Tag: Etat

  • [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    La Marseillaise : La plupart des universités sont dans le rouge. Quid de Paul Valéry ?

    Anne Fraïsse : Nous sommes l’une des universités les plus touchées, qui a toujours été en sous-encadrement et sous-détachement. Nos ministères se refusent à remettre en question nos critères de distribution. L’argent public est distribué de façon totalement obscure. Je ne sais pas si c’est du mépris mais il y a toujours eu une évaluation selon laquelle les diplômes de lettres et sciences humaines mais aussi droit, économie/gestion valent moins et donc sont moins financés. Là, sans aide de l’État notre fonds de roulement sera négatif en décembre. On n’a aucune marge de manœuvre et on prendra dans des économies qu’on n’a pas ! Surtout on n’a aucune possibilité de redresser la situation par nous-mêmes. On n’a plus d’investissement et un fonctionnement incompressible : je ne peux pas arrêter l’électricité ni le chauffage. Les seules économies possibles seraient sur la masse salariale mais on est déjà sous-encadrés. Le passage au statut d’Établissement public expérimental (EPE) en 2025 ne nous a pas ramené un sou. L’an passé notre budget s’élevait à 140 millions pour 107 millions de dotation de l’État. Il en manque chaque année une dizaine. L’État ne prend pas en charge la hausse des salaires. C’est le problème de l’autonomie des universités : il se décharge et nous demande de faire le sale travail.

    Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité » pour équilibrer les comptes…

    A.F. : Chez nous, on se bat pour qu’il n’y ait pas de licenciement. Des CDD non renouvelés il peut y avoir puisque par définition un CDD a un début et une fin. Pour l’instant j’essaye de boucler un budget en demandant de l’argent à l’État. On est dans un établissement en sous-encadrement (jusqu’à -40% d’enseignants-chercheurs dans certains départements de l’université) et où le nombre d’étudiants continue de monter. On n’a jamais eu autant d’étudiants en Licence Master Doctorat : 22 929 l’an dernier. On a explosé nos capacités d’accueil en Licence 1. On a donc pris plus d’étudiants que nos capacités d’accueil dans les filières en tension. Cette année, on a mis des freins mais on en aura autant. Là, en juillet, on avait déjà 15 500 inscrits. Le premier jour on en a inscrit plus de 1 000 et maintenant 300 par jour. On est déjà au-dessus de l’an dernier.

    Pensez-vous avoir des étudiants sans affectation en Master ?

    A.F. : On en a toujours en psychologie. C’est un problème national grave. On n’arrive pas à en prendre avec 15 de moyenne. C’est de l’ordre de quelques dizaines mais c’est trop et anormal. Dans les autres filières c’est marginal, on arrive à peu près à les caser. Et jusque-là on n’a jamais eu de « sans fac » en Licence 1. Par contre, pour certains, ce n’est pas leur premier vœu. Je déplore qu’avec Parcoursup on nous ait demandé de créer des places en Licence avant de nous retirer les chèques pour les Masters.

    Continuez-vous à proposer des quotas d’exonération sur les frais d’inscription des étudiants étrangers ?

    A.F. : Depuis plusieurs années on appliquait déjà les frais différenciés d’une façon particulière. Tous les étudiants étrangers (environ 20% des étudiants de Paul Valéry) étaient dispensés tant qu’ils réussissaient. Ne payaient que ceux en échec. On ne pouvait pas faire autrement, on dépassait déjà les 10% d’exonération permis. Désormais, on est obligés d’appliquer les droits différenciés tels qu’on nous les impose. Tous les étudiants déjà chez nous restent sur l’ancien système. Pour les entrants, on a une marge de 30%. Mais la fenêtre de tir va se refermer au fil des ans… Pour les étudiants français, rien ne bouge. Les frais sont fixés par l’État, ils payent quelques centaines d’euros. Mais on voit bien avec la conclusion des Assises qu’ils veulent augmenter les frais d’inscription. Je le déplore évidemment.

    C’est parce que l’enseignement supérieur coûte trop cher selon l’État ?

    A.F. : C’est un désengagement des services publics. Ça a commencé avec les hôpitaux, maintenant il s’attaque à l’éducation et l’enseignement supérieur. Ce sont de mauvaises économies. C’est s’attaquer à des choses vitales. Et on s’aperçoit que c’est vital quand c’est mis à mal ou lorsque cela disparaît comme les Postes dans les villages. Quand une école ferme, on se rend compte que c’est un peu le village qui disparaît. Le service public est un peu plus que ce que l’on croit. C’est un supplément d’âme dont on n’a pas envie de se passer. Le service public c’est ce que l’État juge indispensable de ne pas déléguer, en particulier au privé. C’est le fondement de la démocratie, le garant de la cohésion sociale. Quand on abandonne cela, on entre dans une crise de démocratie et on bascule dans des extrêmes avec des solutions peu intéressantes.

    Vous avez écrit à Emmanuel Macron. La conséquence a été une inspection et un rapport de l’IGESR qui a alerté sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail à Paul-Valéry. Était-ce la réponse que vous attendiez ?

    A.F. : C’était la réponse que j’étais sûre qu’on me ferait, pas celle que je souhaitais. Une réponse bureaucratique plutôt qu’humaine. Quand on vous explique que chaque fois qu’il y a un accident, un décès, un suicide, il faut faire une enquête administrative… Moi, la première chose à laquelle je pense dans ces cas-là, c’est d’aller à l’enterrement de mes collègues. C’est une vision un peu différente. Depuis que j’ai lancé cette alerte, on a eu 3 morts de titulaires. Cela fait 6 ans que je dis que ces statistiques sont anormales et qu’elles deviennent la norme de mon université. Toutes les préconisations du rapport, on va les faire. Mais qu’on m’explique qu’il faut dédouaner l’État et qu’on ne peut faire aucun lien avec les conditions de travail… Que je vais régler le problème en donnant des fiches de mission à mes directeurs d’UFR, je doute. Même si notre structuration n’est sans doute pas parfaite. La question n’est pas là. Les enquêteurs répondent à la demande du ministère, pas à l’alerte que j’ai lancée.

    Avez-vous des leviers sur la question centrale du logement étudiant ?

    A.F. : Non, on n’a aucun levier de ce type. On ne peut pas conventionner avec des locataires privés. On alerte le Crous qui est l’un de ceux qui ont le plus grand parc. On a pu aussi créer la cité internationale à Boutonnet. Mais c’est insuffisant. Les milieux modestes et ruraux sont désavantagés pour faire des études. Le fossé se creuse. Ce sujet majeur devrait s’inviter dans la campagne présidentielle.

    ET AUSSI

    Partenariat polémique à l’UM

    Du côté de l’Université de Montpellier, le partenariat signé le 11 juin entre l’UM et Total Énergies fait polémique. Dès septembre, le groupe pétrolier doit prendre en charge les coûts pédagogiques et des visites de sites industriels de 80 étudiants du Master Énergie (62h30 de cours par des salariés et retraités de la multinationale).

    Au-delà des pratiques de greenwashing reprochées à Total Énergies, les syndicats enseignants et étudiants dénoncent une « immixtion du secteur privé dans le service public », craignant « un contrôle de fait sur les contenus pédagogiques et l’évaluation des étudiants ». Des actions de blocage avaient été menées suite à l’annonce de l’accord.

    R.C.

  • Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Si Jean-Christophe Amarantinis n’est à la tête de l’Union pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13) « que depuis 3 mois », il a déjà bien pris le pouls de l’organisation patronale. « Ma marque de fabrique, c’est le collectif », campe le chef d’entreprise lors de son premier point presse, à Marseille ce jeudi. Voilà pour la présentation convenue, place au fond. Lequel est forcément marqué par les élections à venir. « Le message qui ressort systématiquement, c’est une inquiétude extrême sur le futur. Les échéances électorales font que les entrepreneurs n’ont pas envie d’investir, n’arrivent pas à se projeter. Ils sont angoissés face à une incertitude permanente, ce qui freine les investissements », explique-t-il.

    Il s’appuie notamment sur les retours de ses homologues lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), équivalent de l’université d’été du Medef, où ont débattu les candidats à l’élection présidentielle. Concrètement, Jean-Christophe Amarantinis prévient : « Les sondages sont unanimes : au 2nd tour, il y aura deux extrêmes. Et quand on est chef d’entreprise, les extrêmes, ce n’est pas bon. Que ça soit l’un ou l’autre, dans tous les cas, ce n’est pas positif pour nous. » En renvoyant au passage la France Insoumise et le parti d’extrême droite Rassemblement national dos à dos… « Les finances vont déjà très mal, il y a une incertitude depuis 2 ans et la dissolution. Quel que ce soit celui qui prenne les commandes, on est dans un corner avec cette dette qui est tellement haute, l’État est limite en faillite », martèle-t-il. Côté propositions, Jean-Christophe Amarantinis n’innove pas et déroule le discours habituel du grand patronat : flexibilisation du droit du travail, réduction de l’écart entre le salaire brut et net, coupes « dans le train de vie » des collectivités et autres administrations de l’État…

    « Les entreprises ne sont pas des philanthropes »

    Mais ce sont plusieurs dossiers locaux qui préoccupent le patron des patrons locaux. Et en premier lieu, celui de la fameuse ligne Très Haute Tension et ses 400 000 volts qui doit relier le Gard et Fos-sur-Mer, avec la promesse de la décarbonation des industries de l’Étang de Berre. « S’il y a un dossier prioritaire, c’est cette ligne. L’État ne s’est pas engagé clairement, à l’heure où on se parle, il n’y a rien de sanctuarisé. Il est essentiel qu’il y ait des engagements irrévocables. On va même monter à Matignon s’il faut ! », lance-t-il. Avant de se montrer plus offensif : « On est très inquiets : hormis des belles paroles, il n’y a rien. Il ne faut pas que l’État utilise tous les stratagèmes pour reporter cette décision. On va se battre pour obtenir gain de cause. » Quid des projets industriels qui étaient conditionnés à la mise en place de cette ligne ? « Malheureusement, les entreprises ne sont pas des philanthropes. On n’investit pas à perte. » Heureusement, l’État lui est philanthrope.

  • Sortir du fatalisme

    Sortir du fatalisme

    La situation de Fibre excellence est un scandale à plus d’un titre.

    Dernière entreprise productrice de pâte à papier en France avec ses deux sites majeurs, Tarascon et Saint-Gaudens, elle a été abandonnée par le gouvernement qui a refusé d’apporter les garanties nécessaires au plan de reprise présenté, cet été, au tribunal de commerce de Toulouse. Et cela, en dépit des grandes déclarations sur l’importance des relocalisations d’usines et de la souveraineté industrielle après le covid.

    Fibre excellence a ensuite été disloquée : à la différence de l’usine de Saint-Gaudens, celle de Tarascon a été liquidée et ses salariés licenciés.

    Malgré les alertes lancées par les salariés et leur intersyndicale sur la dangerosité de l’arrêt de ce site classé Seveso, plusieurs incidents ont eu lieu, laissant craindre des conséquences environnementales en plus de la casse sociale et industrielle. Des peurs dans la population sur lesquelles la mairie RN de Tarascon, très discrète lorsqu’il s’agissait de défendre l’avenir de l’usine, n’a pas manqué de surfer.

    Nationalisation temporaire

    Dans ce contexte, Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, et sa majorité de gauche ont raison de se battre pour sortir du scénario de la catastrophe annoncée.

    En demandant au président de la République une nationalisation temporaire, elle ouvre une brèche dans le fatalisme ambiant et montre un autre chemin que celui que les dogmes libéraux infligent au monde du travail.

    Oui, Fibre excellence est une entreprise stratégique. Oui, des milliers d’emplois sont en jeu. Oui, il est temps d’agir. À Saint-Gaudens et à Tarascon !

  • [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), ne lâche pas le morceau pour sauver l’usine sœur de Fibre Excellence Tarascon, située à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Lors d’une conférence de presse, ce mercredi, l’élue a notamment appelé l’État à procéder à une « nationalisation temporaire » pour l’aider dans sa quête d’un repreneur pour le site occitan. Le tout, alors que le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer, le 8 septembre prochain, sur son avenir.

    Concrètement, Carole Delga réclame « une prise de participation de l’État pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former ». Avant de développer : « Je demande une participation de l’État à hauteur de 15 millions d’euros en capital et en trésorerie, sachant que la Région Occitanie a prévu 13 millions d’euros ». Si elle explique que l’Aris (Agence régionale des investissements stratégiques), a déposé une offre de reprise de 90 millions d’euros, il faut encore la consolider avec l’apport d’un « investisseur étranger » qui reste à trouver.

    Avec la nationalisation temporaire, Carole Delga espère donc gagner du temps. Concernant le site de Tarascon, elle ne baisse pas les bras non plus : « Nous avons demandé à ce qu’il n’y ait pas de démantèlement de l’outil industriel de Tarascon pour qu’il puisse y avoir de nouveau un projet ».

  • Faire entendre la voix des communes

    Faire entendre la voix des communes

    À quoi sert le Sénat ? La question mérite d’être posée à propos de la seule assemblée de notre République élue au suffrage indirect.

    Au fil de l’histoire de notre pays, la chambre haute du parlement a été avant tout conçue comme un moyen de « modérer » l’Assemblée nationale élue directement par le peuple. De fait, sous la Ve République, la domination du camp conservateur sur le palais du Luxembourg n’a été interrompue que par une parenthèse de 3 ans de 2011 à 2014.

    On l’a oublié mais c’est sa défaite lors du référendum sur une réforme du Sénat qui a conduit le général de Gaulle à quitter le pouvoir en 1969. Il souhaitait le fusionner avec le conseil économique et social et lui donner une fonction uniquement consultative.

    Question politique

    Depuis, différentes réformes constitutionnelles ont fini par faire du Sénat la « chambre des territoires », chargée de faire entendre la voix des collectivités territoriales et des élus qui les gèrent.

    Et pourtant, les communes, métropoles, départements et régions sont aujourd’hui exsangues. Leurs budgets sont pressurés par les logiques d’austérité. La République de proximité est en danger.

    Faire entendre la voix des communes et des autres collectivités n’est donc pas une question institutionnelle mais bien politique.

    Pour y parvenir, il ne suffit pas aux grands électeurs de compter sur le Sénat mais il faut y élire des candidats qui ne votent pas un budget de l’État en contradiction avec l’intérêt des territoires.

  • Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    « Protéger plutôt que laisser faire. Investir plutôt que subir. » Même si l’État a une nouvelle fois fait faux bond à la Région Occitanie (un demi-milliard d’euros d’enveloppe en moins), la majorité de Carole Delga (PS) a fait le choix de maintenir l’éducation comme priorité. Et ce afin de « permettre à chaque enfant, quelles que soient ses origines sociales, sa couleur de peau, de pouvoir rêver en grand, choisir son destin », insiste la présidente.

    Pour tendre vers « l’égalité des chances », il faut encore agir en faveur du pouvoir d’achat. Avec 74 millions d’euros (ME) injectés, l’Occitanie conserve, selon Carole Delga, « la rentrée la moins chère de France ». En dépit de difficultés d’approvisionnement et d’un surcoût (9 ME), l’ordinateur portable reste gratuit, de même que les manuels scolaires, les premiers équipements des apprentis et les formations aux premiers secours. L’aide à la licence sportive UNSS est maintenue à 15 euros et celle à la lecture passe de 15 à 20 euros dans les librairies indépendantes. Pour cette rentrée, l’aide à la cantine pour les familles en difficulté augmente même de 20%. Si l’on ajoute l’aide aux vélos (200 euros) pour les boursiers de seconde, les transports scolaires gratuits et la gratuité à l’usage des trains et cars Lio pour les 12-26 ans, on atteint le millier d’euros économisés pour chacun des 231 000 lycéens.

    Plan de prévention contre le protoxyde d’azote

    Contre l’assignation à résidence et le déterminisme social, la Région met aussi les moyens pour « une orientation choisie et non subie ». La plateforme « ID stages », propose à 31 000 jeunes 8 300 offres de stages. Dans les 13 départements, les salons « ID métiers » ont sensibilisé 27 000 collégiens de 4e et 3e. « 70% des jeunes ont découvert un métier dans ces salons », se félicite le vice-président Kamel Chibli. 28 000 jeunes ont été accueillis dans une maison d’orientation mobile.

    Dans le cadre de son grand plan « Occitanie résiliente » qui vise à faire de l’Occitanie la première région à énergie positive d’Europe, la majorité poursuit ses actions de rénovation et sécurisation de ses établissements scolaires. Les travaux pour l’inclusion et la rénovation énergétique avancent bien. « On est quasiment au bout de l’accessibilité de nos bâtiments », confirme K. Chibli, qui évoque une « sécurisation pragmatique, pas dogmatique » à base de tourniquets, d’accès via la carte jeunes et de caméras de vidéosurveillance. 10 ME ont été débloqués pour faire face à la canicule (brasseurs d’air, films anti-UV sur les fenêtres, protection solaire, isolation thermique…). « On n’a pas attendu d’être reçus par le ministre pour agir. »

    Enfin, Carole Delga est déterminée à poursuivre « la lutte contre toutes formes de discrimination ». Désormais, s’ajoute le combat contre le protoxyde d’azote, véritable fléau. Après concertation avec le Rectorat, un grand plan de prévention sera présenté à l’automne. S’ensuivra une campagne de sensibilisation avec un kit d’action pour les maires et les professionnels de l’éducation.

    Un nouveau lycée à Cournonterral

    Ce sera le 11e à sortir de terre depuis 2016 !

    Jeudi 10 septembre sera inauguré, en présence d’Élisabeth Badinter le lycée Élisabeth et Robert Badinter de Cournonterral, à l’ouest de Montpellier. Sur une surface de 17 200 m² et un site de 6ha, ce lycée à énergie positive accueillera 1 400 élèves et 130 agents. Le coût (52 ME) financé par la Région a été gonflé de 6 ME en raison de procédures environnementales. « Ça a été un lourd combat qui nous a retardés 2 ans », souffle Carole Delga.

  • Une députée interpelle l’état sur la facture électronique

    Une députée interpelle l’état sur la facture électronique

    Alors que le passage aux factures électroniques est prévu pour mardi prochain, le 11 juillet dernier encore, Bercy indiquait que seules deux millions d’entreprises disposaient d’un accès à une plateforme agréée, pour près de dix millions d’acteurs concernés. À cette impréparation s’ajoute la crainte que les plateformes soient la cible de piratages informatiques, la récente cyberattaque mi-août contre la Direction des Finances Publiques (Dgfip) ayant montré les failles dans la protection des données fiscales en France.

    Compte tenu de ces inquiétudes, la députée des Hautes-Alpes, Marie-José Allemand (PS) a donc demandé au gouvernement de clarifier le coût réel d’accès aux différentes plateformes privées agréées pour les entreprises, mais aussi combien d’entre elles sont effectivement prêtes à date. Face au risque de cyberattaque et après que l’idée d’une plateforme publique unique ait été enterrée par l’État, la députée appelle celui-ci à indiquer combien de plateformes sont contrôlées par des acteurs français, européens et extra-européens, ainsi qu’à présenter les garanties mises en œuvre face aux législations extraterritoriales.

    Une opacité et un flou

    qui inquiètent

    « L’État impose cette réforme : il doit donc nous dire combien elle coûte, qui contrôle les intermédiaires auxquels nos entreprises devront confier leurs données et si tout le monde est réellement prêt. C’est exactement à cela que sert le contrôle parlementaire », insiste la députée, qui appelle à ce que la mise en œuvre de la réforme fasse l’objet d’un suivi parlementaire après son entrée en vigueur.

  • Dans le Var, une plateforme pour la transparence des subventions

    Dans le Var, une plateforme pour la transparence des subventions

    Rendre visible l’action de l’État. C’est l’ambition de la nouvelle plateforme Suivi subvention lancée par l’État dans le département du Var. Présenté ce mardi lors d’une conférence de presse, le site cherche à rendre plus lisibles les financements étatiques. Il permet aussi de mettre en valeur les projets très concrets que l’État permet de financer.

    Sur le site suivi-subvention.fr, il est donc possible pour n’importe qui de chercher les projets varois subventionnés. La recherche peut s’effectuer par commune, année, dispositif de financement ou encore type de projet. Pour la préfecture « l’objectif est de passer d’une information administrative parfois complexe à une information directement compréhensible », explique-t-elle dans un communiqué de presse.

    La plateforme intègre également l’intelligence artificielle dans son assistant de recherche, afin de ne pas avoir besoin de maîtriser tout le vocabulaire administratif pour retrouver le projet souhaité. Une manière de faciliter l’accès à ces informations pour les administrés.

    « C’est un outil qui permet une meilleure transparence sur les finances publiques et il permet aussi aux élus ruraux d’avoir accès à toutes les aides qui sont à notre disposition », explique Marjorie Viort, maire du Thoronet et présidente de l’association des maires ruraux du Var. Disponible uniquement dans le Var la plateforme pourra être développée par d’autres préfets départementaux.

  • Fabienne Decottignies : une nouvelle préfète face aux défis gardois

    Fabienne Decottignies : une nouvelle préfète face aux défis gardois

    Sous le soleil lourd du 17 août, le cérémonial a ouvert le bal. Gerbe déposée au monument aux morts du square du 11-Novembre à Nîmes, salut aux autorités civiles et militaires, Marseillaise : Fabienne Decottignies a officiellement endossé les habits de préfète du Gard. À bientôt 55 ans, l’ancienne préfète de la Nièvre succède à Jérôme Bonet, parti en Haute-Savoie, et devient la 83e préfète du département, la deuxième femme à occuper cette fonction après Marie-Françoise Lecaillon.

    Quelques heures plus tard, changement de décor. Dans son bureau, la Nordiste d’origine expose sa méthode, avec un mot qui revient : le terrain. « Un préfet, c’est un géographe », glisse l’historienne de formation. « Il va sur le terrain, il ne reste pas dans son bureau. » Une façon de dire qu’elle entend apprendre le Gard par ses routes, ses communes et ceux qui les font vivre. « Mon but, ce n’est pas d’être la préfète de Nîmes. Je suis préfète du Gard. »

    Le territoire, elle le connaît encore par touches : le Grau-du-Roi, la Camargue, Nîmes et sa Maison Carrée, découverts lors de séjours personnels. Mais cette fois, pas question de regarder le Gard avec des yeux de vacancière. « Je ne viens pas en touriste », prévient-elle. Il faudra en saisir les contrastes, des Cévennes à la Petite Camargue, des quartiers populaires aux terres viticoles, comprendre ses fractures comme ses forces : « Pour pouvoir servir les citoyens du Gard, il faut les connaître. »

    Désormais, il s’agit donc d’en saisir les besoins. Avant le 1er septembre et la période de réserve liée aux sénatoriales, elle veut multiplier les rencontres avec élus, entrepreneurs, associations et citoyens. Dès sa prise de fonctions, elle s’est entretenue avec le maire de Nîmes, Vincent Bouget, et avait déjà pris contact avec celui d’Alès, Christophe Rivenq. Elle a également demandé aux sous-préfets de lui faire découvrir leurs arrondissements, histoire de ne pas laisser la préfecture devenir son unique poste d’observation.

    « Être au cœur de l’action »

    Son parcours lui offre quelques boussoles. Onze années à la Direction générale de la santé, marquées par la canicule de 2003 et la grippe H1N1, puis le ministère de l’Intérieur, la sécurité civile, la préfecture de police de Paris, l’Oise, le Nord et enfin la Nièvre. « Nous sommes tous bâtis par l’expérience », résume-t-elle. Une succession de crises, de territoires ruraux ou urbains et de responsabilités qui lui permet aujourd’hui de revendiquer une « fine connaissance de la gestion de crise ».

    Dans le Gard, celle-ci pourrait vite être mise à l’épreuve : incendies, inondations, épisodes cévenols, tensions autour de l’eau, pauvreté, agriculture fragilisée ou narcotrafic. « Le Gard, c’est presque la concentration de tous les risques naturels possibles », constate-t-elle. Un territoire où la décision préfectorale peut, à certaines heures, se jouer dans l’urgence d’un feu qui progresse ou d’une rivière qui monte. Sur l’eau, la nouvelle préfète ne cache pas son inquiétude. « Si l’on veut éviter la guerre des usages, il faut y travailler maintenant. C’est pour moi un sujet capital. » Face aux risques naturels, elle promet d’« écouter ceux qui savent » : pompiers, ONF, élus locaux.

    Reste la méthode. Fabienne Decottignies revendique « beaucoup d’humilité », mais aussi le goût de l’action. « Mon rôle est de mettre tous les services de l’État autour de la table », affirme-t-elle, pour éviter les fonctionnements en silo et « la suradministration ». Elle veut aussi faire remonter à Paris les réalités d’un département qui ne peut se résumer à des notes administratives. Dans un Gard où les dossiers brûlent parfois aussi vite que la garrigue, la nouvelle préfète veut commencer par écouter. Puis décider. Et surtout « aller dans les communes ».

  • Marseille appelle l’État à agir face au crack

    Marseille appelle l’État à agir face au crack

    « La responsabilité de l’État doit être pointée », insiste l’adjoint (PCF) à la santé, Anthony Gonçalves. Trois ans après les premières alertes médiatiques sur l’arrivée du crack à Marseille, riverains et associations ont multiplié les interpellations auprès des autorités, au fil de l’été, face à l’explosion de sa consommation. Une situation qui s’est encore aggravée avec la fermeture temporaire depuis le mois de mai du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud) Sleep’in.

    La droite marseillaise n’a pas tardé à se joindre aux alertes. Dans un courrier adressé à l’adjoint à la santé ce lundi, le conseiller départemental (DVD) Sylvain Di Giovanni, l’élu d’opposition (Ren.) Romain Simmarano et la secrétaire générale (Ren.) du mouvement Une génération pour Marseille Sandra Blanchard réclament la mise en place « dans les plus brefs délais possibles » d’une halte soins addictions en milieu hospitalier, couplée à un soutien renforcé aux associations de terrain. « Les Marseillais, comme les malades, ne peuvent plus attendre », écrivent les signataires. Tout en refusant la moindre implantation en centre-ville, dans la droite ligne de la pétition lancée pendant les municipales contre « la salle de shoot voulue par la gauche » (notre édition du 21 février).

    Nouvelles places dédiées

    « La lutte contre les trafics de stupéfiants, le maintien de l’ordre et de la sécurité publique, la politique pénale et une grande partie de la politique sanitaire en matière d’addictions relèvent de l’État », réplique l’adjoint communiste à travers un courrier publié ce mardi. Mais il partage les alertes : le maire (DVG) Benoît Payan avait déjà interpellé le Premier ministre, le 28 mai dernier, pour réclamer un plan d’action interministériel, tandis que la maire (GRS) Sophie Camard des 1-7 a écrit à la ministre de la Santé le 17 juillet. Sans réponse.

    « Nous n’avons pas renoncé à l’objectif d’une halte soins addictions, même si ce n’est pas le seul élément et qu’elle n’est pas suffisante à elle seule », réaffirme Anthony Gonçalves auprès de La Marseillaise. Si les échanges ont repris avec les diverses autorités, sans écarter les pistes d’une implantation en milieu hospitalier, près des lieux de consommation ou associant les Caarud, « il faut un portage politique, sanitaire, un financement et une impulsion de l’État », rappelle l’adjoint à la santé, l’expérimentation restant soumise à un feu vert du ministère. « Mais même si nous sommes au-delà des compétences régaliennes de la Ville, nous essayons d’apporter des solutions », insiste l’élu communiste. Un budget de 160 000 euros est consacré à la réduction des risques et des addictions, les actions de ramassage ont permis de retirer 5 000 seringues de la rue au premier semestre – autant qu’en 2025 – et 40 000 euros ont été débloqués pour mettre à disposition du matériel supplémentaire pour la réduction des risques.

    La municipalité va également prendre en charge, à parité avec l’Agence régionale de santé, le poste de coordinateur du dispositif Tempo mis en place au début de l’année par les associations de terrain pour agir collectivement et mieux documenter cette crise sanitaire, sous l’égide de Médecins du monde.

    La municipalité soutient également l’ouverture de deux nouveaux centres d’hébergements dans les jours à venir avec l’associ ation Habitat alternatif social (HAS), l’un de 17 places à Belsunce (1er arr.), et un autre de 10 chambres individuelles pour les femmes, dans un bâtiment municipal du 9e arrondissement. « Cela préfigure une réponse plus globale et plus coordonnée d’une échelle nouvelle, défend Anthony Gonçalves. Pour peu que l’État mobilise les moyens nécessaires. »