Tag: espaces naturels

  • À Toulon, des abeilles à l’écoferme pour piquer la curiosité des citoyens

    À Toulon, des abeilles à l’écoferme pour piquer la curiosité des citoyens

    Le Département poursuit son ambition de valorisation de la biodiversité et de sensibilisation du public aux enjeux environnementaux. Mercredi matin c’est sur le site de l’écoferme de la Barre que la presse était invitée à la présentation du rucher pédagogique mis en place en partenariat avec l’Union nationale de l’Apiculture française (Unaf). L’objectif étant à travers la sensibilisation du public, et notamment des plus jeunes , d’initier des acteurs de demain à la préservation de la flore et de la faune. Et ici, tout particulièrement, des abeilles : ces insectes indispensables mis à mal par l’agro-pétrochimie.

    L’Espace naturel dans lequel ont été introduites ces ruches bénéficie d’un cadre très favorable à l’épanouissement des abeilles, avec une diversité florale propice à leur développement. Le projet s’intègre pleinement à la démarche éducative prônée par le Département du Var, « au croisement des enjeux écologiques, agricoles et alimentaires ».

    « Elles sont en train de démarrer tranquillement, puisqu’on les a installées là, au mois de novembre », explique Thierry Abello, l’apiculteur en charge du rucher. Le berger des abeilles les accompagne et essaie de les protéger de la prédation des frelons asiatiques, par du piégeage notamment. « L’année dernière, j’ai détruit un nid sur la piste cyclable qui faisait 90cm de diamètre », explique-t-il. Mieux vaut en effet être vigilant, parce que « 20-30 frelons, peuvent suffire à liquider une ruche et ses 40 000 abeilles en seulement un ou deux jours ».

    En revanche, elles combattent assez bien la chaleur de l’été et les dégringolades de température de l’hiver, apprend-on. « Toute l’année, le milieu de la ruche est à 37 degrés pour protéger les larves qui sont pondues en permanence », ajoute l’apiculteur. Les abeilles, tantôt s’agglutinant ou battant des ailes selon l’effet recherché.

    Former des citoyens éclairés

    L’un des messages passés aux enfants, c’est que « les abeilles pollinisent à peu près 30% à elles toutes seules de ce qu’on mange, entre fruits et légumes ». Ce qui donne l’ambleur du désastre que serait leur disparition.

    « Le premier souci d’un apiculteur c’est de savoir ce que ses abeilles vont manger », commence Félix Gil, administrateur de l’Unaf, en ajoutant qu’ici il y a de quoi être plus que rassuré.

    L’occasion de rappeler qu’il y a 2 000 ruches installées sur les toits parisiens qui trouvent alentour suffisamment de quoi butiner (lire page 19).

    Le militant engagé insiste ensuite sur l’ambition de ce partenariat, qui est, dit-il, « de communiquer, faire passer un message ».

    Et de poursuivre : « Parce que, vous savez, on est face aux pesticides. Et seul le public peut nous aider. » L’implication du plus grand nombre pouvant permettre de faire pression et de résister au poids des profits colossaux en jeu, dans cette industrie comme dans les autres.

    Le président (LR) du Conseil départemental Jean-Louis Masson a lui aussi insisté dans sa prise de parole sur l’importance pédagogique des ruches.

    « Dans le contexte actuel de déclin des populations d’abeilles, je souhaite que ce rucher puisse devenir un véritable outil pédagogique », lance-t-il.

    Le patron du Département a ensuite plus largement mis en avant les efforts fournis par la collectivité pour préserver les espaces naturels et la biodiversité aux travers des espaces naturels sensibles, notamment. « Nous œuvrons sans relâche pour maintenir ces précieux corridors écologiques sur tout le territoire », insiste Jean-Louis Masson.

    Et l’écrin de verdure protégé niché en plein Toulon que représente l’écoferme de la Barre témoigne de cette volonté, explique-t-il.

    Et de conclure : « Notre ambition est claire : développer une conscience collective autour de la nécessité de préserver ces insectes indispensables et former des citoyens éclairés, conscients des enjeux écologiques et acteurs de leur préservation. »

    Si sa parole pouvait aussi atteindre et convaincre les camarades de son propre parti LR, ça ne serait pas piqué des hannetons. Et ça ferait avancer la cause des abeilles.

  • Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Clope à la main, béret vissé sur la tête, Bernard Thoron gratte Glue entre les cornes. « Je l’ai appelée comme ça parce que c’est un pot de colle », plaisante-t-il. Sa chèvre du Rove ne lui laisse aucun répit. Une seconde d’inattention et elle frotte sa tête à sa cuisse, soucieuse de ne pas se faire oublier. Dans son troupeau d’une centaine de bêtes, toutes portent un nom. « Il y a une dizaine de familles, explique-t-il. Il y a la lignée des politiques : la fille de Ségolène s’appellera Royal. Il y a les fleurs, les expressions provençales… » Des sobriquets légers, pour un métier qu’il prend très au sérieux.

    Et pour cause : le monde paysan lui colle à la peau depuis tout gamin. « Mes grands-parents avaient une ferme dans la Drôme, raconte-t-il. C’était trop beau, c’était la vie. Et puis j’ai fait pédiatre, parce que ça aussi c’est la vie. » C’est en 2018, alors que la retraite approche, que Bernard Thoron revient à ses premières amours. « Je suis passé éleveur caprin en pro, et je continuais les consultations à mi-temps à côté, détaille-t-il. Je m’y suis totalement consacré en 2021. »

    Produire, transformer

    et vendre localement

    Sur son terrain à Saint-Julien, le Martégal fait quelques travaux. Il construit une étable, pour nourrir et traire ses chèvres, et une « brousserie », pour transformer le lait en fromage. Sa maison devient la fermette de la Croix d’Estrine. « On a un hectare sur lequel on essaye de tirer quelques choses en maraîchage biologique intensif », résume-t-il. Sa devise : « Produire, transformer et vendre localement. »

    De ses poules, ses chèvres et son potager, il obtient yaourts, crèmes aux œufs, viande de chevreau, terrines et rillettes de cabri, confitures, gelées ou encore marmelades. « On valorise tout. Tout le monde devrait faire ça, ce serait une belle évolution de l’agriculture », affirme-t-il.

    « On », c’est lui, son berger Alexis et son deuxième employé Almonzer. « Les petites exploitations nécessitent beaucoup de main-d’œuvre, confie Bernard Thoron. Malheureusement, la PAC (politique agricole commune) distribue principalement les aides à l’hectare et pas au nombre de travailleurs, ce qui est un problème. » Par chance, le Martégal peut compter sur sa retraite, ce qui lui laisse la liberté de se payer seulement lorsqu’il est à l’équilibre.

    Des gardiens

    de l’environnement

    L’éleveur honnit « l’évolution voulue par ceux qui pensent la souveraineté alimentaire », qu’il considère « déconnectée des réalités du terrain ». « Il va falloir changer cette co-gestion avec la FNSEA, qui sont des financiers. On arrive à une impasse », prévient-il.

    Lui plaide pour une agriculture raisonnée, à taille humaine, locale. Son rêve ? Installer une « ceinture périurbaine de micro-fermes avec du maraîchage » à Martigues, mettre en place un circuit court municipal pour alimenter les crèches, les écoles et les foyers seniors en produits du coin, mais aussi « créer un magasin des producteurs » pour valoriser ces pratiques, vertueuses à bien des égards.

    En ce qui concerne l’élevage des chèvres du Rove, qui partent quotidiennement brouter dans la colline, le « pastoralisme entretient et ouvre les espaces naturels », certifie Bernard Thoron. En d’autres termes, il permet de répondre aux obligations légales de débroussaillement.

    « Le problème, c’est que l’Office national des forêts pense que les caprins sont néfastes à la régénération de la forêt méditerranéenne », poursuit-il. Les chèvres sont par principe interdites dans les forêts soumises au régime forestier. Pourtant, selon l’éleveur, « c’est l’inverse : ça évite d’avoir des repousses de pins tellement serrés qu’ils en deviennent des allumettes ». « La Rove fait un parcours, elle ne reste pas au même endroit, donc elle éclaircit et paysage naturellement. Le pastoralisme est un respect de la ressource, car on en a besoin pour
    nos bêtes
     ! »

    À l’avenir, Bernard Thoron continuera de militer pour faire entendre « le bon sens paysan ». Mais il ne s’inquiète pas : « On a une clientèle de plus en plus intéressée, et beaucoup de producteurs veulent s’y mettre. »

  • Avec les beaux jours, les serpents reviennent

    Avec les beaux jours, les serpents reviennent

    Qui dit retour du soleil, des chaudes journées et du printemps dit retour des serpents dans la nature ou parfois dans votre jardin. À ce titre, le Conservatoire des espaces naturels de la région (CEN Paca) donnes de nombreux conseils allant des réflexes à adopter chez soi aux bonnes pratiques d’observations en milieu naturel, cela s’inscrivant dans le cadre du dispositif « SOS Serpents » qui, sur la base du volontariat et bénévolat permet d’obtenir des conseils gratuits en cas de découverte d’un serpent au sein de son domicile. Ainsi, plusieurs associations dans le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence y participent et proposent une permanence téléphonique.

    En cas de présence de ce genre de visiteurs, le CEN tient à rappeler qu’il ne faut pas s’inquiéter car ces animaux « craintifs » sont « souvent redoutés à tort » alors qu’ils « jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes ». Ajoutant qu’il est « tout à fait normal d’en croiser, notamment dans la région (…) la majorité des espèces n’étant pas dangereuses, contrairement aux idées reçues ».

    Adopter les bons gestes

    Des conseils du quotidien qui s’inscrivent également dans une réalité plus large qui est celle de la préservation des reptiles et des bons comportements que l’homme doit adopter sur le terrain. Que ce soit sur le Mont-Serein ou sur la montagne de Lure par exemple, des dérangements répétés liés à des pratiques photographiques ou naturalistes ont été observés. D’ailleurs, l’Office français de la biodiversité (OFB) a alerté sur la dérive de certains photographes animaliers dans un communiqué de presse de mars 2026. L’occasion de rappeler là aussi que les usagers doivent adopter les bons gestes en milieux naturels mais aussi de rappeler un fait récent dans le Vaucluse où trois personnes ont été verbalisées et condamnées pour la perturbation intentionnelle de vipères d’Orsini sur le Mont-Ventoux.

    Préserver les espèces

    Pour rappel, cette espèce de vipère est l’un des plus petits serpents de France et la plus petite vipère d’Europe, ne dépassant pas 50 cm. Elle est également la moins commune du territoire français puisqu’elle est présente uniquement dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sa population étant en déclin à cause de la destruction et du morcellement de son habitat. Elle est de fait une espèce protégée et d’intérêt communautaire listée « vulnérable » en Europe et « En Danger » en France et dans la région. Il est donc essentiel de favoriser une cohabitation harmonieuse en cette période sensible pour les espèces.

    Pour plus d’information rendez-vous sur le site du CEN Paca

  • À Aubagne, la gauche rompt avec la chape de béton

    À Aubagne, la gauche rompt avec la chape de béton

    Je suis venu voir ça de mes yeux. Le retour d’Aubagne à gauche ! », lance un jeune homme en se frayant un chemin pour accéder à la salle du complexe du Bras d’Or, archi-comble. Josette, septuagénaire, préfère regarder la séance d’investiture du nouveau conseil municipal sur le grand écran installé à l’extérieur, « au soleil ! Car oui, c’est une belle journée, le signe du renouveau, je suis tellement soulagée. Enfin, c’est fini le bétonnage ! »

    Dans cette ancienne mairie communiste, la parenthèse de droite semble avoir été longue. Ils étaient près de 500 Aubagnais à venir assister au conseil d’installation du nouveau maire, de ses adjoints et conseillers municipaux, visiblement heureux de voir la page se tourner. Une défaite d’autant plus difficile à encaisser par la candidate du RN. Faisant fi des huées du public, Joëlle Mélin s’est estimée « très légitime » à se présenter lors du vote pour le poste de maire, comptant sur les voix de la droite pour soutenir sa candidature, « ce serait la moindre des choses ». Elle prévenait déjà, dans « le cas contraire » être « la seule garante » contre les projets « néfastes ».

    Une conférence des agents

    Mais Gérard Gazay et son groupe n’ont pas pris part au vote. L’ancien maire, prenant seulement « acte » de l’expression des urnes, a mis au défi son successeur : « Vous êtes désormais en responsabilité. Viennent vite les devoirs et les exigences, le temps des actes et non plus des promesses. » Déclenchant des rires dans la salle, il assurait aussi du devoir de son groupe « de surveiller, de proposer ». Jean-Pierre Squillari a été crédité de 28 voix contre 7, soit autant que de conseillers RN, en faveur de Joëlle Mélin, un bulletin nul et les six abstentions de la droite. Le maire a endossé son écharpe sous de longs applaudissements.

    Après des remerciements pour « l’esprit de corps » dont ont fait preuve ses troupes et à la population « de la ville d’Edmond Garcin » pour la confiance accordée, Jean-Pierre Squillari a réaffirmé sa volonté « d’écrire une nouvelle page avec vous ». Changement de cap et de méthode, pour l’ancien sapeurs-pompiers qui veut être « un maire de terrain qui écoute et agit ». Sur sa feuille de route, figure en premier lieu la volonté de « réparer et protéger : les écoles, les espaces publics le centre-ville qui ont besoin d’investissements. Et mettre fin à la frénésie du tout béton, créer des lieux de fraîcheur, installer des fontaines… ». Garantissant « respect, soutien et renforcement » aux agents municipaux, il leur a proposé « une conférence pour point de départ » dans les 100 premiers jours.

    Sanctuariser les espaces naturels et agricoles

    Le nouveau capitaine de l’union de la gauche aubagnaise a également donné des « signes rapides, concrets et visibles » de ses engagements. « Un moratoire sur le béton pour stopper l’urbanisation et sanctuariser des espaces naturels et agricoles ». Mais aussi « le retour du marché sur le Grand Tertre dès que possible pour revitaliser le centre-ville ». Et encore, la création d’une « grande braderie festive ». Et pour ce faire, les 12 adjoints au maire et les 4 adjoints de quartiers ont été élus.

    Les adjoints

    Les 12 adjoints au maire ont été élus à 29 voix et 7 nuls sur 36 votants, le groupe DVD conduit par Gérard Gazay n’a pas souhaité participer au vote.

    Clémentine Fardoux (première adjointe)

    Giovanni Schipani

    Hélène Di Vita Danchesi

    Denis Grandjean

    Betty Chiquet-Corallo

    Arthur Salone

    Anne-Gaëlle Rodeville

    Pierre Arnoux

    Fadila Teyssier

    François Otchakovski-Lorens

    Sandrine Salemme

    Fabio Chikhoune

    Les quatre adjoints de quartiers

    Les adjoints de quartiers ont été élus avec le même nombre de voix :

    Mickaël Tedesco

    Jean-François Budon

    Soumicha Draoui

    Julianne Bouvot

  • Une étude pour comprendre l’érosion de la Gracieuse à Fos-sur-Mer

    Une étude pour comprendre l’érosion de la Gracieuse à Fos-sur-Mer

    La flèche de la Gracieuse porte son surnom « la dune vivante » à merveille. Les 6 km de cordon dunaire, liés à l’embouchure du Rhône, sont en mouvement permanent, des transformations visibles à l’échelle des décennies. Depuis son existence, cette bande sableuse est confrontée à trois problématiques majeures : une forte érosion, la formation de brèches et une accumulation de sédiments à sa pointe, à l’entrée du golfe. Des phénomènes susceptibles de déstabiliser le littoral. « Le risque est que la flèche se scinde en deux et qu’elle perde toutes ses fonctionnalités de protection et ses fonctions écologiques », alerte la cheffe de projet, Audrey Grech.

    Immiscée entre la houle méditerranéenne et les eaux plus calmes du golfe de Fos, cette barrière naturelle « protège les activités portuaires et celles du territoire », décrit Anastasia Touati, directrice de la valorisation du patrimoine et de l’innovation au port de Marseille-Fos.

    Préservation de la flèche

    Gestionnaire des espaces naturels depuis 20 ans, le Port est en charge de « la préservation de ses espaces naturels, qui sont au croisement de plein d’écosystèmes différents », précise-t-elle. Ces espaces naturels couvrent 4 400 hectares du bassin ouest du Port de Marseille. La flèche de la Gracieuse en fait partie. « C’est un lieu qui présente une forte richesse écologique : au niveau végétal avec les herbiers de zostères et les prairies sous-marines, et au niveau de la faune, particulièrement de l’avifaune. C’est un lieu de repos et de nidification pour les différentes espèces d’oiseaux », résume Audrey Grech.

    « Ces dernières années, on a continué à la maintenir grâce à des opérations de rechargement. Mais évidemment, ce n’est pas durable sur le long terme », reconnaît la directrice. En 2012, des « travaux pansements » avaient été engagés : des apports de sable pour remettre à niveau la dune et lui redonner ses quatre mètres de hauteur. Mais l’ensemble a été emporté par les tempêtes de 2017-2018. « à cause du changement climatique, les tempêtes sont soit plus fortes, soit plus rapprochées. Mais ça, on ne le sait pas encore, on va l’étudier », interroge Audrey Grech. Elle ajoute : « Quelles solutions de travaux mettre en place pour que la flèche se dégrade moins ? » L’étude scientifique menée par le Port Marseille-Fos et ses partenaires techniques -Cerege, Cerema et Suez Consulting- vise justement à répondre à cette question. L’enveloppe de 535 000 euros délivrée par l’état, la Région Sud, l’Agence de l’eau de la Région et le Port de Marseille-Fos offre trois ans de recherches aux équipes de scientifiques.

    Pour anticiper une potentielle division du bras de sable, la Gracieuse fait l’objet d’analyses approfondies afin de comprendre ses mouvements, son érosion et les mesures à envisager pour la préserver. Depuis 2025, les chercheurs mesurent l’ensemble des phénomènes à l’œuvre sur ce site : « Les courants, la topographie de la flèche, la bathymétrie dans l’eau ou du sol, l’épaisseur des sédiments… », énumère la doctorante en science. « Le but étant d’avoir un état zéro de la flèche à l’instant T », autrement dit un état témoin qui servira de comparatif à toute autre mesure.

    Les partenaires analysent aussi l’évolution du site depuis les années 1700 jusqu’à aujourd’hui. Ces travaux permettront de retracer l’histoire de la flèche et de mieux comprendre ses mécanismes, de façon à « comprendre le passé pour pouvoir au mieux prévoir le futur. Il y a deux sortes de modélisations prévues : une à grande échelle et une à haute résolution. » Elles offriront plusieurs scénarios d’évolution pour identifier le plus adapté.

    Parallèlement, une expérimentation scientifique est en cours pour concevoir le modèle optimal de dune pour la flèche de la Gracieuse. Les chercheurs cherchent à déterminer l’ensemble des paramètres nécessaires pour stabiliser durablement la flèche et réduire son érosion sur le long terme.

  • À Fos, Leroy porte un projet « en rupture » avec la gouvernance actuelle

    À Fos, Leroy porte un projet « en rupture » avec la gouvernance actuelle

    Il présente une candidature qu’il veut « en rupture totale avec la gouvernance actuelle ». Avec son programme, Jean-Michel Leroy (PS), ancien conseiller municipal de la majorité exclu suite à des dissensions sur le projet HyVence, veut se distinguer du successeur désigné de René Raimondi (ex-PS) Rémi Esnault.

    La protection des espaces naturels est l’une des principes divergences qu’il met en avant. « Nous militons pour la création d’un parc des étangs, mais nous nous positionnons aussi contre le barreau des étangs dont le tracé est prévu dans les collines, dans un espace qui sert aujourd’hui de lieu de loisirs et de poumon vert aux Fosséens. » Plutôt que des routes, le candidat plaide pour des « intermodalités innovantes ».

    Jean-Michel Leroy souhaite aussi mettre le paquet sur la jeunesse, avec un revenu minimum étudiant « qui consiste à attribuer 3 000 euros par an à chaque jeune en contrepartie d’une poursuite effective des études, d’un stage civique et d’un engagement bénévole ».

    Dans une commune où plus de 62% des voix sont allées au RN lors des dernières législatives, Jean-Michel Leroy dit « ne pas craindre l’extrême droite » pour les municipales qui sont « sur une autre dynamique » qu’un scrutin national. Le candidat compte sur le « travail de terrain et de proximité » pour endiguer le phénomène. Quant au second tour, il ne s’avance pas. « Voyons l’état des forces au premier tour, même si personne ne se trompe d’ennemi. »

  • Le dernier conseil municipal à Martigues voit le contournement en vert

    Le dernier conseil municipal à Martigues voit le contournement en vert

    En une heure, c’était fini. Le dernier conseil municipal de la mandature fut expéditif, avec 26 questions à l’ordre du jour ce mercredi soir. Et – presque – aucun débat, dans une sérénité peu commune à l’exercice.

    Malgré tout, une délibération importante pour l’évolution de Martigues a été votée, s’agissant des mesures compensatoires devant être prises pour deux grands projets : le contournement autoroutier de Martigues – Port-de-Bouc et le nouveau collège Marcel Pagnol. L’adjoint à l’environnement Florian Salazar-Martin (PCF) rapporte qu’« il s’agit d’approuver une Obligation réelle environnementale [ORE], un dispositif foncier de protection des espaces naturels et de reconquête de la biodiversité » que la majorité propose de contractualiser entre la Ville et l’État pour les 50 ans qui viennent.

    Le contournement autoroutier impacte 80 hectares d’espaces naturels, où se situent 267 espèces végétales dont 14 protégées et 27 patrimoniales, ainsi que 124 espèces animales d’après l’inventaire de l’Autorité environnementale. Le Collège Pagnol est associé à la démarche avec 5 hectares artificialisés. L’adjoint se félicite d’« avoir pu compenser sur notre territoire, ce qui prouve la richesse de notre biodiversité » d’après l’élu.

    Compensations locales

    Frédéric Grimaud (LFI) est le seul à désapprouver. « Je suis très sceptique sur la démarche de détruire un espace naturel et de faire des compensations », explique le conseiller municipal d’opposition. « Je reste persuadé que le meilleur moyen de protéger la biodiversité est de ne pas construire d’autoroute », argumente-t-il, s’abstenant avec Anne-Marie Sudry (GRS).

    Sur le territoire de la ville, 70 hectares sont compensés sur les lieux-dits du Maquénéou, du Vallon du Pauvre homme et de la Plaine de Saint-Macaire, 20 autres le sont sur parcelle d’État ou de la Métropole. « La Dréal Nous laissera la possibilité d’entretenir et de reconquérir ces espaces avec l’aide de ces services techniques », a précisé Florian Salazar-Martin en préambule.

    D’après le document soumis au vote, « la proximité géographique des parcelles accueillant les mesures compensatoires environnementales permet d’assurer la préservation et le retour des espèces dans le même bassin fonctionnel présentant des habitats similaires ».

    Au sortir du dernier conseil municipal de la mandature, le maire (PCF) Gaby Charroux a fait état des « 52 Conseils municipaux depuis 2020, pour 2042 délibérations, parmi lesquelles 1 329 adoptées à l’unanimité, soit 65% ». « Un chiffre pas anodin qui témoigne la qualité du travail accompli au-delà des sensibilités pour faire avancer la ville dans l’intérêt général » selon l’édile, qui remercie l’ensemble des services municipaux avec les applaudissements de tout le conseil municipal… Sauf le RN.

  • La vie sauvage de la Poudrerie en vidéo

    La vie sauvage de la Poudrerie en vidéo

    Avec ses 17 espaces naturels répartis sur 1 305 hectares, il est « presque une erreur écologique », admet Jérémy Lainé, technicien du Syndicat intercommunal de l’ancienne Poudrerie. À cheval sur les communes de Saint-Chamas et de Miramas, le parc est un joyau naturel. « On a des canaux, des lagunes, l’étang de Berre, des marécages, des marais, de la forêt méditerranéenne, de la forêt humide, des falaises, des grottes creusées pour protéger les travailleurs en cas d’explosion… cite-t-il. Ces milieux se succèdent très rapidement. Normalement, dans la nature il y a un gradient progressif, ici les cassures sont très abruptes. On peut vite se perdre car le paysage change d’un coup, si on ne fait pas attention c’est assez surprenant. »

    Cette richesse, le parc la doit à son ancienne activité de Poudrerie royale, démarrée en 1690. « Ils ont remblayé 55 hectares sur l’étang de Berre. Pour stabiliser les remblais, des arbres ont été plantés. Ils servaient aussi à sécuriser certains bâtiments sensibles par rapport à des risques d’espionnage, puisque c’était quand même un site militaire. Ils permettaient également de garder des températures correctes et régulières pour la période de séchage de la poudre et de freiner le souffle des explosions en cas d’accident. » Au milieu du XIXe siècle, en plein essor des échanges maritimes, le directeur du site importe des essences exotiques qui finissent de parachever la diversité floristique du parc. Séquoias et cyprès chauves font partie des « curiosités » du lieu.

    Des espèces protégées

    Définitivement abandonnée en 1974 et inoccupée durant une vingtaine d’années, la Poudrerie royale a été recolonisée par la faune et la flore, ce qui « donne une richesse vraiment impressionnante en termes de biodiversité », affirme le technicien. Une réserve, sanctuarisée le long du littoral avec l’étang de Berre, est interdite au public et permet de réaliser des suivis scientifiques et des opérations de comptage. Les horaires restreints du parc accordent une certaine quiétude aux espèces présentes, comme la cigogne, qui est l’animal « phare » du lieu.

    « Elles se sont installées au début des années 2000 » et sont visibles sur la toute nouvelle chaîne Youtube du Parc de la Poudrerie : une caméra a été placée devant l’un de leur nid et a permis de suivre les premiers mois de la vie de deux cigogneaux grâce à la participation du Gipreb (le syndicat en charge de l’étang de Berre).

    Jérémy Lainé et son équipe veulent mener un véritable travail de documentation et de sensibilisation envers le grand public. « À mon arrivée, il y a un an et demi, j’ai observé que la population venait beaucoup pour faire des promenades et profiter du cadre mais se rendait pas tellement compte du patrimoine faunistique », explique-t-il. Alors, le passionné de naturalisme a placé des pièges photos dans le parc et réalise des vidéos qu’il poste désormais sur le réseau social « avec une idée sous-jacente : on ne protège bien que ce qu’on ne connaît bien ».

    Car la Poudrerie abrite des espèces menacées à l’échelle nationale, à l’instar la tortue cistude et le triton palmé.

  • Vers un classement en site de la Sainte-Baume pour la protéger

    Vers un classement en site de la Sainte-Baume pour la protéger

    Lancée le 6 octobre, l’enquête publique se déroule dans les communes suivantes : Auriol, Gémenos, Roquefort-la-Bédoule et Roquevaire dans les Bouches-du-Rhône ; Le Castellet, La Celle, Mazaugues, Méounes-lès-Montrieux, Nans-les-Pins, Plan-d’Aups, Riboux, La Roquebrussanne, Rougiers, Saint-Zacharie, Signes et Tourves dans le Var. Toutes font partie ou sont associées (comme Roquefort-la-Bédoule) au Parc naturel régional de la Sainte-Baume, qui couvre 84 200 hectares dont 80% se situent en espaces naturels. La Sainte-Baume, elle, compte deux points culminants à 1 148 mètres : Signal des Béguines et Jouc de l’Aigle.

    Alors que le siège de cette enquête a été fixé à l’hôtel de ville de Plan-d’Aups, un agent explique : « L’objectif du classement est la conservation, la préservation d’espaces naturels ou bâtis qui présentent un intérêt certain au regard des critères prévus par la loi, artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. » Il développe : « Conduire une Opération Grand Site, c’est-à-dire une démarche contractuelle entre l’État et les collectivités locales pour la gestion de sites classés à forte fréquentation, vise à restaurer et protéger activement la qualité paysagère, naturelle et culturelle du site. » Il s’agit aussi « d’améliorer la qualité de la visite, stationnement, circuits, information, animations, dans le respect du massif de la Sainte-Baume ».

    Bien commun

    Sans oublier « favoriser le développement social et économique dans le respect des habitants ». Il ajoute : « L’Opération Grand Site (OGS) aboutit à un programme d’études et de travaux qui permettra à terme de prétendre au label Grand Site de France qui a une durée de six ans. »

    Si, en effet, le massif de la Sainte-Baume était classé au titre des sites, trois interdictions s’imposeraient : la création d’aires de camping ou de caravaning, la publicité, l’implantation de pré-enseignes et le déploiement de nouvelles lignes aériennes. « Le classement est un outil de protection sur le long terme. À travers celui-ci, l’État accompagne nos territoires pour préserver le paysage de toute évolution qui porterait atteinte à ce bien commun et encourage des aménagements de qualité », développe l’agent.

    Une fois le site classé, des contraintes supplémentaires s’appliqueraient. Par exemple, une procédure d’autorisation pour les particuliers désirant faire des travaux de rénovation. Pour donner son avis, le public peut, par exemple, consulter le registre* dématérialisé de l’enquête.

  • Venez découvrir l’écosystème de Provence

    Venez découvrir l’écosystème de Provence

    C’est une journée festive qui attend les familles, ce samedi, au théâtre de Verdure et en centre-ville de Saint-Paul-les-Durance, à l’occasion de l’événement Nature en sCENe, organisé par le Conservatoire d’espaces naturels en Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca). « C’est une grosse journée qui attend les visiteurs autour de trois grands axes : des sorties natures, des conférences, mais aussi des stands et ateliers pour petits et grands », explique Emeline Pujolas, chargé de la vie associative au CEN Paca et coordinatrice de l’événement. « Il y aura également des expositions, une sur des dessins naturalistes et l’autre sur des photographies animalières. »

    Ainsi, les habitats, faunes et flore en bord de Durance n’auront plus aucun secret pour vous. En ce qui concerne les conférences, elles porteront sur la forêt, les fleuves et les rivières. « Saint-Paul-lez-Durance est l’endroit idéal pour cette nouvelle édition, car c’est un carrefour entre différents territoires : le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, mais aussi le Var », ajoute la coordinatrice, qui précise : « On veut montrer la richesse de la région et de ce territoire au bord de l’eau, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la biodiversité d’une richesse incroyable. »

    Information et sensibilisation du public

    Nature en sCENe est une grande journée festive, gratuite et conviviale, où la sensibilisation à la biodiversité y est prégnante. « On observe depuis plusieurs années un déclin de la biodiversité, ce n’est un secret pour personne et nous, nous souhaitons porter la voix du vivant qui n’est pas en mesure de s’exprimer », précise Emeline Pujolas. « Sans compter qu’observer la nature ça fait toujours du bien à tout le monde. »

    La journée est aussi une opportunité de célébrer le 50e anniversaire du Conservatoire. « Nous sommes l’une des rares associations régionale créée par une petite poignée de naturalistes passionnés et qui a su perdurer dans le temps. Nous avons, pendant toutes ces années, poursuivi notre mission et aujourd’hui, nous comptons 70 salariés », continue-t-elle. L’association, depuis sa création, à pour objectif la préservation du patrimoine naturel de la région. Son action s’appuie sur une approche concertée au plus près des enjeux environnementaux, sociaux et économiques des territoires.

    « Aujourd’hui, nous poursuivons nos missions en ce qui concerne la connaissance de la biodiversité, la protection des espaces naturels et des espèces, la gestion de sites naturels, mais aussi l’information et la sensibilisation du public, l’un de nos axes majeurs, ce samedi », souligne Emeline Pujolas. « Nous sommes fiers de pouvoir proposer un événement de cette envergure symbole de notre accroissement, mais aussi du fait que nous sommes connus et reconnus. »

    La journée se clôturera avec un apéritif à partir de 19h, où les partenaires historiques du Conservatoire, et notamment la commune de Saint-Paul-lez-Durance, seront présents pour célébrer cet anniversaire.

    Samedi de 10h30 à 19h30.

    Gratuit.