Tag: film

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Concert de rap, documentaire sur le racisme, atelier pour sensibiliser les adolescents aux discriminations… Une programmation riche et variée est prévue pour le festival d’éducation populaire Regarde sous tes fenêtres, qui se tiendra aux alentours de la place Pechiney de jeudi à samedi. « C’est important pour nous que ce festival se déroule dans l’espace public et qu’il soit gratuit, accessible à toutes et tous », explique Julie Vuoso, fondatrice et programmatrice du festival.

    Jeudi, le festival commencera avec un apéro d’ouverture, suivi d’un spectacle jeune public, d’un repas de soutien au festival à prix libre, puis d’une soirée de projection de films. Ce sera d’abord un documentaire sur le racisme dans la cité minière qui sera projeté, réalisé spécialement pour le festival par Maya Perusin Mysorekar, artiste en résidence à Château-Arnoux-Saint-Auban. « Le festival est né de l’histoire de la cité ouvrière. à Saint-Auban, tout a été construit par l’usine et pour l’usine. Le passé industriel de la ville fait qu’il y a eu beaucoup d’immigration depuis toujours. Le festival permet de faire de ce passé migratoire une richesse », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la Maison commune, qui coorganise chaque année le festival avec la MJC. « En 2006, il y a eu la délocalisation de l’usine, et un abandon de l’espace commun de Saint-Auban. On a voulu proposer un événement dans la rue pour faire revenir la vie collective », explique Julie Vuoso. « Il y avait très peu de commerces, donc l’idée est aussi d’animer la vie locale. C’est un choix, par exemple, de ne pas proposer de nourriture pour le festival, mais que ce soit pour les commerçants, et que l’événement serve à tout le monde sur la cité, que les gens qui travaillent toute l’année puissent s’y retrouver », avancent les deux organisatrices.

    « Un espace inclusif »

    « L’idée du festival, c’est aussi de créer dans notre programmation un espace inclusif où tout le monde est représenté, de ne pas faire une programmation où il n’y a que des personnes blanches, des hommes », ajoute la programmatrice.

    Le film Pédale Rurale, qui raconte l’organisation de la première Pride à la campagne, sera ensuite projeté. « L’idée a toujours été de proposer une programmation pluridisciplinaire, avec de la danse, du théâtre, de la musique, des films », explique Julie Vuoso. Vendredi, Myriam Soulanges proposera « un récit chorégraphique qui interroge les héritages de la domination patriarcale et de l’histoire coloniale guadeloupéenne ».

    Le festival est financé par la mairie, le Département, la Drac et la Dilcra. Le théâtre Durance prête son matériel, essentiel pour mener à bien le projet. Des mineurs étrangers non accompagnés viennent également de Digne pour prêter main forte à titre bénévole.

    Programme : rstf.fr/programme.html

  • Le Week-end du cinéma belge déménage

    Le Week-end du cinéma belge déménage

    Les bénévoles de l’association la Brigade d’Intervention Cinéphile (la BIC) se surnomment entre eux « les biquets » et « les biquettes ». Depuis bientôt vingt ans, ils organisent ensemble chaque été à Frontignan un week-end pour découvrir le meilleur du cinéma belge. Pour la première fois cette année, c’est le cinéma Quai des Lumières, et non pas le Mistral, qui accueillera la manifestation et toutes les activités qui l’entourent, avec le soutien de la Ville de Frontignan.

    « Venez avec votre économe »

    Le premier rendez-vous de cette édition, le samedi 3 juillet à 14h, est destiné aux plus jeunes, avec l’avant-première du film d’animation Le Monde à l’envers, d’Arnaud Demuynck, Noé Garcia et Erwann Hette. À 15h10, le film On vous croit, de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, sera projeté. « C’est un long-métrage assez difficile mais nécessaire, qui met en scène une audience en temps réel au sein du tribunal de la jeunesse de Belgique », précise Monique Toutlemonde, membre de la BIC. Deux projections seront également organisées en présence des réalisateurs : Au bord du Monde, de Sophie Muselle (le samedi à 17h45) et Les baronnes, de Nabil Ben Yadir (le samedi à 21h15). Ce dernier sera de nouveau projeté le dimanche à 16h, juste avant la clôture du festival à 18h20 avec la rediffusion d’un film culte : La merditude des choses, de Félix Van Groeningen.

    Le but de l’opération étant avant tout de partager un moment convivial, une guinguette proposant des frites maisons, des moules et des bières sera ouverte dès 19h30. « Nous appelons à la pluche des patates le samedi à 9h. L’année dernière, nous avons réussi à peler 200 kg de patates en moins d’une heure », se réjouit Monique Toutlemonde. Les biquets et les biquettes recommandent donc d’amener son propre économe.

    * Renseignements :
    04.99.51.25.51

  • Transmettre l’histoire du génocide Arménien avec l’IA

    Transmettre l’histoire du génocide Arménien avec l’IA

    « Faire connaître des histoires de famille que les jeunes n’ont pas forcément connues », tel est l’objectif de la Jeunesse arménienne de France (JAF) et de l’école numérique La Plateforme. À travers des films réalisés avec l’IA, et dans le cadre des commémorations du 24 avril 1915, les participants pourront aborder le thème du génocide des Arméniens aux côtés de l’historienne Judith Aziza, lors d’un hackathon, un événement bref de création réunissant plusieurs participants. « On part de l’initiative d’éduquer sur les contenus générés par IA. On va pouvoir se projeter dans les histoires de leurs grands-parents, à partir de photos qu’ils peuvent trouver dans leur maison », explique Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, dédié aux formats courts. L’idée est de se réapproprier et faire vivre le passé. « L’IA va servir à animer des photos et va permettre la compréhension de certains événements », développe-t-il.

    Entre transmission et héritage

    Marseille compte une importante diaspora arménienne. Ce projet permettra d’engager les jeunes dans un processus de création autour de la construction de leur propre histoire, favorisant la transmission de la mémoire. Les participants réaliseront, en une journée, des films d’une à trois minutes, fondés sur des faits historiques vérifiés, autour de la transmission et de l’héritage.

  • [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    La Marseillaise : La Résistance a été une aventure minoritaire, difficile. Est-ce compliqué de jouer de Gaulle en sachant l’icône qu’il est devenu ?

    Simon Abkarian : Non, car mon travail est d’être au présent de ce que je raconte dans le film. Il faut donc que j’oublie ce qu’il s’est passé. Après, c’est sûr que ça peut paraître casse-gueule d’incarner de Gaulle vu que c’est une icône pétrifiée dans le panthéon de l’histoire de France.

    Qu’est-ce que vous inspire la récupération politique de son héritage par l’extrême droite qui en est pourtant, dans son essence, un ennemi héréditaire ?

    S.A. : Ils se réclament de figures tutélaires comme lui pour faire avancer leur affaire. Mais il faut tenir compte de la matrice du RN qui est celle que l’on connaît.

    Celle que l’on connaît, mais que beaucoup de gens ont visiblement tendance à oublier…

    S.A. : Ça, c’est surtout à cause de certains médias qui s’appliquent à le faire oublier. Mais c’est comme l’histoire de la grenouille et du scorpion. La grenouille traverse la rivière avec le scorpion sur le dos de la grenouille qui dit : « pourquoi tu m’as piquée ? on va se noyer tous les deux ». Et le scorpion lui répond : « parce que c’est ma nature ». Il y a quelque chose de cet ordre. Dans le Rassemblement national, il y a le mot rassemblement qui cloche. Quand on veut rassembler, il faut rassembler tous les Français, quelles que soient leurs origines, naissances, confessions et couleurs de peau. Je trouve dommage qu’on parle toujours de cette ethnicité de la France et jamais du fait social, alors que la misère participe à ce que certaines régions, villes ou quartiers soient livrés à eux-mêmes.

    La perte des repères, les fissures des digues républicaines, le révisionnisme de l’histoire… qu’est-ce que cela dit de la société française actuelle et de ses dirigeants selon vous ?

    S.A. : L’histoire de France, c’est l’histoire de France. De sujets du roi, on est passé à citoyens. De citoyens, on est passé à citoyens éclairés. De citoyens éclairés, on est passés à consommateurs décérébrés. Et après, on nous dit de réfléchir. Mais on n’a plus les outils pour le faire. À mon époque dans les années 1970, on était politisé. On savait qui faisait quoi, où étaient la droite et la gauche. Maintenant, les choses sont ce qu’elles sont sur la planète, le mur est tombé et le capitalisme a gagné la guerre. Il roule sur tout ce qu’il trouve.

    Pensez-vous que « La Bataille de Gaulle » peut permettre de reposer certains repères ?

    S.A. : Alors là, bien sûr qu’il va en poser des repères, ne serait-ce que sur la question de la probité politique, sur l’honneur et la morale, les droits et les devoirs. De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans. Je ne pense pas qu’Antonin Baudry ait réalisé ce film pour que cela résonne politiquement, même si cela va le faire à son corps défendant. Car tout est politique. Moi, j’ai une grande idée de la France. Les gens qui ne font que parler de « grand remplacement » ont une piètre idée de la France et de sa force.

    Quelle était votre image de
    de Gaulle avant de l’incarner
     ?

    S.A. : Chez moi, mon père en parlait en disant qu’il avait sauvé la France et lavé son honneur. Mais je ne savais pas, par exemple pas qu’il avait été condamné à mort par Vichy et déchu de sa nationalité. Mon père était un Arménien du Liban. Il était politiquement engagé à gauche dans la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA). Chez nous, l’éducation était de base : injustice-justice, héroïsme-lâcheté. On me demande souvent de quelle origine je suis. Je réponds d’abord que je suis d’origine pauvre.

    Arménien et pauvre comme Missak Manouchian. Un apatride, un ouvrier, un poète, un résistant communiste et une figure dont le RN a aussi voulu s’emparer au moment de sa panthéonisation ?

    S.A. : Ils veulent se laver de leur passé et faire peau neuve pour pouvoir accéder au pouvoir. Après, je pense qu’on n’échappe pas à sa nature. Je suis sûr qu’ils vont finir par se réaffirmer tels qu’ils sont avec leur idéologie mortifère.

  • Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Une dystopie faite de bonhommes en plastique, qui voit leur monde sombrer dans la panique lorsque la matière dont ils sont composés est transformée en carburant… Utopsie, court-métrage réalisé par Anthony Smeyers, est l’un des 48 films d’une minute, 100% généré par IA, sélectionnés par le jury du festival MarsAI, sur le thème « Imaginer des futurs souhaitables ».

    L’événement, qui se tient vendredi, est organisé par l’école La Plateforme, qui propose des formations d’audiovisuel assistées par l’IA, et Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, qui présente des films courts réalisés à l’aide de smartphones. Tous se sont réunis, ce mercredi à l’ex-Docks des Suds, pour l’avant-première de la projection de certains courts-métrages. « L’objectif est de créer ensemble de l’attractivité pour faire le futur le plus souhaitable possible. Bruno, en apportant les formats courts, et nous, l’IA », explique Cyril Zimmermann, co-fondateur et président de La Plateforme.

    L’idée du projet est de rendre le cinéma accessible à tous. Réalisés à partir de plusieurs outils vidéos, gratuits comme payants, et de prompts (questions posées à l’IA), « ces formats courts permettent de se mettre à l’échelle de ce qui est possible. On souhaite faire émerger de nouvelles traditions, donner l’envie de créer », déclare Bruno Smadja. La durée de réalisation n’a rien à voir avec un film classique : 48h à 15 jours suffisent à créer un court-métrage 100% IA. « On a vu arriver l’IA comme un formidable outil de création. En discutant avec beaucoup de créateurs, on a compris qu’elle permettait d’exprimer des idées et de raconter des histoires sans besoin financier. »

    L’IA va-t-elle bouleverser l’industrie cinéma ? Bruno Smadja apporte une réponse nuancée : « Elle va plutôt s’intégrer petit à petit. Parce que l’émotion que peut transmettre un acteur ou une actrice sera difficilement battable par une IA. » Au risque toutefois de remplacer le travail humain. « ça aide à la réalisation d’un film, comme le font les effets spéciaux. C’est un outil », précise-t-il.

    « On consomme

    une énergie délirante »

    Les films d’une minute, qui défilent lors de cette avant-première, présentent pratiquement tous un même thème : celui de l’environnement. Un paradoxe lorsque l’on sait que l’IA a des conséquences néfastes sur celui-ci. « L’impact carbone est absolument terrible. Il faut penser différemment et construire des data center avec intelligence », souligne Bruno Smadja. « Je pense qu’on a besoin de définir un cadre d’utilisation, on consomme une énergie délirante. Il faut imposer des usages responsables », confirme Cyril Zimmermann.

    Mais ce cinéma, pensé comme accessible, réclame tout de même certaines connaissances. « Pour retranscrire ses idées, il faut avoir une culture audiovisuelle, comme les angles ou les postures de caméra », développe Bruno Smadja.

    Vendredi, lors du festival, cinq lauréats obtiendront une bourse de 10 000 euros, leur permettant de créer d’autres projets. « Ce n’est pas en refusant l’outil qu’on va répondre aux inquiétudes, c’est en l’utilisant bien qu’on va l’intégrer », conclut Bruno Smadja.

  • Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    En 2025, plus de 15 000 personnes se sont déplacées pour assister au Ciné Plein-Air Marseille qui fêtait ses 30 ans. Une nette augmentation par rapport à l’année précédente, à hauteur de 40%. Pour cette 31e édition, le festival investit 26 lieux différents, dont 5 nouveaux, qui accueilleront une quarantaine de projections, tout au long de l’été, du 30 juin au 25 septembre.

    « Le Ciné Plein-Air n’est pas seulement une programmation de films. C’est des souvenirs d’été : des familles, des voisins, des amis qui se retrouvent sur une place, dans un parc, une cour, à la tombée de la nuit », confie Emilia Sinsoilliez, conseillère municipale et déléguée à la culture à la mairie des 2-3. « À Marseille, nous sommes attachés à cette idée d’une culture qui rassemble, qui crée du commun, qui occupe l’espace public. Le Ciné Plein-Air incarne pleinement cette ambition. » C’est un festival qui « réussit à être, à la fois populaire et exigeant, accessible et ambitieux », souligne-t-elle. La directrice du festival, Lucie Taurines partage : « L’ADN de ce festival, c’est avant tout la découverte du cinéma, l’expérience du cinéma qui se vit à plusieurs. »

    Une programmation

    diverse et éclectique

    Cette expérience est vécue dans tous les quartiers. Parcourant films cultes, films d’auteur ou cinéma d’animation, le festival propose une programmation diverse et éclectique, une sélection qui s’est dessinée en lien avec chacun des partenaires qui les accueillent. La saison est marquée par de nombreux temps forts, parmi lesquels, un cycle de neuf films, en écho avec l’exposition Bonnes Mères au Mucem jusqu’au 31 août. À l’affiche, on retrouve entre autres, Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini, ou encore Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar. Autrement, le splendide théâtre Silvain (7e) accueillera l’avant-première de Route Algéricaine, en présence du réalisateur, Rabah Ameur-Zaïmeche, et de l’équipe du film. À la Plaine (14/08), le public pourra découvrir Hit the Road du réalisateur iranien Panah Panahi. Et cette année, le festival investit un lieu nouveau : l’Espace Mistral de l’Estaque où le public sera convié pour la projection de Partir un jour d’Amélie Bonnin (25/07). Au-delà des nouveaux lieux, une autre nouveauté. La directrice met en avant « une séance adaptée aux spectateurs et spectatrices en situation de handicap sensoriel, le 9 août sur le stade nautique avec le film L’Amour c’est surcôté ».

    Le Ciné Plein-Air, c’est aussi des incontournables comme Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, proposé en partenariat avec le festival Ciao Moka, Little Miss Sunshine ou encore l’émouvante histoire de Erin Brockovich : seule contre tous.

    Détails sur seances-speciales.fr

  • Intimes et politiques, 133 films éclairent le FID Marseille

    Intimes et politiques, 133 films éclairent le FID Marseille

    Un vieux routier et son ripper transportent une cargaison dans le Sahara algérien, jusqu’à ce qu’ils se fassent voler leur marchandise. Le point de départ de Route algéricaine, projeté le 7 juillet au Théâtre Silvain en ouverture du FID Marseille. Le dernier film en date réalisé par Rabah Ameur-Zaïmeche, invité d’honneur et huit films au compteur déjà auréolés de « succès en salles », de Wesh, wesh, qu’est-ce qui se passe à Terminal Sud, mais « pas suffisamment connu auprès du grand public », estime Tsveta Dobreva, directrice du festival international de cinéma de Marseille qui organise une rétrospective de son œuvre imbibée d’un « mélange de colère et de tendresse ».

    Le FID Marseille projettera 133 films pendant six jours, « principalement dans le centre-ville, à la Baleine, au Vidéodrome2, aux Variétés, à l’Artplexe, à l’Alcazar et au Mucem », plante-t-elle. Au menu de la Compétition internationale, dix premières mondiales parmi lesquelles « l’autoportrait » El anorak rojo du chevronné Adolfo Arrieta ou Anistia 79 d’Anita Leandro, autour de la Conférence internationale pour l’amnistie au Brésil, « grand rassemblement de la gauche exilée » en 1979 pendant la dictature militaire. Mais aussi des œuvres de jeunes talents comme Anna Marziano, aux manettes de la fable écologique au milieu des eaux de Venise, Schima di mondi.

    Du Chili aux Baumettes

    La Compétition française permettra de voir quelques films délicats et politiques comme Chicken soup, dans lequel Caroline Milcent raconte « l’absurdité de l’administration américaine à la veille de la dernière élection de Trump », résume Tsveta Dobreva, ou encore Les beaux visages de Pierre Voland, « documentaire sur l’homosexualité cachée de l’un de ses amis ayant vécu toute sa vie avec ce secret ».

    Internationalement reconnu pour défricher les pépites de demain, le FID étalera encore à travers sa Compétition premier film tout son savoir-faire. Très attendu, Az Zeeb, de Rafael Guendelman, raconte par exemple « l’histoire de sa famille marquée par l’exil et le déplacement entre Chili, Israël et Palestine ».

    Constituée d’une vingtaine de films hors compétition, la section « Autres joyaux » charriera à nouveau son lot de belles découvertes comme Fe sense obres morta és de l’immense réalisateur catalan Albert Serra, « plongée personnelle et provocante dans l’épaisseur matérielle et symbolique » de la peinture d’Antoni Tapies. Parmi les autres curiosités, Studio Baumettes d’Hassen Ferhani, cinéaste algérien établi à Marseille depuis 10 ans qui, pendant sa « résidence » dans cette prison, transforme un atelier « en studio de photographie qui libère et clarifie les rêves et corps des hommes qui se prennent au jeu ».

    Programme complet sur www.fidmarseille.org

  • Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Cette année, le festival porte le focus sur la « Solidarité des luttes ». Une membre de l’association Ciné-Palestine explique : « Chaque année, on consacre une partie de la programmation à un focus spécifique. En 2026, l’idée est de montrer que les luttes anticapitalistes, antiracistes, anti-impérialistes et antifascistes sont connectées. » C’est aussi une manière, pour le festival, d’expliquer « comment les pratiques de production ou de diffusion participent à mettre les gens en action ».

    La sélection du festival inclut Palestine vaincra, le premier documentaire français réalisé en soutien au mouvement de libération palestinien et diffusé pour la première fois depuis 50 ans en France, ce vendredi (19h), à Vidéodrome 2. à la Baleine, la soirée se poursuivra avec « une séance de courts-métrages expérimentaux. Dans ce programme, il y a trois films qui parlent directement de Gaza, dont deux de Mahmoud Alhaj, arrivé en France dans le cadre du Programme Pause. »

    Des luttes internationalistes

    En clôture, ce dimanche à l’Alhambra et en présence de la réalisatrice Amal Ramsis, le festival diffuse You come from far away, film qui traverse les frontières de l’Espagne au Liban. Un moment musical conclura cette édition marseillaise, dimanche soir au Denis bar, « pour se retrouver, se donner la force et continuer la lutte », précise l’adhérente. Ciné-Palestine est à retrouver du 5 au 14 juin, en Île-de-France.

  • « Fatherland » en lice pour la Palme d’Or

    « Fatherland » en lice pour la Palme d’Or

    Accompagné de sa fille Erika, incarnée par Sandra Hüller (Anatomie d’une chute), il découvre 16 ans plus tard un pays en ruines, en voie de dénazification et coupé en deux par la guerre froide. Le film de 82 minutes est l’un des favoris pour remporter la Palme d’Or.

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »