Tag: Emmanuel Macron

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

    Uzès, 9h45, départ devant la mairie.

    Un départ est organisé pour Nîmes à 13h30 de la Poste.

    Alès, 10h, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Bagnols-sur-Cèze, 10h, départ au Monument aux morts.

    Le Vigan, 10h30, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Nîmes, 14h30, rendez-vous Jardins de la Fontaine, allées Jean Jaurès.

    Montpellier, rendez-vous à 10h30, Place Albert-Ier.

    Sète, 10h30, départ Place de la mairie.

    Béziers, 10h30, au départ de la Bourse du Travail.

    Bédarieux, 10h30, rendez-vous devant la Maison des syndicats.

    Clermont l’Hérault, départ sur l’Allée Roger Salengro.

    Ganges, rendez-vous à 18h devant la mairie.

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

  • L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    Si bien des syndiqués se sont joints à l’appel citoyen du 10 septembre pour « tout bloquer », les syndicats n’étaient pas vraiment partie prenante, même si le mouvement était soutenu par la CGT et SUD. « Le blocage du pays ne peut se faire que par la grève, pas en bloquant des ronds-points », estime pour sa part Gilbert Fouilhé (FO 34).

    Jeudi 18 septembre, ce sera justement au tour des syndicats d’entrer pleinement dans la contestation sociale. Une journée de grèves et de manifestations* à l’appel d’une intersyndicale pour la première fois au complet depuis 2023 et le grand mouvement contre la réforme des retraites finalement passée en force via le 49-3. Si à l’époque l’épisode jugé anti-démocratique avait amené démobilisation voire résignation l’année suivante, il semble avoir été digéré et les troupes semblent à nouveau gonflées à bloc. « Une journée intersyndicale aussi tôt à la rentrée, c’est le signe de quelque chose qui va durer », professe Sébastien Audebeau, secrétaire de la FSU 34.

    Rien que dans l’Hérault, une cinquantaine d’appels à la grève public/privé sont déjà recensés le 18 septembre. De là à dire que des débrayages reconductibles vont s’enchaîner et réussir à faire fléchir le nouveau gouvernement Lecornu, il y a un pas. « Nous n’avons pas de bouton pour déclencher les grèves. Ce serait présomptueux d’annoncer tel ou tel mot d’ordre. Nous attendons les remontées de terrain, nos bases nous diront », tempère Franck Mary-Montlaur (FO 34). « L’intersyndicale a déjà prévu de se revoir. Mais ce n’est pas une journée de grèves qui suffira à faire plier le gouvernement », prévient le Sébastien Boudesocque pour la CGT 34.

    Ce qui est sûr c’est que tous les ingrédients de la colère sont là : une précarité grandissante et des solutions toujours plus austéritaires proposées par les gouvernements d’Emmanuel Macron au mépris du résultat des urnes. Mais plutôt que de réclamer le départ du chef de l’État ou de cibler son nouveau Premier ministre, l’intersyndicale appelle à un changement de leurs choix politiques.

    Redistribution des richesses

    À commencer par la question des salaires et des pensions à revaloriser. « Depuis 2010 et le gel du point d’indices des fonctionnaires, les collègues ont perdu 15 à 20% de pouvoir d’achat », calcule Sébastien Audebeau (FSU 34). Même tendance baissière du côté des cadres, insiste Frédéric Thieffy, président de la CFE-CGC 34. « Les entreprises privilégient l’actionnariat à l’encadrement. Le ruissellement à la baisse touche aussi les cadres. Il faut aussi arrêter de taper sur les retraités qui ont travaillé et cotisé toute leur vie. »

    Bref, « Les sacrifices pour
    le monde du travail, ça suffit
     ! », synthétise Sébastien Boudesocque. À la récurrente problématique de la dette, le cégétiste répond que des alternatives existent à l’image des 211 milliards d’euros annuels distribués aux entreprises sans contrepartie. « La part du PIB passé de la poche des travailleurs à celle du patronat est passée de 6 à 40%. » « La France est l’un des pays qui compte le plus de milliardaires où la rémunération du CAC40 est le plus élevée. Le monde du travail en a marre d’être les vaches à lait », abonde Franck Mary-Montlaur (FO 34). « De moins en moins de gens vivent dignement de leur travail. On a besoin d’une autre répartition des richesses, marre des miettes plutôt que la baguette », illustre Marie-Pierre Zabalète, co-secrétaire de Solidaires 34.

    Services publics à l’os

    L’inquiétude est tout aussi grande sur l’avenir des services publics. « Il y a une déconnexion entre les gouvernants et la réalité du terrain. Ils mettent en difficulté de fonctionnement les services publics, ce qui génère un sentiment de manque de reconnaissance », déplore Grégoire Delattre, secrétaire académique de l’Unsa. L’école et l’hôpital se disent particulièrement à l’os. « Certaines AESH sont rémunérées sous le seuil de pauvreté. On nous parle de ne pas remplacer un tiers des départs à la retraite », s’indigne Sébastien Audebeau (FSU) sans parler de la crise des vocations dans l’Éducation nationale qui a besoin « d’emplois pérennes ». Au CHU, « tout va mal, la colère monte. On a eu le Ségur, il faut passer à autre chose, on a besoin de ratios soignants/soignés », abonde Pierre Renard (CGT). Du côté de la CFTC enfin, Sylvie Bernard alerte aussi sur le besoin de justice sociale. « Pendant le Covid, on a vu le rôle d’amortisseur de la Sécu. Depuis 2019, il y a un durcissement des conditions d’accès à France Travail. Or, le chômage nous pend au nez à tous. »

    * À 10h30 place Albert 1er
    à Montpellier.

    À 14h30 haut des allées
    Jean-Jaurès à Nîmes.

  • Deuxième round

    Deuxième round

    Face à un adversaire qui fait comme si rien ne s’était passé le 10 septembre et qui espère qu’un tour de passe-passe à Matignon suffira à calmer les colères, le rendez-vous donné par une intersyndicale unie jeudi 18 est capital.

    Car la situation a changé depuis cet été, quand l’appel à la mobilisation avait été lancé. Le premier succès national du mouvement « Bloquons tout » mercredi dernier a fait monter la pression et montrer que les revendications liées à la justice sociale, sur l’horrible réforme des retraites par exemple, et à l’opposition à la destruction des services publics étaient encore dans bien des têtes.
    S’il n’a pas ressemblé au mouvement des Gilets jaunes de 2018, ce mercredi 10 septembre a montré que le monde du travail était mobilisé, mais aussi, beaucoup de jeunes que le monde ultralibéral et l’avenir qui leur est proposé révulsent.

    Coaguler les refus

    À 18 mois de la fin du mandat d’Emmanuel Macron et alors que le pays s’enfonce dans une crise politique majeure que les gouvernements qui se succèdent font tout pour transformer en crise financière prélude à l’ultime potion néolibérale qu’ils comptent faire avaler de force aux Français, ces mobilisations montrent que le refus de ce monde sans règle est majoritaire. Reste au mouvement social à coaguler ces refus et de montrer que des espérances sont possibles. Face à la fuite en avant du « bloc central », la détermination et la mobilisation qui seront montrées jeudi imposeront les questions sociales dans le débat politique. C’est tout l’enjeu de ce second round, même si d’autres seront ensuite nécessaires.

  • « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

    « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

    Vivre bien de son travail et être au service des usagers : les travailleurs du secteur de l’énergie, en grève depuis le 2 septembre, notamment à Marseille, conjuguent défense des salaires et du pouvoir d’achat. Un combat essentiel alors que, comme l’a révélé
    le Secours populaire, 39% des Français ont du mal à payer leur facture d’électricité.

    Cette lutte, déterminée et joyeuse, pétrie de générosité et de solidarité, les énergéticiens l’inscrivent dans la durée, au moins jusqu’au 18 septembre. Une journée où l’ensemble des syndicats appellent à
    la grève, dans les entreprises et les services publics, et aux manifestations dans la rue.

    Provocation

    Une date décidée après l’annonce, au mitan de l’été, d’un budget 2026 frappé du sceau de l’austérité : quelque 44 milliards d’euros d’économies à trouver au prétexte d’une dette insoutenable selon l’ex-Premier ministre François Bayrou, remplacé cette semaine par un macroniste pur jus, Sébastien Lecornu, ex-ministre des armées.

    Cette antienne de la dette est une provocation inouïe pour les travailleurs et leurs représentants. Elle est aussi l’illustration de l’échec cuisant de la politique pro-business d’Emmanuel Macron. Car l’assèchement des budgets publics et, par conséquent
    le creusement de la dette publique, sont
    le direct des cadeaux fiscaux faramineux aux possédants, au détriment des travailleurs.

    En réponse,
    le mouvement social, méprisé par la macronie, exige la justice sociale, la justice fiscale et veut faire plier ce pouvoir minoritaire. Il incarne parmi les plus beaux vers de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. »

  • « Le présidentialisme est la cause de la crise de régime »

    « Le présidentialisme est la cause de la crise de régime »

    La Marseillaise : Pourquoi François Bayrou s’est-il fait hara-kiri ? Est-ce une demande du président Macron ?

    Paul Alliès : Je ne suis pas dans les secrets présidentiels ni gouvernementaux. Je me souviens de l’épisode de l’installation de Bayrou qui s’est imposé à Macron qui n’en voulait pas. Le résultat est pathétique, sa gestion sur la forme comme sur le fond est ridicule. C’est 9 mois d’une baudruche qui se dégonfle. Bayrou a été inventé par l’élection présidentielle [2002, 2007, 2012, Ndlr], sinon il n’aurait pas existé. On a cette habitude en France où ceux qui échouent reviennent deux ou trois fois. La présidentielle rend tout le monde fou. Autour de l’idée de « l’extrême centre », on réinvente sans cesse l’idée d’un homme qui réconcilierait les extrêmes ou les évacuerait hors du champ politique mais c’est l’échec total. Macron a choisi des Premiers ministres issus des plus petites formations de l’Assemblée nationale, plutôt que le Nouveau Front populaire arrivé en tête le 7 juillet 2024. Ça a été le début de l’aveu d’une crise de régime.

    Pourquoi n’est-ce pas une énième crise politique mais une véritable crise de régime ?

    P.A. : Pour trois raisons. D’abord on a une Constitution bonapartiste qui a prouvé qu’elle est élastique et qui a promu le Président de la République au sommet de tous les pouvoirs. Premier problème : nous n’avons plus de Bonaparte, de de Gaulle ou de Mitterrand, qui ont épousé l’habit présidentiel, pour occuper un tel statut. Macron est un nain par rapport à ces figures présidentielles ! Deuxièmement, nous n’avons pas comme aux États-Unis par exemple, un système équilibré avec des contre-pouvoirs. En France, le président peut tout faire, tout déséquilibrer. On s’en aperçoit depuis un an mais cela ne date pas d’hier. À cela s’ajoute un usage abusif par le chef de l’État des dispositions constitutionnelles : la dissolution, la nomination du Premier ministre, le sursis de 2 mois accordé à Gabriel Attal… Le mal a été aggravé. Enfin, on a un blocage du pays par le haut, par un présidentialisme augmenté sans précédent. Prétendre qu’il n’y a pas de crise de régime parce qu’il reste des pouvoirs dans les mains du président de la République, c’est se tromper de thermomètre ! Le présidentialisme est la cause de la crise de régime. Le pays ne supporte plus cette situation. Ce régime ne peut plus contenir la société qu’il doit gérer.

    Le tripartisme d’aujourd’hui accroît-il le besoin de refonte
    de notre constitution
     ?

    P.A. : C’est parfaitement vrai. Il y a un état de sénescence du régime politique de la Ve République qui a été créée, écrite et mise en pratique à une époque révolue (1958). Nous sommes les seuls en Europe à avoir un système aussi archaïque et exotique. Aucun membre de l’Union européenne ne pratique ainsi le présidentialisme où le Parlement n’existe pas. Prenez l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne même la Pologne ou la Hongrie : ils ne peuvent pas connaître une crise telle que nous la connaissons. Il y a des solutions parlementaires, avec des pouvoirs donnés au Parlement et au gouvernement qui en est issu. De sorte que leurs Premiers ministres peuvent trouver des compromis. La culture du compromis est rendue possible ou pas par les institutions. Comment voulez-vous que cela soit possible en France ? Le scrutin majoritaire à deux tours est la pire des choses. Cela fait des décennies qu’on réclame une proportionnelle, Bayrou aussi et il n’a rien fait alors qu’une simple loi suffit. Là vous avez un système qui sélectionne les candidats avec les partis, passent des accords programmatiques qui empêchent tout compromis avant la Présidentielle. Or, aujourd’hui, (avec le tripartisme), il n’y a plus de majorité. Emmanuel Macron peut dissoudre mais cela ne changerait rien, à moins que le RN n’obtienne la majorité absolue. Ce serait encore pire. Le droit de dissolution a changé de nature, Macron l’a enterré.

    La Ve République pourrait-elle constituer elle-même un danger pour la démocratie dans les mains de l’extrême droite ? On pense à l’article 16 sur les pleins pouvoirs au président…

    P.A. : La seule qui depuis deux élections se pose en défenseuse inconditionnelle de la Ve République, c’est Marine Le Pen. Elle répète qu’on a le meilleur régime politique au monde. Elle s’active comme Sarkozy qui banalise le RN pour faciliter l’accès de Bardella à Matignon. Le Pen fait l’apologie de la Ve République et a 16 projets de révision de la Constitution pour transformer le régime présidentialiste en régime hyper-présidentialiste, autoritaire, accéléré par la crise que nous vivons.

    Comment une VIe République pourrait-elle rééquilibrer les pouvoirs et protéger la démocratie et les droits fondamentaux ?

    P.A. : Avant d’évoquer la VIe République, il y a deux articles de notre Constitution à modifier qui changeraient beaucoup de choses, notamment à cette crise de régime. L’article 8 empêche que l’Assemblée fasse elle-même le choix du Premier ministre, c’est un pouvoir discrétionnaire et exclusif du président qui choisit en grand seigneur, en monarque. Et ensuite, c’est le président qui gouverne ! Le Parlement doit choisir le Premier ministre. Et quand il vote la défiance, proposer le nom d’un remplaçant. De même, la révocation du Premier ministre doit revenir à l’Assemblée. Deuxièmement, l’article 12. Là encore, la dissolution ne doit pas être à la discrétion totale du chef de l’État qui peut en faire une menace, un chantage vis-à-vis de l’Assemblée.

    La VIe République est un vaste sujet que l’on avait travaillé avec Arnaud Montebourg. On souhaitait la promouvoir à partir de la présidentielle, sans supprimer l’élection du président au suffrage universel direct, comme dans 12 pays européens, avec un régime parlementaire derrière. La demande de la société est telle qu’il faut trouver des médiations, des structures intermédiaires de pouvoir, de véritables référendums d’initiative citoyenne. Le problème c’est comment passe-t-on à la VIe République ? Mélenchon fait du tam-tam dessus, c’est devenu un programme pour les jours de fête où lui gouvernerait pendant 6 ans le temps de changer de régime. Le slogan VIe République est devenu un cache-sexe de pratiques pas toujours démocratiques. À l’entendre, c’est lui ou les fachos. LFI repart sur la voie de la destitution qui, en réalité, est impraticable. Le seul cas d’un départ de Macron avant la fin ce serait la démission que seul de Gaulle avait incarnée.

    La pression de la rue peut-elle obliger Macron à enfin changer de politique voire à quitter son poste ?

    P.A. : La psychologie de Macron est très particulière. On l’a vu pendant les Gilets jaunes. À chaque issue possible par le compromis, il prend la voie inverse. S’il y avait un mouvement social important comme pour les retraites -pas besoin du grand soir- alors je pense que Macron, qui ne pourrait plus faire passer ses oukases, ses petits trafics à l’Assemblée avec son micro parti, devrait démissionner.

    « La France est le seul pays en Europe avec un système aussi archaïque »

  • La rupture est dans la rue

    La rupture est dans la rue

    Des centaines de manifestations, occupations de ronds-points, piquets de grève dans les entreprises publiques et privées, blocages de collèges, lycées et universités, pacifiques et responsables dans leur écrasante majorité, ont donné le coup d’envoi, partout en France et massivement dans notre région, de l’irruption dans le débat public de la question sociale et de l’exigence d’une réponse à la hauteur : la justice sociale après huit ans de politique macroniste, honnie et impopulaire tant son caractère ultra-libéral a appauvri les ménages.

    Huit années terribles pour le monde du travail et la cohésion de la société. La réforme inique des retraites, passée en force au mépris de son rejet par les Français, demeure l’acte le plus sombre d’une politique du chaos tournée vers les plus aisés et contre les citoyens.

    Rompre avec la régression sociale

    Mais la macronie a-t-elle entendu ? Nous pouvons sérieusement en douter avec la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, ministre balayé comme François Bayrou après le refus de la confiance, le 8 septembre.

    Le nouveau Premier ministre n’a pas eu un mot, ce mercredi, pour les mobilisations populaires. Il a néanmoins déclaré qu’« il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. » S’il n’a pas été plus loquace, la rue, elle, lui a envoyé un message limpide : « Oui » pour rompre avec cette politique de régression sociale que Sébastien Lecornu soutient depuis 2017. Sa nomination a donné du carburant au mouvement social qui entend s’inscrire dans la durée. Aujourd’hui, la rupture est dans la rue.

  • À Avignon, l’agora s’en va battre le pavé du Palais à la gare

    À Avignon, l’agora s’en va battre le pavé du Palais à la gare

    Peu après 11 heures, ce mercredi 10 septembre, environ un millier de personnes se sont rassemblées sur la place du Palais des papes pour une agora citoyenne, au lendemain de la démission de François Bayrou et de la nomination, en tant que Premier ministre, de Sébastien Lecornu.

    L’arrivée d’un cortège d’environ 150 lycéens, qui avaient, les heures précédentes d’abord bloqué le lycée Mistral et tenté de bloquer celui d’Aubanel, deux établissements du centre-ville, a lancé les prises de parole spontanées. Une grande partie de ces prises de parole étaient celles de jeunes, dont les discours étaient souvent entrecoupés de chants hostiles au gouvernement, antifascistes ou en soutien à Gaza, repris par une large partie des manifestants, parmi lesquels aucune étiquette politique ou syndicale n’était visible. Une poignée de Gilets jaunes se tenaient plutôt en bordure de la foule. « Emmanuel Macron a mis au pouvoir un homme libéral, autoritaire, au service des LR et du RN. Hier à 20h30, un macroniste en a remplacé un autre. Alors que depuis 8 ans, la précarité, notamment étudiante, n’a fait qu’augmenter et la richesse des ultra-riches n’a fait qu’augmenter. On nous demande d’aimer la République mais cette dernière nous violente. Que sommes-nous censés faire ? », s’interroge par exemple Lucien, lycéen en terminale à Avignon.

    Tandis que Pierre Jourlin, professeur à l’Université d’Avignon, qui ne s’est pas présenté sous son étiquette de représentant du syndicat SUD Éducation, regrette le discours du gouvernement vis-à-vis de l’éducation et appelle à « annuler la dette ». « On ne veut plus payer à travers la dette les intérêts privés des spéculateurs. C’est comme ça que le pays ira de l’avant », a-t-il lancé. Raphaël Arnault, député (LFI) de la circonscription, a également été invité a ensuite appelé, tout en souhaitant que « le mouvement reste autonome », à « bloquer le pays pour ne pas rester bloqués jusqu’en 2027 ».

    Blocage et parking gratuit

    La manifestation s’est ensuite poursuivie toute la journée, avec notamment une manifestation qui a redescendu la rue de la République en direction de la gare Centre. Où les manifestants ont bloqué pendant plus d’une heure la circulation ainsi que les tramways sur le boulevard Saint-Michel. Avant de se rassembler plus tard devant la préfecture de Vaucluse. Mais ce ne fut pas seulement autour des remparts que des actions se sont déroulées. Comme par exemple à la zone commerciale du Plan, à Entraigues, où une dizaine de camions ont temporairement bloqué la route. Mais aussi à l’hôpital d’Avignon où une opération parking gratuit a été mise en place pendant quelques heures.

  • Sébastien Lecornu consulte à défaut de pouvoir gouverner

    Sébastien Lecornu consulte à défaut de pouvoir gouverner

    Un premier ministre défait devant l’Assemblée nationale, François Bayrou, a donc passé les clés de Matignon à un de ses ministres démissionnaires, Sébastien Lecornu, mercredi. L’ex-ministre des Armées, macroniste de la première heure, avait été nommé la veille par Emmanuel Macron, retranché à l’Élysée.

    « L’instabilité politique commande à l’humilité et à la sobriété », a déclaré, faussement modeste, le nouveau Premier ministre, lors de la passation entre ces deux soutiens historiques du locataire de l’Élysée, au cours d’une prise de parole de trois minutes. Un signe de fébrilité ? Au même moment, des manifestations se déroulaient sur tout le territoire dans le cadre du mouvement « Bloquons-tout » contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron.

    « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, de majorité à l’Assemblée nationale.

    « Des ruptures sur le fond »

    Sans développer sa pensée, il a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ». Il a aussi dit vouloir s’attaquer « au décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle » qui devient « préoccupant ». Mais il n’a pas eu un mot pour le mouvement social en cours ni évoqué le prochain budget, dont les grandes lignes ont été dévoilées le 15 juillet par François Bayrou, avec 44 milliards de coupes budgétaires. C’est sur la base de cette cure d’austérité que le président du Modem a chuté, le 8 septembre, en engageant sa responsabilité devant les députés.

    Le premier geste politique du 5e Premier ministre de ce second quinquennat a été de débuter par des tractations avec ses soutiens, issus d’un « socle commun » de plus en plus fragilisé. Il a ainsi reçu, mercredi après-midi, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République. En dépit de ses rancœurs envers le chef de l’État, qui l’avait débarqué sans ménagement de Matignon en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024, Attal a assuré le Premier ministre, dès sa nomination, de son entier soutien : « Il est essentiel que les forces politiques se mettent autour de la table pour donner un budget à la France, assurer une stabilité pour les 18 prochains mois et garantir le respect de l’ordre dans notre pays. »

    Ont suivi dans le bureau de Matignon, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire, et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Deux hommes qui représentent un parti dont la moitié des députés a refusé la confiance à Bayrou. Retailleau, qui tient à rester place Bauveau, sort affaibli de cette fronde des députés de droite.

    Dans la foulée, le nouveau Premier ministre a aussi déroulé le tapis rouge à un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, aujourd’hui président du parti Horizons et dont les ambitions présidentielles sont limpides. « Sébastien Lecornu me paraît avoir les qualités pour essayer d’amener autour de la table des gens qui ne feront pas exactement ce qu’ils souhaitent, mais qui pourront s’entendre pour éviter que la France aille plus mal. » a-t-il déclaré, le 9 septembre, sur TF1. Sur le fond, la politique pro-riches n’est remise en cause par aucune des formations du socle commun.

    Les gauches prêtes

    à censurer

    Pour ne pas immédiatement sauter, Sébastien Lecornu va devoir composer avec les gauches et notamment le PS. Il recevra les représentants des partis et des groupes de gauche (pour l’heure la FI ne serait pas invitée) dans les prochains jours. Si c’est pour nous dire que “tout change pour que rien ne change”, nous censurerons », prévient le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Pour arracher la passivité des socialistes, Lecornu fera-t-il des concessions ? Le choix d’Emmanuel Macron de le nommer à Matignon ne semble pas le suggérer. Quant à l’extrême droite, Jordan Bardella dit attendre « une rupture » et n’agite pas de censure a priori, mais avance l’obsession de son parti en demandant le durcissement de la politique migratoire.

    Les syndicats seront aussi reçus. Ils comptent s’appuyer sur le mouvement social, amorcé ce mercredi et qui se poursuivra le 18 septembre, pour exiger la justice sociale pour tous et la fin de l’austérité.

  • [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    D’Arles à Toulon en passant par Avignon, plusieurs collectifs citoyens ont tenu des actions. Si les appels à la mobilisation portent sur des formes d’actions protéiformes, mêlant blocage de rond-point, refus de paiements bancaires, manifestations sauvages ou grève, reste que les partis politiques de gauche (PCF, LFI, PS ou EELV) ont apporté leur soutien au mouvement. Tout comme la CGT, au niveau confédéral, et Solidaires, avec moults syndicats qui ont déposé des préavis pour une grève ce jour. En bref, une effervescence sociale pour imposer d’autres choix.

    A la mi journée, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône fait état de 10 interpellations dont 2 à Arles, 8 à Marseille. Les motifs sont des faits de violence sur des personnes dépositaires de l’autorité publique, rébellion, jet de projectile, vol, incendie et feu de poubelle. Le bilan n’est pas définitif.

    Mercredi soir à Marseille, une assemblée générale de plusieurs heures des membres de Bloquons Tout Marseille, s’est tenue devant le kiosque à musique des réformés. Une mobilisation devant le commissariat de Noailles pour soutenir les manifestants interpellés dans la journée a été organisée. Les manifestants chantent « siamo tutti antifascisti » et « libérez nos camarades » devant le lieu sous bonne garde policière. Par ailleurs, l’assemblée générale a voté le fait de libérer la place des réformés dans la soirée et prévoit une nouvelle mobilisation ce samedi ainsi qu’une participation à la journée d’action et de grève du 18 septembre prochain. Les participants prévoient de nouvelles assemblées dans les jours à venir.

    La préfecture du Vaucluse recense plusieurs rassemblements dans le département : « Dans le secteur de Réalpanier entre Avignon et le Pontet, devant les lycées Frédéric Mistral et Théodore Aubanel à Avignon, à Pertuis et à Carpentras notamment. L’intervention de la police nationale a évité le blocage et assuré le bon fonctionnement des lycées d’Avignon, tandis que la gendarmerie a interpellé un individu à Réalpanier pour rébellion.»

    Marseille, Martigues, Aix-en-Provence, Avignon, Montpellier, Alès, la rue a répondu présente au mot d’ordre « Bloquons tout».

    A Montpellier dans l’Hérault :

    Dans le Gard :

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