Tag: FCPE

  • [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui explique votre engagement ?

    Marie Nikichine : Je suis bibliothécaire à Paul Valéry et mère de 4 enfants. J’ai mis du temps à comprendre le rôle que pouvaient avoir les parents d’élèves. C’est d’ailleurs sur un malentendu que je me suis retrouvée élue dans un conseil d’école. Quand mon premier enfant est entré au collège Fontcarrade à Montpellier, j’ai découvert la FCPE et un cadre plus réglementaire pour agir. J’ai compris que la FCPE offrait des clés de compréhension sur un fonctionnement pas facile à lire pour les parents. En 2023, où j’étais administratrice à la FCPE, je m’étais engagée dans un collectif de soutien à une famille arménienne en difficulté à l’école Paul-Langevin. Je préside la FCPE depuis juin 2025.

    VALEURS VS EXTRÊME DROITE

    La FCPE a décidé de se protéger des tentatives d’infiltration de l’extrême droite…

    M.N. : C’est déjà arrivé notamment à Aniane. Il y a une confusion entre la FCPE, association d’utilité publique, et le fait d’être représentant de parents d’élèves. Tout le monde peut adhérer chez nous mais la FCPE a des valeurs. On ne signe pas avec son sang mais quand on veut s’investir il faut s’accorder sur l’école émancipatrice, respectueuse des enfants, où les parents ont leur place dans un principe de coéducation, avec une bienveillance vis-à-vis des intérêts supérieurs des élèves. Quand vous lisez le programme du RN, on est complètement à l’opposé. Il est normal qu’il y ait un trouble si un représentant s’affiche comme RN. Du coup, on travaille sur un cadre déontologique. C’est un jeu d’équilibriste. Est-ce qu’être intolérant à l’intolérance c’est être intolérant ? Disons qu’on n’est pas censé utiliser l’image de la FCPE dans un cadre politique. On est vigilant quel que soit le parti pour des candidatures aux municipales.

    Le programme Evars (Éducation à la vie affective et sexuelle)
    est-il satisfaisant ?

    M.N. : On s’est réjoui du fait que l’enseignement est devenu un vrai programme (d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) pour être sûr que les heures soient faites. Il y a eu beaucoup de confusion avec des entreprises de désinformation portées par le Syndicat de la famille (proche de l’extrême droite). Ils s’attaquent quasiment au programme de SVT, il ne faudrait pas parler de la reproduction. À Castelnau ou Saint-Jean-de-Védas, des affiches ont été placardées pour dénigrer le dispositif que l’on soutient à la FCPE.

    HARCÈLEMENT SCOLAIRE ET FORMATION

    La Marseillaise : L’Éducation nationale met-elle les moyens pour lutter contre le harcèlement/cyberharcèlement scolaire ?

    M.N : Le protocole « Phare », qui offre un canal d’échanges, a fait la différence. Les établissements s’en emparent, il y a des réussites, on a progressé au moins pour entamer les choses. C’est pris au sérieux, on a des interlocuteurs au rectorat. On est aussi sollicités sur des cas plus complexes. Le cyberharcèlement est devenu un fait de société avec les groupes de discussions. Il y a un travail conjoint sur le danger des écrans. Personne ne fait l’autruche. En revanche, on est plus désarmés sur des relations problématiques entre enseignants et élèves avec un rapport de force défavorable à l’élève dont la parole n’est pas toujours évidente à faire entendre. Des parents ont peur de représailles, d’aggraver la situation.

    La formation accélérée des enseignants pour contrer la crise des vocations est-elle satisfaisante (Bac+3) ?

    M.N : On en est à un point où l’on est contents d’avoir des contractuels même si c’est parfois inégal en termes de qualité pédagogique. Mais ce n’est pas l’idéal. Je ne sais pas pourquoi on ne revient pas à un système de titulaires remplaçants. Je pense qu’il y a plusieurs causes à la crise des vocations, notamment le manque de moyens et d’attractivité du métier (rémunérations). Heureusement, il reste des enseignants hyper investis qui ont ça dans le sang. Je suis en admiration devant leur capacité à supporter les enfants et à porter des classes. Les jours où on voit le verre à moitié plein, on peut rester optimiste.

    ÉDUCATION NATIONALE

    Le gouvernement annonce la suppression de 4 400 postes d’enseignants…

    M.N. : On a un problème avec les annonces du gouvernement depuis quelques années. Il a aussi été dit qu’on aurait une moyenne d’un prof pour 21 élèves, ce qui – théoriquement – améliorerait le ratio avec la baisse démographique. C’est toujours la bataille des chiffres. On nous mélange souvent les chiffres de l’éducation prioritaire, ce qui fait baisser les moyennes alors qu’on a des maternelles à 27 gamins, des lycées plus de 30. On n’y croit surtout pas dans l’Hérault où la baisse démographique est moindre qu’au niveau national. On attend de voir la situation réelle des établissements. C’est pareil pour tout, on se rend vite compte que l’assistante sociale n’est là qu’un jour par semaine et ne peut répondre aux besoins.

    Il y a aussi le manque d’AESH et d’Atsem…

    M.N : On vient de porter des mobilisations dans plusieurs établissements sur le manque d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH). Cette année, le problème a explosé, ça ne tient plus. Parfois les enseignants se mettent en grève, ce n’est pas pour le plaisir. Le rectorat fait ce qu’il faut pour les AESH individualisés. En revanche, les AESH mutualisés c’est beaucoup plus flou. Parfois l’enfant se retrouve avec 1h d’accompagnement par semaine. En classe, c’est de la souffrance pour tout le monde : les enfants qui souffrent de handicaps, les autres et les enseignants.

    Au sujet des Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), pour lesquels on avait des manques l’an passé à Montpellier, la mairie semble avoir amélioré les choses même si cela pourrait être mieux. On reste vigilant.

    FAMILLES EXPULSÉES ET À LA RUE

    M.N : Ça montre qu’il faut continuer à être très vigilant et épauler les parents. On est alertés par des familles qui ne savent pas quoi faire. Un collectif « Un toit, un avenir » s’est monté auquel participe la FCPE. Face au positionnement assez tranché de la préfecture, il va falloir faire face dans le respect des familles. On est sur des droits fondamentaux. Il faut relayer ces actions, épauler les parents. On est dans le rapport de force. En Conseil départemental de l’Éducation nationale, on a déjà mentionné ce genre de situations.

  • Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Depuis la rentrée scolaire, les élèves de terminale ST2S1 du lycée Raynouard –dont les camarades de terminale ASSP avaient connu une situation similaire en fin d’année dernière– sont privés de leur enseignante de spécialité, en arrêt maladie jusqu’au 10 décembre (minimum). Depuis, malgré les relances incessantes des parents d’élèves, professeurs et du proviseur, aucune réaction du rectorat, alors que cette absence aurait pu être anticipée. « Le professeur en question a prévenu le rectorat au mois d’août, explique Sophie Zolla, déléguée FCPE et mère d’une élève. Ils n’ont réagi que quand on a menacé de contacter la presse. On nous a demandé un délai jusqu’au 10 novembre au soir. Nous n’avons rien eu. »

    « Il faut plus de places

    aux concours »

    Une situation difficile pour les élèves, privés de l’enseignement le plus important pour leur bac (coefficient 16, 8h/semaine), qui doivent aussi composer sans leur professeure de physique-chimie, en congé maternité : « Ça génère du stress car ils voient leurs camarades avancer sur le programme et pas eux. Ils ont peur de se planter », s’inquiète la déléguée FCPE, qui indique qu’une annonce pour trouver un remplaçant a été déposée sur les réseaux sociaux de la FCPE du lycée. « Ils sont tenaces, mais je les sens fatigués. Ils attendent toute la journée pour aller en cours et perdent du temps et leur motivation, même s’ils restent sérieux. Je suis optimiste, mais on craint la démotivation », met en garde Joël Beullier, leur professeur de philosophie.

    La professeure de spécialité de l’autre terminale ST2S prend le relais 2h par semaine, mais cela n’est pas suffisant : « Les élèves ont 50h et quatre chapitres de retard », déplore Sophie Zolla. « Ces remplacements courte durée (RCD) n’en sont plus. Ça ajoute du travail et cela dégrade nos conditions de travail », fustige Joël Beullier, qui pointe l’inaction du rectorat et des effectifs trop restreints pour assurer la continuité de l’enseignement : « Après avoir vécu ça l’an dernier, on est effaré de voir que ça se répète. C’est inquiétant car ça ramène à la crise du métier et de la vocation. On n’a plus assez de collègues. Tous les postes proposés sont pourvus, mais on n’a plus de titulaire en zone de remplacement. On est complètement à flux tendu sur ces disciplines. Il faut plus de places aux concours pour répondre à ces difficultés. »

    Contacté, le rectorat n’a pas pu être joint.

  • L’inauguration contestée du collège jésuite Loyola

    L’inauguration contestée du collège jésuite Loyola

    Tambours, bénitiers, trompettes et pancartes. L’inauguration officielle du collège Loyola au cœur d’Euroméditerranée 2, dans les quartiers nord de Marseille (15e), laisse un goût amer. Ouvert en septembre avec 49 élèves répartis dans deux classes de 6e, l’établissement privé catholique ambitionne d’en accueillir 500 d’ici 2032. Conçu par le cabinet Dosse, le bâtiment de 4 500 m2 se veut, sur le papier, une « fenêtre » sur un quartier appelé à accueillir 30 000 nouveaux habitants.

    Écologie intégrale

    et spiritualité

    Loyola revendique une pédagogie inspirée de la tradition jésuite, basée sur la responsabilité, la coopération et l’ouverture à la diversité. « Apprendre aux élèves à aller vers les autres et à s’enrichir de la différence », résume le Père Aimé Yoh, son directeur. « Une pédagogie innovante et une éducation de qualité », dont le but vise notamment à accompagner chaque élève à « œuvrer en faveur de l’écologie intégrale et à découvrir sa voie personnelle vers Dieu », précise encore un communiqué. Si le second concept est évident, le premier, popularisé par le pape François en 2015, est plus ambivalent. En lien pour certains avec la pensée maurrassienne et une frange de la droite réactionnaire.

    Forcément, l’inauguration suscite la controverse. L’observatoire sur le financement des établissements scolaires privés (Ofsep), qui tiendra une conférence de presse en marge de celle-ci, a choisi de dénoncer « des choix politiques et financiers lourds de conséquences ». En cause, le soutien du Département apporté à ce projet privé, alors que les subventions aux collèges publics, qui viennent d’être versées, sont jugées « insuffisantes » par l’Ofsep qui réunit syndicats (Unsa, Sud, FSU, CGT) et associations (FCPE, LDH, Attac, Vigie laïcité, DDEN, LP13).

    Loyola a, en effet, bénéficié d’une subvention de 1,95 million d’euros du Conseil départemental et d’une garantie d’emprunt couvrant entièrement un prêt de 10 millions contracté par l’école de Provence. À cela s’ajoute la vente du terrain initialement destiné à un collège public par Euromed, l’établissement public d’aménagement conduisant une opération de rénovation urbaine du secteur.

    Pour l’Offset, ces financements, bien que légaux, « ne sont pas obligatoires » et traduisent un choix politique : privilégier un établissement confessionnel privé, non soumis à la carte scolaire, dans une zone parmi les plus sous-dotées en collèges publics. « L’argent public pour l’École publique », martèle l’Ofsep dans son communiqué, dénonçant un « séparatisme social et scolaire » et réclamant la construction d’un établissement public.

  • Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    « Au début ils l’ont laissé ouvert aux heures d’école, puis la serrure a été soudée. » À la tête du collectif d’habitants du quartier, Nathalie Prost dénonce la condamnation de la rue qui traverse l’ancienne cité HLM par une poignée de co-propriétaires, soutenus par le bailleur Provence Métropole Logement (ex-HMP). Un différend qui remonte à 2020 « sur lequel on aimerait trouver un terrain d’entente », précise cette mère de famille.

    Au bout de la ruelle étroite de la Pépinière, sous le grand porche de l’ancienne cité-jardin du 4e arrondissement qui a été progressivement mise à la vente, de part et d’autre du grand portail, il y a engaste. D’un côté, des habitants privés de l’accès le plus court et le plus sûr à la crèche, au centre d’animation et au jardin municipaux inclus dans le périmètre résidentiel, de l’autre, des copropriétaires qui revendiquent une voie privée, las de « déjections canines et autres incivilités », et qui brandissent l’argument « sécurité et droit privé », explique Monsieur Fayolle, un des rares copropriétaires venu à la rencontre des habitants. « Pour “protéger” une résidence d’environ 38 logements privatifs, c’est tout un quartier de près de 7 000 habitants qui se retrouve entravé dans ses déplacements », déplore le Collectif des Marseillais pour les mobilités de demain Marsmob, en soutien des riverains.

    Côté intérieur de la barrière, deux locataires de PML regrettent « on est aussi coincées que les autres, il nous faut faire le grand tour, soit 20 minutes au lieu de 5 ». Les locataires des immeubles voisins, pourtant majoritaires dans le périmètre initial, n’ont pas été consultés lors du vote de fermeture. PML, qui détenait 62% des voix en assemblée, a voté en faveur de la fermeture, s’alignant sur la position d’une minorité de copropriétaires privés.

    L’intérêt général

    « Fermer un passage, c’est fermer un accès à l’école. La ville doit rester un espace commun, ouvert à tous », plaide encore Arnaud Dupleix, représentant de la FCPE 13. Déjà, l’ancienne école maternelle a été « fermée du fait de l’accessibilité piétonne dégradée », rappelle Didier Jau, maire (EELV) du secteur, qui a écrit une lettre à Solange Biaggi, nouvellement élue à la tête de PML, l’enjoignant, en proposant un rendez-vous, à « rouvrir sans délai le passage piétonnier litigieux, au moins à titre provisoire » et à « aligner la position d’HMP sur l’intérêt général de la mobilité de proximité ».

    Sur le rassemblement, les adjointes au maire Marie Batoux (PM) et Perrine Prigent regrettent également la fermeture de plus en plus de voies privées où l’accès était public de fait, comme à Colline Perrier, Campagne Flotte ou Coin Joli : « C’est un statut juridique à travailler. On avait demandé une modification du PLUI, mais la métropole a refusé. »

  • Au collège F.-Bazille, une mobilisation victorieuse

    Au collège F.-Bazille, une mobilisation victorieuse

    C’est ce qu’on appelle une rentrée sur les chapeaux de roues. Telle est celle vécue par le collège Frédéric-Bazille à Castelnau-le-Lez. Face au manque de personnels et de professeurs, les parents et enseignants ont appelé à une journée de mobilisation, le 3 septembre. « Lors de notre pré-rentrée, le 29 août, notre chef d’établissement nous annonce que l’on n’a plus de principal adjoint. Aucun de nos collègues n’a voulu prendre la fonction car les conditions de travail sont plus dégradées », détaille Jordan Homps, professeur de physique-chimie et co-secrétaire Snes-FSU du collège.

    À cela s’ajoute l’absence d’un professeur de français et un autre d’histoire-géographie. Une position délicate pour les deux classes de troisième impactées qui doivent passer leur diplôme du brevet à la fin de l’année. « Le problème, c’est que l’an dernier, ces deux mêmes classes qui étaient en quatrième n’avaient pas eu de prof de français jusqu’à fin novembre. Ce qui représente un trimestre. De plus, quatre autres classes n’avaient pas eu non plus de cours de français, de décembre jusqu’à mars. Le collège avait fait appel à un prof de français à la retraite qui a bien voulu prendre ses heures pour nous dépanner », soupire Pernille Kongstad, déléguée FCPE de l’établissement.

    Pour ne rien arranger, le collège Frédéric-Bazille est également victime de la pénurie nationale d’Accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) que connaît tout l’Hexagone. Deux d’entre eux manquent à l’appel. « C’est problématique pour les élèves qu’ils accompagnent mais également pour la classe entière car quand les élèves en situation de handicap ne sont pas suffisamment encadrés, cela peut perturber la classe entière », reprend Pernille Kongstad.

    Des moyens débloqués

    La goutte de trop pour les parents, le personnel et les élèves qui sont donc montés au créneau, le 3 septembre, en se mobilisant dans le collège. Les collégiens ont d’ailleurs réalisé des pancartes afin de s’exprimer sur la situation. « Nous sommes obligés d’établir un rapport de force. Les moyens sont tellement limités pour tout le monde que, c’est triste à dire, mais c’est celui qui parle le plus fort qui se fera entendre », soupire Jordan Homps.

    Et il semblerait que le message ait été reçu par le rectorat puisque deux jours plus tard, de nouveaux moyens ont été débloqués pour le collège. Contacté, le rectorat assure que « des solutions rapides et concrètes ont été trouvées. Un principal adjoint a été recruté et a pris ses fonctions [le 5 septembre]. Il a d’ailleurs rencontré, mercredi, le principal de l’établissement et découvert son futur lieu d’exercice. Il manquait un professeur en histoire-géographie. La situation est désormais réglée. Un enseignant qualifié a été nommé. Le recrutement d’un professeur de lettres est également confirmé afin de couvrir les quelques heures d’enseignement encore manquantes. » Un AESH aurait également été recruté via le Pôle inclusif d’accompagnement localisé (Pial) du lycée Georges-Pompidou et la seconde embauche serait en cours.

    Des manques de postes criants illustrant la crise de vocation que connaît le monde enseignant. Une problématique vieille de quelques années déjà mais qui ne cesse de s’aggraver malgré les dispositifs mis en place par les services de l’Éducation nationale. La dernière en date, baisser le recrutement des professeurs à partir de la licence, laisse les professeurs sceptiques. « Ce n’est pas en diminuant le niveau de qualification des personnels qu’on améliore la qualité de travail et le taux d’engagement des enseignants. Cela ne va pas créer des vocations car les premières causes de ces départs sont une perte de sens et le décrochage salarial », souligne Jordan Homps.

  • Muselier et Vassal font rentrée commune à Marseilleveyre

    Muselier et Vassal font rentrée commune à Marseilleveyre

    Le rendez-vous était prévu lundi mais décalé en raison du report de la rentrée scolaire décidé par le préfet. Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud, et Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, ont donc fait leur rentrée commune à Marseille, vendredi, du côté de la cité scolaire mixte Marseilleveyre.

    à six mois des municipales, par-delà les distributions de tablettes aux lycéens et d’ordinateur aux collégiens, le message politique se voulait assez clair. De la sénatrice (LR), Valérie Boyer, à l’ancienne secrétaire d’État chargée de la Ville et de la Citoyenneté, Sabrina Agresti-Roubache, une grande partie de la droite locale était là… même si l’heure des déclarations de candidature n’est pas venue, note Renaud Muselier, conseillant d’attendre la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement qui à ses yeux « ne tardera pas ».

    L’inauguration de la piscine de l’établissement (2,5 millions de travaux), un bassin de 25 mètres et quatre lignes, « la seule piscine qui fonctionne sur Marseille », se gargarise Renaud Muselier, a été l’occasion de quelques piques adressées à la municipalité de gauche. L’équipement, opérationnel après des années de fermeture, servira aux élèves mais aussi aux associations et clubs dont le Smuc, l’ASPTT Marseille ou le Cercle des nageurs qui lancera en 2026 une section water-polo féminin.

    À Marseilleveyre où près de 2 500 élèves sont accueillis, 57 millions de travaux doivent être engagés fin 2026, a par ailleurs indiqué le président de Région en marge de la visite. De quoi alléger les « 700 000 euros de facture énergétique », espère Laurent Malfettes, le représentant FCPE de cet établissement vieux de 80 ans dans lequel les syndicats enseignants pointent eux l’état des salles d’eau de l’internat et des toilettes qui ne peuvent attendre les grands travaux.

    « Une rentrée apaisée »

    Un dossier qui devra être suivi de près. Comme celui des transports en commun desservant la cité scolaire. Le sujet de la fréquence des lignes RTM 20 et 19, et celui du bus spécial pour les élèves venant du 9e arrondissement, a été rappelé à Martine Vassal par l’historique Association des parents d’élèves de Marseilleveyre (Apem), et reste en suspens.

    Dans un contexte politique national tendu, Renaud Muselier préférait apprécier lui « une visite de rentrée apaisée », installé derrière les portiques mis en place pour les élèves et la garde régionale des lycées présente depuis un an aux abords des établissements du secteur. L’ensemble de Marseilleveyre a été clôturé par des barrières anti-intrusion, « notamment ici contre les sangliers », et les CDI inondés ont été refaits. Pass Zou études, Pass santé jeunes… « C’est un gain de pouvoir d’achat de 2 200 euros pour les familles », martèle Renaud Muselier avant de partager un repas dans la cantine de l’établissement.