Tag: ferroviaire

  • Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Lors de ses vœux, ce jeudi 22 janvier, Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille, a tenu à rappeler que son activité relevait avant tout du « fruit du travail des travailleuses et travailleurs du port ».

    S’il convient que « le port dispose d’un modèle économique robuste », il s’interroge sur l’avenir de cet outil de développement crucial du territoire, notamment « sur la finalité de certains projets sur les segments à la fois liés à la décarbonation et soumis à une concurrence exacerbée ». Pour le responsable syndical, « les prochaines élections municipales sont un laboratoire politique ». Et de souligner que « depuis plusieurs semaines, nous voyons fleurir des discours d’équilibrisme électoral, le fameux “en même temps” ». 

    Décarbonation sans ligne THT ?

    À savoir : « Un emploi industriel mais en même temps sans industrie, pour la souveraineté énergétique mais avec une baisse de la production, pour la décarbonation mais contre la ligne à très haute tension, pour la transition écologique mais contre le transport ferroviaire, pour la qualité de l’air mais contre le branchement des navires à quai. » Et au final, des positionnements « toujours contre les industries des activités portuaires, qu’il s’agisse des passagers, de la réparation navale ou du transport des marchandises », résume-t-il. Autant d’éléments qui poussent le syndicat à la plus grande prudence.

  • Et dans la nuit, la passerelle de la gare SNCF prend forme à Miramas

    Et dans la nuit, la passerelle de la gare SNCF prend forme à Miramas

    Aucun train ne circulait à Miramas, de samedi à dimanche. Dans la soirée, quelques badauds s’arrêtaient néanmoins à proximité de la gare pour observer le chantier qui s’y déroulait. Deux grues s’y relayaient pour faire passer une partie des piles de la future passerelle, qui permettra de relier les quartiers nord du centre-ville aux quartiers sud dès le mois de juillet prochain. Dans le même temps, au sol, les quais étaient rehaussés d’une dizaine de centimètres pour permettre une meilleure accessibilité des personnes à mobilité réduite aux trains.

    Ce chantier, d’un coût global de 26,83 millions d’euros financé par la Métropole (7,62), la Région (11,3), l’État (5,65) et la SNCF Gare et Connexions (2,26), présente quelques difficultés. Cécile Fredin, directrice de projet, explique : « On réalise les opérations exclusivement de nuit, et on doit rendre les quais opérationnels tous les matins. Les plages de travail sont donc réduites, entre 3 et 4 heures. » Son collègue Jérôme Bini, directeur régional des gares Sud, ajoute : « L’idée, c’est d’impacter le trafic le moins possible. » Chaque opération coup de poing, c’est donc une « course contre la montre » qui s’opère pour les travailleurs. La prochaine aura lieu les 15 et 16 mars, avant une dernière nuit de travaux du 22 au 23 mars.

    Tous les jours, près de 110 trains transitent par la gare de Miramas. Chaque année, 800 000 voyageurs passent par la commune construite autour de son réseau ferroviaire. « L’objectif, c’est de passer à 1,5 million d’ici 2030 », révèle Jérôme Bini. Cette nouvelle infrastructure, la végétalisation et le nouveau mobilier qui viendront avec, apportera « un meilleur confort » aux usagers.

  • Occitanie : vers la réouverture de la ligne du Teil

    Occitanie : vers la réouverture de la ligne du Teil

    Dans le Gard, le 29 août 2022 fut un grand jour pour le ferroviaire. Après un demi-siècle d’inactivité, la ligne de la rive droite du Rhône circulait à nouveau entre Nîmes et Pont-Saint-Esprit grâce au volontarisme de la Région Occitanie.

    Dans la lignée des états généraux du rail, la présidente Carole Delga (PS) et son vice-président Jean-Luc Gibelin (PCF) ne comptent pas s’arrêter là. En 2026, la Région va injecter respectivement 6,08 et 5,22 millions d’euros pour rénover les gares de Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure en sommeil depuis des années (1973 pour Villeneuve). Objectif : faire en sorte que des trains s’y arrêtent à nouveau.

    Dans le cadre de la réouverture de la ligne Nîmes-Le Teil (Ardèche), la remise en service de la gare de Villeneuve (déjà traversée par la ligne de la rive droite du Rhône) était prévue dès 2026. Mais une étude environnementale (protection de papillons et de fleurs) annoncée par l’État en décembre repousse le calendrier. De 2 ans pour les gares (2028) et de 4 ans pour l’ensemble de la ligne du Teil (2030).

  • Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Il a consulté sa famille avant de l’annoncer officiellement. Le maire de Miramas Frédéric Vigouroux (DVG) se lance dans la campagne des élections municipales pour briguer un quatrième mandat. « On ne se rend pas compte de l’investissement que ça représente d’être élu, il faut que je sois tourné vers la ville à 200%, donc il fallait que ce soit un choix collectif avec mes proches », explique-t-il.

    Ce « sacerdoce républicain », l’édile souhaite de nouveau l’endosser pour « protéger les habitants ». « Miramas n’est pas une ville riche, c’est une ville populaire. Elle est plus touchée par les effets du monde, les différentes crises – financières, sanitaires, énergétiques et autres -, donc il faut que sa population soit plus protégée au quotidien par la mairie. » Après avoir réalisé 90% du programme de 2020, malgré deux années compliquées dues au Covid-19, Frédéric Vigouroux a l’ambition « de continuer à transformer cette ville », la « préparer au développement économique, aux effets du changement climatique, préserver son environnement en assurant de l’habitat ».

    Des réunions thématiques

    Certains projets sont déjà dans les tuyaux : le nouveau pôle ferroviaire, la construction d’un hôtel des polices avenue Chalve, la mise en place d’une unité de production culinaire en collaboration avec la Ville de Saint-Chamas pour nourrir les enfants des écoles des deux communes avec des aliments bio et locaux, l’installation d’agriculteurs à Saint-Désiré, mais aussi de commerces à proximité d’Intermarché, de professionnels de santé à la maison pluridisciplinaire du nord de la Ville comme à la Boule Noire, ou encore la réouverture de l’ancien centre mutualiste de santé.

    Certains projets d’aménagement sont à définir avec les habitants. « J’habite la ville, mais je n’habite pas partout. Il faut utiliser les instances participatives pour imaginer la commune de demain », affirme Frédéric Vigouroux. Notamment sur la question du logement : « De nombreux jeunes Miramasséens veulent revenir ici bâtir leur famille, preuve que la ville est attractive. Ces gens nous demandent de construire. Donc on a un gros travail à faire sur le thème : comment la ville se réinvente sur elle-même, sans sur bétonner et en préservant la nature, l’environnement et l’agriculture. C’est ça qu’on va écrire avec les habitants dans le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal de 2028. »

    Des réunions thématiques seront organisées dans les semaines à venir pour co-construire le programme. La première aura lieu le 22 janvier. Le projet électoral définitif devrait être annoncé le 19 février. La liste, sans étiquette, est ouverte à tous les partis « sauf un ». Entendre : le RN. « Il y aura des visages connus, avec un rajeunissement mais une ossature importante de personnes expérimentées », affirme le maire candidat. Rendez-vous « dans quelques semaines », pour connaître les noms.

  • La LGV Montpellier-Perpignan enfin sur de bons rails en 2026 ?

    La LGV Montpellier-Perpignan enfin sur de bons rails en 2026 ?

    Seul chaînon manquant de la grande vitesse entre Séville et Amsterdam, la Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) pourrait (enfin) faire un pas de géant cette année.

    Réunis le 9 décembre dernier en comité de pilotage, les porteurs du plus grand projet ferroviaire d’Occitanie dont le coût continue d’interroger (a minima 6 milliards d’euros) ont réaffirmé leur volonté de voir les travaux du tronçon Montpellier-Béziers de la Ligne à grande vitesse (LGV) débuter en 2029.

    En signant une nouvelle convention de 68,6 millions d’euros qui rappelle que rien que les études sont onéreuses, la SNCF, l’État, la Région, la Métropole de Montpellier et les autres partenaires actent la perspective de l’ouverture d’un appel d’offre du marché de conception réalisation en septembre 2026.

    Point noir pour les opposants du Bassin de Thau, le comité dédié au futur viaduc de Poussan présidé par le président d’Agglo, Loïc Linarès (PS), a vu son cadre posé suite aux propositions émergentes de l’atelier citoyen.

    Tandis que l’autorisation environnementale est attendue pour mai 2026, l’enquête publique suit son cours. Les diagnostics archéologiques et les sondages géotechniques complémentaires pourront ensuite être engagés. Une étude d’attractivité et de desserte visant à « favoriser l’accroche à la grande vitesse » des territoires des agglos de Sète et d’Agde a également été validée.

    La phase 2 au printemps

    Si la phase 1 semble sur les rails, il reste pas mal de questions à trancher sur la phase 2 (Béziers-Perpignan). A l’instar du premier tronçon Montpellier-Béziers, la seconde partie de la ligne sera-t-elle mixte (fret/voyageurs) ? Va-t-on construire une ou deux gares TGV à Béziers et/ou Narbonne ? La concertation préalable sur la phase 2 dont les modalités seront arrêtées début 2026, est programmée au printemps 2026.

  • [Rétro 2025] Occitanie : un appel pour sauver les petites lignes

    [Rétro 2025] Occitanie : un appel pour sauver les petites lignes

    Permettre aux métropoles d’être mieux connectées grâce au TGV. Sauver le fret ferroviaire en cours de privatisation pour limiter les camions sur les routes. Et préserver les petites lignes d’équilibre du territoire. Voilà le triple objectif de l’appel national pour l’avenir du ferroviaire lancé en juin par Carole Delga.

    Si le signal de la présidente de Région a trouvé peu d’écho à Paris, il a eu le mérite de rappeler à l’État l’urgence à agir tandis que 4 000 km de rail, dont un millier en Occitanie qui ont besoin de travaux d’entretien, sont menacés. La Région, elle, fait sa part et plus encore. Près de 3 ans après la réouverture de la ligne de la rive droite du Rhône Nîmes-Pont Saint-Esprit, c’est la ligne Montréjeau-Luchon (35 minutes au lieu de 55 en bus) qui fonctionne à nouveau depuis le 22 juin, dix ans après sa fermeture. Il aura fallu que la Région finance les 67 millions d’euros de rénovation de l’infrastructure de 36 km.

    Mais le volontarisme de la Région ne peut suffire. L’État doit cesser de faire l’autruche et assumer d’entretenir les lignes. Par exemple Béziers-Neussargues, ligne stratégique (à l’instar de Béziers-Clermont) mais vétuste qui nécessite d’importants travaux d’ici 2032, notamment sur le viaduc de Garabit.

    Dans le Gard, les travaux s’éternisent pour une ouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône. Quant à Alès-Bessèges, fermée en 2012 en raison de la détérioration du matériel et des gares, la réouverture a été décalée une seconde fois à 2030 à cause de la « législation contraignante ».

  • Un débat sur l’avenir du dépôt SNCF de Béziers

    Un débat sur l’avenir du dépôt SNCF de Béziers

    C’est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Le dépôt SNCF de Béziers, bataille vieille de plus de 30 ans portée par les cheminots, sera au centre d’un débat, le 16 décembre à 18h30, au 2 rue Voltaire. Initié par les communistes biterrois, il fera intervenir Éric Bringuier, secrétaire régional CGT des cheminots (lire entretien page 8), Nicolas Midague, secrétaire CGT des cheminots de Béziers ainsi que Jean-Marc Biau, secrétaire PCF de Béziers et élu au conseil régional d’Occitanie.

    Car l’avenir de ce site historique est en jeu. Délaissé par une direction SNCF aux abonnés absents, le dépôt pourrait fermer définitivement d’ici trois ans. Pourtant, des solutions existent pour lui assurer un avenir pérenne, selon les cheminots cégétistes. En effet, le projet d’un Centre de maintenance de matériel (CMR) est porté par la Région afin de soulager les deux existants, saturés. Un temps annoncé à Narbonne, il semblerait que les élus audois hésitent à donner le feu vert au projet. « Il faut trouver rapidement un site car les nouveaux engins deux niveaux vont arriver en 2026 et 2027 et il n’y a aucun atelier pour les entretenir ! Dans ce cadre, au vu de la concomitance de l’abandon de Narbonne et la fermeture du dépôt de Béziers, personne ne comprend pourquoi Béziers n’est pas étudiée par la SNCF », soupire Jean-Marc Biau.

    Le choix de la cité de Riquet ne semble pas plus intéresser le maire que la direction de la SNCF. Pourtant, le foncier est disponible et le savoir-faire garanti. « Le triage du Capiscol [situé à côté du dépôt, Ndlr] dispose de foncier libre, il est facile d’accès dans le mode ferroviaire comme dans le mode routier, il peut être traversant avec des entrées-sorties des engins sans manœuvre et il y a sur Béziers des conducteurs de trains, des aiguilleurs et toutes les compétences pour faire circuler des trains et les entretenir », soutient l’élu communiste. Mais la forte présence de syndicats semble refroidir la SNCF. « Et Robert Ménard, ses excès, ses idées d’extrême droite sont un véritable repoussoir pour porter des projets de développement de l’emploi industriel », précise Jean-Marc Biau.

    Or, les bénéfices pour l’emploi comme pour les usagers sont foison. Tout comme les possibilités de développement d’un service public ferroviaire. « On pourrait se servir de la ligne Béziers-Neussargues pour desservir le périurbain avec la création d’arrêts supplémentaires, faire circuler plus de trains, etc. » Assez d’arguments pour faire entendre raison à la direction ?

  • La Ville de Martigues veut des garanties sur le contournement autoroutier

    La Ville de Martigues veut des garanties sur le contournement autoroutier

    C’est un record. Jamais conseil municipal n’avait vu autant de délibérations être débattues depuis le début du mandat. Près d’une centaine de points étaient à l’ordre du jour, soit près de 4 heures de séance. Record d’affluence, aussi. Rarement, l’hôtel de ville n’avait accueilli un public aussi nombreux, certaines personnes étant contraintes de s’asseoir par terre.

    Loin d’être ordinaire, ce jeudi 4 décembre, le conseil municipal avait des airs de campagne, les oppositions se saisissant de toutes les occasions pour attaquer la majorité et présenter leur projet. À commencer par les avances sur subvention accordées aux associations. Sylvie Wojtowicz, colistière de Jean-Luc Di Maria (LR), a voulu envoyer « un message clair sain et rassurant à l’ensemble de notre tissu associatif », anticipant une victoire, avant d’être reprise par le maire Gaby Charroux (PCF) : « Vous ne pouvez pas vous servir du conseil municipal pour faire votre campagne. »

    Requalification

    et compensations

    Au-delà de nombreux débats à visée électoraliste, certains points ont engagé d’importantes discussions, notamment au sujet du contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc. L’assemblée avait à rendre un avis sur l’enquête publique, qui s’est achevée le 13 novembre. L’adjoint au maire délégué à l’environnement Florian Salazar-Martin (PCF), a résumé : « Nous sommes très satisfaits mais nous restons très vigilants sur un certain nombre de promesses faites dans un cadre financier et politique dégradé. » La majorité souhaite avoir l’assurance que l’échangeur du Réveilla, « indispensable à la fluidification du trafic et permettant l’optimisation de la desserte de Martigues Nord », sera réalisé, mais aussi que la RN568 soit requalifiée en boulevard urbain afin qu’elle devienne une 1×1 voie. Une attention est aussi portée aux mesures compensatoires écologiques, qui seront mises en place localement sur les secteurs de Maquemeou, du Vallon du Pauvre homme et de la plaine de Saint-Macaire sur plus de 70 hectares.

    Le conseiller d’opposition Frédéric Grimaud (LFI) a voté contre cet avis, justifiant : « Une autoroute en plus c’est du trafic en plus. Pour moi c’est un paradoxe, c’est un projet qui valide l’autoroutier et qui va augmenter les émissions de CO2. » L’ancien député de la 13e circonscription et élu municipal Pierre Dharréville (PCF) a plaidé, quant à lui, pour un plan global : « C’est une première décision qui en appelle d’autres. Nous allons reconquérir de l’espace urbain, permettre une meilleure circulation, il s’agit de continuer la bataille engagée pour le développement du fluvial, du fret et du transport ferroviaire », notant les insuffisances de la ligne de la Côte Bleue.

  • La Région met sur rails la résilience climatique

    La Région met sur rails la résilience climatique

    Le campus Biaggi, à la porte d’Aix à Marseille accueillait ce jeudi le Forum « Résilience climatique et infrastructures ». Un rendez-vous ouvert par Matthieu Chabanel, le PDG de SNCF Réseau, et Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) de la Région chargé des transports. « Les discours fatalistes ne servent pas à grand-chose… Le climat nous impose d’être lucides, les usagers nous imposent d’être courageux », a martelé ce dernier.

    La collectivité régionale a lancé en août 2024, une étude sur la vulnérabilité des infrastructures et services de transports face au changement climatique. Coût de l’opération : un million d’euros, co-financés avec l’État. Les objectifs : éditer un guide méthodologique, cartographier l’exposition aux risques, produire des analyses fines et élaborer un plan d’adaptation multipartenarial. Il est attendu pour 2026.

    Démarche pilote

    Une « démarche pilote » à l’échelle nationale. Alors que la France a connu en 2024 sa première année à 1,5 degré, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement concernée par une exposition « à tous les extrêmes ». Une ville comme Avignon connaît ainsi une augmentation des températures de +2,3 degrés par rapport aux années 60. Les conséquences sont connues : « Vagues de chaleur, cycle de l’eau perturbée, augmentation des variabilités annuelles, risques incendie », rappelle Antoine Nicault, le coordinateur général du Grec Sud, la déclinaison régionale du Giec.

    Des conditions qui mettent sous tension le réseau ferroviaire. Les rails se dilatent, imposant des ralentissements pour éviter le flambage, les sols argileux déforment les voies, tandis que les inondations endommagent les ouvrages, les feux de forêt menacent caténaires et équipements électriques.

    Dans une région comptant 1 500 kilomètres de rails et 200 gares, empruntés par 85 millions de voyageurs et 4 000 millions de tonnes de marchandises, la hiérarchisation des infrastructures les plus sensibles est devenue une priorité. Pour accroître « la surveillance et la maintenance », explique Matthieu Chabanel, pour « l’adaptation de l’exploitation », et enfin pour « les opérations plus lourdes de modernisation voir de reconstitution du réseau ». Le matériel roulant est lui aussi soumis à un entretien, renforcé avec en période de crises « des stops circulation », note Jérôme Baillarguet, directeur du technicentre SNCF voyageurs TER Sud. Et de rappeler que les choix de centres de maintenances non couverts au début des années 2000 entraînent aujourd’hui des pertes d’activités.

    Pendant que Matthieu Chabanel met en avant le projet Minerve, 35 millions investis dans un jumeau numérique du réseau, Stéphane Lerendu, directeur des grands projets SNCF Gares & Connexions met lui l’accent sur la future gare « bioclimatique » de l’aéroport de Nice. Un espace « démonstrateur sur le plan de l’adaptation », ouvert et surmonté d’une grande canopée adaptée aux vents, entièrement ombragée, avec juste 20% de surface traitée en thermique et 4 200 m2 de surface jardin.

  • La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    Une opération expresse de modernisation des équipements a été menée par SNCF Réseau samedi et dimanche dernier. Pendant l’après-midi puis toute la nuit, la centaine d’ouvriers mobilisés ont préparé les postes d’aiguillages de Rognac, Berre-l’Étang, Les Roques, Miramas et Saint-Martin-de-Crau à leur informatisation.

    L’objectif pour SNCF Réseau est de moderniser tout l’aiguillage de Marseille à Avignon, passant de l’ancienne technologie électromécanique à une télécommande totalement informatisée. Le pilotage de l’aiguillage s’effectuera à terme, à horizon 2031, depuis la tour de contrôle ferroviaire de la région Paca, située à Marseille et inaugurée le 7 mai 2025 (voir notre édition du 9/05). « La modernisation du réseau ferré est déjà en marche », s’enthousiasmait à ce titre le PDG de SNCF Réseau, Matthieu Chabanel.

    Chez les cheminots, cette opération de modernisation est également bien accueillie. « On voit ces travaux d’un bon œil car il s’agit d’une augmentation technologique de nos infrastructures », considère Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Miramas et aiguilleur de métier. « Le fait de passer aux commandes informatiques, qu’on utilise déjà pour les TGV et qu’il faut généraliser, permet en même temps de rénover le rail et les appareils de voirie, comme les aiguillages et les signaux qui permettent aux trains de rouler », ajoute le syndicaliste.

    300 millions d’euros

    L’ensemble du chantier de mise en télécommande de l’aiguillage courant jusqu’en 2031 est financé à hauteur de 300 millions d’euros au total par SNCF Réseau, dont 46,5 millions mobilisés pour l’année 2025.

    Les cheminots restent pour autant vigilants quant aux conséquences de l’informatisation. Robin Matta souligne que « les métiers liés à l’aiguillage informatisé sont des postes de niveau maîtrise, alors qu’à l’aiguillage mécanique ce sont des exécutants. La formation et la rémunération doivent suivre cette montée en compétences. »

    Selon le syndicaliste, les petits postes d’aiguillage comme celui de Rognac seront supprimés à terme. « Avec le syndicat CGT, nous suivons le processus de reclassement en cours pour que les agents restent sur le bassin d’emploi et puissent monter en compétences » sur les nouveaux postes.