Tag: entreprise

  • Les impacts de la base navale sur les populations

    Les impacts de la base navale sur les populations

    Durant la réunion du Comité d’information qui s’est réuni en préfecture le 8 janvier, le sujet de l’application du plan particulier d’intervention nucléaire du port militaire, et la mise à disposition en juin dernier des comprimés d’iode dans les pharmacies des communes concernées, ont été abordés. La FNE remerciant pour cette « étape importante qui a été appréciée ».

    Mais des précisions ont été demandées au niveau de la surveillance radiologique, en précisant que l’autorité de sûreté pour la surveillance des sites civils demande l’installation de stations de mesure à la périphérie des sites suivant les points cardinaux et sous l’influence des vents dominants. L’océanographe Dominique Calmet relevant que les stations de la base navale sont installées au Nord, à l’Est et l’Ouest du site mais qu’aucune pour l’heure n’est installée au Sud, dans l’axe du Mistral, à Saint-Mandrier.

    Les autorités ont expliqué que l’installation d’une balise de surveillance en territoire civil relève de l’Autorité de sûreté nucléaire mais que le sujet reste à l’étude.

    Le responsable associatif a rappelé également l’accident survenu sur le chantier de refonte d’un appontement de la zone Milhaud, le 18 août dernier, au cours duquel quatre salariés d’une entreprise sous-traitante de la Défense présents sur une barge ont été blessés. Parmi les causes envisagées, l’explosion d’un obus datant de la Seconde Guerre mondiale dans les sédiments.

    Risques neutralisés ?

    « Si cette hypothèse est confirmée, un risque d’explosion d’anciennes munitions existe donc pour les navires à propulsion nucléaire à quai ou manœuvrant à proximité des quais », s’inquiète l’APE.

    Ce que l’on sait c’est qu’une enquête technique est en cours et qu’« il n’y aura pas de reprise des travaux dans cette zone avant d’en connaître les conclusions ». Mais qu’« il n’y a eu aucun impact sur les activités nucléaires du port ».

    L’autre sujet important évoqué par Dominique Calmet concerne les épaves toujours présentes le long du littoral du site de stockage des hydrocarbures du Lazaret. Une mise en œuvre, comme cela a été fait sur la partie civile, très attendue a précisé Dominique Calmet en pointant que la zone de ces échouages se trouve à proximité des tables de mytilicultures et piscicoles ce qui présente une menace de pollutions chimiques.

    Là encore la réponse a été rassurante avec une action qui devrait être réalisée rapidement.

  • Disparition de Jean-Paul Blachère, figure de Blachère Illumination

    Disparition de Jean-Paul Blachère, figure de Blachère Illumination

    Jean-Paul Blachère a rendu son dernier soupir le jour du réveillon de Noël à Dakar au Sénégal à l’âge de 75 ans. De renommée mondiale, l’entreprise d’illuminations Blachère a été créée par Hubert Blachère, le père de Jean-Paul Blachère. Étrange signe du destin, c’est cette année, l’entreprise Blachère Illumination fête ses 80 ans d’existence. Il y a peu, lors de l’inauguration de la Fête des Lumières, sur la place de la mairie, sa fille Christine rendait hommage à son grand-père et à son père Jean-Paul, ainsi qu’à tous les employés de l’entreprise. Notre journal a une relation toute particulière avec la famille Blachère qui, rappelons-le, faisait la sonorisation et l’éclairage des fêtes de La Marseillaise durant de nombreuses années.

    Nous tenons à saluer la famille et les proches de Jean-Paul dans ces moments difficiles. Nous avons aussi une pensée amicale pour les employés de cette entreprise familiale qui compte dans la ville d’Apt.

    L’Afrique au cœur

    Jean-Paul a créé aussi sa fondation consacrée à l’Afrique, La Fondation Blachère. Ce sera pour tous l’occasion de penser à lui à travers elle. La Fondation Blachère, dont le pôle d’art est basé à la gare de Bonnieux à une quinzaine de kilomètres d’Apt, et est reconnu internationalement, rend sur ses réseaux hommage à une « figure incontournable de notre institution » qui a « consacré une grande partie de sa vie à soutenir et promouvoir les artistes du continent à travers des résidences, des expositions et des actions culturelles en France et à l’international », et pour qui « sa vision généreuse et son engagement en faveur de la création artistique ont profondément marqué notre communauté et laissé une empreinte durable dans le paysage culturel ».

    Il y a quelques années, à Robion, il rencontrait, dans le cadre d’une conférence, le champion Lilian Thuram. Nous avions eu l’occasion, amicalement, de lui offrir la photo souvenir de ce temps fort pour lui. Jean-Paul était quelqu’un de discret, mais impliqué ; il se rendait encore régulièrement dans son entreprise. Il y a peu aussi avait lieu la traditionnelle exposition « des Lumières » qui attire toujours autant de monde chaque année. Il avait laissé la succession de son entreprise à sa fille et à son gendre. C’est avec émotion que nous avons appris son décès. Jean-Paul est une personnalité qui va manquer à tous.

  • Une entreprise éphémère pour aller vers l’emploi à Marseille

    Une entreprise éphémère pour aller vers l’emploi à Marseille

    Créées en 2015 par Didier Krief et Céline Garence, les Entreprises Éphémères proposent aux participants une méthode alternative de la recherche d’emploi. Organisées comme une véritable entreprise, sans objectif de profit, les participants deviennent associés et s’investissent dans un projet commun. « Vague de succès » a réuni cinquante demandeurs d’emploi, répartis en différents services : ressources humaines, communication et relations entreprises.

    Retrouver un cadre

    et une confiance en soi

    Le nom et le logo ont été choisis collectivement, tout comme les outils de travail. Les CV et lettres de motivation sont retravaillés et validés par un service RH interne, avec l’accompagnement de coachs. Cette initiative permet également à ces participants de recréer du lien. « Ça m’a redonné la motivation de me lever tôt, la confiance et l’espoir », témoigne Hadja. D’autres évoquent les amitiés, la solidarité et la fierté d’appartenir à un collectif.

    Parmi les parcours marquants figure celui de Mehdi. Après une période difficile, il est parvenu à se réinsérer dans la vie professionnelle. C’est avec fierté qu’il fait tinter la traditionnelle cloche que l’on sonne après avoir trouvé un emploi. « Je me sens plus fort, plus courageux », a-t-il confié sous les applaudissements. Déployée dans l’arrondissement le plus pauvre de France, cette Entreprise Éphémère bénéficie du soutien de l’État et de France Travail, notamment via le Plan d’investissement dans les compétences (Pric). La présence de la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, lors de la clôture de l’événement, est venue saluer l’initiative : « Un beau succès qui n’a rien d’évident lorsque des personnes rencontrent autant de difficulté à trouver du travail. »

    « Quand quelqu’un sonne la cloche [à chaque fois qu’on trouve un travail], c’est une réussite collective », rappelle Maxime Méry, directeur des opérations. Dans un territoire confronté à de fortes inégalités, l’Entreprise Éphémère démontre qu’en misant sur l’humain et l’entraide, d’autres chemins vers l’insertion restent possibles.

  • L’entreprise JOTT en redressement judiciaire

    L’entreprise JOTT en redressement judiciaire

    L’entreprise marseillaise de prêt-à-porter JOTT, qui emploie près de 200 salariés, a été placée en redressement judiciaire jeudi 18 décembre.

    D’après le jugement que l’AFP a pu consulter, le tribunal des activités économiques de Marseille, constatant l’état de cessation de paiements de l’entreprise SAS JOTT, a ouvert une procédure de redressement judiciaire. Le tribunal a fixé une période d’observation provisoire de six mois.

    Une audience intermédiaire est prévue le 5 février afin de « vérifier, au vu de son rapport, si les capacités financières sont suffisantes et lui permettent d’assurer le financement de son activité et statuer sur le mérite de la poursuite de la période d’observation ou l’éventuelle conversion en liquidation judiciaire ». JOTT emploie 183 salariés, dont le règlement des salaires est à jour pour le mois de novembre, et réalise un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros. Fondée en 2010 à Marseille, la marque JOTT (« Just over the top ») s’est fait connaître par ses doudounes légères et colorées. « Mode in Sud », syndicat des entreprises de mode de la région, a qualifié cette nouvelle de « lourde de sens pour notre écosystème mode dans le Sud », dans un communiqué. « JOTT n’est pas seulement une entreprise locale, mais une success-story marseillaise », explique Jocelyn Meire, président de « Mode in Sud ». Selon lui, « la fragilisation d’une marque française structurante face à des défis économiques réels, et l’enjeu réglementaire autour d’un géant global du e-commerce comme Shein -illustre de façon aiguë les tensions qui traversent aujourd’hui le secteur de la mode ».

  • À Arkema, en grève pour une vraie hausse de salaire

    À Arkema, en grève pour une vraie hausse de salaire

    « Rien ne rentre et rien ne sort. » Devant l’usine d’Arkema du quartier de Saint-Menet à Marseille, ce lundi, plusieurs dizaines de salariés tiennent un piquet de grève nec plus ultra. Un grand écran et une sono pour être connectés avec leurs homologues d’autres sites dans le pays qui sont en mouvement également, un chapiteau pour se protéger du mistral et un barbecue qui tourne à plein régime…

    Voilà depuis jeudi dernier qu’ils ont débuté une grève, reconduite très largement jusqu’à jeudi prochain sur le site lors d’une assemblée générale qui s’est déroulée à midi. « On demande la réouverture des NAO [négociations annuelles obligatoires] et une vraie hausse de salaire, de 160 euros sur le salaire de base pour tout le monde ! », résume Rémi Thuaire, délégué syndical du site, salarié posté polyvalent dans le secteur amination qui fait les 3×8.

    Ce dernier ne cache pas son énervement quant au déroulement des NAO : « La direction prévoit une hausse générale de seulement 1,2%, c’est méprisant quand on connaît les finances du groupe. Et avec un talon (augmentation minimale) de 35 euros bruts, c’est le plus bas depuis 2002 ! » Son organisation syndicale met en avant le fait qu’Arkema aurait bénéficié de plus d’une dizaine de millions d’euros d’exonérations de cotisations sociales cette année.

    Une proposition jugée « correcte » par la direction

    « La situation financière du groupe est très saine, les propositions pour les salaires sont très faibles. Et on nous annonce des dividendes d’un très bon niveau. L’action est à 8% de rendement… », explique Sébastien Jonas, secrétaire du syndicat CGT Arkema Marseille. Avant de s’indigner : « On va distribuer 100% de notre résultat net après impôts, notre bénéfice, à nos actionnaires ! ». Concrètement, la CGT revendique 160 euros d’augmentation pour tous et espère bien que la direction « revienne à la raison ». Philippe Gomez, directeur du site explique que l’entreprise a regardé « deux paramètres » pour justifier cette proposition de hausse d’1,2%, qui est jugée « correcte » : « L’inflation et les résultats du groupe, en deçà de ce qui était prévu ». Il prend pour exemple « l’action du groupe en baisse cette année ». Avant de noter « qu’un retour à la table des négociations n’est pas prévu à ce jour ».

  • La Fondation SNCF fête ses 30 ans

    La Fondation SNCF fête ses 30 ans

    « Tout a commencé avec l’engagement des salariés. » Pour le 30e anniversaire de la Fondation SNCF, Laetitia Gourbeille, déléguée générale de la Fondation, n’a pas manqué de saluer le travail des petites mains de l’entreprise historique du rail français. Un travail en faveur du monde associatif qui dure depuis 30 ans au travers de la Fondation. Et qui a été mis en avant lors d’une matinée d’échanges et de présentation des associations partenaires de la Fondation, au Campus Biaggi dans le 3e arrondissement de Marseille, ce jeudi.

    « On fait le pont entre une entreprise d’utilité publique et le monde associatif depuis 30 ans », martèle la déléguée générale. « En région Paca, ces 5 dernières années, l’accompagnement des associations était de l’ordre de 120 000 euros par an. Et 70 salariés ont porté des projets », explique Delphine Couzi, coordinatrice régionale du groupe SNCF. De quoi mettre en avant « l’entreprise avec des valeurs autour de la solidarité, de l’inclusion, de la création de lien dans les territoires » qu’est la SNCF. Et surtout, les projets réalisés par les associations soutenues par la fondation, à l’image de Sourire à la vie, qui aide à la pratique sportive d’enfants et adolescents atteints de cancer et qui a une base à l’Estaque.

  • Un nouvel éthylotest détecte l’usage de protoxyde d’azote

    Un nouvel éthylotest détecte l’usage de protoxyde d’azote

    Alors que les accidents de la route causés par la consommation de protoxyde d’azote ne cessent d’augmenter, l’entreprise aixoise Olythe a développé un outil pour le détecter dans le souffle. Ce gaz, utilisé initialement pour les siphons à chantilly, est de plus en plus détourné, principalement chez les collégiens, lycéens et jeunes adultes, pour ses effets euphoriques et de perte de contrôle. Bien qu’interdit pour les mineurs depuis 2022, aucune loi ne l’interdit pour les majeurs.

    Situé à Aix la Duranne, Olythe est une entreprise spécialisée, depuis 2013, dans la fabrication d’éthylotests. « On a commencé à travailler sur le projet de détecteur de protoxyde d’azote il y a un an et demi, explique Guillaume Nesa, cofondateur et président de l’entreprise. On a voulu répondre à la demande de nos clients qui en avait besoin. » Le détecteur, nommé OCIN2O, ressemble à une cigarette électronique et permet, en soufflant, de mesurer la consommation de ce gaz. Testé en Belgique et au Danemark au printemps, l’éthylotest est déjà au point et est à pour vocation première des tests routiers, où le problème de l’usage ne cesse de s’accentuer.

    En effet, d’après une étude Ipsos paru en juillet 2025, sur les 14% de jeunes de 18 à 24 ans ayant déjà consommé ce produit, la moitié l’aurait fait au volant. Son inhalation entraîne pourtant une perte de contrôle d’environ une minute et peut causer des vertiges et des trous noirs jusqu’à 45 minutes après sa prise. Son inhalation n’est pour le moment interdit que pour les mineurs, suite à une loi de 2021.

    Le manque de réglementation sur sa consommation au volant pousse le cofondateur à voir son outil comme une dissuasion. « On espère que savoir que cet outil existe pourra faire un peu peur aux jeunes et les empêchera de conduire sous influence de drogue », confie Guillaume Nesa.

    Problème sanitaire

    Un problème qui va au-delà de la question de sécurité routière, selon le président d’Olythe : « D’un point de vue santé, c’est une catastrophe aussi. » Santé publique France indique que l’inhalation de ce gaz peut causer des asphyxies, pertes de connaissance et des troubles neurologiques, psychiques ou cardiaques dans le cas de consommations répétées ou à forte dose.

    « Il faudrait que le ministère s’empare de ce sujet, interpelle Guillaume Nesa, pour mettre un pied dans la fourmilière. » Localement, certaines institutions tentent de réagir. Le préfet du Vaucluse a par exemple interdit la consommation et le transport du protoxyde d’azote pour tous de 19h à 7h jusqu’en mai 2026. À Marseille, la mairie a interdit sa consommation sur la voie publique.

  • Reconditionnement haut de gamme : Cykero s’implante à Montpellier

    Reconditionnement haut de gamme : Cykero s’implante à Montpellier

    C’est une belle prise pour la métropole de Montpellier. Jeudi 13 novembre, Bichoi Metias, fondateur et PDG de la marque européenne du reconditionné premium Cykero, posait au Mibi (Montpellier business & innovation centre) la « première pierre symbolique » de son futur technocentre, bientôt érigé à Castelnau-le-Lez. Une implantation « extrêmement soutenue par les acteurs publics et financiers locaux », se félicite Bichoi Metias, la Métropole de Montpellier et la Région Occitanie ayant notamment voté des aides de 300 000 euros pour la première et 800 000 euros pour la seconde. L’entreprise quant à elle a investi 20 millions d’euros dans la construction de ce technocentre.

    C’est dans son garage en Allemagne, où il vivait à l’époque, que Bichoi Metias, ancien ingénieur dans le ferroviaire, a lancé en 2020, en plein confinement, la marque Cykero.
    Cinq ans plus tard, la start-up franco-allemande enregistre un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros (en 2024) et a su se positionner comme un acteur de référence en Europe dans le reconditionnement haut de gamme des appareils électroniques dotés de batterie (smartphones, tablettes, ordinateurs portables, montres et écouteurs connectés…).

    « 77 kg de CO2 économisés pour chaque appareil »

    « Il existe plusieurs types de reconditionnement. Nous nous situons dans la gamme premium, avec une exigence de qualité élevée », explique le PDG de Cykero. « Aujourd’hui, sur le marché du reconditionné, la moyenne des retours pour problème qualité est de 20%. Chez Cykero, on est à moins de 2%, très proche d’un appareil neuf (entre 1,3 et 1,5%). » La marque offre également des services qui se rapprochent des appareils neufs : « 2 ans de garantie pour les particuliers, 30 jours satisfaits ou remboursés, une traçabilité totale sur les appareils. Des choses qui donnent du pouvoir au consommateur pour décider de mettre le prix ou pas », insiste Bichoi Metias. Car si les appareils Cykero peuvent être jusqu’à
    30 ou 40% moins chers que du neuf, « on n’est pas les moins chers du reconditionné car on propose du haut de gamme ». L’entreprise vante également une démarche écoresponsable, avec « 77 kg de CO2 économisés pour chaque appareil vendu, sachant qu’on en vend 10 000 par mois », souligne le PDG.

    Désormais Montpellier sera donc « le nouveau centre de gravité » de la marque, qui y a d’ores et déjà transféré son siège en France, basé jusque-là dans les Yvelines. « On vient avec un engagement fort pour l’innovation, l’industrialisation, l’économie circulaire », assure Bichoi Metias. Les travaux du technocentre, qui sera situé dans le quartier Eurêka, à Castelnau-le-Lez, ont débuté le 17 novembre et se poursuivront « jusqu’à fin 2026-début 2027 ». Une ouverture partielle du site est prévue « tout début 2027 pour qu’on commence à installer nos machines. Ensuite, il y aura une remise des clés finale à la fin du premier trimestre ou au début du deuxième trimestre 2027. »

    S’il est question de « technocentre » et pas simplement d’usine, c’est « parce que ça va être bourré d’innovations technologiques : on va avoir de l’automatisation, de la robotisation, de l’intelligence artificielle… On va mettre le paquet sur cet aspect innovation pour pouvoir quadrupler notre capacité dès l’ouverture. Aujourd’hui on est à 10 000 pièces par mois en capacité maximum, on passera à 40 000. Et à l’horizon 2030, en pleine capacité, on pourra traiter 150 000 appareils par mois », estime le PDG de Cykero. Une activité qui devrait permettre de créer 160 postes d’ici 2030. « Outre le fort engagement régional pour l’innovation, la réindustrialisation et l’économie circulaire, qui nous ont séduits, il y a aussi à Montpellier une attractivité qui facilite le recrutement des futurs talents : c’est une ville extrêmement jeune et dynamique, avec beaucoup d’écoles de commerce, d’ingénieurs, de BTS. »

    À noter que Cykero a récemment ouvert une boutique éphémère (jusqu’au 31 janvier) au 10, place de la Comédie, préfiguration d’un showroom qui sera également accessible aux clients au sein de son futur site montpelliérain.

  • Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un commerçant de Belsunce a été reconnu coupable, ce lundi, d’« aide au séjour irrégulier » et « travail dissimulé commis à l’égard d’une personne vulnérable », en l’espèce une ressortissante des Philippines qu’il avait fait venir en 2014, à Marseille, et qu’il a exploitée sans contrat de travail pour la virer en 2019.

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille a infligé à Thomas B., 57 ans, une peine de 180 jours-amendes à 270 euros, ce qui revient à verser 48 600 euros au Trésor public, ou bien à effectuer six mois de prison ferme, le tout assorti d’une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans, « compte tenu de la réitération des faits pendant plusieurs années commis au préjudice d’une personne vulnérable ». Le tribunal a confisqué au prévenu une créance de 28 654 euros saisie sur le produit de la vente d’un immeuble. Constituée partie civile, la victime qui a obtenu depuis un titre de séjour, s’est vu allouer 4 000 euros pour son préjudice moral et 2 500 euros pour ses frais de justice.

    Une vaine promesse d’obtention de papiers

    Après une rencontre sur l’application d’appel vidéo Skype suite à une offre d’emploi qu’il avait diffusée sur son compte Facebook, Thomas B. avait financé le voyage en autocar, depuis Milan, de cette jeune femme de nationalité philippine, alors âgée de 31 ans et qui se trouvait à Dubaï. Il l’avait accueillie à Marseille en avril 2014, promettant de lui obtenir des papiers de régularisation. Au départ, il l’avait affectée à vendre des vêtements dans sa boutique, à Belsunce, la rémunérant 100 euros par semaine tout en la logeant gratuitement. Après un mois, il l’avait affectée, pour les mêmes conditions salariales, au ménage de son domicile, s’occupant aussi de l’enfant du couple, et au nettoyage après travaux d’un appartement détenu par sa mère, allée Léon-Gambetta, destiné à la location Airbnb, dont elle allait ensuite gérer l’aménagement, la propreté et la gestion des clients pendant près de sept mois.

    En janvier 2015, il l’avait affectée au nettoyage, à la gestion et à l’intendance des 23 logements de la résidence universitaire que ce chef d’entreprises gérait au 5 boulevard Dugommier (1er). à l’audience, le prévenu a reconnu qu’elle était la « déléguée de locataires, responsable dans les colocations pour faire régner la propreté » et « faisait du ménage un peu partout ». Il est établi aussi qu’il l’a fait travailler dans son restaurant de la rue Longue-des-Capucins. La victime, complètement isolée en France, expliquait avoir travaillé dans l’espoir d’être régularisée et n’avait jamais obtenu de contrat de travail malgré ses demandes. Le prévenu a fini par la virer en janvier 2019 au motif qu’elle avait passé une nuit ailleurs. Selon la jeune femme, il l’a expulsée, a changé la serrure de sa chambre, a pris tous ses documents et supprimé ses e-mails de son ordinateur.

    Le conseil des prud’hommes, qu’elle a saisi en 2021, a considéré qu’« incontestablement », elle gérait contre rémunération depuis 2015 et sous ses ordres la location en Airbnb, et des appartements de la SCI du prévenu à des étudiants étrangers.

    Entendu par les enquêteurs, le prévenu s’est présenté en bon Samaritain, déclarant avoir sans cesse aidé la jeune femme, présentée comme une « fille au pair », en lui offrant « une chambre qu’elle ne payait pas pendant 5 ans » et un pécule hebdomadaire d’une centaine d’euros en guise d’argent de poche. « Elle a rendu service. Ce n’est pas travailler. » « Je lui ai procuré une vie bien meilleure que ce que l’État offre aux sans-papiers. » Il prétendait l’avoir « entretenue comme une maîtresse », lui avoir permis de mener « une vie de princesse ».

    S’agissant de la résidence étudiante, « elle s’en occupait quand je devais m’absenter. Comme elle vivait dedans, je lui ai délégué la gestion en mon absence. Il n’y avait pas de travail défini. Je lui demandais d’aller récupérer des clés, de changer un nom sur une boîte aux lettres, bref, des petits services. Je la logeais gratuitement et elle me rendait service, c’est tout ». Il ajoute, pour parfaire le cynisme : « Pour moi, j’ai sauvé cette femme de sa situation en Italie, de dormir par terre, de garder un bébé pour 100 euros par mois, de vivre comme une esclave. »

    Le prévenu a revendu en 2021, pour 1,2 million d’euros, sa résidence de locations pour étudiants et réinvestit en Angleterre, où il gère notamment une société qui possède huit appartements de vacances dans le Yorkshire.

  • Boris Touaty, un jeune entrepreneur toulonnais très engagé

    Boris Touaty, un jeune entrepreneur toulonnais très engagé

    Il a l’humilité des grands, le sourire de celui qui sait respecter l’autre quel qu’il soit, et le talent d’un grand communicant. Boris Touaty n’est de toute évidence pas seulement le grand entrepreneur qui a su redonner vie à une marque des Cafés Maurice, qui a fêté cette année ses 150 ans d’existence, et donc à tout un pan du patrimoine toulonnais. Il est aussi quelqu’un qui sait se mettre au service du collectif et qui ne transige pas avec ses valeurs pour faire des affaires et diriger ses équipes. Autant d’atouts qui nous ont poussés à essayer de dresser le portrait de ce jeune acteur de l’économie locale aux multiples casquettes et à l’avenir prometteur.

    L’arrière-arrière-petit-fils de Marc Maurice Lévy, le créateur la maison familiale fondée en 1875 à Toulon, est fier aujourd’hui des multiples récompenses qui viennent couronner son travail éthique et solidaire. Avec pour commencer le Trophée Inclusion handicaps Var 2025 obtenu dans la catégorie « Coup de cœur du jury », qui valorise « un engagement humain et durable » en faveur de l’inclusion et son action exemplaire. Une distinction décernée par Ladapt, l’association nationale qui œuvre pour l’insertion sociale, pour son partenariat depuis 5 ans avec l’Établissement et service d’accompagnement par le travail (Esat) de Six-Fours, l’Avath, et la valorisation du travail protégé ainsi réalisée.

    « C’est un très beau prix », confie Boris Touaty modestement en mettant en avant « une collaboration humaine, efficace et parfaitement intégrée au fonctionnement de l’entreprise ».

    Le camion de l’Avath est d’ailleurs en train de récupérer le café torréfié dans le magasin-atelier de la place Camille-Ledeau pendant cet entretien. « Tous nos paquets, c’est-à-dire 80 000 par an, sont tous ensachés à la main par les équipes de l’Esat que je tiens à remercier d’ailleurs », précise-t-il.

    Un engagement social

    La deuxième actualité de Boris Touaty, c’est le couronnement d’une mention honorable au Global Coffee Awards des Cafés Maurice. « On a été à la lisière du troisième prix, c’est-à-dire de la médaille de bronze de ce concours international dans lequel 1 500 cafés ont concouru », lâche-t-il fièrement, surpris par ce succès qu’au fond il espérait mais auquel, dit-il, il ne s’attendait vraiment pas.

    Et de poursuivre : « Ils ont retenu la qualité exceptionnelle de notre café et de notre torréfaction. C’est la reconnaissance d’un travail de longue haleine, de mes équipes aussi, surtout. Et en particulier de Julien, mon torréfacteur qui est là depuis 7h du matin, un passionné qui fait un travail remarquable. »

    Il relève au passage que le café qui vient d’être récompensé est celui qu’il vend le plus. Des clients donc qui, les premiers, ont consacré cette création Maison Maurice recette numéro 1, qui est en fait le premier assemblage créé il y a 5 ans.

    Sur son implantation au cœur de Toulon, l’entrepreneur se dit ravi de l’aubaine, en rappelant, qu’il y a quelques semaines, le gouvernement a salué la dynamisation incroyable de ce centre-ville. Le résultat, rappelle-t-il, d’un travail mené depuis 20 ans, avec la réhabilitation de la place de l’Équerre, de la rue des Arts, la rue Pierre-Semard, la rue d’Astour, les Halles… À la question de savoir comment on peut rester fidèle à ses valeurs tout en développant son affaire, autant dans le choix de ses fournisseurs que dans le pilotage de sa boîte, il répond simplement : « Quand on peut le faire, faisons-le, un maximum ! »

    Il compte à son actif des initiatives menées avec des producteurs, notamment sur l’éducation des enfants en Colombie, et la collaboration avec des coopératives entièrement gérées par des femmes. « C’est un gros combat aussi dans certains de ces pays », souligne-t-il. Le président de l’association des commerçants du centre-ville, l’Office du commerce et de l’artisanat de Toulon dit également porter une grande attention sur ce qui est fait ou transformer localement. Mais ne cache pas que tout cela a un coût parfois difficile à assumer dans un contexte de pouvoir d’achat contraint et des cours du café qui grimpent. En revanche, Boris s’insurge contre la culpabilisation des consommateurs concernant leurs achats plus ou moins éthiques : « C’est trop facile de faire des reproches. Tout le monde n’a pas les mêmes moyens ! »

    D’autant que l’entrepreneur est lui aussi tiraillé par les mêmes contradictions. C’est-à-dire l’envie de vendre au meilleur prix tout en proposant des choses qui soient bien socialement et environnementalement. « Alors nous, on essaye de faire un mix un petit peu entre les deux. C’est-à-dire qu’on n’a pas forcément que des cafés qui portent tous des labels mais on sait qu’ils sont produits dans de bonnes conditions. Parce que, je vais sur place. Et je me rends compte de la réalité des choses, sur ce qui se passe vraiment au niveau des conditions de travail et les salaires. »

    « Les valeurs humaines »

    Des inflexions humanistes qui amènent forcément La Marseillaise à transposer ce type d’exigences professionnelles à un environnement plus directement politique. La manœuvre manque peut-être un peu de subtilité mais l’enjeu des prochaines échéances électorales à Toulon en vaut la peine. D’autant qu’il s’agit moins de savoir pour qui iront ses préférences que de nous éclairer, au regard du citoyen et entrepreneur responsable, le profil idéal pour le job. « Ce que je mets au premier plan ? Les valeurs humaines, sans hésiter. C’est très important, je crois. »

    Ses craintes ? C’est que les Toulonnais se déterminent un peu trop comme ils le feraient dans une élection nationale en oubliant les enjeux locaux.

    « Pour moi, les élections municipales, ce sont les élections les plus importantes, avec la présidentielle. Parce que le maire, c’est vraiment la personne qui est au quotidien avec toi. Il ne va pas intervenir sur des problématiques internationales ou sur des politiques d’immigration ou d’ultra-sécurité. Ce n’est pas vrai ! C’est à ça qu’il faut penser en décidant à donner les clés de la ville. » Sur le bilan, l’artisan insiste sur « le travail remarquable fait par Hubert Falco pendant 20 ans ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on a un maire, Josée Massi qui est dans la continuité des grands projets. La ville tourne bien. » Pour en savoir davantage, il va falloir attendre un petit peu. Mais on peut compter sur le personnage pour poursuivre ses engagements.