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  • [Entretien] Denis Philippe, Cress Paca : « Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros »

    [Entretien] Denis Philippe, Cress Paca : « Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros »

    La Marseillaise : Pouvez-vous rappeler les missions de la Cress ?

    Denis Philippe : La Cress est la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire. Sa mission a été fixée par la loi de 2014, qui reconnaît et encadre les organisations représentatives de l’économie sociale et solidaire (ESS). En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’ESS représente près de 200 000 emplois. On compte également 12 000 entreprises et 14 000 établissements. Nous avons donc pour mission de représenter ce modèle économique et les entreprises qui le portent.

    Dans votre lettre, vous appelez à soutenir l’initiative de l’ESS France, qui demande au gouvernement de « maintenir les crédits ». Pourquoi cette démarche ?

    D.P. : La loi de finances pour 2026 a été votée en début d’année avec l’article 49.3. Dans ce cadre, nous avons appris qu’une réduction des crédits liés à l’économie sociale et solidaire allait être appliquée. Pourtant, l’État s’était engagé à maintenir le financement de l’ESS au même niveau que celui de 2025. Le 5 juin dernier, nous avons appris que le gouvernement, par une décision subite et incompréhensible pour nous, voulait diminuer de 30% ces crédits dédiés à l’ESS. En parallèle, ce qui nous pose problème, c’est qu’aujourd’hui, on ne sait toujours pas quelle est la stratégie de la France concernant l’économie sociale et solidaire. À un moment, il faut se positionner.

    Quelles vont être les conséquences d’une réduction de 30% des financements pour l’ESS ?

    D.P. : Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros. Imaginez les conséquences pour les organisations qui portent ces dispositifs sociaux, au moment où nous allons leur dire qu’on ne peut pas les financer.

    Tout cela va participer à une dégradation beaucoup plus rapide de la situation de nos concitoyens, notamment les plus pauvres.

    Qu’attendez-vous de l’État désormais ?

    D.P. : Nous, la Chambre régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous ne voulons pas que ce soit l’État qui nous finance alors qu’il n’est pas au rendez-vous quand nous avons besoin de lui. Nous considérons que ce serait à nos entreprises de financer la Chambre régionale, via une taxe perçue par l’État et qui devrait donc nous être reversée directement. Cela éviterait que, lorsque l’État fait face à des difficultés économiques, il ne soit obligé de raboter le budget pour remédier à sa dette abyssale.

    Quel regard portez-vous sur l’avenir du secteur ?

    D.P. : Moi, je partage la position de l’ESS France. C’est-à-dire que nous n’allons plus nous asseoir autour de la table du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) tant que l’État n’a pas de stratégie pour ce modèle. J’entends qu’il y ait des difficultés économiques dans notre pays, elles sont réelles. Mais, quand nous faisons des propositions concrètes, comme le fait de nous financer par nous-mêmes, c’est refusé. Quel choix nous laisse-t-on ?

    Il faut qu’on s’organise par nous-mêmes, parce que je ne crois pas à la capacité de l’État, demain, de pouvoir continuer à soutenir l’économie sociale et solidaire.

  • L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    Un pillage en règle des fonds de la recherche publique. Comme à Paris, Toulouse ou Grenoble, ingénieurs, chercheurs, directeurs de recherche se sont retrouvés ce jeudi 11 juin sur la place Charles-de-Gaulle pour dénoncer les baisses de subventions successives opérées par l’État envers les établissements publics de recherches. CNRS, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria)… Tout le monde est concerné.

    « Ils sont allés taper dans les fonds de roulement, les ressources propres fléchées et non fléchées. On est à l’os », résume Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS (Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique)-CGT Provence Corse, ingénieur chimiste de l’environnement.

    Concrètement, toutes les strates du budget des laboratoires sont touchées. D’abord l’argent que ces derniers réussissent à décrocher dans le cadre de partenariat avec les entreprises, « qui améliore l’ordinaire et permet notamment d’acquérir du matériel ou de l’entretenir », commente le syndicaliste. C’est sur cet apport aussi que « nous réalisons les travaux préliminaires de nos recherches qui vont nous servir à décrocher des projets, car nous devons tout justifier », ajoute Véronique Alphand, du Syndicat national de la recherche scientifique (SNCS)-FSU, chercheure en chimie « en interface avec la biologie ».

    Les financements obtenus auprès de l’Agence nationale de recherche (ANR), de l’Europe sont aussi concernés assurent les syndicats. L’Agence voyant ses possibilités revues à la baisse de 9% s’indigne Didier Gori. « France 2030 sera impactée de 100 millions, la Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur (Mires) de 139 millions d’euros », liste-t-il. Des coupes qui s’ajoutent au milliard d’euros d’économie annoncé par le gouvernement sur les services publics, avec 62,2 millions en moins pour les établissements de recherche publique.

    Les CDD gelés au CNRS

    Les conséquences se font sentir. Dans une lettre adressée ce vendredi 8 juin aux directeurs d’instituts, délégués régionaux et directeurs d’unités, le patron du CNRS détaille des mesures conservatoires pour coller au budget « rectificatif » où Bercy réclame l’annulation de 20 millions d’euros supplémentaires. Sur la « masse salariale limitative », 70% des recrutements ou renouvellement d’agents en CDD sont gelés jusqu’au 30 septembre. Sur les fameuses « ressources propres », 100% des recrutements d’agents en CDD sont gelés. À noter que le CNRS Paca Corse, avec ses 82 structures de recherche, 1 008 chercheurs, 1 238 ingénieurs, techniciens et administratifs dont 727 contractuels, 222 doctorants, et 277 millions d’euros de budget annuel est parmi « les investissements les plus conséquents du CNRS en région », indique son site Internet.

    Conditions de travail dégradées, turn-over important dans l’administratif, manque d’attractivité, s’ajoutent à la mise en péril des projets témoignent les manifestants. Nathan qui travaille au laboratoire d’astrophysique de Marseille, déplore la mise en concurrence à l’intérieur même de l’unité. « On met à mal la recherche fondamentale », se désole un autre collègue. Tout ça au profit d’une « économie de guerre », s’agace Didier Gori, alors que face « aux défis environnementaux, climatiques, sociétaux », la recherche a toute sa place, estime-t-il, lui qui travaille justement au quotidien sur la pollution.

    « Un pays qui n’investit plus dans sa recherche, c’est un pays qui perd sa souveraineté », pose le syndicaliste. Et un « déni démocratique », embraye Véronique Alphand. « Lutter contre le complotisme ambiant, montrer que la science ça sert c’est aussi ça l’intérêt de la recherche », assène-t-elle.

  • Habitat & Humanisme renforce son implantation dans les Alpes

    Habitat & Humanisme renforce son implantation dans les Alpes

    L’insertion commence par le logement », affirme Michel Mané, secrétaire en charge de la gestion locative adaptée. Pour l’association Habitat & Humanisme, le logement est « un droit universel pour tous ». Les bénévoles de l’association interviennent sur deux départements (le 04 et le 05).

    L’enjeu de lever des fonds

    Cette association agit sur trois axes : le logement accompagné, logement d’urgence et médico-social. Quinze logements solidaires sont déjà répartis à Digne-les-Bains, Gap, Sisteron et Manosque. « Il y a beaucoup plus de demandes, que de logements sociaux dans nos départements », rappelle le président de l’association Alpes Provence, Alain Burin des Roziers.

    Une pension de famille de 22 logements doit voir le jour à Manosque d’ici 2027. « L’objectif est de favoriser leur accès à l’autonomie par le logement », précise le président. À Digne-les-Bains, un centre d’hébergement d’urgence de 59 places, comprenant un accueil dédié aux femmes et enfants victimes de violences, fait l’objet d’une recherche de fonds importante pour sa rénovation. Un financement participatif est en cours.

    À Forcalquier, les démarches pour un nouvel Ehpad ont été finalisées : 44 places, plus 20 lits supplémentaires inscrits. Des qui restent toutefois conditionnés à l’obtention de financements « Le plus difficile reste la captation de logements. Il faut se faire connaître des mairies et des propriétaires potentiellement solidaires », souligne le président Alain Burin des Roziers.

    Leurs nouveaux locaux à Sisteron seront inaugurés à l’automne et, en plus des bénévoles, un travailleur social a été recruté.

    Des projets conditionnés aux financements

    Cette association aide entre autres à l’obtention d’un logement d’urgence – notamment pour les femmes victimes de violences – ou médico-social. Quinze logements solidaires sont déjà répartis à Digne-les-Bains, Gap, Sisteron et Manosque. « Il y a beaucoup plus de demandes, que de logements sociaux dans nos départements », rappelle le président de l’association Alpes Provence, Alain Burin des Roziers.

    Une pension de famille de 22 logements doit voir le jour à Manosque d’ici 2027. « L’objectif est de favoriser leur accès à l’autonomie par le logement », précise le président. À Digne-les-Bains, un centre d’hébergement d’urgence de 59 places, comprenant un accueil dédié aux femmes et enfants victimes de violences, est à l’étude.

    À Forcalquier, les démarches pour un nouvel Ehpad ont été finalisées : 44 places, plus 20 lits supplémentaires inscrits. Des projets qui restent toutefois conditionnés à l’obtention de financements. « Le plus difficile reste la captation de logements. Il faut se faire connaître des mairies et des propriétaires potentiellement solidaires », souligne le président Alain Burin des Roziers.

    Marie Moreau

  • Double mobilisation pour le secteur social à Marseille

    Double mobilisation pour le secteur social à Marseille

    Toujours en souffrance, les salariés des structures associatives du secteur social et médico-social étaient sur le pont, ce mardi. « L’État est notre financeur principal, aujourd’hui on est devant la préfecture pour se faire entendre sur nos rémunérations ! », plante Coralie Dumarais, responsable de la branche associative de la CFDT Santé Sociaux des Bouches-du-Rhône. Une mobilisation qui ne vient pas de nulle part puisqu’elle se tient en pleine négociation, entre organisations syndicales et patronales, sur la convention collective. « L’État nous demande de fusionner les conventions collectives pour l’ensemble du secteur, il en veut une unique. La problématique, c’est qu’il se dédouane complètement en ne voulant pas donner un budget précis », développe Coralie Dumarais. Avant de pointer un « blocage » logique suite à ce manque de cadrage : « Cela fait trois ans qu’on est en bras de fer, rien ne bouge. »

    Un besoin urgent

    de financements

    Problème : il y a urgence dans un secteur où certains salariés commencent leur carrière « en dessous du Smic » du fait justement des conventions collectives pas vraiment protectrices. « La précarité augmente, il y a un turnover énorme, le secteur se vide par manque d’attractivité », résume la militante, qui a été reçue en préfecture suite à la mobilisation.

    Même discours, ou presque, pour Sud Santé Sociaux, dont les militants étaient devant le Conseil départemental cette fois, puisque la collectivité a la compétence de l’action sociale. « Les budgets se réduisent comme peau de chagrin, il y a un sous-financement de nos structures. Beaucoup de collègues ne trouvent plus de sens dans le métier », explique Bachir Staali, co-secrétaire départemental de l’organisation. La conseillère municipale déléguée à l’accès aux services publics, Katia Yakoubi (L’Après) qui est justement assistante sociale, tonne : « Le secteur social devrait être une priorité de l’État et chacun doit prendre ses responsabilités. La Ville prendra la sienne. »

  • [Entretien] Yannick Monnet : « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein »

    [Entretien] Yannick Monnet : « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a motivé à porter cette proposition de loi sur le remboursement des soins
    de support pour les patientes atteintes d’un cancer du sein ?

    Yannick Monnet : Une femme victime de cette maladie avait sollicité Fabien Roussel [secrétaire national du PCF, Ndlr] et moi-même, à deux moments différents. Elle nous avait expliqué qu’en plus de ses traitements contre le cancer, elle devait acheter des pommades et du vernis à ongles spécifiques. Ces dépenses, considérées comme soins de support, s’élèvent en moyenne 2 000 euros et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Tout comme les dépassements d’honoraires, les prothèses capillaires et les implants mammaires. Pourtant, ces soins ont été reconnus comme essentiels à la guérison physique, mais aussi psychologique des patientes. Nous avons rencontré des acteurs qui suivent ces femmes, comme chez moi l’association Accanthe, qui financent des espaces d’accompagnements thérapeutiques pour les victimes de cancer du sein. Elles peuvent y consulter des kinésithérapeutes, des diététiciennes, des sophrologues… Notre objectif était donc d’obtenir la prise en charge intégrale des soins liés au cancer du sein, avant la chimiothérapie, pendant et après la rémission. Malheureusement, on n’a pas obtenu tout ce qu’on voulait. Nous avons dû retirer en commission la question du dépassement d’honoraires. On a eu, en contrepartie, l’engagement de l’ancien Premier ministre, François Bayrou, qu’un rapport sera fait sur le dépassement d’honoraires. Mais il y a, tout de même, un certain nombre de progrès qui sont permis par la loi. Faut-il encore que les décrets soient écrits et appliqués.

    Justement, avez-vous connaissance d’un calendrier gouvernemental pour la publication de ces décrets ?

    Y.M. : Aucun. Aujourd’hui, on n’a toujours pas de calendrier. On est encore dans des logiques financières, ce qui n’a aucun sens. Pour les femmes qui sont victimes d’un cancer du sein, c’est la double, voire la triple peine : l’angoisse de la maladie, une vie personnelle complètement bouleversée et, parfois, une vie professionnelle mise entre parenthèses. Beaucoup de femmes divorcent ou quittent leur emploi. Et, en plus, elles doivent assumer des dépenses pour se soigner correctement. Je pense que c’est un problème de volonté politique pour ne pas dépenser trop d’argent. C’est pourquoi nous lançons une pétition. Mais c’est terrible qu’on soit obligés d’en arriver à un rapport de force. Aujourd’hui, le législatif a fait son boulot, de façon assez rapide, puisqu’on a mis peu de temps pour aboutir à cette loi, moins de deux ans. Maintenant, c’est à l’exécutif de faire le sien. Et il ne le fait pas, pour l’instant… Les réponses administratives et technocratiques que je reçois ne m’intéressent pas. C’est du prétexte. Et ça crée de faux espoirs pour ces femmes. J’ai vu des procédures accélérées. On est capable de voter des budgets pour des dispositions militaires. On n’a pas mis trois ans.

    Pensez-vous qu’il existe un déséquilibre dans la volonté d’agir en fonction des sujets ?

    Y.M. : Clairement, aujourd’hui, on cherche à faire des économies en matière de dépenses de santé. On passe son temps à vouloir réduire les dépenses. Donc il y a une volonté politique. En tout cas, il y a un risque de voir la Sécurité sociale disparaître si l’on continue à en assécher les financements. Dans le cas de cette proposition de loi, il est invraisemblable que les décrets n’aient toujours pas été publiés. Ils finiront bien par l’être, mais cela traîne des pieds. Le problème, c’est que les ministres ont une durée de vie qui était assez courte, donc, « après moi, le déluge ». Pourtant, ce n’est pas compliqué de rembourser des produits qui bénéficient aux femmes victimes d’un cancer du sein. Je me dis qu’avec cette pétition, le gouvernement ne pourra plus ignorer la nécessité de publier ces décrets.

  • L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    Nous avons pris la décision d’arrêter le projet. » La promesse de 3 000 emplois directs dans une grande usine de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer, faite par la startup Carbon en 2022, s’est officiellement envolée, ce mardi, avec la publication d’un communiqué de l’entreprise sur ses réseaux sociaux, après plusieurs mois de rumeurs persistantes.

    L’entreprise met en cause la politique européenne de libre-échange. « Un projet d’une telle ampleur exige l’existence d’un marché spécifiquement dédié aux acteurs européens et soutenu par les États membres », affirme-t-elle, en référence à son objectif de production de 5 GW de cellules d’ici 2027.

    Made in Europe… en Inde ?

    Plus précisément, Carbon pointe « l’absence de préférence pour une production photovoltaïque européenne malgré l’affirmation d’une volonté de relocaliser la chaîne de valeur dès 2023 ». Une dynamique confirmée par la loi sur l’accélérateur industriel (IAA), voté par la Commission européenne en mars dernier, qui « élargit le périmètre du Made in Europe à l’ensemble des pays disposant d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne, incluant potentiellement la Turquie, le Vietnam ou encore l’Inde », repoussant à 2030 une éventuelle préférence européenne.

    C’est dans ce contexte que Carbon jette l’éponge, arguant de « l’absence de visibilité » et de « divergences persistantes entre les États membres » pour créer un marché protecteur, ainsi que l’impossibilité de sécuriser les financements du projet. 100 millions d’euros d’aides publiques avaient été débloqués par l’État via France 2030, ainsi que 70 millions d’euros supplémentaires par la Région Sud et la Métropole.

  • Comment le RN tisse sa toile contre la culture

    Comment le RN tisse sa toile contre la culture

    Tandis qu’à peine quelques semaines après l’arrivée de nouveaux maires RN, on constate déjà leurs coupes sombres voire leur censure contre des événements culturels, nous avons sollicité l’œil expert d’Emmanuel Négrier.

    Spécialiste de l’économie des festivals, le politologue montpelliérain nous rappelle en préambule que s’il en existe une grande diversité, la plupart reste « de taille modeste souvent entièrement ou presque fondés sur le bénévolat, avec un soutien municipal qui peut être en nature, fourniture d’équipements ou détachement temporaire de personnels, ou en subvention ».

    Dans les études menées par le chercheur au Cepel, la part des subventions est « minoritaire » dans l’économie globale, mais elle est « significative » par rapport à d’autres pays. Elle se situe « entre le tiers et la moitié des recettes, selon que l’on se situe dans les univers des musiques actuelles, ou des musiques classiques, par exemple », illustre-t-il.

    « Une régression considérable »

    Ainsi, les récents choix de maires RN (aides coupées, festivals annulés) mettent-ils en péril au-delà des plus petites structures ? Tout en précisant qu’il n’y a pas que le RN qui sabre dans la culture, Emmanuel Négrier prend l’exemple de Vauvert où la structure qui organise l’un des festivals de jazz les plus populaires d’Occitanie a déménagé à Vergèze. Autre exemple marquant que celui du festival international du film politique de Carcassonne qui a renoncé aux aides de la nouvelle mairie RN. « Le RN reste parfois plus prudent, en apparence, à l’égard de gros festivals rayonnants, tels que Visa pour l’Image à Perpignan. Mais rien ne dit que cela perdure. Le RN souffle le chaud et le froid dans un secteur où il cherche à imposer ses méthodes faites, plus ou moins selon les villes qu’il gouverne, de réaction patrimoniale, de privatisation, de politisation et de proscription des acteurs qu’il sait hostiles à sa vision. C’est une régression démocratique considérable ».

    Ailleurs, l’extrême droite force le trait sur les traditions (Beaucaire) quand elle ne réécrit pas l’Histoire à sa main, comme celle des Cathares à la sauce Robert Ménard à Béziers. « Le niveau de dépense culturelle des villes RN n’est pas forcément l’indicateur le plus pertinent. On voit que ce niveau n’a pas baissé à Perpignan sous Louis Aliot jusqu’en 2026. C’est le contenu qui change et auquel il faut être attentif : l’offre continue d’exister, elle n’est plus tout à fait la même, et effectivement les nostalgies coloniales, discours contre-révolutionnaires et récits révisionnistes y ont une place de choix, tandis que les projets d’action culturelle dans les quartiers populaires y sont châtiés. C’est le populisme du RN : contre le peuple ».

    Dans ces situations, le secteur culturel va parfois devoir tenter de s’émanciper des collectivités hostiles en « se déployant en résistance ou en contournement ». « C’est bien sûr difficile sans l’appui du principal financeur de la culture et du maître de beaucoup de lieux d’accueil des projets artistiques… », concède Emmanuel Négrier.

  • À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    Une micro-ferme agroécologique et pédagogique, c’est le projet qu’a imaginé Florent Bonello, fondateur des Jouals. À travers cette ferme, une cueillette de fruits et de fleurs se réalise afin de sensibiliser et de faire découvrir la biodiversité locale dès le plus jeune âge. « Le but était de faire découvrir et d’enseigner l’agroécologie », explique Florent Bonello.

    Depuis son plus jeune âge, le natif de Marseille vit au contact de la nature. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en agroécologie, il a immédiatement imaginé un projet pédagogique autour de la biodiversité. Les visites auront lieu chaque samedi du mois de mai, de 14h à 16h. Pour le moment, elles se limiteront à la découverte du site, sans cueillette, les fruits et végétaux étant encore en pleine croissance.

    Un autre aspect important du projet concerne le financement. L’acte d’acquisition du terrain est en cours de finalisation et le fondateur des Jouals a lancé une campagne de parrainage, disponible jusqu’au 31 mai.

    Un appui majeur

    Les Agri’Culteurs, plateforme de financement spécialisée dans les projets agroécologiques, soutiennent le projet des Jouals. Pour financer les 657 arbres et arbustes, Florent Bonello a acté un partenariat avec la société qui a ouvert ses portes depuis plus d’un an maintenant. « Nous partons du principe que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls la charge de prendre soin de l’environnement », déclare Jeanne Bonnet, présidente de la plateforme les Agri’Culteurs. Une rencontre décisive pour Florent Bonello, qui a pleinement adhéré à la démarche. « Elle (Jeanne Bonnet) est venue directement sur le terrain et m’a orchestré un panel de médias avec des vidéos, des images et du son pour la communication des Jouals, c’était parfait », ajoute-t-il. Jeanne Bonnet complète : « Son idée de projet correspond totalement à nos valeurs. L’idée est de soutenir des agriculteurs engagés en allant les aider à trouver des financements. »

    À ce jour, 31 donateurs ont déjà contribué, et le projet continue de progresser. Florent Bonello espère voir ses végétaux pleinement développés d’ici septembre, tout en poursuivant son ambition pédagogique : « La sensibilisation par l’émerveillement, c’est la clé de la réussite. C’est même un spectacle pour les enfants », affirme-t-il.

    Campagne de parrainage sur le site lesarbri-culteurs.fr

  • L’enquête publique démarre sur le tramway des Catalans

    L’enquête publique démarre sur le tramway des Catalans

    Après une concertation préalable en 2023, place à l’enquête publique. Le tramway des Catalans revient sur le tapis avec son démarrage ce lundi 4 mai. Les citoyens ayant jusqu’au 10 juin pour se prononcer et demander des détails à la commissaire enquêtrice sur ces 2,1 km de rails supplémentaires entre la rue de Rome et la place du 4-Septembre, dans une dizaine de permanences ouvertes successivement.

    Le projet, mené par la métropole Aix Marseille Provence, entend améliorer la desserte « d’équipements majeurs en donnant lieu à la valorisation de l’espace public notamment la plage des Catalans », le tout avec des aménagements « favorables aux modes doux et actifs de déplacements », comme des pistes cyclables et de la place donnée aux piétons. Quatre nouvelles stations sont prévues pour une mise en service en 2028. Le tram devrait passer devant la préfecture vers le boulevard Peytral, traverser la rue Paradis puis attaquer le cours Pierre-Puget, au bas duquel est prévu un arrêt de correspondance avec la station de métro. Il redescendra ensuite vers le boulevard de la Corderie puis l’avenue de la Corse jusqu’à la place du 4-Septembre.

    Un financement hypothétique

    Pas moins de 41 900 habitants ont été recensés par la Métropole à 500 mètres du tracé pour 22 700 voyageurs attendus par jour en 2030. Cette dernière espère « réorganiser la circulation sur les boulevards, créer des lignes de transports en commun en site propre ». Après les terrassements préalables, la restructuration des réseaux, viendra la création de la plateforme proprement dite pour permettre le fonctionnement du tramway puis la création d’un parking souterrain de 220 places et de trois pôles d’échange place Estrangin, à Saint-Victor et place du 4-Septembre. Quelque 470 arbres seront plantés ou conservés le long de la ligne, assure la Métropole.

    Le projet, approuvé en 2021, s’inscrit dans les priorités du plan Marseille en grand, lancé alors par le gouvernement avec, à la clé, des financements. Il avait suscité des remous deux ans plus tard lors de la phase de concertation, une partie des habitants du 7e arrondissement dénonçant son coût, 76 millions d’euros. Pour la maire de secteur, Sophie Camard (GRS), aujourd’hui réélue, cette ligne n’était pas non plus une priorité. Le projet faisait également partie des propositions de la candidate de la droite et du centre à la mairie de Marseille et alors présidente de la Métropole, Martine Vassal (DVD).

    Mais la donne a changé. Les nouveaux élus métropolitains n’ont pas voté le budget de la collectivité, dénonçant la réduction des dotations de l’État. Au total, 123 millions d’euros manquent à l’appel. De quoi hypothéquer largement l’avenir du tram des Catalans…

  • Olivier Galzi réuni un « pack » pour relancer la tranche 2 de la LEO

    Olivier Galzi réuni un « pack » pour relancer la tranche 2 de la LEO

    Des représentants d’Avignon, du Grand Avignon, du Département de Vaucluse, des Bouches-du-Rhône mais aussi de Terre de Provence ainsi que les villes de Châteaurenard et de Rognonas se sont réunis ce mercredi 29 avril pour « affirmer une position commune et un engagement collectif fort en faveur de la relance du financement de la tranche 2 de ce projet structurant », assure le Grand Avignon dans un communiqué de presse émis ce jeudi 30 avril.

    Ce avec la constitution d’un « pack territorial » pour « parler d’une seule voix, afin de garantir la lisibilité et la crédibilité du projet auprès de l’État », assure l’intercommunalité. « Nous avons exprimé, avec les élus présents, la nécessité d’un réengagement de l’État dans le financement de cette infrastructure essentielle, et allons adresser dans les prochains jours un courrier en ce sens au Président de la République, au Premier ministre et au ministre des Transports », clame de son côté Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président de l’intercommunalité.

    Si l’édile avignonnais assure que le projet est « un levier déterminant pour répondre aux enjeux de mobilité, de développement économique, de transition écologique et de santé publique pour un bassin de vie aujourd’hui fortement contraint par la congestion et les flux de transit routier », le préfet de Vaucluse a, il y a quelques jours, préféré temporiser sur le sujet. « Des études doivent être poursuivies pour voir si le projet peut aboutir, ce qui n’est pas gagné d’avance », expliquait-il lors d’une réunion le 28 avril dernier (notre édition du 29 avril).