Alors que les chantiers du plan de modernisation ferroviaire des Alpes du sud à 367 millions d’euros débuteront en 2027, la SNCF avait promis de consulter et d’associer au projet les premiers concernés, à savoir les habitants des Hautes-Alpes. Et ils ont répondu présents. La SNCF a publié ce mercredi le bilan de ces consultations menées du 13 avril au 29 mai : 4 428 visiteurs uniques se sont rendus sur le site internet et 193 personnes ont participé aux différentes réunions publiques, pour un total de 462 contributions recueillies. Parmi les demandes les plus citées, 86 appellent à développer un train du quotidien, 74 à augmenter la fréquence de passage et mieux adapter les horaires, 66 à désenclaver le territoire, 32 à améliorer la fiabilité et réduire le temps de trajet, 54 à améliorer et maintenir les dessertes, et enfin 51 à rouvrir des gares. Si le document ne liste pas chaque proposition concrète, la consultation dessine une demande claire : le retour d’un train pensé pour l’usage quotidien de ses habitants.
Est-ce que ces propositions ont été entendues et intégrées dans le projet ? C’est là que le bât blesse. « La concertation a donc confirmé l’opportunité du projet pour assurer la sauvegarde et la remise à niveau de la ligne des Alpes du Sud », affirme le document. Si la participation à la consultation confirme les attentes locales d’une rénovation du rail, peu de propositions vraiment nouvelles ou innovantes ont été retenues. Exit l’électrification de la ligne, jugée trop coûteuse en l’état, idem pour le doublement des voies, quant à la réouverture de l’axe Digne-les-Bains – Saint-Auban, demandée localement depuis près de trois décennies, « l’équilibre socio-économique de cette réouverture n’a pas encore été démontré par les études réalisées à date », selon la SNCF.
Quant à la demande de réouverture des gares, l’entreprise « prend acte des demandes locales » mais cet objectif « ne fait pas l’objet du programme prévu et des investissements financiers convenus pour le projet ». Enfin, alors que la faible fréquence de passage et les tarifs font régulièrement l’objet de critiques d’usagers, l’entreprise rappelle que ces éléments relèvent de la compétence de la région Paca pour le TER et de l’État pour le train de nuit.









