Tag: Elections municipales 2026

  • [Maj] À Avignon, les écologistes votent pour la stratégie en vue des municipales

    [Maj] À Avignon, les écologistes votent pour la stratégie en vue des municipales

    Après un premier vote en juin dernier qui avait désigné Sabah Badji comme cheffe de file des écologistes pour les élections municipales de mars prochain, les militants sont retournés aux urnes ces mercredi 29 et jeudi 30 octobre.

    Pour rappel, Sabah Badji est dans la tourmente du district de football du Grand Vaucluse, où elle était notamment présidente de la commission d’arbitrage. Le 25 août dernier, sur décision de la commission de discipline, elle a été exclue pour cinq ans de toute activité dans les instances, en raison d’accusations de tentative de corruption, fraude ou encore de faux et usage de faux.

    La direction nationale du parti, suite à ces révélations, a mis sous tutelle la section avignonnaise et organisé ces nouvelles élections, dont le résultat sera communiqué ce vendredi 31 octobre.

    Communiqué au vitriol

    Dans un communiqué au vitriol, Sabah Badji affirme être victime d’une « campagne de déstabilisation politique, clairement organisée et alimentée depuis l’intérieur même de mon mouvement pour m’écarter en tant que cheffe de file ». Sabah Badji confirme également qu’une nouvelle « procédure, toujours dans le cadre du district Grand Vaucluse, est relancée » contre elle, tout en assurant avoir « été blanchie par la Ligue Méditerranée de football ».

    Sabah Badji ajoute que, suite au vote interne l’ayant nommée à la tête des écologistes, « un groupe d’arrivistes comprenant des élus locaux qui s’accrochent à un espoir de strapontins essayent par tous les moyens de me salir ». Elle énumère, sans nommer, « un élu déjà condamné par la justice, une élue auteure de mails à caractère raciste et un militant qui, précédemment, était sur une liste RN ». Elle conclut que « les Avignonnais méritent mieux que des compromissions et des ambitions personnelles » et qu’elle est et « reste cheffe de file élue démocratiquement » pour poursuivre sa « mission, qui est de défendre nos valeurs dans l’intérêt de nos concitoyens ».

    Contacté, Jean-Pierre Cervantès n’a pas pu répondre à nos sollicitations. L’enjeu du vote entre les deux camps se porte notamment sur la liste à rallier dans les mois à venir. Sabah Badji penche pour un soutien à la candidate LFI, Mathilde Louvain, tandis que le camp de Jean-Pierre Cervantès semble plus proche du Parti socialiste.

  • [Rue de la République] Sébastien Barles : « Deux listes à gauche à Marseille, c’est une oxygénation démocratique »

    [Rue de la République] Sébastien Barles : « Deux listes à gauche à Marseille, c’est une oxygénation démocratique »

    les Municipales

    Didier Gesualdi : Serez-vous candidat à la mairie de Marseille ?

    Aujourd’hui, nous avons monté avec des militants écologistes qu’ils viennent des Verts ou de l’extérieur, des citoyens actifs pour la transformation de la ville, un collectif qui s’appelle Vaï Marseille. On part du constat que la question écologique est reléguée dans notre ville, mais plus largement au plan national et qu’il faut la remettre au cœur du débat public, avec des propositions que l’on souhaite formuler dans le cadre de la future campagne notamment.

    Didier Gesualdi : En tête de liste ? Derrière ? À côté ? Vous avez pris votre décision ?

    Vaï veut s’impliquer dans la campagne en tout cas, c’est évident. On a une assemblée le 6 novembre pour arrêter la stratégie. On pense qu’au bout de cinq ans d’exercice du pouvoir, si on en tire un bilan, on peut considérer que le chantier de la réparation de Marseille a été entamé. On a pris à bras-le-corps le chantier des écoles, qui étaient la honte de la République. On a assaini l’administration qui aujourd’hui fonctionne. Dieu sait que l’héritage était compliqué.

    Didier Gesualdi : Vous avez un pied hors du Printemps marseillais, mais pas encore les deux ?

    Ce que je veux dire, c’est que le chantier de la réparation de la ville a été pris en compte, mais pas celui de sa transformation. C’est la question de l’écologie, du verdissement de notre ville, de la place de la voiture, de la transformation des activités pour générer des emplois non-délocalisables. On voit bien que ce chantier a été un peu délaissé. Il y a des handicaps, certes, le fait que la Métropole ne soit pas dans nos mains, mais aussi une volonté politique qui n’est peut-être pas suffisamment forte. Ce qu’on veut réaffirmer, via le collectif Vaï, c’est la place de la question écologique.

    Léo Purguette : Cette démarche vous a valu d’être suspendu de votre parti. N’avez-vous pas le sentiment d’avoir franchi une ligne rouge ?

    Personnellement, pas du tout. Je pense que c’est un cadeau que m’a fait la direction des écologistes en me suspendant quand on voit l’état du parti aujourd’hui, enlisé dans les affaires, dans de l’entrisme, dans des guerres intestines… Je suis très content qu’avec des amis, on ait fondé ce collectif Vaï. Il produit des actions de terrain, ce que ne font plus, malheureusement, les écologistes.

    LE PARTI ÉCOLOGISTE

    Léo Purguette : Vous parlez d’entrisme chez les écologistes, de la part de qui ?

    L’entrisme, on sent que c’est téléguidé par une partie des forces du Printemps marseillais, donc c’est une perte de souveraineté pour notre mouvement. Ce ne sont pas des écologistes, ce sont des personnes qui sont des supporters du Printemps marseillais et d’abord du Printemps.

    Didier Gesualdi : Ça vient du Parti socialiste ?

    Ça, je ne peux pas le dire. En revanche, on sait qu’ils viennent pour avoir un parti écologiste le plus faible possible parce qu’on sait que, parfois, les écolos sont des empêcheurs de gérer en rond.

    Léo Purguette : Mais pourtant c’est votre parti, au niveau national, qui vous sanctionne. Il y a de l’entrisme au niveau national ?

    Non, il n’y a pas d’entrisme au niveau national, mais ce sont des jeux un peu boutiquiers. Le fait qu’il faille dealer Marseille contre Lyon ou d’autres villes pour avoir un soutien du Parti socialiste.

    Ce sont des choses que je réprouve. Souvent, notre ville a été traitée comme ça dans son histoire. C’est un rapport colonial que beaucoup de personnes et le pouvoir central ont à la ville. Les Verts qui y vivent sont intéressants parce que ce sont des paquets de cartes pour les congrès, mais s’intéresser réellement à la deuxième ville de France en y faisant exister les écologistes, c’est peut-être secondaire pour la direction nationale. Je le regrette.

    Léo Purguette : Marine Tondelier candidate à la présidentielle, vous en pensez quoi ?

    Elle a joué un rôle majeur dans la séquence du NFP, avec sincérité. Elle se confronte au RN avec courage à Hénin-Beaumont. Maintenant, sa démarche me semble un peu précipitée.

    BENOÎT PAYAN

    Didier Gesualdi : Pourquoi n’êtes-vous pas allé voir le maire, dont vous êtes l’adjoint, pour lui dire que le compte n’y est pas en matière écologique ?

    Sincèrement, pendant cinq ans, on a monté un groupe écologiste et citoyen pour se poser en aiguillon, pour convaincre le maire, la majorité, d’avancer sur ces questions. On a alerté sur des renoncements de la part du Printemps marseillais. Je pense à la réquisition des logements vacants, à la volte-face qu’on a faite sur le tout-sécuritaire et la vidéosurveillance, sur la Sodexo…

    Didier Gesualdi : Vous trouvez qu’il y a trop de sécurité à Marseille ?

    La sécurité, c’est une centrale pour les gens, le problème, c’est que le paradigme qu’on choisi est celui de la fuite en avant sécuritaire avec de la vidéosurveillance, y compris algorithmique. Elle est très dangereuse selon entre quelles mains on la met et demain, on ne sait pas dans quelles mains elle sera, avec du contrôle social potentiel. Des alertes sont émises par des spécialistes du sujet. Sur la tranquillité publique, ce qu’on dit, c’est plus de présence humaine.

    Léo Purguette : Mais le Printemps marseillais a doublé les effectifs de policiers municipaux !

    Le Printemps marseillais dit effectivement avoir doublé les effectifs, il y a de l’îlotage qui revient, mais les moyens mis sur la vidéosurveillance nous empêchent de mettre plus de moyens sur la prévention, sur les associations…

    LFI

    Didier Gesualdi : LFI fait parfois figure d’épouvantail, ça ne vous inquiète pas ?

    Je ne suis pas certain. La France insoumise peut amener des gens et ramène des gens aux urnes. On l’a vu aux européennes, une élection où peu de gens votent. Oui, LFI est dédiabolisée par une partie de la classe politique et médiatique, mais je n’arrive pas à comprendre. Ce qui me rend fou, c’est qu’il n’y a plus de digue entre la droite dite républicaine et le RN.

    Léo Purguette : La stratégie du bruit et de la fureur et la volonté de présenter des listes partout contre des maires de gauche sortants ne va-t-elle pas aboutir à faire gagner la droite et l‘extrême droite ?

    Dans ce que j’entends des responsables de la France insoumise, c’est qu’ils défendent l’arc NFP dans toutes les villes et qu’au second tour, ils choisiraient des alliances avec des forces de gauche, encore faut-il qu’elles acceptent une alliance avec eux. Je n’accepte pas les deux gauches irréconciliables.

    L’ÉCOLOGIE

    Léo Purguette : Un brouillage des repères s’installe. Fabien Perez, qui siège avec vous, organise des événements avec Christophe Madrolle, qui siège avec la droite à la Région. L’électorat écologiste y comprend-il encore quelque chose ?

    Je suis bien d’accord. Je pense que ce qui porte préjudice à ma famille politique, à ce parti qui était censé représenter l’écologie politique, c’est le fait qu’il n’y ait pas eu de clarification. Moi, je défends une écologie sociale, une écologie de la libération, une écologie qui croit en l’émancipation, une écologie de rupture qui ne peut pas cohabiter avec une écologie d’accompagnement. Même si, bien sûr, sur les territoires, on peut se mettre d’accord sur quelques mesures. Sur la Métropole, par exemple, avec Christophe Madrolle peut-être qu’on peut défendre le RER métropolitain, mais on voit bien que dans la conception économique, dans le modèle qu’on défend, ce n’est pas la même chose. Peut-être que certains voudront défendre l’hydrogène vert qui participe à une économie mondialisée et hyper-concentrée alors qu’il faut des modèles plus axés sur les besoins du territoire.

    LES ALLIANCES

    Léo Purguette : Invité sur ce plateau, Renaud Muselier nous disait qu’il vous voyait vous rapprocher de LFI. Est-ce que c’est vrai ?

    Ce qui est certain, c’est qu’on souhaite qu’il y ait un second souffle, un nouveau souffle, dans la future majorité. Très clairement, je défends une majorité qui embrasserait l’arc du NFP, donc l’ensemble des forces de gauche et citoyennes.

    Didier Gesualdi : Il a du plomb dans l’aile le NFP au plan national.

    Oui parce que, malheureusement, les forces de gauche donnent un mauvais spectacle. En revanche, le programme porté répond en partie aux colères sociales, à la justice climatique… Donc ce programme moi, j’y crois encore. Beaucoup de citoyens souhaitent cette unité des forces de gauche.

    Léo Purguette : À Marseille aussi !

    Mais à Marseille, moi je défends cet arc aussi. Après, il faut dédramatiser. On n’est pas dans un contexte national. Sur une législative, il faut s’unir presque dès le premier tour. Il faut faire front par rapport au risque RN, mais il y a deux tours et un seuil de qualification à 10%. S’il y a deux listes à gauche, ce n’est pas très gênant. Aucune ville à gauche n’a été gagnée avec une seule liste au premier tour.

    Didier Gesualdi : Vous aviez tenté l’expérience, en 2020, avec quel résultat ? Il ne vous a pas permis de vous maintenir.

    9% sur la ville. Un résultat qui nous a permis de rentrer dans la majorité. Effectivement, la division des écologistes a produit le résultat que je déplore aujourd’hui, c’est-à-dire que la question écologique a été un peu délaissée…

    Léo Purguette : Deux listes d’extrême droite se profilaient, mais il n’y en aura qu’une seule. Est-ce que cela n’alourdit pas la menace RN ?

    Il y a une vraie menace, j’en suis convaincu. La réforme du mode de scrutin doit nous responsabiliser encore plus. Une liste peut gagner à 37%. On a vu le score extrêmement élevé du RN aux européennes donc il y a une vraie menace dans notre ville. Je crois que se poser en rempart, le front républicain, ça ne marche plus. On l’a éprouvé. Malheureusement, il n’y a pas de changement. Il faut y répondre par un projet plus radical. Il faut qu’on arrive à produire une offre au premier tour, radicale, qui réponde à ceux qui sont en colère ou se trompent de colère. C’est une oxygénation démocratique pour la ville. Il faut que ce second mandat soit celui de la transformation de notre ville. On voit la montée du techno-fascisme partout, il faut que les territoires soient des espaces de résistance, des laboratoires d’autonomie. Notre ville peut être celle du cosmopolitisme.

    LE VOTE RN

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous dites aux Marseillais qui votent massivement RN dans des quartiers dans lesquels on ne s’y attend pas forcément, comme les Accates ou la Valentine ? Ils sont loin de vos préoccupations écologiques, non ?

    Je n’en suis pas certain. Je me souviens justement d’avoir manifesté aux Accates pour la préservation des terres naturelles, à la Valentine contre une plateforme logistique et le tout-camion. Il y avait des CIQ, des riverains et peut-être que parmi eux, il y avait des personnes qui votent RN. Je pense que c’est par la proximité, la radicalité, la rupture avec un modèle libéral-productiviste, dont ils ne peuvent plus et qui est géré par des politiques de gauche comme de droite de la même façon. Il faut répondre à ces colères-là.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Joseph Camilleri :

    Bonjour, pourquoi ne pas imaginer d’envisager que les bateaux de croisière ne puissent accoster aux abords de l’Île du Frioul plutôt que le port, afin d’éviter les tonnes de CO2 ? Merci.

    Il y a une vraie dépossession des Marseillais au niveau du Port. On voit bien qu’il y a un ras-le-bol de ce tourisme de masse des croisiéristes et qu’il faut imaginer un autre modèle. Il faut donc un scénario de sortie du croisiérisme qui ne doit pas être qu’à Marseille, mais sur la Méditerranée. On voit bien que d’autres villes, Venise, Naples, Gênes, Barcelone… ont imaginé une sortie de ces navires de leurs ports. Il faut des alternatives à ce modèle de tourisme insoutenable. Ça passe par une réglementation de la taille des navires et une reconversion. Je pense qu’on peut imaginer des activités autour des énergies marines comme l’énergie houlomotrice, on a des chercheurs à Marseille qui travaillent là-dessus. Ça passe aussi par de l’économie circulaire, en utilisant le foncier du Port et y compris les travailleurs du Port pour plus de circularité. C’est à long terme, mais tout cela se planifie. Ce qui est déplorable c’est que le Port, c’est-à-dire l’État, gère ça comme un notaire, en valorisant au mieux son foncier, en allant sur un projet de croisiérisme de luxe sur le J4. C’est inconcevable que cet espace soit à moitié privatisé avec d’un côté les ultra-riches, qui auraient leur super vue, et de l’autre les Marseillais qui auraient une perspective entravée par des gros navires.

  • [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    La Marseillaise : Avec vos nominations pour diriger la campagne de Martine Vassal il y a deux semaines, c’est le choix d’un équilibre entre les tendances politiques et les générations qui s’est fait ?

    Laure-Agnès Caradec : C’est le binôme des tendances, parce qu’on va d’une droite clairement affirmée au centre et aux écologistes modérés. Et une Génération pour Marseille incarne cette nouvelle génération qui a envie de se battre pour Marseille, qui est force de propositions. Après, il y a ceux qui ont l’expérience de plusieurs campagnes, la connaissance de cette ville, des dossiers. C’est un bon complément. L’objectif, c’est de mettre le pied à l’étrier à une nouvelle génération, c’est la transmission.

    Romain Simmarano : Il y a l’équilibre et il y a l’offensive ! C’est une façon pour Martine Vassal de dire : mon équipe est prête, on peut lancer immédiatement une campagne de conquête de la deuxième ville de France, qui aujourd’hui souffre, est en difficulté, mais mérite qu’on donne une perspective. Dès notre nomination, nous avons mis en place l’ossature de cette campagne. Au fil des mois qui s’annoncent, nous allons faire beaucoup de propositions, chacune bien ciselée, travaillée, financée, argumentée pour montrer qu’un autre destin est possible et que nous ne sommes pas obligés de nous contenter de ce à quoi on a assisté depuis cinq ans.

    Lancer cette nouvelle génération,
    ce n’est pas aussi une façon de tourner la page des années Gaudin, voire de préparer plutôt
    les municipales de 2032
     ?

    R.S. : Personne ne se détermine ni par rapport au passé, ni par rapport à un futur incertain. On se détermine par rapport à 2026. C’est le dernier virage pour éviter le déclin de Marseille, l’opportunité de saisir la balle au bond d’un vrai renouveau. Cette promesse du Printemps marseillais a été trahie et bafouée par Benoît Payan.

    On a vu ce « socle commun » éclater au niveau national. Au niveau local, Sabrina Agresti-Roubache fait des vagues, Frédéric Collart
    s’est lancé… Ça va tenir
     ?

    L.-A.C. : Il y a peut-être des individualités. Mais tous les blocs politiques sont alignés pour faire une large union et mener campagne. Nous avons commencé tous les samedis à aller tracter, à aller à la rencontre des Marseillais. Personne ne se pose la question de la couleur politique. Et tous les samedis nous sommes nombreux dans chaque secteur, c’est le signe de cet enthousiasme autour de notre candidate Martine Vassal.

    R.S. : Aucune aventure individuelle ne permettra de régler les problèmes de Marseille. Seule l’unité compte, seul le collectif est capable de transformer une ville comme la notre.

    Face à l’extrême droite, Bruno Retailleau avait appelé à ne pas voter pour le PS. Vous comptez faire pareil à Marseille ?

    R.S. : Les élections qui se préparent vont être profondément marquées par le désordre national auquel nous assistons collectivement. Il faut être capable de dire que ce désordre n’est pas le notre, et que la bataille du premier tour n’est pas celle du second tour. Si on veut être cohérent, il faut être capable de parler de ce qu’on propose, pas des autres. Le temps du second tour viendra et chacun saura prendre ses responsabilités.

    Le départ des Galeries Lafayette est au cœur de l’actualité. On peut se contenter comme projet d’un référendum avec des images par intelligence artificielle ?

    R.S. : Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas se contenter d’agiter un projet qui n’existe pas, déposé ni à l’Élysée, ni à la préfecture, ni au ministère de la Culture, en demandant comme à chaque fois à l’État de payer. Ce projet fumeux, c’est faire venir la Philharmonie de Paris à Marseille. Ça coûterait 300 millions d’euros minimum. Et comme toujours avec Benoît Payan, c’est Emmanuel qui paye ! Martine Vassal fait des propositions concrètes, immédiatement applicables, finançables, travaillées. Et qui donnent la parole aux Marseillais. Depuis combien de temps on ne leur a pas donné la parole ? C’est une méthode qui change.

    La dernière fois qu’on a donné la parole aux Marseillais, ils ont dit : « la droite, on a testé, on n’en veut plus… »

    L.-A.C. : C’était la droite désunie, il ne faut pas oublier. Aujourd’hui, nous sommes dans une configuration de rassemblement et de dynamique. Démarrer la campagne si tôt permet d’aller à la rencontre des Marseillais pour créer cette envie.

    R.S. : Notre équipe, ce n’est pas la droite. C’est la droite, le centre, les écologistes raisonnables, les sociaux-démocrates… Tous les Marseillais qui ne veulent pas faire de choix entre un système défaillant, celui de Benoît Payan, l’héritier de Jean-Noël Guérini, et des extrêmes qui n’ont rien d’autre à proposer que la désunion et la haine.

    Martine Vassal, dans « Valeurs Actuelles », dit qu’elle s’inspire à la fois de Robert Ménard et de Christian Estrosi. Cette campagne ne fait-elle pas, comme le reprochait Lionel Royer-Perreaut, des coups de godille entre le centre et l’extrême droite ?

    R.S. : Elle dit qu’elle s’inspire de ce qui a été fait dans les villes, c’est très différent. Qui peut dire qu’on n’aurait pas besoin, demain, d’une BAC municipale capable de harceler les dealers, les petits délinquants pour empêcher les rues de Marseille d’être occupées en permanence par ces délinquants ? Qui peut dire qu’on n’a pas besoin de cinq fois plus de caméras de vidéoprotection, d’un centre de supervision urbain algorithmique avec la possibilité de repérer les dangers, les agressions, les hurlements ? Toutes les recettes sont bonnes à prendre du moment qu’elles assurent le bien vivre, qu’elles restaurent l’ordre et nous donnent du souffle pour construire le Marseille dont on rêve.

  • Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Je ne suis pas un homme seul, vous en êtes la preuve. J’aimerais que ma candidature soit un appel à la population de Gardanne et de Biver pour se rassembler », a répété à plusieurs reprises Jean-Marc La Piana (DVG). Ce mercredi, cet élu d’opposition à la majorité, fondateur de la Maison de Gardanne, a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, en présence d’une petite foule de soutiens, associations et membres de partis de gauches.

    La course à la mairie est donc lancée avec trois candidats : Jean-Marc La Piana (DVG), le maire sortant Hervé Granier (LR) et Bruno Priouret (RN). Jusque ici, les deux derniers font cavaliers seuls, tandis que l’ensemble des forces de gauche officialisait, en avril dernier, leur alliance en vue des municipales. Exit donc les divergences entre différents partis, notamment entre Claude Jorda (PCF), à la tête du Collectif citoyen Gardanne-Biver, et le candidat aux municipales Jean-Marc La Piana. Issus de la majorité de Roger Meï (maire PCF de la commune de 1977 à 2020), les deux hommes avaient fait liste à part pour le dernier scrutin municipal (voir nos précédentes éditions).

    Un travail « collectif »

    « Je ne suis pas un homme de parti, mais un homme porteur des valeurs de gauche, précise Jean-Marc La Piana. C’est tout naturellement que nous nous sommes rencontrés avec le Collectif citoyen, l’association Reconstruire ensemble et les différents partis politiques de gauche. On me demande si je suis toujours en accord avec le Parti communiste ? Oui. Il y a les socialistes, les communistes, Place publique et les écologistes. Dans le Collectif, il y a des gens qui sont venus travailler avec nous, qui font partie de la France insoumise. LFI ne s’est pas prononcée, mais ces personnes qui travaillent avec nous, à partir du moment où elles sont là dans l’intérêt de la ville pour créer un projet collectif, auront leur place. »

    Depuis plusieurs mois, les composantes de l’alliance travaillent sur un « projet citoyen » qui sera présenté « dans les temps » à la population et une invitation « à nous suivre » est lancée. « Je veux être garant de ce travail. à partir du moment où le projet fait sens pour chacun de nous, l’équipe doit être capable de le porter tout au long du mandat », engage Jean-Marc La Piana.

    Mardi soir, rapporte le candidat, une trentaine de personnes se sont réunies pour travailler la thématique du service public, dont « l’abandon » à l’échelle gardannaise et biveroise, illustrée par « des employés municipaux maltraités », est l’un des moteurs de la « colère » de Jean-Marc La Piana. S’y ajoutent, pour le candidat, l’abandon du centre de culture scientifique remplacé par la Smart City, des promesses d’investissement pour l’éducation abandonnés, le « budget insincère » pointé par la Chambre régionale des comptes et l’absence de consultation dans l’élaboration de projets. « Qui peut croire que le programme [municipal] a été rempli à 80% ?, interroge Jean-Marc La Piana. Dans ma colère, il n’y a pas que la question des projets, mais aussi celle des pertes de valeurs. Porter l’éducation au plus haut, la sécurité, les services publics, c’est porter le bien vivre ensemble ». Objectif, donc, « redonner confiance à la population », via les consultations publiques, en s’appuyant sur un « tissu de partis et d’associations ».

    Pas encore établie, la liste sera « le fruit d’un travail collectif », promet Jean-Marc La Piana. Le 6 novembre prochain, une réunion publique doit permettre d’évaluer et rendre public « l’état d’avancement du travail. L’objectif sera d’informer, donner envie aux gens de nous rejoindre. Il n’y aura pas la présentation du programme préétabli, mais des pistes sur lequel le travail a déjà été fait », assure le candidat.

  • Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Et si Julien Sanchez tentait l’aventure nîmoise ? À mesure que la campagne municipale 2026 approche, le député européen et ex-maire de Beaucaire est de plus en plus présent à Nîmes. Aperçu à la feria des Vendanges, au temple de Diane, puis aux vendanges du clos de la Fontaine, il soigne son image dans la capitale gardoise, à coups de photos et de sourires calculés. Interrogé sur ses intentions par le Midi Libre, l’intéressé botte en touche : « Je ne sais pas. Pas de commentaire. » Une formule qui, dans les rangs politiques, vaut souvent confirmation.

    Car la rumeur enfle. Selon plusieurs cadres du Rassemblement national, le parti prépare minutieusement ses têtes de liste pour mars 2026. Dans le Gard, où il engrange des résultats solides à chaque scrutin, le RN veut transformer l’essai. « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou sera RN », a lancé récemment le député Yoann Gillet, laissant entendre que le parti vise haut. Et pour conquérir une ville de plus de 150 000 habitants, Julien Sanchez apparaît comme le profil le plus « sérieux et crédible ».

    Un terreau favorable

    À 42 ans, dont plus de vingt passés au sein du parti lepéniste, Julien Sanchez coche toutes les cases d’un candidat stratège. Élu maire de Beaucaire en 2014 à la surprise générale, il a été réélu dès le premier tour en 2020, avant de rejoindre le Parlement européen quatre ans plus tard. En parallèle, il a consolidé ses liens avec la direction du RN, multipliant les apparitions aux côtés de Jordan Bardella, comme lors de l’inauguration de sa permanence en novembre 2024.

    Mais à Nîmes, le terrain reste à défricher. L’électorat frontiste y est important, sans avoir encore permis une conquête municipale. La division du camp de droite, entre Franck Proust et Julien Plantier, pourrait offrir une opportunité inédite. Après vingt-cinq ans de règne de Jean-Paul Fournier, la ville s’apprête à tourner une page politique. Dans ce contexte, l’« embuscade » de Sanchez intrigue autant qu’elle inquiète ses adversaires. S’il officialise sa candidature, Julien Sanchez tentera de rejouer le scénario de Beaucaire : celui d’un outsider passé au premier plan. Un pari risqué, mais calculé. Et à Nîmes, où les équilibres politiques vacillent, l’ombre du RN n’a sans doute jamais été si menaçante.

  • Le RN présente le Vauclusien Damien Broc aux municipales

    Le RN présente le Vauclusien Damien Broc aux municipales

    Le Rassemblement national place ses pions. Le conseiller régional et ancien responsable du parti d’extrême droite d’Orange a été investi, vendredi 24 octobre, pour les élections municipales. D’après La Provence, le Vauclusien se serait récemment installé à Istres.

    François Bernardini, maire (DVG) candidat à sa succession, n’est pas étonné : « Le FN d’hier, devenu RN depuis, n’a jamais caché sa volonté de “prendre” Istres ! » S’il considère cette liste comme la seule « dangereuse », il n’est pas inquiet pour autant : « Face à ce candidat venu d’Orange et donc sans enracinement, sans connaissance de la ville et de ses habitants, le combat ne sera pas difficile à mener ! Les poncifs du RN réapparaîtront avec un programme stéréotypé, dupliqué dans chaque commune et à chaque élection. »

    Sa campagne à peine lancée, Damien Broc attaque plus la gestion municipale actuelle qu’il ne fait de propositions, reprenant à son compte le dossier de la décharge illégale d’Entressen soulevé par le conseiller municipal d’opposition Robin Prétot (LR) et révélé par La Provence. « C’est un parachuté complet qui vient cinq mois avant les élections faire un petit tour et qui repartira aussi vite qu’il est venu, lâche la tête de liste de droite. Non seulement il est parachuté, mais en plus il est en retard d’un an sur les dossiers. C’est grossier. »

    Robin Prétot n’est pas intimidé par cette candidature, mais regrette tout de même : « François Bernardini va essayer de faire exister ça comme une menace existentielle pour tenter de nous affaiblir. La seule réalité est qu’aujourd’hui, voter RN aux élections municipales, c’est faire le jeu du maire. »

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « On veut revitaliser Aubagne et son centre-ville »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « On veut revitaliser Aubagne et son centre-ville »

    Jean-Pierre Squillari évoque le bilan du maire sortant Gérard Gazay (LR), élu depuis 2014 et candidat pour un troisième mandat, après une gestion de la mairie par le PCF de 1965 à 2014. Il partage aussi des éléments de son programme.

    La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter ?

    Jean-Pierre Squillari : Je suis marié, j’ai deux enfants et trois petits-enfants. Pour ma carrière professionnelle, j’ai débuté comme sapeur-pompier volontaire à Aubagne, en 1968. Puis, je suis monté à Paris pour apprendre le métier. J’ai eu mon diplôme de capitaine, dirigé le centre de secours de La Ciotat comme chef de corps, avant de revenir sur Aubagne. J’ai été la cheville ouvrière de la nouvelle caserne. Devenu lieutenant-colonel, j’ai créé le seul groupement feux de forêt et risques naturels qui existe en France, dans les Bouches-du-Rhône.

    Pour quelle raison avez-vous décidé d’être candidat aux municipales ?

    J.-P.S. : La raison principale, c’est parce que j’aime ma ville : je la vois dépérir et perdre son âme. Depuis dix ou douze ans bientôt, je me rends compte que l’âme disparaît, l’originalité n’y est plus. Et nous sommes les vassaux de la Métropole Aix-Marseille Provence.

    De quelle manière, selon vous, Aubagne « dépérit » ?

    J.-P.S. : Depuis douze ans pratiquement que Gérard Gazay est aux commandes, un chantier a été mis en action, c’est l’école des Passons, qui n’est d’ailleurs toujours pas finie, et c’est tout. Donc qui n’avance pas recule. Il y a des manques au niveau du service public. Les écoles sont dans un état déplorable. Les maisons de quartier, c’est une catastrophe. Les gamins se retrouvent dans la rue… Les agents qui travaillent dans le service public, à Aubagne, ont beaucoup de mérite. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) est dans un état déplorable et, là aussi, les agents travaillent avec des bouts de ficelle. C’est inimaginable à quel point le social a été mis de coté à Aubagne. Les habitants que nous rencontrons sur le terrain nous disent : « à Aubagne, qu’est ce qu’on fait ? Les magasins sont fermés, c’est mort la rue Rastègue. C’est désertique, les festivités, il y a pas grand chose. » C’est le premier constat et ils comparent toujours avec « avant ».

    Comment analysez-vous ce « dépérissement » ?

    J.-P.S. : C’est dû à un manque de génie, parce qu’il faut avoir du génie, de l’ambition, il faut enfoncer les portes. Dans mon métier, c’était un peu ma marque de fabrique. Il faut oser, proposer.

    Vous dénoncez la bétonisation
    de la ville par le maire sortant. Quels sont vos arguments
     ?

    J.-P.S. : Le premier, c’est d’un point de vue écologique. à la moindre averse importante, Aubagne est inondée. Il y a d’abord le manque d’entretien des canaux, des bassins de rétention. Ensuite, les ruissellements sont beaucoup plus importants, à cause de l’imperméabilisation des sols. Je dis et je répète que le jour où l’Huveaune va se fâcher, il va y avoir de grandes conséquences. Sinon, bien sûr qu’il faut construire, mais pas n’importe où. Il faire des logements sociaux, oui, et de la mixité. Il y a aujourd’hui 3 000 à 4 000 demandes de logements sociaux à Aubagne.

    Quels changements souhaitez-vous apporter si vous êtes élu ?

    J.-P.S. : On a dévoilé cinq projets phares, il y en aura une dizaine en tout. L’un d’eux est une halle moderne, avec les producteurs de la région, mais ouverte à des animations. Ce bâtiment servirait pratiquement toute la journée. Il y aurait des concerts, des conférences, des ateliers manuels. On a ce projet car on veut revitaliser Aubagne et son centre-ville. S’il y a de la vie, tous les commerçants autour vont en bénéficier. Notre deuxième projet phare, c’est un parc urbain qui partirait de la piscine de Lattre, qu’on remettrait en état ou que l’on referait, et irait rejoindre le parc de la Botte. Notre troisième projet phare est une grande rénovation de toutes les écoles. On fera un audit et puis on mettra en conformité. C’est un gros chantier. Un autre grand projet, c’est de végétaliser la ville. Aujourd’hui, vous partez du cours Foch, l’esplanade de Gaulle, vous allez jusqu’au bout vers l’Huveaune, ce n’est que du goudron… Nous voulons construire un commissariat sur l’emplacement qui était prévu à l’origine, en haut de la rue de Verdun. Nous réfléchissons aussi à une journée festive qui représente Aubagne, mais il est trop tôt pour en parler.

    Certains ont été troublés par ce qui pourrait être interprété comme une comparaison entre Gérard Gazay et le Rassemblement national, évoquant « la peste et le choléra ». Que répondez-vous ?

    J.-P.S. : Non, je ne mets pas sur le même niveau Gérard Gazay et Joëlle Mélin [députée RN de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône et conseillère municipale, Ndlr.]. Moi, je suis Aubagnais, je ne suis pas politique. Ce qui m’intéresse, ce sont les faits, je suis pragmatique. Je suis citoyen et je sais compter. Gérard Gazay a été élu avec les voix du RN. Aux dernières élections législatives, en juin 2024, il n’était pas pour le front républicain.

  • Dans le Var, les communistes se forment pour les municipales

    Dans le Var, les communistes se forment pour les municipales

    Une journée de formation au cours de laquelle le conseiller municipal d’opposition de Toulon en Commun, André De Ubeda, a pu faire partager son expérience d’élu. Sylvie Vinceneux, membre du conseil national, est intervenue, elle, sur
    le thème du logement dans un département où la pénurie fait rage.

    Les participants sont repartis avec l’envie d’enrichir les programmes électoraux et de se battre pour que la gauche et les communistes puissent apporter des réponses
    aux grands besoins des habitants
    de leurs communes.

  • [Entretien] Gaëlle Lévêque : « L’image renvoyée par les politiques nationaux met à mal celle de l’élu local »

    [Entretien] Gaëlle Lévêque : « L’image renvoyée par les politiques nationaux met à mal celle de l’élu local »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir pris cette décision ?

    Gaëlle Lévêque : C’est le fruit d’une réflexion qui a été assez longue. C’est aussi le constat qu’être élue, c’est un engagement citoyen, un engagement qui est sur un temps donné. On n’est pas sur un métier mais sur une fonction liée à un territoire. J’arrive à la fin de mon troisième mandat d’élue à la ville de Lodève – j’étais adjointe sur les deux précédents [de 2008 à 2020, Ndlr.] – et c’est déjà un temps relativement conséquent. La fonction de maire est une fonction totale et absolue en termes d’investissement. On est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C’est bien quand c’est un temps de sa vie et pas toute sa vie.

    En 18 ans de mandat, avez-vous vu la fonction du maire évoluer ?

    G.L. : Ce qui est certain, c’est que ce mandat 2020-2026 a été marqué par une complexité plus grande. Déjà, il a démarré en plein Covid : plein de choses qu’on avait prévues n’ont pas été réalisées du fait des confinements, et puis de toutes les contraintes liées à la pandémie. Ce mandat a aussi été marqué par la crise énergétique, ce qui fait que dès 2022 on a été obligé de réorienter plein d’investissements qu’on voulait réaliser sur la ville pour se focaliser sur la baisse de la consommation énergétique. Nous avons effectué de gros travaux sur plusieurs bâtiments publics à isoler et des changements de chaudières, tout ça pour arriver à diminuer notre consommation d’électricité vu l’augmentation qu’il y avait eue au niveau des prix. Dernièrement, il y a enfin le contexte politique national, l’incertitude budgétaire depuis la fin d’année dernière et les annonces des gouvernements successifs sur la nécessité de réduire la dette publique, qui passerait par une réduction des dotations aux collectivités. Tout cela donne un mandat vraiment très difficile. On a du mal à se projeter.

    Au-delà de ces facteurs externes, l’image de l’élu a-t-elle changé ?

    G.L. : Elle se complexifie. L’image que renvoient les politiques nationaux sur le rôle d’élu, on le ressent au niveau local. Pourtant, je pense que ce sont des fonctions qui sont très différentes, vu que nous sommes au contact permanent de la population sur des projets qui touchent directement les habitants. Il y a quand même, je pense, une dégradation du sentiment de l’opinion publique vis-à-vis des élus en général, à cause des élus nationaux qui, à mon sens, donnent des très mauvais signaux. Les conséquences qu’on peut avoir sur le terrain, c’est qu’on a l’impression que les gens ont beaucoup moins de respect pour la fonction de l’élu et donc du maire, des adjoints, et des conseillers municipaux.

    Certains dénoncent des pressions, qui mènent parfois même à des violences de la part des administrés. Vous le constatez aussi ?

    G.L. : Oui, alors je n’ai jamais subi de violence. Mais en fait, on sent une telle angoisse chez les gens, une angoisse d’avenir, on est dans une situation qui est très tendue socialement, politiquement, économiquement, etc. Tout ça génère de l’angoisse. Et quand il y a de l’angoisse, il y a de l’agressivité. Et on nous met sur les épaules, nous élus locaux, des choses qui ne sont pas de notre ressort. Ce qui n’est pas très grave, mais on sent vraiment qu’il y a une tension. Il y a aussi le phénomène des réseaux sociaux, qui sont un sacré déversoir d’angoisse encore une fois, et on voit des mots qui sont un peu affolants quand même.

    Pour les élections municipales de 2026, beaucoup d’édiles ont annoncé ne pas se représenter et jeter l’éponge. Peut-on parler de crise de la vocation ?

    G.L. : Oui, je les comprends, et j’échange énormément avec des élus qui sont dépassés par rapport à tout ce que je viens de vous dire. On peut aussi ajouter le fait qu’on est dans une société qui a empilé les réglementations les unes sur les autres. Nous, sur le terrain, on doit à la fois les appliquer et les faire appliquer. Souvent, on a des injonctions contradictoires entre ce que la réglementation nous impose, et ce qui est attendu de nous. Et ça, tous les élus locaux le vivent.

    Comment voyez-vous la suite ?

    G.L. : Il y a une équipe en cours de construction, avec un programme en cours d’élaboration. Je les soutiendrai du mieux que je pourrai parce que c’est la continuité du travail qu’on a fait ensemble depuis 18 ans, donc je suis très attachée à cette manière de faire et d’envisager un mandat municipal. Et puis après, je suis conseillère départementale du canton de Lodève avec un mandat jusqu’en 2028, donc je resterai sur le terrain et auprès de Lodève et des Lodévois.

  • L’Après se construit maintenant dans l’unité à La Seyne

    L’Après se construit maintenant dans l’unité à La Seyne

    Après avoir largement expliqué, dans notre édition du 23 septembre, les raisons qui les amenaient à quitter la France insoumise avec une dizaine de leur coreligionnaires, c’est à la conférence de presse de L’Alliance pour la République écologique et sociale (L’Après), le mouvement de Clémentine Autain, que nous retrouvons les deux anciens animateurs locaux des insoumis.

    « On avait dit qu’on allait se réinventer ailleurs, c’est aujourd’hui chose faite », confirme sobrement Hervé Fechino. Et de poursuivre : « Nous voulons rester le trait d’union du rassemblement parce que la gauche ne peut pas se désunir pour battre la droite et l’extrême droite. » Et cela en continuant à s’appuyer sur le programme du Nouveau Front populaire.

    Une dynamique inchangée que les militants souhaitent continuer à faire vivre à La Seyne, pour les municipales, afin « de redonner confiance à l’électorat de gauche ».

    « On a démissionné pour favoriser cette union, c’est bien pour cela qu’on se reconnaît tout à fait dans les termes d’Alliance pour la République écologique et sociale », précise Isabelle Renier.

    Mais attention, rappelle-t-elle, « pas une union à n’importe quel prix, on n’acceptera pas les Macron-compatibles, c’est-à-dire Place publique ».

    L’union pour battre la droite et l’extrême droite

    C’est de cette façon que L’Après souhaite peser dans les rencontres avec les autres partis de gauche. En attendant, le mouvement dénonce le démantèlement des services publics en France et, bien sûr, dans le Var. Avec les fermetures de bureaux de poste et le désengagement de l’État dans les hôpitaux, comme à Hyères ou Draguignan. Sans compter la précarisation massive des travailleurs, notamment dans le tourisme et le BTP, comme l’explique Laurent Gilbert.

    Et de continuer : « Pendant ce temps, le Rassemblement national avance masqué, instrumentalisant la colère sociale pour imposer son projet de division et de régression. »

    Face à cette situation, L’Après 83 propose la voie de l’unité et de la rupture. « Nous refusons de nous résigner, de laisser le Var et la France se faire broyer entre les mâchoires du piège présidentialiste. » Les militants défendent donc un projet social, écologique et démocratique pour les municipales de 2026.

    Dans lequel il s’agit, par exemple, tout à la fois de s’opposer à la spéculation des promoteurs pour lutter contre la pénurie de logements et en les rendant plus accessibles, tout en s’opposant aux « grands projets inutiles » et à « la bétonisation du littoral ».

    Pour ce qui est des transports en commun, les militants rappellent que le Bus à haut niveau de service (BHNS) ne doit pas se faire au détriment du tramway, seul capable de répondre aux besoins de la métropole.

    Et de conclure : « Nous refusons l’idée de gauches irréconciliables étant donné que les divisions ne profitent qu’à nos adversaires. Et tendons la main à tous les partenaires du Nouveau Front populaire. »

    On ne voit pas trop ce qui pourrait faire obstacle à l’union. Si ce n’est, ce qui est complètement impensable, le refus de reprendre la ville.