Tag: été

  • La forte affluence touristique de l’été et ses conséquences contrastées

    La forte affluence touristique de l’été et ses conséquences contrastées

    Marseille a connu une hausse du nombre de touristes qui ont fréquenté la ville de 5% par rapport à la même période l’an dernier.

    La Ville s’en félicite d’ailleurs dans un communiqué diffusé en début de semaine : « Marseille conclut une nouvelle fois une période estivale réussie. » Une fréquentation en hausse qui est due notamment à une programmation culturelle et sportive très riche ainsi que l’attractivité de fait de Marseille en tant que station balnéaire.

    Mais si du point de vue de la fréquentation la saison estivale a été une réussite, ce succès n’est pas applicable à l’ensemble des secteurs. En ce qui concerne l’hôtellerie-restauration, la fréquentation ne s’est pas convertie en consommation. « On a connu une baisse d’environ 30% du chiffre d’affaires par rapport à l’an dernier sur la même période », constate Bernard Marty, le président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie 13. Selon lui, « c’est la canicule et les problèmes de pouvoir d’achat qui ont provoqué cette baisse de la consommation chez les touristes ». Et de rappeler que cette dynamique s’observe à l’échelle nationale.

    Surtourisme, pollution

    et érosion

    Les secteurs sensibles de la cité phocéenne ont aussi souffert pendant cette période estivale. Du côté du Parc National des Calanques, on dresse le constat d’un été tendu : « On n’a pas observé de hausse de la fréquentation sur les dernières années. Malgré tout il y a une véritable surfréquentation depuis le Covid, surtout pendant la première quinzaine d’août », observe le Parc qui déploie durant la période des dispositifs spécifiques. Cette fréquentation élevée engendre plusieurs problématiques comme l’érosion des sols, des risques d’incendie accrus ainsi que nombre de déchets abandonnés sur les sentiers… Les équipes chargées de la protection des calanques doivent donc redoubler de vigilance pendant l’été.

    D’après Julien Harounyan, adjoint au maire de Marseille, à l’attractivité et au tourisme durable, même si « des actions ont été prises pour proposer un tourisme responsable », ces mesures n’ont « pas été suffisantes cette année » pour suivre la hausse de l’afflux touristique. Et il faudra, selon lui, « les poursuivre davantage ».

    À terme, Marseille est censée pouvoir accueillir encore plus de touristes. La question étant de la qualité de cet accueil, sans que cela ne pénalise les habitants.

  • [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    La Marseillaise : En 2026, vous avez obtenu le label Tourisme et Handicap. Qu’a-t-il permis dans la prise en charge des personnes en situation de handicap
    à la mer
     ?

    Sophie Guérard : Ils nous ont guidés dans les équipements à mettre en place et de mon côté, j’ai rencontré les usagers et les associations afin de connaître leurs besoins. Aujourd’hui, notre volonté c’est d’être inclusifs pour tout type de handicap, donc on a différentes prises en charge. Si vous êtes en perte de mobilité, c’est essentiellement de l’aide humaine, puis le tapis rigide posé sur la plage permet d’aller jusqu’à l’eau sans s’enfoncer dans le sable. Pour les utilisateurs de fauteuil roulant, il y a l’hippocampe quand le handicap est léger. Il permet de s’immerger, puis la personne peut se lever grâce à la légèreté qu’apporte l’eau. Si le handicap moteur est plus lourd, c’est le tiralo qui va être utilisé. Il flotte et permet donc de se baigner. Pour les personnes déficientes visuelles, on a un dispositif qui émet des sons afin de savoir quand on s’éloigne de la plage. C’est un dispositif mobile qu’on installe sur demande.

    « À nous la mer » a été lancé en 2022 à la Pointe Rouge. Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui ? Envisagez-vous d’étendre le dispositif en dehors de la saison estivale ?

    S.G. : L’année dernière, on a tenté septembre et on a eu très peu de fréquentation. C’est un dispositif très coûteux donc cette année, on a préféré se concentrer sur les moments où on a vraiment du public. Le budget « À nous la mer » est de 360 000 euros pour cette saison. On a concentré les efforts sur juin, juillet et août, avec une augmentation de fréquentation très importante par rapport à l’année dernière. En juin, on a fait 76% d’augmentation avec 172 utilisateurs sur les trois plages, particuliers et établissements confondus. En juillet, on a eu une augmentation de 300% avec 623 personnes qui ont bénéficié du dispositif. On n’a que des retours positifs, les gens sont contents de pouvoir se baigner et aussi de pouvoir venir en groupe. Les saisonniers qui les accueillent sont formés au levage, au transfert, à la prise en charge des différents types de handicap. La plupart sont des étudiants, une grande partie en école de kiné. Ils font ça sur plusieurs années, donc ils sont vraiment investis sur le sujet. Les agents peuvent rester dans l’eau et donner leur main pendant 40 minutes si besoin. J’étais présente lors d’une visite d’un IME à Corbière en juillet. Ils étaient douze adolescents en situation de handicap. Ils ont été accompagnés au cas par cas dans l’eau. C’est rassurant pour eux d’être accompagnés humainement, sinon, ils ne se baignent pas. Cet été, on s’est aussi rendu compte, que ceux qui viennent pour la première fois se régalent et reviennent. Par exemple, une dame de 93 ans qui est venue en juillet avec sa petite-fille, en partant, elle a dit : « Je vais venir tous les jours. »

    Aujourd’hui, seulement trois plages sont équipées pour tout
    le littoral marseillais, d’autres ouvertures sont-elles prévues
     ?

    S.G. : On tente de mettre à disposition gratuitement toutes les aides dont les personnes en situation de handicap ont besoin pour pouvoir se baigner comme tout le monde. Pour l’instant, on est sur ces trois plages-là parce qu’il y a énormément de contraintes pour installer le dispositif et qu’on a pu le faire que sur ces plages. Il faut qu’il y ait un parking PMR, que ce soit facile d’aller jusqu’au dispositif, que ce soit des plages surveillées… Pour l’instant, on se concentre sur ces trois-là et on va renforcer leur capacité d’accueil au vu de la fréquentation importante de cet été.

    Une fois à la plage, l’accès est pensé pour les personnes en situation de handicap, mais ce n’est pas toujours le cas pour les transports en commun qui y mènent. Est-ce un sujet sur lequel vous travaillez ?

    S.G. : On sait que c’est éminemment compliqué quand on est une personne en situation de handicap moteur d’utiliser les transports en commun aujourd’hui. C’est un des axes d’amélioration prioritaire. On a déjà fait une réunion sur ce sujet avec Samia Ghali, la présidente de la RTM, pour mettre Mobil Métropole en corrélation avec le dispositif « À nous la mer » pour l’été prochain.

    Entretien réalisé
    par Andréa Goyard de Castro

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.

  • Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Depuis plusieurs jours, les pétitions en ligne se multiplient en Gironde, à Fontainebleau ou dans le Var pour réclamer l’arrêt de la chasse après l’été apocalyptique qui a touché l’Hexagone. L’une d’elles, « Pas de fusils sur les cendres »*, portée par un particulier, cumule déjà près de 470 000 signatures. Si elle demande que des mesures soient prises dans les zones concernées par les 116 085 hectares partis en fumée en 2026 (record absolu en France), cinq associations souhaitent aller plus loin et réclament un moratoire sur l’ensemble du territoire.

    « On peut imaginer que les populations d’animaux sauvages ont un petit peu dégringolé, voire beaucoup, puisqu’avec la canicule, les incendies et la sécheresse, elles n’ont pas augmenté pendant l’été », avance Christian Perrenot, délégué régional de l’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages. Face à cette inquiétude, l’Aspas s’est associée avec l’Aves (Agir pour le vivant et les espèces sauvages), Focale pour le sauvage, One Voice et le Pôle Grands Prédateurs pour réclamer la suspension de la chasse le temps qu’une étude sur l’état des populations sauvages soit réalisée.

    « Aujourd’hui, nous n’avons aucune information précise sur l’état de la faune, même si nous pensons qu’il y a eu de gros dégâts », prévient Christian Perrenot. « Cette étude pourrait être réalisée par les services de l’État. La DDTM [Direction départementale des territoires et de la mer] et l’OFB [Office français de la biodiversité] ont des experts qui pourraient rapidement réaliser ce travail. Selon les conclusions, il faudrait adapter la chasse. S’il y a eu zéro dégâts, il n’y a pas de raison que la chasse soit modifiée mais nous avons de gros doutes. »

    Dialogue difficile

    L’Apsas a également envoyé un courrier pour renouveler sa demande de moratoire à 45 préfectures dont celles du Gard et de l’Hérault. Pour l’heure, elle n’a reçu aucune réponse. Contactées, la préfecture du Gard indique avoir « sollicité l’Office Français de la Biodiversité pour avis » et « qu’une fois le retour de l’OFB reçu, les services de l’État analyseront les éléments et une décision sera prise ». « Un article du Code de l’environnement précise qu’à l’occasion d’événements exceptionnels, par exemple un tsunami, un tremblement de terre, des gros gels ou des canicules, la chasse peut être suspendue par les préfets pendant des périodes de 10 jours renouvelables. Les préfets pourraient donc y recourir le temps qu’une étude scientifique sérieuse soit réalisée », précise Christian Perrenot.

    Car si la chasse sera ouverte dans le Gard et l’Hérault le 13 septembre, plusieurs espèces peuvent déjà être chassées comme le sanglier, le chevreuil ou encore le renard, considéré comme une Espèce susceptible d’occasionner des dégâts (Esod). Depuis, le 21 août, la chasse est également autorisée pour le gibier d’eau comme les canards. « Avec la sécheresse, les surfaces d’eau se réduisent et les gibiers d’eau ont beaucoup moins d’espace. La chasse va donc être un massacre, car ces espèces n’ont plus que le tiers, la moitié ou le quart des étangs pour se réfugier. C’est pour cela que la LPO [Ligue pour la protection des oiseaux, Ndlr] demande que la chasse soit décalée d’un mois », s’inquiète le délégué de l’Aspas dans l’Hérault.

    Si ces organisations environnementales souhaitent ouvrir le débat au vu de la situation exceptionnelle de l’été, elles regrettent le manque d’écoute de la part de l’État. « On n’a pas eu de réponse de la part des préfectures et on ne sait pas si on en aura une. Chaque fois, on reste scotchés par la mauvaise foi des chasseurs et par une forme de quasi-soumission des pouvoirs publics à ce monde de la chasse », fustige Christian Perrenot qui invite tous les amoureux des animaux « à venir les aider à l’Aspas » et espère surtout que la pétition fasse bouger les lignes.

  • [Week-end] Au camping les Auches d’Ancelle, soixante ans de tourisme alpin

    [Week-end] Au camping les Auches d’Ancelle, soixante ans de tourisme alpin

    « On vient ici parce que c’est familial et puis, on est des fans de rando, on passe la journée à la montagne ! » Pour Mme Roche, qui vient avec ses enfants puis ses petits-enfants, depuis plusieurs décennies au camping les Auches à Ancelle, les vacances d’été, c’est à la montagne. « Et puis de toute façon, à Marseille, on crame », soupire un de ses petits-enfants. Avec les chaleurs toujours plus nombreuses et plus intenses chaque été, les Hautes-Alpes, où les canicules demeurent moins sévères que sur le littoral, deviennent un véritable refuge estival. Pour les campings locaux, cela renforce une demande grandissante du public pour la saison estivale, là où, longtemps, l’hiver et ses sports de neige étaient le cœur de leur activité.

    Une évolution que Laure Pellissier, gérante du camping fondé par ses parents en 1968, a observée avec le temps. « Les quatre ou cinq premières années, le camping était seulement un caravaneige, ouvert uniquement l’hiver, puisque la station d’Ancelle était à son apogée. C’était une clientèle du littoral, de Marseille, qui venait installer la caravaneige à la Toussaint et montait tous les week-ends faire du ski jusqu’à Pâques », se remémore-t-elle. Au fil du temps, l’offre du camping s’est diversifiée, priorisant à partir de 2010 les « emplacements nus », pour les tentes, vans ou camping-car et les activités de nature. « Avant cela, il n’y avait pas la demande. Au début, les gens qui aimaient la montagne
    l’aimaient surtout solo. Aujourd’hui, ça se fait plus dans le partage et le panel d’activités possibles dans la vallée est énorme. En une semaine, on n’a pas le temps de tout faire
     », assure Laure. Une tendance que l’équipe du camping a bien identifiée, en partenariat avec les accompagnateurs du Champsaur, elle propose quatre randonnées par semaine incluses dans la réservation.

    L’appel de la nature et du portefeuille

    « Il y a un retour à la montagne depuis cinq, six ans c’est clair ! Et la canicule cette année nous a fortement aidés à avoir un taux de remplissage exceptionnel, affirme Laure Pélissier. J’ai envie de dire d’un côté merci à Instagram ! On a jamais vu autant de choses sur la montagne. Après, il y aura le revers de ça, forcément, on voit qu’il y a des gens qui viennent parce qu’ils ont vu des vidéos TikTok mais qui, clairement, ne sont pas prêts pour la montagne… »

    À cette tendance s’ajoute l’argument économique, la montagne en été est souvent moins onéreuse qu’en hiver. « Le modèle de la semaine au ski, du samedi au samedi, a pris un gros coup, maintenant c’est quatre-cinq jours, constate Laure. Cette tendance, honnêtement, c’est aussi une question de budget. On est en crise. » Là où une semaine en mobile home dans le Var oscille en général entre 700€ et 1 100€, la même durée coûte facilement 200 à 300€ de moins dans les Hautes-Alpes. Mais les deux destinations n’offrent pas les mêmes vacances. « En juillet, de 11h du matin à 16h l’après-midi, je suis seule dans le camping, les gens sont tous en activité en extérieur, rapporte Laure. Alors certes, il faut aimer la montagne et être un peu sportif. Chez nous, ce ne sont pas vraiment les vacances transat », prévient-elle.

  • [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    La Marseillaise : Votre nouvel album s’intitule « Je rentre à la maison ». Que signifie la maison pour des artistes qui partent régulièrement en tournée comme vous ?

    Florent Dasque : C’est un sujet qu’on interroge tout au long de l’album, notamment dans une chanson qui s’intitule elle-même « Je rentre à la maison ». Dans la chanson, notre personnage part de chez lui et repense à l’endroit où il a grandi, à tous ceux qu’il laisse derrière lui. Il doit se reconstruire ailleurs. C’est une question très présente chez les artistes : on vit dans les tourbus, on se reconstruit un peu à chaque endroit où l’on se produit. On a choisi ce thème en le laissant ouvert à toute interprétation, parce que c’est très difficile de définir ce qu’est une maison. Ce n’est pas une maison maçonnée, avec quatre murs et un toit. C’est un refuge intérieur, invisible, dans lequel on peut enfermer des visages, des souvenirs, des paysages, des couleurs, des saveurs, une langue, une région, un pays, peu importe. Notre identité transite dans notre maison au fil de la vie.

    Cette réflexion s’accompagne d’un projet pédagogique et culturel inédit. En quoi consiste-t-il ?

    F.D. : Ça fait des années qu’on est sollicité pour rendre visite à des publics scolaires ou associatifs, ces échanges nous plaisaient tellement qu’on s’est dit qu’il fallait leur consacrer davantage de temps. On s’est donc entourés d’enseignants, de chercheurs et de formateurs, qui ont créé des fiches pédagogiques autour des questionnements sur l’identité. C’est devenu un espace d’expression pour les scolaires, mais aussi pour n’importe quelle association, des personnes en situation de handicap, des foyers, etc. Aujourd’hui, n’importe quel enseignant ou éducateur peut trouver ces fiches sur le site du ministère. Ce sont des déroulés de séances adaptés pour des enfants de 8 ans jusqu’à des ados de 18 ans, voire des publics de 30 ou 40 ans. Il y a des exercices qui posent des questions comme : Qui suis-je ? Qu’est-ce qu’il y a dans ma maison ? Peut-on avoir plusieurs maisons ? Peut-on reconstruire une maison quand on a quitté la sienne ? C’est un support qui s’adresse à des publics très divers, pour que chacun, peu importe son parcours, d’où il vient, où il va, puisse réfléchir à ce que représente la maison pour lui. L’an dernier, avec l’aide du ministère de l’Éducation Nationale, on a récolté des milliers de projets de jeunes sur ce sujet. À chaque concert, on a réservé nos premières parties aux projets qui nous ont le plus interpellés, que ce soit de la poésie, du slam, de la lecture, de l’art plastique, de la musique… On a par exemple reçu des réécritures de couplets de « Je rentre à la maison » en roumain, en arabe ou en suédois. C’était une façon pour ces jeunes qui parlaient une langue différente chez eux de se rapprocher d’une maison qui leur ressemble et qui les rassure. Beaucoup de projets portaient aussi sur la lutte contre le harcèlement scolaire. Chez les plus grands, on a eu des réflexions plus philosophiques sur la quête d’identité, en perpétuelle construction tout au long de la vie. C’est un grand projet culturel qu’on mène depuis un an maintenant, on le reconduit à la rentrée avec l’Éducation nationale.

    Partager autant avec le public, notamment avec les jeunes, a-t-il influencé votre rapport à la musique ?

    Initiales : On dit souvent que Boulevard des Airs a été créé pour être sur scène, pour partager avec les gens. Effectivement, ce projet était aussi un prétexte pour aller à la rencontre d’un public nouveau, de faire de la musique différemment et ne pas s’enfermer entre concerts, tournées et studios. Ça a donné beaucoup de sens à notre démarche d’artiste et à cet album. Et puis les jeunes, c’est un public qu’on adore. À cet âge-là, il n’y a pas de filtre. Se poser des questions aussi intimes que les questions sur l’identité, qui interrogent en profondeur le parcours des gens, ça soulève des réflexions très intéressantes et très inspirantes pour nous.

    C’est la première fois que vous vous produisez à Ici Live La Ciotat. Pourquoi être présents cette année ?

    F.D. : On est un groupe qui vient du sud de la France, on a collaboré avec plein d’artistes du sud, notamment Carbonne. Donc on a hâte d’y être pour partager avec le public. En plus, l’endroit est superbe, avec la scène sur l’eau. On va passer un beau moment de partage ! C’est toujours un plaisir d’aller à la rencontre de nouvelles personnes, de nouveaux endroits et de nouvelles équipes.

    Après la tournée des festivals, vous avez prévu un voyage aux États-Unis. À quelle occasion ?

    F.D. : Notre projet pédagogique autour de l’album s’est largement exporté puisque l’on part à la rencontre de jeunes américains mais aussi de jeunes d’autres horizons en fin d’année. On va sur une dizaine de villes de la côte ouest pour faire de la musique autrement, avec un public différent. Ce projet a énormément grandi, il n’avait pas du tout vocation à devenir ce qu’il est aujourd’hui ! C’est vraiment une réussite pour nous de pouvoir prendre conscience des questionnements sur l’identité qui ont lieu ailleurs que chez nous. À notre retour, on réattaque la tournée des salles début 2027. On est déjà en train d’écrire la suite, donc on a hâte de continuer notre histoire avec le public.

    Propos recueillis par Andréa Goyard-de castro

  • La tournée d’été La Marseillaise s’achève dans les 13-14 à Marseille

    La tournée d’été La Marseillaise s’achève dans les 13-14 à Marseille

    L’orage a menacé mais la Tournée d’été La Marseillaise ne lui a pas cédé un pouce de terrain pour sa dernière date après une saison réussie à travers les villes et les villages du sud de la France. Pour démarrer la soirée , le groupe Sabotaaaage reprend des incoutournables de la pop’. Mission accomplie : Nora se régale. « Le son est excellent et pourtant j’en ai fait des concerts ! Le chanteur passe d’un titre à l’autre totalement différent sans problème. J’hallucine ! » se réjouit-elle.

    Get back tribute Beatles, prend la suite avec les titres les plus célèbres du groupe iconique. Devant la scène, beaucoup d’enfants mettent l’ambiance. Les derniers jours de vacances seront festifs ou ne seront pas. Pour Ibrahim « ça bouge trop bien ! », avec sa grande sœur il se déhanche comme jamais.

    La Marseillaise breaking cup à l’opéra le 13 septembre

    Avant ça, Raphaël Jacquelain, directeur commercial remercie les prestataires et partenaires. Il en profite pour donner rendez-vous au public le dimanche 13 septembre à l’opéra de Marseille pour « La Marseillaise breaking cup », un événement « inédit dans la monde du hip-hop, gratuit et ouvert à tous ».

    Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise se félicite du retour de la Tournée d’été dans les 13-14 « ce n’était plus arrivé depuis 2014, date à laquelle un vent mauvais a soufflé sur le secteur. La Marseillaise, c’est le journal de la solidarité, du partage, de ceux qui n’ont pas la parole ailleurs. C’est votre journal ! Vive La Marseillaise et vive la Résistance ! », s’exclame-t-il.

    La maire de secteur Tina Biard-Sansonetti, accompagnée par Marion Honde, Jacques Takeylian et Fabien Trujillo, élus de sa majorité, salue la Tournée d’été La Marseillaise après une saison d’animations estivales. « Belle rentrée à tous les enfants dans vos écoles mardi », lance-t-elle tout en donnant rendez-vous à Malpassé le 12 septembre pour une grande sardinade offerte aux habitants.

    DJ Bobzilla se charge de conclure la soirée avec son set electro et dansant.

    La Tournée d’été, c’est fini pour cette année… Rendez-vous l’année prochaine !

  • [C’est l’été] Les petits débrouillards au Pigeonnier à Digne

    [C’est l’été] Les petits débrouillards au Pigeonnier à Digne

    Dans les quartiers, les Petits Débrouillards montrent que la science est présente dans le quotidien : dans la cuisine, le sport, les transports, les plantes ou les objets qui nous entourent.

    Chacun et chacune est capable de comprendre le monde à condition de disposer des bonnes conditions pour apprendre. Les expériences deviennent ainsi des occasions de découvrir, de s’étonner et de reprendre confiance dans sa capacité à réfléchir.

    À Digne, les enfants ont pu toucher à tout grâce à de nombreuses animations proposées par Perrine et Mathilde : atelier bombe à graines, cartes Pokémon légumes, jeu sur la toxicité d’aliments pour les animaux… avec des ateliers adaptés à leur âge. On met en avant le côté sensoriel des 4-7 ans avec le jardin des sciences et une réflexion plus avancée avec les cités débrouillardes pour les 8-12 ans.

  • [C’est l’été] À la Croix des Oiseaux, la culture comme levier

    [C’est l’été] À la Croix des Oiseaux, la culture comme levier

    Au cœur du quartier, le grand bâtiment blanc de l’Espace social et culturel la Croix des Oiseaux trône et attise la curiosité des passants. Et pendant ces mois estivaux, l’activité du lieu, coincé entre la Rocade Charles de Gaulle et les remparts d’Avignon, a été rythmée par les évènements extérieurs, notamment le Festival.

    Sorties, rencontres, voyage ou encore radio associative au programme. Mais attention, ce « n’est pas un catalogue d’activités », assure Jean-Michel Pélissier, directeur de la structure. Mais plutôt « une forme de parcours qui s’inscrit dans la durée », insiste-t-il. Des sortes d’itinéraires culturels qui tournent autour des grands évènements de la Cité des Papes, les Festivals. Car des dispositifs extérieurs, avec qui le centre social travaille, fleurissent d’année en année et permettent une immersion de plus en plus poussée au sein des évènements. Tout d’abord le IN, avec les parcours Premières Fois, et le OFF proposent tous deux des invitations ou des tarifs réduits pour de nombreuses représentations. Au total, l’établissement a reçu pas moins de 200 billets pendant les trois semaines de juillet. « Au vu des prix bas, ce n’est pas vraiment l’argent le problème. Mais c’est un public qui n’a pas l’habitude d’aller seul au théâtre. Les codes ne sont pas les mêmes. Alors que là, s’ils savent qu’il y a plusieurs personnes qui viennent, c’est plus motivant », confie Florian Dacheux, coordinateur média au sein du centre social. Pour certains spectacles, une poignée de membres du centre ont également pu échanger avec les metteurs en scène et les artistes. Comme pour Mon frère, écrit par François Gremaud avec et pour son frère sourd. « C’est fondamental ce qu’il se passe avant, pendant et après ces rencontres au niveau humain. La plus-value est vraiment là », détaille Jean-Michel Pélissier.

    Radio et politique

    Plusieurs jeunes du centre ont également participé au dispositif Making Waves. Avec des jeunes adultes de tous horizons, ils ont animé plusieurs émissions de radio sur l’actualité pendant le Festival. Le centre social avait déjà sa propre radio associative « mais là, c’est un plus gros dispositif », ajoute le directeur. Un moment pour les jeunes « de parler librement de leurs difficultés d’accéder aux pratiques culturelles ». Comme avec la venue de la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet le jeudi 23 juillet dernier. « Les politiques n’ont pas l’habitude de cette fraîcheur et ça permet des échanges de fond sur des réalités concrètes », abonde Jean-Michel Pélissier.

    Pour autant, le centre social n’oublie pas ses autres activités pour ses quelque 1 500 adhérents. Hors période de coupure, pendant deux semaines en août, les sorties et les clubs loisirs continuent de tourner. Mais aussi avec l’objectif de « redonner une vie de quartier », poursuivent les deux membres. Avec par exemple l’installation d’un marché solidaire et aussi l’Escale, un espace dédié aux séniors. Sans oublier les nombreux bénévoles et salariés impliqués. Dont Hassan Mouloudi, salarié de l’association depuis plus de 23 ans, décédé récemment, qui a notamment permis de coordonner les parcours d’apprentissage de la langue.