Tag: Environnement

  • Le contournement sud de Nîmes coupe court à la forêt

    Le contournement sud de Nîmes coupe court à la forêt

    Le bruit des tronçonneuses a remplacé le chant des oiseaux, la semaine dernière, près de la Forêt des enfants au Mas de Ville. Là où les écoliers nîmois plantent chaque année de jeunes arbres, plusieurs dizaines de peupliers ont été coupées pour faire place à la seconde tranche de la voie urbaine sud, entre le stade Kaufmann et l’autoroute A9. Un chantier censé fluidifier la circulation, mais qui suscite un vent de contestation.

    Pour Jacques Sarda, du collectif Nîmes en transition, la scène a eu des airs de désastre écologique. « Le mercredi, il y avait encore 70 peupliers sur les deux bords. Le lendemain, ils étaient tous tombés, et le surlendemain, réduits en copeaux », raconte-t-il, amer. Selon lui, certains de ces arbres, hauts et robustes, avaient « un demi-siècle d’existence ». « Ce n’est pas du défrichement, c’est du déboisement », insiste-t-il.

    « Un climatiseur naturel pour tout le quartier »

    L’expression est devenue le symbole de la colère des militants. « Ces arbres formaient un véritable climatiseur naturel pour tout le quartier. En plein réchauffement climatique, on fait l’inverse de ce qu’il faudrait  », poursuit Jacques Sarda. Le collectif dénonce un projet « pensé pour les voitures, pas pour le vivant », et juge qu’il ne répond plus à l’urgence écologique de 2025. Car ce chantier n’est pas nouveau. Validée dès 2010, la voie urbaine sud doit relier la route de Beaucaire à la Ville active, en longeant le boulevard Allende. Objectif : désengorger un axe saturé par 30 000 véhicules par jour. Longue de 2,5 km, cette portion doit notamment traverser le quartier du Mas de Ville et rejoindre la rue Bompard. Pour la Ville, il s’agit d’un aménagement d’intérêt public : un maillon attendu pour fluidifier la circulation entre l’est et l’ouest de Nîmes. Mais pour les associations environnementales, l’époque a changé. « Ce projet a été conçu avant les canicules à répétition, avant la crise climatique actuelle », souligne un membre du Groupe national de surveillance des arbres. « On détruit aujourd’hui un îlot de fraîcheur qui ne sera pas reconstitué avant des décennies. »

    Face aux critiques, la municipalité tente d’apaiser les esprits. L’adjointe à l’environnement, Chantal May, assure que « la Forêt des enfants ne sera pas impactée par les travaux ». Elle détaille un plan de compensation écologique « conforme aux prescriptions de la DDTM et de la Dreal », prévoyant 170 arbustes sur les 800 mètres du tronçon actuel, 3 500 végétaux au total et 5 000 m² d’espaces verts supplémentaires. Elle rappelle également la mise en place d’un suivi écologique : « Nous avons un écologue missionné et deux sites de compensation : 40 hectares au domaine d’Escattes sur 50 ans et 4 hectares aux Lauzières sur 90 ans. » Concernant les troncs laissés sur place, l’élue précise que « ce n’est pas un abandon, mais une démarche écologique : laisser la faune s’approprier temporairement ces amas de bois avant leur retrait  ».

    Pourtant, sur le terrain, le contraste entre la zone rasée et les jeunes pousses de la Forêt des enfants reste saisissant. Les défenseurs du projet invoquent la mobilité et la sécurité ; ses détracteurs, la biodiversité et la fraîcheur urbaine. Deux visions de la ville qui s’affrontent, à l’heure où chaque arbre devient un enjeu politique. Au cœur de la controverse, une question persiste : jusqu’où faut-il aller pour adapter la ville au trafic automobile sans sacrifier ses poumons verts ? À Nîmes, le débat semble à peine commencé.

  • Thierry Antoine : « Béziers mérite mieux que l’extrême droite »

    Thierry Antoine : « Béziers mérite mieux que l’extrême droite »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre à nos questions. Ce vendredi, Thierry Antoine, revient notamment sur la gestion par l’extrême droite de Béziers.

    Quel est votre parcours  ?

    Thierry Antoine : Je suis né dans le nord-est de la France et je suis arrivé à Béziers il y a 25 ans. Je suis bibliothécaire et j’ai toujours été sensible aux questions écologiques, aux questions sociales. La victoire de Robert Ménard a agi comme un électrochoc. C’est là que j’ai commencé à m’engager politiquement. J’ai vu que j’avais bien fait et qu’il fallait continuer parce qu’il faut absolument à Béziers un autre discours que celui de l’extrême droite. Parce que Béziers est une ville super attachante, mais c’est une ville qui est aussi en grande difficulté sociale pour presque la majorité des habitants. Elle mérite mieux qu’une politique d’extrême droite qui ne règle aucun problème.

    Parcours

    Printemps de Béziers

    Au vu du poids de l’extrême droite dans la ville, l’union de la gauche était nécessaire ?

    T.A. : Oui, on a vécu la désunion lors des dernières élections. Il n’est pas interdit d’apprendre dans la vie. On s’est tous rendu compte, je crois, qu’on s’était focalisé en réalité sur les différences qu’on avait entre nous alors qu’elles ne sont pas si nombreuses que ça et surtout on peut largement les mettre de côté quand on regarde ce qui nous rapproche et ce contre quoi on doit lutter ensemble. C’était mon premier mandat de conseiller municipal d’opposition donc ça m’a tout de même permis de gagner en compétence et de travailler avec les autres conseillers municipaux d’opposition, je pense notamment à Nicolas Cossange. On a bien vu au cours de ces années qu’on poussait dans le même sens et on s’est dit qu’il fallait continuer comme ça, c’est la solution.

    Seule LFI manque à l’appel, les tractations continuent ?

    T. A. : Pour l’instant, on les a reçus, on leur a écrit plusieurs fois, on continue à se croiser dans les manifestations, les mobilisations. Je crois que le problème n’est pas forcément local avec LFI. Je ne sais pas qui a les clés pour déverrouiller la situation. Moi, ce que je sais, c’est qu’il y a des gens très bien chez LFI et qu’il y a une capacité de travailler avec eux. Les modalités, on verra bien. C’est à eux qu’il faut poser la question, la balle est dans leur camp. On a réussi à faire l’union avec neuf partis, ce n’est pas facile tous les jours, c’est normal, c’est comme ça. Et ça marche bien même avec des différences, etc. On continue à être ouverts, c’est la démarche de toute façon du Printemps de Béziers et on la garde jusqu’au bout.

    Ménard

    Depuis son arrivée, l’état de Béziers n’a cessé de se dégrader…

    T. A. : Si on excepte les allées et une partie de l’hypercentre, qui a été refait à neuf, le reste continue à se paupériser, à cumuler les difficultés. Il y a des difficultés au sein des familles, le trafic de drogue s’installe, l’habitat se dégrade, on voit bien la spirale dans laquelle certains quartiers sont en train de s’enfoncer. Face à cela, il y a une réponse qui n’est même pas sécuritaire parce que ça ne marche pas, il y a une réponse de communication.

    Vous l’appelez d’ailleurs le maire de BFM car il est plus occupé à soigner sa com’ ?

    T. A. : Je me dis « tiens, j’ai croisé le maire de BFM à Béziers ». On le voit plus souvent sur BFM que sur Béziers. Pour moi, ça rejoint la question de la brigade anti-stups, on est vraiment dans l’illustration parfaite. Une partie de la police municipale va être spécialement dédiée à la lutte contre les dealers, mais ils ne peuvent rien faire, ils n’ont pas le droit d’enquêter, ils vont juste être là pour essayer de les déranger. Ce qui ne sert à rien, tout le monde le reconnaît même les policiers nationaux, le procureur. C’est l’illustration parfaite de l’œuvre politique de Robert Ménard, des mesures qui ne servent à rien, mais qui plaisent à une partie de la population. Je trouve que c’est assez terrible, c’est vraiment une vision particulière du mandat politique. C’est-à-dire que Ménard n’est pas là pour essayer de régler les problèmes, il est là pour servir des mesures qui vont plaire à une partie de la population, notamment ses électeurs. C’est son seul objectif.

    Comment expliquer la dichotomie entre cette demande des citoyens et ces politiques publiques mises en place ?

    T.A. : Malheureusement, ce n’est pas nouveau que les politiques soient en retard sur l’évolution de la société, on l’a vu dans plein de domaines. Sur l’écologie, je pense que c’est pareil, avec une couche supplémentaire, c’est que l’écologie devrait être, et c’est, un outil formidable pour les classes moyennes et populaires. C’est une manière à nouveau de réclamer des droits, de la redistribution, de réclamer tout simplement un partage, pas des richesses produites mais un partage de la qualité de vie. Mais avec un gouvernement macroniste, ce n’est pas forcément ce qui est souhaité. Ce qui me met hors de moi : l’écologie dite « bobo », ce n’est absolument pas vrai. À Béziers, si on isolait les logements et notamment les logements sociaux, c’est un gain direct sur la facture d’énergie pour les gens. C’est un outil vraiment au service des classes moyennes et populaires. Les gens qui se moquent de l’écologie ou qui expliquent que ce n’est pas réaliste sont ceux qui vivent dans des logements isolés et qui mangent bio. Même chose pour la lutte contre le changement climatique. Les gens qui gagnent 5 000 euros par mois, ils sauront se protéger contre la chaleur.

    Écologie

    T.A. : Béziers est une ville moyenne. On a un groupe de militants qui est raisonnable mais pas comparable à ce qu’on trouve à Toulouse ou à Montpellier. Par contre, on a pas mal de militants dans les villages et notamment dans le Piémont-Biterrois. Ce sont parfois des néo-ruraux avec une vision un peu différente de la vie rurale, qui nous apportent beaucoup, on aurait tout intérêt à écouter ces gens-là et à travailler différemment. Je pense que c’est vraiment une des forces et un des axes de développement de l’écologie dans les villages et les petites villes.

  • L’impact écologique du contournement de Martigues inquiète

    L’impact écologique du contournement de Martigues inquiète

    Le projet dormait depuis plus de cinquante ans. La décarbonation et le développement de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos-sur-Mer aura permis son réveil. Le 30 juin, le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc devenait enfin concret avec la signature du protocole de financement, allouant 167 millions d’euros à la construction de cette nouvelle infrastructure. L’objectif : délester la RN568, qui voit quotidiennement passer près de 50 000 véhicules, dont près de 10% de camions, et mieux desservir la ZIP, puisque les dernières projections montrent une croissance attendue de 30% du trafic poids lourds, à horizon 2030.

    S’il était attendu, le projet ne fait pas pour autant l’unanimité au sein de la population. Ouverte le 29 septembre, l’enquête publique organisée jusqu’au 29 octobre en est la preuve. Plusieurs points d’inquiétude reviennent sur la table. D’abord, son effet sur la pollution. « Plus de routes équivaut à plus de voitures, ce qui implique une augmentation des émissions de CO2 et de polluants atmosphériques, donc davantage de problèmes de santé pour les habitants », écrit Audrey Juste sur le registre.

    Des alternatives sous-exploitées

    Mais c’est avant tout l’impact environnemental de cette infrastructure qui cristallise les oppositions. FNE 13 souligne la consommation de « 84 ha d’espaces naturels, agricoles et forestiers, et ce en complète contradiction avec l’objectif d’une réduction drastique de l’artificialisation des sols », avec une zone impactée comportant une « grande diversité d’habitats naturels, dont certains sont à fort ou très fort enjeu de conservation ». Éric Brunet, un habitant de Martigues, ajoute : « La proximité de zones humides sensibles, comme l’étang du Pourra, accentue également les risques de perturbation des écosystèmes. » Alternatiba affirme : « Avec une demande de dérogation à l’interdiction de destruction de 105 espèces protégées, le projet aurait un impact réel. »

    Les opposants au contournement autoroutier revendiquent un changement de paradigme et la recherche d’alternatives, notamment ferroviaire, une solution sous-exploitée, selon FNE 13. Alternatiba assène : « Alors que les déplacements domicile-travail en voiture sur l’Ouest Étang de Berre atteignent les 90%, que 95% des déplacements spécifiquement sur la ZIP sont en véhicule en 2021 contre 86% en 2006, il est plus que temps d’engager un programme de création de réelles offres de transports publics et de développement d’un réseau de pistes cyclables en site propre sur notre territoire. »

  • Le Mucem défend ses liens avec Digital Realty

    Le Mucem défend ses liens avec Digital Realty

    Mis en cause depuis plusieurs mois pour son partenariat avec Digital Realty, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée a finalement réagi sur son site. « L’absence de rigueur dans les accusations portées jette injustement le discrédit sur l’exigence éthique de notre programmation », se défend le Mucem. Dans une pétition lancée le 30 septembre, 16 artistes et chercheurs mettent en exergue les liens du géant des centres de données avec la société israélienne Mivne ainsi que son impact environnemental. Et appellent donc à rompre les liens avec « une entreprise toxique et complice de la colonisation des territoires palestiniens ».

    « En tant qu’administration de l’État, nous n’avons aucune raison de casser ce partenariat, explique le responsable du mécénat au Mucem, Ariel Kenig. Rien ne contrevient ni au droit, ni aux conventions qui nous lient à ce mécène. » Et de déplorer « cette situation qui ne rend pas justice ni à notre programmation, ni à notre mission ». Face à la mobilisation, raconte-t-il, le Mucem a tenu à rester ouvert au débat, et un échange a été organisé début septembre avec les collectifs mobilisés. L’occasion de rappeler que le projet de data center de Digital Realty à Tel Aviv n’est qu’au stade du permis, avec une participation de 25% dans une coentreprise, sans transfert d’argent donc vers Mivne. S’il avait été situé dans les territoires occupés, « nous aurions cassé le partenariat dans la seconde », assure Ariel Kenig. Quant à l’impact environnemental, « nous suivons la charte de mécénat du ministère de la Culture », glisse-t-il. Et d’indiquer que si Digital Realty est l’un des trois premiers mécènes du Mucem, les 37 entreprises partenaires ont apporté 1,5 million d’euros en 2024, sur 26 millions d’euros de recettes.

  • Vers un classement en site de la Sainte-Baume pour la protéger

    Vers un classement en site de la Sainte-Baume pour la protéger

    Lancée le 6 octobre, l’enquête publique se déroule dans les communes suivantes : Auriol, Gémenos, Roquefort-la-Bédoule et Roquevaire dans les Bouches-du-Rhône ; Le Castellet, La Celle, Mazaugues, Méounes-lès-Montrieux, Nans-les-Pins, Plan-d’Aups, Riboux, La Roquebrussanne, Rougiers, Saint-Zacharie, Signes et Tourves dans le Var. Toutes font partie ou sont associées (comme Roquefort-la-Bédoule) au Parc naturel régional de la Sainte-Baume, qui couvre 84 200 hectares dont 80% se situent en espaces naturels. La Sainte-Baume, elle, compte deux points culminants à 1 148 mètres : Signal des Béguines et Jouc de l’Aigle.

    Alors que le siège de cette enquête a été fixé à l’hôtel de ville de Plan-d’Aups, un agent explique : « L’objectif du classement est la conservation, la préservation d’espaces naturels ou bâtis qui présentent un intérêt certain au regard des critères prévus par la loi, artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. » Il développe : « Conduire une Opération Grand Site, c’est-à-dire une démarche contractuelle entre l’État et les collectivités locales pour la gestion de sites classés à forte fréquentation, vise à restaurer et protéger activement la qualité paysagère, naturelle et culturelle du site. » Il s’agit aussi « d’améliorer la qualité de la visite, stationnement, circuits, information, animations, dans le respect du massif de la Sainte-Baume ».

    Bien commun

    Sans oublier « favoriser le développement social et économique dans le respect des habitants ». Il ajoute : « L’Opération Grand Site (OGS) aboutit à un programme d’études et de travaux qui permettra à terme de prétendre au label Grand Site de France qui a une durée de six ans. »

    Si, en effet, le massif de la Sainte-Baume était classé au titre des sites, trois interdictions s’imposeraient : la création d’aires de camping ou de caravaning, la publicité, l’implantation de pré-enseignes et le déploiement de nouvelles lignes aériennes. « Le classement est un outil de protection sur le long terme. À travers celui-ci, l’État accompagne nos territoires pour préserver le paysage de toute évolution qui porterait atteinte à ce bien commun et encourage des aménagements de qualité », développe l’agent.

    Une fois le site classé, des contraintes supplémentaires s’appliqueraient. Par exemple, une procédure d’autorisation pour les particuliers désirant faire des travaux de rénovation. Pour donner son avis, le public peut, par exemple, consulter le registre* dématérialisé de l’enquête.

  • Ehotil transforme nos urines en or agricole

    Ehotil transforme nos urines en or agricole

    « Une matière première riche et sous-exploitée. En la valorisant, nous pouvons alléger le poids des stations d’épuration, réduire les engrais de synthèse et renforcer les usages pour l’agriculture durable », est convaincu Emmanuel Morin, cofondateur, avec Stéphane de Lacroix de Lavalette, et directeur général d’Ehotil. Pour enrichir les cultures, crottin de cheval, fumier de lapin, purin ou lisier, c’est bien. Mais l’urine humaine, c’est le top, a déjà démontré le programme de recherche Ocapi, lancé en 2014 « et avec qui on travaille », précise Stéphane de Lacroix de Lavalette. L’idée se démultiplie. Toopi organics, start-up girondine, a gagné le respect de l’Adème : depuis 2019, elle installe des urinoirs sans eau dans des lieux publics et a collecté 1,2 million de litres d’urine. Ce volume est utilisé pour produire un biostimulant par fermentation, permettant de fertiliser 45 000 hectares de terres agricoles.

    Des toilettes aux champs

    Dans leur laboratoire du boulevard de Plombières, les Marseillais attaquent la phase de test de leur procédé de production d’engrais liquide par filtrage au charbon, développé en partenariat avec l’AMU. Quelques cuves de mille litres, issus des urinoirs de Marsatac, sont stockées dans l’ancien entrepôt commercial en attendant leur traitement. Déjà à l’origine d’Ecodomeo, qui vend depuis 2009 des toilettes qui séparent urines et matières fécales « jusque dans un temple bouddhiste népalais », par soucis d’économie d’eau potable, Emmanuel Morin pousse la chaîne vertueuse jusqu’aux champs. « En un mois de repos l’urine s’autostérilise, indique Stéphane de Lacroix de Lavalette, puis 3 semaines sont nécessaires à sa purification. »

    Un procédé qui ne demande « quasiment que de l’air », précise le jeune président devant des machines à analyser les teneurs en azote, ammoniac ou nitrate. Prochaine étape : le test sur sols agricoles pour la certification européenne et la commercialisation de l’engrais.

  • La police municipale, un corps mais une variété de métiers

    La police municipale, un corps mais une variété de métiers

    La Police municipale de Marseille organisait samedi sa Journée porte ouverte. Un événement en réalité à ciel ouvert pour cette 3e édition qui se tenait sur l’esplanade Gisèle Halimi face au Mucem. Un site très pratique pour la brigade maritime qui a pu faire la démonstration de sauvetage et la brigade de la prévention qui a pu monter un circuit de sécurité routière.

    « La police municipale de Marseille s’est tellement agrandie et diversifiée. Elle compte des brigades équestre, cynophile, VTT, scooters, motos, une brigade de nuit, une brigade environnement. Elle est dotée d’un centre de supervision urbain (CSU), d’un PC radio, d’une formation armement avec nos propres moniteurs en maniement des armes, d’une brigade, d’une brigade spécialisée fourrière aussi », décrit Laurie Carrillo, responsable de la division communication et attractivité des métiers.

    Cette journée de présentation des différentes spécialités visait aussi à communiquer sur l’ouverture de 100 nouveaux recrutements au sein de cette police du maire qui compte actuellement 703 agents. Les policiers municipaux sont armés depuis 2016, et équipés du semi-automatique Glock 17 de calibre 9mm.

    « On aura doublé les effectifs. C’était l’objectif de monsieur le maire. La police municipale de Marseille séduit énormément les jeunes parce qu’on a plusieurs métiers dans le même métier », ajoute Mme Carrillo. « On postule pour être policier municipal à la brigade de nuit, à la maritime, à l’équestre. Pour la brigade équestre il faut un galop minimum 7. pour la maritime, il faut être muni d’un BNSSA. Pour la brigade de nuit, il faut avoir une appétence pour la nuit et certaines conditions physiques. Chacun va trouver ce qui lui plaît. Chacun peut trouver sa place. On recrute à partir de 18 ans avec un brevet de collège pour pouvoir passer le concours. Il y a ensuite une formation initiale d’application (FIA), puis des formations continues obligatoires. »

    Les chevaux Juno, Griotte, Jac et Kraken

    La brigade équestre de 8 agents écuyers, c’est une maréchalerie avec déjà 4 chevaux, Juno, Griotte, Jac et Kraken qui gîtent à Pastré et dont la fonction est principalement la dissuasion, la surveillance et le lien avec la population en particulier le long du littoral, des Goudes aux Catalans de mai à octobre, dans les parcs publics et les massifs forestiers des Calanques Marseilleveyre, Luminy et Samena. Les chevaux ont d’ailleurs participé aux recherches du retrouver le Patou égaré dans le massif de Marseilleveyre et retrouvé vendredi. La brigade assure aussi la sécurisation d’événements sportifs et culturels (Course Marseille-Cassis, Parc Chanot, stade Vélodrome).

    La police municipale est sectorisée depuis juin 2024 avec trois bases de police municipale pour les secteurs, nord, centre et sud. Deux antennes de proximité vont ouvrir très prochainement à la base nord : l’antenne 13-14 et l’antenne Loubon.

  • Quand l’éloquence rencontre l’écologie au lycée Marie-France de Toulon

    Quand l’éloquence rencontre l’écologie au lycée Marie-France de Toulon

    Favoriser l’éloquence des jeunes grâce à l’écologie : c’est le principe de la Fédération l’Air et Moi, programme pédagogique créé en 2009 et qui se targue d’avoir sensibilisé plus d’un million d’enfants à la question de la qualité de l’air. « On est parti du constat qu’on respire 15 000 litres d’air par jour et que la pollution de l’air provoque 9 millions de décès par an », pointe Victor Hugo Espinosa, concepteur et pilote du projet.

    Lundi, 90 élèves de terminale commerce, vente et STMG du lycée Marie-France de Toulon (qui avait déjà participé à AirLoquence en 2021) ont pu en bénéficier. à travers des échanges autour de l’éco-anxiété et de la qualité de l’air, encadrés par M. Espinosa, en s’appuyant notamment sur une exposition mobile, les élèves se sont entraînés à prendre la parole en public.

    Pour ce faire, ce dernier utilise « l’humour. On décale les choses par le rire. Ça a permis à certains de réussir à parler en public. Tous seront confrontés à des stages, à l’emploi, et ça peut leur porter préjudice. Tout le monde a appris de petites choses ». Une méthode qui porte ses fruits, si bien « qu’elle est reprise par d’autres structures. Les ressources sont disponibles sur notre site et notre exposition sera affichée dans d’autres établissements », se félicite le porteur du projet.

    Pourquoi lier éloquence et éco-anxiété ? « Car un jeune qui parle à d’autres aura plus d’impact qu’un adulte », affirme M. Espinosa. Mais aussi car le simple fait de parler soulage : « Avec le Covid, beaucoup de jeunes ont subi un choc. Il faut trouver un sens à sa vie et la transmission peut en être un. » En particulier à une époque dans laquelle l’enjeu climatique est clé : « On repart avec des idées sur ce qu’on peut faire au quotidien », avance Julie, une des élèves.

    Une vidéo pour la COP 30

    Pour Aurore Arnal, professeure de SVT à l’origine de la venue du projet, « les exercices ouvrent les consciences. L’air n’est pas au programme, mais ça permet de faire le lien avec la préservation des énergies ». « C’est bien de sortir de la salle de classe, de ne pas rester sur un secteur et de faire comprendre l’interdépendance des personnes avec leur environnement », complète le proviseur, Yann Deniau.

    Cette journée donnera lieu à une vidéo – complétée par une future intervention dans un lycée avignonnais – qui sera diffusée au pavillon Francophonie lors de la COP 30 au Brésil, en 2026. « Chaque année, je fais une vidéo lycée et une vidéo enfants. Il n’y a pas de COP sans action locale. Ce qu’on fait, c’est une petite bouteille à la mer », conclut Victor Hugo Espinosa.

  • Total s’associe à Air Liquide pour décarboner son process

    Total s’associe à Air Liquide pour décarboner son process

    Total La Mède poursuit sa mue. Après avoir transformé la raffinerie fossile en bioraffinerie en 2019, la direction avait annoncé un projet de décarbonation de 14% de l’hydrogène nécessaire au process grâce à un électrolyseur de 50 MW en 2021. « Finalement le projet qu’on vous présente a évolué : il va couvrir 100% des besoins en hydrogène avec un partenaire, Air Liquide », annonce Guillaume Eveno, à la tête de la plateforme depuis le 1er février dernier, lors de la réunion publique de lancement de l’enquête publique ce lundi 13 octobre.

    Concrètement, le groupe international spécialiste des gaz industriels va construire et exploiter une unité de production d’hydrogène d’une capacité de 25 000 tonnes par an sur le site de Châteauneuf-les-Martigues qui recyclera les coproduits issus de la bioraffinerie. Cet investissement permettra à Total de mettre à l’arrêt son reformer, un appareil qui reforme de l’hydrogène « à partir d’une partie du pétrole ». « Ce qu’on propose dans ce projet-là c’est de ne plus dépendre des carburants fossiles pour faire cet hydrogène, mais de le faire à partir de nos bioproduits, avec cet impact : 130 000 tonnes de CO2 en moins par an », poursuit le directeur.

    Total ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et prévoit également d’installer deux électrolyseurs, l’un de 20 MW et l’autre de 50 MW d’ici 2030. « L’objectif c’est de pouvoir alimenter la région en hydrogène décarboné », explique Guillaume Eveno en précisant néanmoins : « Ce projet ne fait pas partie de la concertation. »

    Le PPRT inchangé

    Dans la salle peu remplie, les interrogations portent sur les nuisances et les risques d’un tel projet. En parallèle de cette nouvelle unité de production et des deux électrolyseurs, trois unités de Total devenues inutiles seront mises à l’arrêt. En additionnant les impacts « il y aura une vingtaine de phénomènes dangereux en moins, et ils seront plus éloignés de la commune », affirme François Wioland, responsable de projet au sein de la raffinerie. En d’autres termes, il n’y aura « pas de renforcement du risque, ni en distance ni en intensité, donc le Plan de prévention des risques technologiques ne bouge pas ». Côté impact sanitaire et odeurs, le volume de fumée sera réduit de 25% selon les calculs des industriels, et le gaz naturel, moins chargé en soufre et en particules d’oxyde d’azote, se substituera au gaz de raffinerie.

    Total doit cependant faire face à un défi : ces changements engendreront une explosion de la consommation d’eau (+38 m3 par heure). « En parallèle le site s’est engagé à ne pas augmenter sa consommation globale, donc il va falloir trouver des moyens », résume Guillaume Eveno.

  • À Lambesc, ils dénoncent un « massacre » écologique

    À Lambesc, ils dénoncent un « massacre » écologique

    Laura Mouly découvre le projet au détour d’une randonnée dans les collines de Cazan : plus de 20 000 panneaux photovoltaïques devraient occuper une dizaine d’hectares de cette zone. Lors d’une réunion publique tenue ce samedi 11 octobre, la lanceuse d’alerte, membre du Collectif de défense des Collines a longuement présenté les « incohérences » de ce projet privé, porté par la société Silversun Roquerousse « mais derrière laquelle se cachent deux entités : la Silversun lambescaine et l’entreprise lyonnaise Oxynergie », précise Laura Mouly. À commencer par son installation dans une zone classée Natura 2000, zone d’intérêt national d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEF) et bénéficiaire de deux plans nationaux d’action pour protéger deux espèces sur cette zone. « Ce serait un véritable massacre », pointe, dans la foule, René, un « vieux » chasseur lambescain. Plusieurs points sur la manière dont le projet a été déployé ont été dénoncés par le Collectif. Notamment « l’absence de transparence et de concertation » et une enquête publique « biaisée » et « peu visible ». « Qui a participé à cette enquête ? Les élus de la municipalité de Lambesc, leur famille, le personnel de la maison familiale et rurale Garachon. Certains élus ont été jusqu’à poster deux, voire trois fois le même avis », dénonce Laura Mouly. Des descriptions « trompeuses », selon le collectif, apparaissent elles aussi dans l’étude d’impact. Entre autres, le site, décrit comme une « friche ferroviaire », a été « totalement renaturé ». « Notre patrimoine naturel va être saccagé », s’inquiète Laura Mouly. Le non-respect de la prévention contre le risque incendie, présenté par un ancien professionnel du nettoyage après-sinistre et le risque qu’aurait ce projet pour plusieurs espèces de la zone par un ornithologue indépendant ont également été inscrits à l’ordre du jour de la réunion publique. Le Collectif, qui précise ne pas être contre le photovoltaïque mais opposé à son émergence sur ces lieux, a présenté, en fin de réunion, un projet alternatif : installer des panneaux photovoltaïques non exploités sur les zones agricoles et d’activités. Sollicitée, la société Silversun n’a pas pris connaissance de nos questions.