L’occasion pour le communiste de mobiliser autour des propositions de son parti pour sortir de la crise politique et empêcher la validation d’un budget d’austérité en lien avec le mouvement social. Le PCF avance notamment un « pacte pour la France » avec un plan d’investissement de 500 milliards d’euros sur 5 ans.
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Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution
Pour les communistes, la censure est une évidence après la reconduite de Sébastien Lecornu à Matignon en dépit de son échec et de celui de ses prédécesseurs. « Nous censurerons, nous appelons à retourner aux urnes », a indiqué Fabien Roussel, secrétaire national, en ouverture du conseil national du PCF, qui se tenait à Paris, ce samedi. Pour le dirigeant communiste, il faut prendre la mesure du « dégoût de la politique », provoqué par l’attitude du président de la République, dont une majorité de Français souhaite le départ.
Les communistes ne doutent pas qu’une dissolution interviendra rapidement, peut-être d’ici vendredi prochain, car si le chef de l’État et son Premier ministre veulent à tout prix présenter le projet de budget ce lundi, c’est pour permettre à un texte d’austérité d’être lancé dans les délais constitutionnels et de servir de base de discussion, quelle que soit la suite des événements.
Périmètre du rassemblementAu regard de la dislocation du socle commun et de l’inflexibilité présidentielle, la direction communiste table sur l’hypothèse de l’adoption d’une motion de censure dans la semaine suivie d’une dissolution. Dans cette optique, Fabien Roussel liste trois objectifs : « empêcher l’extrême droite de l’emporter, faire gagner la gauche et renforcer le PCF partout en France comme à l’Assemblée nationale ».
Dans la discussion, la question du périmètre du rassemblement a été posée, certains intervenants souhaitant renouer avec le périmètre du Nouveau front populaire, d’autres rappelant qu’il n’avait pas permis d’être majoritaires et que le PCF ne s’était vu attribuer qu’une cinquantaine de circonscriptions. Des limites qui avaient été pointées lors d’une conférence nationale du PCF après les dernières législatives.
Stéphane Peu, président communiste du groupe GDR a indiqué : « le groupe m’a donné explicitement mandat : aller partout où se discutent les conditions d’une alternative progressiste sans se substituer à la responsabilité exclusive du parti qui est de négocier un accord électoral. » Son homologue du Sénat, Cécile Cukierman, a fait part de son scepticisme sur un accord « à quatre, car dans les quatre, il y en a deux qui n’en veulent pas : le PS et la FI ».
Dans une résolution adoptée par 86 voix pour, 12 contre et 7 abstentions, les communistes lancent « un appel aux travailleurs et travailleuses, aux forces syndicales et associatives du pays et à toutes les forces de gauche, à débattre des propositions de rupture que nous portons, à s’unir pour obtenir le changement de politique tant attendu et pour battre la droite et l’extrême droite. » Le texte souligne aussi l’importance des municipales « pour protéger les habitants et développer les services publics locaux ».
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Nouveau plaidoyer pour un Premier ministre de gauche
« Monsieur le président, entendez le pays », ont exhorté, jeudi soir, la patronne des Écologistes Marine Tondelier, le premier secrétaire du PS Olivier Faure et le secrétaire national des communistes Fabien Roussel, dans une déclaration commune publiée en fin de journée, demandant au chef de l’État de choisir une cohabitation avec un Premier ministre de gauche.
Alors qu’Emmanuel Macron doit nommer vendredi son quatrième Premier ministre depuis la dissolution, les trois chefs de parti insistent une nouvelle fois pour obtenir du président qu’il respecte le résultat des élections législatives de juillet 2024, qui ont placé en tête, mais sans majorité, le Nouveau front populaire. Pour eux, « persister dans l’obstruction serait fragiliser encore davantage notre démocratie ».
Les trois responsables politiques préviennent : « Soit vous persistez dans l’isolement et le déni, et vous prendrez devant l’Histoire la responsabilité d’avoir considérablement aggravé la fracture entre le peuple et ses institutions. » « Soit vous écoutez le pays (…) et vous ouvrez une nouvelle étape : celle d’une cohabitation », avec « la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement de gauche et écologiste qui permettra la construction de majorités à l’Assemblée » nationale, proposent-ils.
Ils soulignent que « l’échec des gouvernements successifs n’est rien d’autre que le refus d’un changement de politique sur des aspirations majoritaires dans le pays », comme le rejet du recul de l’âge de départ à la retraite ou la demande d’une fiscalité plus forte des plus riches et du capital, « et la conséquence d’une méthode antidémocratique qui impose des choix sans débat au Parlement ».
Les trois chefs de gauche rappellent que le gouvernement Barnier, qui devait être « le gage d’une stabilité institutionnelle retrouvée », n’aura été « qu’une courte parenthèse, tout comme celui de François Bayrou », et que le gouvernement Lecornu « n’aura même pas duré 24 heures ». « Il est temps de tirer les leçons de cette séquence », martèlent-ils, estimant que la France a besoin « d’un gouvernement de gauche et écologiste », qui propose « une autre politique » et « un projet de budget de justice sociale et fiscale ».
Une option qui a obtenu de nouveaux soutiens jeudi. Celui de la ministre démissionnaire de la Transition écologique, qui a affirmé à Ici Nord : « On a essayé la droite, on a essayé le centre, alors pourquoi ne pas essayer la gauche ? »
Hypothèse BorlooÀ la veille de la nomination, les hypothèses ont été nombreuses. Dont celle mentionnant… de manière insistante Jean-Louis Borloo, qui a opposé un démenti. Celui qu’Emmanuel Macron avait renvoyé dans les cordes après lui avoir demandé un rapport sur les banlieues en le traitant de « mâle blanc ne vivant pas dans ces quartiers » ne représente pas vraiment la « rupture ».
Mais l’ex-ministre de la Ville puis de l’Emploi sous Jacques Chirac, et de l’Écologie sous Nicolas Sarkozy, a suscité quelques approbations. Dont celle du patron des Républicains Bruno Retailleau, qui l’a qualifié de « disruptif », en se disant ni pour ni contre, mais en soulignant qu’il n’était « ni de gauche, ni macroniste ». Un Bruno Retailleau qui a fait des adieux vibrants d’émotion aux… préfets lors d’un séminaire sur le narcotrafic, ce jeudi matin, comme le rapporte Le Parisien : « Si je devais m’éloigner de ce ministère, je ne voudrais pas que ce soit sans vous avoir dit ma gratitude, ma reconnaissance, mon admiration et mon affection. »
Manifestement, Bruno Retailleau ne se voit pas dans le futur gouvernement. Parce que de gauche ?
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Les gauches divisées sur la stratégie à mener
Ira, ira pas ? Si la nomination d’un ou d’une Premier(e) ministre issue de la gauche relève, formellement, du choix du président de la République, Emmanuel Macron pourrait finir par y être contraint. Une option qu’il a toujours refusée avec entêtement, bien que la coalition du Nouveau front populaire (NFP) soit arrivée en tête le 7 juillet 2024 à l’issue du second tour des législatives anticipées.
L’hypothèse est sur la table, mais le paysage au sein des gauches est morcelé et des différences stratégiques majeures éclatent. La menace de l’extrême droite, de plus en plus avide de pouvoir, ressoudera-t-elle les rangs ? À voir.
« Mener une politique
de progrès »Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion, mercredi, tous les représentants des formations de gauche, à l’exception notable de la France insoumise, se sont déclarés « prêts à gouverner ensemble pour mener une politique de progrès social et écologique et de justice fiscale, où nous redonnerons toute sa place au Parlement ». Du côté des insoumis, la stratégie est de pousser le président de la République à la démission. Mais sa motion de destitution d’Emmanuel Macron, soumise au Bureau de l’Assemblée, a été jugée irrecevable mercredi. La présidente des députés de la France insoumise, Mathilde Panot, a assuré que son groupe censurerait « tout gouvernement qui continuerait la politique macroniste », estimant qu’Olivier Faure n’obtiendrait « que des miettes » en négociant avec Lecornu.
De son côté, Marine Tondelier, qui tente de rabibocher PS et insoumis, a mis en garde contre l’« ultime provocation » que constituerait la nomination d’un Premier ministre macroniste. Il ne « ne tiendrait pas une minute. Ils le savent, on le sait, tout le monde le sait, donc on va arrêter de faire semblant. La seule solution aujourd’hui, c’est un premier ministre de gauche et écologiste », qui aurait « un soutien populaire », a-t-elle assuré, plaidant pour « une cohabitation ». Elle a précisé qu’être en cohabitation signifiait avoir « un gouvernement avec des ministres issus des groupes de gauche et écologistes », écartant l’hypothèse de tout ministre macroniste au gouvernement.
La perspective d’une suspension de la réforme des retraites, premier pas vers son abrogation réclamée notamment par le responsable du PCF Fabien Roussel (lire par ailleurs), est au cœur du débat. Une réforme rejetée par les Français et un combat cardinal à gauche et dans le mouvement social.
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![[Entretien] Fabien Roussel: «Nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites»](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2025/10/9ff48a0e8ec547b46f3c008200cfe7fa.jpg)
[Entretien] Fabien Roussel: «Nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites»
La Marseillaise : Qu’avez-vous dit ce mercredi matin à Sébastien Lecornu ?
Fabien Roussel : Nous lui avons réaffirmé, pour la troisième fois, que si nous étions là, c’est parce que nous voulons trouver des solutions pour le pays, sortir de la crise économique, sociale, mais aussi politique. Dans cet état d’esprit, nous sommes ouverts au dialogue. Mais surtout, nous lui avons redit que nous voulons un changement politique. Et nous avons réaffirmé deux points qui nous semblent essentiels : nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites et nous voulons un Premier ministre de gauche. Mais bien sûr, nous sommes prêts à travailler à des compromis, à des majorités, en laissant le Parlement travailler sans utiliser le 49.3.
Quelle réponse vous a-t-il adressée ?
F.R. : Il prend note et il dira ce soir [mercredi, Ndlr.] au président de la République s’il y a matière à construire une coalition, ou s’il faut dissoudre l’Assemblée nationale en l’absence de compromis possible ou d’accord de non-censure possible. La question de la censure se pose non pas à nous, qui sommes prêts à faire des compromis, mais plutôt aux députés Renaissance qui eux, depuis Gabriel Attal, ont toujours dit qu’ils censureraient a priori un gouvernement de gauche. Je demande aux députés Renaissance : quel prix sont-ils prêts à payer pour ne pas avoir de dissolution ? Sont-ils prêts à accepter l’abandon de la réforme des retraites qu’ils ont défendue pour donner de la stabilité au pays ? C’est à eux que je pose la question.
À quels compromis êtes-vous prêts ?
F.R. : À partir du moment où il n’y a pas de 49.3, il faut accepter qu’il y ait des débats à l’Assemblée nationale. Chaque camp doit accepter qu’il gagnera des débats, mais qu’il en perdra aussi. Chaque groupe doit accepter qu’il ne pourra pas mettre en œuvre tout son programme et rien que son programme, à moins d’avoir une majorité absolue. Le Parlement sert à cela, à construire des majorités sur des textes. Les députés de gauche et écologistes se battront tous ensemble contre le doublement des franchises médicales, et nous verront bien comment les députés de droite et d’extrême droite se positionneront. De la même manière, si l’abrogation de la réforme des retraites est soumise au vote, nous verrons bien qui la vote ou pas. Nous, nous disons qu’il y a une majorité à l’Assemblée nationale pour la voter. Et enfin, quand il y aura le débat sur la taxation du capital, via l’ISF, taxe Zucman, ou autre forme de fiscalité, en l’absence de 49.3, il y aura forcément un vote majoritaire. La gauche défendra ces mesures de justice, mais que voteront les députés du Rassemblement national, eux qui ont toujours été les alliés du capital ? L’absence de 49.3 sur tous ces sujets est quelque chose d’important qu’il faut défendre, c’est un acquis. Mais nous disons que cela ne suffit pas si nous ne pouvons pas débattre de l’abrogation de la réforme des retraites, donc nous l’avons demandé au Premier ministre Lecornu. L’abandon du 49.3 peut nous permettre tous les débats, mais pas de débattre de l’abrogation de la réforme des retraites, il n’y a que le gouvernement qui peut décider de déposer un projet de loi dessus.
Quelles sont vos lignes rouges ?
F.R. : S’il n’y a aucune possibilité de revenir sur la réforme des retraites, nous n’allons pas servir de caution à un gouvernement ultralibéral qui met en place des mesures d’austérité. Si nous n’avons aucune victoire à arracher pour le peuple, le monde du travail, nous n’avons aucun intérêt de permettre à un gouvernement de mettre en place ces mauvais coups. Nous censurerons.
Quel gouvernement de gauche est possible ?
F.R. : D’abord, il faut la nomination d’un Premier ministre issu des forces de gauche qui se sont réunies ce mardi, et qui ont toutes exprimé ce choix. Les socialistes, les écologistes, les communistes, l’Après, Génération.s, GRS : nous étions tous ensemble hier [mardi, Ndlr.] pour appeler le président de la République à nommer un Premier ministre issu de nos rangs.
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![[Entretien] Fabien Roussel: «Nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites»](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2025/10/9ff48a0e8ec547b46f3c008200cfe7fa.jpg)
[Entretien] Fabien Roussel: «Nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites»
La Marseillaise : Qu’avez-vous dit ce mercredi matin à Sébastien Lecornu ?
Fabien Roussel : Nous lui avons réaffirmé, pour la troisième fois, que si nous étions là, c’est parce que nous voulons trouver des solutions pour le pays, sortir de la crise économique, sociale, mais aussi politique. Dans cet état d’esprit, nous sommes ouvert au dialogue. Mais surtout, nous lui avons redit que nous voulons un changement politique. Et nous avons réaffirmé deux points qui nous semblent essentiels : nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites et nous voulons un Premier ministre de gauche. Mais bien sûr, nous sommes prêts à travailler à des compromis, à des majorités, en laissant le Parlement travailler sans utiliser le 49.3.
Quelle réponse vous a-t-il adressée ?
F. R. : Il prend note et il dira ce soir [mercredi, ndlr] au président de la République s’il y a matière à construire une coalition, ou s’il faut dissoudre l’Assemblée nationale en l’absence de compromis possible ou d’accord de non-censure possible. La question de la censure se pose non pas à nous, qui sommes prêts à faire des compromis, mais plutôt aux députés Renaissance qui eux, depuis Gabriel Attal, ont toujours dit qu’ils censureraient a priori un gouvernement de gauche. Je demande aux députés Renaissance : quel prix sont-ils prêts à payer pour ne pas avoir de dissolution ? Sont-ils prêts à accepter l’abandon de la réforme des retraites qu’ils ont défendue pour donner de la stabilité au pays ? C’est à eux que je pose la question.
A quels compromis êtes-vous prêts ?
F. R. : A partir du moment où il n’y a pas de 49.3, il faut accepter qu’il y ait des débats à l’Assemblée nationale. Chaque camp doit accepter qu’il gagnera des débats, mais qu’il en perdra aussi. Chaque groupe doit accepter qu’il ne pourra pas mettre en oeuvre tout son programme et rien que son programme, à moins d’avoir une majorité absolue. Le Parlement sert à cela, à construire des majorités sur des textes. Les députés de gauche et écologistes se battront tous ensemble contre le doublement des franchises médicales, et nous verront bien comment les députés de droite et d’extrême droite se positionneront. De la même manière, si l’abrogation de la réforme des retraites est soumise au vote, nous verrons bien qui la vote ou pas. Nous, nous disons qu’il y a une majorité à l’Assemblée nationale pour la voter. Et enfin, quand il y aura le débat sur la taxation du capital, via l’ISF, taxe Zucman, ou autre forme de fiscalité, en l’absence de 49.3, il y aura forcément une vote majoritaire. La gauche défendra ces mesures de justice, mais que voteront les députés du Rassemblement national, eux qui ont toujours été les alliés du capital ? L’absence de 49.3 sur tous ces sujets est quelque chose d’important qu’il faut défendre, c’est un acquis. Mais nous disons que cela ne suffit pas si nous ne pouvons pas débattre de l’abrogation de la réforme des retraites, donc nous l’avons demandé au Premier ministre Lecornu. L’abandon du 49.3 peut nous permettre tous les débats, mais pas de débattre de l’abrogation de la réforme des retraites, il n’y a que le gouvernement qui peut décider de déposer un projet de loi dessus.
Quelles sont vos lignes rouges ?
F. R. : S’il n’y a aucune possibilité de revenir sur la réforme des retraites, nous n’allons pas servir de caution à un gouvernement ultra-libéral qui met en place des mesures d’austérité. Si nous n’avons aucune victoire à arracher pour le peuple, le monde du travail, nous n’avons aucun intérêt de permettre à un gouvernement de mettre en place ces mauvais coups. Nous censureront.
Quel gouvernement de gauche est possible ?
F. R. : D’abord, il faut la nomination d’un Premier ministre issu des forces de gauche qui se sont réunies ce mardi, et qui ont toutes exprimé ce choix. Les socialistes, les écologistes, les communistes, l’Après, Génération.s, GRS : nous étions tous ensemble hier [mardi, ndlr] pour appeler le président de la République à nommer un Premier ministre issu de nos rangs.
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À gauche, trois partis décidés à relever le défi
« Je pense que le temps est venu de passer à la gauche, on a essayé quand même trois Premiers ministres de droite successifs » : plaide Olivier Faure, premier secrétaire du PS, mardi soir sur le plateau de France 2. Rebondissant sur les propos tenus peu avant le 20h par Élisabeth Borne qui s’est dite ouverte à une « suspension » de la réforme des retraites qu’elle avait fait adopter en 2023, il savoure : « Celle qui a été l’initiatrice même de cette réforme dit que cette réforme doit être suspendue. C’est un réveil tardif, mais positif. »
Il rencontre aujourd’hui Sébastien Lecornu à Matignon à 10h. Puis ce sera au tour des Ecologistes à 12h15, avant le PCF. Des rendez-vous durant lesquels les dirigeants des trois partis de gauche vont réaffirmer leur volonté de voir la gauche accéder à Matignon. Une stratégie définie lors d’une réunion dans la journée de mardi au terme de laquelle un communiqué commun a été publié par les trois partis politiques et la Gauche républicaine et socialiste, L’Après, Génération Ecologie, Debout ! « Emmanuel Macron doit nommer à Matignon un premier ministre et un gouvernement de gauche et écologiste », ont-ils écrit.
Ensemble, ils « condamnent l’acharnement présidentiel à refuser le changement de cap politique demandé par nos concitoyens » et affirment : « Nous sommes prêts à gouverner ensemble pour mener une politique de progrès social et écologique et de justice fiscale où nous redonnerons toute sa place au Parlement ». « Nous sommes, forces de gauche et écologistes, prêts à travailler ensemble », martèle Fabien Roussel, secrétaire national du PCF qui rappelle qu’« Emmanuel Macron porte l’entière responsabilité de la situation dans laquelle nous sommes. 8 ans de choix politiques contre les intérêts des Français qui nous ont menés dans l’impasse que nous connaissons aujourd’hui ». « Le camp macroniste nous fait tourner en rond depuis un an. Il est plus que temps de passer à autre chose », renchérit Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV.
Et pour des législatives…Les Insoumis ont, eux, refusé de rencontrer Sébastien Lecornu. « Le Premier ministre démissionnaire veut nous recevoir avec Manuel Bompard. Nous n’irons pas. Nous n’avons rien à négocier avec la Macronie agonisante », a ainsi tweeté Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale. Et d’ajouter : « Maintenant Macron doit partir, et vite ». Avec l’appel à une présidentielle anticipée d’Edouard Philippe, LFI se « rapproche de son objectif », a estimé Jean-Luc Mélenchon interrogé par l’AFP. « Cette hypothèse, qui était encore à zéro avant-hier, a maintenant une réalité politique », a-t-il développé.
« Face à une recomposition politique qui s’accélère par une concrétisation d’une alliance entre la droite et l’extrême droite, notre responsabilité à nous est de trouver le chemin de l’unité dans le périmètre qui était celui du Nouveau Front Populaire » a affirmé pour sa part le groupe communiste de l’Assemblée nationale. Il fait mention de la consigne de vote donnée dans la journée par Retailleau sur une législative partielle dans le Tarn-et-Garonne où une socialiste affronte un candidat un candidat du parti d’Éric Ciotti – « pas une voix pour la gauche » – et qui a provoqué de nombreuses condamnations. Et le communiqué d’ajouter : « notre groupe participera donc à l’ensemble des discussions qui permettront d’avancer en ce sens, quel qu’en soit le format ».
Concrètement, le député communiste Nicolas Sansu a participé à la réunion organisée en matinée entre une délégation de la France insoumise, des écologistes et de Générations/L’Après. Réunion au terme de laquelle un communiqué signé EELV affirme : « Nous souhaitons permettre que soient présentées des candidatures porteuses du programme du Nouveau Front Populaire dans toutes les circonscriptions ». Et d’annonce une nouvelle réunion dans ce sens aujourd’hui.
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La gauche cherche la voie en ordre dispersé
Tout ça est un peu triste. C’est vraiment les derniers messages d’un monde politique qui est en train de s’effondrer et qui s’accroche comme une moule à son rocher », a commenté en fin de journée Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, lorsque Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire est revenu par la fenêtre.
Un peu plus tôt, c’est elle qui avait mis fin au suspense en annonçant que la réunion proposée par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon aux autres partis de gauche n’aurait pas lieu. « Ça paraît assez évident que le Parti socialiste (…) ne va pas accourir chez la France insoumise comme si de rien n’était. Ce qui a été dit et fait ces derniers temps laisse des traces », justifiait cette dernière en référence aux relations tendues entre insoumis et socialistes.
LFI pousse pour sa motion de destitution de MacronDans l’esprit des dirigeants insoumis, cette réunion proposée aux autres partis de gauche pour répondre à « une situation politique sans précédent », devait permettre « d’envisager toutes les hypothèses ouvertes par cette situation », précisait Jean-Luc Mélenchon.
L’occasion surtout de remettre sur la table une motion de destitution du président de la République « déposée par 104 parlementaires » qui doit être examinée par le bureau de l’Assemblée nationale mercredi. « Chaque formation politique sera mise au pied du mur de ses responsabilités », glisse le député de Marseille, Manuel Bompard, sans préciser le peu d’espoir de voir cette démarche aboutir.
Tout au long de la journée, le Parti socialiste est resté mutique face à l’invitation. « Ce n’est pas à Jean-Luc Mélenchon de nous convoquer, ça c’est certain », a commenté sur BFMTV Arthur Delaporte, porte-parole du PS, ajoutant : « Aujourd’hui s’il s’agit de constituer un gouvernement de gauche, la présence de LFI fera qu’il sera censuré immédiatement. »
Si le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est contenté de saluer la décision de Sébastien Lecornu sur X, un « gaulliste » qui vient de « démissionner avec dignité et honneur », le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, un de ses proches, est allé plus loin : « Nous rencontrerons dans les prochaines heures nos partenaires politiques de gauche et des Écologistes, de Place Publique au Parti communiste, qui partagent avec nous la même volonté de gouverner et agir, pour trouver l’issue à cette crise politique. »
à l’exception de la France insoumise, l’ensemble des forces politiques de gauche ont plaidé toute la journée pour l’instauration d’une cohabitation avec la nomination d’un Premier ministre de gauche, autour d’un mot d’ordre et trois scénarios : dissolution, démission ou cohabitation.
Matignon ou les urnes« La crise démocratique est inédite face à l’incompétence de ceux qui dirigent le pays depuis 8 ans : Emmanuel Macron mène le pays dans l’impasse ! Pour en sortir, qu’il nomme enfin la gauche. Sinon, retournons aux urnes », a ainsi lancé sur X, le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel. « Nous discuterons avec l’ensemble des forces de gauche pour que la gauche, le moment venu, soit prête à gouverner ou en cas de dissolution à se présenter », abonde Ian Brossat. « La solution c’est qu’on ait un président de la république qui arrête de faire n’importe quoi et consente à entendre ce que demandent les Français et leur volonté de changement ».
La députée Clémentine Autain (L’Après) appelait de son côté à « un sursaut » : « Il nous faut un accord politique durable entre toutes les forces de gauche et écologistes ». EELV a justement convié les chefs des différents partis à une nouvelle réunion ce mardi matin.
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On prend les mêmes et on recommence
Preuve des difficultés de Lecornu : ce n’est qu’une partie de son gouvernement qui a été annoncée dimanche soir au terme d’un week-end théâtral au terme duquel LR a donné son feu vert après que le président du parti, Bruno Retailleau, ait remporté une nouvelle manche contre Laurent Wauquiez qui s’était prononcé contre la participation au gouvernement. Beaucoup de bruit pour… pas grand-chose : pas de nouveau nom issu des rangs LR dans cette première salve de nominations. Résultat : « La composition du Gouvernement ne reflète pas la rupture promise. Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque demain matin le comité stratégique des Républicains », a twitté Bruno Retailleau dans la soirée.
Sur le papier, les 18 ministres nommés permettront à Sébastien Lecornu de faire son discours de politique générale mardi et se retrouvent ce lundi à 16h pour un premier conseil des ministres. Avec une feuille de route qui creuse le même sillon. Dans une lettre transmise aux dirigeants du camp présidentiel et des Républicains dans la nuit de samedi à dimanche, Sébastien Lecornu estime que l’effort doit porter « essentiellement sur la réduction de la dépense publique ». S’il annonce des baisses d’impôts – « pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises » – il assure également pouvoir dégager 2,3 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Comment ? En luttant contre la fraude au sujet de laquelle il promet une loi rapide.
Haro sur les dépenses publiquesMais alors que le scandale de blanchiment de fraude fiscale par des investisseurs étrangers avec la complicité de banques françaises qui aurait coûté des dizaines de milliards au fisc français a encore défrayé la chronique la semaine dernière, Sébastien Lecornu se penche sur la fraude aux prestations sociales qui fait tant fantasmer la droite. « Ordonnances sécurisées pour limiter les prescriptions abusives, obligation de consulter un dossier médical partagé avant certains actes coûteux, versement du chômage uniquement sur des comptes bancaires domiciliés en Union européenne… », écrit-il dans sa lettre, avec une conclusion limpide : « Chaque euro de la solidarité nationale doit aller à ceux qui y ont droit. » À cela s’ajoute le paragraphe consacré à la sécurité et l’immigration. « La sécurité du quotidien et la lutte contre les incivilités continueront d’être une priorité majeure », écrit ainsi Sébastien Lecornu, comme la lutte « contre l’immigration irrégulière par la mise en œuvre de solutions techniques et efficaces ».
Censure ?Autant d’éléments qui complètent mesures déjà énoncées comme la volonté d’augmenter les salaires en réduisant la part consacrée au financement de la sécurité sociale et l’assurance maladie, et qui montre que le cap libéral contesté dans la rue et dans les urnes est bien maintenu.
« Nous nous dirigeons tout droit vers la censure » si « la donne ne change pas », a martelé samedi le premier secrétaire du PS Olivier Faure, la numéro 2 du parti, Johanna Rolland, annonçant dimanche que les socialistes voudront « très probablement déposer leur propre motion ». La patronne des Écologistes Marine Tondelier dit avoir « pris contact avec tous les groupes pour être l’auteur d’une motion de censure unitaire, fédérative ». Les insoumis qui répètent depuis vendredi qu’ils seront à l’initiative d’une motion de censure dès mardi ont affirmé dimanche via le coordinateur national Manuel Bompard qu’ils avaient « proposé aux députés écologistes, aux députés communistes et même aux députés socialistes de la cosigner ». Quant à Fabien Roussel, il prévient dans un entretien accordé dimanche à L’Humanité si Sébastien Lecornu « ne permet pas au Parlement de retrouver ses pouvoirs, notamment pour abroger la réforme des retraites, les députés communistes voteront en faveur de la censure ».

