Tag: énergies renouvelables

  • La COP30 est-elle celle de la dernière chance ?

    La COP30 est-elle celle de la dernière chance ?

    La COP30 sera la « meilleure de toutes » et marquera la « mise en œuvre » des engagements de l’Accord de Paris conclu en 2015. Prise de conscience de l’urgence climatique ou vœu pieu qui se heurtera au mur des lobbies  ? Pour l’heure, il ne s’agit que des mots du président Lula.

    Le 10 novembre, dès l’ouverture de la 30e Conférence de Belém sur le climat qui se clôturera le 21 novembre, le président brésilien a appelé les participants à « infliger une nouvelle défaite aux négationnistes » du changement climatique. C’est-à-dire aux climatosceptiques qui, par ignorance ou plus souvent par intérêt financier, nient toujours l’évidence scientifique. À savoir que la planète court à sa perte en raison de la montée des gaz à effets de serre dus à l’activité humaine, exacerbée par le capitalisme sauvage, sa quête de profits qui passe par une croissance infinie.

    Il y a 10 ans, les pays s’étaient engagés à Paris à réduire drastiquement leurs émissions de CO2 de sorte de limiter le réchauffement à 1,5 degré. On sait déjà que le compte n’y sera pas. Les derniers rapports laissent craindre un réchauffement de l’ordre de 3 à 4 degrés à l’horizon 2100. En raison des renoncements ou des mesures de greenwashing, le seuil des Accords de Paris sera « presque inévitablement dépassé », concède Jim Skea, le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

    L’Occitanie dubitative

    La COP30, qui semble être l’une des dernières à pouvoir encore infléchir la fuite en avant, réussira-t-elle à gravir la montagne quand les éditions précédentes (Bakou, Dubaï, Charm el-Cheikh) ont accouché d’une souris ? Difficile d’y croire. Il faut dire que les USA sont pour la première fois un absent de marque, fustigés par le président Lula. « Si les hommes qui font la guerre étaient ici, ils se rendraient compte qu’il est beaucoup moins cher » d’investir dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Au lieu de cela, Trump n’a envoyé aucune délégation officielle. Pire, il pourrait tirer en coulisses les ficelles pour faire capoter un accord responsable qui empiéterait sur les intérêts fossiles américains (pétrole, gaz, charbon). Toutefois, des dirigeants d’États américains sont bien présents. Notamment les gouverneurs du Nouveau-Mexique (Michelle Lujan Grisham) et de Californie, (Gavin Newsom). Probable candidat démocrate à la Présidentielle 2028, ce dernier a déclaré que « Donald Trump redouble d’imbécillité », qualifiant son recul « d’abomination ».

    Depuis l’Occitanie, où l’agroclimatologue Serge Zaka fait partie de ceux qui alertent sur l’avenir de l’agriculture en raison du passage d’un « stress hydrique à un stress thermique », les associations environnementalistes ne se font guère d’illusions. « Macron se fait mousser mais la politique du gouvernement est erratique. Total continue de forer en Afrique », déplore Cathy Valat. Membre d’Alternatiba Montpellier, la militante déplore encore plus la position négationniste du président américain. « Grâce au greenwashing, le capitalisme a plus d’une arme dans sa besace ». Côté France nature environnement (FNE), Simon Popy est un peu moins pessimiste. Il voit dans l’absence des USA une « opportunité » pour le Brésil et la Chine d’être moteur du changement. « Après Bolsonaro, le Brésil a une carte à jouer. La Chine a déjà fixé un cap ambitieux sur les énergies renouvelables ».

    Quoi qu’il en soit, « se lamenter n’est pas une stratégie », estime le chef de l’ONU climat, Simon Stiell. « Nous avons besoin de solutions (…) Nous devons aller beaucoup, beaucoup plus vite », a-t-il martelé en ouverture. Les plus optimistes parient sur le fait que le Brésil, où les populations indigènes d’Amazonie sont les premières exposées, aura à cœur de faire adopter des mesures contre la déforestation. Les choix énergétiques, les politiques de transport ou la justice environnementale seront également au cœur des discussions.

    Reste à savoir si les moyens financiers seront au rendez-vous, notamment en faveur des pays émergents. L’an passé, l’enveloppe de 300 milliards de dollars par an à l’horizon 2035 avait été jugée « ridicule » et l’accord qualifié de « néocolonialiste ».

  • COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    Alors que deux semaines de négociations s’ouvrent ce lundi 10 novembre à l’occasion de la COP30, à Belém, au Brésil, le « sommet des leaders » organisé en amont, où ont défilé des dizaines de ministres et quelques chefs d’État et de gouvernement, laisse déjà entrevoir des points d’achoppement. Le tout sur fond de climatoscepticisme assumé par certaines puissances parmi les plus gros pollueurs, comme les États-Unis de Trump qui a ouvertement boycotté le rendez-vous. Mais les chiffres sont têtus…

    Les décideurs ont été forcés de réconcilier leurs discours avec le fait que les onze dernières années sont les onze plus chaudes jamais mesurées, selon un rapport de l’ONU publié le 29 octobre. Et pour l’année 2025, de janvier à août, la moyenne était déjà de 1,42 degré au-dessus de la température pré-industrielle, ce qui devrait en faire la 2e ou 3e année la plus chaude de notre histoire, derrière 2024. Une chaleur dont on meurt.

    Selon The Lancet Coutdown 2025, publié également le 29 octobre par la revue médicale britannique éponyme, depuis les années 1990, le nombre de décès liés à la température a grimpé de 63%, atteignant en moyenne 546 000 morts par an entre 2012 et 2021, cite le Réseau action climat France. Soit une hausse de 23% si l’on tient compte de la croissance démographique mondiale. Les événements météorologiques extrêmes, canicules, inondations, tempêtes, et surtout le manque d’adaptation à ces derniers, ont causé au moins 16 000 morts et déplacé plus de 800 000 personnes en 2024.

    L’année 2025 marque aussi les dix ans de l’Accord de Paris, signé par 195 pays, qui posait des objectifs clairs et visiblement partagés, comme le maintien du réchauffement sous la barre des 1,5 degré. Tout le monde s’étant engagé à mettre en œuvre des plans climat plus ambitieux, au plus tard cette année, pour y parvenir.

    Une France pas

    très exemplaire

    Si les dirigeants ont aujourd’hui admis que le monde n’y parviendrait pas, sans pour autant se résigner à 2 degrés, l’autre limite négociée alors, selon les scénarios les plus pessimistes, le réchauffement serait contenu entre 2,6 et 2,8 degrés, contre 4 annoncés avant l’adoption de l’Accord, note néanmoins le réseau action climat France. L’accord « ne suffit pas encore mais il fonctionne », estime l’association Oxfam qui liste également des avancées juridiques comme la reconnaissance du principe de justice climatique ou une certaine prise de conscience ou pour le moins une réorientation du monde de la finance. Avec « des marchés désormais contraints d’intégrer les risques climatiques », qui « réorientent progressivement les investissements vers les énergies renouvelables et les solutions bas carbone ».

    Mais pour le reste, rien n’a vraiment été respecté, relevant d’autant les enjeux de cette COP30. Notamment en termes de financement. Les pays du Nord avaient accepté de mettre au pot 1 300 milliards supplémentaires lors de la COP29 à Bakou, pour convaincre les pays du Sud de mettre aussi la main à la poche. De quoi dégager 300 milliards de dollars par an, en théorie. La France, dont le président Emmanuel Macron s’est plu à positionner en véritable leader climatique, appelant encore ce 6 novembre à « l’action face au fatalisme », a vu stagner ses émissions depuis 2024. « Ses budgets verts sont en baisse et son gouvernement a reculé sur 43 mesures climatiques », pointe Oxfam. Alors que l’examen parlementaire du projet de loi de finances (PLF) 2026 a démarré, le budget du ministère de l’Écologie, de 24 milliards d’euros, s’affiche comme un parent pauvre quand les magistrats de la Cour des comptes ont estimé dans un rapport rendu public en septembre qu’« atteindre la neutralité carbone en 2050 suppose de doubler les investissements actuels d’ici 2030 », soit 110 milliards d’euros supplémentaires.

    Bien qu’emmenée par un Lula volontariste, le président brésilien se pose comme un pont entre Nord et Sud, cette COP30 s’inscrit aussi dans un contexte de fortes tensions entre guerre en Ukraine, éradication du peuple palestinien ou conflits sur les tarifs douaniers. Une atmosphère de crise que les nations vont devoir dépasser…

    Les objectifs de la COP régionale

    Un an après son lancement, les principaux acteurs s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel de Région, fin octobre, pour un premier point d’avancement afin de bâtir « un plan régional de transformation énergétique et écologique ambitieux » et « atteignable ». Outre le diagnostic, les protagonistes ont fixé plusieurs enjeux visant à s’adapter au changement climatique : la baisse de la consommation énergétique pour atteindre la neutralité carbone en 2050, une baisse de 10% de la consommation d’eau, le développement d’une économie circulaire ou encore la protection forte d’espaces naturels.

    REPÈRES

    540000

    morts par an entre 2012
    et 2021, victimes d’effets du réchauffement climatique ont été recensés par la revue médicale « The Lancet ».

    2,3%

    d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre… Le monde continue à brûler avec toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon en 2024, selon l’ONU.

  • TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    La bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) franchit une nouvelle étape avec le démarrage de sa production de carburants aériens durables (SAF) à partir d’huiles de cuisson usagées et de graisses animales. Une première en Provence.

    D’une capacité de 15 000 tonnes par an, cette production est destinée à l’aéroport Marseille-Provence. Elle permettra notamment d’alimenter les vols d’Air France, dans le cadre d’un contrat de fourniture signé en 2024. « Le carburant aérien durable de TotalEnergies n’impose aucune modification ni sur les avions ni sur les infrastructures logistiques ou les opérations d’avitaillement », précise le communiqué de l’entreprise. Les SAF permettent une réduction de 75% à 90% des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie du carburant.

    « Nous nous réjouissons de produire localement des carburants aériens durables, qui contribuent avec l’aéroport Marseille-Provence à la construction d’une filière de production et de distribution de SAF porteuse de croissance et de développement pour la région », y explique Guillaume Eveno, directeur de la plateforme de La Mède.

    Le chantier de transformation du site a mobilisé plus de 1 200 emplois équivalents temps plein, avec 65% des marchés confiés à des entreprises locales. Une convention de développement économique et social dotée de 5 millions d’euros a permis de soutenir 14 projets industriels dans le bassin de Fos-Berre, contribuant à la création de plus de 400 emplois.

    Avec cette nouvelle étape, TotalEnergies renforce son ancrage en Provence, où il est déjà actif dans les énergies renouvelables, la mobilité électrique, le GNL maritime et le soutien aux PME locales.

    Ch.C.