Tag: enseignement

  • Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    « Plus d’une centaine de classes sont menacées dans le département, principalement à Marseille mais aussi à Aix, à La Bouilladisse ou Salon. Et si nous n’avons pas de chiffres sur les dotations globales horaires, de nombreux établissements, principalement des lycées sont impactés. » Pour Letizia Vignone, administratrice du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) qui se prépare à une audience avec le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale), ce mercredi 8 avril à Aix-en-Provence, la situation au sein de l’Éducation nationale s’est nettement dégradée, au détriment déjà des élèves.

    « Au lycée, cela veut dire concrètement des options en moins, des classes qui peuvent atteindre 30 à 35 élèves lorsqu’ils font des travaux pratiques, en SVT ou physique-chimie. Au collège, les classes dédoublées pour l’apprentissage du français sauteraient avec la coupe budgétaire » illustre-t-elle, espérant « grappiller » un maximum d’heures. Le MPE 13 compte également mettre la pression sur le préfet qui doit valider la carte scolaire et les dotations globales horaires cette semaine.

    À Aubagne, Jadran Svrdlin, professeur des écoles et syndiqué à la CGT Educ’action mesure déjà le manque de postes d’enseignant dans son école. « Depuis janvier, nous approchons les 130 journées non remplacées soit 2,7 à 2,8 absences par jour pour nos 9 classes », explique-t-il.

    « En mode dégradé permanent »

    Les élèves sur le carreau étant répartis sur les classes qui restent, « nous sommes en mode dégradé permanent. Le nombre de remplaçants affectés n’a pas changé depuis des années ». Raison principale pour laquelle il sera présent ce mercredi au rassemblement organisé devant le collège Lou Garlaban à 11h avec la CGT, le syndicat SUD mais aussi les associations de parents d’élèves. Une autre mobilisation étant prévue le vendredi à 16h30 devant l’école de la Tourtelle.

    De la primaire au secondaire, cet enseignement « dégradé » a de terribles conséquences pointe Jadran Svrdlin. Réformes injustes finalement avortées, annonces ministérielles intempestives, « on met en place des échéances couperet comme le brevet dont M. Attal faisait un préalable obligatoire au lycée », analyse-t-il, se souvenant aussi de l’expérience des groupes de niveaux que nombre d’enseignants ont refusé d’appliquer. Un « tri social » où « on élimine » estime-t-il, déplorant que les premières victimes soient les « enfants des classes populaires qui n’ont que l’école publique comme patrimoine ». La CGT Educ’action s’inquiète aussi dans un communiqué de la « mise à mal de l’école inclusive » avec un nombre d’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) insuffisant, tout comme celui des personnels de Rased (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté).

    À Marseille, le syndicat SUD Éducation 13 appelle aussi à un rassemblement devant la Chambre de commerce, sur la Canebière, ce mercredi à 17h30 « contre les coupes budgétaires imposées par l’Éducation nationale et la violente répression des lycéens ». Déjà devant l’école Leverrier (4e) ce mardi, après avoir appris la fermeture d’une classe la semaine dernière, les parents d’élèves ont déployé banderoles et mégaphones.

  • Au lycée Langevin à Martigues, une grève contre une école à deux vitesses

    Au lycée Langevin à Martigues, une grève contre une école à deux vitesses

    La mobilisation ne faiblit pas. Alors que « le budget alloué aux établissements scolaires ne cesse de baisser malgré des effectifs constants voire en hausse », au lycée Paul-Langevin, l’équipe pédagogique proteste en se relayant dans une grève tournante, les mardis et les jeudis. « On a perdu 4 heures d’enseignement par semaine en dix ans, contextualise Amélie Barbet, professeure de lettres modernes. C’est incessant, le temps d’exposition aux savoirs ne cesse de baisser et c’est dramatique ». Depuis 2013, le nombre d’heures accordé par élève a chuté de 18%.

    Sentiment d’injustice

    Concrètement, la baisse de la dotation globale horaire a entraîné « la fermeture des spécialités numérique et sciences informatiques, littérature étrangère en langue anglaise, langues et cultures de l’antiquité, alors qu’on était le dernier établissement de tout le bassin à la proposer », note Marina Reboul, pour le collectif Langevin en Lutte, dans une pétition qui a déjà reçu près de 1 000 signatures.

    « Ce sont de belles spécialités, qui ne sont certes pas très rentables aux yeux de nos chers dirigeants dans leur logique comptable, mais qui sont indispensables, s’émeut Amélie Barbet. On a aussi perdu la spécialité théâtre qui était un moment suspendu le mercredi après-midi et était très fréquentée. Il y avait aussi une classe prépa Sciences-po qui permettait d’ouvrir des perspectives, surtout dans un territoire éloigné comme celui de Martigues. On a l’impression d’être abandonnés, que tout est pour les élites urbaines ».

    L’enseignante déplore « une école à deux vitesses qui installe une espèce de dichotomie de plus en plus profonde entre enseignement privé et public » : « Il y a un grand sentiment d’injustice ».

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    « On nous avance sans arrêt le prétexte de la baisse démographique. Mais, en réalité, l’austérité vise l’Éducation nationale. La situation ne cesse de se dégrader », lâche Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU en Vaucluse, ce mardi 31 mars, en amont d’un rassemblement devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon.

    Une cinquantaine de manifestants ont bravé le mistral pour répondre à l’appel national d’une intersyndicale « pour plus de moyens dans l’éducation ». À Avignon, étaient présents des membres de la FSU, de la CGT, de Solidaires et de l’Unsa. « Nous dénonçons des choix politiques, budgétaires d’abord, synonymes de dégradations des conditions de travail, de poursuite du déclassement salarial de nos professions et d’abandon des ambitions émancipatrices du service public », appuie Sylvain Barthet.

    Le bateau coule

    Dans le premier degré, 46 fermetures de classes et 13 suppressions de postes sont envisagées dans le département. Pour le second degré, un comité social d’administration (CSA) est prévu, ce jeudi 2 avril, à la direction académique de Vaucluse. Le syndicat Force ouvrière a annoncé la tenue d’une manifestation en amont de cette réunion. « On voit le bateau couler d’année en année », ajoute Xavier Cerna, co-secrétaire CGT Éduc’action 84 et enseignant au lycée de l’Arc, à Orange. Les deux responsables syndicaux insistent sur le fait que la baisse démographique, argument utilisé par la direction académique pour justifier les fermetures de classes et les suppressions de postes d’enseignants, « devrait permettre un enseignement de meilleure qualité ». « Il y a dix ans, j’avais 22 élèves par classe. J’en ai aujourd’hui plus de 30 et ça devient très compliqué », illustre le représentant de la CGT. « La départementalisation des remplaçants n’amène rien de bon et ne résoudra aucun problème », ajoute Mélanie Saïsse, autre co-secrétaire du syndicat. « On veut que le gouvernement assume qu’il s’agit de choix politiques, et qu’il privilégie, par exemple, l’armée plutôt que l’éducation », conclut Xavier Cerna.

  • Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Pour avoir 21 élèves par classe, soit la moyenne européenne dans les collèges, il faudrait 44 classes de plus dans le département », alerte Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, au micro devant les enseignants, syndicalistes, parents et élèves mobilisés à l’entrée du collège de Forcalquier contre les neuf fermetures de classes prévues dans le département. « Sur 25 pays, la France est dernière », affirme Lionel Lasfargues, également enseignant au collège de Forcalquier. « Des 25 pays de l’UE, c’est en France que les classes sont les plus chargées, avec 26 élèves par classe en moyenne », peut-on en effet lire sur le site du ministère.

    Dans le département, des fermetures de classes sont prévues à Manosque, Digne-les-Bains, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier, Volx, Sainte-Tulle et Annot. Mercredi, les parents d’élèves se sont largement mobilisés en protestation aux côtés des enseignants et des syndicats. 95% des élèves étaient absents en cours dans sept établissements mobilisés pour cette opération collèges morts. Plus précisément, 2 909 élèves étaient absents sur les 3 114 attendus mercredi, selon Snes-FSU 04. La mobilisation a été la plus suivie à Forcalquier, où seulement trois élèves étaient présents.

    Pour justifier la suppression de classes, l’Éducation nationale utilise l’argument de la baisse démographique. Mais, selon les syndicats, elle sous-estime le nombre d’élèves attendus à la rentrée prochaine et surestime la baisse démographique. « Neuf classes sont supprimées pour seulement 84 élèves estimés en moins. Les calculs ne sont pas bons », argue Yannick Longuet, enseignante syndiquée Snes-FSU à Château-Arnoux-Saint-Auban, le plus grand collège du département. « On a eu 153 élèves de plus par rapport aux prévisions depuis 2020 », dans le département, selon Lionel Lasfargues.

    Deux classes supprimées dans un collège REP

    La suppression de deux classes est notamment prévue au collège Jean-Giono à Manosque, en réseau d’éducation prioritaire (REP). « C’est un scandale ! », pour Lionel Lasfargues. À Forcalquier, si une classe est fermée, comme prévu, « on aura 31 élèves par classe de troisième. C’est du jamais vu. Je suis prof ici depuis 27 ans, je n’ai jamais vu ça », alerte le secrétaire du Snes-FSU 04.

    Les syndicats et les enseignants craignent que ces suppressions de classes servent à terme à supprimer des postes d’enseignants. « Les conditions de rentrée sont chaotiques », déplore Eric Gauthier, représentant départemental du Snes-FSU et enseignant au collège d’Oraison, épargné par ces suppressions de classes. « Neuf suppressions de classes, c’est disproportionné ! », lance-t-il.

    « Les élèves vont être serrés dans les classes comme des sardines dans une boîte », alerte Marjorie Soussieux, l’une des douze parents élus à la FCPE au collège de Forcalquier. Elle explique qu’il y a une grande disparité en termes de nombre d’élèves par classe entre les différents collèges du département. En ruralité, ils peuvent être une vingtaine par classe, alors que dans des zones plus peuplées, ils sont plutôt une trentaine. Ainsi, « quand on regarde la moyenne départementale, ça peut passer, mais concrètement sur le terrain c’est pas le cas », précise la mère d’une élève de troisième. « On sacrifie notre jeunesse. L’État ne fait pas des économies au bon endroit », déplore-t-elle.

    « Ma fille Emma rentre en troisième l’année prochaine, elle pense qu’elle ne va pas avoir son brevet avec 31 élèves par classe », confie Virginie Rozier, elle aussi élue à Forcalquier. « Si on laisse passer, ça ouvre une boîte de Pandore. Mon fils est dyslexique et a des problèmes neurologiques, j’ai peur pour quand il rentrera en sixième.»

    Grève le jeudi 26 mars à l’appel du Snes-FSU 04. Rassemblement devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale à Digne-les-Bains.

  • [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    Ses passions, ses rejets et sa ligne de conduite étaient évidents : Jean-Marie Gleize écartait le manque d’élégance et les niaiseries. Il aimait l’exactitude et le dépouillement, « les bruits neufs » de Rimbaud, « les toits pointus de tuiles rouges » de Stendhal, « les découpures du vert sombre » du crapaud de Corbière. Francis Ponge pour lequel il dirigea des colloques ainsi qu’un Cahier de l’Herne était à ses yeux la meilleure leçon pour se délivrer du lyrisme et du « magma analogique brut ». Sa plus vive préférence parmi ses contemporains, c’était le calme ou bien le très véhément Denis Roche qui pour sa part détestait « les trompettes de la solennité ».

    Né à Paris en 1946, élève de l’École normale supérieure, il avait assez vite rencontré Ponge. Mai et juin 1968, la mort du militant Gilles Tautin étaient pour lui des dates cruciales. Raymond Jean avait voulu qu’il obtienne un poste à la Faculté des Lettres d’Aix. En 1990, il publie au Seuil un premier livre Léman, entame la création et le maintien de la revue Nioques, le numéro 34 qui réunira six russophones paraîtra en mai.

    Il rêvait que ses livres soient « une poignée d’œillets jetés dans un trou » : une video du site du CIPM décrit le processus de ses ouvrages. Mixtes de phrases tendues et de documents, ses textes les plus commentés sont Chien noir des proses et Tarnac. Hasard objectif intriguant, Tarnac est un hameau du plateau de Millevaches où Gleize a passé les étés de son enfance et conserve une maison : ce fut le lieu de repli d’une communauté de jeunes anarchistes dont l’un des membres, Julien Coupat, auteur chez Hazan de L’Insurrection qui vient fut suspecté par la police d’attentats terroristes.

    Une connaissance acérée de la modernité, des amitiés scellées avec Lucot, Tarting, Albiach et Royet-Journoud, ses recherches coordonnées de 1999 à 2009 au Centre d’études poétiques de Lyon ont fait de lui l’un des meilleurs interprètes de la poésie contemporaine. En font foi deux essais Poésie et Littéralité (Seuil) et Sorties (Questions théoriques).

    Un grand critique

    Ses cours et séminaires d’Aix suscitèrent d’intenses curiosités, déclenchèrent des changements de paradigmes. En témoignent des gens du Sud, l’écrivain Olivier Domerg, le typographe Eric Pesty, le coresponsable d’Opera Mundi, Eric Giraud. Un moment éditée par Laurent Cauwet/ Al Dante longtemps basé en bordure de La Plaine, la revue Nioques accueillit des personnes de Marseille et Digne, Florence Pazzotu, Nathalie Quintane, Sarah Kéryna, Guillaume Fayard et Michaël Battala. Des numéros présentent les travaux du peintre Patrick Sainton : sa prochaine exposition, Galerie Territoires partagés, 14 stations d’un chemin de croix seront accompagnées par des phrases de Gleize.

    Depuis le milieu des années 1990 Jean-Marie Gleize vivait à Volx près de Manosque. Il est décédé jeudi 12 mars, le journal adresse ses condoléances à son épouse Joëlle et à son fils Aurélien.

  • [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    Ce vendredi au matin, le lycée Montgrand n’a pas ouvert ses portes. Déjà bloqué le 11 mars par les lycéens, après un mouvement de grève massif des enseignants le 10 mars, les élèves ont remis le couvert. Cette fois-ci, « les lycéens, rassemblés en assemblée générale, ont voté démocratiquement la poursuite du blocage », raconte Angèle, élève de première et militante au syndicat Mouvement national lycéen (MNL). « Nous soutenons leur initiative », indiquent Caroline Roux, Violaine Vandepoorter et Sophia Banoudi, professeures d’histoire-géographie et de français. « Il faut que nos mobilisations convergent, continuent-elles, car avec la perte de 100 heures de notre dotation les conditions d’enseignement, pour nous, et d’apprentissage, pour eux, ne seront plus les mêmes. » Les trois enseignantes craignent par exemple « la suppression des groupes de langues et d’accompagnement personnalisé » et anticipent « qu’il sera compliqué de repérer les difficultés des élèves dans des classes de 32 ».

    Des heurts avec la police

    Au lycée Artaud, les lycéens ont aussi enchaîné un blocus les 12 et 13 mars, avec près de 200 élèves mobilisés selon la préfecture de police. Alors que l’action de la veille s’était déroulée pacifiquement, les forces de l’ordre rapportent vendredi avoir essuyé de la part de certains élèves des jets de projectiles et un départ de feu aurait été déclenché sur un local poubelles dans une résidence en face du lycée. Selon la préfecture, deux lycéens ont été interpellés avant que la situation ne revienne au calme.

    Il s’agit de la septième journée de mobilisation dans les lycées marseillais. Depuis le 5 mars, des élèves et des enseignants des lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Diderot (13e) ou encore Mandela (14e), se relaient pour faire entendre leur colère, entre blocus et piquets de grève. Ils protestent contre la suppression des heures d’enseignement prévue dans les dotations horaires globales (DHG), distribuées par l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée 2026.

    Les organisations syndicales (CGT Éduc et SUD Éduc) appellent à une mobilisation générale et une journée de grève mardi 17 mars, avec un rassemblement à 11h aux Réformés.

  • [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce vendredi 13 mars qu’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction académique de Vaucluse. Ils manifestaient à l’appel d’une intersyndicale constituée de l’Unsa, de la CGT Éduc’action, du Snudi FO et de la FSU contre le projet de « départementalisation du remplacement » dans le premier degré.

    Car aujourd’hui, les enseignants remplaçants sont répartis par circonscription. Mais une réforme portée au niveau national souhaite mettre en place en Vaucluse une fusion des titulaires remplaçants (TR), qui interviennent sur des remplacements plutôt courts au sein d’une zone précise et sont rattachés à une école, et des brigades départementales. Ce qui conduit à un remplacement possible dans n’importe quel établissement de Vaucluse à partir de la rentrée de septembre 2026 en l’état. À l’image de Nicolas Jousselme, remplaçant TR. « Je suis dans une zone réduite car souvent, on m’appelle le matin même pour remplacer une absence. Je connais les écoles, les classes, les équipes et c’est bien mieux pour les enfants que si j’arrive dans une ville et un établissement que je ne connais pas », explique-t-il. Et de rajouter « que si on est amené à faire de la distance, on va accumuler de la fatigue, ce qui aura des conséquences sur notre vie personnelle aussi ». « Comment feront les collègues pour aller chercher leurs propres enfants s’ils ont une heure de route ? », s’interroge Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force ouvrière Enseignement. « C’est la souffrance au travail qui augmente. Les gens vont craquer les uns après les autres si on met ce système en place », ajoute Mélanie Saïsse, cosecrétaire à la CGT Éduc’action.

    Plus de postes

    Devant les manifestants, les différents responsables syndicaux ont successivement pris la parole pour évoquer les revendications avant d’aller à la rencontre de la direction académique dans la matinée. Parmi lesquelles le maintien des titulaires remplaçants dans une circonscription précise. « Rien n’oblige réglementairement le directeur académique à ne faire qu’une seule zone de remplacement », assurent les syndicats.

    Mais aussi la création de postes de remplaçants. Car il en manque cruellement sur le territoire, comme dans le reste de la France. Les syndicats estiment qu’en Vaucluse, il manque 50 remplaçants dans le premier degré. « On nous fait croire que cette réforme va résoudre la crise du remplacement. Mais elle vise avant tout à accroître la flexibilité et réaliser des économies budgétaires », assure la CGT Éduc’action. « Elle a déjà été mise en place dans le Gard et ça n’a aucunement résolu les problèmes », insiste Tanguy Langlet. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Maurice Pascal, l’adieu à un visionnaire de la culture

    Maurice Pascal, l’adieu à un visionnaire de la culture

    Maurice Pascal s’est éteint, dans la nuit de samedi à dimanche. Ce départ, c’est celui d’un homme qui a énormément donné de sa personne. En tant que militant syndical, au SNI, puis au SNUipp. En tant que militant politique au PCF. Mais, aussi, en tant que militant associatif. « Il m’a ouvert l’esprit et m’a fait découvrir le cinéma. Celui des émotions et de la réflexion », se souvient Jean-Marie Paoli.

    Les deux hommes ont milité ensemble au PCF. Le second a pris le relais du premier, en tant qu’adjoint à la culture. Poste que Maurice Pascal a occupé sous les mandats de Paul Lombard de 1971 à 1983. « Durant cette période, il a fait de Martigues une ville référence en matière culturelle », poursuit Jean-Marie Paoli.

    « Maurice est un peu le père de tout ce que notre ville compte en équipements culturels », souligne Gaby Charroux. Pour le maire (PCF) de Martigues, « il était une personne magnifique, qui a beaucoup donné pour sa ville. Une personne rare, un véritable bâtisseur. Un militant de l’accès au droit culturel, mais aussi à l’égalité ».

    Un précurseur

    Maurice Pascal, en tant que président de l’Office municipal socioculturel, est derrière tous les grands projets qui ont structuré l’offre culturelle de Martigues. Que ce soit la médiathèque, le cinéma arts et essai, le musée Ziem et jusqu’au théâtre des Salins, héritiers du Festival populaire, premier grand rendez-vous estival qui a marqué les mémoires et permis à la ville de devenir une vraie terre de festivals. C’est au Bout de la nuit, un de ces rendez-vous si particuliers, qu’un certain Johnny Clegg a fait son premier concert européen.

    « Il est le précurseur de nombreuses choses qui, aujourd’hui encore, rythment le quotidien des Martégaux », rappelle Gaby Charroux. « En tant qu’instituteur, il a œuvré à amener le plus grand nombre à la culture, en proposant des initiations à la musique, au cinéma ou à la lecture », détaille Jean-Marie Paoli.

    Maurice Pascal fut aussi conseiller régional, membre de la commission des affaires culturelles et de l’office régional de la culture de 1977 à 1983. La section PCF de Martigues salue « une grande culture, un humaniste dont la rigueur intellectuelle et la fraternité étaient appréciées de tous ».

    à son épouse, Gisèle, ses deux enfants et ses proches, « La Marseillaise » adresse ses condoléances.

  • L’école, révélatrice des inégalités

    L’école, révélatrice des inégalités

    École privée, école publique. Le niveau de vie des familles des élèves est mesuré par l’« indice de positionnement social ». Il révèle une réalité déjà connue : les établissements scolaires privés accueillent en majorité les enfants issus de familles aisées, contrairement à l’école publique, ouverte à tous, gratuite et laïque. Son histoire fut celle d’une émancipation vis-à-vis d’un système éducatif très inégalitaire dominé par l’Église catholique. Cet acte de naissance de l’école publique infuse encore dans le débat, notamment lorsque des collectivités locales financent le privé avec zèle et les impôts des contribuables.

    L’enjeu de la mixité ne peut se limiter à l’école

    Si les différences entre les origines sociales des élèves du public et du privé sont connues, les dernières données de l’Éducation nationale indiquent une accélération des inégalités. En ce sens, l’école demeure révélatrice de l’état de notre société et du creusement des inégalités. L’enjeu de la mixité sociale ne peut donc se limiter à l’école. Pour agir contre la ségrégation scolaire, il faut que les politiques publiques agissent contre les ségrégations spatiales entre quartiers. Un phénomène illustré par le nombre grandissant de copropriétés fermées mais aussi, véritable scandale, par les discriminations des agences immobilières selon la consonance des noms de famille des futurs locataires ou propriétaires. Le sujet doit aussi être mis au cœur de la campagne des municipales. Le repli sur soi ou le vivre ensemble ; le clivage ou la concorde. Un choix majeur pour une ville, un pays.

  • La laïcité comme vecteur de vivre-ensemble au collège

    La laïcité comme vecteur de vivre-ensemble au collège

    Une vraie ruche. Le hall du collège Coutarel d’Istres était rempli d’élèves de toutes les classes jeudi après-midi à l’occasion de la journée de la laïcité organisée par l’établissement. Dès l’entrée, l’exposition du Département sur le sujet se présente avec explications. « Avant l’Église intervenait dans les affaires de l’État », présente un professeur à ses élèves. « Il y a une loi pour séparer l’Église et l’État en 1905. Une loi est une obligation, sinon punition. Mais la laïcité n’est pas une loi, c’est un principe moral qui doit être respecté par tout le monde », nuance-t-il.

    Outre ce principe, on y parle aussi de harcèlement, de culture provençale comme japonaise, de religion aussi. On peut aussi manger un bout de saucisson à la table corse. À cette table, quatre élèves s’activent à distribuer verres d’eau et tranches de lonzo. Mais ce n’est pas seulement de gourmandise dont il s’agit.

    « Ce moment sert surtout à réunir tout le monde, peu importe son origine ou sa religion, pour s’amuser » avance Nikki Jezewski, élève de 3e. « Ça nous oblige à être en groupe, ensemble, à discuter », complète sa sœur Luan. Loredana Rodrigues, amie des deux précédentes, fait remarquer que « certains peuvent envoyer de la haine. Mais nous, on essaie de sympathiser quand même ». Est-ce que c’est ça le vivre-ensemble ? « oui c’est ça en fait », répond directement la jeune fille, « les gens ont leur histoire et la laïcité c’est pas être ami avec tout le monde, c’est respecter les autres et pas les juger ».

    « Réunir les gens »

    Leur réflexion sur la laïcité ne s’arrête pas là. « Ça permet aussi de réunir les gens pour vivre sans problème car il n’y a que ça dans le monde », reprend Nikki Jezewski. « Et sans TikTok » lance Loredana Rodrigues, « y’a des gens ça leur monte à la tête et ils deviennent violents ou harceleurs », estime-t-elle. Luan Jezewski nuance : « Les réseaux peuvent aider certains à s’ouvrir, mais d’autres c’est le contraire et sortent ce qu’il y a de moche en eux.»

    À entendre ces paroles, la principale Isabelle Décoret se dit « touchée que ces élèves dans notre établissement dit violent prouvent qu’il y a des valeurs auxquelles elles croient ». « Cet enseignement quotidien fait partie de leur parcours de futurs citoyens », estime la principale. Son adjointe Nathalie Reiniche parle d’en faire « une expérience tactile, et non un cours frontal ». « La laïcité est souvent abîmée car mal comprise. Avec cette expérience, ils peuvent se l’approprier, et ce dès la sixième », conclut-elle.

    Un travail nécessaire selon Carine Benarous, du stand du centre culturel Edmond-Fleg, présente pour expliquer la fête juive de Hanouka. « Il y a de l’incompréhension et une recrudescence de l’antisémitisme. Mais les enfants sont des éponges, il faut leur en parler », estime l’intervenante, « la laïcité nous permettant d’être ce qu’on est ».

    Et de vivre, échanger, partager ensemble.