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  • [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    Ce week-end, Samia Ghali (DVG), adjointe au maire de Marseille et présidente de la RTM.

    SOn élection à la présidence de la RTM

    Didier Gesualdi : Quelle est votre feuille
    de route après votre élection
    à la présidence de la RTM
     ?

    Les transports sont l’affaire de tous. Chaque Marseillais, chaque habitant de la Métropole est confronté à cette question à un moment ou un autre, pour soi-même, ses enfants, ses parents… Les transports font partie intégrante de la vie des habitants à Marseille intra-muros ou dans les autres communes de la Métropole. Ils représentent une bouffée d’oxygène au sens propre comme figuré du terme, ils permettent de mieux respirer, d’avoir moins de véhicules… Ils sont aussi un poumon du développement économique et un levier de résolution de la crise du logement. Vous ne pouvez pas construire si vous n’avez pas les infrastructures, notamment de transport, pour desservir les habitations.

    Didier Gesualdi : On a un retard à combler sur ce territoire. Comment comptez-vous y arriver ?

    Il y a le tramway vers le nord, vers la Bricarde qui va démarrer. Il y a tous les transports du quotidien aussi, avec les derniers kilomètres ou centaines de mètres qui manquent pour tel ou tel territoire qui se trouve coupé du reste du monde. Il y a aussi un gros chantier, qui m’a été signalé par les chauffeurs de bus avec qui j’ai pu parler. Ils me disent que les bus qui tombent en panne sont un problème, que leur maintenance est un vrai sacerdoce. Cela doit devenir une question centrale pour permettre au service public de fonctionner.

    Léo Purguette : Présider la RTM, c’est
    une tâche épineuse. On pourrait presque penser que c’est un cadeau empoisonné. Pourquoi l’avez-vous accepté
     ?

    D’abord, ce serait insultant pour le personnel de la RTM et les usagers de considérer que c’est un cadeau empoisonné. Après, oui, c’est un sujet éminemment complexe et difficile. Au vu de la situation financière de la Métropole, je ne vais pas vous dire que ça va aller comme sur des roulettes. Je considère que c’est un défi, j’ai pour habitude d’en relever. Le président de la Métropole et le maire de Marseille m’ont désignée pour être candidate à cette présidence, je le prends comme un compliment. Ils connaissent mon caractère, ma pugnacité. Je ne lâche rien, je vais au bout des choses. Je le prends comme une marque de reconnaissance de ma capacité à porter des sujets difficiles.

    La fracture nord-sud

    Léo Purguette : Faut-il voir un symbole dans le fait que vous êtes une élue des 15-16, un secteur qui souffre d’une desserte en transports en commun très insuffisante ?

    D’abord les 15-16, chers à mon cœur vous le savez, Jean-Marc Coppola en est le maire. C’est comme ça qu’on a souhaité travailler lui et moi, en complémentarité. C’est un territoire qui a effectivement beaucoup souffert d’un manque de transports pendant des décennies. On va essayer de rattraper tout cela. C’est important de le faire de manière collégiale et dans l’intérêt de tous les habitants. Les délégations que j’ai à la Ville de Marseille et la présidence de la RTM aideront.

    Didier Gesualdi : C’est l’acte II du Printemps marseillais. Pourquoi on devrait y croire et qu’est-ce qui va changer dans le quotidien des Marseillais ?

    Heureusement qu’on a le Printemps marseillais à la mairie et pas le Printemps de l’ombre du Rassemblement national. Excusez-moi d’être très heureuse que ce soit nous et pas le RN, quand on voit comment ses élus se sont comportés au conseil municipal de mercredi… Même sur des délibérations qui ne portent pas à débat. Ils disent être pour la sécurité et quand on finance une association comme l’Addap 13 pour faire de la prévention, ils ont voté contre, ont eu des propos diffamatoires… Je suis déjà bien contente que Marseille ne soit pas la risée et la honte de la France. Ici on résiste plus qu’ailleurs. Je ne sais pas ce qu’il se passera en 2027 mais Marseille doit être une terre de Résistance. Pour le reste, on va continuer ce qu’on a déjà entamé dans l’acte I sur les écoles, la rénovation urbaine, les équipements publics, les espaces verts… On n’a pas tout bien fait, tout fini, beaucoup reste à faire. Les Marseillais nous ont placés largement en tête, au-delà de nos espérances, pour nous y atteler.

    Marseille et la RTM

    Didier Gesualdi : La majorité marseillaise s’est longtemps plaint de ne pas avoir la main sur la RTM qui appartenait à Catherine Pila, cheffe de l’opposition. C’est un signe pour les Marseillais que vous preniez cette présidence ?

    La RTM n’appartenait pas à Mme Pila. Pas plus qu’elle ne m’appartient aujourd’hui. La RTM appartient aux habitants de la Métropole, nous sommes là pour la faire vivre et se développer. Le fait que ce soit moi qui porte cette question, personne ne peut douter de mon engagement pour les quartiers populaires de cette ville, oui c’est un signe. Par exemple, quand on dit qu’il faut renforcer les bus vers les plages, certes il faut le faire sur le Prado mais aussi à l’Estaque, à Corbières. Je considère qu’un Marseillais qui prend les transports en commun dans le Sud, dans le centre, dans l’Est ou dans le Nord de la ville doit être traité de la même manière. Je suis pour l’équité dans les transports à Marseille. On a la chance, à la RTM, d’avoir plus de 5 000 agents. Je pense qu’ils aiment vraiment leur boulot, leur boîte, c’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ils sont dévoués à la cause des transports en commun, il faut leur donner cette fierté. J’ai eu des messages de tous les syndicats de la RTM et je les en remercie. Quand on devient présidente, c’est important d’être saluée par les syndicats qui sont conscients de la tâche qui nous attend. Ils mettent beaucoup d’espoir dans mon arrivée. C’est d’abord à eux que je veux m’adresser, au personnel et aussi aux femmes qui travaillent à la RTM. Elles ont fait le choix d’être dans des métiers exigeants, plutôt masculins, mais elles le portent tellement bien, de manière tellement élégante. Je veux leur dire qu’elles ont toute mon admiration et j’aimerais qu’il y en ait encore plus.

    Le métro fermé le soir

    Léo Purguette : Êtes-vous en capacité de nous dire aujourd’hui quand le métro va pouvoir reprendre en soirée avec des rames modernisées ?

    Je ne vais pas vous le dire aujourd’hui. On va d’abord commencer par une visite nocturne avec la presse pour que tout le monde comprenne de quoi on parle. On va regarder tout ce qu’il sera possible de faire. On m’explique qu’il y a des questions techniques liées aux travaux qui nécessitent d’interrompre le trafic mais il faut voir concrètement ce qu’il est possible de faire. Vous serez invités, vous les journalistes avec, je l’espère, le président de la Métropole et le maire de Marseille. On verra si on peut gratter une demi-heure, une heure, une heure et demie. Par ailleurs je fais faire un audit flash sur les finances mais aussi sur la partie recettes. La RTM n’est jamais allée chercher de l’argent. Il faudra sans doute qu’on aille chercher de l’argent là où il se trouve, on n’est pas plus idiots que les autres.

    Les finances de la Métropole

    Didier Gesualdi : Nicolas Isnard, le président de la Métropole, a annoncé des assises du financement des transports métropolitains en septembre. Vous avez déjà la pression ?

    Je n’ai pas de pression ! Vous savez, quand vous défendez une cause et que vous en êtes convaincu, vous n’avez pas de pression. J’ai entendu l’UPE 13 dire qu’elle était contre l’augmentation du versement mobilité… Les postures, ce n’est pas trop ma façon de fonctionner. Personne n’est propriétaire de rien, on est face à une situation qui nous dépasse tous. On peut mettre les clefs sous la porte, on dit « c’est fini il n’y a plus de transports à Marseille », et la première victime serait le monde économique. Je ne crois pas qu’il souhaite ça.

    Didier Gesualdi : L’augmentation du versement mobilité comme à Paris est une piste ?

    Entre 2% ici et 3,17% à Paris, il y a un peu de marge. Ça peut résoudre une grande partie des problèmes. Par contre, je comprends que l’UPE 13 dise « on veut des garanties sur les bus qui arrivent à l’heure, sur le développement des transports ». Mais vous savez, le projet tramway qui passe au niveau de la zone franche sur le littoral, c’était demandé par les entreprises. On va leur dire quoi ? « On ne fait pas le tramway parce que l’UPE 13 est contre le versement mobilité ?! » Je le dis : je suis pour que le versement mobilité soit revu à la hausse, il est nécessaire. Sans cela, nous ne pourrons pas continuer à assurer le minimum vital des transports pour les habitants.

    Léo Purguette : Le patronat défend ce qu’il croit être ses intérêts, mais ce n’est pas lui qui va décider. Avez-vous eu des contacts avec les représentants de l’État ? Est-il capable de prendre cette décision ?

    Je vais rencontrer le ministre des Transports ou son cabinet le plus rapidement possible. Je sais que le président de la Métropole, Nicolas Isnard, avec qui j’en ai parlé, a eu un échange très direct avec le Premier ministre notamment sur le versement mobilité. Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas de porte fermée.

    Didier Gesualdi : Il a entendu sans s’engager…

    Vous savez, en politique, quand il n’y a pas de porte fermée, c’est déjà bon signe.

    Le tram des catalans

    Léo Purguette : Dans les prochains jours, des choix budgétaires devront être opérés. Le maire de Marseille a redit son opposition au tramway des Catalans. Est-ce que c’est un projet définitivement enterré ?

    Je ne fais pas de langue de bois mais je ne veux pas raconter de bêtises. Nous n’avons pas voté le budget de la Métropole, pas plus tard que mardi. Tous les projets vont être regardés et priorisés. Est-ce que le tram des Catalans est aujourd’hui une priorité ou non ? J’en discuterai avec le maire de Marseille. C’est quand même dans sa commune que ça se passe. Aujourd’hui la plupart des habitants ne veulent pas de ce tram. Moi je veux bien qu’on fasse du transport mais commençons par ceux qui le souhaitent plutôt que par ceux qui ne le veulent pas. Mais je laisserai le président de la Métropole et le maire de Marseille, en fonction du budget, dire ce qu’ils souhaitent. La RTM s’exécutera dans un sens comme dans l’autre.

    La gratuité

    Didier Gesualdi : Martine Vassal avait instauré la gratuité pour les enfants et les seniors. Il a aussi la gratuité totale du côté de l’ex-Pays d’Aubagne. Est-ce que c’est en danger dans la RTM que vous présidez ?

    Je disais que le monde économique demande des garanties, certains disent « on veut bien verser mais ce n’est pas pour que les élus en fassent de la gratuité au tout-venant ». Ça vous paraîtra bizarre, mais je peux l’entendre. Moi je suis plutôt pour une tarification sociale ce qui peut être la gratuité dans certains cas. J’entends certains seniors me dire, je gagne bien ma vie, « je peux me payer ma carte de bus, c’est indolore ». Il y a des familles de cadres, qui peuvent prendre en charge le transport de leur enfant. Après il y a eu des choix qui ont été faits dans certaines communes. Les gens qui habitent à Aix, Aubagne, La Ciotat, Martigues… viennent pour certains travailler à Marseille. Le but c’est que demain ils ne viennent plus en voiture. Toutes ces questions, il faut y réfléchir.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe :

    Bonjour. Qu’en est-il du projet d’Arena sur le secteur Gèze que vous aviez annoncé précédemment ?

    Bonjour, je veux vous dire que le projet d’Arena, on est en train d’y travailler. Ça fait partie des grands projets structurants que je suis pour le maire de Marseille. Nous avons déjà ciblé un terrain qui se trouve à Capitaine Gèze. C’est un lieu stratégique au pied du tramway et du métro Capitaine Gèze. Les services sont en train d’y travailler parce que la question pour nous est de savoir si cette Arena doit être complètement publique ou alors semi-privée et semi-publique parce qu’il faut aussi le financer. Nous allons étudier toutes les pistes. Le travail commence sur ce projet d’Arena.

  • Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    « Vous vous êtes manifestement enrichi en ne déclarant pas volontairement vos salariés et ce pour un préjudice très conséquent pour l’Urssaf », a sans détour signifié la présidente Kennedy à un chef d’entreprise qui s’est vu infliger trois ans de prison dont deux avec sursis. « L’année ferme est aménagée sous bracelet électronique. C’est de la prison mais chez vous. »

    Eshat Cakmak, 44 ans, chef d’entreprise de construction turc, comparaissait mardi pour travail dissimulé et blanchiment. Par omission délibérée de déclaration d’embauche, de salaire et de cotisations sociales sur environ 500 travailleurs, ses deux sociétés ont engendré 4 682 927 euros de préjudice à l’Urssaf en 4 ans. « Votre chiffre d’affaires de 2020 à 2023 est de 5,7 millions d’euros. Vous touchez 323 000 euros sur la même période mais n’en déclarez que 15 000 tout en versant 45 000 euros non déclarés à votre épouse, gérante de droit », campe la présidente face à un prévenu mutique ou agaçant dès qu’il s’exprime. « Je ne me souviens plus. Je me sens pas bien. J’ai perdu mon père. »

    « Je ne regarde pas l’argent que je gagne »

    Le schéma délictuel est connu dans le secteur du bâtiment. « Une première société poubelle est créée à Marseille qu’on transfère ensuite à Bobigny pour minorer le risque de contrôle, détaille la vice-procureure Isabelle Candau. Quand elle est repérée, la société qui a pris beaucoup de chantiers 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires par an n’existe plus. Une autre société a repris tous les chantiers et fait quelques DPAE (Déclaration préalable à l’embauche) pour donner une apparence de légalité sans faire de DSN (Déclaration sociale nominative) pour ne pas payer les cotisations sociales. C’est un procédé récurrent dans le BTP. »

    Lors de la perquisition de son appartement, avenue Saint-Louis, 15e, pour lequel il touche 536 euros d’APL, les enquêteurs trouvent 5 300 euros en espèces, 22 cartes bancaires, saisissent 4 véhicules dont une Audi Q8, une Mercedes classe S. « Vous avez perçu 450 000 euros de revenus en 4 ans mais vous n’avez déclaré que 5 280 euros dans l’année », rappelle la juge. « C’est pas une vie de luxe, ce que j’ai gagné je l’ai perdu car je joue et j’aide aussi ma communauté. Je ne regarde pas l’argent que je gagne, je le distribue à mes ouvriers. Actuellement j’ai des problèmes de dos, je suis au RSA », crispe le prévenu.

    « Cette fraude sociale cause un préjudice financier colossal en cotisations éludées », expose Me Coralie Renaud pour l’Urssaf. Elle réfute la version proposée d’une négligence systématique et d’une inculture administrative. « On est face à un patron voyou », résume la procureure. « Il utilise notre droit social à son profit. Vous ne déclarez rien, vous ne payez rien, vous passez votre temps à enfumer, à faire disparaître les fonds pour gruger et créer de l’apparence. Tout, strictement tout, va dans votre poche. » Contre cette fraude sociale qui représente « 1 400 euros de pension de retraite pour 283 personnes pendant une année », elle demande 3 ans ferme avec mandat de dépôt.

    « Ce n’est pas le Stavisky du BTP ni un Machiavel de la finance ! » lance Me Olivier Kuhn-Massot « atterré en tant que citoyen de voir la dérisoire facilité à planter 4,7 millions d’euros à l’Urssaf. Et ça n’éveille personne ? » De réfuter un enrichissement personnel. « Il ne serait plus ici s’il avait accumulé une fortune en Turquie. » « Lui un donneur d’ordres ? C’est surtout lui qui en reçoit. Il a la tête du parfait abruti et il a été utilisé comme tel. C’est un pion sacrificiel », tente la défense.

    L’homme écope de 3 ans de prison dont 2 avec sursis, de 20 000 euros d’amende, de l’interdiction définitive de gérer et de l’obligation très théorique de verser 4 682 927 euros à l’Urssaf. Sa société est dissoute.

  • Le surendettement grimpe dans le département des Bouches-du-Rhône

    Le surendettement grimpe dans le département des Bouches-du-Rhône

    Sous l’effet combiné de l’inflation et de la montée du chômage, le nombre de dossiers de surendettement, dans les Bouches-du-Rhône, est en hausse de 12%, passant de 4 427 en 2024 à 4 959 en 2025, note la Banque de France dans son bilan, présenté ce jeudi 26 février. Un chiffre supérieur à la tendance nationale (9,8%), mais inférieure au régional (13,6%). Même si, sur dix ans, le phénomène est en baisse d’environ 30%. Une tendance liée aux effets de « la loi Borloo de 2003, qui permet d’effacer la dette, puis de la loi Lagarde en 2010, qui est venue mieux prévenir le demandeur, notamment de crédit revolving », explique Patricia Roche-Ramondy, responsable du service de l’inclusion financière au siège marseillais de la Banque de France.

    Une femme seule, entre 35 et 54 ans, sans personne à charge, locataire ou hébergée à titre gratuit, au chômage ou sans emploi : voilà pour le profil type des personnes, « vulnérables ou touchées par un accident de la vie », qui font appel à l’établissement, dans le département. La part des jeunes, 18-34 ans, qui dépose un dossier, a également augmenté, « plus significativement dans notre département, de 4,6 points », souligne Patricia Roche-Ramondy, passant de 17,5% en 2022 à 22,1% en 2025. À comparer aux +3 points enregistrés au régional et national. « Beaucoup sont arrivés sur le marché de l’emploi sans en trouver et ils ont aussi des habitudes de consommation où ils recourent au crédit fractionné », analyse Denis Lauretou, directeur régional Provence-Alpes-Côte d’Azur de la Banque de France. En clair, la paire de basket payable en trois fois…

    Des « déposants » sous le seuil de pauvreté

    À noter que 42% des demandeurs gagnent moins de 1 122 euros par mois. Pire, « 60,9% des déposants dans le département se situent sous le seuil de pauvreté », détaille Patricia Roche-Ramondy, contre 58,6% en région.

    En regardant de plus près la composition de la dette des ménages qui font appel à ses services, 167 millions d’euros en 2025 (-7% par rapport à 2024), la direction de l’établissement a établi qu’il s’agissait pour 46% de dettes à la consommation, 21% l’immobilier, 31% liées aux charges courantes et autres.

    La solution, c’est l’effacement pur et simple, pour 36% des dossiers. Les personnes en bénéficiant sont « néanmoins inscrites au fichier des incidents de crédits aux particuliers » précise Patricia Roche-Ramondy, et ne peuvent plus bénéficier de prêts pendant 5 ans. En moyenne, 22 481 euros de dette sont effacés par dossier en 2025, exactement comme en 2024. Pour 42% des dossiers, un plan de remboursement est bâti sur une durée maximale de 7 ans, doublé si nécessaire d’un effacement partiel de la dette.

    Ouverte à « toutes les personnes de bonne foi qui se trouvent dans l’incapacité de payer l’ensemble de leurs dettes, charges ou crédit, sans montant minimum, la procédure peut encore faire peur », convient Patricia Roche-Ramondy. Quand « plus de 50% des personnes qui déposent un dossier nous disent qu’elles sont en difficulté financières depuis deux ans, elles essaient de s’en sortir, attendent, parfois se font aider », ajoute-t-elle.

    Pourtant, « recourir au surendettement c’est se protéger », estime Denis Lauretou, l’attestation de dépôt permettant de geler les sommes dues aux créanciers. Et de conseiller de faire appel aux travailleurs sociaux, « nous en avons formé 1 000 en 2025 ». À raison d’une réunion un jeudi sur deux de la commission départementale, le délai pour statuer est d’un mois, quatre pour que le dossier soit traité. On peut venir le chercher au guichet, le déposer, l’envoyer par courrier ou en ligne. Un numéro de téléphone, le 3414, a également été mis en place.

  • Marcher pour défendre les associations féministes

    Marcher pour défendre les associations féministes

    « On sait que si l’on continue à baisser les moyens des associations et des services publics, le nombre de féminicides va remonter. » Sur l’esplanade Gisèle-Halimi, un lieu qui n’a pas été choisi par hasard, Alexandra Brochus du Collectif 13 droits des femmes, martèle la nécessité des associations dans la lutte des violences faites aux femmes. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’encontre des femmes, organisations féministes, syndicats et partis politiques appellent à manifester ce samedi, à 14h en bas des escaliers Saint-Charles.

    Un rendez-vous immanquable pour les collectifs féministes. « Dans ce contexte de politiques budgétaires austéritaires, on se doit d’être au rendez-vous », insiste Alexandra Brochus. Le nouveau projet de loi de finances de 2026 prévoit, en effet, une coupe d’un milliard d’euros dans les subventions aux associations. Un non-sens pour les militantes, pour qui ces structures sont souvent un refuge pour les femmes victimes de violence. « Elles sont indispensables, parce qu’elles comblent les carences de l’État », affirme Isabelle Marilier, membre de Genre et altermondialisme.

    Associations fermées, femmes en danger

    Des coupes budgétaires qui mettent en danger de nombreuses structures d’accompagnement des victimes, comme les Plannings familiaux ou les Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) qui connaissent régulièrement des difficultés. Le CIDFF d’Arles avait par exemple été menacé de fermer l’été dernier à cause du manque de moyens. Des structures qui permettent pourtant aux femmes victimes de violences d’avoir un accompagnement juridique, social et psychologique. Les militantes réclament également plus de moyens alloués à la « prévention, la justice et les services publics », précise Alexandra Brochus. Notamment 3 milliards d’euros pour la mise en œuvre de l’éducation à la vie affective relationnelle et à la sexualité, qui donne les clés aux filles et aux garçons pour repérer et éviter les comportements dangereux. Une marche « pour toutes les femmes, de tous les pays et toutes les religions et contre toutes les formes de violences », lance-t-elle.

    Des violences dont le narcotrafic est parfois l’auteur. « C’est pourquoi quand on a appris la date de la marche pour Mehdi Kessaci, nous avons tout de suite pris contact avec les organisateurs pour que nos deux marches se rejoignent », indique Pascaline Lécorché, représentante de Place publique à Marseille. Le jeune homme, frère du militant écologiste Amine Kessaci engagé dans la lutte contre le narcotrafic, a été tué jeudi dernier dans ce qui s’apparente à un meurtre d’intimidation d’après les dernières avancées de l’enquête (lire pages 2 et 3). « Les mères dans ces quartiers sont souvent les premières actrices locales mais aussi des victimes de cette violence », se désole Alexandra Brochus.

    Les rendez-vous

    Aubagne

    Samedi 22, à 10h30 sur le cours Beaumont.

    Draguignan

    Samedi 22, 11h, place Cassin.

    Salon-de-Provence

    Samedi 22, 17h, à la mairie.

    Avignon

    Samedi 22, 15h, à la gare.

    Marseille

    Samedi 22, 14h, gare Saint-Charles et mardi 25, 18h30, place de la Joliette.

    Toulon

    Mardi 25, 18h, palais de Justice.

    Arles

    Samedi 29, 16h, place de la République.

  • La gauche dénonce « une saignée » budgétaire volontaire

    La gauche dénonce « une saignée » budgétaire volontaire

    Martine Vassal et son exécutif ont voulu se montrer rassurants. Malgré 2,2 milliards de dette attendus lors du vote du compte administratif 2025, et une capacité de désendettement de 18 ans, « le bateau est piloté et bien piloté », martèle la présidente (DVD), « Oui le département est solide, oui il agit, oui il regarde l’avenir avec confiance ». Un discours de la méthode (coué) approfondi par Yves Moraine (LR), son rapporteur des finances, en abordant la décision modificative (DM 2) du budget 2025. Saluant un « exercice exceptionnel » pour un budget voté à l’aveugle « sur la base d’un projet de loi de finance qui n’a jamais vu le jour », lui aspire « aux encouragements ».

    Enchaînant les parallèles avantageux avec « la situation dramatique des 100 départements de France », l’avocat s’attribue les bons points, expliquant que depuis 2022, la baisse des Droits de mutation à titre onéreux, a fait perdre à la collectivité 500 millions, l’équivalent de plus d’une année d’investissement.

    L’élu de droite y ajoute « la contrainte des dépenses sociales et de la solidarité » qui « contenu de la situation de sa ville centre », représentent 63 % des dépenses contre 54% en moyenne en France. Insistant sur le fait que le choix a été fait de recourir à l’emprunt pour maintenir l’investissement, ce dernier juge enfin bon de rappeler que le Conseil départemental « dépense moins pour son personnel que la moyenne des départements ».

    « Variables d’ajustement »

    « Finalement tout va bien, pourquoi sommes-nous inquiets ? », ironise Audrey Garino pour le groupe communiste estimant que « cette DM s’inscrit malheureusement dans la continuité du budget d’austérité et de renoncement » voté l’an dernier.

    Évoquant des coupes de 400 000 euros dans la culture, 600 000 dans le sport, 600 000 euros dans la jeunesse, elle, dénonce « une saignée volontaire à défaut d’être assumée » : « Les habitants de nos territoires ne sont pas des variables d’ajustement permettant d’équilibrer vos comptes publics que vos défaillances et vos choix politiques ont grandement fragilisés », glisse-t-elle.

    Plus qu’une « gestion rigoureuse », Azad Kazandjian (PS) pointe un « essoufflement financier inquiétant qui trahit des années d’arbitrages politiques hasardeux centrés davantage sur la communication que sur une véritable stratégie d’investissement au service des habitants ».

    Nouriati Djambae, l’élue écologiste, en remet une couche faisant le lien entre la mobilisation, au même moment devant le Département (lire encadré), d’associations travaillant dans l’aide sociale à l’enfance, « des associations qui protègent nos enfants, étranglés par des coupes budgétaires insensées, des éducateurs épuisés, des jeunes en détresse », et un rapport de la commission permanente actant l’achat d’une villa pour loger le sous-préfet d’Aix, « dans le confort le plus parfait ». « Voilà donc le sens des priorités », tance cette dernière.

  • Alerte sur la situation financière du Gard

    Alerte sur la situation financière du Gard

    Comme de nombreux Départements, la situation financière du conseil départemental du Gard s’est détériorée ces deux dernières années. Selon la Chambre régionale des comptes (CRC), les finances de la collectivité étaient saines en 2021 et 2022 grâce notamment à des droits de mutation à la hausse (perçus à chaque vente immobilière).

    Mais ces recettes ont diminué à partir de 2022. « Le fort recul des produits des droits de mutation à titre onéreux, dont le caractère est particulièrement volatil, réduit de moitié la capacité d’autofinancement brute du Département (77 M contre 153 M en 2022) », écrivent les magistrats de la CRC. Ils alertent également sur les charges de personnel qui « limitent les marges de manœuvre du Département ». Malgré cette situation, l’institution a continué d’investir (123,3 M en 2023 contre 111,2 M en 2022). « La dégradation de la situation financière se confirme en 2024 au point de compromettre à court terme la soutenabilité de la politique d’investissement.[…] Le recours à de nouveaux emprunts (60 M) met un terme à la tendance au désendettement amorcée en 2021. La capacité de désendettement atteint 13 ans en 2024 ce qui est au-delà du ratio prudentiel de 10 ans », précise encore la CRC.

    Des conclusions que ne réfute pas le conseiller départemental Christian Bastid. Mais l’élu communiste tempère tout de même la responsabilité du Département : « Ce que ne dit pas assez fortement la Chambre régionale des comptes ce sont les raisons de ces difficultés. Ce n’est pas parce qu’on a une mauvaise gestion, au contraire. C’est la conséquence de toutes les politiques décidées au niveau national qui ne financent plus à la hauteur nécessaire le RSA [Revenu de solidarité active, Ndlr], l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) et la Prestation de compensation du handicap (PCH) ». La CRC précise tout de même que les « dépenses d’action sociale progressent plus rapidement que l’ensemble des charges de gestion ».

    Peu de marge de manœuvre

    Pour le budget 2025, le Département a engagé un plan de 31 millions d’économies. Pour cela, des emplois devraient être supprimés en ne renouvelant pas certains titulaires ou en ne remplaçant pas des départs à la retraite. La CRC s’inquiète aussi du montant alloué à l’investissement qui pourrait être revu à la baisse si le Département ne parvient pas à « rétablir un niveau d’épargne suffisant » ou si les recettes fiscales de l’année sont plus faibles que prévu.

    Françoise Laurent-Périgot, la présidente (PS), a écrit à la CRC où elle s’engage à « mettre en œuvre un plan d’économies des dépenses de fonctionnement » pour le prochain budget. « Nous allons devoir réduire certains dispositifs », confirme Christian Bastid. « Il faut trouver un juste équilibre pour rester un Département au plus près des gens et en même temps, il faut qu’on réfléchisse à comment réduire certaines aides. »

  • La Bourse ne fait plus recette chez les patrons de la région

    La Bourse ne fait plus recette chez les patrons de la région

    « Avant, il y avait une place financière sur la Canebière », rappelle Vincent Le Sann, le directeur général de la filiale de la BNP Paribas dédiée aux marchés actions, Portzamparc. Celui-ci était en déplacement à Marseille, ce mardi, pour faire la promotion de son activité face à la presse. Car malgré les dérégulations successives portées par l’Union européenne, celle-ci ne fait pas recette auprès du patronat provençal. Depuis les introductions en Bourse de l’Aixois Affluent Medical, spécialisé dans la technologie médicale, en juin 2021 (21 millions d’euros levés), puis du producteur de pompes à chaleur marseillais Enogia le mois suivant (11 millions levés), aucune entreprise de Provence-Alpes-Côte d’Azur n’est venue rejoindre la place financière. « Au niveau national, 2021 a été un gros pic avec 38 sociétés introduites en Bourse. Après en revanche, c’est vraiment des années de vaches maigres », déplore Vincent Le Sann. La faute aux incertitudes liées à l’Ukraine, avance-t-il, plus qu’au contexte électoral. « Aujourd’hui, l’économie dépend moins du politique », assure le directeur général.

    Or, la région ne compte que 5% des sociétés cotées au niveau national, alors qu’elle pèse pour 7% du PIB. Elle en compte au total 21, valorisées à 21 milliards d’euros et comptant près de 68 000 salariés. Six d’entre elles dépassent les 100 millions d’euros de capitalisation, à commencer par le laboratoire pharmaceutique Sartorius (17 milliards d’euros) suivi par ID Logistics (2,6 milliards). Mais le responsable de la BNP est optimiste pour 2026 : « Les investisseurs ont de l’argent à investir. » Particulièrement dans le secteur médical, et surtout de l’armement, en manque de financements pour suivre la machine de guerre européenne. Mais pour cela, il faudrait plus de dérégulation et de crédits d’impôts, réclame-t-il. Comme en Italie.