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  • [Rue de la République] Sébastien Barles : « Deux listes à gauche à Marseille, c’est une oxygénation démocratique »

    [Rue de la République] Sébastien Barles : « Deux listes à gauche à Marseille, c’est une oxygénation démocratique »

    les Municipales

    Didier Gesualdi : Serez-vous candidat à la mairie de Marseille ?

    Aujourd’hui, nous avons monté avec des militants écologistes qu’ils viennent des Verts ou de l’extérieur, des citoyens actifs pour la transformation de la ville, un collectif qui s’appelle Vaï Marseille. On part du constat que la question écologique est reléguée dans notre ville, mais plus largement au plan national et qu’il faut la remettre au cœur du débat public, avec des propositions que l’on souhaite formuler dans le cadre de la future campagne notamment.

    Didier Gesualdi : En tête de liste ? Derrière ? À côté ? Vous avez pris votre décision ?

    Vaï veut s’impliquer dans la campagne en tout cas, c’est évident. On a une assemblée le 6 novembre pour arrêter la stratégie. On pense qu’au bout de cinq ans d’exercice du pouvoir, si on en tire un bilan, on peut considérer que le chantier de la réparation de Marseille a été entamé. On a pris à bras-le-corps le chantier des écoles, qui étaient la honte de la République. On a assaini l’administration qui aujourd’hui fonctionne. Dieu sait que l’héritage était compliqué.

    Didier Gesualdi : Vous avez un pied hors du Printemps marseillais, mais pas encore les deux ?

    Ce que je veux dire, c’est que le chantier de la réparation de la ville a été pris en compte, mais pas celui de sa transformation. C’est la question de l’écologie, du verdissement de notre ville, de la place de la voiture, de la transformation des activités pour générer des emplois non-délocalisables. On voit bien que ce chantier a été un peu délaissé. Il y a des handicaps, certes, le fait que la Métropole ne soit pas dans nos mains, mais aussi une volonté politique qui n’est peut-être pas suffisamment forte. Ce qu’on veut réaffirmer, via le collectif Vaï, c’est la place de la question écologique.

    Léo Purguette : Cette démarche vous a valu d’être suspendu de votre parti. N’avez-vous pas le sentiment d’avoir franchi une ligne rouge ?

    Personnellement, pas du tout. Je pense que c’est un cadeau que m’a fait la direction des écologistes en me suspendant quand on voit l’état du parti aujourd’hui, enlisé dans les affaires, dans de l’entrisme, dans des guerres intestines… Je suis très content qu’avec des amis, on ait fondé ce collectif Vaï. Il produit des actions de terrain, ce que ne font plus, malheureusement, les écologistes.

    LE PARTI ÉCOLOGISTE

    Léo Purguette : Vous parlez d’entrisme chez les écologistes, de la part de qui ?

    L’entrisme, on sent que c’est téléguidé par une partie des forces du Printemps marseillais, donc c’est une perte de souveraineté pour notre mouvement. Ce ne sont pas des écologistes, ce sont des personnes qui sont des supporters du Printemps marseillais et d’abord du Printemps.

    Didier Gesualdi : Ça vient du Parti socialiste ?

    Ça, je ne peux pas le dire. En revanche, on sait qu’ils viennent pour avoir un parti écologiste le plus faible possible parce qu’on sait que, parfois, les écolos sont des empêcheurs de gérer en rond.

    Léo Purguette : Mais pourtant c’est votre parti, au niveau national, qui vous sanctionne. Il y a de l’entrisme au niveau national ?

    Non, il n’y a pas d’entrisme au niveau national, mais ce sont des jeux un peu boutiquiers. Le fait qu’il faille dealer Marseille contre Lyon ou d’autres villes pour avoir un soutien du Parti socialiste.

    Ce sont des choses que je réprouve. Souvent, notre ville a été traitée comme ça dans son histoire. C’est un rapport colonial que beaucoup de personnes et le pouvoir central ont à la ville. Les Verts qui y vivent sont intéressants parce que ce sont des paquets de cartes pour les congrès, mais s’intéresser réellement à la deuxième ville de France en y faisant exister les écologistes, c’est peut-être secondaire pour la direction nationale. Je le regrette.

    Léo Purguette : Marine Tondelier candidate à la présidentielle, vous en pensez quoi ?

    Elle a joué un rôle majeur dans la séquence du NFP, avec sincérité. Elle se confronte au RN avec courage à Hénin-Beaumont. Maintenant, sa démarche me semble un peu précipitée.

    BENOÎT PAYAN

    Didier Gesualdi : Pourquoi n’êtes-vous pas allé voir le maire, dont vous êtes l’adjoint, pour lui dire que le compte n’y est pas en matière écologique ?

    Sincèrement, pendant cinq ans, on a monté un groupe écologiste et citoyen pour se poser en aiguillon, pour convaincre le maire, la majorité, d’avancer sur ces questions. On a alerté sur des renoncements de la part du Printemps marseillais. Je pense à la réquisition des logements vacants, à la volte-face qu’on a faite sur le tout-sécuritaire et la vidéosurveillance, sur la Sodexo…

    Didier Gesualdi : Vous trouvez qu’il y a trop de sécurité à Marseille ?

    La sécurité, c’est une centrale pour les gens, le problème, c’est que le paradigme qu’on choisi est celui de la fuite en avant sécuritaire avec de la vidéosurveillance, y compris algorithmique. Elle est très dangereuse selon entre quelles mains on la met et demain, on ne sait pas dans quelles mains elle sera, avec du contrôle social potentiel. Des alertes sont émises par des spécialistes du sujet. Sur la tranquillité publique, ce qu’on dit, c’est plus de présence humaine.

    Léo Purguette : Mais le Printemps marseillais a doublé les effectifs de policiers municipaux !

    Le Printemps marseillais dit effectivement avoir doublé les effectifs, il y a de l’îlotage qui revient, mais les moyens mis sur la vidéosurveillance nous empêchent de mettre plus de moyens sur la prévention, sur les associations…

    LFI

    Didier Gesualdi : LFI fait parfois figure d’épouvantail, ça ne vous inquiète pas ?

    Je ne suis pas certain. La France insoumise peut amener des gens et ramène des gens aux urnes. On l’a vu aux européennes, une élection où peu de gens votent. Oui, LFI est dédiabolisée par une partie de la classe politique et médiatique, mais je n’arrive pas à comprendre. Ce qui me rend fou, c’est qu’il n’y a plus de digue entre la droite dite républicaine et le RN.

    Léo Purguette : La stratégie du bruit et de la fureur et la volonté de présenter des listes partout contre des maires de gauche sortants ne va-t-elle pas aboutir à faire gagner la droite et l‘extrême droite ?

    Dans ce que j’entends des responsables de la France insoumise, c’est qu’ils défendent l’arc NFP dans toutes les villes et qu’au second tour, ils choisiraient des alliances avec des forces de gauche, encore faut-il qu’elles acceptent une alliance avec eux. Je n’accepte pas les deux gauches irréconciliables.

    L’ÉCOLOGIE

    Léo Purguette : Un brouillage des repères s’installe. Fabien Perez, qui siège avec vous, organise des événements avec Christophe Madrolle, qui siège avec la droite à la Région. L’électorat écologiste y comprend-il encore quelque chose ?

    Je suis bien d’accord. Je pense que ce qui porte préjudice à ma famille politique, à ce parti qui était censé représenter l’écologie politique, c’est le fait qu’il n’y ait pas eu de clarification. Moi, je défends une écologie sociale, une écologie de la libération, une écologie qui croit en l’émancipation, une écologie de rupture qui ne peut pas cohabiter avec une écologie d’accompagnement. Même si, bien sûr, sur les territoires, on peut se mettre d’accord sur quelques mesures. Sur la Métropole, par exemple, avec Christophe Madrolle peut-être qu’on peut défendre le RER métropolitain, mais on voit bien que dans la conception économique, dans le modèle qu’on défend, ce n’est pas la même chose. Peut-être que certains voudront défendre l’hydrogène vert qui participe à une économie mondialisée et hyper-concentrée alors qu’il faut des modèles plus axés sur les besoins du territoire.

    LES ALLIANCES

    Léo Purguette : Invité sur ce plateau, Renaud Muselier nous disait qu’il vous voyait vous rapprocher de LFI. Est-ce que c’est vrai ?

    Ce qui est certain, c’est qu’on souhaite qu’il y ait un second souffle, un nouveau souffle, dans la future majorité. Très clairement, je défends une majorité qui embrasserait l’arc du NFP, donc l’ensemble des forces de gauche et citoyennes.

    Didier Gesualdi : Il a du plomb dans l’aile le NFP au plan national.

    Oui parce que, malheureusement, les forces de gauche donnent un mauvais spectacle. En revanche, le programme porté répond en partie aux colères sociales, à la justice climatique… Donc ce programme moi, j’y crois encore. Beaucoup de citoyens souhaitent cette unité des forces de gauche.

    Léo Purguette : À Marseille aussi !

    Mais à Marseille, moi je défends cet arc aussi. Après, il faut dédramatiser. On n’est pas dans un contexte national. Sur une législative, il faut s’unir presque dès le premier tour. Il faut faire front par rapport au risque RN, mais il y a deux tours et un seuil de qualification à 10%. S’il y a deux listes à gauche, ce n’est pas très gênant. Aucune ville à gauche n’a été gagnée avec une seule liste au premier tour.

    Didier Gesualdi : Vous aviez tenté l’expérience, en 2020, avec quel résultat ? Il ne vous a pas permis de vous maintenir.

    9% sur la ville. Un résultat qui nous a permis de rentrer dans la majorité. Effectivement, la division des écologistes a produit le résultat que je déplore aujourd’hui, c’est-à-dire que la question écologique a été un peu délaissée…

    Léo Purguette : Deux listes d’extrême droite se profilaient, mais il n’y en aura qu’une seule. Est-ce que cela n’alourdit pas la menace RN ?

    Il y a une vraie menace, j’en suis convaincu. La réforme du mode de scrutin doit nous responsabiliser encore plus. Une liste peut gagner à 37%. On a vu le score extrêmement élevé du RN aux européennes donc il y a une vraie menace dans notre ville. Je crois que se poser en rempart, le front républicain, ça ne marche plus. On l’a éprouvé. Malheureusement, il n’y a pas de changement. Il faut y répondre par un projet plus radical. Il faut qu’on arrive à produire une offre au premier tour, radicale, qui réponde à ceux qui sont en colère ou se trompent de colère. C’est une oxygénation démocratique pour la ville. Il faut que ce second mandat soit celui de la transformation de notre ville. On voit la montée du techno-fascisme partout, il faut que les territoires soient des espaces de résistance, des laboratoires d’autonomie. Notre ville peut être celle du cosmopolitisme.

    LE VOTE RN

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous dites aux Marseillais qui votent massivement RN dans des quartiers dans lesquels on ne s’y attend pas forcément, comme les Accates ou la Valentine ? Ils sont loin de vos préoccupations écologiques, non ?

    Je n’en suis pas certain. Je me souviens justement d’avoir manifesté aux Accates pour la préservation des terres naturelles, à la Valentine contre une plateforme logistique et le tout-camion. Il y avait des CIQ, des riverains et peut-être que parmi eux, il y avait des personnes qui votent RN. Je pense que c’est par la proximité, la radicalité, la rupture avec un modèle libéral-productiviste, dont ils ne peuvent plus et qui est géré par des politiques de gauche comme de droite de la même façon. Il faut répondre à ces colères-là.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Joseph Camilleri :

    Bonjour, pourquoi ne pas imaginer d’envisager que les bateaux de croisière ne puissent accoster aux abords de l’Île du Frioul plutôt que le port, afin d’éviter les tonnes de CO2 ? Merci.

    Il y a une vraie dépossession des Marseillais au niveau du Port. On voit bien qu’il y a un ras-le-bol de ce tourisme de masse des croisiéristes et qu’il faut imaginer un autre modèle. Il faut donc un scénario de sortie du croisiérisme qui ne doit pas être qu’à Marseille, mais sur la Méditerranée. On voit bien que d’autres villes, Venise, Naples, Gênes, Barcelone… ont imaginé une sortie de ces navires de leurs ports. Il faut des alternatives à ce modèle de tourisme insoutenable. Ça passe par une réglementation de la taille des navires et une reconversion. Je pense qu’on peut imaginer des activités autour des énergies marines comme l’énergie houlomotrice, on a des chercheurs à Marseille qui travaillent là-dessus. Ça passe aussi par de l’économie circulaire, en utilisant le foncier du Port et y compris les travailleurs du Port pour plus de circularité. C’est à long terme, mais tout cela se planifie. Ce qui est déplorable c’est que le Port, c’est-à-dire l’État, gère ça comme un notaire, en valorisant au mieux son foncier, en allant sur un projet de croisiérisme de luxe sur le J4. C’est inconcevable que cet espace soit à moitié privatisé avec d’un côté les ultra-riches, qui auraient leur super vue, et de l’autre les Marseillais qui auraient une perspective entravée par des gros navires.

  • LR et Horizons offrent sa première victoire au RN

    LR et Horizons offrent sa première victoire au RN

    C’est un précédent à forte portée symbolique. Pour la première fois, un texte présenté par le Rassemblement national a été adopté dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une résolution visant à « dénoncer » les accords franco-algériens de 1968. Un texte aux relents racistes et dont les défenseurs, nostalgiques de la colonisation et de l’Algérie française, ont déversé leur haine en direct : « Nous voulons que les Sénégalais, les Maliens, les Marocains, les Australiens, aient les mêmes droits que les Algériens en France. Est-ce que c’est ça du racisme ? » vocifère à la tribune le député lepéniste Guillaume Bigot, lançant « vous êtes le parti de l’Algérie » à la gauche.

    « Avant, vos slogans, c’était la haine des juifs. Hier, les juifs, aujourd’hui, les Arabes. Et demain, à qui le tour ? (…) Vous ne changerez pas et c’est pourquoi ce matin, comme hier, comme demain, vous nous trouverez toujours en travers de votre route », rétorque le député socialiste Laurent Lhardit. Vent debout, la gauche de l’hémicycle a, à chaque prise de parole, rappelé le parti à la flamme à son histoire et son projet idéologique. « Nous n’avons jamais trahi ni renoncé, contrairement à ceux qui sont les héritiers de la collaboration avec le nazisme, qui sont les héritiers de l’OAS qui a tenté d’exterminer le Général de Gaulle ! », tempête le député insoumis Matthias Tavel.

    Cette résolution, non contraignante, avait pour but d’entraîner le socle commun, qui ne cesse de dénoncer cet accord – de Bruno Retailleau, à Gabriel Attal en passant par Édouard Philippe –, dans un piège : renier ses positions ou collaborer avec l’extrême droite. Les soutiens du président ont choisi la deuxième option. « Quand le RN porte des projets ou des convictions que nous partageons, il n’y a aucune raison d’être dans des postures politiciennes et de ne pas voter ce que nous voulons pour notre pays », justifie le patron des députés Les Républicains, Laurent Wauquiez. Ainsi, LR et Horizons, le parti de l’ancien Premier ministre, ont voté en faveur de ce texte, qui a été adopté à une voix près : 185 voix pour, 184 contre.

    « Pourquoi faire sauter

    la digue ? »

    Si des voix de gauche manquaient à l’appel, le camp présidentiel a carrément déserté l’hémicycle offrant de fait, une victoire « historique » au parti à la flamme, qui s’en targue. Cette adoption a fini de semer le trouble au sein du camp présidentiel. Marine Le Pen, elle, fanfaronne. « Chers collègues d’Horizons et LR, pourquoi apportez vos votes au RN ? Vous pouvez aussi vous abstenir ! Pourquoi faire sauter la digue ? », s’agace le député Renaissance Ludovic Mendes. Tandis que le Premier ministre propose de « renégocier » cet accord, en marge d’un déplacement dans la Manche.

    Puis, les députés ont rejeté l’article unique de la proposition de loi « visant au rétablissement du délit de séjour irrégulier » à l’issue d’un débat houleux. « Pendant le Covid, quand vous étiez tous renfermés dans vos appartements, qui allait ouvrir les magasins ? Qui allait livrer les marchandises ? Qui est mort du Covid sans protection ? C’était les salariés sans-papiers ! », fulmine le chef du groupe communiste Stéphane Peu. « S’il y a UNE urgence dans le pays, c’est que ceux qui travaillent, qui par leur sueur font fonctionner ce pays, soient régularisés », poursuit-il sous les applaudissements de ses pairs.

    EN BREF

    Le Sénat rejette la nationalisation d’ArcelorMittal

    Le Sénat a rejeté à 107 voix pour et 235 contre la proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal portée par le groupe PCF lors de sa niche parlementaire jeudi. « La nationalisation n’est plus une option, elle est devenue une nécessité ; économique pour planifier la décarbonation de la filière, industrielle pour garantir nos approvisionnements stratégiques et enfin sociale pour protéger les travailleurs », a poussé la présidente du groupe Cécile Cukierman, alors que des salariés siégeaient en tribune. « Nationaliser, ce n’est pas sauver, c’est différer. C’est traiter un symptôme sans s’attaquer à la cause », justifie le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin. L’hémicycle n’a pas non plus adopté la proposition de loi visant à introduire une tarification incitative sur la fiscalité des déchets.

  • La fiscalité des plus riches au cœur des débats

    La fiscalité des plus riches au cœur des débats

    Du fait de l’opposition résolue du bloc central, de la droite et du RN, la taxe Zucman aura du mal à être votée, que ce soit dans sa forme initiale (un impôt minimum de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros) ou modifiée (3% à partir de 10 millions d’euros, mais en excluant les entreprises innovantes et familiales).

    Si Sébastien Lecornu s’est dit devant les députés LR opposé à « toucher à la vache » (le patrimoine professionnel), il ne s’est en revanche pas opposé à discuter du « partage du lait » (les revenus générés). D’autant que le PS menace l’exécutif de censure s’il n’évoluait pas sur le sujet. Un amendement pourrait donc être encore présenté par le gouvernement au moment des débats. Selon un cadre socialiste, un compromis est possible entre la taxe proposée par le PS, l’impôt sur la fortune financière réclamé par le RN et la taxe sur les holdings défendue par le bloc central.

    Impôt universel voté

    Mercredi, après l’adoption à l’Assemblée de taxes visant les grandes entreprises, le gouvernement et la droite se sont alarmés d’une « surenchère fiscale ». le ministre de l’Économie Roland Lescure a fustigé le vote mardi de la gauche et du RN d’un « impôt universel » sur les multinationales. Cette mesure, qui vise à taxer les bénéfices des multinationales proportionnellement à leur activité réalisée en France et lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscale, pourrait rapporter 26 milliards d’euros au budget de l’État, selon ses défenseurs.

    Autre mesure votée largement, cette fois-ci avec le bloc central, le doublement de la taxe Gafam, qui cible les grandes entreprises de la tech, passant de 3 à 6% en dépit de l’opposition du gouvernement inquiet d’éventuelles représailles commerciales de l’administration Trump. Roland Lescure peut au moins se réjouir que « ses appels à la prudence » aient été entendus, les députés ayant initialement soutenu en commission un taux de 15% en miroir des droits de douane infligés par les Américains.

  • Acier rouge et mains d’or

    Acier rouge et mains d’or

    L’histoire est connue : la multinationale ArcelorMittal a fait main basse sur les hauts-fourneaux, en France et en Europe, et s’est servie des infrastructures publiques et des subventions de l’État pour augmenter ses profits à moindres frais. Cette prédation s’est réalisée au détriment d’une vision industrielle stratégique à long terme et donc de l’emploi. Une fois gavée, la multinationale ferme boutique et continue à considérer l’acier comme un vulgaire produit à cash. Cette logique court-termiste de milliardaires sans scrupules met en péril les sites de production d’acier vitaux pour l’avenir de toute l’industrie. Française et européenne.

    Outil industriel

    Face à cette menace de voir disparaître leurs derniers hauts-fourneaux et peu soupçonnables d’être des révolutionnaires, les parlementaires britanniques n’ont pas craint de voter une loi pour prendre leur contrôle. Ce jeudi, la France a l’opportunité d’ouvrir le chemin de la nationalisation des actifs d’ArcelorMittal, grâce à la proposition de loi des sénateurs communistes. Ce serait, au-delà de la dimension morale après tant d’argent public offert sans aucun engagement, d’une efficacité totale pour sauver les emplois et muscler un outil industriel indispensable, qui doit absolument réussir le virage de la décarbonation.

    Il y a aussi une dimension cruciale dans cette bataille de l’acier. Les déserts industriels font le lit du vote d’extrême droite. Rien de fatal, car dans nos territoires, on veut plus que jamais, comme le chante Lavilliers « travailler encore, travailler encore, acier rouge et mains d’or ».

  • Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Et si Julien Sanchez tentait l’aventure nîmoise ? À mesure que la campagne municipale 2026 approche, le député européen et ex-maire de Beaucaire est de plus en plus présent à Nîmes. Aperçu à la feria des Vendanges, au temple de Diane, puis aux vendanges du clos de la Fontaine, il soigne son image dans la capitale gardoise, à coups de photos et de sourires calculés. Interrogé sur ses intentions par le Midi Libre, l’intéressé botte en touche : « Je ne sais pas. Pas de commentaire. » Une formule qui, dans les rangs politiques, vaut souvent confirmation.

    Car la rumeur enfle. Selon plusieurs cadres du Rassemblement national, le parti prépare minutieusement ses têtes de liste pour mars 2026. Dans le Gard, où il engrange des résultats solides à chaque scrutin, le RN veut transformer l’essai. « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou sera RN », a lancé récemment le député Yoann Gillet, laissant entendre que le parti vise haut. Et pour conquérir une ville de plus de 150 000 habitants, Julien Sanchez apparaît comme le profil le plus « sérieux et crédible ».

    Un terreau favorable

    À 42 ans, dont plus de vingt passés au sein du parti lepéniste, Julien Sanchez coche toutes les cases d’un candidat stratège. Élu maire de Beaucaire en 2014 à la surprise générale, il a été réélu dès le premier tour en 2020, avant de rejoindre le Parlement européen quatre ans plus tard. En parallèle, il a consolidé ses liens avec la direction du RN, multipliant les apparitions aux côtés de Jordan Bardella, comme lors de l’inauguration de sa permanence en novembre 2024.

    Mais à Nîmes, le terrain reste à défricher. L’électorat frontiste y est important, sans avoir encore permis une conquête municipale. La division du camp de droite, entre Franck Proust et Julien Plantier, pourrait offrir une opportunité inédite. Après vingt-cinq ans de règne de Jean-Paul Fournier, la ville s’apprête à tourner une page politique. Dans ce contexte, l’« embuscade » de Sanchez intrigue autant qu’elle inquiète ses adversaires. S’il officialise sa candidature, Julien Sanchez tentera de rejouer le scénario de Beaucaire : celui d’un outsider passé au premier plan. Un pari risqué, mais calculé. Et à Nîmes, où les équilibres politiques vacillent, l’ombre du RN n’a sans doute jamais été si menaçante.

  • Combattre l’extrême droite et l’uniformisation

    Combattre l’extrême droite et l’uniformisation

    Alors que ces dernières années l’extrême droite a mis le grappin sur plusieurs médias – Cnews, Europe 1, Paris Match, etc. -, un phénomène bien documenté, on connaît moins sa bataille contre le monde de l’édition. À l’instar de Vincent Bolloré, milliardaire ayant racheté Hachette après avoir vendu Editis à Daniel Kretinsky. Au risque de mettre à mal le pluralisme. « Une profession, quand elle n’est pas organisée, pas structurée, pas consciente des enjeux de transformation des métiers, ne peut pas lutter contre toute politique de contamination qui arrive », précise Stéphanie Le Cam, maître de conférences en droit privé à l’Université Rennes 2 et directrice de la ligue des auteurs professionnels. Une contamination brune qui a déjà fait des victimes. Notamment la collection Fayard, qui vient de publier la biographie de… Jordan Bardella. « Un monument qui s’est écroulé », soupire David Demartis, éditeur aux Éditions du Murmure.

    Parallèlement à ces attaques de l’extrême droite, l’édition est également aux prises, depuis quelques années, avec un phénomène d’uniformisation, les grands distributeurs privilégiant ce qui fait vendre. « Le phénomène de best-sellerisation n’a jamais été aussi présent chez les gros éditeurs, qui veulent systématiquement faire des coups. Au début des années 90, nous étions à 3 500 nouveautés à l’année. Aujourd’hui, nous sommes passés à 60 000. Il y a donc une massification de la production, on sature l’espace. On ne sait pas vers quoi le public va se diriger mais si ça marche, les techniques d’impression permettront de faire un stock rapide », souligne David Demartis. Attirés par l’appât du gain, les distributeurs mettent à mal la diversité. « Il y a la volonté de prendre le moins de risques possibles, donc sur une publication très originale, singulière au point que le risque économique est beaucoup plus grand, on a tendance peut-être effectivement à chercher à atténuer tout ça », confirme Stéphanie Le Cam.

    « Prise de conscience »

    Deux phénomènes qui mettent à mal les petites structures. Au risque de définitivement les condamner ? « Il y a une prise de conscience. Aujourd’hui des structures sont de plus en plus capées et ont compris ces enjeux de transformation, de concentration, de politique et donc sont en mesure de répondre mais avec des moyens qui sont, soyons clairs, insuffisants financièrement », reprend Stéphanie Le Cam. Une résistance à l’œuvre qui passe notamment par les médiathèques et libraires, « nos alliés et en première ligne, puisque c’est eux qui vont recevoir par exemple ces bouquins à la vente ou à la prescription », fait valoir David Demartis. Le combat ne fait que commencer.

  • La menace de l’extrême droite omniprésente dans le Var

    La menace de l’extrême droite omniprésente dans le Var

    Dans un département qui a envoyé lors du dernier scrutin électoral six députés RN sur sept à l’Assemblée nationale, la menace de l’extrême droite plane sur pas mal de clochers varois. D’autant que les digues sont en train de sauter sous l’effet de prises de parole chez LR allant plus dans le sens de l’union des droites que du front républicain dynamité par Bruno Retailleau lui-même. Le Rassemblement national espère donc profiter de cette ambiance délétère pour jouer les trouble-fêtes partout où il le pourra. Avec hélas des chances de succès dans les deux plus grandes villes du Var que sont Toulon et La Seyne, si l’on n’y prend garde.

    Dans le Port du Levant pour commencer, la seule circonscription qui ne soit pas tombée dans le giron du parti à la flamme fasciste, c’est Laure Lavalette, l’une des porte-parole de Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle, qui entend bien prendre la ville. Habituée des plateaux télé et bénéficiant d’un public dans la ville préfecture qui l’interpelle par son prénom, elle compte bien cacher derrière son sourire tout ce qui pourrait l’empêcher de briser le plafond de verre, y compris l’idéologie de son parti.

    Pour y faire face, à droite, le candidat LR Michel Bonnus, sorti du bois très tôt, souhaite lui aussi capitaliser sur son capital sympathie plutôt que de s’aligner sur Paris, pour essayer d’attirer au-delà de son propre camp. Pour ce faire, il vient la semaine dernière sous la pression de la gauche de clarifier sa position, en précisant que face au RN il voterait sans hésiter pour un candidat socialiste contrairement à son mentor et secrétaire général du parti Les Républicains.

    Il faudra également compter avec la participation de la maire sortante sans étiquette Josée Massi qui continue à gérer la ville mais n’a probablement pas dit son dernier mot. Elle est en effet à même de créer la surprise avec une liste renouvelée en entraînant derrière elle un électorat centriste rassuré par la rigueur et la loyauté de celle qui a su dans la tourmente rester droite dans ses bottes. Et lui reconnaissant aussi, son aptitude à écouter son opposition progressiste.

    La gauche a de son côté, avec Toulon en Commun, l’atout de l’unité, avec sous sa bannière le rassemblement de toutes les composantes des partis qui s’en réclament (hormis LFI, pour l’instant) élargie aux forces syndicales, associatives et citoyennes. Une équipe menée par la socialiste Magali Brunel désignée par l’Assemblée populaire souveraine. C’est l’instance où toutes les décisions sont prises dans la transparence. Une liste solidaire, écologiste et citoyenne à même de rassembler largement au-delà du camp des progressistes.

    À La Seyne, en revanche, le rassemblement de ce côté de l’échiquier politique n’est pas pour l’heure complètement scellé. Mais on voit mal la gauche, alors qu’elle est capable de reconquérir l’ex-Cité des Chantiers, s’embourber dans des querelles d’ego. Gageons que l’esprit de responsabilité guide les pas de tout le monde.

  • Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    En mars, 151 conseils municipaux seront renouvelés dans le Vaucluse. Sans faire injure à Saint-Léger-du-Ventoux et sa trentaine d’habitants, les regards se tourneront ailleurs. Dans la préfecture Avignon, les jeux sont très ouverts depuis l’annonce surprise de Cécile Helle, maire (PS) depuis 2014, de ne pas briguer un 3e mandat. Sa majorité sortante se divise pour l’heure entre plusieurs candidats possibles : David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) tandis que le Premier adjoint, Claude Nahoum soutient le néophyte Benoît Belvalette (Place publique). Tous martèlent que l’union est indispensable. Mais derrière qui ? Chez les insoumis, Mathilde Louvain a été désignée tête de liste. Le camp du centre et de la droite est aussi éclaté avec Olivier Galzi (SE), Stephan Fiori (DVD) – qui sont candidats officiels – et les deux Julien, Paudoie (bloc macroniste) et Aubert (LR) qui lambinent. Enfin, la cheffe de file de l’opposition RN, Anne-Sophie Rigault a de nouveau été investie.

    L’extrême droite, après avoir soutenu 13 candidats en 2020, compte bien tripler ses représentants. Le RN a ainsi investi Christian Richaud à Carpentras, Franck Marest à Bollène et a dévoilé des représentants à Monteux, Vedène ou Entraigues-sur-la-Sorgue, où le sortant (PCF) Guy Moureau ne s’est pas encore prononcé. Autant de communes susceptibles de basculer comme avant elles Le Pontet, Camaret puis Morières. Les trois maires RN sortants se représentent. Au Pontet, un front républicain du PCF au centre droit se construit derrière Jean-Firmin Bardisa. Le sortant RN Joris Hébrard affrontera aussi son 1er adjoint, Patrick Suisse… À Morières, Annick Dubois (PS) est pressentie pour mener l’union de la gauche. Fief de l’extrême droite depuis 1995 avec les Bompard père puis fils, Orange est suspendue à une décision de justice prévue en décembre, qui pourrait rendre inéligible le maire (Ligue du sud) Yann Bompard et la toujours députée RN Marie-France Lorho. En froid, les deux élus sont des candidats potentiels. En face, une tentative de large alliance gauche et droite a échoué cet été. À Carpentras, le maire (DVG) Serge Andrieu a été donné en tête d’un récent sondage, talonné par son prédécesseur Francis Adolphe (ex-PS). L’extrême droite est divisée avec la candidature de l’élu d’opposition Bertrand de la Chesnais, (ex-RN et Reconquête). À Bollène aussi, l’extrême droite devrait partir à plusieurs entre le RN et possiblement l’ex-maire Marie-Claude Bompard. Le maire (SE) Anthony Zilio devrait se représenter. À Cavaillon, c’est encore morne plaine pour tenter de succéder à Gérard Daudet (LR) qui n’a pas fait connaître ses intentions. Enfin, à Apt, la droite cherche un successeur à la maire sortante LR Véronique Arnaud-Deloy qui ne se représente pas. Céline Celce (Génération.s) incarnera l’union de la gauche.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Au fil des semaines et des déclarations successives de candidature, la poussière retombe progressivement sur les municipales dans les Bouches-du-Rhône. À commencer par sa ville centre, Marseille, où la campagne est déjà bien engagée alors que doit s’appliquer un nouveau mode de scrutin avec deux urnes. L’extrême droite a dégainé en premier, avec la candidature dès le mois de juin du député RN de Marignane, Franck Allisio, jouant sur la normalisation du parti lepéniste et les débauchages d’élus de secteur à droite qui se poursuivent de mois en mois.

    Dans une ville où un tiers des électeurs, lors des derniers scrutins nationaux, votaient pour l’extrême droite, le sénateur Stéphane Ravier lui a enlevé une épine du pied en se retirant de la course début octobre pour lui apporter son soutien. À droite, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département Martine Vassal a précipité sa candidature à la rentrée, durcissant le discours pour prendre des voix à l’extrême droite. Jusqu’à créer des tensions avec l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache, tandis que l’ex-maire des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé quitter la vie politique, refusant de la soutenir. Le docteur Frédéric Collart (DVD), candidat, se fait désormais discret. Les insoumis, approchés par l’adjoint écologiste Sébastien Barles et son collectif Vaï Marseille, ont de leur côté adapté leur calendrier au contexte national, même si le député Sébastien Delogu ne cache pas son ambition. Quant à la majorité bien en place, le Printemps marseillais retarde son entrée en campagne après une démonstration de force à la rentrée, mais a reçu le soutien des communistes et d’écologistes frappés par la mise en retrait de leur chef de file.

    Ailleurs, l’extrême droite ne cache pas ses ambitions après avoir ravi il y a un an la ville de Rognac gangrenée par les affaires, mais à l’issue seulement d’une improbable quadrangulaire. Pour débaucher maires et candidats, le RN a concocté un label « Provence qu’on aime », espérant élargir son ancrage territorial après les législatives. Dans les bastions ouvriers de Fos-sur-Mer et Port-de-Bouc, la droite locale a franchi le Rubicon en s’y ralliant. Mais à Marignane, le maire Eric Le Dissès qui s’est allié à Franck Allisio doit faire face à une large coalition menée par le maire (UCE) de Gignac, Christian Amiraty.

    Sur la Côte bleue, le maire (DVD) de Carry René-Francis Carpentier doit faire face à une multiplication de listes, dont la défection de son ex-adjointe Valérie Guarino, également vice-présidente (DVD) au Département. À Aix, Sophie Joissains (UDI) déjà candidate annoncée depuis longtemps tient encore le centre et la droite, sans autre liste face à elle dans son camp pour le moment, mais devra affronter la gauche unie, sans les insoumis.

    Ailleurs, la gauche espère conserver ses villes, notamment les bastions communistes comme Martigues où le RN se montre ambitieux. Surtout, elle espère reprendre les territoires perdus comme Arles, où Nicolas Koukas (PCF) avait réalisé de bons scores aux législatives, ou Gardanne, où elle espère l’union face à la candidature du maire (LR) sortant Hervé Granier.

  • « De plus en plus de violences sans arrestation »

    « De plus en plus de violences sans arrestation »

    « À quelques jours de la prochaine mobilisation intersyndicale, je suis extrêmement inquiet de la présence possible de groupes d’extrême droite violents à proximité de la manifestation. Comment un groupe facilement repérable, masqué, peut-il se déplacer et agir à son aise alors qu’un dispositif policier aussi important est présent ? », interroge Serge Ragazzacci dans un courrier adressé au préfet de l’Hérault au lendemain de la manifestation du 18 septembre. « Les images et les témoignages, l’agression extrêmement brutale aux Beaux-Arts nous interrogent », poursuit le secrétaire général de l’union départementale CGT de l’Hérault qui souligne, quelques lignes plus loin, que « ce n’est pas la première fois qu’à Montpellier ces groupes violents agissent. Les exactions ont même tendance à se multiplier et surtout à devenir de plus en plus violentes.  »

    Une inquiétude que vient confirmer la publication, le 16 octobre, du rapport de l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM) sur les violences perpétrées par un groupe de militants d’extrême droite lors de la manifestation du 18 septembre. Le document interroge, vidéos à l’appui, l’attitude des forces de l’ordre à l’égard des fauteurs de troubles, qui n’ont pas été inquiétés.

    « Où en est l’enquête ? »

    « La manifestation ayant été déclarée par l’intersyndicale, il faut que l’ensemble des organisations prennent connaissance des faits et qu’on en débatte ensemble », estime Serge Ragazzacci. L’intersyndicale doit donc se réunir à cet effet le 7 novembre.

    Julien Frayssinhes, co-secrétaire de Solidaires 34, syndicat membre du collectif Montpellier contre l’extrême droite, s’est déjà plongé dans le rapport documenté de l’OLM. Il se dit frappé par « l’inaction de la police ce jour-là. On a un groupe d’une vingtaine de membres de l’extrême droite qui commence, dès le matin, à intimider des lycéens en train de bloquer le lycée Joffre. Le proviseur, qui avait pourtant signalé cette présence au rectorat et aux autorités policières, a dû ouvrir le lycée pour mettre en sécurité les lycéens, faute d’intervention. Ensuite à la fin de la manif, sur la place de la Comédie, les CRS s’interposent et exfiltrent ces mêmes membres de l’extrême droite. 45 minutes après, l’un de ces hommes masqués prend violemment à partie, sur l’esplanade, des représentants de l’Observatoire des libertés de Montpellier. Encore une fois, la Bac, qui est à proximité, ne fait rien. Et tout ça finit par une agression violente aux Beaux-Arts. C’est d’une impunité totale. Qu’on laisse naviguer ces gens-là toute la journée dans la ville est très inquiétant  », estime Julien Frayssinhes. « On se demande à quoi sert le dispositif de sécurité démesuré mis en place ce jour-là, si ce n’est à dissuader les gens d’aller en manifestation. Parce que là on voit bien qu’il y a des troubles à l’ordre public qui ne sont pas contrôlés », poursuit le responsable de Solidaires 34. Qui s’interroge  : « Où en est l’enquête ? On est plus d’un mois après les faits. Dans une communication du 26 septembre, la préfecture affirme que des contrôles d’identité ont été réalisés au moment de l’exfiltration de la Comédie. Ça veut dire qu’il y a des noms. Par ailleurs sur les vidéos, on voit qu’il y a des individus en commun sur la Comédie et aux Beaux-Arts  », insiste Julien Frayssinhes. « Ce qu’on souhaite, avec l’appui du rapport de l’Observatoire des libertés, c’est que des principes soient réaffirmés.  »

    Car de façon plus générale, Serge Raggazacci et lui font le même constat  : « il y a de plus en plus d’actes de violences qui proviennent de groupes d’extrême droite sans qu’il y ait d’arrestation », observe le secrétaire départemental de la CGT 34. « Il ne faut pas tomber dans la caricature du “tous les flics sont des fachos, tout le monde déteste la police”, ce n’est pas mon credo. Mais on s’interroge légitimement sur le climat, sachant qu’il y a déjà eu plusieurs actes de violences qui pour l’instant ne font pas l’objet de suites. »

    A.G.