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  • Parc des Cévennes : la fusion qui inquiète

    Parc des Cévennes : la fusion qui inquiète

    À Florac, siège du Parc national des Cévennes (PNC), la tension est palpable. Depuis que le Sénat a rendu public, début juillet, un rapport proposant la fusion des onze parcs nationaux français avec l’Office français de la biodiversité (OFB), le monde de la protection de la nature est en émoi. Officiellement, il s’agit de rationaliser les opérateurs de l’État et de participer à l’effort d’économie de 40 milliards d’euros annoncé par le gouvernement. Mais sur le terrain, la colère monte. « Ça serait vraiment une catastrophe », martèle Stéphan Maurin, président du PNC, qui s’indigne de n’avoir jamais été consulté. « Quand on fait un rapport, on va au contact des gens pour prendre la température, pour voir ce qui fonctionne, ce qui aurait le mérite d’être amélioré. Je n’ai pas vu un sénateur au kilomètre carré depuis que je suis président. »

    Les critiques s’appuient sur un point central : la gouvernance. Depuis la loi Giran de 2006, les parcs nationaux sont des établissements publics autonomes, ancrés dans leur territoire. Leurs conseils d’administration réunissent des élus, des associations, des agriculteurs, des chasseurs ou encore des habitants. Une diversité saluée pour sa capacité à prendre des décisions adaptées aux réalités locales. La perspective d’un rattachement à l’OFB, organisme national centralisé, signifierait la disparition de ce modèle participatif.

    « On perdrait toute notre liberté »

    Au conseil d’administration réuni le 26 juin à Florac, agents et administrateurs ont d’ailleurs adopté une motion unanime contre la fusion. « Nous refusons catégoriquement ce projet, pas seulement en raison des postes qui seraient supprimés, mais parce que cela nous couperait de notre ancrage territorial », a déclaré le représentant du personnel, Laurent Bernard. « Dans le projet proposé, on perdrait vraiment toute notre liberté dans la prise de décision. » Les opposants rappellent que des mutualisations existent déjà, notamment sur la formation ou la gestion administrative, et qu’elles pourraient être renforcées sans remettre en cause l’autonomie des parcs. « Ce n’est pas avec les 8 ou 9 millions d’euros de chaque parce qu’on comblera le déficit de l’État », dénonce Stéphan Maurin, pour qui l’argument budgétaire est un « très mauvais calcul ».

    Cette inquiétude dépasse largement les Cévennes. Le parc du Mercantour a déjà lancé une pétition qui a recueilli plus de 20 000 signatures, et les dix autres parcs nationaux préparent une mobilisation commune. Tous redoutent de voir s’effacer des décennies de travail de concertation locale. Au-delà des chiffres, c’est une certaine idée de la relation entre l’État et ses territoires qui est en jeu. « On échange, on dialogue, on écoute avec attention ce que le territoire nous dit », souligne le maire du Pont-de-Montvert. « Si nous ne sommes plus là, qui va le faire ? »

    Pour le Parc national des Cévennes, habité et vivant, l’enjeu dépasse la simple protection de la biodiversité : il s’agit aussi de défendre un mode de gestion de l’environnement qui associe les habitants, loin des décisions prises à Paris. Le combat s’annonce animé à la rentrée, alors que le gouvernement doit présenter son budget à l’automne.

    « Je n’ai pas vu un sénateur depuis que je suis président »

  • Menelik « veille » sur les cours d’eau du territoire

    Menelik « veille » sur les cours d’eau du territoire

    Mille deux cents kilomètres de cours d’eau. Les équipes de Menelik, (anciennement syndicat du bassin de l’Arc), établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau, ont sous leur surveillance cette longueur de rivières et de fleuves, répartis sur 57 communes et deux départements. Leur mission : préserver les bassins de l’Arc, de la Cadière, jusqu’à la Touloubre et le pourtour de l’Étang de Berre se répartit globalement en deux volets principaux. « La prévention d’inondations et la préservation des cours d’eau. Tout notre travail se décline à partir de ces deux axes, résume Maxime Lenne, directeur technique opérationnel et travaux. On est sur un territoire où il y a de tout : de l’économie, beaucoup d’humain, des villages, des grandes villes, du relief, du plat et un climat méditerranéen qui se traduit par ses excès. » L’équipe du pôle qualité et ressource pilote notamment le suivi de qualité de l’eau et de l’état de la ressource, l’une des missions de Menelik, dont la première campagne a été lancée au cours de l’été 2024. Objectif, détecter rapidement d’éventuelles pollutions, mesurer l’état écologique des cours d’eau et préserver durablement la ressource. Ces données servent ensuite de base aux décisions locales en matière d’assainissement et de gestion de l’eau. « Parce qu’il y a beaucoup de monde sur notre territoire, la question de la qualité de l’eau est un sujet fort pour Menelik. Plus on a de monde, plus on a de rejets, plus les milieux sont impactés. Il y a une palanquée de cours d’eau en France en bon état parce que le bassin-versant est très peu urbanisé. Ce qui n’est pas le cas chez nous. On a la double peine : beaucoup de monde et des cours d’eau naturellement très fragiles car les étiages sont très marqués. »

    Un état « très disparate »

    Alors, quatre fois par an, des contrôles dits « chimiques » des cours d’eau sous la gestion de Menelik sont effectués par des bureaux d’études spécialisés. Ils interviennent au mois février, avril, août et novembre, sur une soixantaine de points de prélèvement. Une campagne de contrôle biologique est elle aussi menée une fois par an. « Ce sont des indices. Si vous trouvez des invertébrés ou des microalgues très sensibles à la pollution, cela veut dire que le cours d’eau est peu pollué. Si elles sont tolérantes, alors vous en tirez une note plus faible qui va indiquer que le cours d’eau est pollué », précise Maxime Lenne. Le suivi qualité est entièrement financé par les budgets métropolitains de la Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et de l’assainissement, ainsi que par une aide de l’Agence de l’eau. La Métropole, l’un des membres fondateurs de l’Epage, contribue au financement d’appels à projets portés par Menelik. Sur le territoire, selon Menelik, l’état actuel des rivières varie. « C’est très disparate, conclut Maxime Lenne. De par la taille du territoire et la multiplicité des cours d’eau, on se retrouve avec une palette de cas de figure possibles. » Le pôle qualité et ressource travaille, pour 2026, à sensibiliser sur ses missions.