Tag: élèves

  • La biodiversité marine au cœur de l’intérêt des jeunes

    La biodiversité marine au cœur de l’intérêt des jeunes

    Le vent marin porte leur message. « Je ne pensais pas que la mer avait autant de choses en elle, et qu’une seule chose pouvait bouleverser tout un écosystème », se rappelle Deva, ancienne élève à l’école primaire de Bonneveine. Depuis 2017, la jeunesse s’est emparée d’un bout de littoral : l’Aire marine éducative (AME) du Bain des Dames. Durant l’année scolaire 2022-2023, cette ancienne classe de CM1 a réalisé des pancartes sur la biodiversité marine du littoral pour inciter à sa préservation. Cette année, après avoir parcouru son chemin, les pancartes informatives et préventives ont trouvé leur place, face à la mer. Ce mercredi, dans l’excitation du moment, les élèves étaient « tous réunis pour présenter le projet » s’exclame une des leurs, « fière que leur travail soit exposé dans Marseille ».

    « Marseille, c’est la capitale de la mer vivante. Quand je dis “vivant”, je pense à la jeunesse qui s’approprie et s’identifie à la mer et de ce qu’elle apporte à Marseille », développe Hervé Menchon, adjoint au maire, en charge du littoral. Il y a bientôt quatre ans, ce projet écocitoyen a impliqué tous les élèves de CM1 sous la responsabilité de la professeure Françoise Budroni. Elle décrit ce projet comme démocratique « parce que toutes les décisions sont prises au conseil des enfants, par le vote. Ce sont les enfants qui décident ! ».

    Une année de découverte

    Journée d’observation au Bain des Dames, tour de bateau et plongée avec tuba, visite à Sormiou… Les sorties mensuelles de la classe, organisées avec des agents de la faune et la flore, ont apporté les connaissances à ces jeunes pour construire les pancartes informatives. Grâce à ce « vécu commun », les élèves ont pu rédiger en petit groupe le compte rendu de leur trouvaille. Une activité éducative, la professeure atteste : « Entre eux, ils arrivaient à se faire progresser. Quand un élève publiait sur l’ENT, les autres allaient lire et revenaient pour le féliciter. C’était très motivant et pédagogique. » En est venu la réalisation des maquettes. Poissons, oiseaux, algues et plantes marines, les élèves ont dessiné l’environnement marin de ces plaquettes. Avec l’aide de Françoise, enseignante en Art appliquée rencontrée sur cette même plage, ces jeunes ont pu travailler « différentes techniques : de papiers, de pastel, de gouache », énumère la plasticienne.

    Le projet d’AME évoque des souvenirs riches pour la classe, et un intérêt toujours réel, comme pour Lou : « Aujourd’hui, quand je vois des articles sur la vie marine, ça m’intéresse encore. On a passé une année à travailler sur ça, ça m’a beaucoup marqué. »

    Le projet s’achève ici pour ces jeunes et commence pour d’autres. « Quand je suis partie à la retraite, le projet est passé dans une autre école », se remémore Françoise Budroni, ajoutant « le fait qu’il soit maintenant repris par la Pointe Rouge, c’est très bien. L’aire marine continue d’exister ». À Marseille, huis établissements scolaires participent à un projet lié à une AME, de quoi « créer un sentiment d’appartenance à la ville » évoque Hervé Menchon, à travers « un dénominateur commun, la mer ».

  • Dans l’Académie de Montpellier, les équipements sportifs mis sur la touche

    Dans l’Académie de Montpellier, les équipements sportifs mis sur la touche

    Le sport à l’école, le grand oublié de l’Éducation nationale ? N’en déplaise à Emmanuel Macron, moins d’un an après les Jeux olympiques de Paris, la France n’est pas devenue le pays de sportifs que le Président souhaitait impulser. L’effet JO est retombé, tout comme la folle « parenthèse enchantée », chère au locataire de l’Élysée, pour tenter de faire oublier sa forte impopularité. Pire, l’état actuel des équipements sportifs est on ne peut plus dégradé. C’est ce qu’il ressort d’une enquête menée par les professeurs du Snep-FSU, dont les résultats ont été présentés le 30 janvier dernier.

    S’inspirant du Nutri-score, les enseignants ont évalué toutes les installations sportives en fonction des équipements disponibles (gymnases, pistes d’athlétisme, piscines, etc.) et de certains critères (qualité du sol, dimension, sécurité, etc.). Les résultats de ce « Gymnase score » sont accablants. « Sur les 284 établissements du second degré de l’Académie de Montpellier, 241 nous ont répondu. Et sur ces 241, plus de la moitié sont classés catégorie D ou E [les plus mauvaises, Ndlr]. Ce sont 50 % des collèges et 57 % des lycées », détaille Fabien Andrieu, responsable du dossier au Snep-FSU et enseignant à Perpignan. Seuls 23 établissements scolaires obtiennent la meilleure note, la A. Le Gard et l’Hérault ne dérogent pas à la règle et s’inscrivent dans la dynamique académique. 49% des collèges et lycées héraultais recueillent la note D ou E et 54% des établissements du Gard.

    La natation prend l’eau

    Si l’enquête témoigne d’une vétusté généralisée des équipements sportifs utilisés par les élèves, celle-ci met également en lumière les fortes inégalités territoriales au sein de l’Académie, induisant selon le syndicat « une rupture de service public ». Comme souvent, les établissements classés en Rep et Rep+ sont les plus défavorisés. « À Nîmes, la situation est déjà dégradée. 9 collèges sur les 10 ont une note D ou E, les lycées sont plutôt classés D ou C. Au niveau des Rep ou Rep +, sur 6 établissements, un seul est classé C, les autres sont D ou E. Les élèves cumulent les inégalités sociales et difficultés scolaires », observe Lise Chopinet, secrétaire Snep-FSU du Gard. Et ainsi d’établir une concordance avec l’Indice de position sociale – outil se basant sur le statut social des familles. Plus il est faible, plus les conditions d’apprentissage sont dégradées – et le résultat obtenu au Gymnase score est faible également. « Les Rep sont concentrées dans les grandes villes. Sur Montpellier, tous les gymnases datent des années 60. Le dernier date de 2008, il y a presque 20 ans. Or, en 20 ans, Montpellier a pris pratiquement 54 000 habitants. Mais les infrastructures ne suivent pas », fait valoir Claudie Vaufreydaz, secrétaire Snep-FSU héraultaise.

    L’autre point noir mis en avant concerne l’accès à la piscine. « Alors que c’est un enjeu de société, 20% des collégiens n’ont pas accès à une piscine et sont totalement dépourvus d’enseignement de natation, sachant qu’il y a un savoir-nager obligatoire au niveau ministériel. En comptant les lycées, ce sont 60 établissements qui n’ont pas accès à une piscine, soit 25% », reprend Fabien Andrieu. Ici, ce sont les établissements ruraux qui sont les plus touchés. Par exemple, dans l’Hérault, le collège Louise-Michel à Ganges, le collège Max-Rouquette à Saint-André-de-Sagonis ou encore le collège du Pic-Saint-Loup à Saint-Clément-de-Rivière n’ont pas accès à une piscine. Le syndicat est donc en contact avec les différentes collectivités afin de leur faire prendre connaissance de la situation et milite pour une rapide intervention en faveur des établissements les plus vétustes.

  • Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    L’effroi a une nouvelle fois frappé le milieu scolaire. Qui plus est dans un collège réputé sans histoire, dans une commune peu habituée aux faits divers, d’autant plus d’une telle gravité. Peu après 14h, un élève de 14 ans, en 3e du collège la Guicharde de Sanary a porté trois à quatre coups de couteau à sa professeure d’arts plastiques, au niveau du torse, avant de prendre la fuite. Il a rapidement été appréhendé par un assistant d’éducation, sans manifester d’opposition. Il a ensuite été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. Une enquête a été ouverte et confiée aux commissariats de police de Toulon et de Sanary.

    La professeure, âgée de 60 ans, a rapidement été secourue et transférée vers l’hôpital Sainte-Anne de Toulon. Elle y a été opérée en urgence puis placée dans un coma artificiel. mardi soir, son pronostic vital était toujours engagé.

    « Des tensions avec cette professeure »

    Qu’est-ce qui a bien pu, dès lors, pousser cet élève à commettre un tel geste ? « Pour le moment, il n’y a aucune connotation religieuse ni politique qui apparaissent », a annoncé le procureur de la République de Toulon Raphaël Balland. « On sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure, et qu’il lui en voulait d’avoir fait des rapports à son encontre. » Une version corroborée par des témoignages d’élèves. « Le matin, il disait qu’il voulait tuer la prof de maths. On croyait que ce n’étaient que des paroles. Mais comme elle n’était pas là, il s’en est pris à la prof d’arts plastiques car elle lui mettait beaucoup d’observations », déclarait l’un d’entre eux. Autre élément important : l’élève « avait visiblement des problématiques familiales, mais il n’était pas connu pour le moindre fait de violences », a ajouté le procureur, ce qui aurait pu, également, favoriser son passage à l’acte.

    Tatiana Kolodziej, professeure d’EPS et référente premiers secours au collège la Guicharde, est la première à avoir secouru sa collègue : « Les élèves sont venus me chercher. On a eu peur, mais elle est partie consciente », a-t-elle expliqué. Au sein du corps enseignant, c’est « la stupéfaction, le choc. Les collègues sont en larmes. On ne s’attendait pas du tout à ça dans un collège privilégié, tranquille », déplorait-elle.

    « Il faut mettre plus de moyens humains notamment pour le contrôle des sacs. C’est un collège d’une petite ville, on n’est pas à l’abri de ce type d’acte dans n’importe quel établissement », s’est ému Dominique Queyroulet, représentant du Snes-FSU dans le Var. Du côté des parents d’élèves « on ne comprend pas. Ma femme et ma fille ont eu cette professeure lorsqu’elles étaient au collège, elle est super gentille (sic). On est une grande famille, les Sanaryens. Il va falloir se soutenir face à ce traumatisme », déplore Roland.

    Les élèves ont quant à eux été rapidement sortis de classe, puis regroupés dans la cour de récréation, avant d’être progressivement évacués à partir de 15h30. Ce mercredi, les cours n’auront pas lieu, mais une cellule psychologique a été mise en place, ainsi qu’un « accueil organisé par le collège pour les professeurs, mais aussi pour les enfants qui en ressentent le besoin », a précisé le préfet du Var Simon Babre. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est quant à lui rendu sur place dans la soirée.

  • Airways Aviation : une centaine d’élèves lésés à Montpellier

    Airways Aviation : une centaine d’élèves lésés à Montpellier

    Fragilisé par un incendie criminel ayant endommagé une grosse partie de la flotte DA40/DA42 en mai dernier, Airways aviation vient tout juste d’être placé en liquidation judiciaire. La direction indique faire son possible pour limiter les dégâts, mais pour l’heure, une centaine d’élèves sont sur le carreau, dont une partie littéralement endettée…

    Pour Icham, apprenti pilote de ligne, le choc est brutal. « Je suis originaire de Nouvelle-Calédonie, j’ai payé le 9 janvier, je suis arrivé en France le 11 janvier… Et ma rentrée devait avoir lieu le 15 janvier mais la veille, on m’a annoncé que l’école était en redressement judiciaire », raconte-t-il. « Je n’avais pas connaissance des difficultés financières de l’école ». La fermeture de l’école pèse également lourdement sur le temps et les finances des élèves. Engagé dans un prêt étudiant, Icham sait que l’échéance approche. « Dans deux ou trois ans, je devrais commencer à rembourser. Cette interruption me retarde, car il faut maintenant trouver une autre école », explique l’étudiant. Mais contrairement à nombre de ses camarades, l’étudiant devrait récupérer ses deniers, son inscription ayant eu lieu pile au moment du redressement, et son virement ayant été effectué sur des comptes bloqués.

    À l’inverse, certains élèves ont déjà investi entre 50 000 et 60 000 euros, sans garantie de remboursement. Pire, le jeune Mathis, 25 ans, a quant à lui déboursé 96 000 euros… « À l’heure actuelle, l’école me doit plus de 18 000 euros et nous n’avons quasiment aucune chance de les récupérer », détaille-t-il. Désormais sans école, il doit se contenter d’une licence de pilote commercial, un diplôme insuffisant pour intégrer une compagnie. « Les autres écoles proposent une continuité de formation autour de 25 000 euros, que je ne peux pas financer », ajoute l’étudiant, qui doit encore rembourser un prêt étudiant sur dix ans…

    Vers un transfert d’élèves ?

    La direction a évoqué de possibles transferts vers d’autres écoles du groupe. Une promesse dont les élèves attendent encore la concrétisation. Et quand bien même, de nombreux obstacles demeurent : coûts de déménagement, démarches administratives, reconnaissance des modules déjà validés… sans compter les questions de visa pour les élèves étrangers.

    La fermeture d’Airways Aviation Academy révèle les failles du système de protection des étudiants dans les établissements privés de formations aéronautiques. À la différence d’autres secteurs de formation professionnelle, les écoles privées de pilotage ne disposent pas de fonds de garantie pour assurer les élèves en cas de défaillance de l’établissement, comme l’ont montré les faillites successives d’Airways College ou Paris Flight Training. Les étudiants lésés n’ont d’autre recours que ceux prévus par la procédure de liquidation judiciaire.

    Pour les élèves d’Airways Aviation, l’attente s’annonce longue, et l’issue incertaine.

  • [Vidéo] À Marseille, Soprano parle santé mentale avec les minots

    [Vidéo] À Marseille, Soprano parle santé mentale avec les minots

    C’est pas tous les jours qu’on voit une star à l’école. » Les minots de l’école l’Estaque Gare ont reçu le rappeur Soprano comme il se doit : avec des étoiles plein les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles. Et surtout de chauds applaudissements quand il rentre dans la salle. « J’ai vécu dans les quartiers Nord, juste à côté. Je venais ici souvent pour la plage, je connais par cœur le secteur : là où vous grandissez, c’est un peu l’endroit où j’ai grandi aussi », lance la rock star du jour de l’école.

    Sauf qu’il ne vient pas pour un showcase mais en tant qu’ambassadeur de l’Unicef. Une organisation qui lui tient à cœur et surtout pour une cause qui lui est chère : la santé mentale des enfants. « Les enfants sont l’avenir, ils ont le potentiel de faire mieux que nous. L’Unicef me donne l’occasion de leur dire directement », explique-t-il, rappelant ses voyages en Côte d’Ivoire et aux Comores avec l’organisme de l’ONU. Forcément les minots sont excités comme des puces, les questions fusent et toutes ne parlent évidemment pas de santé mentale. « Pourquoi as-tu voulu devenir chanteur ? », lance l’un. Quand une autre demande : « Quelle a été le clip le plus dur à réaliser ? ». Mais le fond est bien là et les questions des enfants sont plus que pertinentes : « Quelle est la différence entre les adultes et les enfants pour la santé mentale ? ».

    « Lutte contre la noirceur »

    « On peut rencontrer des difficultés différentes en fonction de l’âge », rassure Jeanne Royer, coordinatrice pour l’Unicef. « Qu’importe l’âge ou le sexe, il y a des hauts et des bas dans la vie. Même pour les stars, il y a des passages à vide », abonde Soprano. Avant de se confier : « J’ai eu plein de problèmes avec la santé mentale. À force de tout le temps sourire, de dire que tout va bien […], on garde tout et l’on devient fragile, on rentre dans une parano. » Référence à ses dépressions et « sa lutte contre la noirceur » largement évoquée dans certains de ses chansons comme Mes Pensées ou Fragile.

    Pas refroidis par le sujet, les minots parlent même directement de harcèlement au collège et demandent au rappeur s’il en a été victime. « Moi non, mais j’ai vu que les harceleurs n’étaient pas toujours conscients qu’ils font du mal. Et les harcelés ont du mal à le dire. J’étais l’épaule de mes amis harcelés et je grondais mes collègues qui harcelaient », répond le rappeur. In fine, lui et l’Unicef insistent sur « l’importance d’en parler, de partager, d’alerter ».

    Si la visite est un franc succès, elle se fait dans un cadre bien spécifique : la 7e édition de la consultation nationale de l’Unicef avec un questionnaire dédié pour les 6-18 ans. La précédente édition portait sur les « privations et le déficit de protection » et avait récolté 16 203 réponses dans 1 800 villes. Catherine, bénévole à l’Unicef explique la démarche, avant la venue de Soprano : « On a passé la matinée à faire des ateliers par deux avec les élèves, en présence de la maîtresse pour le cadre. On adapte le vocabulaire et on simplifie les idées comme le fait Soprano, pour répondre aux questions des enfants. »

    En tout cas, les minots en ressortent convaincus. « Soprano nous a appris ce que c’était la santé mentale », relate Thaliyam, 9 ans, avec un brin de fierté. Son ami Gabriel, rajoute : « C’était trop bien, il nous a dit qu’il fallait en parler aux adultes si on avait des problèmes. » Mina, bientôt 11 ans va dans le même sens : « On a compris qu’on doit partager nos besoins et nos émotions. » Et surtout : « C’était mieux de le voir en vrai qu’à la télé ! ».

    « L’important c’est d’en parler, de partager, d’alerter »

  • À Miramas, l’éducation est le « premier poste de dépense »

    À Miramas, l’éducation est le « premier poste de dépense »

    À Miramas, près d’un tiers du budget est dédié à l’éducation. « 31% », précise le maire sortant candidat à sa succession Frédéric Vigouroux (DVG). « C’est le premier poste de dépense de la Ville, c’est une priorité absolue depuis toujours », affirme-t-il. En 2025, 8 millions d’euros de fonctionnement ont été alloués aux 24 écoles publiques de la commune, qui drainent 130 classes et 2 900 élèves. « Ça représente 2 044 euros par enfant, alors que c’était 1 936 euros en 2024 », précise l’élu.

    En septembre 2021, la commune est labellisée Cité éducative, un dispositif d’État, créé en 2019, pour renforcer l’accompagnement des jeunes de 0 à 25 ans des quartiers prioritaires grâce à une grande alliance des acteurs du secteur, qu’ils soient institutionnels ou associatifs. « Nous avons d’emblée choisi de le faire sur l’ensemble de la ville avec une position qui est de dire que tous les enfants n’ont pas les mêmes niveaux sociaux, mais beaucoup ont les mêmes problèmes, explique Frédéric Vigouroux. (…) Pour nous l’école doit être un lieu d’égalité et de laïcité, et l’éducation, c’est offrir aux enfants un ensemble de programmes d’accompagnement pour qu’ils aient tous les mêmes chances. » 19 groupes scolaires du 1er degré et six établissements du 2nd degré sont concernés.

    Depuis, de nombreuses actions ont été financées par la subvention de l’Éducation nationale de 375 000 euros, à laquelle la municipalité rajoute près de 112 000 euros de sa poche. Parmi les réalisations : de la sensibilisation sur les usages des réseaux sociaux, l’événement « Athlé dans la cité » ou encore le Festival de la petite enfance et de la parentalité, pour n’en citer que trois. « On travaille sur tous les aspects émancipateurs de la vie d’un jeune en incluant les parents, détaille le maire. Le sport, la culture, les sciences, le numérique, la santé par l’alimentation… »

    Une unité de préparation culinaire

    Sur ce dernier sujet, Frédéric Vigouroux a de grandes ambitions. D’ici deux ans, une unité de préparation culinaire devrait être construite en partenariat avec Saint-Chamas sur un terrain d’ores et déjà acheté, situé au Nord de la ZAC des Molières. « Nous sommes en recherche de subventions, nous en avons déjà mais il nous en faut d’autres, révèle l’élu. L’idée, c’est d’avoir du bio et du local dans les assiettes de nos enfants, ce qui résonne avec notre volonté de pouvoir accueillir des exploitants et notamment des maraîchers sur nos terres. »

    La Ville met également la main à la poche pour financer les projets pédagogiques des établissements scolaires. « Ce n’est pas dans notre compétence, mais nous aidons aussi parfois les collèges pour que le coût résiduel des parents ne soit pas trop élevé et que tous les élèves puissent participer sans que leur milieu social ne soit un frein », glisse Frédéric Vigouroux.

  • Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Dans une petite salle en rez-de-chaussée du bâtiment DB27, sept collégiennes en cercle se font passer un cri. D’abord crispées, secouées de rires nerveux, elles finissent par se prendre au jeu, guidées par Christine Hinque. L’exercice peut avoir l’air loufoque, mais l’intervenante, spécialisée en théâtre d’improvisation, explique : « Ça donne l’autorisation aux filles de prendre le pouvoir en faisant tomber les barrières ».

    Et des barrières, dans l’orientation ou le monde du travail, il y en a pléthore. Qu’elles soient réelles ou intériorisées. C’est pour les faire tomber que la direction de la communication du site fosséen d’ArcelorMittal a créé, en 2015, le réseau Femmes de steel qui organise chaque année une journée de découverte des métiers industriels. Depuis son lancement, le collectif a touché 780 jeunes filles. Ce mardi 27 janvier, c’était au tour de 131 collégiennes et lycéennes de six établissements de Fos-sur-Mer, Istres, Martigues, Châteauneuf-les-Martigues et Arles de visiter les installations et d’expérimenter les postes de l’aciérie.

    Des représentations genrées

    Emy et Chloé, en 3e au collège des Amandeirets, n’avaient jamais vu de près les hauts-fourneaux. Fascinées par les EPI (équipements de protection individuelle), elles se font tirer le portrait devant une immense photo de la coulée continue. Les deux élèves apprécient l’événement, bien qu’elles sachent ce qu’elles veulent faire plus tard : « Criminologue et organisatrice d’événements, plus particulièrement de mariages ». « On n’a pas le cerveau pour faire des sciences techniques », justifient-elles.

    Un préjugé qui a la peau dure. La référente égalité du collège Alphonse Daudet, à Istres, témoigne : « J’ai réalisé l’an dernier à quel point les représentations sont genrées. Je suis hyper attentive en conseils de classe et je me rends compte que beaucoup de filles partent dans le social et l’esthétique, tandis que les garçons pensent plutôt à des filières techniques de niche ». Géraldine Dautheribes, professeure de technologie dans le même établissement, glisse : « Ce n’est pas vraiment un choix qu’elles font, puisque l’aide à la personne et l’esthétique ça n’a rien à voir. On ne leur propose que ça, alors que plein de choses existent, à nous de leur montrer ».

    Sa collègue reprend : « On a l’impression que les filles choisissent par dépit dans le petit univers qu’on leur donne. Il faut faire venir des représentations de femmes dans plein de métiers différents, pour qu’elles aient des modèles ».

    29% des embauches

    en 2025

    Pour Chloé Gros, responsable du service maintenance électro-mécanique du département logistique d’Arcelor, cette journée Femmes de steel permet aux élèves de se faire une image réelle de l’industrie, parfois fantasmée, et d’avoir « des points de contact dans l’usine avec un ancrage féminin ». « Les rencontres, ça change tout, ça peut susciter un intérêt et être une porte d’entrée dans le secteur », poursuit-elle. Fanny en sait quelque chose. Elle est venue découvrir l’aciérie il y a quelques années dans le cadre du réseau et travaille désormais dans la préparation de travaux en maintenance.

    Isabelle Cristini, directrice des ressources humaines du site, perçoit une dynamique positive dans la course à la parité. « Le comité de direction compte 50% de femmes, tout comme le conseil d’administration », affirme-t-elle. L’entreprise s’impose l’égalité pour ce qui relève des jobs d’été et des contrats GEIQ de réinsertion.

    Certaines disparités persistent néanmoins, notamment sur les postes techniques. À Fos, les femmes représentent 10% des effectifs dans l’usine, 30% des contrats de stage et 29% des embauches en 2025. Une part qui atteint les 40% concernant les recrutements de cadres. « On a ces chiffres car on a très peu de candidates », explique Isabelle Cristini.

    D’où l’intérêt du réseau Femmes de steel. Et cette journée porte ses fruits ! Selon une enquête menée par ArcelorMittal à la fin de chaque édition, 56% des participantes affirment que l’événement les a aidées à faire un choix dans leur orientation. 22% disent avoir envisagé un métier technique avant de mettre les pieds dans l’aciérie, un chiffre qui augmente de 8 points à la fin de la découverte, les secteurs de la digitalisation, de la chimie ou de l’ingienérie étant les plus cités.

  • Faute de financements, le festival Cin’Edison de Lorgues est menacé

    Faute de financements, le festival Cin’Edison de Lorgues est menacé

    C’est devenu un rituel de début de printemps pour plus de 2 000 élèves de Lorgues et de la Dracénie, des écoles primaires, de l’IME de Salernes, du Contrat local d’accompagnement à la scolarité (Clas), du collège, du lycée et aux étudiants de BTS du bassin. Depuis dix ans, au mois de mars, le festival Cin’Edison, porté par la mairie et le Ciné’Bleu de Lorgues, ainsi que par la cité scolaire Thomas-Edison, leur permet de découvrir le cinéma et ses métiers sous de nombreux aspects : ateliers pédagogiques, rencontres avec des réalisateurs, techniciens, monteurs, scénaristes et distributeurs, et surtout, projections de dix films récents ou en avant-premières suivies de moments d’échanges avec les équipes du film, afin de mieux appréhender l’œuvre, sa genèse, sa réalisation et de développer l’esprit critique.

    L’événement vise par ailleurs à sortir des sentiers battus en initiant les jeunes au cinéma d’art et d’essai, et à mettre en pratique leurs apprentissages à travers les concours d’affiches, de bandes-annonces et de courts-métrages. Ces derniers sont réalisés de décembre à février et présentés lors d’une soirée dédiée, en mars, à la fin de la semaine de festival, au cours de laquelle le public, entièrement constitué d’élèves, vote pour son film préféré. C’est aussi l’occasion pour eux de prendre part aux débats avec des adultes en faisant partie du jury qui décernera un prix. Enfin, une masterclass, encadrée par le LAV (Lorgues Animation Vidéo), réalise des interviews et propose des courts reportages des moments forts du Festival, pour une couverture complète et une découverte du milieu médiatique.

    Mais la 11e édition, qui doit se tenir du 20 au 27 mars, pourrait ne jamais avoir lieu. La faute à un manque de financements, dans le contexte de la baisse généralisée des subventions à la culture, matérialisé par la suspension, puis la réattribution tardive du Pass Culture en 2025, une baisse de 50% du budget du festival, et des incertitudes majeures sur les financements EAC (Éducation Artistique et Culturelle) pour l’année 2026.

    Un financement participatif en cours

    Pour y remédier, l’équipe d’organisation lance un appel au financement participatif, via « Trousse à Projets », plateforme officielle de l’Éducation nationale. Le principe est simple : un don de 5 euros = une place de cinéma offerte à un élève. L’objectif est de récolter a minima 8 000 euros d’ici le 9 janvier pour pouvoir assurer la survie de l’événement. « Cin’Edison est bien plus qu’un festival : c’est souvent la première rencontre des élèves avec le cinéma. Un moment de découverte, d’expression et de partage. Nous avons besoin de la mobilisation de tous pour que cette aventure continue d’exister », conclut l’organisation.

    Cagnotte sur trousseaprojets.fr et sur la page instagram @Cinebleu

  • La laïcité comme vecteur de vivre-ensemble au collège

    La laïcité comme vecteur de vivre-ensemble au collège

    Une vraie ruche. Le hall du collège Coutarel d’Istres était rempli d’élèves de toutes les classes jeudi après-midi à l’occasion de la journée de la laïcité organisée par l’établissement. Dès l’entrée, l’exposition du Département sur le sujet se présente avec explications. « Avant l’Église intervenait dans les affaires de l’État », présente un professeur à ses élèves. « Il y a une loi pour séparer l’Église et l’État en 1905. Une loi est une obligation, sinon punition. Mais la laïcité n’est pas une loi, c’est un principe moral qui doit être respecté par tout le monde », nuance-t-il.

    Outre ce principe, on y parle aussi de harcèlement, de culture provençale comme japonaise, de religion aussi. On peut aussi manger un bout de saucisson à la table corse. À cette table, quatre élèves s’activent à distribuer verres d’eau et tranches de lonzo. Mais ce n’est pas seulement de gourmandise dont il s’agit.

    « Ce moment sert surtout à réunir tout le monde, peu importe son origine ou sa religion, pour s’amuser » avance Nikki Jezewski, élève de 3e. « Ça nous oblige à être en groupe, ensemble, à discuter », complète sa sœur Luan. Loredana Rodrigues, amie des deux précédentes, fait remarquer que « certains peuvent envoyer de la haine. Mais nous, on essaie de sympathiser quand même ». Est-ce que c’est ça le vivre-ensemble ? « oui c’est ça en fait », répond directement la jeune fille, « les gens ont leur histoire et la laïcité c’est pas être ami avec tout le monde, c’est respecter les autres et pas les juger ».

    « Réunir les gens »

    Leur réflexion sur la laïcité ne s’arrête pas là. « Ça permet aussi de réunir les gens pour vivre sans problème car il n’y a que ça dans le monde », reprend Nikki Jezewski. « Et sans TikTok » lance Loredana Rodrigues, « y’a des gens ça leur monte à la tête et ils deviennent violents ou harceleurs », estime-t-elle. Luan Jezewski nuance : « Les réseaux peuvent aider certains à s’ouvrir, mais d’autres c’est le contraire et sortent ce qu’il y a de moche en eux.»

    À entendre ces paroles, la principale Isabelle Décoret se dit « touchée que ces élèves dans notre établissement dit violent prouvent qu’il y a des valeurs auxquelles elles croient ». « Cet enseignement quotidien fait partie de leur parcours de futurs citoyens », estime la principale. Son adjointe Nathalie Reiniche parle d’en faire « une expérience tactile, et non un cours frontal ». « La laïcité est souvent abîmée car mal comprise. Avec cette expérience, ils peuvent se l’approprier, et ce dès la sixième », conclut-elle.

    Un travail nécessaire selon Carine Benarous, du stand du centre culturel Edmond-Fleg, présente pour expliquer la fête juive de Hanouka. « Il y a de l’incompréhension et une recrudescence de l’antisémitisme. Mais les enfants sont des éponges, il faut leur en parler », estime l’intervenante, « la laïcité nous permettant d’être ce qu’on est ».

    Et de vivre, échanger, partager ensemble.

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