Tag: étang de berre

  • L’impact écologique du contournement de Martigues inquiète

    L’impact écologique du contournement de Martigues inquiète

    Le projet dormait depuis plus de cinquante ans. La décarbonation et le développement de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos-sur-Mer aura permis son réveil. Le 30 juin, le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc devenait enfin concret avec la signature du protocole de financement, allouant 167 millions d’euros à la construction de cette nouvelle infrastructure. L’objectif : délester la RN568, qui voit quotidiennement passer près de 50 000 véhicules, dont près de 10% de camions, et mieux desservir la ZIP, puisque les dernières projections montrent une croissance attendue de 30% du trafic poids lourds, à horizon 2030.

    S’il était attendu, le projet ne fait pas pour autant l’unanimité au sein de la population. Ouverte le 29 septembre, l’enquête publique organisée jusqu’au 29 octobre en est la preuve. Plusieurs points d’inquiétude reviennent sur la table. D’abord, son effet sur la pollution. « Plus de routes équivaut à plus de voitures, ce qui implique une augmentation des émissions de CO2 et de polluants atmosphériques, donc davantage de problèmes de santé pour les habitants », écrit Audrey Juste sur le registre.

    Des alternatives sous-exploitées

    Mais c’est avant tout l’impact environnemental de cette infrastructure qui cristallise les oppositions. FNE 13 souligne la consommation de « 84 ha d’espaces naturels, agricoles et forestiers, et ce en complète contradiction avec l’objectif d’une réduction drastique de l’artificialisation des sols », avec une zone impactée comportant une « grande diversité d’habitats naturels, dont certains sont à fort ou très fort enjeu de conservation ». Éric Brunet, un habitant de Martigues, ajoute : « La proximité de zones humides sensibles, comme l’étang du Pourra, accentue également les risques de perturbation des écosystèmes. » Alternatiba affirme : « Avec une demande de dérogation à l’interdiction de destruction de 105 espèces protégées, le projet aurait un impact réel. »

    Les opposants au contournement autoroutier revendiquent un changement de paradigme et la recherche d’alternatives, notamment ferroviaire, une solution sous-exploitée, selon FNE 13. Alternatiba assène : « Alors que les déplacements domicile-travail en voiture sur l’Ouest Étang de Berre atteignent les 90%, que 95% des déplacements spécifiquement sur la ZIP sont en véhicule en 2021 contre 86% en 2006, il est plus que temps d’engager un programme de création de réelles offres de transports publics et de développement d’un réseau de pistes cyclables en site propre sur notre territoire. »

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».