Tag: filière

  • L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    Dans les immenses hangars de l’usine Airbus Helicopters, les tout derniers engins H160 sont sur leurs chaînes de fabrication. Dans deux à trois ans, il y en aura un tiers en plus.

    C’est en tout cas le défi que s’est lancé Airbus, démarrant par la construction d’une nouvelle usine sur le site de Marignane. Vendredi, les ministres du transport Philippe Tabarot (LR) et Sébastien Martin (LR) sont venus sur place pour inaugurer le chantier d’un futur bâtiment de 31 000m². À l’intérieur, NextGen factory, cœur « de fabrication des rotors et transmissions, des pièces critiques nécessitant une fiabilité parfaite », détaille Laurent Mazoué, responsable du projet. « Nous allons entièrement informatiser le système de production, avec des machines de dernière génération et une logistique automatique », développe-t-il. 600 millions d’euros sont mis sur la table par le constructeur à cet effet, dont 25 millions d’aides de l’État au titre de France 2030. La création de 1 700 nouveaux emplois est à la clé pour supporter un accroissement d’activité de près de 40% selon le constructeur.

    Faire face à la croissance

    La raison de cette montée en cadence est simple. « Le marché mondial est en croissance constante », explique Bruno Even, PDG d’Airbus Helicopters lors du temps officiel. L’entreprise est « numéro un mondial, en tête du marché militaire », selon le dirigeant, revendiquant « un carnet de commandes de 544 hélicos ». Mais « notre site est vieillissant saturé et enclavé », poursuit Bruno Even, et c’est pour cela qu’Airbus « déploie une stratégie d’envergure pour améliorer sa compétitivité » avec le pacte territorial « Sud avenir hélico » regroupant État, Région, Métropole et les Villes de Vitrolles et Marignane. « Un environnement stable est la seule condition pour rester ici et être plus performant. Si on ne réussit pas la croissance sera captée par les concurrents », conclut-il.

    L’enjeu de ce pacte est de créer les conditions d’accueil nécessaires à la vie et surtout au transport des salariés, actuels comme nouveaux. « Il ne peut pas y avoir de développement industriel sans infrastructures de transport » relève à ce titre le ministre de l’Industrie Sébastien Martin. Le ministre des Transports Philippe Tabarot appuie : « Le pacte va au-delà de l’outil de production, il s’inscrit dans un projet de transformation territoriale. » « Une usine est performante quand les salariés peuvent s’y rendre facilement, dans des conditions acceptables. L’amélioration de la desserte des transports en commun, l’optimisation des liaisons intermodales et le développement du covoiturage doivent répondre aux besoins » des 12 500 salariés du site selon le ministre. « Quelle frustration quand 1 emploi sur 3 est refusé pour des questions de mobilité », conclut-il.

    En marge de la signature du pacte, Philippe Tabarot affirme que l’État va « accélérer la logistique d’infrastructures » de transport de passagers et de fret, ferroviaire comme routier, prenant l’exemple des contournements de Martigues – Port-de-Bouc et Fos-Salon.

    Académie de l’hélicoptère

    En parallèle du volet industriel et mobilité, un nouveau centre de formation baptisé « académie de l’hélicoptère » a été annoncé pour 2030 sur le site Cap Horizon, à Vitrolles. L’ambition est de former d’ici 5 700 travailleurs dans la filière d’ici 2032, « un signal fort adressé à la jeunesse » selon Philippe Tabarot. 9,5 millions d’euros y ont été consacrés avec le programme France 2030.

    « Les transports doivent répondre aux besoins »

  • Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Deux ministres qui jettent l’ancre ce jeudi à Marseille mais pour des annonces aux airs de goutte d’eau dans l’océan. Au salon Euromaritime qui se déroule au parc Chanot depuis mardi dernier, Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche et Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie étaient particulièrement attendus pour officialiser un soutien au secteur. « Ça y est, on a un budget ! Et on a inscrit la décarbonation du secteur maritime dans celui-ci via la déclinaison nationale d’un appel à projets », lance Catherine Chabaud, avec un grand sourire devant le gratin des acteurs et industriels locaux (lire notre article du 05/02). Un soutien ou une redistribution ? « Il va y avoir un fléchage de la taxe carbone pour le maritime, qu’on appelle les ETS [système d’échange de quotas d’émission carbone auquel est soumis le secteur depuis 2024, Ndlr] pour soutenir la filière industrielle dans sa décarbonation. »

    Cet appel à projets sur l’ensemble du territoire sera lancé « d’ici fin mars avec le ministère des Transports » et « opéré par l’Ademe [Agence de la transition écologique, Ndlr] ». Il porte sur « trois thématiques : le déploiement de technologies de décarbonation à bord des navires, le soutien aux chantiers navals pour les flottes et le financement d’infrastructures portuaires ». Un sujet qui pourrait paraître technique pour les marins d’eau douce mais qui va avoir une forme très terre à terre. « C’est 70 millions pour financer des projets très concrets : acquisition de navires à propulsion décarbonée, développement de la filière vélique ou décarbonation des infrastructures portuaires », résume le ministre délégué à l’Industrie. « On ne fait pas de cadeau au secteur, on soutient une dynamique. Il y a une concurrence internationale », précise la ministre. Le tout, avec le traditionnel arrivage d’aides et crédits divers et variés puisque Catherine Chabaud annonce aussi « la mobilisation de garanties de projets stratégiques jusqu’à 20 millions d’euros et le renforcement des financements mobilisables via un dispositif de certificats d’économie d’énergie ».

    « Les meilleurs gagneront »

    De quoi mettre du vent dans les voiles des acteurs du maritime ? « C’est une très bonne nouvelle pour la filière, on travaille depuis un an avec l’administration pour mettre en place ce dispositif. Union des ports français, le Gican [Groupement des Activités Navales, Ndlr] et armateurs sont ensemble sur le sujet », se réjouit Laurent Martens, délégué général d’Armateur de France, organisation professionnelle regroupant les entreprises armatrices. Avant de nuancer : « Mais c’est un peu normal : on paie une taxe pour décarboner, on doit t’aider à décarboner… Et il était prévu initialement qu’une partie des ETS reviennent au secteur. »

    La mesure est amenée à être reconduite sur les années selon la ministre de la Mer. « 70 millions, c’est pas beaucoup. On est sur 90 millions au total avec le reste et ça va augmenter avec les années », espère-t-il. Détail d’importance : qui dit appel à projets dit candidats, lauréats mais aussi projets non retenus… « Les meilleurs gagneront », conclut Laurent Martens, par ailleurs ancien de la CMA CGM, premier armateur français et employeur privé de Marseille. Reste que l’idée du gouvernement est « d’irriguer toute la filière ». Jakob Sidenius, directeur général de Seayard Terminal Fos se disait justement « demandeur d’une feuille de route » notamment sur la question de l’électricité dans les ports. « Les besoins sont énormes, il y a une nécessité d’investir dans les infrastructures », plaide-t-il, en faisant référence à la ligne Très Haute Tension en projet, qui doit arriver à Fos. Et in fine du coût de l’électricité. « Il y a des pistes de financements : les ETS et l’Europe. Si on veut que notre produit soit attractif, mais qu’on a pas les aides ni les ETS, on aura beau se regarder avec les autorités portuaires… », laisse-t-il en suspend. Et de prévenir : « L’électricité sera un élément décisionnel pour faire venir les navires. »

  • Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    « Mettre Marseille au cœur du jeu méditerranéen. » Jean-Pierre Cochet (PS), l’adjoint au maire de Marseille en charge du dynamisme économique, résume l’enjeu du salon Euromaritime qui a débuté mardi, et prend fin ce jeudi, au parc Chanot à Marseille. Un grand raout qui réunit « industries navales, armateurs, ports, logisticiens, énergéticiens, start-up ou institutionnels », de 16 pays différents.

    Et surtout des visites ministérielles prévues aujourd’hui pour la clôture. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, doivent y tenir le « comité stratégique de filière des industriels de la mer » et y faire quelques annonces de taille en lien avec la décarbonation. Lesquelles sont particulièrement attendues par les acteurs économiques. « C’est un enjeu pour le territoire, en matière de croissance économique, de souveraineté industrielle et de réorganisation des routes commerciales mondiales », rappelle Jean-Luc Chauvin, le président de la Chambre de Commerce et d’Industries. Dans son viseur, des parts de marché à conquérir pour la zone Marseille-Fos et toute l’économie qui en découle. « À côté de la route de la soie de la Chine, il y a l’Inde et le Moyen Orient qui se réorganisent avec l’Imec [Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, Ndlr.]. C’est une route d’avenir pour recréer une souveraineté, il y a plusieurs points de croissance à prendre. » De quoi faire le lien avec l’objectif dessiné par Jacques Hardelay, président d’honneur du salon et de Marseille Provence Croisières  : « Développer de nouveaux partenariats et nouer des coopérations industrielles et commerciales. »

    Plus facile à dire qu’à faire à l’heure où les voies maritimes font les frais de la géopolitique mondiale. « La convergence espérée dans un monde globalisé n’aura pas lieu, il y a un retour des impérialistes et des distorsions de concurrence », juge Timothée Moulinier, délégué à la recherche et développement au Gican (Groupement des industries de construction et activités navales), principal syndicat professionnel du secteur.

    « Préservation des modèles sociaux »

    La CGT des Marins de Marseille appréciera (lire article ci-contre). « Il y a des enjeux de préservation de nos modèles sociaux, d’emplois. Il faut réfléchir à quelles sont les industries de demain et la décarbonation en est une. C’est l’occasion de faire de nouvelles usines », plaide Timothée Moulinier, appelant à un « protectionnisme intelligent ». En résumé, les patrons du secteur maritime français, historiquement construit sur le mantra du libre-échange et largement exportateur, en appellent à la planification et au « soutien de l’État » face à la concurrence américaine et asiatique. « Développer des énergies alternatives, des navires plus sobres, des systèmes propulsifs innovants, suppose plus d’un milliard d’investissements par an », insiste Jacques Hardelay.

    D’où la venue des ministres et d’où l’attente des industriels pour des actions très concrètes sur les infrastructures de Marseille-Fos en lien avec l’Axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS). « On ne parle plus de lignes maritimes mais de corridors et on a la chance d’avoir un hinterland élargi avec l’axe MeRS. On travaille à le développer avec des questions d’intermodalité, sur le fleuve et sur le rail », résume Amal Louis, directrice du développement commercial du port Marseille-Fos. Jean-Luc Chauvin ajoute : « On a 6% de trafic fluvial par le Rhône contre 20% en Europe en moyenne dans les corridors fluviaux. Tant qu’on n’est pas connecté de façon fiable, on ne pourra pas prétendre à rendre nos infrastructures indispensables pour rejoindre l’Asie et l’Orient. »

    Mais la réindustrialisation verte de Marseille-Fos reste suspendue à des mesures concrètes, à l’instar de la ligne électrique à très haute tension de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent dans le Gard et Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Vitale pour les projets industriels décarbonés, la ligne doit être construite par RTE à qui l’État, bien qu’ayant validé le projet le 18 décembre, demande la poursuite du débat public sur le volet environnement. « On a la nécessité de disposer d’une alimentation électrique sécurisée, rénovée et quantitativement adaptée aux besoins des industriels », précise auprès de La Marseillaise, le préfet de région, Jacques Witkowski. Il rassure : « Des industriels cherchent des tours de table financiers. Les délais seront ce qu’ils seront. Nous rechercherons des voies d’acceptabilité. Notre mission est de construire un dossier solide. » Et accepté par les citoyens.

    Repères

    Un salon incontournable pour les acteurs de la mer

    Euromaritime est un salon majeur pour le secteur puisqu’il rassemble pas moins de 300 exposants et reçoit plus de 5 000 visiteurs venus du monde entier dont moults consuls et ambassadeurs. On y retrouve un stand XXL de la Norvège, un autre de l’île indonésienne Batam mais aussi des chantiers navals de Marseille, de la CMA-CGM, de l’Université de Toulon, de la Région Sud…

    Une décarbonation porteuse d’emplois

    La réindustrialisation verte du golfe de Fos et du pourtour de l’Étang de Berre comporte une trentaine de projets au coût estimé autour des 20 milliards d’investissements au total. Lesquels concernent principalement l’acier vert, l’hydrogène, la chimie et évidemment les activités portuaires à l’instar de l’éolien flottant. Les premières prévisions tablaient sur la création de 60 000 emplois mais le préfet de région, Jacques Witkowski, a évoqué 115 000 emplois récemment. De quoi renflouer les flux du port de Marseille-Fos.

    500 000

    Selon Jacques Hardelay, président de Marseille Provence Croisières, la filière maritime en France représente 500 000 emplois pour une production estimée à 120 milliards d’euros. Pour la seule industrie navale c’est 57 000 emplois directs.

    50

    La filière mer française réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’export, dont 95% pour la construction navale civile, selon les chiffres gouvernementaux. C’est 43% pour le versant Énergies Marines Renouvelables (EMR), selon Business France cette fois.

  • Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    « C’est inédit, c’est une marche citoyenne », assure Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13, qui dénonce une police « à bout de souffle ». Sous l’Ombrière, les agents ont commencé à se rassembler, ce samedi 31 janvier, à l’appel du syndicat, dans le cadre d’un mouvement national. Manque de moyens humains, de respect, commissariats insalubres « avec des cafards et dont les plafonds s’écroulent », véhicules qui ont plus de 200 000 kilomètres au compteur… « On en a marre », s’indigne le responsable syndical.

    À Marseille, « on fait la une des journaux tous les jours avec le narcotrafic et le développement de la violence », recontextualise-t-il. Et d’évoquer le manque d’effectifs dans la filière judiciaire, « 20 millions de plaintes en souffrance ». Il appelle aussi à un « choc d’autorité » tout en affirmant que « chez Alliance, on ne fait pas de politique politicienne ».

    En attendant, élus et candidats aux municipales de droite et d’extrême droite n’ont pas manqué de tenir la banderole. Du conseiller régional et candidat Franck Allisio aux députés José Gonzales et Monique Grisetti pour le RN, à Martine Vassal (DVD) présidente de la Métropole, du Département et candidate à la Ville de Marseille, sa directrice de campagne, Laure-Agnès Caradec (LR), les maires LR des 11-12 et 13-14, Sylvain Souvestre, Marion Bareille ou encore Catherine Pila, référente de sa campagne pour les 6-8. Même si cette dernière assure que sa présence n’est pas un soutien de « circonstance ». Munie d’un drapeau, on retrouve aussi Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, de la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux…

  • La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    Depuis 1803, la foire des santons provençaux investit le Vieux-Port. Samedi, la mythique foire aux santons ouvre ses portes pour l’édition 2025, avec 21 santonniers provençaux. « Les visiteurs peuvent avoir l’absolue certitude qu’ils sont fabriqués en Provence », assure Philippe Risch, secrétaire de l’association IGSP. Une association qui organise la création et la gestion pour une indication géographique de cet artisanat traditionnel. « Le but est de protéger les santons provençaux », explique Daniel Coulomb, président de l’association. Les deux hommes espèrent que l’indication géographique sera effective en décembre 2026.

    Un patrimoine culturel que la foire tient, cette année encore, à mettre en avant. Comme l’année passée, les enfants pourront découvrir ce savoir faire tous les mercredis, en faisant leur propre santon d’argile. Les week-end seront animés par des chants et danses provençales.

    Une année difficile tout de même pour la foire, qui a perdu la subvention de la Métropole. « La filière d’argile de la Métropole a été transférée à la ville d’Aubagne, explique Michel Bouvier, président de l’Union des fabricants de santons de Provence. Comme ils organisent une foire concurrente, on a perdu nos subventions », se désole-t-il. Un manque à gagner de 20 000 euros.

  • CPMM. Un combat pour la liberté de la presse

    CPMM. Un combat pour la liberté de la presse

    Le maintien du pluralisme de la presse écrite et sa diffusion auprès de tous les citoyens, (…) sur le territoire français, doivent être pleinement garantis par l’État. » En plein examen du Projet de loi de finance 2026, la CGT a réaffirmé jeudi dans un communiqué son engagement à défendre « cette mission d’intérêt général » assurée par le service public postal pour la distribution aux abonnés et le système de diffusion pour la vente au numéro via les diffuseurs de presse.

    Deux sociétés coopératives d’intérêt collectif, la CPMM à Marseille et Oyé Distribution à Lyon, créées par d’anciens salariés du Livre CGT du groupe Presstalis, sont au cœur de ce dispositif vital pour une filière qui traverse de profondes difficultés, entre baisse continue des ventes, fermeture des points de ventes, et hausse des coûts du transport et de l’énergie mettant en péril la viabilité de ces coopératives.

    « C’est une bonne chose que la population accompagne les salariés choisissent de prendre leur avenir en main, c’est le modèle que nous avons choisi », apprécie Maxime Picard, le PDG de la CPMM qui distribue sur les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. « C’est dans nos fondamentaux de conserver l’emploi et nos savoir-faire. Qui mieux qu’un salarié peut connaître son métier, son secteur et reprendre en main les outils ? Et puis pour la CPMM, c’était aussi un combat démocratique pour que la presse soit accessible partout et pour tous », insiste l’ex-délégué CGT. « De la même manière que les salariés de Duralex veulent pérenniser leur entreprise, nous avons besoin puisque l’activité de distribution de la presse est déficitaire en raison des coûts de la livraison du dernier kilomètre, des surcoûts liés au travail de nuit, d’une autre répartition des aides de l’État. Les aides à la distribution doivent revenir directement aux outils de distribution qui en supportent les surcoûts. »

    C’est en ce sens que la CGT au niveau confédéral réclame aussi que les Sociétés agréées de distribution de la presse rémunèrent ces sociétés coopératives d’intérêts collectifs « à hauteur du niveau de celui de la SAD à savoir 10% de taux de commission », afin de garantir aux éditeurs un accès équitable à ces deux réseaux, à des tarifs solidaires.

  • Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    « Les industriels ont mis l’aspect concurrence de côté pour privilégier la croissance à travers la décarbonation », résume Isabelle Campagnola-Savon, conseillère régionale déléguée à l’économie, lors du 3e forum Syrius.

    Syrius, pour synergies régénératives industrielles du Sud. C’est bien ce que cherche à faire ce programme, lauréat de l’appel à projets « Zone industrielle bas carbone » (ZIBaC) opéré par l’Ademe (Agence pour la transition écologique) dans le cadre de France 2030 : amener la cinquantaine d’acteurs industriels qui y prennent part, répartis entre Fos-sur-Mer, Berre-l’Étang, Gardanne et Manosque, à se fédérer autour de la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, avec un objectif de -80% d’ici 2050. Pour Nicolas Mat, coordinateur de la démarche lancée en 2023, ce projet illustre la capacité du monde économique à « coopérer, partager et construire une trajectoire collective (…) en mutualisant les ressources et les infrastructures ».

    Un outil stratégique

    Après une première phase de deux ans lors de laquelle 28 études ont été financées à parts égales par l’État et les industriels pour un budget global de 8 millions d’euros, Syrius entre désormais dans une étape plus concrète qui débutera en 2026 et qui visera à approfondir les pistes soulevées. « Les premières conclusions montrent qu’il faut pouvoir disposer de plusieurs leviers pour décarboner, qu’on a le devoir de les actionner tous simultanément et qu’une approche non pas par filière mais territoriale et intersectorielle peut être un game changer pour accélérer et atteindre encore plus vite nos objectifs », énumère Nicolas Mat. Les principaux vecteurs mis en avant sont le déploiement d’un hub hydrogène bas carbone régional (le coût estimé peut aller jusqu’à 5 milliards d’euros) et la structuration d’un hub de CO2 (entre 2 et 6 milliards d’euros).

    Ces enseignements ne sont pas que de la théorie. « Le programme Syrius permet de faire un état des lieux, de savoir quelles filières structurer demain pour réussir la décarbonation », affirme Isabelle Campagnola-Savon. Rémi Costantino, directeur général adjoint du Grand port maritime de Marseille-Fos, abonde : « Dans le milliard d’euros prévu dans notre plan stratégique pour les cinq prochaines années, on flèche un certain nombre d’investissements en fonction des résultats de ces études pour être la bonne plateforme, le bon substrat dans lequel les industriels vont s’implanter. »

    Le dossier de candidature pour la deuxième phase de l’appel à projets a été déposé en juillet 2025 « avec un lot d’une trentaine d’études pour un peu plus de 30 millions d’euros de budget », détaille Nicolas Mat. « Les services de l’État sont en train d’instruire le dossier (…) et devraient pouvoir nous indiquer dans les prochaines semaines les études qui ont été sélectionnées pour un co-financement public. » Simon Deltombe, coordinateur national ZIBaC à l’Ademe, rassure : « Indépendamment de toutes les discussions budgétaires du gouvernement, le budget de l’appel à projet est sécurisé, l’enveloppe dédiée est là et ne sera pas remise en cause. »

  • Une filière excellence toulonnaise pour les mineurs non accompagnés

    Une filière excellence toulonnaise pour les mineurs non accompagnés

    Délaissés, stigmatisés, victimes de violences symboliques : le parcours d’intégration des mineurs non accompagnés (MNA, mineurs réfugiés présents sur le territoire sans autorité parentale) est bien souvent semé d’embûches, notamment en ce qui concerne l’accès à l’éducation des non-francophones. C’est pourquoi l’Éducation nationale a mis en place, dans les années 1970, les Classes d’initiation pour non francophones (Clin), puis les classes d’accueil, regroupées en classes d’unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A), en 2012.

    Dans le Var, ce dispositif a été renforcé en 1996 au niveau 3e, avec des classes « passerelles », soutenues par l’Éducation nationale, l’ASE et les associations, intégrées au sein des lycées Cisson et Claret, pour offrir un cadre adapté à leur maturité aux bénéficiaires, âgés de 16 à 18 ans. Il prévoit des cours renforcés de français (18 heures par semaine) et donne accès à des diplômes (brevet des collèges, certifications de langue…), en vue d’une insertion dans une filière classique.

    Un concours et une expo pour valoriser les talents

    Cette année, un nouveau dispositif voit le jour : le Projet mérite nouveauté ambition « Parcours d’excellence pour les MNA ». Porté par deux associations (Femme dans la cité et En chemin), il permet, à travers des évaluations individuelles, des programmes de formation adaptés à leurs intérêts, du conseil à l’image et des partenariats avec des structures culturelles, sportives et éducatives, ou de bénéficier d’opportunités pour développer compétences et confiance en soi. Le projet prévoit également la valorisation de leurs réalisations, via une exposition, et l’organisation d’un concours annuel, permettant de récompenser et de favoriser l’insertion des meilleurs talents.

    Celle-ci est accessible à tous les élèves MNA du département, qui auront droit, pendant 3 heures chaque mercredi après-midi, au sein du lycée Bonaparte, à des séances d’aide pour approfondir leurs projets professionnels. « Cette idée a été inspirée par un jeune, qui a un projet dans le milieu de la couture. Il y a l’école, mais aussi d’autres talents à développer », conclut Jean-Marie Beitz, enseignant UPE2A au lycée Cisson et référent de l’association En chemin, et Samira Harmel, enseignante UPE2A au lycée Claret et référente Femmes dans la cité.

  • TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    La bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) franchit une nouvelle étape avec le démarrage de sa production de carburants aériens durables (SAF) à partir d’huiles de cuisson usagées et de graisses animales. Une première en Provence.

    D’une capacité de 15 000 tonnes par an, cette production est destinée à l’aéroport Marseille-Provence. Elle permettra notamment d’alimenter les vols d’Air France, dans le cadre d’un contrat de fourniture signé en 2024. « Le carburant aérien durable de TotalEnergies n’impose aucune modification ni sur les avions ni sur les infrastructures logistiques ou les opérations d’avitaillement », précise le communiqué de l’entreprise. Les SAF permettent une réduction de 75% à 90% des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie du carburant.

    « Nous nous réjouissons de produire localement des carburants aériens durables, qui contribuent avec l’aéroport Marseille-Provence à la construction d’une filière de production et de distribution de SAF porteuse de croissance et de développement pour la région », y explique Guillaume Eveno, directeur de la plateforme de La Mède.

    Le chantier de transformation du site a mobilisé plus de 1 200 emplois équivalents temps plein, avec 65% des marchés confiés à des entreprises locales. Une convention de développement économique et social dotée de 5 millions d’euros a permis de soutenir 14 projets industriels dans le bassin de Fos-Berre, contribuant à la création de plus de 400 emplois.

    Avec cette nouvelle étape, TotalEnergies renforce son ancrage en Provence, où il est déjà actif dans les énergies renouvelables, la mobilité électrique, le GNL maritime et le soutien aux PME locales.

    Ch.C.
  • Le coup de pied dans la fourmilière d’Henri Cabanel

    Le coup de pied dans la fourmilière d’Henri Cabanel

    Viticulteur de profession, Henri Cabanel a une certaine légitimité sur le sujet. Quant à la tentation de brosser les électeurs dans le sens du poil, le sénateur héraultais (groupe RDSE) a déjà prévenu qu’il ne se représentera pas.

    Pas adepte de « la langue de bois », c’est un rapport vérité co-rédigé avec deux confrères rapporteurs du Sénat qu’il s’apprête à rendre fin octobre sur l’avenir d’une viticulture en mode survie. Son rapport, qui se veut « constructif et ambitieux » mais sans concession sur l’avenir d’une filière éclatée qu’il n’a pas l’intention de ménager, devrait faire du bruit. Au cours des nombreuses auditions et visites de terrain menées depuis des mois, « j’ai pris des gifles mais j’en ai donné aussi », dit-il de manière imagée. « J’ai mon franc-parler et je suis de la famille. On ne peut pas m’esbroufer. »

    Responsables syndicaux et institutionnels, vignerons indépendants, caves coopératives, élus… Tous ses échanges l’ont amené à un constat implacable : « La situation viticole est très hétérogène en France et même ici, en Occitanie. » Malgré le contexte de crise, certains privés et même des coopératives réussissent quand d’autres coulent. Henri Cabanel en est convaincu. Si les trois problématiques récurrentes (le revenu décent, l’eau et les normes) existent bel et bien (« on fera des propositions dessus »), le sujet central est interne.

    Des vins moins alcoolisés

    « La filière viticole française est divisée. Elle n’a pas de cap ni de stratégie ! Elle n’a même pas défini les enjeux. » Plutôt que « chacun discute son bout de gras sur des postures politiciennes », le sénateur incite interprofession, producteurs, négoce et grande distribution à « prendre leurs responsabilités et tirer dans le même sens ». À l’image de la distillation ou de l’arrachage, trop d’argent public aurait été gaspillé sans aucun résultat. « Il faut des compensations, s’engager à faire quelque chose en contrepartie des aides, sinon rien ne changera », prévient H. Cabanel pour qui « une cave qui va mal, qui fusionne avec une autre en difficulté, ça donne une cave qui va mal ». Il conseille de « s’accorder sur une adaptation au changement climatique et chasser en meute sur le plan commercial, en mutualisant nos efforts à l’export comme les Italiens ou les Espagnols qui vendent plus que nous à l’étranger ! ». Pour cela, l’élu préconise de mieux coller aux nouveaux goûts des consommateurs. « La réglementation a changé et permet des vins partiellement alcoolisés entre 0,5 et 8,5 degrés », illustre-t-il. Une révolution en somme.