Tag: Féministes

  • Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Le rendez-vous a été fondé en 2001 suite à la rencontre de deux militants féministes, Luc Patentreger, médecin, dessinateur, et entrepreneur social, et Loutcha Dassa, ancienne déportée à Auschwitz décorée de la médaille de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2012 et de la Légion d’Honneur en 2021 pour sa lutte pour l’inclusion des femmes dans la société et le milieu artistique.

    Le festival Femmes ! revient pour une 24e édition, du 5 au 24 novembre. Six salles dans quatre villes s’en feront le relais : Théâtre Liberté et cinéma Le Royal à Toulon, cinéma Six n’étoiles à Six-Fours, Casino Joa et centre culturel Tisot à La Seyne-sur-Mer et cinéma Le Rocher à La Garde.

    44 films en compétition

    Ce festival se définit comme « œuvrant pour l’égalité entre femmes et hommes », avec « une conviction : l’art peut et doit être un levier d’émancipation, d’égalité et de liberté. Nous portons un féminisme universaliste qui réunit toutes les femmes, quels que soient leurs origines, leurs parcours ou leurs frontières, et qui invite les hommes à être pleinement partenaires de ce combat ». Cette année, la thématique « Duo », centrée sur la question « que raconte une femme quand elle parle d’elle à travers l’autre ? », invite à porter « ce féminisme du lien, de l’altérité, du respect, qui trouve dans ce thème une résonance naturelle qui refuse les cloisonnements et se nourrit du dialogue, car l’égalité se construit ensemble ».

    44 films de 16 pays seront en compétition pour le Prix du Public, parmi lesquels 8 avant-premières et 14 films en sortie nationale. Seront également remis le Prix du Jury et le Prix d’interprétation féminine avec sept films, en avant-première, en compétition. Autour de la compétition, le public pourra profiter, entre autres, d’une masterclass donnée par les acteurs de l’iconique série Plus belle la vie, d’un atelier cinéma pour apprendre à analyser les films, de soirées thématiques (dont la nuit des courts-métrages), d’expositions, ou encore de douze débats et conférences sur des thématiques féministes (santé mentale, violences sexuelles et sexistes…) et artistiques. De nombreux réalisateurs et acteurs seront également présents pendant ces trois semaines.

    Infos et tarifs sur femmesfestival.fr

  • [Entretien] Pinar Selek : « Transformer ce malheur en une action politique »

    [Entretien] Pinar Selek : « Transformer ce malheur en une action politique »

    Pinar Selek sera ce mardi, à Marseille, où deux rendez-vous sont organisés en parallèle de son procès à Istanbul : l’un à l’Institut d’études avancées de l’Université d’Aix-Marseille, l’autre à l’Alcazar, où l’actrice Ariane Ascaride proposera une lecture de textes de la militante.

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit à la veille de l’ouverture de ce énième procès ?

    Pinar Selek : Ce procès est symbolique en Turquie. Autour de lui s’articulent une lutte de justice, mais aussi de nombreuses luttes sociales. Il est question de mes investissements militants en Turquie, en France, en Italie, mais aussi en Belgique d’où je reviens tout juste. Il y a une convergence des luttes. Il faut aussi savoir que mon procès a lieu dans la foulée de celui d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul [Parti républicain du peuple, CHP] et principal opposant du président Recep Tayyip Erdogan [Parti de la justice et du développement, AKP] et à la veille de ceux d’avocats, journalistes ou responsables politiques qui défendent les droits démocratiques fondamentaux. En Turquie, les manifestations ne sont pas que dans les rues, la lutte se poursuit aussi dans les tribunaux. Plusieurs actions sont organisées en parallèle de mon procès, à Marseille, mais aussi sur place à Istanbul, où une délégation internationale sera présente. Nous transformons ce malheur en une action politique.

    Pensez-vous que le processus de paix qui s’initie entre Ankara et le PKK (Parti travailliste du Kurdistan) peut avoir une influence positive sur votre procès ?

    P.S. : Une bonne décision pourrait être le signe d’un espoir. Plus globalement sur le processus de paix, je pense que la Turquie est forcée d’y entrer au vu du contexte international. Les Kurdes veulent construire la politique avec des moyens démocratiques. C’est eux qui sont en train de construire la paix par le bas. Ils organisent des réunions, des congrès et des conférences, ils essaient de rendre possible une transformation. Il n’y a pas de paix pour l’instant, car elle se construit avec beaucoup de difficulté. Mais les Kurdes essaient de dépasser le conflit armé. Ils tentent de construire la paix avec beaucoup de force. Bien sûr, ce processus peut être utile à mon procès.

    Quel regard portez-vous sur les actions menées par les comités créés pour vous soutenir ?

    P.S. : Ces comités réunissent beaucoup de personnes différentes, toutes d’un milieu de gauche, progressiste, mais assez diversifié. J’ai connu des gens extraordinaires, très différents, que je n’aurais jamais pu connaître autrement. Ce sont généralement des gens engagés pour d’autres causes, féministes, anarchistes, antimilitaristes, communistes, écologistes… Ils deviennent amis, ce qui crée, je pense, un renforcement de l’espace des luttes sociales. Ils n’arrivent pas à nous épuiser. On leur répond avec nos créations. Nous ne sommes pas puissants comme eux, nous n’avons pas les mêmes pouvoirs, le même argent, les mêmes armes. Nous sommes non violents, mais nous sommes très très forts. J’attends tous les Marseillaises et Marseillais à mes côtés. Et surtout, je suis très contente qu’Ariane Ascaride lise un de mes textes, mardi soir, c’est une grande amie.

    * À L’Imera, de 9h à 16h, sur inscription. À l’Alcazar à 18h avec entrée libre dans la limite des places disponibles.

  • Depuis Marseille, un cri d’alarme pour les femmes afghanes

    Depuis Marseille, un cri d’alarme pour les femmes afghanes

    Les prises de paroles se sont multipliées samedi matin devant la grille du parc Chanot pour dénoncer le « gynocide » afghan. « Non à la banalisation » de l’intégrisme religieux, « Non à la reconnaissance internationale des Talibans »… Les slogans interpellent la foule effervescente qui se presse à la Foire de Marseille. Ici, femmes, hommes et enfants vaquent librement à leurs loisirs.

    « Ce n’est pas possible là-bas », rappelle Nathalie Tessier en tendant un tract à une femme qui s’arrête avec sa fille. La conseillère municipale (PCF) déléguée aux droits des femmes est au rendez-vous de ce rassemblement initié par l’association Negar, le collectif 13 Droits des femmes fédérant 14 associations féministes, Femmes solidaires 13 et la Marche mondiale des femmes Paca. « Cette performance est un soutien à nos sœurs afghanes, c’est un appel à voir et comprendre ce qui se passe à sept heures de vol d’ici », crie au micro, Annick Karsenty.

    « On apprend chaque jour encore une discrimination… Il fallait qu’on fasse quelque chose et qu’on parle d’elles. Elles nous disaient, vos voix sont les nôtres, elles comptent sur nous », glisse la présidente marseillaise de Femmes solidaires, un œil barré d’un scotch noir. Geneviève Couraud (Negar) décrit, elle, l’escalade de l’oppression.

    « Dans un des départements, un mollah a décidé que les femmes n’avaient pas besoin de deux yeux pour voir, elles ont donc été interdites de sortir avec les deux yeux visibles. Cette disposition a tellement plu qu’elle a été reprise au plan national », raconte la responsable du collectif de soutien aux afghanes. « Ces derniers jours, un autre mollah a décidé que les femmes n’avaient pas besoin de parler dans la rue et qu’elles s’exprimeraient désormais par signes. »

    Depuis vendredi, les femmes qui n’ont pas le droit non plus d’être soigné par un médecin, ne peuvent plus voir de dentiste. « On est horrifiés par ce qui se passe », reprend Geneviève Couraud, bouleversée par le séisme du 10 septembre à l’est de l’Afghanistan qui a provoqué la mort de milliers de personnes et beaucoup des femmes : « Comme les secouristes étaient des hommes, ils ont laissé les femmes dans les décombres et quand des secouristes femmes sont arrivées, elles ont été interdites d’approcher. »

    Face au silence assourdissant de la communauté internationale, ces militantes dénoncent la normalisation diplomatique des Talibans. « C’est un scandale de les recevoir dans des instances internationales alors qu’ils sont en train de massacrer des milliers de femmes », s’indigne Alexandra Brochus (Collectif 13 Droits des femmes). Elle, pointe la convergence idéologique entre l’extrême droite politique et l’intégrisme religieux : « Quand on veut mettre à la botte les peuples, les premières mesures sont de contrôler les femmes dans tous les sens, c’est le corps avec l’accès à l’IVG, l’accès au travail, leur place dans l’espace public. »

    Le rassemblement s’inscrivait dans la perspective du 11 octobre, journée internationale des droits des filles. Les femmes d’Afghanistan, du Congo, de Palestine, d’Iran seront à l’honneur. « Les droits des femmes régressent dans le monde entier. L’Afghanistan est vraiment le paroxysme de l’effacement des femmes et de leur négation. On se demande même à terme, ce qui va rester comme femmes là-bas ? Mais quel est l’avenir d’un pays sans femmes ? », conclut Alexandra Brochus.

  • Deuxième édition du Forum antifa

    Deuxième édition du Forum antifa

    Le samedi 4 octobre prochain, le collectif No Pasaran organise, pour la deuxième année consécutive, le Forum antifasciste de 12h30 à 22h à la Maison pour Tous de Champfleury, à Avignon.

    « C’est un moment qui permet à toutes les personnes sensibles aux luttes que l’on porte de se réunir. Quand on est éclatés, c’est difficile d’organiser des choses. Il faut aussi casser le mythe de l’antifa, le couteau entre les dents, qui attend les passants dans un coin de rue », glisse ainsi François Sandoz, membre de la collégiale de la structure, avant d’ajouter que « c’est aussi ça qui a donné l’envie de se lancer dans la création du bar ». « Mais il ne faut pas oublier que c’est aussi un moment festif, car tout le monde aime faire la fête », ajoute Carlos, également membre de la collégiale.

    Faire la promotion d’un autre discours

    Et le programme est bien chargé, avec trois temps d’échanges prévus respectivement à 13h, 15h et 17h, autour des luttes féministes et trans contre l’extrême droite, du racisme et de ses déclinaisons au quotidien, ainsi que de la manière de riposter sur les réseaux sociaux. Des temps pour lesquels ont été invités notamment Niléane Dorffer, présidente de « Toutes des Femmes », Carolle Amorrich, fondatrice de « Noirs sans frontières », ou encore Léa MP, influenceuse militante. « Ce sont des thématiques et des intervenants qui nous tiennent à cœur, car c’est important pour se construire et savoir comment s’en saisir. Comme pour les réseaux sociaux, par exemple, car on constate que les algorithmes nous sont souvent défavorables, mais on peut les casser et relayer la bonne parole », explique ainsi François Sandoz.

  • Sur les traces des lieux de luttes féministes

    Sur les traces des lieux de luttes féministes

    « Les femmes ont beaucoup agi à Marseille, mais il y a peu d’archives. J’avais donc envie de les faire parler de leur ville, leurs luttes et leur parcours. » C’est ainsi que Margaux Mazellier débute la visite guidée des lieux de luttes féministes marseillais ce dimanche.

    Journaliste et autrice de Marseille trop puissante, qui trace le portrait des Marseillaises qui ont lutté pour leur ville, Margaux Mazellier a créé cette visite avec Lucille Florenza, anthropologue du genre et du travail. « Cette balade, c’est un moyen de faire vivre les archives », affirme la chercheuse.

    C’est devant la librairie « Odeur du temps » que le rendez-vous est donné. Ici, en 1976, Antoinette Fouque du mouvement de libération des femmes (MLF) ouvre l’antenne marseillaise de la librairie des femmes. « Ce lieu devient un endroit hyper important pour toutes les femmes qui militent, explique la journaliste. Mais c’est aussi un espace où certaines militantes ressentent du mépris de la part des militantes parisiennes, qui prennent parfois les Marseillaises de haut », continue-t-elle.

    La visite se poursuit au 81 rue Sénac de Meilhan, où a ouvert en 1974 le centre d’orientation de documentation et d’information des femmes (Codif). « C’était une spécificité marseillaise qui a pu être créée grâce au soutien de la municipalité de gauche de Gaston Defferre », raconte l’une des guides. Ce lieu fut une espace de réunion pour de nombreux groupes féministes et, à travers sa revue Femmes infos Marseille, un endroit de diffusion des informations.

    L’arrêt suivant, devant ce que fut le premier bar lesbien marseillais Douce amère, permet d’évoquer Patricia Guillaume. Lesbienne, elle ne parvient pas à trouver sa place ni dans les groupes de parole féministes, ni dans les lieux homosexuels. Elle décide donc de créer son propre espace avec d’autres lesbiennes en 1982.

    Une visite de deux heures qui laisse entrevoir la richesse des luttes féministes marseillaises, leur diversité et leurs conflits internes.

  • Une cagnotte lancée pour la création d’un bar antifasciste

    Une cagnotte lancée pour la création d’un bar antifasciste

    « Chez Louise, le seul bar qu’aucun Bolloré ne pourra jamais se payer. » Dès la première phrase de la description du projet de la cagnotte en ligne pour la création d’un bar antifasciste en intra-muros à Avignon, le ton est donné.

    Ce lundi 8 septembre, l’association Dolorès 84 (en hommage à Dolorès Ibárruri, communiste espagnole qui a prononcé le fameux discours « No pasarán» en 1936), issue du collectif No Pasaran, a lancé une campagne de financement en ligne pour « créer un lieu populaire, vivant, engagé. Un bar où boire un verre, retrouver des ami·es, débattre, assister à des concerts et s’organiser », peut-on lire ensuite sur le site en question.

    « C’est parti du constat, que l’on a eu avec d’autres militants de plusieurs causes, qu’il est toujours compliqué de se rassembler, car on se retrouve dans un bar ou un restaurant. Et plutôt que de devoir sans cesse avoir à chercher un lieu, on souhaite désormais en créer un », résume ainsi Manuel Suanon, membre de la collégiale de l’association qui lance le projet, surnommé donc « Chez Louise » en hommage à l’écrivaine et figure majeure de la Commune de Paris Louise Michel. « Avoir un tel lieu permettrait ainsi de se rencontrer, de fédérer et de pouvoir bien plus facilement mettre en place des projets communs. Des luttes antifascistes, bien sûr, mais il y a une intersectionnalité des luttes, comme celles pour la communauté LGBT, les féministes, les étudiants, le droit des étrangers et bien d’autres », poursuit le co-porteur du projet. En plus du service classique, l’objectif est aussi d’y organiser des conférences et de mettre en avant des artistes militants en y éditant des œuvres.

    Objectif 20 000 euros

    Un lieu avec également pour objectifs de faire « reculer l’extrême droite », précise l’association. « Si on regarde la carte du Vaucluse, c’est marron de partout. C’est aussi pour cela que l’on souhaite faire d’Avignon centre un bastion contre cette vague-là », poursuit Manuel Suanon. Le lieu exact n’a pas encore été défini, mais plusieurs locaux sont susceptibles de pouvoir accueillir le projet.

    Et pour mettre en place tout cela, il faut tout d’abord des financements. Plusieurs objectifs ont ainsi été fixés, et le premier est la somme de 20 000 euros, qui permettrait de louer un local adapté, d’avoir une trésorerie, de faire des travaux, d’acheter du matériel et du mobilier. En quelques jours, la cagnotte est déjà montée à plus de 2 800 euros. D’autres objectifs sont aussi définis, jusqu’à celui de 100 000 euros pour l’achat d’un local.