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  • L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    Après 16 ans d’existence, l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions est menacé. En seulement quatre ans, ce centre de recherche scientifique et participatif a perdu près de la moitié de son budget, soit environ 300 000 euros. « Il y a une réduction générale des financements, explique son directeur Philippe Chamaret. Ça fait plusieurs années qu’on en pâtit et qu’on recherche des fonds complémentaires. Aujourd’hui, on a un manque de moyens pour le fonctionnement minimum nécessaire pour mettre en œuvre les actions. Ce n’est pas tenable de consacrer 70% du temps de travail d’une équipe scientifique à chercher des financements. »

    Le budget de l’Institut repose à la fois sur les subventions des collectivités (essentiellement la Métropole), les appels à projet « de l’Agence nationale de la recherche, de l’Ademe, etc », et sur les missions cadrées dans le temps « comme ce qu’on fait à Lyon sur les PFAS », détaille Philippe Chamaret. Aujourd’hui, « l’inversion des flux financiers de l’État vis-à-vis des collectivités fait que certaines communes et la Métropole sont en grande difficulté et réduisent leurs contributions auprès du tissu associatif », dénonce-t-il.

    La problématique n’est pas nouvelle. Jusqu’en 2018, l’Institut employait 13 personnes. Depuis, les effectifs ont été restreints à 9 salariés, dont 6 scientifiques. Mais pas question de réduire la voilure davantage. « Le schéma de l’Institut c’est avoir une équipe transversale, souligne le directeur. Enlever une personne, une fonction, ça n’aurait plus de sens. » C’est cette pluridisciplinarité qui a fait la réussite de l’organisme, pionnier en matière de sciences participatives, qui s’est aujourd’hui dupliqué dans trois autres territoires.

    Philippe Chamaret appelle à une mobilisation et à une réflexion d’ensemble pour imaginer un mode de financement plus pérenne. Avec une piste d’ores et déjà identifiée : créer une structure, un fonds ou une fondation, alimentée par tous les financeurs potentiels, « dont les industriels, qui aujourd’hui ne contribuent pas aux recherches en santé environnementale sur leurs émissions ». « On partirait sur une base plus lisible », assure-t-il. Cette concertation est une « nécessité », à l’heure où la réindustrialisation du bassin de Fos-Berre « va changer la nature des polluants ». « Si on investit pour inventer d’autres modes de production, il faut aussi investir dans la connaissance de ces nouveautés. »

  • [Rue de la République] Jacques Latil : « Les Restos du cœur des Bouches-du-Rhône ont distribué 3,9 millions de repas en 2025 »

    [Rue de la République] Jacques Latil : « Les Restos du cœur des Bouches-du-Rhône ont distribué 3,9 millions de repas en 2025 »

    Les bénéficiaires des restos du cœur

    Didier Gesualdi : Quel est le rôle des Restos du cœur aujourd’hui ?

    Le rôle essentiel qu’on joue, c’est essayer d’accompagner le plus de personnes possible qui sont dans la précarité. Je parle de précarité alimentaire mais c’est aussi lié au logement. Une étude récente sur nos bénéficiaires met bien en évidence le sans-abrisme et la précarité résidentielle ce qui inclut par exemple les gens qui n’ont pas de domicile mais qui sont hébergés chez un tiers. Elle a été réalisée par cinq chercheurs : deux Américains, deux Français et un Allemand. Plus de 160 millions de données ont été analysées et on s’aperçoit que le sans-abrisme et la précarité résidentielle progressent énormément, on parle d’une augmentation de plus de 60% d’augmentation en quelques années.

    Léo Purguette : On parle de sans-abri mais on a aussi le sentiment que la pauvreté s’étend dans d’autres couches de la société. C’est le cas parmi vos bénéficiaires ?

    Oui, c’est un mouvement de fond depuis plusieurs années. Je suis aux Restos du cœur depuis 2018. J’ai vraiment vécu la crise covid où on a vu arriver de nouvelles populations. On a surtout beaucoup plus de jeunes et un nombre de familles monoparentales qui n’arrête pas de grandir.

    Didier Gesualdi : Des jeunes actifs aussi ?

    Bien sûr. Ce n’est pas parce qu’on a un travail qu’on est protégé de la précarité. C’est vrai pour les jeunes actifs, c’est vrai aussi pour les étudiants. Quand le Crous a mis en place le repas à 1 euro, il a été complètement dépassé. Ça prouve bien que cette jeunesse a du mal à se nourrir correctement et à se loger aussi. Les deux sont liés. Quand je suis rentré dans la vie active, les jeunes étaient totalement autonomes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On sait que beaucoup de jeunes sont en colocation en permanence. Il y a un problème sérieux à ce niveau-là.

    Didier Gesualdi : Et ceux qui n’osent pas pousser la porte, peut-être par honte ou pas peur de ne pas être dans les critères ?

    Oui, nous avons des seuils d’acceptabilité c’est normal mais quand une personne dans le besoin vient aux Restos du cœur, elle repart avec un colis de dépannage. La fois d’après, elle est obligée de justifier qu’elle est dans les barèmes que nous appliquons en fonction des moyens que l’on a. Et même si une personne ne peut pas bénéficier d’aide alimentaire, on peut l’orienter vers une aide juridique par exemple quand un papa quitte le foyer sans payer de pension alimentaire.

    L’ENGAGEMENT

    Léo Purguette : Qu’est-ce qui vous a personnellement conduit au bénévolat ?

    J’avais une maman assez branchée sur le milieu associatif ? Ce qui m’a poussé vers le bénévolat, c’est que quand j’étais gamin beaucoup d’adultes se sont occupés de moi. Je me suis toujours dit qu’il fallait que je rende la monnaie. Quand j’étais en activité professionnelle, j’étais assez souvent en déplacement et donc très pris, mais dès que la retraite est arrivée, j’ai tapé à la porte des Restos du cœur des Hauts-de-Seine. La difficulté dans le bénévolat, c’est de trouver des gens qui acceptent de prendre des responsabilités alors on m’a bombardé assez rapidement responsable départemental. Et puis ça a continué ici.

    Didier Gesualdi : Comment vous aider ?

    En continuant de sensibiliser à cette pauvreté… Il y a un paradoxe : les jeunes sont très sensibles à cela, les entreprises le sont aussi. Un peu pour leur image de marque sans doute. Mais à côté de cela on n’arrive pas à satisfaire tous les besoins.

    Léo Purguette : Concrètement comment vous aider ?

    La majorité des bénévoles ont mon âge mais on a aussi des jeunes. Il nous faut des bénévoles volontaires pour prendre des responsabilités et qui nous fassent profiter de leurs compétences professionnelles. L’entrepôt que la CMA-CGM a mis à notre disposition fonctionne avec un responsable approvisionnement spécialisé dans la logistique. Pour nous contacter c’est le 04.96.15.30.20 et par mail à : ad13.siege@restosducoeur.org

    LE NON-RECOURS AUX DROITS

    Didier Gesualdi : Rencontrez-vous des personnes qui ne demandent pas des choses auxquelles elles auraient droit ?

    Oui, je crois qu’à peu près 30% des personnes qui viennent ne savent pas qu’elles ont droit à des droits. On fait en sorte de les interroger pour savoir dans quelle situation elles sont. Nos distributions alimentaires sont ce qu’on appelle des « distributions accompagnées ». Les personnes qui viennent sont accompagnées d’un bénévole, ça permet de discuter avec les gens pour savoir où ils en sont. Est-ce que leur situation s’améliore ou se détériore ? On les aide à prendre les décisions qui s’imposent.

    Didier Gesualdi : J’imagine que cela nécessite aussi de former vos bénévoles.

    Oui tout à fait. On a des formations dans les différents domaines. On fait du juridique, de l’accompagnement scolaire. Pour tout ça, il y a des formations internes qui sont dispensées. On a des formateurs nationaux qui viennent localement et ensuite nos bénévoles qui forment la population.

    LES CENTRES

    Léo Purguette : L’un de vos 42 centres dans les Bouches-du-Rhône, a été touché par les intempéries, comment faites-vous face ?

    Oui c’est en effet un gros problème qui concerne le centre Barbini, celui de la Belle-de-Mai, un quartier en grande difficulté. Il a subi les intempéries et nous avons été obligés de le fermer parce qu’il y avait un risque d’électrocution. Nous avons pris la décision qui s’imposait mais cela touche quand même plus de 400 familles et au total entre 2 000 et 2 500 personnes qu’on ne sert plus. On a alerté la mairie concernée et on a été reçus par le préfet aux solidarités qui a été très à l’écoute de notre problématique. On est en train d’essayer de trouver des solutions. Est-ce que ça va passer par un autre local ? Un transfert ? Un local temporaire ? Au moment où je vous parle on n’a toujours pas la solution.

    LES FINANCEMENTS

    Léo Purguette : L’aide alimentaire a été plusieurs fois menacée au niveau européen. Votre financement est-il garanti ?

    Garanti, je ne sais pas. Il est remis en question régulièrement mais pour le moment on a toujours l’aide de l’Europe sur une partie des produits qu’on distribue.

    Didier Gesualdi : Avez-vous un bilan de l’an dernier ?

    Dans le département des Bouches-du-Rhône, on a distribué 3,9 millions de repas et servi 51 000 personnes. Ça va augmenter cette année c’est sûr. Dans un de nos 42 centres, le centre Paradou, le responsable me disait qu’en 2021 on servait 189 familles et qu’en 2025 c’est 479 familles.

    Didier Gesualdi : La Banque alimentaire qui redistribue via une association comme la vôtre pousse un cri d’alarme et en appelle à la générosité publique.

    Oui tout à fait. Il y a trois semaines nous avons fait une collecte au niveau du département. On est toujours surpris par la générosité de nos concitoyens. On a toujours des grosses inquiétudes avant que les collectes commencent et puis on s’aperçoit que les gens répondent présent. C’est quand même bon signe.

    Didier Gesualdi : Ceux qui donnent ne sont pas toujours ceux qui ont le plus de moyens…

    Exactement.

    Léo Purguette : Les chiffres que vous avancez posent la question de la responsabilité des pouvoirs publics. D’une certaine manière votre action les décharge de leur mission.

    Oui. Ce n’est pas nouveau. Ça s’accentue parce qu’on sent bien qu’il y a une tendance à tout réduire. Les finances sont exsangues donc on s’attend à avoir des difficultés pour avoir autant de financements que précédemment. On cherche d’autres voies. On essaye de récupérer un peu plus de marchandises dans le département pour compenser.

    Léo Purguette : En plus des dons alimentaires, sollicitez-vous des dons financiers ?

    Oui, heureusement qu’on les a d’ailleurs. C’est ce qui permet d’acheter presque la moitié de ce que l’on distribue.

    LE CLIMAT POLITIQUE

    Didier Gesualdi : L’ambiance politique est au repli sur soi. On sait bien que vous ne faites pas de politique mais ce climat ne va pas forcément dans le sens de la générosité à laquelle vous faites appel.

    Oui. Vous savez que le sujet politique, aux Restos du cœur, on garde un peu ça pour soi. Ce qui est normal. C’est d’ailleurs l’une des clefs du système mis en place par Coluche. Cela dit, oui, il y a une inquiétude sur la suite, une incertitude sur ce qu’il va se passer l’année prochaine.

    On a de plus en plus de difficultés à avoir des financements et tout à l’heure quand je vous parlais de la précarité résidentielle, on sait ce que les gouvernements ont à faire pour arranger les choses. 10% de logements sociaux en plus, c’est 10% de personnes accueillies en moins pour nous, parce que ça réduit les problèmes de pouvoir d’achat et de budget qui, aujourd’hui, ne le sont pas.

    LA RÉPUBLIQUE C’EST QUOI?

    Jacques Latil : « La République idéale c’est que tout le monde soit heureux dans son quotidien et vive à peu près correctement. On n’arrivera pas à gommer toutes les formes d’inégalité, mais avec le niveau de richesse que nous connaissons dans certains pays, ce n’est pas normal qu’il y ait autant de pauvres. »

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Maryse :

    On m’a dit que les restos du cœur ce n’est plus seulement l’hiver. Est-ce que c’est vrai?

    À une époque on avait même un barème différent entre l’été et l’hiver, partant du principe que les besoins étaient un peu différents en été mais désormais on ne fait plus de différence entre les saisons. On essaye de faire en sorte que les centres soient ouverts tout au long de l’année, ce qui est compliqué. On conserve notre campagne d’hiver qui sera lancée le 27 novembre. C’est un temps fort et le deuxième temps fort c’est la collecte nationale des Restos du cœur qui aura lieu le premier week-end du mois de mars.

    Aux Restos du cœur on rencontre des gens formidables toute l’année que ce soit au niveau des bénévoles ou des bénéficiaires. Ça fait réfléchir. On se pose des questions. On se demande pourquoi ces gens sont dans de telles difficultés par rapport à nous.

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « En soutien à ce qui fait progresser la prévention et l’éducation à la santé »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « En soutien à ce qui fait progresser la prévention et l’éducation à la santé »

    La Marseillaise : Le Palais du Pharo a été éclairé en rose. Qu’est-ce que la Ville fait d’autre pour Octobre rose ?

    Anthony Gonçalves : Il y aura le village santé les 21 et 22 octobre à Frais Vallon qui est un événement fort dans le domaine de la prévention, du dépistage et de la promotion de la santé. La participation de la ville, s’intègre aussi dans sa volonté d’être en soutien à tout ce qui fait progresser les pratiques de prévention et d’éducation. Un axe fort dans le cadrage des appels à projets et des demandes de soutien des associations à la Ville porte d’ailleurs sur le fait d’aller chercher les publics les plus éloignés dans ce domaine.

    C’est aussi l’objet de ce village santé. ça donne des résultats ?

    A.G. : C’est toujours positif car ça connecte à ces problématiques, des publics qui n’y accrochent pas spontanément. Sur la journée, des centaines de personnes entrent en contact avec des professionnels dans divers domaines : maladies chroniques, hypertension, diabète, maladies respiratoires, dépistages des cancers. Et certains rentrent dans un parcours de prévention ou de soins. Peut-on faire mieux ? On aimerait pérenniser des structures, des maisons de la prévention dans les quartiers en déficit.

    Quel est le budget de la Ville ?

    A.G. : En termes de subventions aux associations faisant la promotion de la santé, c’est plus de 800 000 euros. Il y a dedans : la réduction des risques, la santé sexuelle ou mentale, la santé des femmes, la nutrition… 80% de ces financements sont consacrés à la prévention.

    La mutuelle de la Ville peut-être une autre pièce du dispositif ?

    A.G. : Parmi les outils qui peuvent être utiles, on compte aussi sur la mutuelle communale, en effet. Dans les exigences posées dans l’appel à manifestation d’intérêt, il y a d’ailleurs la participation aux initiatives en faveur de la prévention et du dépistage.

    Et sur la question de la proximité en matière de santé ?

    A.G. : Marseille est une ville originale dans le domaine. La municipalité a la volonté de déployer des maisons de santé et ça a commencé. L’APHM a des centres, il y a les Secpa, ces structures d’exercices coordonnées communautaires qui font de la santé participative. On va soutenir ces structures au contact des populations les plus éloignées et continuer à en déployer sur divers modèles : APHM, communautaires mais aussi mutualistes. Et peut-être d’autres ? On pourrait associer les maisons de santé pluriprofessionnelles qui ne sont pas tout à fait des centres de santé mais ont des médecins libéraux au secteur 1, donc sans dépassement d’honoraires et avec le tiers payant, qui s’engagent sur des actions de médiation sociale. Elles peuvent être des solutions. Toutes ces structures peuvent participer à cette volonté de pérenniser les villages de santé dans le temps.

  • Rejet du recours du RN contre l’élection de Gaby Charroux

    Rejet du recours du RN contre l’élection de Gaby Charroux

    Le tribunal administratif de Marseille a rejeté, vendredi, le recours contre le résultat des élections déposé par le député (RN) Emmanuel Fouquart, battu aux municipales de mars 2026 à Martigues, par le maire communiste Gaby Charroux. « Notre élection est confirmée par la Justice », se félicitaient le maire et son équipe samedi dans un communiqué. Le candidat d’extrême droite demandait l’annulation du scrutin et l’inéligibilité du maire.

    La majorité municipale qui assure avoir toujours abordé cette procédure « avec sérénité », rappelle avoir mené une campagne « dans le strict respect des règles » et souligne que dans cette procédure plusieurs étapes sont venues conforter la régularité du scrutin de mars.

    Le 17 juillet, d’abord, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques avait approuvé son compte de campagne « en totalité et sans aucune remarque ». Lors de l’audience du 24 septembre, la rapporteure publique avait conclu au rejet de la requête du député d’extrême droite, avant que le tribunal administratif, enfin, ne rejette à son tour « la protestation dans son intégralité ». Emmanuel Fouquart dénonçait de supposées irrégularités de campagne, des manquements aux règles déontologiques ainsi que des faits relevant, selon lui, d’une propagande électorale.

    Des accusations « examinées et écartées une à une », rappelle le texte. Au second tour, la liste de Charroux avait obtenu 8 959 voix, soit 44,14% des suffrages, contre 7 115 voix pour la liste Fouquart. « Notre victoire était nette dans les urnes et la régularité de notre élection est aujourd’hui pleinement confortée », écrivent les élus de la majorité en s’interrogeant sur « la finalité réelle de ce recours » alors que Fouquart avait lui-même admis que « le recours a peu de chances d’aboutir ».

  • À Forcalquier, un lieu pour faire le lien entre Europe et ruralité

    À Forcalquier, un lieu pour faire le lien entre Europe et ruralité

    « Démocratiser l’action de l’Europe », informer, orienter, fournir une aide administrative et encourager les porteurs de projets à se tourner vers les fonds européens : tels sont les objectifs du centre Europe Direct inauguré, mardi, à Forcalquier. « L’objectif est de faire le lien entre les territoires et les institutions, de comprendre les attentes des citoyens, de dialoguer sur les projets qu’ils souhaitent mener, sur leur ressenti vis-à-vis de l’Europe », explique Tanguy Specq, représentant de la Commission européenne à Marseille. L’idée est également de redorer le blason de l’Europe et de montrer qu’elle ne se résume pas qu’à des contraintes, alors que « l’on voyait de plus en plus d’eurosceptiques sur notre territoire », constate Alexandra Fol-Gutierrez, responsable du centre.

    « On a besoin aujourd’hui pour peser d’une Europe qui soit forte. Mais pour pouvoir avoir une Europe forte, il faut qu’elle soit incarnée dans les territoires, avance David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier et président de la communauté de communes. Il faut saisir l’opportunité de ces fonds européens qui sont à disposition. »

    Le nouveau centre Europe Direct mettra en place des ateliers pour faire connaître les fonds européens aux élus, et a également pour projet d’intervenir dans les établissements scolaires, les collèges et les lycées agricoles. « L’agriculture est une partie prenante de ce lieu », pour lequel la communauté de communes a travaillé avec la Chambre de l’agriculture, a expliqué David Gehant. Avec cet espace, il espère « faire de cette commune un laboratoire de la ruralité active ». « Les territoires ruraux incarnent l’avenir de notre pays. La ruralité a un potentiel immense », a-t-il lancé.

  • À Avignon, fronde contre le projet d’externalisation de la crèche de l’hôpital

    À Avignon, fronde contre le projet d’externalisation de la crèche de l’hôpital

    Si quelques membres de la CGT Santé se rendent bien à Marseille, ce mardi 15 septembre, afin de participer à la manifestation régionale, une mobilisation est également prévue dès 9h30 devant le bâtiment administratif. Les syndicats dénoncent un projet « d’externalisation de la crèche intrahospitalière ».

    Dans des courriers distincts, la CGT et FO, qui citent également la CFDT, appellent à maintenir la crèche entre les murs de l’établissement. « Sous des prétextes non avérés, le directeur du CH d’Avignon veut externaliser ce service essentiel aux professionnels de santé hospitaliers », regrette la CGT. Le syndicat a également adressé une lettre au maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), également président du conseil de surveillance. Celui-ci n’a, pour l’heure, pas répondu, selon la CGT. « Cette crèche dispose d’horaires élargis qui permettent aux professionnels de notre établissement de lier les impératifs de leurs métiers et les nécessités familiales », abonde dans un communiqué le syndicat FO de l’hôpital. Une pétition contre ce projet a récolté plus de 2 000 signatures.

    Pas de financements

    « On se farcit les couches toute la nuit, c’est pas pour qu’on nous embête en plus la journée », abonde Patrick Bourdillon, secrétaire CGT du centre hospitalier. Une action symbolique doit être menée afin d’illustrer ces inquiétudes.

    Contacté par La Marseillaise, le directeur, Pierre Pinzelli, assure « qu’à ce stade, aucune décision définitive n’a été prise concernant les modalités futures d’organisation ou le lieu d’implantation de la crèche, si ce n’est d’avoir acté le maintien durable et la modernisation de la crèche des agents du centre hospitalier d’Avignon ». Il précise toutefois que le bâtiment actuel « ne répond plus à tous les besoins (structure vieillissante, mise aux normes nécessitant des travaux estimés à plus d’un million d’euros) et que l’établissement ne dispose pas de ce financement, sa priorité d’investissement restant les équipements médicaux et le projet architectural des services de soins. »

  • L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    « Vous avez le pouvoir d’aider Scop-Ti ! ». Ce mardi à Gémenos, Gérard Cazorla, premier président de Scop-ti et Olivier Leberquier, son successeur, ont le regard de ceux qui déplacent des montagnes. Au cœur de l’usine qui a été reprise à la multinationale Unilever par la sueur, 1336 jours de lutte et l’intelligence collective via l’actuelle coopérative, les ex-Fralib veulent mettre les bouchées doubles pour 2026.

    « On a une activité qui progresse énormément mais ça nécessite des besoins de trésorerie importants. Il faut qu’on développe encore plus notre marque 1336 », explique Olivier Leberquier, figure du long combat des anciens travailleurs du thé marseillais Éléphant. Si Scop-Ti est maintenant bien installée dans le paysage des coopératives qui réussissent, reste que la petite entreprise « sociale et solidaire » fait toujours face à moult obstacles. « La grande distribution ne joue pas le jeu, c’est toujours plus compliqué de faire sa place dans les magasins », commente Olivier Leberquier. Gérard Cazorla abonde : « Et on n’a pas les moyens de se faire des pubs comme les grands groupes ! ».

    Ajoutez à cela la crise sanitaire de 2020, et les « spéculateurs de guerre » qui surfent sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, l’équation reste complexe pour les 60 coopérateurs et 37 salariés de Scop-Ti. D’où l’appel du jour : « On lance une nouvelle campagne de sociofinancement mais c’est bien plus que cela ». Par « plus que cela », ils entendent proposer tout un panel de moyens pour soutenir 1336 à différents niveaux. Par exemple, avec la possibilité à venir d’abonnements mensuels ou annuels pour leurs produits, le développement de l’offre sur leur site internet ou encore la possibilité de devenir « ambassadeur » de la marque. « Un militant qui connaît notre histoire et qui est dans une association sportive pourra mettre en vente nos produits pour les adhérents », explique Gérard Cazorla. Une nouveauté qui concerne notamment ce qu’ils appellent « le réseau militant », alias les entreprises et travailleurs du secteur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), c’est-à-dire d’autres coopératives mais aussi des mutuelles ou associations. Un secteur où le jeu du libre marché et les bénéfices passent après « les hommes et les femmes » qui travaillent.

    « L’autogestion, ça marche »

    En bref, plus que de simples dons, les ex-Fralibs proposent que les citoyens puissent « accompagner le développement ». De quoi remettre en lumière les valeurs de Scop-ti : « Nous faisons la démonstration que le collectif et l’autogestion, ça marche et c’est viable ». Et surtout la qualité de ses produits : « Emballages écoresponsables et recyclables, recettes composées uniquement d’arômes naturels, avec le label Origine France Garantie », énumère Olivier Leberquier. C’est aussi l’assurance de faire vivre des producteurs locaux et bio comme ceux du tilleul des Baronnies provençales.

    In fine, l’objectif est bien d’assurer la pérennité financière de la coopérative, qui était dans le positif en 2020, mais aussi participer à la visibilité de la marque à l’histoire sociale unique au monde. « On a besoin de développer de nouveaux produits, et pour cela, on a besoin de financements ! », conclut Gérard Cazorla.

    LES FEMMES ET LES HOMMES DERRIÈRE 1336

    Rim Hidri, assistante comptable

    Dans l’un des couloirs de l’usine 1336, couverts d’affiches du Che et d’appel à manifester de la CGT, Rim Hidri interrompt sa marche. « C’est moi ! s’exclame-t-elle, désignant une photo d’elle prise il y a plus de 10 ans entre les mêmes murs. Je me rappelle, le photographe m’avait dit de penser à un truc qui me mettait en colère. J’ai pensé au moment où on nous a annoncé la fermeture ». Présente « tout au long de la lutte », elle est coopératrice de la Scop depuis sa création. « C’est quand même grisant d’être à la fois patronne et salariée, s’extasie-t-elle. J’ai le pouvoir de prendre des décisions et en même temps la possibilité de les mettre en application par moi-même ». Contrôleuse qualité avant la reprise, puis assistante comptable depuis l’ouverture, elle assure que son quotidien n’a aujourd’hui « plus rien à voir ».

    M.M.

    Thierry Lauthelier, bénévole à Fraliberthé

    Dans les bureaux de Fraliberthé, association de bénévoles qui travaille à la promotion de la marque 1336, Thierry Lauthelier se fait discret. Pourtant, il est de ceux pour qui l’économie solidaire sonne comme une évidence. Informaticien, il a lui aussi créé sa Scop il y a 16 ans, au moment où les actuels salariés de 1336 entament leur combat pour poursuivre leur activité. Familier des conflits sociaux « depuis l’enfance », il vient souvent soutenir ses camarades géménosiens, jusqu’à devenir bénévole régulier pour la structure. « La différence ici, comme dans les Scops en général, c’est qu’on sent que ce qu’on fait a du sens, note-t-il. C’est là qu’on se rend compte à quel point le sens du travail manque à nos sociétés modernes et capitalistes, qui ne tournent qu’autour du pognon ».

    M.M.

    Laurence Nicolas, contrôleuse assurance qualité

    Présente avant la reprise et tout au long de la lutte, Laurence Nicolas est de retour chez 1336 depuis deux ans seulement, après une longue parenthèse dans le secteur social, aux côtés des personnes en situation de handicap. « Je suis coopératrice depuis le départ et je n’ai jamais cessé d’être scopiste. Il y a deux ans, quand j’ai quitté mon ancien travail, je me suis dit que j’allais retenter l’aventure », retrace-t-elle. À l’origine partisane de ce modèle d’économie solidaire, elle dit aujourd’hui constater quelques limites. « Bien sûr que c’est différent d’une entreprise et qu’il y a des avantages : on est autonome, on apporte notre savoir-faire, notre plus-value, concède-t-elle volontiers. Mais c’est vrai qu’a contrario, il y a quelques soucis, avec des scissions entre certains services qui apparaissent, comme dans une entreprise lambda ».

    M.M.

    Marie-Claire Amato, bénévole à Fraliberthé

    Ferronnerie « Scop-Ti » et affiche du Che sirotant une tasse de thé, Marie-Claire Amato détient sur son bureau tout l’attirail d’une bonne communicante. Bénévole pour Fraliberthé, elle participe à la promotion et à la gestion administrative de la coopérative. Aujourd’hui à la retraite, elle est entrée en contact avec 1336 il y a plus de 12 ans, à l’occasion d’une journée de solidarité organisée par son syndicat de l’époque, la CGT territoriaux d’Aubagne, pour soutenir le combat de l’usine de thé. C’est elle qui sera à l’initiative de l’écriture de la pièce de théâtre 1336, qui raconte les 1336 jours de lutte des salariés. « Je donne du sens à ma retraite, s’émeut-elle. J’ai l’impression d’aider à construire quelque chose pour lequel je me suis battue toute ma vie, en tant que syndicaliste. »

    M.M.

  • Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Devant une centaine d’élèves de l’école des Grands Cyprès, à l’occasion de la rentrée, le maire (DVD) Olivier Galzi se réjouissait de la chorale qui chantait « Je veux apprendre ! ». Mais en parallèle, la municipalité de la Cité des Papes a décidé de ne pas reconduire un financement qui permettait aux écoliers en CP qui sont en difficulté d’apprentissage d’avoir des aides en lecture et en écriture dans les quartiers prioritaires de la ville.

    Le dispositif « Coup de pouce » était piloté par la Ligue de l’Enseignement mais financé par la mairie à hauteur d’un peu plus de 56 310 euros pour l’année scolaire 2025-2026. Organisés sous forme de clubs, ces moments permettaient à 55 enfants, dispatchés en 11 groupes de 5, d’avoir trois séances d’une heure et demie par semaine. La plupart des directeurs d’école en auraient été informés ce lundi. Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Avignon explique que la décision « s’inscrit dans un contexte d’évolution des politiques publiques de soutien aux apprentissages fondamentaux » avec notamment « un retrait progressif des financements ». Et explique que l’an dernier, alors qu’elle amenait plus de 50 000 euros, l’État n’en amenait que 4 000. « La Ville a considéré qu’elle ne pouvait plus porter seule une action qui reposait historiquement sur une logique de coconstruction et de cofinancement entre plusieurs partenaires », poursuit-elle. Tout en assurant qu’elle « continuera ainsi d’agir concrètement pour favoriser le goût de la lecture, l’accès à la culture au bénéfice des jeunes Avignonnais ».

    Lutte contre les inégalités

    Contactée, la Ligue de l’Enseignement confirme mais ne souhaite pour l’heure pas commenter cette décision dont elle a été informée pendant l’été. Le contrat d’une dizaine d’animatrices en périscolaire dédiées à ces temps n’a donc pas été prolongé d’après les premiers échos.

    « Le dispositif permettait de lutter contre les inégalités scolaires. C’est hyper important, d’autant plus que les difficultés scolaires sont souvent liées aux difficultés sociales que l’on rencontre dans ces quartiers », regrette de son côté Nicolas Flavier, secrétaire départemental FSU-Snuipp. « Encore une double peine pour les enfants des quartiers populaires. Maîtriser la lecture en CP, c’est primordial pour la suite », souffle Khalid El Yousoufi, conseiller municipal (LFI) et enseignant à l’école des Grands Cyprès qui est concernée par cet arrêt.

  • [Tribune] Madame la ministre de la Culture, Madame Catherine Pégard…

    [Tribune] Madame la ministre de la Culture, Madame Catherine Pégard…

    Par cette lettre ouverte, nous souhaitons réaffirmer nos revendications concernant l’attribution des financements publics à la distribution de la presse votés lors des différentes lois de Finances.

    En effet, nous nous satisfaisons que le législateur soutienne la presse et sa distribution, pilier incontournable du pluralisme et donc de notre démocratie.

    Cependant, ces aides publiques ne sont pas accordées à tous les échelons de la distribution de la presse et plusieurs maillons n’en perçoivent aucun ruissellement.

    Le contenu de la loi est pourtant clair et définit la distribution de la presse de la sortie des imprimeries jusque chez les marchands de journaux. Malgré cette volonté du législateur, les coopératives Oyé Distribution et CPMM (dépositaires de niveau 2) en charge de la livraison du dernier KM, en sont donc exclues.

    Au contraire elles sont confrontées au refus des administrations (ministère de la Culture et ARCEP notamment) et des messageries (MLP et France Messagerie) de les intégrer dans le dispositif d’attribution. La messagerie MLP porte néanmoins l’idée dans ses préconisations aux états généraux de l’information que les montants issus de la péréquation puissent irriguer en partie les dépositaires.

    Cette posture générale des pouvoirs publics, des organes de régulation et des coopératives d’éditeurs met en danger la pérennité des activités de CPMM et Oyé Distribution et fait peser une menace à très court terme sur les emplois et la distribution de la presse.

    Nous revendiquons l’attribution immédiate « de la cote part » des financements publics de 2026, en augmentation de 4 millions par rapport à 2025, pour les coopératives Oyé et CPMM.

    Nous revendiquons que dans la loi de Finance 2027, le fléchage des aides publiques à la distribution de la presse pour tous les échelons soit stipulé de façon explicite.

  • Les sapeurs pompiers restent sur le pied de guerre

    Les sapeurs pompiers restent sur le pied de guerre

    Les sapeurs-pompiers professionnels sont à bout de souffle. La saison des feux, qui n’est toujours pas terminée, est d’une ampleur inédite. À l’heure où nous écrivons ces lignes, quelque 120 000 hectares ont été parcourus par les flammes en France. Et les moyens manquent. « Si la sécurité civile tient aujourd’hui c’est grâce à l’engagement exceptionnel des agents, mais elle ne peut plus reposer uniquement sur leur dévouement », alerte Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels. « Les interventions augmentent, les crises se multiplient, les risques et la société évoluent mais les moyens ne suivent pas », déplore-t-il entouré par les membres des neuf syndicats représentatifs des services d’incendie et de secours (Sdis), pointant l’« insuffisance d’un système arrivé à saturation ».

    Cette conférence de presse était donnée devant le ministère de l’Intérieur, où les soldats du feu ont été reçus ce jeudi 13 août pendant près de deux heures par Laurent Nuñez à qui ils ont exposé leurs revendications. En tête de liste figure l’adoption rapide d’un projet de loi de modernisation de la sécurité civile. « Le ministre n’est pas au rendez-vous, nous n’avons pas eu de réponse concrète. Nous n’avons aucune affirmation ni sur le financement, ni sur la stratégie de financement, ni sur le contenu du projet de loi », fustige Xavier Boy. Sur X, le locataire de la place Beauvau assure que le texte sera présenté « début septembre » par ses services au Premier ministre. Les sapeurs-pompiers seront eux, reçus le 8 septembre.

    Les syndicats réclament par ailleurs des recrutements massifs de sapeurs pompiers professionnels, à hauteur de 21 000 personnes – qui s’ajouteraient à l’effectif actuel de 44 000 -, et d’agents techniques et administratifs.

    « L’été que nous vivons doit tous nous interroger »

    Ils exigent également un budget « permettant de garantir la protection de la santé de nos agents », l’ouverture de négociations avec leur ministre de tutelle « sur les conditions d’exercice » et enfin « une loi de financement de la Sécurité sociale juste qui pourra intégrer enfin nos attentes historiques en matière de retraite ».

    Si le premier flic de France a loué sur le réseau social de « longs échanges très francs », les pompiers eux, se disent « déçus, on s’attendait à des réponses beaucoup plus fortes et concrètes », pousse Laurent Guilloteau, membre du collectif CGT des SDIS. « Face à l’immobilisme de l’État, on va augmenter le rapport de force », fait valoir le sous-officier des Sdis 13.

    « L’été que nous vivons doit tous nous interroger », abonde l’intersyndicale dans un communiqué commun publié à l’issue de la rencontre. Entre évacuations, habitations détruites, les sapeurs-pompiers déplorent quatre morts dans leurs rangs et des centaines de blessés. « Nous sommes arrivés à un point de rupture (…) Il y a urgence », alerte l’intersyndicale qui annonce une grande mobilisation nationale le 29 septembre prochain. Et entend, d’ici là, maintenir la pression sur l’exécutif, les départements dont proviennent leurs financements et les parlementaires.