Tag: étang de berre

  • Hommage à Jean-Claude Cheinet et ses combats

    Hommage à Jean-Claude Cheinet et ses combats

    « C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition de notre camarade », déclare la fédération du Parti communiste français des Bouches-du-Rhône, ce dimanche. « Communiste engagé de longue date, géographe, ancien adjoint au maire de Martigues dès 1989, Jean-Claude aura consacré une grande partie de sa vie au service de l’intérêt général, de son territoire et des combats qu’il portait avec conviction », rappelle-t-elle.

    L’écologie avant l’heure

    « Ce militant infatigable des questions environnementales, membre de la commission nationale Écologie du PCF, aura beaucoup œuvré pour faire avancer une écologie populaire, indissociable à ses yeux des enjeux sociaux et industriels », notamment dans le pays de Martigues où se retrouvent tant d’enjeux, entre industries, habitants et travailleurs du pourtour de l’étang de Berre. Il fut également l’un des fondateurs du MNLE.

    « Jean-Claude était de ceux qui ont contribué, bien avant que l’urgence écologique ne s’impose dans le débat public, à faire vivre ces combats au sein de notre parti », souligne la fédération qui « perd un camarade précieux et profondément engagé ». Et d’adresser ses pensées les plus fraternelles à sa famille, ses proches et ses camarades, « qui ont partagé ses combats ». La Marseillaise tient à adresser aux proches de ce grand ami du journal ses condoléances attristées.

  • [C’est l’été] Une balade en kayak inédite pour visiter Martigues

    [C’est l’été] Une balade en kayak inédite pour visiter Martigues

    Pagaie à la main, ils sont nombreux à avoir sillonné cet été les eaux provençales. Les dernières sorties à ne pas manquer sont prévues ce mercredi 26 août, avec un premier départ à 9h30 et un second à 13h30. Du canal Baussengue au canal Galiffet, il faut compter 2h30 de déambulation sur l’eau. « C’est une façon ludique de découvrir la ville et de voir la Venise provençale depuis la mer », résume Marianne Bajou, conseillère à l’Office de tourisme de Martigues.

    Une approche insolite

    de la ville

    Au-delà d’une simple balade nautique, la sortie en canoë-kayak offre un regard inédit sur les lieux emblématiques de Martigues. L’excursion « est accompagnée d’un guide qui apprend à faire du kayak pour ceux qui n’ont pas l’habitude d’en faire, et qui raconte également l’histoire de la ville », précise Marianne Bajou. Organisée par groupes de huit personnes maximum, la sortie en plein air promet aux visiteurs une immersion dans les « coins sauvages et préservés de la côte ouest de l’étang de Berre ». Au départ du gymnase Aldéric Chave, le cap est ensuite dirigé vers la plage de Ferrières, puis les visiteurs passent sous les fameux ponts bleus surplombant le port. Le circuit se poursuit autour des canaux de Martigues, avant une halte incontournable au Miroir aux oiseaux, niché dans le quartier de l’Île, face à l’église Sainte Marie-Madeleine. « C’est une petite étendue d’eau avec des maisons colorées et des barques traditionnelles », décrit la Marianne Bajou.

    Pas besoin d’être un pagayeur expérimenté pour participer à la sortie, ouverte dès huit ans. « Il faut simplement savoir nager et aimer pagayer ! », sourit la conseillère de l’Office de tourisme, qui tire un bilan positif de la saison : « Ça fait plusieurs années qu’on le fait et, cette année, ça a vraiment beaucoup plu. On a eu des groupes quasiment complets tout l’été ». En famille ou entre amis, la dernière occasion de découvrir les abords de Martigues depuis la mer se présente ce mercredi 26 août, avant que les kayaks ne retournent à la berge jusqu’à la saison prochaine.

    Andréa Goyard de Castro

    Tarif unique : 30 euros.

  • Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Ce sont « des fermetures
    préventives
     », explique Raphaël Grisel. Suite à l’orage qui a éclaté lundi soir, le Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de l’étang de Berre qu’il dirige, a préconisé l’interdiction à la baignade des plages de la lagune. Les plages d’Istres, de Vitrolles, de Saint-Chamas, de Marignane et de Martigues ont donc été fermées jusqu’à ce mercredi matin.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les cumuls indiquent qu’il est tombé entre 15 et 25 mm en seulement 10 minutes lundi 24 août au soir. « On sait que la fin de l’été fait partie des périodes les plus à risque, où il n’a parfois pas plu depuis plusieurs mois et les orages violents produisent un lessivage des sols et du ruissellement des eaux de qualité dégradées vers l’étang, détaille Raphaël Grisel. Ça peut aller du résidu de pneu, qui est plus un problème d’écologie, aux excréments des chiens, qui, pour le coup, posent plus problème pour la baignade. » Un point positif néanmoins : les pluies liées à l’orage de la semaine dernière ont déjà permis un premier lavage des sols, limitant les dégâts de ce second épisode.

    Des coups de vent qui permettent de brasser

    « On a des situations très contrastées sur l’étang de Berre, poursuit le directeur du syndicat mixte. On a Vitrolles, Rognac ou Marignane, qui ont des bassins-versants très urbanisés, avec des activités économiques importantes, mais on a aussi Figuerolles à Martigues où il n’y a rien, donc les risques de dégradation sont très faibles en période d’orage. » Néanmoins, pour « plus de lisibilité », le Gipreb préfère préconiser l’interdiction de baignade à chaque ville avant d’obtenir les résultats des analyses, qui peuvent arriver après 48h.

    « On a une courbe de restauration de qualité de l’eau qui s’est dessinée au fil des données accumulées depuis dix ans », précise le directeur. Dans 95% des cas, le retour à la normale s’observe 24 heures après l’épisode pluvieux.

    Si l’orage engendre un risque de contamination bactériologique, il est aussi, en certains points, salvateur pour l’étang de Berre qui est en mode survie face aux fortes chaleurs de la saison estivale. « On observe des dégradations majeures sur certains sites, avec une mortalité importante de palourdes, note Raphaël Grisel. Lors de la dernière canicule, la température de l’eau excédait 32 degrés au niveau des plages. Heureusement, depuis quelques jours, les températures baissent et on a des coups de vent qui permettent de brasser, donc d’oxygéner. On espère retrouver des taux qui permettent à la vie de se maintenir, soit 2/3 mg par litre. Là, on y est pas dans les couches profondes. »

  • [Voile] Nouvelles salves de championnats à Martigues

    [Voile] Nouvelles salves de championnats à Martigues

    Le passage de témoin, c’est fait dans une bonne ambiance.

    Samedi, Optimists, ILCA 4, 6 et 7, 29er, 420 et Open 5.70 en ont terminé avec « leurs » championnats de France. La flottille a vécu quatre jours de régates, dans de bonnes conditions de vent. Ce qui a permis aux participants de prendre du plaisir et offrir du spectacle, sur les eaux de l’Étang de Berre.

    Ce championnat de France a montré qu’il est bien plus qu’une simple compétition. C’est une célébration de la voile sur l’ensemble du territoire français. Comme le souligne Nathalie Peberel, Vice-présidente de la FFVoile. « C’est un championnat de France, donc les participants viennent de l’Hexagone, mais aussi de beaucoup plus loin. Nous avons ici des Guadeloupéens, Martiniquais, Calédoniens ainsi que Tahiti. Nous avons les territoires ultramarins. Nous avons les ligues hexagonales. Nous avons notre ligue Îlienne la plus proche qui est la Corse. Effectivement, on vient de l’intégralité du territoire français. »

    Au final, deux titres reviennent à des locales. Lilou Backès, de La Pointe Rouge, conserve le sien en Optimist. Un doublé qui lui permet de mieux appréhender son changement de série, puisqu’elle va « monter » en ILCA 4. Tandis qu’Elena Ezraty, de La Pelle, décroche le titre de cette série. Sur le podium, elle est accompagnée de sa coéquipière Luce Langumier.

    Seconde flottille

    Trois autres pensionnaires de La Pelle étaient sur le podium de 29er. À savoir Salomé Joly et Aline Tacquet sur la deuxième, tandis que Camille Caullier, associée à l’Antiboise Justine Barbarin, termine troisième. En 420, le duo Simon Prot (ASPTT Marseille) et Juliette Peyre (La Pelle Marseille) décroche également une médaille de bronze.

    La station de Tholon reste en mode ruche active, avec une nouvelle séquence de championnats de France. Dimanche, cinq nouvelles séries ont pris le relais. À savoir les Nacra 15, Open Skiff, RS Feva, Tyka, Flotte Partagée.

    Jusqu’à mercredi, il y aura donc à nouveau du spectacle sur les quatre parcours dessinés sur les eaux de l’Étang de Berre.

    Des champions en planche à voile

    Les championnats de France de planche à voile se déroulaient à Brest.

    En Finistère, plusieurs Provençaix ont terminé sur le podium. Avec un triplé Mahé, Pelet, Gutton du club de la Pointe Rouge en technofoil hommes et deux médailles de bronze pour la pensionnaire de la Pointe Rouge Agarhe Hanoun, également en technifoil, et la Miramasséenne Pauline Hermitant en windfoil.

  • [C’est l’été] À Martigues, de l’étang de Berre à la mer

    [C’est l’été] À Martigues, de l’étang de Berre à la mer

    Stationné sur l’un des quais du pôle d’échange multimodal de Martigues, le bus de la ligne 30 est déjà quasiment plein. Une trentaine d’arrêts et 44 minutes plus tard – c’est précisément ce qu’affiche l’écran au centre du véhicule – il arrivera au port de Carro après avoir desservi la plage prisée de la Couronne, ainsi que les hameaux de Saint-Pierre-les-Martigues et de Sainte-Croix.

    L’itinéraire côtier a tout pour être l’un des plus empruntés du secteur pour la RTM. Assis à l’avant du bus, le chauffeur Christophe confie : « Le samedi, c’est tellement plein qu’il faut un bus en renfort ». Une ligne détrône tout de même la 30 : c’est la 22, qui relie la commune de Port-de-Bouc à Martigues, du quartier des Aigues-Douces jusqu’au Parc de Figuerolles.

    C’est ce bus qu’ont d’abord emprunté Yanis et ses deux amis pour se rendre à la mer. Les lycéens prévoient de louer un pédalo pour l’après-midi, histoire de profiter des vacances même s’ils ne partent pas. Mais avant d’y arriver, il leur aura fallu près de deux heures. « Faut être patient, glisse l’un d’eux. On est juste à côté, mais on met mille ans. » Son téléphone sonne. À l’autre bout du fil, un quatrième copain qui a raté le bus. « Prends un Uber, ça ira plus vite », lui conseille le jeune Port-de-Boucain.

    Des chantiers sont prévus afin d’améliorer la mobilité des habitants de la commune ouvrière de 17 000 habitants. En août 2025, la Métropole a annoncé mener un projet de transformation de la ligne 22 en Bus à haut niveau de service (BHNS). La promesse faite est de « permettre la desserte de quatre quartiers politique de la Ville » avec « un accès à moins de 500 mètres à pied pour près de 70% des habitants de ces quartiers ». Le bus, qui fera un trajet de 13 km en passant par l’hôpital public de Martigues, les lycées et les collèges ainsi que le parc de Figuerolles, doit entrer en service en 2027. Les études de faisabilité sont en cours.

    Témoin de l’évolution du paysage… et des pratiques

    En attendant, les Port-de-Boucains s’en tiennent donc à la 22, puis la 30 pour profiter des plages de la Côte Bleue. Quelques minutes après le départ du second bus, la ville s’éloigne déjà et laisse place à la garrigue. Les pins et les herbes sèches défilent aux fenêtres. Les passagers ont quitté l’écran de leur téléphone des yeux pour profiter du spectacle. Un seul bémol : la clim qui fonctionne par intermittence. Prospectus, carnet, casquette… Les objets du quotidien se transforment en éventail. Sur les hauteurs de la colline de Saint-Julien, les passagers peuvent à la fois apercevoir l’étang de Berre et la Méditerranée. La petite mer, et la grande mer.

    En ralentissant à l’arrêt La Saulce pour laisser sortir une mère et sa fille parties faire leurs courses en ville, Christophe se remémore : « Quand ça a brûlé, en 2020, on était aux premières loges. On a vu les stigmates de l’incendie pendant longtemps. Tout était noir. Mais depuis, ça a bien repoussé. La nature est bien faite, il faut lui faire confiance ! » De sa cabine, le chauffeur est le témoin quotidien de l’évolution du paysage. Et ça lui plaît.

    Avant, le quinquagénaire était routier. Il sillonnait la France à bord de son poids lourd. Mais le contact humain lui manquait, alors il s’est reconverti dans les transports en commun. « La journée passe souvent très vite, on voit pas filer le temps. Même si parfois, en fonction des gens qui montent, la journée peut aussi être très longue. C’est beaucoup de social, de pédagogie. Parfois, on est le seul lien des personnes avec le monde extérieur. »

    Dans la quinzaine de lignes qu’il se partage avec ses collègues de la RTM, Christophe constate que les usagers sont de plus en plus nombreux. « Les gens n’ont plus les moyens de s’acheter et d’entretenir une voiture. L’assurance et l’essence coûtent tellement cher aujourd’hui… On voit bien la précarité qui augmente. »

  • Le spectre de la malaïgue plane sur l’étang de Berre

    Le spectre de la malaïgue plane sur l’étang de Berre

    Une nouvelle vague de chaleur place 22 départements en vigilance orange canicule, et il n’y a pas que les Français qui en souffrent. La nature aussi. La température de l’étang de Berre atteint les 28 degrés en son centre, et 30 degrés à proximité des plages. Un record, « surtout dans la durée du phénomène, qui a commencé mi-juin », souligne Raphaël Grisel, directeur du syndicat en charge de la réhabilitation de la lagune, le Gipreb.

    Cette chaleur entraîne des réactions physiques et biochimiques en cascade, qui peuvent mener à une asphyxie de l’étang. « L’eau chaude contient déjà moins d’oxygène que l’eau froide. Elle engendre des développements de phytoplanctons. On a des eaux très vertes voire marron à certains endroits. Ces phytoplanctons, aux cycles de vie très court, sédimentent le fond de l’étang et génèrent des dégradations par les bactéries présentes, qui consomment de l’oxygène et réduisent encore le volume d’air dans l’eau. »

    En 2018, une situation similaire avait mené à une crise de malaïgue dévastatrice, qui avait touché 93% de la surface de l’étang de Berre. Cette année, certaines zones confinées à la pointe de Berre ou à Saint-Chamas ont connu de tels épisodes, mais globalement, la lagune tient le coup. « Le protocole (qui interdit à la centrale EDF les rejets d’eau douce pendant les mois de juillet et août, ndlr) semble plutôt bien marcher, même dans des situations critiques, commente Raphaël Grisel. On a une température de l’eau assez extrême mais la salinité est homogène et la stratification est assez peu présente, grâce à de petits coups de vent qui brassent et réoxygènent. »

    « On peut espérer que ça tienne encore, mais s’il n’y a pas de gros coup de vent avec la vague de chaleur ça va devenir vraiment critique, poursuit-il. Chaque année, les températures sont plus élevées. On voit où on va. Il faut continuer de mettre en œuvre les mesures pour poursuivre la sécurisation de l’état de l’étang en été et aller plus loin. Ça passe par la réduction des apports en nutriment, que ce soit par les rivières ou EDF, et par la réouverture du tunnel du Rove, qui apportera des eaux marines qui seront plus fraîches et permettront de le climatiser. »

  • Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Le vent se lève sur l’étang de Berre, mardi en début d’après-midi. Sur la plage de Champigny, à Berre-l’Étang, familles et habitués profitent d’une eau à 32 degrés. Ce couple et leur enfant venant d’arriver s’apprêtent à se mettre à l’eau. Mais juste avant… « Bonjour ! C’est la brigade littorale, est-ce qu’on peut vous poser quelques questions ? » demande Camille Moreti au couple. La volontaire en service civique du Gipreb, le syndicat mixte gestionnaire de l’étang, dispose d’un petit questionnaire. « C’est la première fois qu’on vient ici » avoue Issam Benabdelkrim, venu de Marseille. « On allait surtout au Jaï avant, mais on préfère ici car il y a plus de place et la plage est propre », remarque-t-il.

    Il n’y a pas que la baignade. « J’y pêche des loups grands comme ça ! », explique Didier Coulomb, en mimant la longueur d’un avant-bras. « Ça fait 20 ans que je suis parti dans les Alpes mais je reviens une semaine chaque été », explique le quinquagénaire. « J’ai connu l’étang pollué et sans poisson. C’est très bien ce que vous faites, il faut préserver et le montrer à nos petits-enfants ! », affirme-t-il.

    C’est justement la mission du Gipreb et de sa brigade, que les deux volontaires en service civique ont rejoint le premier mars dernier. « Sur les plages, on repère ceux qui ne respectent pas les règles : ceux qui amènent leurs chiens quand c’est interdit, ou qui ne mettent pas la laisse alors qu’il le faut quand c’est autorisé, ou le fait de fumer », détaille Martin de Fombelle, marseillais et étudiant l’aménagement du littoral à Toulon. Si la bonne entente est la règle, certains sont parfois réfractaires comme l’illustre Camille Moreti, venue des Alpilles et étudiante en bio-écologie à Montpellier. « Une fois, un mec pêchait la palourde un mardi, jour d’interdiction. On lui a expliqué que c’était interdit, qu’il fallait les relâcher, mais dans ce cas les gens se sentent vite lésés après avoir passé une heure ou plus à pécher, alors ils négocient, nous demandent de fermer les yeux… » Dans le pire des cas, c’est la police qui tranchera. « Notre travail s’arrête à la sensibilisation », reprend la volontaire. « Ceux qui veulent bien faire nous écoutent et changent, certains ne le feront pas, au détriment des autres », analyse son collègue.

    C’est la quatrième année d’existence de cette brigade. « Le dispositif découle de notre feuille de route. On ne pouvait pas créer de police spéciale pour l’étang alors on a embauché des saisonniers », retrace Raphaël Grisel, directeur du Gipreb. « Après deux ans, on s’est rendu compte que 90% des interventions ne nécessitaient pas d’être policier. On a étendu le service sur des périodes de six mois à partir de mars », complète le directeur. La brigade va aussi sur l’eau cet été. « La question se pose de créer une brigade sur l’eau supplémentaire », indique Raphaël Grisel. L’objectif est de protéger les zostères, une plante marine qui a repeuplé le milieu et atteint les 100 hectares. « Plus l’étang ira bien, plus il y aura de monde, plus il y aura de problème », anticipe Raphaël Grisel.

    LA BIODIVERSITÉ MÉDITERRANÉENNE EN CHIFFRES

    10%

    La Méditerranée abrite près de 10% des espèces marines connues dans le monde alors qu’elle représente 1% de la surface des océans. Parmi elles, le grand dauphin est inscrit sur la liste des mammifères marins protégés. Il peut mesurer jusqu’à trois mètres et vit proche des côtes.

    100 millions

    La posidonie, la plante à fleur de la Méditerranée, serait née il y a 70 à 100 millions d’années. Elle occupe entre 20 % et 50 % des fonds méditerranéens. La posidonie protège les animaux, stocke autant de CO2 qu’une forêt et protège de l’érosion côtière.

    80%

    En Méditerranée, les poissons sont surpêchés à 80% : 1,5 million de tonnes de poissons extraits des eaux. C’est la mer où la pêche excessive est la plus importante au monde. Les pêcheurs ont vu leurs prises reculer d’un tiers sur les cinquante dernières années.

  • Une lagune en première ligne

    Une lagune en première ligne

    L’étang de Berre est un joyau de notre patrimoine naturel. Cette lagune méditerranéenne, la deuxième d’Europe – la plus vaste est la Mar Menor, en Espagne – fait l’objet d’une attention très soutenue, orchestrée par le syndicat mixte Gibrep, gestionnaire du site.

    Des années ont été nécessaires pour redonner vie à l’étang et aujourd’hui, les actions de prévention et de sensibilisation des usagers participent à la préservation de cette bonne santé retrouvée mais toujours très fragile.

    Les lagunes sont en effet considérées par les scientifiques comme des vigies du réchauffement climatique. Ce qui s’y joue préfigure l’état futur de la mer. Les préserver, c’est anticiper et chercher des solutions d’avenir. La biodiversité qui s’y développe oblige à un travail pédagogique. Car sans les citoyens aucune protection durable n’est possible.

    Cohabitation

    Le pari est surtout de ne pas transformer ce site remarquable en sanctuaire. Seize plages sont ainsi aménagées et les membres de la brigade littorale les sillonnent pour rappeler les règles de cohabitation entre humains et nature.

    Paradoxalement, la beauté retrouvée de l’étang de Berre comme les eaux des calanques ou de l’archipel du Frioul à Marseille, attirent des centaines de milliers de visiteurs chaque année ce qui fragilise ces milieux naturels notamment la posidonie et les zostères qu’ils abritent dans leurs fonds. Des plantes indispensables à la protection de l’environnement. Les moyens humains pour assurer leur protection doivent suivre le mouvement et être renforcés, c’est-à-dire financés. C’est une mission de service public impérative.

  • « Provence Bleue » présenté à l’État

    « Provence Bleue » présenté à l’État

    Publiée en 2020, la note stratégique du rapport parlementaire mené par Jean-Marc Zulesi (Ren), Pierre Dharréville (PCF) et Éric Diard (LR) a été remise sur la table du gouvernement. L’ancien député de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône a rencontré le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre pour lui rappeler que « la réhabilitation de l’étang de Berre (…) s’inscrit au croisement des défis liés à la préservation de la ressource en eau, à la transition énergétique, à l’adaptation au changement climatique et à la souveraineté industrielle de notre pays », explique-t-il.

    Au centre de cette ambition : le projet « Provence Bleue », actuellement étudié par EDF. Cette solution technique d’envergure, dont la vision d’aménagement porte sur 50 ans pour un investissement estimé à 1,4 milliard d’euros, pourrait régler le problème des rejets de la centrale hydro-électrique de Saint-Chamas.

    Des mesures ont conduit à les limiter à 1,2 milliard de m³ d’eau douce et 60 000 tonnes de sédiments, ce qui a permis une amélioration progressive de l’état écologique de l’étang en entraînant néanmoins une perte de 600 millions de kWh d’électricité par an selon l’ancien parlementaire. « Provence Bleue » vise à concilier ces enjeux en créant des infrastructures pour valoriser les eaux aujourd’hui inutilisées : un bassin de décantation permettrait de séparer les limons de la Durance, un tunnel de restituer la ressource vers le Rhône tout en la mobilisant au bénéfice des besoins agricoles, industriels et d’alimentation en eau potable.

  • [Parole de maire] Mario Martinet : « Il faut un parc naturel régional autour de l’étang de Berre »

    [Parole de maire] Mario Martinet : « Il faut un parc naturel régional autour de l’étang de Berre »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans « La Marseillaise ». En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, « La Marseillaise » met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Comment ce sont
    passés pour vous les 100 premiers jours de ce nouveau mandat
     ?

    Mario Martinet : Pour nous, c’est la continuité de ce que l’on a mené jusqu’alors, il n’y a pas de rupture. On continue tambour battant sur nos projets, antérieurs et à venir.

    Quelles sont les priorités
    de ce nouveau mandat
     ?

    M.M.  : Nous voulons lancer les projets que nous avons entamés. Par exemple pour la réhabilitation de la chapelle Caderot, nous allons démarrer les travaux d’ici la fin de l’année. Nous avons des salles de sport qui doivent être finalisées, un écoquartier dont les travaux vont démarrer à la rentrée avec 239 nouveaux logements pour nos habitants… C’est un projet qui a mis longtemps à voir le jour, nous allons donc faire en sorte que la première pierre soit déposée début septembre. Bien sûr, nous avons une belle grande salle de spectacle finalisée qui verra son ouverture en octobre, avec un nouveau projet culturel.

    Et pour les nouveaux projets ?

    M.M. : Nous avons déjà mis en route, durant ces 100 jours, ces nouveaux projets. Il y en a un qui me tenait à cœur, d’accompagner la population sur le plan social face aux problèmes d’énergie. Nous avions anticipé les choses, et nous avions dit que nous triplerions le chèque combustible pour nos populations. C’est ce que nous avons fait avec le CCAS [centre communal d’action social, ndlr]. Et en même temps, face à la crise de l’essence, nous avons mis en place le mois dernier une aide pour les aides-soignants, les personnes qui vont au domicile des plus vulnérables, de 80 euros par mois. Nous avons aussi le projet d’une nouvelle plage, pour finaliser la grande promenade sur le littoral de l’étang de Berre. L’an dernier nous en avons fait une, nous allons en faire une deuxième, un peu plus petite certainement.

    C’est d’autant plus important avec les canicules…

    M.M. : Je crois beaucoup en la végétalisation de la commune. Nous avons planté lors du dernier mandat plus de 6 000 arbres, nous allons continuer ces plantations et en planter encore 6 000 de plus, continuer à végétaliser la commune. C’est par ce biais que l’on pourra réguler les problèmes de chaleur et préserver les habitants. Nos écoles sont déjà toutes climatisées, la moitié des cours sont de vrais jardins. Si on arrive à continuer à végétaliser, il sera agréable de vivre à Berre-l’Etang.

    La campagne des municipales a été tendue, vous avez gagné avec 34 voix d’avance. Comment réunir une ville après tout ça ?

    M.M.  : Je fais en sorte d’être au plus près de la population. J’avais initié lors du mandat précédant des réunions de quartier, nous sommes allés encore plus loin : nous faisons des réunions de rue. J’ai lancé ces rendez-vous de rue pour aller au-devant des habitants et voir les problèmes du quotidien, essayer de trouver des solutions à leurs problématiques d’environnement, de cadre de vie, de la chaussée à la sécurité en passant par les poubelles – qui ne nous concernent pas. Nous faisons beaucoup de travaux en ce moment sur la voirie. C’est le quotidien, de boucher les trous. Et des projets plus importants avec un boulevard Paul-Langevin qui va être réhabilité. Nous voulons être au plus près pour essayer de fédérer cette population qui s’est divisée. Mais je vois les choses très positivement, je suis très optimiste pour l’avenir, non pas de la société mais de Berre-l’Etang en tout cas.

    Et pour l’avenir de la Métropole ?

    M.M. : Je le suis beaucoup moins. Je pense qu’en donnant les clés au préfet, nous nous sommes engagés dans un dispositif qui ne va pas aller positivement pour nos communes, toutes les communes de ce territoire métropolitain. Je suis même plutôt inquiet. Pour ce qui concerne la ville de Berre, 85% de son budget arrive de la Métropole. Et comme nous n’avons plus que très peu de leviers pour lever des impôts, à part le foncier qui a ses limites, si on nous ampute ce budget, il faudrait faire des coupes sombres dans nos services. Et là et là, les choix seraient compliqués à faire.

    La vente du site de LyondellBasell avait suscité des inquiétudes. Comment voyez-vous l’avenir industriel de la commune ?

    M.M. : La vente pouvait se terminer par la fermeture du site, mais ce n’est pas le cas. Nous avons un repreneur pour le site pétrochimique, un investisseur allemand, Aequita, qui va créer une société pour le site, Velogy, qui ont de belles perspectives pour le site. Ils veulent devenir le premier producteur européen de polypropylène. Ils se sont mis sur les rails, j’espère que les rails seront en ligne droite vers ce bel objectif.

    Vous prévoyez une zone industrielle, notamment pour accompagner le développement d’Airbus helicopters. Comment la ville peut s’adapter à ce développement industriel ?

    M.M. : Les communes aujourd’hui possèdent peu de leviers. Il y en a un, c’est le foncier bâti. Si on veut en avoir plus, il faut accueillir de l’activité économique, afin d’avoir des recettes pour la commune, de l’emploi pour nos habitants. On a un beau projet de 239 logements en perspectives, cela permettra d’accompagner ce développement économique. Je sais qu’Airbus a des velléités de s’étendre, ce serait un bon choix de choisir Berre-l’Etang.

    Avec les nombreux chantiers annoncés pour restaurer l’étang de Berre, comment voyez-vous son avenir ?

    M.M. : Je suis un des défenseurs d’un projet qui fait bondir quelques élus, d’un grand parc naturel régional autour de l’étang, qui regrouperait les dix communes du pourtour de l’étang mais aussi d’autres communes riveraines à nos communes. Cela pourrait être à la fois un outil environnemental, de développement durable, mais aussi économique. Nous avons une pépite dans ce département, l’étang de Berre. Il faut la polir cette pépite. Cela pourrait passer par ce parc, c’est un des moyens pour redorer le blason de l’étang de Berre, lui donner une autre image. Venez sur les rives de Berre-l’Etang, nos plages sont féeriques, on a des palmiers, on se croirait dans les Caraïbes ou à Tahiti !