Tag: enseignement

  • Un évêque dénonce les violences sexuelles dans l’Église

    Un évêque dénonce les violences sexuelles dans l’Église

    L’Église a mis en place les structures qui ont permis d’agresser, et il en reste des réminiscences » : l’évêque de Digne, Riez et Sisteron, Mgr Emmanuel Gobilliard, a appelé vendredi à cesser de protéger l’Église coûte que coûte face aux témoignages de victimes de violences sexuelles. Il prenait la parole devant les 150 membres du personnel de l’enseignement catholique des Alpes-de-Haute-Provence, réunis pour une formation obligatoire à la prévention des violences sexuelles, une « première en France » selon l’évêque.

    Mgr Emmanuel Gobilliard a regretté le fait que le premier réflexe de beaucoup de religieux soit de défendre l’institution, plutôt que d’écouter la parole des victimes. « La personne victime doit passer avant tout, avant la réputation d’une institution », a-t-il lancé au micro à l’ouverture de la journée de formation, pendant laquelle le procureur de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, intervenait notamment. Le prélat a comparé ce « réflexe de protection » à celui « d’un animal qui se sent oppressé et qui attaque les autres ». « Lorsqu’une institution est attaquée, elle attaque la presse, les victimes et l’institution judiciaire, alors que c’est justement les trois qui nous sauvent », a-t-il argumenté, malgré le fait que « cette défense de l’institution est destructrice de l’institution elle-même ».

    « Je suis chrétienne, et, quand je dénonçais les choses, on me disait que je voulais démolir l’Église », a abondé Isabelle Chartier Siben, médecin psychothérapeute, victimologue et cofondatrice d’une association d’aide aux victimes, qui intervenait également pour former le personnel de l’enseignement catholique.

    Face à ce silence destructeur, Mgr Emmanuel Gobilliard a appelé à développer une « culture du signalement, dès qu’on a un doute » puisque « les abus prospèrent dans le secret, l’isolement et les relations d’emprise ».

    « Sans la presse, les choses ne bougent pas »

    « Sans médiatisation, on se protège entre nous », a regretté l’évêque. « Sans la presse, les choses ne bougent pas », a abondé Isabelle Chartier Siben, qui affirme faire partie des « lanceurs d’alerte » sur le sujet des violences sexuelles dans l’Église. Les religieux ont appelé à faire cesser le « terreau mortifère » qui permet aux auteurs de commettre des violences sur des enfants.

    « Les faits prescrits, c’est un drame. Je suis à 1 000% pour l’imprescriptibilité. Je crois qu’on va bientôt l’avoir grâce à la loi intégrale », a par ailleurs avancé Isabelle Chartier Siben. L’Église reconnaît les faits de violences sexuelles « même si l’auteur est décédé », a affirmé Pascale Poch, médecin et responsable pour le diocèse des cellules d’écoute et de veille. Cette dernière « a fait partie de la première cellule d’écoute » et a « vu les ravages dans la vie des personnes victimes d’abus ».

    Emmanuel Gobilliard a créé avec le diocèse de Paris le premier protocole d’accord avec le parquet de Lyon, parce qu’il a vu « à quel point on partait de très loin ». Il a alors demandé « à ce que des formations soient entreprises, et on a mis en place une plateforme de sensibilisation à la prévention des abus. On a entrepris de former les personnels de l’enseignement catholique, avec quelques récalcitrants ».

    Ce dispositif de formation existe depuis 2020 et le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase).

    Dès qu’une personne est mise en examen, elle a « interdiction d’exercer » dans l’Église, a affirmé Mgr Emmanuel Gobilliard, ce qui permet le bon déroulement de l’enquête. « Toute une partie du Code pénal de l’Église concernant les peines a été réécrite à la suite de l’émergence des affaires de pédocriminalité. Il a été complètement refait », a expliqué Pascale Poch. « 100% » des signalements reçus font l’objet d’un signalement à la justice, selon Mgr Emmanuel Gobilliard.

  • Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Devant une centaine d’élèves de l’école des Grands Cyprès, à l’occasion de la rentrée, le maire (DVD) Olivier Galzi se réjouissait de la chorale qui chantait « Je veux apprendre ! ». Mais en parallèle, la municipalité de la Cité des Papes a décidé de ne pas reconduire un financement qui permettait aux écoliers en CP qui sont en difficulté d’apprentissage d’avoir des aides en lecture et en écriture dans les quartiers prioritaires de la ville.

    Le dispositif « Coup de pouce » était piloté par la Ligue de l’Enseignement mais financé par la mairie à hauteur d’un peu plus de 56 310 euros pour l’année scolaire 2025-2026. Organisés sous forme de clubs, ces moments permettaient à 55 enfants, dispatchés en 11 groupes de 5, d’avoir trois séances d’une heure et demie par semaine. La plupart des directeurs d’école en auraient été informés ce lundi. Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Avignon explique que la décision « s’inscrit dans un contexte d’évolution des politiques publiques de soutien aux apprentissages fondamentaux » avec notamment « un retrait progressif des financements ». Et explique que l’an dernier, alors qu’elle amenait plus de 50 000 euros, l’État n’en amenait que 4 000. « La Ville a considéré qu’elle ne pouvait plus porter seule une action qui reposait historiquement sur une logique de coconstruction et de cofinancement entre plusieurs partenaires », poursuit-elle. Tout en assurant qu’elle « continuera ainsi d’agir concrètement pour favoriser le goût de la lecture, l’accès à la culture au bénéfice des jeunes Avignonnais ».

    Lutte contre les inégalités

    Contactée, la Ligue de l’Enseignement confirme mais ne souhaite pour l’heure pas commenter cette décision dont elle a été informée pendant l’été. Le contrat d’une dizaine d’animatrices en périscolaire dédiées à ces temps n’a donc pas été prolongé d’après les premiers échos.

    « Le dispositif permettait de lutter contre les inégalités scolaires. C’est hyper important, d’autant plus que les difficultés scolaires sont souvent liées aux difficultés sociales que l’on rencontre dans ces quartiers », regrette de son côté Nicolas Flavier, secrétaire départemental FSU-Snuipp. « Encore une double peine pour les enfants des quartiers populaires. Maîtriser la lecture en CP, c’est primordial pour la suite », souffle Khalid El Yousoufi, conseiller municipal (LFI) et enseignant à l’école des Grands Cyprès qui est concernée par cet arrêt.

  • La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    « Nous sommes à la veille d’une rentrée particulièrement dégradée dans l’Éducation nationale. » Au sein de la Bourse du travail, à Marseille, Virginie Akliouat secrétaire départementale de la FSU 13, débute la conférence de rentrée du syndicat pessimiste.

    Postes supprimés, manque de classes adaptées, salaires qui stagnent, manque de solution face aux fortes températures, attaque sur les congés maladies… La liste des dégradations des conditions de travail et d’accueil des élèves est longue pour le syndicat. « Car ces dix années de macronie ont cassé l’École et les services publics », renchérit la secrétaire syndicale.

    Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont par exemple 40 postes d’enseignants au lycée en moins. Ces suppressions sont justifiées par une baisse démographique, « mais cette baisse devrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’accueil des élèves », insiste Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU) des Bouches-du-Rhône.

    Nicolas Bernard-Hayrault, secrétaire départemental du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU) précise même : « si l’on voulait juste revenir au même taux d’encadrement qu’en 2017, il faudrait ouvrir 56 postes au collège et au lycée ». Car la France fait partie des plus mauvais élèves de l’Union européenne et de l’OCDE en terme du nombre de jeunes par classe.

    Manque de places pour les enfants handicapés

    Et le manque de moyens humains impacte d’autant plus les enfants les plus vulnérables. « Alors que dans les Bouches-du-Rhône on manque d’au moins 12 classes Ulis [qui permettent d’accueillir des enfants handicapés], il y a cinq postes dédiés à ce public qui ont été supprimés », se désole Charlotte Bourgougnon.

    La grande annonce du ministre de l’éducation sur la distribution d’un questionnaire pour libérer la parole des enfants sur les violences sexuelles est, elle aussi, tombée à plat. « Car pour libérer la parole, il faut du personnel qui peut la recueillir et l’orienter vers les services adaptés », insiste Valérie Brignole co-secrétaire du syndicat national unifié des assistants sociaux de la fonction publique (SNUASFP).

    Ils dénoncent également le manque de résilience du bâti scolaire face au réchauffement climatique et exigent un plan pour permettre aux écoles d’être plus vivables lors des canicules. « En juin, on avait certaines classes qui atteignaient 33°. Qui peut étudier dans ces conditions ? », s’interroge Nicolas Bernard-Hayrault. Face à tous ces manquements et aux attaques répétées du gouvernement contre la fonction publique et l’école, la FSU appelle à s’allier au mouvement de grève national et intersyndical du 29 septembre « pour peser sur le débat autour du budget 2027 qui s’ouvrira le 30 septembre », soutient Virginie Akliouat.

  • À Ollioules, la propriété léguée ne peut abriter une école privée

    À Ollioules, la propriété léguée ne peut abriter une école privée

    « Nous sommes navrés d’avoir à renouveler notre ferme opposition, quitte à saisir toutes les instances compétentes, à la cession de la propriété Fraisse léguée sous conditions à la ville d’Ollioules, telle qu’elle est présentée au conseil municipal. » Les élus d’opposition du groupe « Ollioules Autrement », Claudie Cartereau-Zunino (Les Écologistes) et Christian Bercovici (PCF) sont intervenus en séance publique pour faire lecture du courrier adressé au maire (LR) Robert Beneventi et à son adjointe à l’urbanisme Laeticia Quilici.

    Pour mémoire suite à leur demande auprès du préfet d’exercer un contrôle de légalité sur l’opération, le projet initial avait été suspendu. Ils s’étonnent donc aujourd’hui que le nouveau présenté ne tienne pas compte, selon eux, des causes initiales du report. Le représentant de l’État dans le département pointant alors un « projet s’éloignant de l’objectif poursuivi par le legs ».

    « Or non seulement les conditions du legs ne sont toujours pas respectées, mais elles ne le sont pas non plus dans le cahier des charges sur lequel devaient s’appuyer les candidats à l’achat de la propriété », dénonce la gauche.

    Et de rappeler une fois encore que Cécile Beckeric (épouse Fraisse), décédée en juin 2017, a fait dont de cette propriété à la collectivité à la condition que soit créé sur celle-ci un lieu destiné à la petite enfance. Ce qui n’est manifestement toujours pas le cas aujourd’hui, du moins pas dans son intégralité, environ un tiers seulement du bâti à venir.

    Le projet pour lequel le groupe Suprana se porte acquéreur prévoit la construction d’une école de 11 classes de la maternelle au collège. Ce qui présente pour commencer une vision quelque peu élargie du terme petite enfance.

    Mais ce qui choque encore plus la gauche et les écologistes c’est la nature de l’établissement hors contrat avec l’Éducation nationale qui doit y être érigé : le cours Tabarly, une école du réseau Espérance banlieues.

    « Peut-être n’avez-vous pas eu le loisir de lire les nombreux articles parus dans la presse nationale et syndicale évoquant les différentes enquêtes judiciaires concernant le réseau Espérance banlieues ? », lancent les élus d’opposition au maire. Plusieurs enquêtes sont actuellement en cours, mais aucune condamnation judiciaire définitive n’a eu lieu.

    « Quand on sait que le fondateur du réseau Espérance banlieues, Éric Mestrallet est proche des milieux catholiques intégristes dont certains militent pour l’abolition de la République, vous comprendrez qu’on s’étonne que la municipalité d’Ollioules puisse faciliter l’installation d’un établissement scolaire appartenant à ce réseau », ajoutent les élus. Et de conclure : « La ville ne peut pas trahir les conditions du legs et laisser se construire sur la propriété autre chose qu’un établissement pour jeunes enfants de 0 à 6 ans ! » Pour la municipalité, « la principale critique du préfet, qui avait évoqué l’existence d’un “risque juridique”, portait sur des activités annexes aujourd’hui abandonnées ». Le nouveau programme s’inscrit donc, pour elle, dans une parfaite conformité.

    L’opposition va donc porter l’affaire devant le tribunal administratif.

  • Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    À Marseille, la FSU, la CGT Éducation 13, SUD Éducation et la FCPE ont organisé une conférence de presse commune, vendredi à la Bourse du travail, pour dénoncer le fait de ne pas avoir été invités à la 5e Conférence nationale du handicap (CNH). Ce rendez-vous, prévu le 25 juin sous la présidence du chef de l’État, a finalement été reporté, sans nouvelle date. Créée par la loi de 2005, cette conférence fixe pourtant, tous les trois ans, les grandes orientations de la politique du handicap, y compris à l’école.

    Pour les syndicats, ne pas être invités est « inacceptable », puisqu’il s’agit de « ne pas convier les personnels de l’éducation qui tiennent à bout de bras l’école inclusive au quotidien ». Vingt ans après la loi de 2005, le constat reste sévère : la Cour des comptes pointait déjà, en septembre 2024, un manque de formation des enseignants et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), qui revendiquent un statut de fonctionnaire et une gestion plus humaine. Dans les Bouches-du-Rhône, les syndicats dénoncent des réseaux d’aides spécialisées (Rased) à bout de souffle et le manque de dispositifs spécialisés, notamment d’Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis). Selon Élodie Boussarie, enseignante spécialisée et militante à SUD Éducation, une quarantaine de postes d’enseignants auraient disparu dans le département, dont dix gelés à Marseille. À l’échelle nationale, elle évoque « 50 000 enfants qui étaient sans solution pour aller à l’école à la rentrée 2025 ».

    Des moyens humains insuffisants

    Côté AESH, Laurence Casandri, qui accompagne des élèves en Ulis à Port-de-Bouc, décrit un métier précaire : « La majorité d’entre nous gagnent entre 900 et 1 000 euros. » Elle évoque aussi une charge de travail épuisante, qui a fortement augmenté et pousse beaucoup d’entre eux à démissionner : « Avec un même contrat de 24 heures, on peut aujourd’hui suivre dix à quinze élèves, contre deux ou trois à ses débuts en 2009, faute d’assez de personnel. »

    Les syndicats critiquent aussi les Pôles d’appui à la scolarité (PAS) qui, selon eux, récupèrent des postes déjà existants au lieu de créer de nouveaux moyens. Ils demandent notamment moins d’élèves par classe, un véritable plan de formation pour les enseignants spécialisés, un statut pour les AESH et un renforcement de l’intervention du médico-social directement au sein des établissements scolaires.

    Sur le terrain, ce manque de moyens se traduit par des enfants qui peinent à suivre un enseignement correct. C’est le cas de Nils, 7 ans, atteint de troubles du spectre autistique et de TDAH. Sa mère, Sandra Manitch, raconte deux années de maintien en maternelle à l’école Château Saint-Cyr, à Marseille, puis un refus d’intégration en Ulis faute de place, sans aucune explication. Sa notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) prévoit pourtant 12 heures d’accompagnement AESH par semaine. Résultat : à la rentrée, en CP, Nils sera déscolarisé à mi-temps, faute de moyens suffisants pour l’accompagner toute la journée. « C’est la débrouille pour les directrices, pour les maîtresses, pour les parents, pour les enfants. Tout le monde doit se débrouiller tout seul », confie-t-elle.

    Les syndicats appellent désormais à une mobilisation commune pour faire entendre la voix des personnels et des familles, notamment lors de la prochaine CNH.

  • À Manosque, des surveillants « remerciés » à cause de leur engagement

    À Manosque, des surveillants « remerciés » à cause de leur engagement

    « Pour nous, il est clair qu’on est sur une sanction, une répression syndicale », avance Florence Tibouville, co-secrétaire départementale du syndicat Sud Education. Trois surveillants du lycée Martin Bret à Manosque ont été informés lundi du non-renouvellement de leurs contrats, qui prennent fin le 31 août. « On a attendu que le non-renouvellement soit réellement posé pour actionner le préavis de grève, et cela a été le cas lundi. Les AED ont été convoqués par le proviseur et on leur a notifié leur non-renouvellement », explique Florence Tibouville. « Les arguments avancés lors de ces entretiens laissent penser qu’ils n’ont pas grand-chose à leur reprocher », selon elle.

    Un danger « grave et imminent » signalé

    Pour les deux syndicats Sud et FSU et les surveillants concernés, cela ne fait donc aucun doute : la fin de leur contrat est liée à leur rôle de « lanceurs d’alerte » et leur engagement syndical. Ils avaient notamment alerté les syndicats sur des odeurs nauséabondes causant d’importants problèmes de santé au sein de l’établissement. Cette alerte a donné lieu à un signalement de danger grave et imminent, selon Florence Tibouville. Des investigations sont en cours et n’ont pas encore pu déterminer l’origine de cette odeur et de ces désagréments. « Ce qui est inacceptable, c’est que ces lanceurs d’alerte ont permis de dévoiler de nombreux problèmes au sein de l’établissement, et au lieu de les protéger, on les remercie », estime la syndicaliste.

    Florence Tibouville explique qu’il a notamment été reproché à l’un des surveillants d’utiliser son téléphone pendant des réunions, alors qu’il l’utilisait pour prendre des notes.

    Une trentaine de personnes se sont rassemblées mardi pour soutenir les trois surveillants dont les postes sont menacés. « La moitié des personnes venues nous soutenir à la manifestation étaient des élèves », se réjouit Anthony Diaz, l’un des trois surveillants concernés. Les syndicats FSU et Sud avaient appelé à la grève et à la mobilisation.

    Contactée, la direction de l’établissement n’était pas joignable dans l’immédiat.

  • Paul Vannier à Digne appelle à plus de contrôle de l’école privée

    Paul Vannier à Digne appelle à plus de contrôle de l’école privée

    Développer une culture du signalement pour repérer les comportements inappropriés » : le député LFI Paul Vannier, co-rapporteur de la commission d’enquête Bétharram, a donné vendredi à Digne une conférence sur le contrôle et le financement de l’enseignement privé. Selon lui, 12 à 15 milliards d’euros sont alloués aux établissements privés sous contrat chaque année, sans « contrepartie, obligation ou contrôle ». Sur 1 000 contrôles, plus de 400 auraient donné lieu à des mises en demeure d’établissements, selon lui. Il a estimé qu’un contrôle financier avait lieu « une fois tous les 1 500 ans », ce qui engendre des « détournements de fonds publics » et de la « fraude ».

    Les contrats entre l’établissement et l’État ne sont par ailleurs jamais renouvelés, et ont, dans 21% des cas, complètement disparu, a-t-il avancé. « Ces contrats sont éternels et ne cessent jamais même quand il y a des dysfonctionnements », a-t-il affirmé. Il a ainsi décrit « un modèle de financement opaque et hors de contrôle ». C’est ce système qui « a conduit à Bétharram » et à « ce que des enfants soient la proie de bandes de pédocriminels organisées », a-t-il estimé, déplorant également « l’inaction de Bayrou ». « Nos impôts financent l’aggravation des inégalités sociales », a-t-il par ailleurs avancé.

    Le député a donné cette conférence à trois jours de l’examen de sa proposition de loi Bétharram dans l’hémicycle. Elle propose notamment de rediscuter les contrats chaque année et de créer des sanctions. Paul Vannier a dit espérer la faire adopter d’ici à la rentrée prochaine. « Il y a eu zéro voix contre en commission », s’est-il félicité.

    La conférence était organisée avec le soutien de la CGT, de Sud Éducation et de la FSU.

  • « L’élève n’a aucun regard critique sur le résultat que lui donne l’IA »

    « L’élève n’a aucun regard critique sur le résultat que lui donne l’IA »

    « Dès lors qu’on décide d’utiliser l’intelligence artificielle, il faut toujours avoir en tête les écueils de manière à ne pas en faire un usage disproportionné », estime Stéphane Audebeau, enseignant en Sciences économiques et sociales (SES) au lycée Joliot-Curie de Sète. « Ce qu’on doit dire aux élèves, c’est de freiner la tentation quasi naturelle qui est en train de se mettre en place sur l’IA en mettant en évidence les risques qu’elle comporte, notamment les erreurs car les données ne sont pas forcément fiables », poursuit-il. « Un élève qui utilise l’IA sans réflexion, ça ne donne pas forcément une très bonne note. » D’ailleurs « il y a très longtemps que je ne donne plus, ou très rarement, de devoirs à la maison », précise-t-il. « Aujourd’hui 95% des travaux à la maison, voire certains travaux en classe, sont faits par l’IA », abonde Guillaume Marsault, professeur d’histoire-géo au lycée de Gignac et co-secrétaire départemental du Snes FSU de l’Hérault, qui a co-organisé, à l’automne, un stage sur l’IA proposé par le syndicat. « Le fond du problème, c’est que l’élève n’a aucun regard critique par rapport au résultat que lui donne l’IA. Faire faire le travail par quelqu’un quand on sait ce qu’on fait, ça peut se réfléchir. Mais quand on prend sans recul ce qui est proposé, c’est dramatique », estime-t-il. « L’écueil, c’est que l’IA peut faire disparaître toute réflexion sur les compétences et les connaissances à acquérir », renchérit Stéphane Audebeau.

    D’où le défi auquel se trouvent confrontés les enseignants  : composer avec l’IA, puisqu’elle est là, mais faire en sorte, pour eux-mêmes comme pour les élèves, de l’utiliser avec mesure et à bon escient. « L’administration et les corps d’inspection voient ça comme une véritable utopie, sans aucun esprit critique. On fonce dedans sans réfléchir », déplore Guillaume Marsault. « Par moments ça peut être intéressant », admet Stéphane Audebeau, « mais à d’autres moments on passe par l’IA pour faire des choses qu’on est capable de faire nous-mêmes », estime-t-il.

    « Pour nous c’est

    une utopie totale »

    « Il m’arrive de l’intégrer à ma pratique pédagogique pour faire travailler des sujets bien précis aux élèves, à partir de documents que je leur fournis et non de n’importe quelle source. Mais l’IA ne doit être qu’une ressource parmi d’autres. Il faut faire attention à ne pas tomber dans l’emballement que tentent de nous imposer l’administration et les inspections », estime le professeur de SES.

    « L’IA a certes des qualités, c’est notamment un bon outil de reproduction. Elle est capable d’exécuter parfaitement toutes les tâches répétitives. Par exemple on lui donne un exercice de maths et on lui dit : décline-le moi 42 fois, elle va le faire et c’est un gain de temps pour les enseignants. On sait aussi que des IA travaillent sur les corrections de copies. D’un point de vue technique, elles sont capables de faire le boulot. Le problème, c’est d’envisager que ça puisse remplacer un enseignant », avertit Guillaume Marsault. « Pour nous c’est une utopie totale. C’est bien pour ça qu’aucun ordinateur n’a jamais remplacé un enseignant. Ce qui fait la qualité de l’enseignement c’est la relation humaine entre un groupe d’élèves et un enseignant dans une salle de classe. À notre sens, c’est irremplaçable. Notre crainte serait qu’à moyen terme, il y ait une sous-éducation uniquement avec des IA pour les pauvres et, pour les élites, toujours des enseignants. Ce serait le plus grand danger », estime le représentant du Snes.

    Il pointe enfin comme une vraie préoccupation « le coût environnemental de l’IA », derrière laquelle se cachent de gigantesques serveurs affamés d’électricité et d’eau, véritables gouffres énergétiques. Sans oublier « le problème de la protection des données. On sait par exemple qu’une partie des données de l’Éducation nationale est sous-traitée à Amazon : ça pose d’énormes problèmes d’un point de vue éthique mais aussi géopolitique : que ferait-on si, du jour au lendemain, Trump décidait, en représailles de je ne sais quoi, de couper les ponts ? Tous les serveurs mères et 80% des serveurs sont aux États-Unis actuellement », illustre Guillaume Marsault.

  • Toulon : cinq nouveaux récipiendaires des Palmes Académiques

    Toulon : cinq nouveaux récipiendaires des Palmes Académiques

    Créé en 1808 par Napoléon 1er, il s’agit de l’ordre honorifique civil français le plus ancien, destiné à récompenser les personnes qui se sont distinguées dans le domaine éducatif. Les insignes ont été remis par le président du conseil départemental du Var, Jean-Louis Masson, et le président départemental de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques, Lucien Pelletier. Gerard Espié et Charles Albert, anciens principaux de collège, ont reçu la plus haute distinction (Commandeur de l’Ordre des Palmes Académiques). Marie-France Dufour, directrice de périscolaire, Françoise Wis, ancienne directrice d’école maternelle, et Pascal Pellegrino, professeur en enseignement technique, ont quant à eux été reçus au grade de Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques.

  • Reillanne : manifestation pour demander une institutrice

    Reillanne : manifestation pour demander une institutrice

    « Elle avait prévenu l’inspection académique de son absence dès le mois de janvier, et jusqu’au jour de son départ, aucun remplacement pérenne n’a été prévu », déplorent les parents. Ils s’étaient déjà mobilisés début avril, et avaient contacté l’inspection académique pour leur faire part de leurs inquiétudes. Les maternelles sont répartis dans des classes de primaire.