Tag: financements

  • Une cagnotte lancée pour la création d’un bar antifasciste

    Une cagnotte lancée pour la création d’un bar antifasciste

    « Chez Louise, le seul bar qu’aucun Bolloré ne pourra jamais se payer. » Dès la première phrase de la description du projet de la cagnotte en ligne pour la création d’un bar antifasciste en intra-muros à Avignon, le ton est donné.

    Ce lundi 8 septembre, l’association Dolorès 84 (en hommage à Dolorès Ibárruri, communiste espagnole qui a prononcé le fameux discours « No pasarán» en 1936), issue du collectif No Pasaran, a lancé une campagne de financement en ligne pour « créer un lieu populaire, vivant, engagé. Un bar où boire un verre, retrouver des ami·es, débattre, assister à des concerts et s’organiser », peut-on lire ensuite sur le site en question.

    « C’est parti du constat, que l’on a eu avec d’autres militants de plusieurs causes, qu’il est toujours compliqué de se rassembler, car on se retrouve dans un bar ou un restaurant. Et plutôt que de devoir sans cesse avoir à chercher un lieu, on souhaite désormais en créer un », résume ainsi Manuel Suanon, membre de la collégiale de l’association qui lance le projet, surnommé donc « Chez Louise » en hommage à l’écrivaine et figure majeure de la Commune de Paris Louise Michel. « Avoir un tel lieu permettrait ainsi de se rencontrer, de fédérer et de pouvoir bien plus facilement mettre en place des projets communs. Des luttes antifascistes, bien sûr, mais il y a une intersectionnalité des luttes, comme celles pour la communauté LGBT, les féministes, les étudiants, le droit des étrangers et bien d’autres », poursuit le co-porteur du projet. En plus du service classique, l’objectif est aussi d’y organiser des conférences et de mettre en avant des artistes militants en y éditant des œuvres.

    Objectif 20 000 euros

    Un lieu avec également pour objectifs de faire « reculer l’extrême droite », précise l’association. « Si on regarde la carte du Vaucluse, c’est marron de partout. C’est aussi pour cela que l’on souhaite faire d’Avignon centre un bastion contre cette vague-là », poursuit Manuel Suanon. Le lieu exact n’a pas encore été défini, mais plusieurs locaux sont susceptibles de pouvoir accueillir le projet.

    Et pour mettre en place tout cela, il faut tout d’abord des financements. Plusieurs objectifs ont ainsi été fixés, et le premier est la somme de 20 000 euros, qui permettrait de louer un local adapté, d’avoir une trésorerie, de faire des travaux, d’acheter du matériel et du mobilier. En quelques jours, la cagnotte est déjà montée à plus de 2 800 euros. D’autres objectifs sont aussi définis, jusqu’à celui de 100 000 euros pour l’achat d’un local.

  • La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    Des centaines de chapiteaux ont poussé dimanche sur le Vieux-Port, à l’occasion du festival Vivacité. Un important moment de visibilité pour le tissu associatif local qui, dans un contexte d’austérité budgétaire, doit redoubler d’efforts pour continuer d’assurer l’une de ses missions : l’éducation populaire. Christophe Betti, président de l’association en charge de l’Open festival de Marseille, permettant la diffusion sur deux jours de 44 courts-métrages dans les cinémas Pathé Madeleine et Pathé Joliette, dit s’appuyer avant tout sur la détermination de ses collaborateurs. « Nous sommes 16 bénévoles à travailler à l’année et 30 bénévoles en plus nous rejoignent au moment du festival. Il faut des gens motivés car nous avions 3 229 courts-métrages à visionner cette année pour en sélectionner 44 », raconte-t-il. Subventionnée exclusivement par la mairie après un refus de participation du Département, de la Métropole et de la Région, l’association, qui propose un festival 100% gratuit, a pour objectif de redonner, au plus grand nombre, le goût du cinéma, un lieu « d’échange et de partage », selon Christophe Betti.

    Véronique Manzah, créatrice de l’association les Mots passants, proposant des ateliers d’écritures pour toute la famille, ne bénéficie, elle, d’aucune subvention. « Je n’ai pas encore fait la demande, pour l’instant c’est ma poche qui subventionne et le travail des deux bénévoles qui m’accompagnent », ironise-t-elle. Son ambition : permettre aux adhérents d’apprendre dans la convivialité, l’inclusion et l’humilité.

    Mécénats et billetteries adaptées

    La ZEF, ou Scène nationale de Marseille, dont les salariés disent être relativement épargnés par les baisses de financements avec une poursuite presque inchangée des versements de subventions de la part de toutes les collectivités, s’inquiètent tout de même du sort de leurs partenaires. « Les modifications des accès au Pass culture impactent les scolaires, avec qui nous collaborons beaucoup. Peut-être ne pourront-ils plus assister aux mêmes spectacles qu’avant », confie une bénévole. Composée de deux lieux dans les 14e et 15e arrondissements, l’association dispose d’une résidence d’artistes et d’une salle dédiée à la diffusion de spectacles. Pour rendre la culture accessible au plus grand nombre malgré les manques, les tarifs d’entrée aux spectacles sont adaptés aux revenus et varient entre 3 et 15 euros. Des billetteries solidaires, permettant aux plus aisés d’acheter en plus de leur billet une deuxième entrée à 5 euros, sont également mises en place. Le Studio théâtre (1er), proposant des ateliers théâtre pour tout niveau et n’ayant, lui, obtenu aucune subvention, pratique aussi la méthode de la billetterie adaptée, allant de 150 euros à 60 euros l’année.

    Du côté de Kipawa, association qui aide les personnes exilées avec des cours intensifs de français et l’accompagnement vers le bénévolat, les financements se cherchent un peu partout. « On a des subventions de la Ville et du Département mais on se finance aussi grâce à la recherche de mécénat et aux dons des particuliers », explique Nathalie Dehay, formatrice français langue étrangère, salariée de l’association. D’après le Mouvement associatif, 45% des subventions accordées aux associations en 2025 sont en baisse par rapport à 2024, dont 20% en « forte baisse ». Et de sortir les rames.