Tag: Fête de l’humanité

  • L’avenir de la presse progressiste en débat dans les Alpes-Maritimes.

    L’avenir de la presse progressiste en débat dans les Alpes-Maritimes.

    À l’occasion de la Fête de l’Humanité et des Libertés du Cannet dans les Alpes-Maritimes, un débat animé par Anne Manauthon, membre du conseil national du PCF, a réuni Bernard Lucchetti, directeur du Patriote Côte d’Azur, Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise et Emilien Urbach, journaliste à l’Humanité. Ce dernier a témoigné de son expérience de couverture de la flotille pour Gaza et dénoncé l’interdiction d’accès à l’enclave palestinienne faite aux journalistes. Bernard Lucchetti a alerté sur les difficultés à faire vivre un hebdomadaire progressiste dans les Alpes-Maritimes mais de la détermination qui anime son équipe. Quant à lui, Léo Purguette a cité Pierre Brandon, fondateur du Patriote et de La Marseillaise, décrit les progrès et la fragilité de notre journal et appelé les titres indépendants du pouvoir de l’argent à s’épauler les uns et les autres pour relever les défis du développement et de la pérennité.

  • Fabien Roussel : « Le bloqueur en chef, c’est le président de la République, place au peuple ! »

    Fabien Roussel : « Le bloqueur en chef, c’est le président de la République, place au peuple ! »

    Samedi à la mi-journée, le stand national des communistes de la Fête de l’Humanité accueillait un meeting de Fabien Roussel. L’occasion pour lui de célébrer les 90 ans d’un événement à nul autre pareil. « Les communistes peuvent être fiers de tous les combats portés ici. Merci aux milliers de militants communistes sans qui cette fête n’existerait pas, c’est vous qui en êtes les bâtisseurs », lance-t-il à une foule enthousiaste.

    À propos de la situation politique, il considère que « la chute du gouvernement Bayrou ne règle rien. Le fusible a sauté mais le tableau électrique est toujours en place ». Pour lui Bayrou ou Lecornu, c’est « Chou vert et vert chou ».

    « Je voudrais dénoncer les provocations policières sur instruction de M. Retailleau », indique-t-il à propos du 10 septembre tout en considérant que c’est un premier succès. « Le bloqueur en chef , c’est le président de la République. Place au peuple ! Le seul message que nous avons à faire passer : faire appel à l’intervention des salariés et de la jeunesse pour être très très nombreux le jeudi 18 septembre », martèle-t-il.

    « Rendez l’argent ! »

    « Cette colère immense qui monte porte en elle quelques germes d’espoir qu’il faut entretenir. Tous ces gouvernements nous ont fait les poches pour remplir celles des riches, c’est un fait et cette prise de conscience de classe progresse », affirme Fabien Roussel. En la matière, le communiste prévient : « nous serons intransigeants, irréductibles même : les sacrifices c’est terminé, qu’ils prennent aux riches ! » Il rappelle qu’en 2017, à la prise de fonction d’Emmanuel Macron, « les 60 plus grandes fortunes cumulent 600 milliards aujourd’hui c’est 1200 milliards d’euros, le double en 8 ans ! C’est un braquage des finances publiques, de nos poches vers leur poches. Cet argent c’est celui de notre travail, de nos impôts. Rendez l’argent ! »

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux, insiste : « Que les choses soient claires : il y besoin de ruptures claires et franches, sans quoi les mêmes causes produiront les mêmes effets et s’il le faut nous appuierons sur le bouton de la censure. Si le président de la République menace d’une dissolution, et bien dont acte, nous n’avons pas peur d’en revenir au peuple. Avant cela nous communistes, nous voulons l’intervention du monde du travail pour que les travailleurs et la jeunesse prennent la main. Notre priorité c’est de mettre la pression la plus forte, la plus totale ».

    Dans cette période d’instabilité, le PCF porte quatre exigences : « 1, toutes les mesures toxiques et scandaleuses du budget Bayrou, dehors ! Niet, on n’en veut pas. 2, une augmentation générale des salaires. 3, abrogation de la réforme des retraites. 4, de la justice fiscale, que les gros payent gros et que les petits payent petit », énumère Fabien Roussel.

    Déterminé à incarner le « parti-pris du travail et de la paix », il propose « de mettre 500 milliards d’euros sur la table en 5 ans. Ca peut vous paraître fou quand on dit partout qu’il faut faire des économies mais c’est le choix que la France doit faire : investir massivement. Nous devons retrouver la France des bâtisseurs. Une France unie, heureuse de se retrousser les manches pour réparer le présent et construire l’avenir, sans exploitation, sans gaver les actionnaires. Quand ils vous parlent de la dette, parlez-leur de vos enfants, nous avons besoin d’investir ».

    Fabien Roussel souligne l’importance d’agir sur le pouvoir d’achat avec une échelle mobile des salaires, un Smic à 2000 euros bruts, une augmentation des pensions et 10% de plus sur le point d’indice des fonctionnaires.

    Concernant la situation internationale, le secrétaire nationale du PCF affirme : « Le droit international, ils sont nombreux à vouloir le faire respecter en Ukraine, nous nous voulons le faire respecter partout et donc aussi pour les peuples cubain, sahraoui, kurde et, bien sûr, nous sommes au côté du peuple palestinien qui subit un génocide. Comment supporter l’inaction de tous ces gouvernements dont celui de la France quand 18 000 enfants sont morts sous les bombes ou sous les balles de l’armée israélienne ? Ce gouvernement d’extrême droite comme les dirigeants du Hamas devront rendre des comptes devant la justice internationale, à l’Humanité toute entière », estime-t-il. « La France doit agir vite. Il faut briser le blocus à Gaza et apporter l’aide humanitaire en urgence. Je demande solennellement au président de la République de mettre en place une flottille de solidarité officielle, encadrée par les marines nationales des pays volontaires », avance le communiste.

    Alors que la délégation de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) venue assister à son meeting est acclamée par la foule, Fabien Roussel, lance : « Comme Mandela en son temps, nous plaçons dans Marwan Barghouti qui doit être libéré et l’OLP tous nos espoirs pour une Palestine libre, démocratique et laïque, au côté du peuple israélien ».

    Très sévère à l’égard du RN dont les représentants « rendent l’étranger responsable de tous les maux de la terre », Fabien Roussel considère que « Nous avons besoin que la gauche soit au rendez-vous pour retrouver le chemin du peuple. C’est la condition pour construire les victoires de 2026 et 2027. Le rassemblement, nous n’avons que ce mot à la bouche », avance-t-il devant les responsables de toutes les formations de gauche venus l’entendre à l’exception de la France insoumise pourtant présente avec un stand sur la Fête de l’Humanité. Une volonté de rassemblement qui ne l’empêche pas de militer pour un regain d’influence du PCF, bien au contraire. « Nous avons besoin, pour que la gauche gagne, d’un Parti communiste plus fort dans les quartiers, les entreprises et les villages. Je suis fier d’être le secrétaire national du plus beau parti de France à l’initiative des plus belles conquêtes de notre pays. Franchissez le pas, rejoignez la famille, le Parti communiste français ! », conclut-il.

  • [Fête de l’Huma] Un duel Roussel/Leclerc sur la vie chère

    [Fête de l’Huma] Un duel Roussel/Leclerc sur la vie chère

    Avant le meeting qu’il tiendra ce samedi à 11h30 à la Fête de l’Humanité sur le stand national des communistes, Fabien Roussel recevait un invité inhabituel, vendredi soir : Michel-Édouard Leclerc, un grand nom de la grande distribution française. Au menu : une confrontation sur la vie chère. « Il y a 12 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France, c’est une honte pour mon pays », attaque le dirigeant communiste, révolté par la situation du pays : « voilà 8 ans qu’on est face à un mur. Le mur d’un château avec quelqu’un, tout en haut du donjon, qui n’écoute rien et qui a même théorisé le ruissellement… moi, je propose le roussellement, on commence par en bas et après on voit », poursuit-il.

    Augmenter les salaires

    Michel-Édouard Leclerc ne nie pas l’importance de redresser le pouvoir d’achat du plus grand nombre. « J’y ai intérêt, il y aura plus de gens dans les magasins », glisse-t-il, tout en proposant d’« éviter la trappe à bas salaires en réduisant l’écart entre le brut et le net ».

    « Si on supprime les cotisations sociales, qui paye ? Qui finance la retraite, la maladie, la politique familiale ? », interroge Fabien Roussel. Le dirigeant d’entreprise propose de taxer le travail non-humain pour faire contribuer d’autres revenus. Son contradicteur n’est guère convaincu : si cela passe par une TVA « sociale », c’est le consommateur qui paiera. « Mais s’il s’agit de faire contribuer d’autres revenus, oui, faisons contribuer les revenus financiers issus de la spéculation, les dividendes, les intérêts bancaires, c’est plus de 500 milliards par an. Ils ne cotisent pas ! Si on le fait, cash, la retraite à 60 ans est financée ! », affirme le communiste.

    L’un comme l’autre considèrent que Donald Trump est dangereux, mais ils divergent sur la manière de s’opposer à ses décisions douanières. « On est le premier distributeur français, on a 16 millions de clients. On n’a jamais été sollicités par les instances européennes ou françaises pour savoir si on peut peser à travers nos achats », s’étonne Michel-Édouard Leclerc, en suggérant que les consommateurs peuvent aussi faire pression sur les entreprises américaines présentes en France. « J’en veux énormément à la présidente de la commission européenne qui est allée se mettre à genoux, embrasser la bague du président américain pour des droits de douane à 15%. La France doit refuser cela. S’il le faut, allons jusqu’au référendum. Refusons cet impérialisme économique ».

    Fabien Roussel souhaite rediscuter de tous les accords de libre-échange, notamment pour introduire des clauses miroir, imposant aux deux parties les mêmes normes sociales et environnementales. « Les agriculteurs, qui nous disent qu’ils ne veulent pas d’importations, veulent aussi exporter leurs produits », objecte Michel-Édouard Leclerc. « La coopération entre nations n’a rien à voir avec ce qu’il se passe », répond Fabien Roussel, prenant exemple sur la loi Duplomb. « La vérité, c’est que depuis 5 ans, l’acétamipride est interdite chez nous, cette loi voulait la réintroduire au lieu de bannir les noisettes et betteraves produites avec cette cochonnerie dans d’autres pays », argumente-t-il.

    Le débat touche déjà à sa fin. Juste le temps pour le communiste de rendre hommage au modèle coopératif et de demander que Leclerc « distribue et mette en tête de gondole le thé 1336 », dont des représentants assistaient au débat. L.P.

  • [Fête de l’Huma] « Tous cheminots » ouvrent le débat sur l’avenir du rail

    [Fête de l’Huma] « Tous cheminots » ouvrent le débat sur l’avenir du rail

    Ce n’est pas seulement un livre, c’est une démarche. « Tous cheminots » est un recueil de témoignage de travailleurs du rail, de toutes conditions et de toutes convictions, pour brosser un portrait de la profession dans un contexte de mise en concurrence décidée en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une initiative du Comité des activités sociales interentreprises Paca. Pour son secrétaire, Sébastien Gronnier, « l’idée de ce livre était de servir le débat public, de donner la parole aux cheminots, qui vivent la concurrence. On l’a imaginé comme un recueil de témoignages, y compris celui DRH, pour avoir un panorama de l’état d’esprit des cheminots dans la période ».

    Une démarche saluée par François Tejedor, secrétaire de la CGT cheminots Paca : « la mise en place de la concurrence résulte d’une volonté politique qui découle des paquets ferroviaires européens, mais aussi de la décentralisation, qui permet aux Régions d’aller dans ce sens. Ce livre, il vient nourrir la réflexion et l’action », indique-t-il en rappelant les luttes menées pour préserver le service public et les droits des cheminots, « en Paca, on a réussi à sauvegarder l’essentiel d’entre eux ».

    Un documentaire à venir

    Pour Natacha Malet, cheminote et dirigeante nationale du PCF, il est possible de faire autrement. « On a une Région voisine, l’Occitanie, dont le vice-président chargé des Transports est communiste et qui a décidé de ne pas livrer le rail à la concurrence tout en développant l’offre ». Elle accuse la Région Sud d’avoir mis des financements sans précédent pour accompagner la mise en place de la concurrence plutôt que pour le service public. « La SNCF a été privée de 144 millions d’euros en raison d’un prétendu non-respect de ses obligations, alors que la Région a acheté au privé de nouvelles rames, financé un nouveau centre de maintenance… Nous, nous voulons une politique de service public qui réponde aux besoins des usagers, pas à ceux du capital ».

    Dans le public, plusieurs participants soulignent l’importance des activités sociales, culturelles et sportives menées par le Casi cheminots Paca, fragilisée par cette mise en concurrence qui accélère l’éclatement des salariés du ferroviaire.

    Fier de la conception des activités sociales « et non pas des œuvres sociales, ça c’est pour le patronat » portée par la CGT, Sébastien Gronnier rappelle les efforts déployés pour permettre l’accès du plus grand nombre au théâtre, à la lecture, à la culture. Il annonce d’ailleurs un documentaire prolongeant le livre « Tous cheminots ».

    François Tejedor insiste : « les activités sociales ne sont pas des privilèges, mais des droits gagnés par le rapport de force ». Une logique citée en exemple par Natacha Malet, car son financement a été gagné sur l’entreprise : « nous souhaitons qu’elle puisse s’étendre à toutes et tous ».