Tag: entreprise

  • Fibre Excellence : un rapport étaye les conditions de la reprise

    Fibre Excellence : un rapport étaye les conditions de la reprise

    « Il appartient désormais à la puissance publique de prendre les décisions permettant que ce risque repose sur l’économie du projet, et non sur les déséquilibres qu’elle peut elle-même corriger », estime un cabinet d’expertise indépendant, dont le nom n’a pas été communiqué, dans la conclusion d’un rapport commandé par les organisations représentatives des salariés de Fibre Excellence à propos de l’offre de reprise formulée par Combat Holding, dirigée par le milliardaire Matthieu Pigasse. Pour rappel, le lundi 27 juillet, elle sera examinée par le tribunal de commerce de Toulouse.

    Des données qui confirment donc les demandes formulées par les repreneurs et les représentants syndicaux, ces dernières semaines. « Tout est dans les mains de l’État », confiaient-ils lors de la dernière assemblée générale, le mardi 7 juillet dernier, sur le site de Tarascon. Leurs revendications portent sur une revalorisation du prix de l’électricité, un meilleur accès au bois utilisé pour fabriquer la pâte à papier, ainsi que sur la réintégration des quotas carbone.

    Dans les dernières pages du document, que La Marseillaise a pu en partie consulter, ce besoin est même chiffré. L’Ebitda, indicateur financier qui mesure la rentabilité du cycle d’exploitation d’une entreprise, serait déficitaire de 45,8 millions d’euros, avec le modèle actuel, sur une période de 2026 à 2030, sans projet de reprise. Le seul apport du projet industriel, avec « des produits à plus haute valeur ajoutée » pour 9,5 millions d’euros, « l’amélioration du bilan énergétique » pour 1,8 million d’euros, ainsi que la « réduction des coûts de maintenance et de fonctionnement » pour 9 millions d’euros, permet d’apporter 20,3 millions d’euros. Pas suffisant donc.

    « Conditions essentielles »

    Restent donc les « conditions essentielles à la réussite de l’offre de reprise », comme elles sont évoquées dans le rapport. La « réintégration et proratisation aux quotas CO2 » permettraient de dégager 30,2 millions d’euros. Pour la valorisation de l’électricité, le bénéfice estimé est de 25,5 millions d’euros. Mais surtout, le cabinet estime que « le différentiel lié au coût du bois constitue désormais le principal facteur de fragilité du projet de reprise ». Une aide temporaire sur cette question, une mise en œuvre de recherches « afin de rétablir la hiérarchie des usages du bois et de limiter la concurrence entre bois industrie et bois-énergie », ainsi que l’augmentation progressive des volumes de bois issus de forêts publiques permettraient, à elles seules, de dégager pas moins de 56,3 millions d’euros. Si toutes les conditions sont réunies, l’Ebitda final serait ainsi positif de 86,5 millions d’euros.

    « Les décisions restant à prendre ne visent pas à créer artificiellement de la rentabilité, mais à restaurer un environnement concurrentiel compatible avec la réalité économique de la filière », pointe le rapport, qui rappelle que « à défaut, le juge prononcera la liquidation judiciaire ».

  • Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Déménagements, entretien de jardin, soin des animaux… Douze jeunes manosquins lancent cet été leur propre entreprise et proposent leurs services aux habitants de Manosque et de ses alentours, accompagnés par le centre social.

    « Les jeunes envoient leurs devis, puis leurs factures. Ils travaillent environ 20 heures par semaine, puis se partagent les bénéfices de l’entreprise après avoir payé leurs charges, en plus de la bourse au permis de 700 euros », explique la directrice du centre social de Manosque, Emmanuelle Evin.

    « Ce sont des jeunes de tous horizons qui collaborent pour ce projet pendant lequel ils vont prendre confiance en eux, se constituer un réseau, rencontrer des entreprises et des particuliers. Cela leur permet de passer d’adolescents à jeunes adultes, avec la possibilité de valoriser cette expérience sur Parcoursup » avance Malik Saadane, conseiller municipal de Manosque en charge de cette coopérative jeunesse de services.

    Neuf des douze jeunes participants sont issus des quartiers prioritaires de la Ville cette année, ce qui permet de garantir « l’égalité des chances », selon Malik Saadane.

    « Certaines années, ils ne gagnent pas grand-chose après avoir divisé les bénéfices par douze. C’est pour cela qu’on a ajouté la bourse au permis, ce qui a largement augmenté le nombre de candidats », explique Nesrine Rahou Guerfi, adjointe au maire de Manosque en charge du centre social. Ils étaient 81 à postuler cette année.

    « C’est une action qui revient cher, car il faut encadrer les jeunes pendant tout un été pour s’assurer qu’ils soient dans la légalité et la sécurité », avance Emmanuelle Evin. Le centre social peut ainsi compter sur les financements de l’État, de la CAF, de la communauté d’agglomération DLVA et de la mairie de Manosque. Le projet est également parrainé par la mission locale et par la coopérative d’activité et d’entrepreneurs Mosaïque.

    Une entreprise collaborative

    La coopérative fonctionne comme une vraie entreprise, avec un comité ressources humaines, un comité finances et un comité marketing. Les partenaires du projet confient d’ores et déjà des missions aux jeunes, comme des distributions de flyers ou des animations de jeux en bois. Chaque année, de nombreux habitants font appel à leurs services de lavage de voiture ou encore de jardinage. « C’est bénéfique pour vous et pour nous », a souligné l’un des jeunes participants vendredi, lors du lancement de la coopérative, active du 13 juillet au 21 août.

    « Je suis ravie du groupe, ils se sont vite intégrés et sont très motivés » s’est réjouie Aya, l’une des deux accompagnatrices, qui avait elle-même participé à la première coopérative jeunesse de services (CJS).

    Initiées au Québec il y a 30 ans, les CJS ont été expérimentées pour la première fois en France en 2013. Il en existe quatre sur la Région Sud, dont celle de Manosque et celle d’Oraison, pour la première année.

  • Vincent Jeanbrun veut simplifier les normes pour relancer l’investissement locatif

    Vincent Jeanbrun veut simplifier les normes pour relancer l’investissement locatif

    C’est une loi attendue par les professionnels de l’immobilier et par les propriétaires. Le projet de loi « Relance Logement » dit « Dispositif Jeanbrun » – en écho au nom du ministre de la Ville et du Logement – a été adopté en première lecture par le Sénat mercredi. Objectif : relancer l’investissement locatif et créer 2 millions de logements d’ici 2030. Avant son passage devant l’Assemblée nationale en octobre, Vincent Jeanbrun est venu en discuter avec les professionnels du secteur, à Hyères, jeudi, dans les locaux de « la Boîte Immo ».

    Il y a découvert les pratiques de cette entreprise technologique au service de 14 000 agences immobilière grâce à une plateforme logistique basée sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Les outils d’IA sont nécessaires et très pertinents, car ça permet de gagner du temps, et surtout, ça opère une véritable révolution, qui limite le temps où un logement reste vacant », abonde Vincent Jeanbrun. Et cela va dans le sens de son projet de loi, qui se veut être « un choc de simplification ».

    « Figer les règles du jeu »

    Une notion qui revient souvent à droite et qui ressemble parfois à une volonté de contourner les lois. Et d’éviter « que la grenouille argentée » ne vienne entraver des projets, a illustré le ministre au cours d’une table ronde organisée avec les professionnels dans la foulée de la visite. Derrière cette pique aux défenseurs de l’environnement, une disposition de la loi qui fait débat, surtout à gauche : celle qui vise à permettre au préfet de « figer les règles du jeu » pour éviter tout obstacle entre le début et la fin du projet. « Ce texte de loi est dérogatoire sur les procédures administratives. L’ambition environnementale est maintenue. C’est essentiel », s’est défendu Vincent Jeanbrun.

    De manière plus large et toujours dans la même logique, le projet de loi, qui s’adresse d’abord aux 6 millions d’habitants des quartiers prioritaires, est conçu pour permettre un accès plus rapide au logement : abaissement du seuil minimal de travaux de 30% à 20% du prix du logement pour les rénovations, avec un DPE minimum de D à atteindre (contre B auparavant) pour les 700 000 logements classés F et G, aide à la rénovation pour produire 125 000 logements sociaux par an, déduction des revenus locatifs d’une partie du prix d’achat pour les propriétaires ainsi que des charges liées à la location…

    Le « comble du cynisme »

    Cette annonce phare du projet a été très décriée lors des débats, car la disposition pourrait remettre des centaines de milliers de passoires thermiques sur le marché de la location, sous condition d’une promesse ou d’un engagement à faire les travaux… « Pendant que la France étouffe (…), Vincent Jeanbrun a trouvé sa priorité : sauver les bouilloires thermiques », accuse la Confédération nationale du logement (CNL) tandis que pour Greenpeace, c’est « le comble du cynisme » que de faire une pareille mesure en pleine canicule…

    Autre principe défendu par le ministre, celui de la décentralisation, avec la création d’un nouvel outil : les Opérations d’intérêt local (OIL). Sur des périmètres établis par les maires et validés par les Préfets, la mise en conformité des documents d’urbanisme ne sera plus nécessaire.

    Suffisant pour répondre aux problématiques varoises ? Notamment celles sur le logement des travailleurs, notion sur laquelle le ministre a été interrogé, et en particulier les saisonniers ? « Il faut une réponse spécifique », a-t-il répondu, évoquant « des résidences emploi, qui permettraient de réserver de façon périodique ».

    « Un texte de loi dérogatoire sur les procédures administratives »

  • Proman maître dans son royaume

    Proman maître dans son royaume

    Dès 9h30, les 64 triplettes inscrites au concours Proman, challenge des entreprises organisé en parallèle du Mondial, s’agglutinent autour de la table de marque, installée dans le parc Borély, à proximité de la Roseraie. Au centre, Christophe Creusot, dirigeant du club de pétanque La Boule gazeuse et responsable de l’organisation annonce la couleur : « Les tirages de vos parties se feront derrière nous, elles dureront quarante minutes et se termineront au coup de sifflet. Je vous souhaite une très bonne journée, car c’est l’objectif de ce rendez-vous : partager un bon moment tous ensemble ».

    Invités par la société Proman, groupe d’intérim et de recrutement, ou par les équipes de La Marseillaise, les joueurs sont venus de toute la région et au-delà pour représenter leur entreprise. « L’idée est de faire jouer tout le monde le plus longtemps possible, poursuit Christophe Creuset. Après les quatre premières parties, on établit un classement qui prend en compte les victoires et le nombre de points marqués. Les quatre premiers enchaînent pour la demi-finale. Les autres retentent une partie pour les places impaires ».

    « Sourire et engagement »

    Si certains joueurs sont venus « pour gagner », on trouve mardi des amateurs avec de plus modestes ambitions : celle, notamment, de participer à un « vrai moment de convivialité ». « Non il y en a que 3 ! Ça va, allez-y doucement, vous savez qu’on va perdre », s’amuse Violène, qui compose mardi matin avec Aurélie et Adeline la triplette de TGV Inouï. Arrivées de Lyon, elles affrontent une équipe apparemment plus habituée des boules. « Tu pourrais tenter de retourner la main pour lancer », suggère un joueur à Aurélie, qui joue à la pétanque comme au bowling. Mais, en fait, ça n’a pour elle pas grande importance. « Je connais très mal la pétanque, mais je suis vraiment heureuse d’être là. C’est l’occasion de renforcer les liens avec les collègues et les partenaires, et de faire rayonner le territoire, se réjouit-elle. Et puis c’est un beau sport fait de sourires, de sud mais aussi d’engagement. Quand on voit le sérieux de certains joueurs, c’est impressionnant ». La coupe arrivera finalement dans les mains de Sabrina Debrock, Laurent Lacrosaz et Philippe Roman, qui formaient ensemble une triplette Proman. Ils détrônent l’équipe Onet de Stève Cheilan, Guillaume Denis et Éric Hamza, double tenante du titre.

  • Le ministre des PME et du Commerce à la découverte de Blachère Illumination

    Le ministre des PME et du Commerce à la découverte de Blachère Illumination

    Ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin était en visite à l’entreprise Blachère illumination, ce jeudi. Un événement pour l’entreprise mondialement connue et labellisée entreprise du Patrimoine vivant, dont le fondateur, Jean-Paul Blachère, est décédé en décembre 2025 .

    À son arrivée, le ministre a été accueilli par Christine Blachère et son mari Romain. Ils ont d’abord visité les ateliers de ferronnerie, de câblage et celui dédié aux guirlandes françaises. L’occasion de souligner que ces dernières rencontrent un joli succès avec 5 000 vendues cette année, le double de l’année précédente.

    La visite s’est poursuivie dans le « show room », lieu où chaque année le public peut voir les créations de l’entreprise, notamment à l’occasion des fêtes de fin d’année.

    Christine Blachère et son mari ont fait un historique de la création de l’entreprise et ont évoqué Jean-Paul Blachère, le fondateur. Ils ont aussi présenté la fondation Blachère sur l’Afrique, sujet qui a suscité l’intérêt du ministre, à qui un ouvrage consacré à la fondation a été remis.. Le ministre a ensuite rappelé son action pour l’industrialisation des entreprises, en présence du préfet, du maire d’Apt Jean Aillaud (DVD) et de Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la Région.

    Plus tôt dans la matinée, le ministre avait également visité l’usine Charles et Alice, spécialisée dans la conception de desserts aux fruits, à Monteux, et rencontré des chefs d’entreprise et des élus locaux pour discuter des enjeux de pouvoir d’achat et de compétitivité.

  • À Montpellier, Sauramps joue son avenir

    À Montpellier, Sauramps joue son avenir

    Gros coup de massue pour le monde du livre à Montpellier. Sauramps, librairie historique de la capitale héraultaise fondée en 1946, a été placée, le 15 juin, en redressement judiciaire à la demande de son propriétaire et actionnaire principal, l’architecte François Fontès. Une issue qui semblait hélas inexorable au regard des grosses difficultés financières – les pertes cumulées s’élèveraient à plus de 3,5 millions d’euros -rencontrées par l’entreprise, qui possède également un magasin à Alès et emploie une cinquantaine de salariés. Sauramps n’échappe pas à la crise d’un secteur où les placements en redressement judiciaire se succèdent parmi les grands noms de la librairie : Gibert*, Decitre ou encore, dernièrement, Furet du Nord.

    Pour la première fois en 40 ans d’existence de la manifestation, la librairie indépendante montpelliéraine n’a pas été en mesure de participer à la Comédie du livre. Ces derniers mois, les rayons du magasin situé à deux pas de la place de la Comédie se sont peu à peu vidés faute de trésorerie pour les réapprovisionner, sous l’œil désolé des clients fidèles et des salariés impuissants. Début juin, ces derniers, rongés par l’incertitude sur le sort de leur entreprise, avaient alerté publiquement sur la situation de Sauramps lors d’une opération de tractage, dénonçant l’absence d’information dans laquelle ils étaient tenus et réclamant « des réponses claires ». Le placement en redressement judiciaire ouvre une nouvelle étape, sans que l’avenir de l’entreprise ne soit forcément condamné : Sauramps a déjà eu une seconde vie en 2017, au terme d’un redressement judiciaire qui avait abouti au rachat de l’entreprise par le groupe Ametis, de François Fontès.

    Dans le cadre de la procédure engagée, une période d’observation de trois semaines a été accordée à l’entreprise par le tribunal de commerce de Montpellier, qui a fixé une audience le 3 juillet. « François Fontès souhaite aboutir à un plan de continuité pour ne pas abandonner Sauramps », assure, dans Midi Libre, David Lafarge, directeur des librairies de Montpellier et Alès. De leur côté, la présidente de Région Carole Delga et le maire et président de la Métropole de Montpellier Michaël Delafosse ont immédiatement réagi dans un communiqué commun, se disant « pleinement engagés » pour sauver ce « patrimoine commun ». « La Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole travaillent de concert avec l’actionnaire et la direction pour sauvegarder cette librairie et faire émerger un projet viable », assurent les deux collectivités. « La procédure de redressement judiciaire, avec le travail des administrateurs et des mandataires judiciaires, sera une phase nécessaire pour qu’un rebond soit possible. »

    * La librairie Gibert de Montpellier
    n’est pas concernée.

  • Les entreprises alpines en lice pour les chantiers des Jeux

    Les entreprises alpines en lice pour les chantiers des Jeux

    « Tout le monde a faim, que le meilleur gagne ! », s’enthousiasme Ambre Pétolat-Dubois assistante de direction des chalets Dubois à Briançon. Ce mercredi matin, elle est venue avec Axel Vernaz, chargé d’affaires, participer à la rencontre organisée à la Chambre de commerce et d’industrie de Gap, dédiée aux entreprises et fournisseurs du territoire. Le but de l’événement : que les grands travaux à venir pour les JOP2030 profitent aux entreprises locales. « Beaucoup de chantiers vont toucher à notre domaine, la charpente, la couverture… Notre entreprise est située à Briançon-même, juste à coté, ce serait bête de pas participer », explique Axel Vernaz.

    Ils sont des dizaines comme eux à avoir répondu à l’invitation de la SNCF, de la Solideo et de la région sud pour venir prospecter les marchés à venir. Il faut dire qu’avec un investissement total estimé à 1,4 milliard d’euros pour la livraison des ouvrages olympiques et 342 millions pour les travaux ferroviaires, les entreprises alpines ne veulent pas rester à quai. Pour autant, ces chiffres ne doivent pas conduire à se brûler les ailes. « C’est une très bonne opportunité pour les trois-quatre prochaines années à venir. Par contre, il faut rester très vigilants, le danger, c’est qu’on mange dix ans de budget en trois ans et qu’il y ait un gros trou derrière, avertit Georges Emmanuel, gérant d’Ozé, société coopérative de travaux de falaise. Ce n’est pas la peine d’investir dans des machines chères à rembourser sur dix ans alors que tu n’as que trois ans de chantier. Cela peut être dangereux pour nous s’il n’y a plus beaucoup de boulot local dans trois ans. »

    Face à un évènement dont l’impact économique peut aussi inquiéter, Nicolas Chabrand, président de la fédération de BTP 05, a tenu à rappeler à quel points les grands évènements avaient contribué positivement à sa filière : « Après guerre, la coconstruction du barrage de Serre-Ponçon a été une transformation du département qui a permis à nos entreprises de grandir, avance-t-il. Mais il y a eu aussi les plans neiges successifs qui ont permis d’avoir cinq millions de touristes chaque année. Cela a transformé nos entreprises, qui ont relevé le challenge, dans des conditions difficiles, en hiver, parfois à 1 800 m, pour respecter les délais. C’est ce qui a fait la force du BTP des Hautes-Alpes. » De son côté, la SNCF, l’un des principaux porteurs de marchés publics de travaux, est venue présenter ses atouts : « Les achats SNCF, sur ce qu’on appelle le cœur ferroviaire de la société, c’est 15 milliards d’euros par an. En 2025, ils ont engendré presque 285 000 emplois induits et indirects », a ainsi souligné Fabrice Morel, directeur RSE de l’entreprise.

    Des entreprises…

    et des associations

    Il n’y a pas que des entreprises qui viennent aux renseignements, des associations viennent aussi voir de quelles manières elles pourraient s’associer aux Jeux. Parmi elles, Caroline Haag, de l’association Environnement et solidarité, porteuse de chantiers d’insertion dans le briançonnais, s’avance en solution locale pour améliorer l’impact environnemental des Jeux : « On regarde quelle place la ressourcerie et le réemploi pourraient avoir dans ce partenariat avec les futurs Jeux 2030, explique celle qui est également représentante des ressourceries de la région. Cela peut-être en participant à l’aménagement et à la conception des lieux éphémères avec du réemploi, en récupérant des installations éphémères pour des ressourceries plutôt que de les jeter, ou en fournissant des équipements de réemploi pour des appartements du village olympiques. » Les premiers marchés de travaux de voirie seront publiés dans les semaines à venir, d’après Yannick Ghiron, directeur stratégique à la Solideo. L’ensemble des marchés seront publiés au début du premier semestre 2027 et accessibles sur marche2030.org

  • Les entrepreneurs en difficulté peuvent aussi compter sur « ma tante »

    Les entrepreneurs en difficulté peuvent aussi compter sur « ma tante »

    Problèmes de trésorerie, besoin de financement, liquidation judiciaire : le premier « petit-déjeuner anti-crise » du Crédit municipal de Marseille a réuni, jeudi, plusieurs acteurs de l’accompagnement des entrepreneurs. L’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), la CCI Aix-Marseille-Provence et l’association 60 000 Rebonds ont présenté les dispositifs mobilisables à chaque étape de la vie d’une entreprise.

    À la naissance d’un projet, l’ADIE propose un microcrédit professionnel aux créateurs qui n’ont pas encore accès au financement bancaire. Ensuite, la CCI accompagne le développement de l’entreprise. « On est souvent déclenché trop tard, dans la difficulté », note Nathalie Prenat, chef de projet entreprises en difficulté. Pour répondre à un besoin immédiat de trésorerie, le Crédit municipal met en avant le prêt sur gage. « Si vous disposez chez vous d’un bien de valeur (…), on l’estime et on vous prête immédiatement la somme d’argent proposée », explique son directeur général, Benoît de Rosamel.

    Accompagner le dirigeant

    Lorsque l’activité cesse, après une liquidation judiciaire, l’association 60 000 Rebonds prend le relais. « On accompagne le dirigeant, l’entreprise est terminée, mais le dirigeant est au milieu de son parcours », souligne le directeur Valentin Depledt. L’association propose un accompagnement gratuit par des experts et indique que 84% des entrepreneurs accompagnés rebondissent vers un nouveau projet.

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • Cette entreprise adaptée varoise veut grandir et recruter malgré le manque de locaux

    Cette entreprise adaptée varoise veut grandir et recruter malgré le manque de locaux

    Trouver un nouveau local : telle est aujourd’hui la priorité de CVSI-EA à Cuers. Installée depuis 2017 dans la commune, cette entreprise adaptée, spécialisée dans la signalétique industrielle, souhaite développer son activité. Un projet toutefois freiné par la difficulté à trouver un bâtiment adapté à ses besoins.

    « ça fait six mois que je cherche un local, explique Franck Raymond, président de CVSI-EA. On a besoin de bâtiments climatisés. On peut produire sur des plages de température entre 18°C et 22°C. Il faudrait multiplier par deux notre espace actuel, avec une zone de stockage. Mais ça, dans le Var, c’est très compliqué à trouver. »

    Pour mettre en lumière cette entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS Provence-Alpes-Côte d’Azur (Cress Sud), a organisé, ce mardi, une visite de presse du site cuersois. « Le rôle de la Chambre régionale, c’est de mettre cette entreprise en visibilité », rappelle-t-il.

    Insertion et performance économique

    Le site de Cuers est le plus récent des trois établissements du groupe. Dans cet atelier de 260 m², six salariés fabriquent panneaux, enseignes, marquages et supports de signalétique pour de grands groupes comme EDF, la Société générale, Groupama ou encore la RATP. « On est les seuls en France à faire de la signalétique notre seul métier », souligne Franck Raymond.

    La particularité de CVSI-EA réside aussi dans son modèle social. Environ 75% des salariés sont en situation de handicap. Pour le dirigeant, l’objectif est avant tout de permettre à ces travailleurs de retrouver leur place dans l’emploi. « Le premier handicap de ces personnes qui ont été écartées de l’emploi, c’est le manque de confiance », estime-t-il.

    Un modèle salué par Denis Philippe. « Il faut que l’entreprise soit performante, mais aussi permettre à des gens d’avoir une existence sociale, souligne le président de la Cress Sud. Permettre à ceux qui pourraient être marginalisés de continuer à mener une vie normale. »

    Aujourd’hui, CVSI-EA envisage l’acquisition d’une nouvelle machine estimée à 500 000 euros. Un investissement qui pourrait permettre à terme de porter les effectifs locaux à 40 ou 50 salariés. « On est capable de se payer la machine », assure Franck Raymond. Reste désormais à trouver le bâtiment qui permettra à l’entreprise de poursuivre son développement dans le Var.