Tag: été

  • [C’est l’été] À la Gavotte Peyret, on cultive la vie de quartier

    [C’est l’été] À la Gavotte Peyret, on cultive la vie de quartier

    Quand on arrive dans la résidence de la Gavotte Peyret, le centre social ne s’aperçoit pas du premier coup d’œil, mais tous les habitants savent où il est. Car il est au cœur du quartier, au sens littéral et figuré, et en particulier l’été.

    Créé en 1983, dans un quartier prioritaire de la ville, le centre a toujours été ouvert l’été et permet aux jeunes et aux moins jeunes de s’occuper pendant ces deux longs mois. Car si le centre social s’occupe de la jeunesse, les seniors ne sont pas laissés-pour-compte.

    « Il y a de plus en plus de personnes âgées qui sont isolées et qui ne vont pas dans les structures traditionnelles comme les maisons du bel âge », explique Djelloul Ouaret, directeur du centre social. Des sorties ou des cafés intergénérationnels sont organisés spécialement pour eux. Cette semaine ce sont d’ailleurs les aînés qui sont partis en séjour dans les Pyrénées.

    Les minots ne sont pas pour autant en reste. Cette année, ils sont 81 à être partis en vacances : les préados dans les Alpes et les adolescents à côté du Cap d’Adge. Pour s’y inscrire, les intéressés doivent s’investir une semaine au service de leur quartier, en participant à des actions de ramassage de déchets ou repeindre des graffs. Grâce à cela, ils peuvent partir en séjour pour 20 ou 30 euros.

    S’approprier le quartier et voyager

    Des séjours qui ont permis à Emma, Hyliaa, Zahra et Jenna, 11 ans, de partir quelques jours. « Ce que j’ai préféré c’est le rafting, c’était la première fois que j’en faisais », sourit Emma. Les quatre copines viennent tous les jours au centre social « parce qu’on fait plein de choses : on est allé au Lac de Peyrolles, aux iles du Frioul, à wave land et aqualand », explique Hyliaa. Mais c’est aussi dans le quartier que les jeunes s’investissent : en faisant des fresques, des jardins partagés ou des nids pour chauve-souris.

    Aujourd’hui, c’est pour faire des crêpes et des gâteaux qu’elles sont venues. Des pâtisseries qui seront ensuite distribuées aux habitants pendant le cinéma en plein air organisé le soir même. Un événement loin d’être isolé, puisque depuis le début des vacances le centre organise régulièrement des soirées pour tout le voisinage.

    Une façon pour les jeunes de s’approprier leur quartier. Mais le centre les pousse aussi à la mobilité. « L’idée pour nous, c’est de faire découvrir d’autres lieux, car on n’est pas assignés à résidence », insiste Djelloul Ouaret. Cet été ils sont neuf de 15 à 17 ans à être partis en Tunisie pour visiter Hammamet et Tunis et pour aider à l’entretien d’une palmeraie pendant plusieurs jours. Un projet qui a motivé les jeunes durant neuf mois où il a fallu vendre des crêpes et frapper à de nombreuses portes pour trouver les financements.

    La structure aide aussi les majeurs à partir en voyage. « Les jeunes de 18 à 25 ans doivent monter un dossier, puis on les aide à faire les demandes de bourses européennes pour la mobilité, explique le directeur. Car souvent ils ne savent pas que ça existe, et les seuls qui en profitent sont les étudiants qui voyagent déjà. » Cet été cinq groupes de trois ou quatre ont pu partir en autonomie.

    Un moyen pour Djelloul Ouaret de leur montrer qu’eux aussi ont le droit de voyager.

  • Les bibliothèques d’Avignon en mode été et ménage

    Les bibliothèques d’Avignon en mode été et ménage

    Ces interventions des modifications des jours et horaires d’ouverture, voire des fermetures. Ainsi, la principale bibliothèque, Ceccano, vient de fermer et rouvrira le 1er septembre. Un laps de temps permettant un nettoyage en profondeur aussi bien du mobilier, sols que des livres et étagères. Ce mardi, la bibliothèque Renaud-Barrault rouvre après 15 jours de ménage-fermeture. À noter que les bibliothèques Pierre Boulle, Champfleury, Paul et Alice Cluchier et Saint-Chamand ne rouvriront qu’en septembre. Détail sur bibliotheques.avignon.fr

  • [C’est l’été] Des cabanons plein de souvenirs, au marché d’été

    [C’est l’été] Des cabanons plein de souvenirs, au marché d’été

    « On vend jusqu’à 200 bracelets sur mesure par jour. C’est toujours super agréable d’échanger avec les touristes, on leur donne les bons endroits où aller à Marseille. On ne sent pas le temps qui passe ! » , raconte Maria, qui travaille au marché d’été sur le Vieux-Port, pour aider Yohan, patron du cabanon. « On a beaucoup de touristes espagnols, italiens, allemands et des États-Unis », ajoute-t-elle. Le marché sur le Vieux-Port est un lieu où se croisent touristes français, visiteurs étrangers et Marseillais. Ils viennent pour acheter un souvenir ou faire passer le temps avant de prendre un bateau ou le bus.

    À la droite de l’ombrière, une trentaine de cabanons blancs se succèdent, composant une allée. « Notre stand est magnifique, je suis contente que les gens viennent goûter la vraie panisse du cabanon de l’Estaque. Les soirs de week-end, je fais aussi des chichis ! », explique Sandrine, qui remplace sa fille Elma qui d’habitude tient le stand. Elles proposent aussi des sandwichs « avec des produits locaux » et « l’aïoli de mémé Jolie », la mère de Sandrine.

    Des produits locaux

    José est venu de la capitale espagnole avec ses deux fils et sa femme pour visiter la ville. « Il fallait qu’on achète du savon de Marseille avant de partir, c’est important de soutenir les producteurs locaux et puis ça fait plaisir à ma femme, c’est tout ce qui compte ! », dit-il en rigolant. Il vient de quitter le cabanon de Stéphane et Sandrine qui vendent des savons de Marseille, « fabriqué par une petite entreprise familiale ». Ils sont présents sur le vieux port depuis 2009. « On a encore des clients étrangers, mais depuis que le lieu d’accostage des bateaux de croisière a changé, on en a perdu beaucoup », glisse Sandrine.

    « C’est mon troisième été ici, on se connaît pratiquement tous entre commerçants, il y a une bonne ambiance, c’est agréable », dit Vanya en souriant. Elle propose des bracelets, boucles d’oreilles et « je fais moi-même des vêtements colorés pour l’été ». Deux petites filles lui achètent des bracelets. L’une d’entre elles en choisit un avec un poisson qu’elle enfile directement au poignet et s’en va le sourire aux lèvres.

    Gabrielle Cartellier

  • [Week-end] Estérel Caravaning à Saint-Raphaël, le camping version luxe

    [Week-end] Estérel Caravaning à Saint-Raphaël, le camping version luxe

    Ici, pas de danse des tongs. Encore moins lors des soirées blanches, tradition bimensuelle lors de laquelle les clients se parent de blanc pour assister à un show en grande pompe, au bord de la piscine. « Je n’ai jamais été invitée aux soirées d’Eddie Barclay, alors j’ai voulu faire pareil. Et en mieux, vous allez voir », parie Aurore Laroche, instigatrice de ces moments voluptueux. Surtout en cette soirée des 50 ans d’Esterel Caravaning, pour laquelle la directrice n’a pas lésiné sur les moyens afin d’offrir un spectacle digne d’un grand cabaret mêlant chant, danse, musique, dans une scénographie époustouflante, loin de l’idée qu’on se fait du camping.

    Un site « hors-norme »

    Dans la droite ligne de l’extravagance assumée de ce bout de femme de 58 ans aux cheveux courts blonds platine, robe de froufrous, énergie rotor et main de fer dans un gant de velours, qui passe entre les tables pour discuter avec chacun des convives, habitué ou nouveau venu. Son but : continuer à faire de l’établissement, créé par ses parents, Jean et Jacqueline, en 1976, « un camping hors norme ». Car dès son ouverture, il s’est distingué par un « concept avant-gardiste » : des salles de bain indépendantes sur les emplacements. Doté de 164 pour camping-car et caravane (pas de tente) et 331 mobile homes sur 12 hectares entre le massif de l’Estérel et la rade d’Agay, le camping n’a cessé de grandir. Ce « qui n’était qu’un espace de garrigue brute », retrace Aurore Laroche, compte désormais 298 000 plantes : « Je plante 10 000 plantes, arbres, fleurs par an, depuis 20 ans, par passion et pour compenser ma dépense carbone », annonce-t-elle. Et s’il offre des services classiques (supérette, piscine, terrains de pétanque, snack…), tout y est plus grand. Parc aquatique d’un hectare, restaurant semi-gastronomique, plage artificielle avec vue sur l’Estérel, terrains de padel, salle de squash, et un grand nombre d’activités entièrement gratuites. Et surtout, des emplacements et bungalows pour certains dotés de piscines et de spas, avec des prix grimpant jusqu’à 9 800 euros la semaine pour 12 personnes en pleine saison. « Mais il y en a pour tout le monde », assure Aurore Laroche : 805 euros pour un mobile home 2/3 personnes, 560 euros pour un emplacement standard. Laure et Stéphanie, plus habituées aux villas et aux hôtels, ont trouvé leur compte avec un mobile home agrémenté d’un spa : « C’est important d’être installé confortablement. Il y a toutes les infrastructures, la supérette, les animations pour enfants, dans un cadre magnifique », se réjouissent-elles. Mourad, Christine et leur fils Kamil, venus du Nord, sont des habitués. « Je suis venue ici pour la première fois en 1982 », raconte Christine, qui a vu le camping se transformer depuis. Installés au premier rang pour le spectacle, avec les autres fidèles, ils passent tous leurs étés ici, eux qui y sont propriétaires d’un mobile home : « La baie d’Agay et l’une des plus belles de la région, et ici, on a trouvé un esprit familial, de la convivialité, et un cercle d’amis qu’on revoit chaque année ». Au sein duquel on retrouve Claude et Florence, assis à la table d’à côté, originaires de l’Essonne, et qui viennent depuis 1993 dans « ce camping découvert par hasard. Maintenant, ce sont nos enfants qui y amènent les leurs, la tradition se perpétue ». Pour eux, le quotidien, c’est surtout la plage. « Et un peu la pétanque parce qu’ici, c’est facile de gagner », s’amuse Claude, en taquinant Kamil, annonçant la revanche du lendemain. Comme dans n’importe quel camping, finalement.

  • [C’est l’été] À Manosque, le centre social offre des vacances

    [C’est l’été] À Manosque, le centre social offre des vacances

    Sorties baignade à Marseille, séjours au camping, virées organisées par les jeunes du centre… Cet été, le centre social de Manosque est « pris d’assaut » par des familles précaires, qui n’ont pas les moyens de partir en vacances. « On a de longues listes d’attente. Cette année, il y a beaucoup plus de familles qui ne peuvent pas partir en vacances, de mamans qui ne sont pas véhiculées, qui ont des problèmes financiers avec l’explosion des prix, qui s’inscrivent à nos sorties », constate Emmanuelle Evin, directrice du centre social municipal. La structure a organisé par exemple deux sorties en mer pendant l’été : une en juillet, et une en août, avec un grand bus de 50 places. « Pour certaines familles, c’est leur seule sortie de tout l’été. Les participants sont ravis, ils ne veulent plus repartir », regrette la directrice.

    En plus de ces sorties, le centre social municipal propose des permanences France Travail en pied d’immeuble, pour aider les habitants des quartiers prioritaires de la ville à trouver du travail. « On travaille beaucoup avec les entreprises Proman et La Pizza Manosque pour qu’ils puissent embaucher des personnes des quartiers », explique Nesrine Rahou Guerfi, adjointe déléguée au centre social. La structure est également financée par le Conseil départemental pour accompagner les bénéficiaires du RSA. « Nous, assistantes sociales, manquons de moyens. Que le centre social puisse accompagner certaines personnes, c’est un vrai plus, une vraie aide pour les assistantes sociales », avance l’adjointe, qui exerce elle-même cette profession à Forcalquier.

    Un fonds de participation des habitants

    Le centre social organise également des « week-ends famille » ciblés pour les familles non francophones, les parents d’adolescents ou encore « les familles en grande précarité », explique Emmanuelle Evin. « Si on voit que les familles ont envie de passer le pas et d’essayer d’aller passer un week-end ou une semaine seules avec leurs enfants, on enclenche un dispositif avec la fondation “Je pars, Tu pars, Il part“, qui offre des séjours pour des familles vraiment défavorisées à 60 euros la semaine l’hébergement », détaille la directrice du centre.

    Le centre encourage aussi les habitants à monter des projets, avec son « fonds de participation des habitants ». Des participantes ont par exemple monté « un atelier sortie répit parental maternel », raconte Emmanuelle Evin. « Ce sont des mamans qui ont envie de prendre du temps pour elles, sans les maris, sans les enfants, pour souffler. Elles ont fait un programme avec différentes sorties, comme le spa, le karaoké ou le laser game », explique-t-elle. D’autres habitantes ont décidé d’organiser des ateliers loto, quiz musical ou encore plantation à la maison de retraite Saint-André. Une subvention de 2 000 euros est répartie entre quatre projets des habitants, soit 500 euros par projet.

    Le centre a également un espace jeunes, agréé par la CAF, qui leur permet de monter eux aussi des projets. L’année dernière, ils ont monté le projet « Paca 360 », qui leur permettait de découvrir chaque mois une nouvelle ville de l’un des départements de la région.

  • [Entretien] Rémi Valois, hydrogéologue : « Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal »

    [Entretien] Rémi Valois, hydrogéologue : « Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal »

    La Marseillaise : Quel est aujourd’hui l’état de sécheresse en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ?

    Rémi Valois : Après une année 2025 marquée par de bonnes précipitations, notamment à l’automne, il avait aussi bien plu en début d’année 2026. Mais depuis juin et juillet, on assiste à un déficit de pluie significatif, ce qui entraîne une sécheresse importante des sols sur toute la région. Ce qui va surtout les assécher, c’est la chaleur. Avec les canicules répétées, les plantes transpirent davantage d’eau et les sols évaporent plus eux aussi. On a donc une sécheresse prononcée. L’avantage, en Paca, c’est qu’on s’appuie sur de nombreux canaux d’irrigation, ce qui nous rend moins dépendants de la pluie que d’autres régions. On est un territoire qui s’adapte plutôt bien à la sécheresse, même s’il faut veiller à ce que ces baisses de précipitations ne se répètent pas trop.

    Le niveau de sécheresse de cette année est-il plus avancé que les années précédentes ?

    R.V. : L’été n’est pas terminé donc il est difficile de dire si cette sécheresse est plus importante que les autres années. En revanche, dans le contexte de changement climatique, c’est typiquement le genre d’épisodes qu’on risque d’avoir de plus en plus. Les prévisions des climatologues annoncent davantage de sécheresse et de chaleur pour les étés futurs. Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal. Ce qui, pour l’instant, reste un épisode exceptionnel pourrait, dans plusieurs années, devenir la norme. Si on cumule plusieurs années de déficit de précipitations, avec peu de neige dans les Alpes et des étés extrêmement chauds, on cumule les risques pour les nappes phréatiques où les conséquences se mesurent à long terme. Si elles sont bien rechargées, elles peuvent mettre du temps à baisser. Mais, à l’inverse, une fois qu’elles ont beaucoup baissé, il faut beaucoup de temps et de précipitations pour les recharger.

    Quels sont les effets de cette sécheresse sur les différents usages de l’eau ?

    R.V. : Il y a différents usages : l’eau potable, le tourisme avec la surpopulation estivale, et l’agriculture, puisque la région Paca est très agricole. Il y a beaucoup de besoins différents donc il peut y avoir des conflits. L’exemple le plus parlant reste celui de la guerre de l’eau qu’on voit dans les Pyrénées-Orientales depuis plusieurs années. Pour l’instant, je n’ai pas connaissance de tels problèmes en région Paca. Mais ce sont des conflits qui peuvent arriver si on connaît des sécheresses prolongées, qui se répètent année après année, avec des nappes phréatiques qui commencent à s’affaiblir.

    Parmi les solutions pour pallier la sécheresse, les retenues collinaires ou les mégabassines sont-elles, selon vous, une réponse pertinente ?

    R.V. : Les retenues collinaires peuvent avoir un impact positif lorsqu’il pleut et qu’on veut retenir ces pluies en amont du système. Ces retenues peuvent permettre de recharger les systèmes souterrains. Pour les mégabassines, c’est différent. Elles stockent l’eau du printemps jusqu’à l’été et le problème, c’est qu’elles évaporent beaucoup. C’est comme une mer ou un lac : le soleil tape directement dessus et il y a beaucoup d’évaporation. Je pense donc que les mégabassines ne sont pas une solution adaptée à notre territoire.

    Quelles peuvent être les solutions adaptées pour mieux anticiper
    ces épisodes de sécheresse ?

    R.V. : À l’Inrae et à l’université d’Avignon, nous travaillons en amont en cherchant à mieux comprendre les écoulements souterrains et à mieux modéliser les nappes phréatiques pour anticiper les changements et leur impact sur les réserves en eau. L’enjeu est de mieux comprendre la ressource pour pouvoir, derrière, construire des solutions en concertation notamment avec les agriculteurs. Parmi les réponses adaptées, il faut d’abord miser sur le stockage de l’eau dans le souterrain, par exemple en rechargeant artificiellement les nappes phréatiques. L’objectif serait de pouvoir utiliser cette réserve et son inertie lorsque les cours d’eau sont à sec. Il faut aussi repenser les modèles et les pratiques agricoles pour les adapter au changement climatique : privilégier des cultures qui consomment moins d’eau, mettre en place du goutte-à-goutte. Il y a toutefois un paradoxe : lorsqu’on irrigue en surface, une partie de l’eau peut contribuer à recharger les nappes. Avec le goutte-à-goutte, on consomme beaucoup moins d’eau, mais on recharge moins les nappes. Il faut donc trouver le bon équilibre.

  • [C’est l’été] Des centaines de minots en stage « sports été » à Gardanne

    [C’est l’été] Des centaines de minots en stage « sports été » à Gardanne

    Les couloirs du complexe sportif grouillent de vie, les minots entre 3 et 14 ans, gourdes à la main, se pressent jusqu’à la prochaine salle où animateurs et activités les attendent. Sourire et sport sont au programme pour les plus de 160 enfants en stage, au gymnase COSEC du Pesquier à Gardanne.

    Accueillis de 9h à 18h, les inscrits s’adonnent à toutes sortes d’activités. « On essaie de proposer des sports différents de ceux qu’ils pratiquent toute l’année. Si on les écoutait, on ferait du foot tout le temps », révèle Océane Portmann, directrice adjointe du CLES. Effectivement, entre le roller, le baseball, l’ultimate ou le double dutch, qui consiste à sauter entre deux cordes qui tournent en alternance, les enfants ont de quoi être déboussolés.

    « Au total, pour les semaines les plus chargées, on emploie 24 animateurs », rapporte Océane Portmann. Avec un prix entre 25 et 35 euros la semaine, selon le revenu du foyer, le « Sport été » souffre de son succès : « On a dû refuser beaucoup de monde, on n’a pas assez d’animateurs », avoue Sihem Belardi, directrice du Club de loisirs.

    C’est la 51e année que le stage accessible à tous est proposé en été, mais « c’est la première fois que les enfants sont pris en charge la journée complète », détaille la directrice. Un changement qui permet de soulager les parents pour la journée entière. « Tellement apprécié », confie-t-elle, que « cette année, on a eu des enfants qui viennent de Marignane ou de Plan-de-Cuques, même si la majorité sont des Gardannais ou des villages adjacents ».

    « Il fait chaud et l’eau du gymnase est non potable »

    Dans l’enceinte du gymnase vieillissant, la mauvaise isolation de l’infrastructure de la ville se fait sentir en plein mois d’août. Pour pallier cela, les sorties piscine sont assez fréquentes, comme des sorties dans la fraîcheur des calanques. Mais un problème important persiste : « L’eau du robinet est jaune, elle sort chaude, avec des traces de rouille, donc les enfants se plaignent logiquement de maux de ventre », déplore Océane Portmann. La ville, alertée du problème, a cependant déclaré l’eau potable. « On ne laisse pas boire les enfants, alors on a dû dépenser 700 euros, pour une fontaine et 900 litres d’eau », affirme la directrice. Pas de quoi dissuader les centaines d’enfants de passer d’excellentes vacances au centre de loisirs.

  • Tous à l’eau pour les Olympiades du Grand Bleu à Marseille

    Tous à l’eau pour les Olympiades du Grand Bleu à Marseille

    Une journée autant festive que sportive pour ces enfants qui n’ont pas tous bénéficié d’un départ en vacances. Mais c’est avec un engouement visible et sonore qu’ils ont pris celui de la course ce samedi 8 août. Dix équipes se sont affrontées en paddle géant, kayak, pirogue, natation et match de water-polo à l’occasion de la 6e édition de ces Olympiades.

    « La plage c’est nul, ici on s’amuse mieux ! », assure Inès, 12 ans en plein briefing avec Roudayana et Naila et Nesrine. Gilets de sauvetage endossés, le petit équipage s’apprête à grimper dans le kayak. Comme la plupart de ces jeunes venus des cités Font-Vert, Le Mail, Campagne Lévêque, Jean-Jaurès, Consolat, la Calade ou Frais-Vallon, elle connaît bien l’association : « C’est eux qui m’ont appris à nager. »

    Alors que le top départ est donné par le moniteur, sur le quai de la base, les autres compétiteurs hurlent des encouragements. Téléphone en main, trois mamans filment la progression, quelque peu hasardeuse, des deux paddles de dix places lancés à grands coups de pagaies. « Mon fils est là, désigne Rania. On est adhérents du Grand Bleu depuis trois ans. Tous les samedis on vient, on s’éclate. C’est gratuit. Sinon on ne pourrait pas, les activités nautiques, c’est 25 euros la demi-heure », souligne-t-elle. Rania s’est aussi jetée à l’eau grâce aux cours de natation destinés aux adultes. « J’étais phobique de l’eau. Maintenant je suis à l’aise. » S’il faut poursuivre le redressement du plan piscines à Marseille, contrairement aux idées reçues, « on peut apprendre à nager dans la mer », atteste Brahim Timricht, président du Grand Bleu.

    Quartiers d’été plébiscités

    Isabelle Epaillard, préfète déléguée pour l’égalité des chances fait le tour des animations nautiques, soutenues depuis 2021 par l’État. « Dans le cadre des quartiers d’été, nous déployons cette année plus d’un million d’euros pour financer 272 actions. On rouvre aussi les centres sociaux avec la Ville pour un maximum d’activités pour tous », précise-t-elle. Cet été, vu de la base de Corbière, le niveau de natation des Marseillais semble remonter.

    Au loin, près du terrain flottant de water-polo, cinq rameurs à la mer. La pyrogue rouge a chaviré. Sur la rive, L’équipe Aquaman peaufine sa stratégie pour affronter les Warriors en paddle. À son bord Elissa aborde l’épreuve en battante, « grave emballée » par sa deuxième sortie avec l’association. Elle n’a plus de voix à force de rire et crier. Dans le petit bassin, sous l’œil d’un moniteur, sa fille s’égaye avec sa « nouvelle copine ».

  • À Bel Horizon, les ados rêvent d’ailleurs

    À Bel Horizon, les ados rêvent d’ailleurs

    Momo, y en a plus du thé ? Et ces trucs à manger là, c’est quoi ? » Deux tables, un banc, des cages de foot transportables et un ballon, le bus nomade de Mohamed Benmeddour, éducateur de l’association Apis, paré des couleurs de Marseille, s’est posé comme tous les vendredis soir cet été au pied de la tour Bel Horizon, dans le quartier Saint Lazare (3e). Une barre en béton de 60 mètres de haut des années 60, 19 étages pour 133 logements, posée au bord de l’A7, elle fait partie des copropriétés les plus dégradées de Marseille. Dans le hall d’entrée, le point de deal, signalé par des graffitis, qui tourne H24 et un petit parking jonché de poubelles et de débris. C’est là le terrain de jeu des petits et ados du quartier.

    L’occasion pour Mohamed d’engager la conversation. « Alors qu’est-ce que vous faites à la rentrée ? Le lycée ? » demande-t-il. « Moi je vais à l’école, mais je veux travailler parce que dans la France à Macron t’as besoin de beaucoup d’argent », balance Nassim, 15 ans, tout fiérot. « Mais enfin pas à ton âge, t’es chez tes parents, tu paies pas le loyer, si tu veux des sous c’est que tu fais des bêtises », rétorque l’éducateur. « Ouais mais mes parents, ils y arrivent pas », balance le gamin.

    Depuis le mois d’avril, Mohamed a décidé de sillonner les quartiers : La Cayolle (9e), La Viste (15e), le complexe Vallier (4e) et Bel Horizon à la rencontre des gamins « livrés à eux-mêmes ». « Cela permet de les occuper, de les éloigner des mauvaises ondes… Je prends aussi leurs coordonnées pour leur proposer des activités et je transmets un rapport au service prévention de la Ville, dirigé par Amine Kessaci, qui les met en relation avec les services en fonction des besoins », explique-t-il.

    À ses côtés ce jour-là, Dimitri, éducateur lui aussi, dit « le colonel » par les petits « parce qu’il est carré et qu’il sait tout », de l’association Familles en action, implantée depuis plus de dix ans, avec un local à deux pas de la tour. « Nous, on fait un travail de fourmi, on crée du lien avec l’école, les institutions », analyse-t-il. Il a vu la dégringolade du quartier après le Covid, « pas que sur l’immobilier », et puis les effets du trafic de stupéfiants avec « une guerre entre clans, des morts », et le squat par « des gens là pour foutre le bronx ». La police est intervenue, ils sont arrivés après, en prévention.

    Le squat et les rats

    « On est là pour montrer le quotidien de ces familles, les rats, l’insalubrité », ajoute-t-il. Trouver des solutions aussi quand par peur des « zombies », en clair les consommateurs de crack, les petits n’osent plus sortir de chez eux pour aller à l’école. Quand cette dame dont le mari vient de décéder n’a plus d’électricité parce qu’on a volé son disjoncteur, quand un ascenseur sur trois seulement fonctionne… « Moi j’habite au 19e étage », nous raconte d’ailleurs Toufaï, 15 ans, « heureusement pour monter les courses dans ma famille, il y a plein d’hommes ».

    La présence des éducateurs en pied d’immeuble est un indispensable « premier contact ». Après, il faut s’armer de patience. « Le déclic peut prendre des années. On n’est pas là pour juger, on les prend comme ils sont, avec leurs difficultés et leurs compétences », poursuit Dimitri.

    Tandis que les clients venus acheter leur dose défilent, les gamins espèrent obtenir leur place à la sortie Aqualand ou en bouée tractée. Une bouffée d’air malgré les préjugés. « Quand on arrive à 60, que des renois et des rebeus, on le voit bien que les gens ont peur mais on se fait tout petits », raconte Toufaï avant d’embrayer sur « le séjour en Espagne ». L’éducateur expliquant qu’après un chantier d’insertion, il s’agissait là de se détendre. On cause aussi permis scooter, le passeport vers la liberté.

    Du coin de l’œil, Mohamed a remarqué que Mahmoud se fait tout petit derrière une voiture. « Il se cache de son père, parce que ce dernier a appris qu’il vendait à la Viste », nous explique-t-il avant d’aller discuter. Il faut dire que le « daron » en question a l’air passablement furieux, suivant son fils à la trace. « Il ne me fait pas confiance mais ici c’est pas plus dangereux qu’ailleurs, il peut m’arriver des trucs n’importe où », tente de se justifier l’ado. Mohamed réussira à le convaincre de rejoindre le « Snap » du groupe.

    « Araaah ! » Changement d’ambiance quand une voiture de police se gare. Une agression pour les gamins. « Regarde, ils nous admirent », se marrent-ils, mi-bravaches, mi-inquiets. « Aie, j’ai une interdiction [de paraître], faut pas qu’il me choppe », balance un autre qui vient d’arriver et tente de se confondre avec le banc sur lequel il est assis.

    Finalement, l’équipage repart. « En général, ils savent qu’on est là, on prévient », précisent les deux animateurs avant de replier, vers 21h. Les petits aident à charger la camionnette et promettent d’être au rendez-vous la semaine d’après. Histoire de changer d’horizon…

  • [Week-end] Au camping Arc-en-ciel à Aix, le pari de la simplicité

    [Week-end] Au camping Arc-en-ciel à Aix, le pari de la simplicité

    Dans un monde de camping ou chalets, mobile homes et gestionnaires, dessinent peu à peu le paysage des vacances en plein air ici, on arrive en plantant les piquets de sa tente dans les sols, ou sa caravane, devant laquelle on détend les stores banne, au-dessus d’une table en plastique posée pour le mois. Au Camping Arc-en-ciel, « ce qu’on a gardé, c’est l’authenticité du camping, comme il a commencé dans les années 1950 », résume Cécile. Ici, cinquante-cinq terrains nus composent ce lieu de vacances familial, dont la gérance est passée de génération en génération. Avant elle, sa mère, Corinne, toujours occupée à la maintenance dans les allées du camping, en était à la tête.

    Pour Cécile : « On résiste, en quelque sorte. » Notamment aux spéculations de promoteurs, gourmands d’un terrain situé aux portes de la ville : le centre, est accessible à pied. Derrière le bureau de l’accueil, l’actuelle gérante des lieux jongle entre accueil, administration, réservations par téléphone. « Je travaille encore un peu à l’ancienne, je n’ai pas de centrale de réservation, j’ai mon site internet et les gens me font leur demande par mail. Obligé. J’ai un camping atypique, avec des coins des recoins, des emplacements qui ne sont pas de la même superficie… »

    « On se charge de tout »

    La saison a démarré dès la mi-mai. Au mois de juillet, les journées battent déjà leur plein, démarrées à sept heures, pour Cécile, et sans horaire de fin. Il faut répondre aux diverses demandes, accueillir, gérer les « imprévus ». « Qui ne sont pas toujours mauvais ! Comme on est un camping familial, on est donc régulièrement invités à manger, boire l’apéro… C’est du relationnel, ça fait partie du travail », précise-t-elle.

    Pour preuve, à l’accueil, des photos de vacanciers fidèles
     « on n’a quasiment que ça » – trônent de partout. Certaines, abîmées par le temps, capturent les années 1960, 1970. Idem, dans la salle des fêtes ouverte aux jeunes « pour qu’ils puissent faire la fête », indique Corinne qui, entre deux tâches, désignera plusieurs tuiles accrochées au mur, peintes par des habitués. Parmi les centaines d’anecdotes que racontent mère et fille – sur chacun des vacanciers croisés, sur les lieux – il y a ce pont des Trois Sautets, qui enjambe le fleuve de l’Arc et fait le lien entre les communes de Meyreuil et d’Aix. « Quand mon père a racheté dans les années 1950, il a eu l’honneur de recevoir Churchill, qui était un peintre magnifique. Il venait là, il mettait sa voiture à gauche… », pointe Corinne. « À la fin de sa vie, il avait suivi les pas de Cézanne. Il est venu deux années de suite ici », complète Cécile. Le temps d’un tour du camping, on prend des nouvelles de l’un, on s’arrête boire un verre chez cette famille… Ce qu’elles préfèrent dans cette vie-là ? « Le contact avec les gens », répond, sans hésiter, Corinne. « Sinon, on prendrait du personnel ! C’est un challenge avec chaque client », poursuit Cécile. Qui, malgré, l’aspect bon enfant des vacances, rappelle : c’est « du travail toute l’année », pointe la gérante, qui ouvre les portes d’un atelier dont les murs sont emplis d’outils de jardinage, de mécanique… Les mois de fermeture sont, entre autres, rythmés de journées entières dédiées à l’administratif, toujours plus exigeant. Un salarié à l’année les aide. « Autrement, on se charge de tout. »