Tag: Etat

  • Six salariés étrangers arrêtés dans le Briançonnais

    Six salariés étrangers arrêtés dans le Briançonnais

    Jusqu’où ira la traque aux personnes étrangères ? » : c’est la question que pose les associations Toutes et tous migrants, Médecins du Monde et la MAPEMonde et Refuges solidaires dans un communiqué dénonçant « une rafle par la police de six habitants du territoire ». Selon Simon Plantier de MAPEmonde, « une descente de police » a eu lieu mercredi matin dans une blanchisserie à Villar-Saint-Pancrace, près de Briançon. Six travailleurs étrangers, déclarés par leur employeur, ont été emmenés à la Police aux frontières à Montgenèvre après un contrôle de titre de séjour. Ils seraient ressortis dans la nuit, avec pour certains des Obligations de quitter le territoire ou des assignations à résidence, selon MAPEmonde, qui tente actuellement de rassembler tous les éléments.

    « C’est paradoxal, l’État demande aux personnes de travailler pour être régularisés et derrière on les arrête sur leur lieu de travail, alors qu’elles répondent à toutes les attentes qu’on leur impose », pointe Simon Plantier, dont l’association connaît et accompagne les personnes concernées. En plus de la violence administrative, les associations dénoncent les violences psychologiques de ces « menaces permanentes » et de cette « chasse aux étrangers ».

    Les associations demandent la régularisation « sans plus tarder » des personnes arrêtées.

  • Aux voleurs !

    Aux voleurs !

    L’explosion du prix des carburants suscite l’exaspération d’une part croissante de la population, notamment au sein du monde du travail.

    Infirmière libérale, marin-pêcheur, agriculteur, artisan ou encore salarié de l’industrie, les travailleurs de notre région, qui s’expriment dans les colonnes de La Marseillaise, témoignent de leur ras-le-bol et demandent, chacun avec leurs mots, une chose simple : vivre dignement de leur travail.

    Il leur est insupportable d’être rançonnés par des compagnies pétrolières toujours plus bénéficiaires, mais aussi par l’État, qui prélève entre 50 et 60% de taxes sur le prix des carburants.

    Dans un contexte de mobilisations syndicales, mais aussi d’appels à faire renaître le mouvement des Gilets jaunes qui s’était levé dans tout le pays pour des prix à la pompe inférieurs à ceux pratiqués aujourd’hui, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ont demandé aux ministres de « prolonger » jusqu’au 31 décembre les aides ciblées sur les carburants.

    Profiteurs de guerre

    Une solution coûteuse pour le budget de l’État qui, en prétendant aider les Français qui en ont le plus besoin, revient à verser de l’argent public dans les caisses des multinationales de l’énergie.

    Le dispositif valide de facto l’envolée du prix des carburants comme une fatalité et laisse les profiteurs de guerre prospérer en toute quiétude.

    Pourtant, l’État pourrait décider de bloquer les prix, de taxer les superprofits, de baisser les taxes à la pompe, ou encore de reprendre le contrôle de ce secteur stratégique qu’est l’énergie. Ainsi, le communiste Fabien Roussel réclamait-il ce week-end, depuis la Fête de l’Humanité, des nationalisations-sanctions.

    Il est temps de désigner ceux qui nous font les poches. Aux voleurs !

  • [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    « Avec ce décret, c’est la capacité et le droit d’exonération qui était celui des universités qui sont contraints et nettement limités, recontextualise Valérie André, vice-doyenne aux relations internationales de l’UFR ALLSH (arts, lettres et langues et sciences humaines). On est en train de recenser les étudiants extracommunautaires qui se trouvent en situation critique pour pouvoir appuyer, si on nous y autorise, leurs demandes d’exonération. »

    à l’unanimité, le conseil de l’UFR ALLSH estimait, à l’issue d’une séance tenue le 12 mai, que le décret mettait en œuvre une « sélection sociale drastique » et en demandait le retrait. « Trouvez vos emplois du temps, allez en cours, informez vos profs, faites-nous remonter les informations sur ce que vous fait remonter la scolarité. On doit aussi exiger absolument une extension des délais pour le paiement des inscriptions (différenciés) », lance Armand Aupiais, pour le Réseau université sans frontières (RUSF). Parmi les participants, certains appellent à « massifier le mouvement ». « Derrière se joue la casse du service public, le désengagement total de l’état, estime Mohammed Ouerfelli, secrétaire du Snesup. Il faut que l’on se mobilise tous ! »

    Des discussions sont lancées pour rejoindre l’appel à la mobilisation du 17 octobre. E.B.-G.

  • À Gap, les habitants invités à s’exprimer sur la rocade

    À Gap, les habitants invités à s’exprimer sur la rocade

    Pensé dès les années 1970 pour désengorger le centre-ville, le projet d’aménagement de la rocade de Gap avance. L’enquête publique sur la section Sud de la rocade a débuté le 7 septembre et s’étend jusqu’au 9 octobre. Elle a pour but d’informer le public sur le projet, mais aussi d’assurer sa participation en lui permettant de donner son avis.

    Avec un coût total estimé à 28,3 millions d’euros, il est prévu pour la section Sud un aménagement de 2,4 km entre le carrefour du Sénateur et la route de Marseille (RN85). Une piste cyclable longera tout le long de cette rocade. Un pont sera aussi construit au-dessus de la voie de chemin de fer, ainsi qu’une passerelle piétons-cycles.

    « Ne pas perdre

    une minute de plus »

    « En dépit des difficultés techniques qui affectent la section centrale de la rocade, portée par l’état, la suite du projet, dont la Ville de Gap a obtenu la maîtrise d’ouvrage unique, avance », a indiqué la Ville de Gap dans un communiqué, en début de semaine.

    « L’objectif est de ne pas perdre une minute de plus dans ce dossier », explique le maire de Gap, Roger Didier. Il rappelle que parallèlement à cette enquête publique, les services techniques travaillent sur la section Nord. « Notre volonté est de lancer la concertation publique d’ici la fin de l’année ou au tout début de l’année prochaine. La priorité reste de mettre en service la section Nord le plus rapidement possible après l’ouverture de la section centrale, que l’état annonce pour la fin de l’année prochaine. » À la suite d’un glissement de terrain en septembre 2025, les travaux de la partie centrale ont été interrompus. Ils ont repris depuis le 20 juillet 2026.

    Le dossier d’enquête publique est consultable à la mairie ou sur le site de la préfecture. Le public peut porter ses observations en mairie ou via pref-rocadesudgap@hautes-alpes.gouv.fr

    Agathe Di Lenardo

  • La Métropole Aix-Marseille face à l’inconnu

    La Métropole Aix-Marseille face à l’inconnu

    Pour la deuxième fois cette année, les élus de la Métropole Aix-Marseille menacent de ne pas voter un budget à l’équilibre. Après plusieurs heures d’échanges ce mercredi après-midi entre les équipes du président (LR) de l’institution Nicolas Isnard et celles du maire (DVG) de Marseille Benoît Payan, chacun campe sur ses positions. Malgré les demandes de report, l’ordre du jour du conseil métropolitain qui se tient ce jeudi après-midi reste donc inchangé, avec en point d’orgue la modification du budget arrêté au mois de juin par le préfet après la mise sous tutelle de l’institution. Et le choix de reporter sur Marseille l’essentiel des coupes dans l’argent reversé aux communes, à hauteur de 36 millions d’euros.

    Quelles communes touchées ?

    Après le refus, le 28 avril dernier, de l’hémicycle métropolitain de voter son budget, le préfet avait imposé 91 millions d’euros de coupes sombres dans les dépenses de l’intercommunalité, et 53 millions dans les attributions de compensations reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle. Une solution qui touche les communes industrielles en premier lieu. L’ordre du jour du conseil métropolitain reprend, elle, la proposition de la chambre régionale des comptes : la deuxième délibération ponctionne le même montant mais sur la dotation de solidarité créée en 2022 pour compenser les inégalités entre communes. Si Marseille paie l’essentiel, « pour d’autres communes l’incidence est plus forte », pointe le vice-président aux finances David Ytier. Mais l’option du préfet pesait plus encore sur les budgets des municipalités concernées. Cette délibération, sur laquelle repose l’équilibre de la modification budgétaire, nécessite une majorité des deux tiers. 80 voix suffisent donc pour la bloquer, moins s’il y a des abstentions.

    Le fonds de concours questionné

    Pour faire passer la pilule, la conférence des maires le 8 juillet proposait un fond de concours pour les investissements des communes, qui compense « euro par euro » la perte de leur dotation. Si 90 communes ont déposé leur demande, la préfecture a averti, dans une note datée du 2 septembre, que celles-ci « sont sans valeurs » sans vote des conseils, et que ne sont pas concernés les projets déjà achevés. D’autres sont exclus, comme les 2,75 millions d’euros demandés par Marseille pour le verdissement de sa flotte automobile. Si elle sème le trouble chez les maires, la note précise bien que si la demande de subvention respecte le cadre légal rappelé, « elle est recevable ».

    Le retour des magistrats financiers ?

    Lors de la réunion lundi des maires de la gauche métropolitaine, Benoît Payan a proposé de ne toucher à aucune des dotations reversées aux communes. Et donc assumer un trou dans le budget de 53 millions d’euros. « Un nouveau dialogue pourrait s’ouvrir avec la chambre régionale des comptes sur les conditions du retour à l’équilibre », explique le maire de Marseille dans un courrier au président de la Métropole. Reconnaissant que le résultat est incertain. « Si la majorité des maires est prête à se faire hara-kiri et sauter dans les bras des magistrats, on l’entendra », tance l’argentier métropolitain. À gauche, on avance le précédent du Département de Gironde avec un plan de retour à l’équilibre jusqu’en 2029 sous le retour de la chambre régionale des comptes. Et des coupes budgétaires sévères qui entraînent de nombreux licenciements dans le secteur social.

    Aménagements budgétaires

    Pour David Ytier, ce retour par la case des magistrats financiers risque de faire perdre les aménagements budgétaires proposés ce jeudi à la marge des 91 millions d’euros de coupes. « Nous allongeons les crédits [à hauteur de 1,8 million, ndlr] pour ne pas mettre en péril la paie des salaires », témoigne-t-il. En cas de blocage, ce montant sera répercuté sur les communes. La décision modificative sanctuarise aussi 3,5 millions d’euros en plus de subventions aux associations, ainsi que 2 millions pour sécuriser les parkings, 1,6 million pour l’entretien de la voirie.

    Bloc contre bloc

    Après le courrier de Benoît Payan, Nicolas Isnard a réuni ce mercredi matin en visioconférence l’ensemble des maires, hors le groupe de la gauche métropolitaine. De quoi s’assurer de leur soutien. En soirée, les communes de gauche ont acté aussi leur approbation, sauf Aubagne et surtout Marseille. « Si ce jeudi la proposition est de tirer une balle dans le pied de Marseille, je ne tiendrai pas le pistolet », annonce Benoît Payan dans les colonnes de La Provence. « Côté gauche marseillaise, pas une voix ne manquera à l’appel », prévient son entourage. Ce n’est pas le cas à droite : «A un moment, il y a le mur de la réalité », défend Romain Simmarano (Ren.).

    Les impôts questionnés

    « Je ne voterai pas d’augmentation de fiscalité si la ville de Marseille perd au passage près de 40 millions d’euros », lance aussi Benoît Payan. L’ordre du jour prévoit de revenir sur les exonérations accordées depuis le Covid pour les créations d’entreprises, que la Métropole était la dernière à appliquer, ainsi que pour celles qui louent des meublés. Il est proposé de baisser leur cotisation foncière pour les plus petites, l’augmenter pour les autres. Au total 26 millions de recettes sont attendues en 2027, une « ligne rouge » pour l’extrême droite qui annonce donc ne pas soutenir les délibérations budgétaires. De quoi renforcer la minorité de blocage marseillaise.

    Quel exécutif ?

    Avec ce refus, les Marseillais voteraient donc contre l’exécutif métropolitain, où ils ont pourtant cinq sièges. De quoi rebattre les cartes ? « Si le président considère qu’il faut revoir l’exécutif, alors il me trouvera à ses côtés pour revoir l’intégralité de l’exécutif », avance Benoît Payan.

    EN CHIFFRES

    53 millions

    C’est la somme qui doit être ponctionnée sur la dotation de solidarité communautaire (DSC) sur les 66 millions d’euros initialement prévus dans le pacte financier et fiscal de la Métropole, dont 36 millions sur la dotation marseillaise, 1,3 million pour Aix-en-Provence, 1 million pour Salon-de-Provence . Une délibération promet de rétablir les montants initiaux en 2027.

    26 millions

    C’est le montant des hausses d’impôts proposées à l’ordre du jour du conseil, applicables au 1er janvier 2027. L’essentiel, à hauteur de 19 millions d’euros, est assuré par la revalorisation de la cotisation foncière des entreprises, qui n’avait pas évolué depuis 2016 et était plus lourde pour les petites entreprises. 74 600 d’entre elles verront leur taux baisser.

    12 millions

    C’est le montant des crédits supplémentaires inscrits en fonctionnement sur le budget principal de la Métropole dans sa décision budgétaire modificative. Une augmentation de seulement 0,8% par rapport au budget du préfet. 4,4 millions sont inscrits «pour permettre d’assurer le fonctionnement a minima du service public», et 3,5 millions pour les associations.

    240 millions

    C’est le trou budgétaire attendu pour 2027 si la Métropole devait respecter la trajectoire de son pacte financier et fiscal. Une réunion est prévue le 15 septembre à Aix pour redéfinir ces objectifs, avec un besoin estimé entre 100 et 150 millions d’euros. Quant au budget des transports, il devrait être modifié le 15 octobre. Avec en ligne de mire la révision des tarifs et de la gratuité.

  • Intenable

    Intenable

    Les élus métropolitains d’Aix-Marseille-Provence sont amenés à se prononcer sur le budget 2026 de l’institution ce jeudi.

    Ils avaient refusé de l’adopter en mai dernier pour pointer l’incohérence de l’État qui avait contribué à financer un investissement massif dans les infrastructures avant de réduire les moyens de fonctionnement de la Métropole comme des autres collectivités du pays.

    Le bras de fer s’était soldé par une copie du budget revue et corrigée par la chambre régionale des comptes et le préfet, bien loin des espérances des élus.

    Démocratie

    En effet, l’alignement du versement mobilité des entreprises sur le taux pratiqué en région parisienne n’a pas été décidé. Pire, les attributions de compensation, ces versements réalisés en contrepartie de la suppression de la taxe professionnelle par Nicolas Sarkozy ont été attaquées sans que Marseille, la ville centre, ne reçoive l’assurance d’être mieux traitée.

    Dans ces conditions, la Métropole des maires prônée par le nouveau président de l’institution Nicolas Isnard, se mue en Métropole des maires chargés de serrer les budgets.

    Quelle que soit l’issue du vote sur le budget 2026, cette trajectoire est intenable pour la suite.

    La Métropole imposée d’en haut, n’a pas les moyens des ambitions qui lui ont été assignées. L’aménagement libéral du territoire est une impasse. Peu importe l’avenir de cette institution, les aspirations démocratiques exprimées lors des dernières municipales par le peuple doivent trouver une traduction concrète. L’austérité n’est pas la solution, c’est le problème.

  • La relance de la LEO reste au point mort

    La relance de la LEO reste au point mort

    C’est l’un des dossiers majeurs, voire « le numéro 1 », ouvert par Olivier Galzi dès son élection comme maire (DVD) d’Avignon puis comme président du Grand Avignon : relancer la liaison Est-Ouest (LEO), rejetée dans sa version initiale par ses prédécesseurs au point que, en novembre dernier, l’État stoppait les crédits prévus pour la phase 2. Une semaine à peine après son accession au Grand Avignon, Olivier Galzi rencontrait à Paris, Philippe Tabarot, ministre des Transports. « Il a été acté que le dossier est rouvert et tout sera fait pour récupérer les crédits », s’enorgueillissait le maire à la sortie de la réunion.

    Sauf que depuis, la LEO reste au point mort. Selon nos informations, aucun courrier d’intention du ministre n’est arrivé sur le bureau d’Olivier Galzi ni encore moins d’engagement financier. Contacté, le ministère des Transports n’a pas donné suite dans l’immédiat. Côté Grand Avignon, on préfère aussi le silence à ce stade. « Nous communiquerons sur les prochaines étapes en temps voulu », répond l’agglo. Ce qui sous-tend bien que la situation n’a guère évolué favorablement, bien que le « sujet reste majeur ». Ce statu quo vient confirmer les difficultés financières et techniques d’un projet qui reste toujours vivement critiqué. Depuis le début, Olivier Galzi a, lui, bien conscience que le tracé n’est plus « optimal » mais s’en accommode par « pragmatisme », craignant sinon de ne rien voir « avant 20 ou 30 ans ».

    L’État prêt à renoncer

    à la maîtrise d’ouvrage ?

    « Je ne dis pas que cela va être simple, parce qu’il y a des procédures qui ont dû s’arrêter, des financements qui sont partis », prévenait en avril Philippe Tabarot. Dans la foulée, fin avril, le préfet de Vaucluse se montrait aussi très prudent, notamment dans l’attente de nouvelles études de faisabilité sur une version minorée de la LEO, passant d’une 2×2 voies façon autoroute comme sur la phase 1, à une 2×1 voie en ceinture verte avec croisement d’autres routes et feux rouges. En service depuis octobre 2010, la tranche 1 (Courtine-Rognonas) de la LEO devait être suivie d’une seconde étape (Rognonas – carrefour de l’Amandier à Avignon) et d’une troisième jusqu’aux Angles avec un nouveau pont sur le Rhône. Un projet routier, déclaré d’utilité publique en 2003, dont les autorisations sont proches d’être caduques.

    Lors de la relance, Olivier Galzi mettait en avant un consensus politique, vantant le soutien des Départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, de la Région et de Terre de Provence, l’agglo du nord des Bouches-du-Rhône. L’ensemble réuni dans un pack territorial, aux côtés également de syndicats patronaux et organisations économiques (Medef, U2p, CPME). Une réunion de ces acteurs, prévue le 23 septembre, a été ajournée en octobre. « Nous pourrons apporter plus de précisions à l’issue de celle-ci », temporise la Région, sollicitée pour savoir si elle était toujours prête à maintenir son engagement financier (38 millions d’euros, soit 27% du coût de la phase 2 initiale estimée en 2014 à 142 millions). Côté Vaucluse, on semble davantage dans les starting-blocks : « Dès que le projet repart avec l’engagement de l’État, le Département est prêt à remettre sa participation prévue », indique la collectivité. Soit 21 millions d’euros.

    Pour rappel, l’État restait le principal financeur (54 millions d’euros, soit 38% du montant global) et porteur du projet. Mais jusqu’à quand ? D’après nos informations, fin juillet, la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a manifesté son intention de se retirer de la maîtrise d’ouvrage faute de temps face à d’autres priorités de transports. Si rien n’est acté, les signaux ne sont pas vraiment au vert. En avril, Olivier Galzi espérait glisser la LEO sur une ligne budgétaire du projet de loi de finances 2027. À terme, si l’État remet du carburant, il faudra aussi que le Grand Avignon soit certain d’abonder. L’agglo avait fléché quelque 18 millions d’euros dans la mouture initiale.

  • Prédation du loup : les syndicats agricoles veulent de « vraies réponses »

    Prédation du loup : les syndicats agricoles veulent de « vraies réponses »

    Suite à l’affaire de braconnage de Cervières, les différents syndicats agricoles étaient conviés ce mardi par le préfet pour échanger avec Olivier Thibault, directeur général de l’Office français de la biodiversité (OFB). Les Jeunes Agriculteurs (JA), la FDSEA et la Conf’05 ont refusé l’invitation.

    « Le sujet est désespérément éloigné de nos préoccupations actuelles, a réagi la Conf’05 la veille dans un communiqué. Après un interminable été de catastrophe, le monde paysan est profondément frappé par les difficultés. Dans ce contexte explosif, organiser une rencontre exceptionnelle avec le directeur général de l’OFB sur un enjeu de fait divers nous paraît inapproprié et secondaire ».

    En attente de réponses concrètes

    « Nous refusons une nouvelle fois un dialogue de façade, et nous n’avons pas besoin que des bureaucrates qui nous expliquent comment gérer la présence du loup sur nos territoires », ont déclaré communément les JA05 et la FDSEA05, qui imaginent déjà la teneur des échanges : « Nous demander de faire des efforts, tout en nous imposant toujours plus de contraintes, de contrôles et de procédures ».

    Les trois syndicats ne souhaitent pas rompre le contact avec les services de l’État. La Conf’05 aimerait pouvoir échanger sur les sujets « dramatiquement urgents », comme les financements pour faire face et s’adapter au changement climatique : « Tant que ce ne sera pas clairement à l’ordre du jour, nous ne nous rendrons pas disponibles pour des réunions stériles qui brassent l’air ».

    Les JA et la FDSEA se disent prêts à reprendre les échanges « si l’OFB engage un véritable changement de méthode » : « Sur l’eau, les haies, les traitements, Natura 2000 ou encore le loup, les agriculteurs de montagne demandent des solutions adaptées à leur réalité ».

    Fin juillet, trois personnes avaient été arrêtées à Cervières, soupçonnées d’avoir abattu illégalement neuf loups en mars dernier. Des agriculteurs, principalement issus des JA et de la FDSEA, avaient manifesté début août pour exprimer leur indignation face à une gestion du loup qu’ils jugent « pas adaptée ».

    Agathe Di Lenardo

  • Le projet Mistral sur les rails pour produire un « acier vert » à Fos-sur-Mer

    Le projet Mistral sur les rails pour produire un « acier vert » à Fos-sur-Mer

    « Notre credo est d’arriver à produire un acier vert au sens de l’environnement, du climat et de notre intégration dans l’écosystème social » expose Jacques-Yves Floch, PDG de Marcegaglia Fos-sur-Mer, lors de la présentation du projet Mistral à la Maison de la mer jeudi dernier. Plus d’un milliard d’euros sont mobilisés par le groupe familial, repreneur de l’ex-Ascométal en 2024 pour remodeler l’usine d’acier de récupération autour d’un four à arc électrique d’une capacité de production annuelle de 2 millions de tonnes d’acier.

    Ces outils s’insèrent dans les premiers niveaux de la chaîne de production du groupe Marcegaglia. « Nous développons notre propre capacité primaire », reprend Jacques-Yves Floch. « Nous sommes portés par les marchés défense, et nous nous orientons vers les produits dédiés à l’énergie, notamment avec le programme EPR2 » détaille le PDG, en référence au projet européen de réacteur nucléaire nouvelle génération. À terme, l’usine Fosséenne sera le fournisseur interne de trois usines du groupe, basées en Italie, où seront finalisés les produits d’aciers. « Notre ambition est d’être capables de livrer des aciers très purs à l’avenir », conclut le porteur de projet.

    Le rôle de l’État

    Si le projet est globalement salué par les associations environnementales, le rôle de l’État est encore source d’inquiétudes. « Nous sommes pour ce projet industrialo-portuaire », indique Christophe Claret, secrétaire général du syndical CGT des dockers et portuaires du Golfe. Mais, « où sont les infrastructures ? Les mairies ont de moins en moins d’argent, où est le rôle de l’État planificateur ? Comment on va faire s’il faut faire 2h de route pour aller travailler ? » assène-t-il.

    Une initiative privée y répond en partie. « Nous allons réaliser un restaurant interentreprises », annonce Jacques-Yves Floch, au sein du restaurant existant sur le môle central. « Pouvoir manger pas loin du lieu de travail est un moyen d’éviter les mobilités et nous l’avons fortement dimensionné pour ça », complète-t-il. Cela s’inscrit dans l’accord conclu en février avec les voisins Néocarb et GravitHy de mutualisation de services, comme la lutte incendie, la sécurité ou le contrôle d’accès. Et pour les 700 salariés en plus que compte embaucher le groupe, le PDG propose « un hub de parkings hors des usines avec des navettes » et des horaires modulés.

    Même logique sur la logistique. « Dès le début du projet, nous avons mutualisé notre desserte ferroviaire », indique Michel Nègre, responsable process et logistique de l’usine. L’objectif est d’approvisionner l’usine par trains venus de HES Fos, ancien terminal minéralier du port, approvisionné par la mer. « SNCF et son réseau national ne correspondent pas à nos échéances ni à celles de GravitHy et Néocarb », détaille le responsable, « On va saturer la voie existante au démarrage en 2029, nous travaillons avec le Grand port maritime de Marseille (GPMM) à créer une nouvelle voie de HES à Marcegaglia, qui fera l’objet d’un nouveau dossier ».

    Reste à confirmer la décision finale d’investissement, attendue pour fin 2026, en même temps que le permis de construire.

  • Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    « La forêt n’est pas un musée. Elle doit être gérée pour être durablement protégée », a-t-il notamment indiqué au préfet Simon Babre. « Le Var doit prendre les devants. Je continuerai donc à porter cette exigence auprès de l’État dont le représentant dans le Département est à l’écoute, moins de dogmatisme, moins de normes européennes ou nationales qui empêchent d’agir, davantage de responsabilité et de pragmatisme », a-t-il notamment indiqué, dénonçant la vision d’une « “forêt sous cloche”, où l’entretien serait toujours suspect, souvent empêché au nom d’une conception dogmatique de la biodiversité ».