Tag: financements

  • À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    Une micro-ferme agroécologique et pédagogique, c’est le projet qu’a imaginé Florent Bonello, fondateur des Jouals. À travers cette ferme, une cueillette de fruits et de fleurs se réalise afin de sensibiliser et de faire découvrir la biodiversité locale dès le plus jeune âge. « Le but était de faire découvrir et d’enseigner l’agroécologie », explique Florent Bonello.

    Depuis son plus jeune âge, le natif de Marseille vit au contact de la nature. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en agroécologie, il a immédiatement imaginé un projet pédagogique autour de la biodiversité. Les visites auront lieu chaque samedi du mois de mai, de 14h à 16h. Pour le moment, elles se limiteront à la découverte du site, sans cueillette, les fruits et végétaux étant encore en pleine croissance.

    Un autre aspect important du projet concerne le financement. L’acte d’acquisition du terrain est en cours de finalisation et le fondateur des Jouals a lancé une campagne de parrainage, disponible jusqu’au 31 mai.

    Un appui majeur

    Les Agri’Culteurs, plateforme de financement spécialisée dans les projets agroécologiques, soutiennent le projet des Jouals. Pour financer les 657 arbres et arbustes, Florent Bonello a acté un partenariat avec la société qui a ouvert ses portes depuis plus d’un an maintenant. « Nous partons du principe que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls la charge de prendre soin de l’environnement », déclare Jeanne Bonnet, présidente de la plateforme les Agri’Culteurs. Une rencontre décisive pour Florent Bonello, qui a pleinement adhéré à la démarche. « Elle (Jeanne Bonnet) est venue directement sur le terrain et m’a orchestré un panel de médias avec des vidéos, des images et du son pour la communication des Jouals, c’était parfait », ajoute-t-il. Jeanne Bonnet complète : « Son idée de projet correspond totalement à nos valeurs. L’idée est de soutenir des agriculteurs engagés en allant les aider à trouver des financements. »

    À ce jour, 31 donateurs ont déjà contribué, et le projet continue de progresser. Florent Bonello espère voir ses végétaux pleinement développés d’ici septembre, tout en poursuivant son ambition pédagogique : « La sensibilisation par l’émerveillement, c’est la clé de la réussite. C’est même un spectacle pour les enfants », affirme-t-il.

    Campagne de parrainage sur le site lesarbri-culteurs.fr

  • L’enquête publique démarre sur le tramway des Catalans

    L’enquête publique démarre sur le tramway des Catalans

    Après une concertation préalable en 2023, place à l’enquête publique. Le tramway des Catalans revient sur le tapis avec son démarrage ce lundi 4 mai. Les citoyens ayant jusqu’au 10 juin pour se prononcer et demander des détails à la commissaire enquêtrice sur ces 2,1 km de rails supplémentaires entre la rue de Rome et la place du 4-Septembre, dans une dizaine de permanences ouvertes successivement.

    Le projet, mené par la métropole Aix Marseille Provence, entend améliorer la desserte « d’équipements majeurs en donnant lieu à la valorisation de l’espace public notamment la plage des Catalans », le tout avec des aménagements « favorables aux modes doux et actifs de déplacements », comme des pistes cyclables et de la place donnée aux piétons. Quatre nouvelles stations sont prévues pour une mise en service en 2028. Le tram devrait passer devant la préfecture vers le boulevard Peytral, traverser la rue Paradis puis attaquer le cours Pierre-Puget, au bas duquel est prévu un arrêt de correspondance avec la station de métro. Il redescendra ensuite vers le boulevard de la Corderie puis l’avenue de la Corse jusqu’à la place du 4-Septembre.

    Un financement hypothétique

    Pas moins de 41 900 habitants ont été recensés par la Métropole à 500 mètres du tracé pour 22 700 voyageurs attendus par jour en 2030. Cette dernière espère « réorganiser la circulation sur les boulevards, créer des lignes de transports en commun en site propre ». Après les terrassements préalables, la restructuration des réseaux, viendra la création de la plateforme proprement dite pour permettre le fonctionnement du tramway puis la création d’un parking souterrain de 220 places et de trois pôles d’échange place Estrangin, à Saint-Victor et place du 4-Septembre. Quelque 470 arbres seront plantés ou conservés le long de la ligne, assure la Métropole.

    Le projet, approuvé en 2021, s’inscrit dans les priorités du plan Marseille en grand, lancé alors par le gouvernement avec, à la clé, des financements. Il avait suscité des remous deux ans plus tard lors de la phase de concertation, une partie des habitants du 7e arrondissement dénonçant son coût, 76 millions d’euros. Pour la maire de secteur, Sophie Camard (GRS), aujourd’hui réélue, cette ligne n’était pas non plus une priorité. Le projet faisait également partie des propositions de la candidate de la droite et du centre à la mairie de Marseille et alors présidente de la Métropole, Martine Vassal (DVD).

    Mais la donne a changé. Les nouveaux élus métropolitains n’ont pas voté le budget de la collectivité, dénonçant la réduction des dotations de l’État. Au total, 123 millions d’euros manquent à l’appel. De quoi hypothéquer largement l’avenir du tram des Catalans…

  • Olivier Galzi réuni un « pack » pour relancer la tranche 2 de la LEO

    Olivier Galzi réuni un « pack » pour relancer la tranche 2 de la LEO

    Des représentants d’Avignon, du Grand Avignon, du Département de Vaucluse, des Bouches-du-Rhône mais aussi de Terre de Provence ainsi que les villes de Châteaurenard et de Rognonas se sont réunis ce mercredi 29 avril pour « affirmer une position commune et un engagement collectif fort en faveur de la relance du financement de la tranche 2 de ce projet structurant », assure le Grand Avignon dans un communiqué de presse émis ce jeudi 30 avril.

    Ce avec la constitution d’un « pack territorial » pour « parler d’une seule voix, afin de garantir la lisibilité et la crédibilité du projet auprès de l’État », assure l’intercommunalité. « Nous avons exprimé, avec les élus présents, la nécessité d’un réengagement de l’État dans le financement de cette infrastructure essentielle, et allons adresser dans les prochains jours un courrier en ce sens au Président de la République, au Premier ministre et au ministre des Transports », clame de son côté Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président de l’intercommunalité.

    Si l’édile avignonnais assure que le projet est « un levier déterminant pour répondre aux enjeux de mobilité, de développement économique, de transition écologique et de santé publique pour un bassin de vie aujourd’hui fortement contraint par la congestion et les flux de transit routier », le préfet de Vaucluse a, il y a quelques jours, préféré temporiser sur le sujet. « Des études doivent être poursuivies pour voir si le projet peut aboutir, ce qui n’est pas gagné d’avance », expliquait-il lors d’une réunion le 28 avril dernier (notre édition du 29 avril).

  • À Marseille, le préfet accueille les maires, en plein marasme budgétaire

    À Marseille, le préfet accueille les maires, en plein marasme budgétaire

    Pas de déclaration officielle mais la promesse d’une discussion sur les finances publiques… Lors de la réception des maires des Bouches-du-Rhône élus ou réélus ce mercredi 29 avril, le préfet Jacques Witkowski a effleuré la question alors que la Métropole Aix Marseille Provence s’est placée sous la tutelle de l’État la veille. La majorité des élus refusant de voter son budget, pointant le désengagement de l’État avec la baisse des dotations. Quelque 123 millions d’euros manquent à l’appel. Lors de sa visite à Marseille le 24 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu, reconnaissait une copie « dure pour les intercommunalités », sans faire de propositions.

    « Une opération vérité »

    « On a un travail à faire qui va durer un mois, un mois et demi. Une fois qu’on l’aura achevé, j’aurai des choses à dire » nous répond Jacques Witkowski, précisant que la Chambre régionale des comptes allait être saisie en début de semaine prochaine. Il rappelle au passage les hypothèses sur la table : voter un budget à l’équilibre, un budget en déséquilibre, un budget partiellement ou pas du tout, et « là c’est une autre procédure qui s’ouvre ».

    Interrogé, Nicolas Isnard (LR), président de la Métropole, le martèle : il ne s’agit pas pour lui d’un bras de fer, mais d’une « opération vérité ». « La solution viendra d’en haut, nous plaçons l’État face à ses responsabilités », estime l’élu. Réforme des financements de l’État, hausse de l’impôt, du versement mobilité par les entreprises… « Il faut que l’État décide », assène-t-il.

  • Fibre Excellence est lâchée par son actionnaire

    Fibre Excellence est lâchée par son actionnaire

    Nous ne sommes pas en mesure d’octroyer un financement additionnel au groupe. » Dans une lettre adressée au ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin, en date de ce jeudi 16 avril, l’un des dirigeants de Paper Excellence, qui a pris le nom de Domtar, propriétaire de Fibre Excellence, scelle, ou presque, l’avenir des usines françaises de pâte à papier. Après des mois de négociations entre le groupe et l’État sur des mesures de sauvetage de l’entreprise, puis un dépôt de bilan, ce mercredi 15 avril, voilà que la maison-mère annonce de mauvaises nouvelles.

    Pour rappel, en grande difficulté financière, Fibre Excellence réclamait un vaste soutien du gouvernement pour remettre ses comptes dans le vert, notamment une revalorisation du prix de vente de l’électricité produite sur ses sites, notamment à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. Un point sur lequel l’État s’était engagé à procéder à une « réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité, jusqu’à +20% », en complément d’un premier « paquet de soutien », d’un ordre de 150 millions d’euros. Le tout face à l’urgence d’un potentiel redressement judiciaire et suite à une déclaration en cessation de paiements, cette semaine.

    « Nous tenons à vous remercier de votre courrier ainsi que des mesures de soutien que vous y exposez », débute le courrier de Peter Wardhana, l’un des directeurs de Domtar. Lequel note positivement que l’État « prenne en considération le niveau de consommation de trésorerie des sociétés du Groupe Fibre Excellence et reconnaît la nécessité d’une révision à la hausse du tarif d’achat de l’électricité ». Des politesses qui ne masquent pas le terrible constat de l’actionnaire : « Toutefois, au vu des projections financières, qui intègrent l’effet de l’ensemble des mesures de soutien envisagées par l’État (…), le Groupe continuerait d’enregistrer des pertes annuelles très substantielles. »

    Des salariés « dévastés »

    Jean-François Guillot, président du groupe Fibre Excellence, est d’ailleurs en copie de ce courrier. Concrètement, l’actionnaire principal de Fibre excellence lâche sa branche française : « En l’absence de démonstration de l’existence d’une trajectoire crédible vers une rentabilité durable, nous ne sommes pas en mesure d’octroyer un financement additionnel au Groupe. »

    Une position qui a été confirmée directement par Jean-François Guillot aux représentants des salariés, lors d’une réunion, ce vendredi après-midi. « Le PDG nous a confirmé que c’était fini avec l’actionnaire, qu’il nous lâche, il ne mettra pas un sou de plus dans le groupe », relate Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur l’usine tarasconnaise. Puis par l’entreprise directement, dans un communiqué de presse : « Il n’a pas été trouvé de solution permettant d’éviter au groupe Fibre Excellence la procédure de mise sous protection du Tribunal de commerce. »

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Un projet pour sécuriser l’irrigation des agriculteurs en Vaucluse

    Un projet pour sécuriser l’irrigation des agriculteurs en Vaucluse

    Que les pluies abondantes des dernières semaines en Provence ne trompent personne. « Si on ne fait rien sur ce territoire en matière d’eau, c’est toute sa valeur économique qui s’effondre », alerte André Bernard, président de la Chambre d’agriculture de Paca et élu en charge de l’eau à celle de Vaucluse, en évoquant le projet Hauts de Provence Rhodanienne (HPR). Celui-ci vise à mieux irriguer et distribuer l’eau aux agriculteurs sur un territoire allant de Sorgues à une bonne partie du sud de la Drôme.

    68 000 hectares de terres agricoles concernés

    « L’idée est de prendre l’eau des affluents du Rhône et de l’amener à l’intérieur des terres dans un volume d’eau minime comparé au passé », précise celui qui est également président du canal de Carpentras et porte ce projet. Le territoire concerné représente 81 communes, 68 000 hectares de terres agricoles et 3 100 exploitations. L’urgence se fait sentir, avec « trois cours d’eau principaux (Eygues, Ouvèze, Lez) en déficit et une nappe souterraine du Miocène à préserver », dans un contexte de réchauffement climatique, précise la Chambre d’agriculture. « Ce territoire n’est pas sécurisé, contrairement au nord des Bouches-du-Rhône ou aux alentours de Carpentras, par exemple. Alors que son poids économique est supérieur à celui de l’Aude », précise le responsable de la Chambre d’agriculture.

    Ce qui passe également par des techniques d’irrigation plus contemporaines. Finis les sillons en plein champ qui entraînent une perte d’eau conséquente. La Chambre d’agriculture appelle à développer l’irrigation au goutte-à-goutte « quand il faut là où il faut », aidée par des outils de pilotage comme des sondes dans la terre pour être au plus proche des besoins. Mais, aussi, en cherchant à « améliorer la structure des sols pour retenir plus d’eau quand il pleut », abonde André Bernard. Le coût du projet, divisé en plusieurs tranches, est évalué à plusieurs centaines de millions d’euros. Pour ce faire, les responsables agricoles cherchent des subventions, avec l’idée d’en trouver auprès des Fonds européens de développement régional.

    Diversification

    Une zone dont 60% de la surface agricole est constitué de vignes. Or, les vignobles traversent une crise avec la diminution de la consommation de vin dans le monde. Dans ce même plan stratégique, le sujet de la diversification des cultures est également abordé. « Mais cela ne se fait pas sans d’eau à disposition », insiste André Bernard. Parmi les pistes évoquées : développer les légumineuses ou les plantes aromatiques, « pour contribuer à notre souveraineté alimentaire, notamment quand on voit la situation à travers le monde ».

    La Chambre d’agriculture a ainsi mis en place un « Point d’accueil diversification » pour les exploitants intéressés. Ils peuvent être conseillés par un spécialiste afin « d’avoir des premières pistes et préconisation pour bâtir un plan d’action », de « fournir les premières informations techniques, économiques, réglementaires et de financement, ainsi que les contacts clés pour avancer ». Ou encore « d’identifier les points forts et de vigilance », précise la Chambre d’agriculture. Même si les vignes devraient rester majoritaires.

  • À Marseille, la liste de droite mise sur les fonds européens

    À Marseille, la liste de droite mise sur les fonds européens

    Jusqu’à 7 milliards d’euros. C’est la somme que Marseille et ses acteurs locaux seraient en mesure d’obtenir grâce à une « captation systématique des fonds européens », selon Romain Simmarano, porte-parole de la candidate Martine Vassal (DVD). « Marseille n’a jamais réussi à véritablement se servir de l’Europe comme elle aurait pu, assure-t-il. Nous avons une situation dans laquelle, de façon chronique, la Ville se passe de gisements de crédits qui permettraient de financer la totalité ou presque des projets municipaux. »

    L’idée est donc d’aller chercher, dans tous les domaines d’action de la municipalité, les financements européens. Ceux-ci peuvent être obtenus soit directement par la Ville, soit par les acteurs locaux en capacité de répondre aux appels à projets lancés par l’institution bruxelloise. « Nous évaluons à 20 millions d’euros par an le montant que la mairie de Marseille peut obtenir dans ses propres caisses, pour ses propres projets, détaille le porte-parole. On estime que 7 milliards d’euros, sur l’ensemble de la prochaine mandature, sont récupérables pour l’ensemble des acteurs du territoire. »

    Trois piliers

    Romain Simmanaro promet qu’il s’agit là d’un objectif rationnel, prenant en compte la possibilité d’échouer face à d’autres villes dans la tentative d’obtention de certains financements. « On ne commencera pas à financer un seul dossier tant qu’on n’aura pas cherché à le financer par des fonds européens. » C’est là l’un des trois piliers de la stratégie de captation de fonds que souhaitent mettre en place les alliés de Martine Vassal, selon Sandra Blanchard, colistière de l’actuelle présidente de la Métropole. Figure aussi : la création d’une mission locale pour encourager « les acteurs associatifs, les entreprises, les opérateurs de ce territoire institutionnel, à déposer des dossiers ». De quoi favoriser un « service d’intérêt général d’initiative privée », s’enorgueillit Sandra Blanchard. La mission locale aura aussi son pendant à Bruxelles, promet-elle. « Deux permanents qu’on recrutera seront placés à Bruxelles pour représenter Marseille au niveau de la scène européenne, se projette Romain Simmarano. L’idée est de permettre d’identifier tous les appels à projets, mais aussi de défendre notre territoire. »

    Les fonds européens sont aussi envisagés comme une ressource financière capable de compenser le « choc fiscal » que Martine Vassal s’est engagé à mettre en place.

  • Serge Andrieu face aux lecteurs à Carpentras

    Serge Andrieu face aux lecteurs à Carpentras

    Rémi Martin : Dans mon quartier, au hameau des Vignes, je suis confronté à un problème de ramassage des déchets. On a l’impression d’être les vilains petits canards sans containers de tri. Que comptez-vous mettre en place sur ce sujet ?

    Serge Andrieu : Ce n’est pas la compétence de la ville, c’est celle de l’intercommunalité. Je ne peux rien faire. Si ce n’est tirer les oreilles du président qui gère tout ça, et c’est le maire du Barroux. Donc lui, c’est judicieux de l’appeler en disant : « Nous, on voudrait ça, ça, ça et ça. Si tu le fais, moi, après, j’appuie ». Mais ça, c’est parce que des malins, là-haut, ont décidé de nous enlever la compétence. On avait investi dans une station d’épuration pour 26 millions d’euros, pour l’équivalent de 70 000 habitants. Et du jour au lendemain, la Communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (Cove) a décidé d’y raccorder 4 communes voisines. Ce qui veut dire qu’en un rien de temps, elle sera obsolète et la population devra encore payer. Il y a des malins là-haut qui ont décidé ça comme ça. Mais je n’irai jamais à la tête de la Cove. Pas parce que je ne les aime pas, mais parce que je considère que c’est beaucoup de travail des deux côtés et que celui qui prétend pouvoir faire convenablement les deux, c’est un menteur.

    Rémi Martin : Avez-vous prévu de mettre en place plus de consultations avec les habitants dans les projets municipaux ?

    Serge Andrieu : Tous les ans, on tire au sort 35 personnes afin de participer à la coalition citoyenne. Et pendant cette année, un professeur de l’Université d’Avignon vient expliquer le fonctionnement de la collectivité, sans aucune intervention d’une personnalité politique. Et ce groupe a beaucoup de pouvoir. Je leur donne 700 000 euros par an pour gérer des projets qui ont un intérêt public. Il faut bien expliquer le concept. Au début, ils ont du mal, mais à la fin, ils adorent. Et je les rencontre avant chaque conseil municipal, avant tout le monde, et je leur explique chaque délibération. Car si vous ne faites pas souvent ça, vous ne savez pas forcément ce que telle ou telle chose veut dire. Et ils ont un droit d’amendement sur une délibération et même un droit de référendum. Ce qui est arrivé une fois. Donc j’ai retiré la délibération et hop, on n’en parle plus. Donc je donne vraiment le pouvoir à la population qui propose des projets et nous, on fait les travaux. Ce qu’on fait n’est pas totalement original. C’est surtout la somme qu’on donne aux gens qui représente un vrai projet. Si on avait donné 100 000 euros, ça ne ressemblerait à rien. À chaque fois, on sort des choses conséquentes, avec beaucoup de jeunes qui votent. Question démocratie, on a même reçu un prix à Grenoble.

    Sylvain Espenon : On a la sensation d’un manque de dialogue entre usagers et services publics. Que comptez vous faire pour leur amélioration ?

    Serge Andrieu : Le gros projet est dans la santé. On a un terrain de 2 000 mètres carré à proximité de l’hôpital où on veut construire un bâtiment où les médecins qui ne veulent plus s’enquiquiner avec la gestion et les factures s’installeront. Ils veulent juste faire leur métier et pourront le faire à cet endroit, tandis que nous, on fait tout le reste. On va faire autant de bureaux que l’on peut. On prendra rendez-vous auprès du personnel de la mairie. « Vous voulez qui ? Le docteur Dupont ? Venez à telle heure. ». Mais on n’est pas fermé à l’idée que s’il y a une urgence et plusieurs médecins, on pourrait aussi s’y rendre. Et le médecin aura comme seule charge de payer un loyer chaque mois, car il faut quand même amortir la construction du bâtiment. On est naïfs mais pas à ce point ! Ce service qu’on leur apporte, il faudra le payer. On est en train d’évaluer les coûts et de voir ce qu’il faut faire sur ce fameux terrain. On a pour l’instant échangé avec trois médecins qui nous ont énormément aiguillés sur ce qu’il faudrait faire. Et eux, ça les arrange car on va tout faire pour eux. On souhaiterait qu’il soit sous la forme d’une sorte de fleur. Le cœur de la fleur, c’est là où il y a le personnel. Et dans les feuilles, les médecins. On doit encore faire un plan, savoir où mettre des stationnements. Le terrain doit être nivelé car il est par endroits un peu bosselé. Le but est de faire un bâtiment en rez-de-chaussée. Surtout pas d’étages. Ce sont des escaliers donc pas accessibles à tout le monde, sauf avec un ascenseur qu’il faut entretenir, qui peut tomber en panne…

    Pour ce qui est de La Poste, nous avons mis en place il y a quelques années, au hameau de Serres, un bureau de poste avec une employée communale qui gère le lieu. Les gens viennent aussi bien y chercher le courrier que les recommandés et déposer ce qu’ils veulent expédier. Et ce avec les horaires de la mairie, pas ceux de La Poste. On l’a mis en place à cet endroit car c’est un peu excentré du centre-ville. Les habitants peuvent venir chercher sans avoir à prendre leur voiture et se garer là où ils peuvent. C’est vraiment un service à la population.

    Joëlle Guerrin : Il y aura seulement des médecins généralistes dans ce bâtiment médical ?

    Serge Andrieu : Pour ce qui est des autres spécialités médicales, il y a juste à côté le bâtiment Atlas. Et il y aura Axis, une clinique sœur, qui est en train de se construire juste à côté, qui ne concernera pas la tête et le cou, spécialité d’Atlas, mais le reste du corps. On ne va pas créer de doublon.

    Ludovic Lemaître : On voit beaucoup de commerces fermés en centre-ville, comme si les Carpentrassiens n’avaient pas envie de l’investir et c’est assez triste. Avez-vous prévu quelque chose pour redonner aux habitants l’envie de vivre leur ville ? Que les gens de l’extérieur arrêtent de se dire : « Qu’est-ce que c’est que cette ville ? »

    Serge Andrieu : Notre ville est une pépite, entre l’Inguimbertine et la synagogue qui est la plus ancienne de France en activité, qui est une merveille. Il faut la visiter ! On tente d’éduquer les commerçants parce qu’on a l’impression que ce sont les premiers à dire du mal de leur ville. On demande qu’ils changent de discours car c’est comme s’ils disaient à leurs clients : « Ne venez plus chez nous. » Mais certains ne comprennent pas. On a 2 600 places de parking gratuites. Cherchez une autre ville de 32 000 habitants qui a autant de places. Mais ça ne suffit pas pour le commerce. Il n’y a aucun stationnement payant. Zéro ! Le centre-ville est aussi entouré d’une voie rapide qui est un frein pour y entrer. Moi, je suis assez naïf en me disant qu’en mettant du stationnement, les gens prennent la peine de se garer dans une ville qui est piétonne. Et ça, c’est confortable. Plutôt qu’une ville où tu te croises, tu te mets sur le bord pour laisser passer les voitures. Ce qui engendre aussi des nuisances. Il y a des bornes qui empêchent les véhicules de rentrer. Après, je les ouvre de temps en temps et je laisse rentrer tout le monde. Donc on fait énormément d’animations qui ramènent du monde et c’est aussi aux commerçants de faire en sorte que ces gens rentrent dans leurs commerces, de faire le nécessaire. Après, être commerçant, c’est un métier. Et beaucoup se disent commerçants mais ne savent pas faire…

    Après, je pense que les loyers sont exagérés, notamment dans la rue de la République où c’est calme, avec, par exemple, 40 mètres carrés à 2 600 euros par mois, donc c’est normal si ça ne marche pas. Mais les propriétaires ne veulent rien savoir et préfèrent attendre plutôt que de baisser les prix. Donc ce que l’on fait et que l’on souhaite poursuivre, c’est de racheter les commerces qui se vendent. On les réhabilite, et après on les loue à 5 euros le mètre carré pendant 3 ans. Ensuite, on adapte au chiffre d’affaires. On en a huit et ils sont tous occupés. Ce que l’on veut faire aussi, c’est aider à réhabiliter les bâtiments mal entretenus par leurs propriétaires. Et après les travaux, on demande que les loyers soient baissés en contrepartie pour que les commerces restent. Quelque part, ils vont payer ce qu’on leur a donné. On va aider les propriétaires bailleurs à améliorer leurs commerces. Et ceux qui ne veulent pas ouvrir, nous, on les prend. Je sais que c’est parfois difficile de trouver un restaurant ouvert le soir. Mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi. Pourtant, tous les restaurateurs, je les connais. On me dit que le personnel coûte cher et que l’on ne veut pas ouvrir pour faire quatre repas. Ce n’est pas le rôle de la municipalité mais si on ne le fait pas, personne ne le fait.

    Alain Bottgen : Il y a la question des espaces de démocratie. Par exemple avec la mobilité, on aimerait bien plus d’échanges sur le sujet. Je suis pour les pistes cyclables mais il y a des soucis, avec des chicanes trop étroites, il y a quelques mois avec une nouvelle voie. Un espace démocratique est-il prévu là-dessus ?

    Serge Andrieu : Pour ce qui est de cette piste, je suis allé voir chaque habitant en trois soirs pour expliquer ce qui allait se passer. J’ai dit ce qui allait se passer dans la rue avec un prospectus, un plan, tout. Après, ils ne l’ont pas adoptée pour des raisons qui leur sont propres. Nous, on a continué notre projet. On a recruté une personne qui travaillait à Avignon et qui nous a expliqué comment faire avec telle ou telle norme. Ça n’a pas plu donc on a enlevé, à la demande générale, les éléments qui posaient problème, à savoir les ralentisseurs. Pourtant, on s’était mis en relation avec l’association des cyclistes. Et c’est obligatoire car ils étaient mis à des sorties de propriété. S’ils sortent en marche arrière, ce qui n’est pas improbable, ils ne voient pas arriver le cycliste. Les gens savent que c’est la loi. Mais il y a des lois stupides ou inapplicables… S’il y a un accident, je suis responsable. Si j’avais su que ça allait être décrié comme ça, je ne l’aurais pas fait. Tant pis si ce n’est pas confortable, mais je ne pourrai pas faire une autoroute. S’il y a un accident, j’y ai droit.

    Aziz El Ghaddar : On entend beaucoup parler de l’insécurité. Qu’en est-il et que souhaitez-vous faire ?

    Serge Andrieu : C’est à 80% du ressenti. J’ai toujours habité en centre-ville et mes filles allaient au lycée à pied de jour comme de nuit, été comme hiver, et il n’y a jamais eu de problèmes. Il y a des gens qui disent, et je peux les comprendre, que quand ils marchent, ils voient des attroupements de trois ou quatre hommes et qu’ils ressentent de l’inquiétude. Mais ça, c’est partout. C’est national, voire même international. J’ai fait beaucoup de choses et j’ai été très critiqué, comme avec le couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans dans certains quartiers par exemple. Si on les croise après 23 heures non accompagnés, on les arrête, les amène au commissariat et on appelle les parents. C’était sur une durée de 6 mois et on a voulu le reprendre. Et pour cela, il fallait le justifier. La police a noté une baisse de délinquance de 76%. Et l’administration nous a répondu qu’on n’en a pas besoin, parce que tout va bien. Alors que ça marche. Alors j’ai dit que si on ne le remettait pas, ça va revenir comme c’était avant-hier et on devra recommencer. On nous a finalement autorisés à le remettre en place. Car on voit des jeunes de 13 ou 14 ans qui ont été happés par le trafic de drogue moyennant de l’argent. Quand ils essaient d’en sortir, ils se font tabasser dans des caves. Aujourd’hui, tous les jeunes qui font les choufs, c’est-à-dire les guetteurs sur les points de deal, ce sont des mineurs. Pour la bonne raison qu’on ne peut rien leur faire. On a aussi agi contre les braseros. Ils les font quand même, mais quand on les attrape, on verbalise. Ce que l’on ne pouvait pas faire avant.

    On a également interdit les épiceries de nuit après 22 heures et ça, ça a été un grand moment. C’est très efficace et ça permet surtout à la police de pousser la porte de ces établissements. Le trafiquant qui la journée est dehors, le soir, il est dans les épiceries et on sait qu’il y a du trafic dans certains d’entre eux. J’ai même été menacé par des gens à cause de cette décision. On a également énormément de caméras, environ 250. Cela nous permet aussi, quand on a des mariages difficiles, de noter les plaques d’immatriculation et de savoir qui traverse la ville à une vitesse monstrueuse. J’aurais voulu installer un radar, mais on m’a dit que je n’ai pas le droit. On les sécurise en fermant le centre-ville pour éviter qu’il n’y ait trop de panique.

    J’ai aussi interdit le protoxyde d’azote. Et quand on attrape des mineurs qui en consomment, on appelle les parents. Dans la même rengaine, on reçoit les élèves souvent absents dans les lycées. On les convoque avec leurs parents devant un policier municipal qui les gronde et ça les marque. J’ose espérer que l’on sauve des enfants comme ça.

    Si j’en ai sauvé un seul, c’est déjà une réussite. Le jour où j’ai sorti l’arrêté sur la fermeture des épiceries, j’ai reçu des coups de fil de beaucoup de villes de France. Comme il avait été attaqué et qu’il est passé, car il est inattaquable. De La Ciotat à Rennes. Donc je l’ai diffusé à travers le pays.

    Sylvie Montard : Je m’occupe de nourrir des chats de rue et je rencontre des soucis quand ils ont besoin de soins. Qu’est-il fait dans ce sens ?

    Serge Andrieu : Il y a des conventions avec des associations et des vétérinaires. On leur donne une somme précise et ils s’occupent des stérilisations. Et ces subventions n’ont jamais baissé. Bien sûr, on contrôle si ces investissements sont utilisés correctement, avec la présence d’élus aux assemblées générales par exemple. En étant « mairie », on vous ouvre la porte. Vous n’êtes pas dehors. C’est notamment le cas avec les associations sportives où l’adjoint au sport sait que l’on a donné tant d’argent à telle structure et demande puis justifie cette somme.

    Sylvie Montard : On a entendu que l’association Art et Vie était en difficulté à cause d’une baisse de subventions…

    Serge Andrieu : Ce n’est pas nous. Ce sont les autres collectivités qui ont baissé les subventions.

    Sylvie Montard : J’ai vu dans le programme que vous souhaitez accueillir des animaux sauvés. Vous pouvez nous en dire plus ?

    Serge Andrieu : On possède 6 hectares de terres cultivables. Au-dessus, on a du maraîchage pour les cantines des écoles. Vous savez, on a fait un miracle. On a fait manger de la salade aux enfants à l’école primaire. Comment ? On les a emmenés là-bas et on leur a donné une graine chacun. Dans les rangées ouvertes, ils ont tous posé une graine. Et ils sont revenus couper la salade dont ils se rappelaient que c’était la leur. Puis à la cantine, les petits disaient que c’était une bonne salade. Ils ont adoré et reviennent chaque année. Tout est bio. Pour qu’elles soient classées bio, on a dû laisser « dormir » le terrain pendant 6 ans. Il n’y a aucun produit, juste des haies et quelques herbes folles dans lesquelles il y a toutes les bêbêtes. Le souci, c’est qu’on produit trop et que les cantines sont fermées quand les enfants sont en vacances. Donc on donne à toutes les associations de la ville. Et puis quand c’est tardif, on donne à ce fameux espace où on aide les animaux. Qui accueille de tout, que ce soit poules, moutons et animaux domestiques. Celui-ci est pour l’instant chez un particulier. Mais on va le basculer sur ces 6 hectares de terrain. Et quand il y aura de la salade en trop, on la donnera à ces chèvres ou cochons et tout le monde va se régaler. D’autant qu’on va cultiver de plus en plus d’hectares. On va partir sur 5 000 mètres carré. Il faut faire en fonction du nombre de stagiaires que nous avons. Quand ça va s’étoffer, on poussera la clôture.

    Sylvie Montard : La mairie financerait cela ?

    Serge Andrieu : La mairie, elle fait tout ! Elle clôture, elle possède le foncier et elle nourrit. Même si je ne suis pas sûr que les canards aiment bien les poireaux. Car on produit vraiment trop. À un point où on va créer une cuisine pour pouvoir stocker les produits en surplus dans des frigos, notamment en juillet et en août. Ça pousse, ça pousse et on en donne un peu à tout le monde. Mais il faut aussi qu’on en garde.

    Sylvie Montard : Et le projet d’un cimetière pour animaux ?

    Serge Andrieu : Les gens achèteront une concession, comme dans tous les cimetières. Des tombes voire des caveaux si les gens veulent faire des caveaux. On n’a pas encore défini le coût selon les moyens. Il faudra se rapprocher des associations qui sont en capacité de nous aiguiller.

    Rémi Martin : Je me fais le porte-parole des associations sportives qui voudraient un espace pour dialoguer avec la mairie. Pouvez-vous l’envisager ?

    Serge Andrieu : Je discute avec elles. Ceux qui ont un problème ont un rendez-vous avec moi ou un adjoint, ici l’adjoint au sport. L’une des priorités est aussi de reconstruire l’espace Auzon qui a brûlé à cause de trois jeunes qui y ont mis le feu sans aucune raison. Sur les 14 millions d’euros que cela a coûtés, les assurances nous ont donné 4 millions.

    Sylvie Montard : Dans les écoles, l’été dernier, il a fait très chaud. Travailler dans ces conditions-là est très compliqué. Dans des villes comme Aubignan, les écoles sont climatisées. Y a-t-il une réflexion à ce sujet ?

    Serge Andrieu : Je vais le dire tout de suite, on ne va pas climatiser les écoles. Pourquoi ? Car il y aura des parents qui porteront plainte à la mairie car leurs enfants seront malades. Ce n’est pas moi qui gère les climatisations. Si l’instituteur a chaud, il va appuyer sur le bouton, mais on ne sait pas comment les enfants vont réagir. Ils rentrent, ils sortent et ils tombent malades. Et je serai responsable. Ce que l’on va faire, c’est installer de gros ventilateurs qui ne tournent pas très vite et qui brassent l’air. Et c’est très efficace. Par contre, il faut les laisser en marche sinon, le temps que l’inertie arrive… Donc selon la taille de l’école, on en mettra deux ou trois. Ce sont de gros engins d’un mètre cinquante de diamètre.

    Rémi Martin : Il faudrait aussi végétaliser les cours d’école…

    Serge Andrieu : On va s’occuper de ça également. Il y a 21 groupes scolaires à Carpentras. Tous sont aux normes en termes d’isolation. Mais il faut d’abord s’assurer de l’isolation. On les isole depuis l’extérieur désormais, on l’a déjà fait. Car à l’époque de la construction des bâtiments, les murs en parpaing avec un doublage en briques rouges, il y avait aussi 10 centimètres de laine de verre. Je suis convaincu qu’aujourd’hui, cette laine de verre est descendue. Il faudra peut-être y revenir, mais je ne me vois pas casser toutes les cloisons.

    Sylvain Espenon : Est-ce que les écoles privées reçoivent des financements ?

    Serge Andrieu : Elles reçoivent 1 000 euros par an et par enfant. C’est la loi. Ça fait partie des lois particulières que j’évoquais tout à l’heure, sans vouloir en dire plus. Il n’y en a qu’une ici, mais c’est un monstre. On donne plus de 500 000 euros par an. On donne beaucoup d’argent. Mais attention, on n’est pas des sauvages ! S’ils ont besoin d’un gymnase, on le prête. S’ils ont besoin d’aide, on la donne volontiers, car ce sont des enfants.

    Nos lecteurs de Carpentras

    Sylvain Espenon, employé à Etex et représentant CGT

    Rémi Martin, retraité

    Ludovic Lemaître, antiquaire

    Sylvie Montard, retraitée

    Aziz El Ghaddar, chauffeur de bus

    Alain Bottgen, retraité de Eurenco

    Joëlle Guérin, retraitée