe un risque d’aspiration des véhicules depuis l’A9 et les camions continueront de venir livrer les magasins en ville », résume Lise Florès. Il existerait d’autres solutions, fait valoir un résident. « Pourquoi ne pas réaménager la route le long du canal de BRL au nord ? J’ai essayé, j’ai traversé Lunel en 6 minutes. » Pour la citoyenne Isabelle Camrous, le plus urgent est de « sécuriser les abords » des cinq écoles qui jouxtent la RN 113. « On pourrait étendre la piétonnisation ou aménager les horaires de passage des camions de livraison. »

    Selon l’écologiste Raphaël Valette, le dossier de la 113 est plus profond. Il révèle l’enclavement de Lunel si l’on excepte la ligne ferroviaire. « Pour aller à Marsillargues, vous avez un bus le matin et un le soir, c’est une galère pour faire ses courses sans voiture. » Rabia Harras, de Lunel collectif, abonde. « Il faut développer les transports en commun. Sinon, quel avenir pour nos enfants ? »

    Enfin, les opposants font valoir un argument financier. Si le Département de l’Hérault, aux finances exsangues, semble ne plus vouloir participer, le projet reste inscrit au contrat de plan État/Région donc soutenu par la présidente de Région, Carole Delga (PS). Problème : le coût du projet de 6,2 km de long (jusqu’à Marsillargues) qui était déjà estimé à 50 millions d’euros il y a dix ans, a probablement explosé. Une chose est sûre : à Lunel, la RN 113 sera l’un des enjeux des municipales.

    * 2 400 véhicules par jour dont 5% de camions selon une étude ancienne.

  • Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Dernier débat d’orientation budgétaire du mandat Fournier, et ambiance électrique samedi 15 novembre au matin, au conseil municipal de Nîmes. Pour Jean-Paul Fournier, qui ouvrait son 25e et ultime rapport d’orientation budgétaire (ROB) en tant que maire, l’heure était au bilan. « Depuis un quart de siècle, notre cap a été maintenu », affirme-t-il, revendiquant une ville « transformée sans perdre son âme ». À ses côtés, l’adjoint aux finances, Frédéric Escojido, déroule un contexte économique tendu : inflation, hausse des taux, dotations stagnantes. « Le ROB est un exercice de transparence, le miroir de l’action menée », assure-t-il.

    La majorité met en avant une méthode : rigueur sur les charges, maîtrise de la masse salariale, investissement soutenu. Depuis 2020, 330 millions d’euros auraient été injectés dans la ville, et l’encours de dette poursuivrait sa baisse pour atteindre 174,5 millions d’euros fin 2025, avec un ratio de désendettement à 4,9 années. Pour 2026-2028, l’exécutif table sur une épargne nette en progression et 165 millions d’euros d’investissements possibles.

    Mais l’opposition ne partage pas l’optimisme. Pour Vincent Bouget (PCF), « certains voyants passent au rouge ». L’élu conteste le niveau réel de la dette, qu’il estime à 264 millions d’euros « si l’on inclut les budgets annexes du Cadereau et de l’Anru ». Il pointe aussi la baisse du fonds de roulement et une capacité d’autofinancement amputée : « Ce plan d’intervention n’est ni sincère ni financé. C’est un catalogue de Noël, démagogique et électoraliste. »

    Même tonalité chez Valérie Rouverand (Renaissance), qui souligne une ville « parmi les plus taxées » en France et une fracture territoriale croissante : « Les investissements se concentrent sur un centre élargi, au détriment des quartiers. » Évincé de la majorité et désormais candidat, Julien Plantier juge la situation « solide », mais davantage héritée d’une inertie que d’une vision. « Ce ROB est un document comptable, pas un projet pour la ville », tranche-t-il, regrettant l’absence de ligne directrice sur les grands équipements.

    Face aux attaques, le premier adjoint et candidat, Franck Proust, monte au créneau. « L’équilibre est un acte politique fort », martèle-t-il, rappelant que « plus de 50% des investissements sont financés par l’épargne brute ». Et de viser la gauche : « Le Département affiche plus de 13 années d’endettement. La peur va changer de camp. » Un débat tendu donc, prolongé par quelques couacs techniques et des échanges particulièrement vifs, notamment entre l’adjoint à la Culture, Daniel-Jean Valade, et Vincent Bouget, autour des investissements culturels. À quatre mois du scrutin, le ROB aura surtout servi de répétition générale aux candidats déjà lancés dans la bataille des municipales.

  • Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Sapins et guirlandes de Noël sont déjà de sortie devant les Galeries Lafayette du centre commercial Cap Sud d’Avignon en ce jeudi 13 novembre, mais pas de foules à l’image de celles vues le 16 octobre dernier pour la première journée de liquidation des Galeries du centre Bourse, à Marseille.

    Dans les allées, sous un éclairage aux lumières blanches et entre les produits de marques plus ou moins connues des férus de mode, une douzaine de clients flânent en regardant parfois un produit qui attire l’œil. Parmi eux, des habitués comme Marcelle et Anita, retraitées avignonnaises du groupe Monoprix, pour qui ce « serait dommage » de voir disparaître « ce genre d’endroit symbolique qui porte un peu de chic dans la ville ». Tout en regrettant « des prix qui ont rendu inaccessibles ces produits à la plupart des gens ». « Franchement, une fermeture ne me ferait absolument rien », rit, après avoir fait les gros yeux devant les étiquettes de prix d’une veste, Nathalie. Venue avec son fils Tom, 17 ans, car ils passaient dans le coin, « c’est la première fois en 15 ans que je viens ». « Il y a presque trop de choses. À l’heure des plateformes de seconde main, je ne comprends pas ce type de magasin. Même si je conçois que ça manquera aux personnes qui ont l’habitude de s’habiller ici », abonde Tom, sac d’une enseigne de prêt-à-porter à bas prix en main.

    « Il n’y a pas de craintes de fermeture », assure Olivier Bernardi, directeur du site. Et ce, car le magasin a été affilié en 2021 par le groupe Retail Avignon, qui est aussi propriétaire des Galeries Lafayette de Béziers et Nîmes. « Les finances sont totalement dissociées. Et tout se passe bien à Avignon. En 2025, nous avons fait entrer plusieurs nouvelles marques, par exemple, et en 2024, on était en progression de 5 points », détaille le responsable.

    Un rachat qui a réorganisé le fonctionnement du magasin et chamboulé certains employés comme Jérôme*, plus de trente ans d’ancienneté et en arrêt maladie depuis plus d’un an. « Suite au rachat, la charge de travail a augmenté et on nous a supprimé nos primes alors qu’on a un salaire minable. Je ne reconnais plus mon magasin. Après tant d’années de joie, je ne peux plus approcher du centre commercial sans ressentir de l’angoisse », soupire-t-il.

    *Prénom modifié à sa demande

  • Budget : Belsola dénonce le coup porté aux collectivités

    Budget : Belsola dénonce le coup porté aux collectivités

    La pilule ne passe pas. En pleine discussion à l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances 2026 prévoit d’exiger des communes, départements et régions un effort compris entre 4,7 et 10 milliards d’euros. « Un nouveau coup dur infligé aux collectivités territoriales », que dénonce le maire de Port-de-Bouc (PCF), Laurent Belsola.

    Des mesures en pagaille

    L’édile appelle à « engager une lutte dans la durée » face à la gravité des annonces gouvernementales. « La perte pour les collectivités est estimée à plus de 8 milliards d’euros, entre diminutions de recettes et prélèvements qui leur sont imposés, note-t-il. Cela équivaut à 4% de leur budget de fonctionnement total en 2024 ! »

    Parmi les mesures inscrites dans le projet de loi de finances : le triplement du Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités (Dilico) pour les communes, dont le prélèvement obligatoire est passé de 250 à 700 millions d’euros, la baisse du fonds vert destiné à la transition écologique (moins 500 millions d’euros), la diminution des recettes de l’État allouées aux collectivités (moins 900 millions d’euros), la diminution du fonds de compensation de la TVA (moins 700 millions d’euros) ou encore la compensation sans abattements sur les valeurs locatives qui servent de base à la Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et à la Cotisation foncière des entreprises (CFE) (1,1 milliard d’euros).

    Un enjeu démocratique

    Pour le maire, cette politique d’austérité touche non seulement au vivre-ensemble, en affaiblissant les services publics qui améliorent le quotidien tels que les crèches, l’action sociale, les écoles, le sport, la vie associative ou la culture, mais présente également un enjeu démocratique. « Les élus locaux sont des vigies de la République, assène-t-il. Leur arracher toujours plus de moyens, c’est réduire leurs marges de manœuvre pour favoriser la liberté, l’égalité et la fraternité. » En d’autres termes, à la fin, ce sont les administrés qui paieront le prix de cette politique.

    Pour sortir de la crise, il invite à changer de paradigme. « La clef de la crise n’est pas dans la baisse des dépenses publiques. Au contraire, la dépense publique nourrit et permet de créer de l’activité et de la croissance. » Pour y parvenir, l’édile préconise de mettre fin à la captation par les grandes entreprises des 211 milliards d’euros d’aides d’État sans contrôle ni contrepartie, de sortir des marchés financiers et de rétablir la justice devant l’impôt.

    Un travail d’ores et déjà est engagé avec l’association des Maires villes et banlieues de France pour contrer ce projet budgétaire.

  • La gauche dénonce « une saignée » budgétaire volontaire

    La gauche dénonce « une saignée » budgétaire volontaire

    Martine Vassal et son exécutif ont voulu se montrer rassurants. Malgré 2,2 milliards de dette attendus lors du vote du compte administratif 2025, et une capacité de désendettement de 18 ans, « le bateau est piloté et bien piloté », martèle la présidente (DVD), « Oui le département est solide, oui il agit, oui il regarde l’avenir avec confiance ». Un discours de la méthode (coué) approfondi par Yves Moraine (LR), son rapporteur des finances, en abordant la décision modificative (DM 2) du budget 2025. Saluant un « exercice exceptionnel » pour un budget voté à l’aveugle « sur la base d’un projet de loi de finance qui n’a jamais vu le jour », lui aspire « aux encouragements ».

    Enchaînant les parallèles avantageux avec « la situation dramatique des 100 départements de France », l’avocat s’attribue les bons points, expliquant que depuis 2022, la baisse des Droits de mutation à titre onéreux, a fait perdre à la collectivité 500 millions, l’équivalent de plus d’une année d’investissement.

    L’élu de droite y ajoute « la contrainte des dépenses sociales et de la solidarité » qui « contenu de la situation de sa ville centre », représentent 63 % des dépenses contre 54% en moyenne en France. Insistant sur le fait que le choix a été fait de recourir à l’emprunt pour maintenir l’investissement, ce dernier juge enfin bon de rappeler que le Conseil départemental « dépense moins pour son personnel que la moyenne des départements ».

    « Variables d’ajustement »

    « Finalement tout va bien, pourquoi sommes-nous inquiets ? », ironise Audrey Garino pour le groupe communiste estimant que « cette DM s’inscrit malheureusement dans la continuité du budget d’austérité et de renoncement » voté l’an dernier.

    Évoquant des coupes de 400 000 euros dans la culture, 600 000 dans le sport, 600 000 euros dans la jeunesse, elle, dénonce « une saignée volontaire à défaut d’être assumée » : « Les habitants de nos territoires ne sont pas des variables d’ajustement permettant d’équilibrer vos comptes publics que vos défaillances et vos choix politiques ont grandement fragilisés », glisse-t-elle.

    Plus qu’une « gestion rigoureuse », Azad Kazandjian (PS) pointe un « essoufflement financier inquiétant qui trahit des années d’arbitrages politiques hasardeux centrés davantage sur la communication que sur une véritable stratégie d’investissement au service des habitants ».

    Nouriati Djambae, l’élue écologiste, en remet une couche faisant le lien entre la mobilisation, au même moment devant le Département (lire encadré), d’associations travaillant dans l’aide sociale à l’enfance, « des associations qui protègent nos enfants, étranglés par des coupes budgétaires insensées, des éducateurs épuisés, des jeunes en détresse », et un rapport de la commission permanente actant l’achat d’une villa pour loger le sous-préfet d’Aix, « dans le confort le plus parfait ». « Voilà donc le sens des priorités », tance cette dernière.

  • Quand le futur prix des mutations divise le monde bouliste

    Quand le futur prix des mutations divise le monde bouliste

    Il faudra désormais mettre davantage la main au portefeuille pour changer de club. Depuis plusieurs saisons, un licencié de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP) devait débourser 30 euros (mutation interne, dans le département) ou 50 euros (mutation externe, hors du département) pour signer dans un nouveau club.

    Mais, à compter de la saison 2026, le prix des mutations dépendra du statut du bouliste. Dans le cadre la modification tarifaire, la part fédérale sera identique dans chaque département : 20 euros pour les joueurs « non-classés ou promotions », 45 euros pour les joueurs classés « honneurs » et 95 euros pour les joueurs classés « élites ». Une somme à laquelle s’ajoutera la part dédiée aux comités départementaux et régionaux, qui ne pourra pas excéder 30 euros pour les « non-classés ou promotions », 55 euros pour les « honneurs » et 105 euros pour les « élites ». Mais chaque comité départemental décidera lui-même de la somme voulue en supplément.

    La position « généreuse » des Bouches-du-Rhône

    « Le CD13 n’augmentera pas sa part de mutation », martèle Patrick Fara, président du comité départemental des Bouches-du-Rhône, qui demandera donc toujours 20 euros à tous ses adhérents, peu importe la catégorie, en plus des 5 euros requis par le comité régional [qui ne récupérait pas d’argent sur les mutations auparavant, Ndlr]. Ainsi, la mutation coûtera 45 euros pour un joueur « non-classé ou promotion », 70 euros pour un joueur « honneur » et 120 euros pour un joueur « élite ». « Nous avons un budget assez conséquent pour subvenir aux besoins de l’année, je n’ai pas besoin de cet argent pour faire tourner mon comité », ajoute le dirigeant aux 11 660 licenciés, ce qui en fait le premier comité de France. En agissant ainsi, le comité des Bouches-du-Rhône aura un moindre impact sur les finances de ses licenciés.

    Mais il se pourrait que d’autres départements se montrent plus opportunistes en profitant de l’aubaine qui s’offre sous leurs yeux. Certains licenciés pourraient ainsi débourser jusqu’à 50 euros pour les « non-classés ou promotions », 100 euros pour les « honneurs », voire même 200 euros pour les « élites ». Si l’addition s’avère salée pour les élites, ces derniers ne seront pas directement touchés par la nouvelle taxation. Très souvent, ces joueurs s’engagent dans leur nouveau club, ce dernier finançant le coût de la licence, de la mutation, des tenues… « Je ne suis pas d’accord avec ces augmentations qui ne sont pas justifiées », réagi Benoît Michel, président de la Boule de Vitrolles, qui signale que 99% de ses licenciés sont contre cette nouvelle tarification.

    Un sport à deux vitesses ?

    D’autres dirigeants de club locaux estiment que ces nouvelles mesures tendent à plus de professionnalisme. « Si on continue à faire dans l’amateurisme, à se poser la question sur le prix d’une licence, on ne va pas s’en sortir », souligne Bruno Mansio, président de la Boule Aixoise, qui milite même pour une sorte de Ligue 1 version pétanque. « Un rugbyman qui joue en “honneur” ne joue pas avec les gars du Top 14 », insiste l’organisateur de l’étape aixoise (Top 1000) du Passion Pétanque Française, qui aura lieu ce week-end, au parc Jourdan.

    Mais en voulant à tout prix professionnaliser la pratique, n’en viendrait-on pas à en perdre le côté populaire, qui en fait son charme ?

  • À Montpellier, la librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    À Montpellier, la librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    Ils ont annoncé la mauvaise nouvelle sur leur compte Instagram début septembre. En fin d’année, la librairie-galerie-atelier d’artistes En traits libres ferma définitivement ses portes pour cause de loyer trop élevé, après trois ans d’effervescence culturelle dans le quartier Saint-Roch.

    « Notre loyer s’élève à plus de 7 000 euros. Depuis le début on savait que ça serait un challenge… On a essayé de le négocier, mais on n’a pas trouvé d’accord avec le bailleur ACM », explique Miquel Clemente, fondateur et responsable de la maison d’édition 6 pieds sous terre. « Ce qu’on faisait ici, c’était du bénévolat. Nous étions une association culturelle avant tout… Mais Six pieds sous terre continue comme avant ; notre atelier rue Bayle reste ouvert », ajoute-t-il.

    « Ne pas se remettre avec ses ex »

    Créée en 2022, la librairie En traits libres accueillait aussi régulièrement des expositions, des concerts et le festival de BD alternative Rhony’s, dont la troisième édition se déroulera du 28 au 30 novembre. Pour l’heure, Miquel Clémente ne sait pas si d’autres projets émergeront après la fermeture. Seule certitude : ils seront forcément différents de ce que proposait En traits libres. « On sait qu’il ne faut pas se remettre avec ses ex », sourit l’éditeur.

    D’ici là, la librairie prévoit de nombreux rendez-vous avant le clap de fin. Jusqu’au 8 novembre, elle accueillera l’expo « Dessiner l’architecture #1 » en partenariat avec La Fenêtre. Samedi 27 septembre, à 12h30, place au concert de Fernando Barroso (mandoline) dans le cadre des Internationales de la guitare. Le mercredi 1er octobre, Mouflon dédicacera son fanzine « Horripilances » dès 17h…

    Plus d’info sur les réseaux de la librairie. Rendez-vous au 1, rue Voltaire à Montpellier.