Tag: finance

  • Alerte sur la situation financière du Gard

    Alerte sur la situation financière du Gard

    Comme de nombreux Départements, la situation financière du conseil départemental du Gard s’est détériorée ces deux dernières années. Selon la Chambre régionale des comptes (CRC), les finances de la collectivité étaient saines en 2021 et 2022 grâce notamment à des droits de mutation à la hausse (perçus à chaque vente immobilière).

    Mais ces recettes ont diminué à partir de 2022. « Le fort recul des produits des droits de mutation à titre onéreux, dont le caractère est particulièrement volatil, réduit de moitié la capacité d’autofinancement brute du Département (77 M contre 153 M en 2022) », écrivent les magistrats de la CRC. Ils alertent également sur les charges de personnel qui « limitent les marges de manœuvre du Département ». Malgré cette situation, l’institution a continué d’investir (123,3 M en 2023 contre 111,2 M en 2022). « La dégradation de la situation financière se confirme en 2024 au point de compromettre à court terme la soutenabilité de la politique d’investissement.[…] Le recours à de nouveaux emprunts (60 M) met un terme à la tendance au désendettement amorcée en 2021. La capacité de désendettement atteint 13 ans en 2024 ce qui est au-delà du ratio prudentiel de 10 ans », précise encore la CRC.

    Des conclusions que ne réfute pas le conseiller départemental Christian Bastid. Mais l’élu communiste tempère tout de même la responsabilité du Département : « Ce que ne dit pas assez fortement la Chambre régionale des comptes ce sont les raisons de ces difficultés. Ce n’est pas parce qu’on a une mauvaise gestion, au contraire. C’est la conséquence de toutes les politiques décidées au niveau national qui ne financent plus à la hauteur nécessaire le RSA [Revenu de solidarité active, Ndlr], l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) et la Prestation de compensation du handicap (PCH) ». La CRC précise tout de même que les « dépenses d’action sociale progressent plus rapidement que l’ensemble des charges de gestion ».

    Peu de marge de manœuvre

    Pour le budget 2025, le Département a engagé un plan de 31 millions d’économies. Pour cela, des emplois devraient être supprimés en ne renouvelant pas certains titulaires ou en ne remplaçant pas des départs à la retraite. La CRC s’inquiète aussi du montant alloué à l’investissement qui pourrait être revu à la baisse si le Département ne parvient pas à « rétablir un niveau d’épargne suffisant » ou si les recettes fiscales de l’année sont plus faibles que prévu.

    Françoise Laurent-Périgot, la présidente (PS), a écrit à la CRC où elle s’engage à « mettre en œuvre un plan d’économies des dépenses de fonctionnement » pour le prochain budget. « Nous allons devoir réduire certains dispositifs », confirme Christian Bastid. « Il faut trouver un juste équilibre pour rester un Département au plus près des gens et en même temps, il faut qu’on réfléchisse à comment réduire certaines aides. »

  • La Bourse ne fait plus recette chez les patrons de la région

    La Bourse ne fait plus recette chez les patrons de la région

    « Avant, il y avait une place financière sur la Canebière », rappelle Vincent Le Sann, le directeur général de la filiale de la BNP Paribas dédiée aux marchés actions, Portzamparc. Celui-ci était en déplacement à Marseille, ce mardi, pour faire la promotion de son activité face à la presse. Car malgré les dérégulations successives portées par l’Union européenne, celle-ci ne fait pas recette auprès du patronat provençal. Depuis les introductions en Bourse de l’Aixois Affluent Medical, spécialisé dans la technologie médicale, en juin 2021 (21 millions d’euros levés), puis du producteur de pompes à chaleur marseillais Enogia le mois suivant (11 millions levés), aucune entreprise de Provence-Alpes-Côte d’Azur n’est venue rejoindre la place financière. « Au niveau national, 2021 a été un gros pic avec 38 sociétés introduites en Bourse. Après en revanche, c’est vraiment des années de vaches maigres », déplore Vincent Le Sann. La faute aux incertitudes liées à l’Ukraine, avance-t-il, plus qu’au contexte électoral. « Aujourd’hui, l’économie dépend moins du politique », assure le directeur général.

    Or, la région ne compte que 5% des sociétés cotées au niveau national, alors qu’elle pèse pour 7% du PIB. Elle en compte au total 21, valorisées à 21 milliards d’euros et comptant près de 68 000 salariés. Six d’entre elles dépassent les 100 millions d’euros de capitalisation, à commencer par le laboratoire pharmaceutique Sartorius (17 milliards d’euros) suivi par ID Logistics (2,6 milliards). Mais le responsable de la BNP est optimiste pour 2026 : « Les investisseurs ont de l’argent à investir. » Particulièrement dans le secteur médical, et surtout de l’armement, en manque de financements pour suivre la machine de guerre européenne. Mais pour cela, il faudrait plus de dérégulation et de crédits d’impôts, réclame-t-il. Comme en Italie.