Tag: effectifs

  • Marcegaglia investit 600 millions d’euros dans son projet Mistral

    Marcegaglia investit 600 millions d’euros dans son projet Mistral

    Après l’échec du projet Carbon, c’est une nouvelle qui met du baume au cœur au secteur industriel. En marge du sommet Choose France, qui s’est ouvert ce lundi à Versailles, Marcegaglia annonce un investissement de 600 millions d’euros supplémentaires pour son projet Mistral, à Fos-sur-Mer. Le montant total mobilisé atteindra ainsi environ 1,2 milliard d’euros sur le site.

    L’aciériste italien, qui a repris le site Ascometal en juin 2024, entend moderniser l’outil de production historique pour passer d’environ 100 000 tonnes à 150 000 tonnes d’aciers spéciaux par an (activité historique de l’usine), et construire une nouvelle unité de production pour produire 2 millions de tonnes d’aciers standards bas-carbone par an, d’ici 2028.

    Cette dernière « intégrera l’intelligence artificielle et sera alimentée par une électricité décarbonée, visant des performances de référence en sobriété énergétique et en empreinte carbone », souligne le groupe, qui a conclu, il y a un an, un accord partenarial de fourniture d’électricité d’origine nucléaire d’au moins dix ans avec EDF.

    La nouvelle unité de production fera partie des toutes premières de ce type en Europe et permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% par rapport à une production en cycle complet. « En France, on avait pas vu de projet de cette envergure depuis 50 ans », note François Barges, délégué syndical CGT à Fos. Elle couvrira environ 35% des besoins du groupe Marcegaglia en coils et brames, avec pour objectif d’approvisionner principalement ses installations en aval, en Italie, pour ses différents clients.

    Les voyants au vert

    Si, pour le moment, la décision finale d’investissement n’a pas encore été rendue, l’élu du personnel assure qu’il y a « des signaux positifs et des voyants au vert » concernant ce projet. « On est en phase de recrutement », confie-t-il. Alors que l’usine emploie 320 salariés, les effectifs devraient atteindre 700 employés une fois « Mistral » opérationnel. Fin avril, Marcegaglia avait déjà annoncé la signature d’un accord stratégique de 450 millions d’euros avec Danieli, portant sur la fourniture d’équipements sidérurgiques et de pièces de rechange destinés à sa future aciérie de brames à faible empreinte carbone. Néanmoins, François Barges nuance : « En termes de modernisation, on y est pas du tout. Au contraire, le marché est atone, on court après les volumes, notamment pour le fil. » Le délégué syndical résume : « L’acier chinois inonde le marché et nousn on en pâtit. »

    En avril dernier, les institutions bruxelloises ont trouvé un accord ambitieux de sauvegarde de l’acier européen, qui devrait apporter un peu de répit au secteur industriel.

    Le texte européen, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, assurera une meilleure traçabilité des produits et introduira une limitation des volumes d’importation en franchise de droits à 18,3 millions de tonnes par an, soit une réduction de 47% par rapport aux quotas de 2024. Ces nouveaux quotas sont calés sur les niveaux d’importation de 2013, avant que le marché ne soit déséquilibré par la montée en puissance des surcapacités chinoises. Un droit de douane de 50% s’appliquera aux importations dépassant le contingent et aux produits sidérurgiques non-couverts par celui-ci. Actuellement, cette taxation s’élève à 25%.

    En attendant, à Fos-sur-Mer, « pour l’année 2026, ça va devenir compliqué, déplore François Barges. Il y a des réorganisations de secteurs en cours et des périodes conséquentes de chômage partiel. (…) Entre ce qu’on nous annonce et ce qu’on vit, il y a deux mondes, et la problématique est là. »

  • L’inclusion doit passer par l’ouverture d’une classe Ulis

    L’inclusion doit passer par l’ouverture d’une classe Ulis

    « C’était mieux cette année, je préfère l’Ulis. » Tasnim, 10 ans et en CM2, a pu bénéficier d’une Ulis en dernière année de primaire. Mais ses espoirs comme ceux de sa mère de continuer au collège risquent fort d’être déçus. C’est la raison pour laquelle les syndicats CGT, FSU et Sud ont organisé un rassemblement devant le collège Frédéric-Mistral mardi soir pour exiger l’ouverture d’une Unité locale pour l’inclusion scolaire (Ulis) au collège sur la ville.

    « On nous a dit qu’il n’y avait pas d’Ulis collège à Port-de-Bouc, qu’il faut aller à Fos ou Martigues », précise Nour Boukabbout, mère de la jeune Tasnim, « mais je ne suis pas véhiculée, mon mari travaille de 8h à 17h, et il n’y a rien de prévu pour les transports », énumère-t-elle. Les mêmes inquiétudes habitent les parents présents. « Ce sont des enfants en difficulté, avec parfois des pathologies. Mais on nous dit qu’on peut rien faire. »

    La revendication ne date pourtant pas d’hier. « Ça fait six ans qu’on demande une Ulis collège avec notre syndicat, l’intersyndicale, nos élus et les parents d’élèves car chaque année des enfants sortent primaire et restent sur le carreau », déplore Laurence Cassandri, de la CGT Éduc’Action. Résultat : « Plein de gamins sont déscolarisés avant 16 ans » d’après la syndicaliste. La demande est « légitime » aux yeux de Valérie Zikka Dussol, de la FSU : « On vient d’apprendre que le directeur académique veut augmenter les effectifs d’Ulis par dérogation. Avec cette augmentation on pourrait ouvrir l’Ulis ici », affirme-t-elle.

    « C’est du validisme »

    Face à cette « rupture d’égalité appelée validisme » pointée par la syndicaliste Sud présente, les élus se tournent vers le Département. « Nous rencontrons le directeur académique la semaine prochaine et ce sera pour gagner », assure le maire (PCF) Laurent Belsola. En parallèle, le maire et la conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti ont rencontré la présidente (LR) du Département Martine Vassal pour porter la demande d’ouverture d’Ulis auprès de l’Éducation nationale.

    La question est presque morale. « On met des millions d’euros pour la guerre mais on entasse nos petits à 35 en classe », assène le secrétaire de l’UL CGT Maixent Bitan, en même temps que se dégradent « les conditions de travail des enseignants » et personnels éducatifs.

    C’est politique.

  • Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    « On part en croisade pour l’emploi. » Ce lundi, Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, donne le ton des échéances à venir pour son organisation.

    Et autant dire qu’elle va prochainement avoir plusieurs fers au feu. « Il y a urgence à agir face à tous les plans sociaux qui se multiplient dans le département. On ne laissera pas les Bouches-du-Rhône devenir une zone qu’axée sur les emplois tertiaires du tourisme », campe le syndicaliste, le ton grave. Une inquiétude qui ne vient pas de nulle part mais bien d’incertitudes concrètes autour de l’avenir de sites de plusieurs industriels phares du département : « Il y a des menaces particulièrement visibles, qui concernent des dossiers industriels tels qu’ArcelorMittal, Kem One ou Fibre Excellence, avec des milliers de salariés menacés directement. » Trois usines d’importance pour le département et les filières qui dépendent de leur production respective (lire nos articles du 30/03, 02/04 et 27/04). « Arcelor, c’est 20 000 emplois directs et indirects. Fibre, c’est 5 000 emplois induits… », calcule François Canu, secrétaire de l’UD CGT 13, pour donner un ordre de grandeur.

    « Monter le rapport

    de force »

    D’autant qu’il faut aussi ajouter « des suppressions d’emplois moins visibles » « Dans le commerce avec la location-gérance qui aboutit à la perte des deux tiers des effectifs par magasin, dans la fonction publique avec des non-renouvellements de postes… », énumère Marc Pietrosino.

    L’UD CGT 13 met aussi le curseur sur deux collectivités territoriales en difficulté financière : « Il y a la situation très particulière de la Métropole Aix-Marseille qui n’a pas voté son budget mais qui emploie 1 200 contractuels… Sans être alarmiste, on est inquiets pour leur avenir. » « Et le Département qui réduit son budget de plus de 10% pour la protection sociale, c’est un autre mauvais signal », ajoute François Canu. L’organisation évoque aussi le cas de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) qui s’inquiète de sa viabilité économique à terme au regard de « l’absence d’aides de l’État ».

    En résumé, la situation économique décrite par la CGT est particulièrement terne. « On a déjà 200 000 demandeurs d’emploi localement selon les chiffres de France Travail », s’alarme Marc Pietrosino. D’où la volonté de relancer un processus de mobilisation autour d’un triptyque revendicatif cher à la CGT : « Vivre, travailler
    et vieillir dignement dans les Bouches-du-Rhône.
     »

    Concrètement, l’organisation affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles d’ici la saison estivale. « On commence avec une action dès le 21 mai, avec une mobilisation devant le Medef local. On va l’interpeller, il a sa responsabilité dans la situation actuelle », annonce le secrétaire général. Après des interpellations de la préfecture et de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), l’objectif est donc de viser le patronat. « La restructuration du monde du travail est impulsée par le patronat, l’emploi ne peut plus être la variable d’ajustement des comptes d’exploitations », juge Marc Pietrosino. Avant de développer le calendrier : « On déclinera avec d’autres actions sur le territoire par la suite. Ce mardi, on a une réunion à l’Union locale de Fos-sur-Mer avec plusieurs acteurs. »

    Quid de mouvements de grève à venir ? « Plusieurs acteurs sont déjà partants pour monter le niveau du rapport de force. Des actions de grève d’ici fin juin dans la zone ont été évoquées », répond François Canu, secrétaire de l’UD. Avant de résumer le plan : « On va solliciter tous azimuts les acteurs politiques et économiques. »

  • Pour la CGT, l’hôpital « n’est pas prêt » à une pandémie

    Pour la CGT, l’hôpital « n’est pas prêt » à une pandémie

    La ministre de la Santé Stéphanie Rist, a déclaré sur France Inter, que le pays était suffisamment équipé « en termes de masques » chirurgicaux et FFP2, « de tests » ou encore « de médicaments d’usage symptomatiques », en cas de potentielle propagation du virus.

    « Gestion d’entreprise »

    Une projection qui laisse Greg Fontaine, infirmier à la Timone (5e) et syndicaliste CGT dubitatif : « Il y a un manque de transparence sur les stocks. Nous n’avons pas les chiffres, mais j’en doute. Le projet de lois et de finances et celui des dépenses de l’assurance maladie ne prévoient que peu de budget pour les hôpitaux publics. »

    Les équipes soignantes de tous les hôpitaux après avoir été applaudies tous les soirs à 20h, pendant la période de la Covid ont vécu les plans d’économie successifs comme une véritable douche froide. Avec des conditions de travail toujours aussi difficiles voire encore plus, au prorata des difficultés de recrutement.

    Pour l’heure, « il n’est pas question de pandémie », insiste le syndicaliste. Mais si la situation venait à s’aggraver, « nous ne serions certainement pas prêts », cingle-t-il. Manque de personnel, mais aussi de matériel, le budget alloué aux hôpitaux publics « ne suit pas l’inflation, ce qui affaiblit les chances de guérison des patients », déplore-t-il.

    Depuis 2020, le taux de fermeture de lits ne fait qu’augmenter. Si bien, que pendant la pandémie de la Covid 19, « des soignants s’étaient mobilisés pour constituer des lits de réanimation », rappelle l’infirmier. Un manque d’équipements, qui résulte « d’une gestion d’entreprise de l’hôpital », dénonce-t-il. « L’État réduit les temps d’hospitalisation des malades pour ne pas avoir à augmenter les effectifs. Si rien n’est fait, nous ne serons pas prêts pour une éventuelle pandémie. »

  • [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    Le décès de Calvin, jeune de 15 ans, le vendredi 17 avril dernier à Bagnols-sur-Cèze après avoir été percuté par un engin de chantier lors d’un stage, était dans toutes les têtes ce mardi 28 avril lors de la mobilisation pour la journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail à Avignon.

    Une cinquantaine de personnes se sont ainsi rassemblées à l’appel de la CGT sur le parvis de la gare centre. « Juste à côté de chez nous, c’est un gamin de 15 ans qui a perdu la vie. Nos vies valent plus que leurs profits. Notre santé ne se négocie pas », lance lors d’une prise de parole Jérémy Caillé, délégué CGT à Eurenco et membre du bureau de l’Union départementale. « Il y a un problème d’encadrement dans de nombreux cas. Il y a des responsables sécurité, mais ils ne sont plus sur le terrain et pensent que les plans de prévention sont systématiquement appliqués à la lettre, ce qui n’est pas le cas. Et on se retrouve parfois avec des minots de 14 ou 15 ans qui se promènent en usine sans savoir quoi faire et surtout sans surveillance », abonde Rémy, syndiqué CGT et employé à la carrière de Mazan par le groupe Siniat.

    Plus globalement, les manifestants observent et font part de procédés douteux chez certains de leurs employeurs, souvent de grands groupes. « Dans l’industrie, il y a beaucoup de tâches accidentogènes ou qui provoquent des troubles musculo-squelettiques. Au lieu de s’améliorer et de régler le tir, beaucoup de patrons sous-traitent, avec des normes qui sont moins respectées pour aller plus vite. Et on perd la visibilité sur d’éventuels cas d’accidents après », pointe à nouveau Rémy.

    Risques psychosociaux

    Dans son discours, Jérémy Caillé a également voulu « briser un autre silence », à savoir celui des risques psychosociaux. « Un fléau qui tue et mutile chaque jour davantage. Ils explosent dans les entrepôts logistiques chronométrés, dans les open spaces en restructuration permanente ou dans les services publics exsangues », expose-t-il, avant d’énumérer les différentes demandes du syndicat au niveau national. Comme par exemple le rétablissement des commissions santé, sécurité et conditions de travail (CHSCT) et des instances de proximité avec des prérogatives nouvelles, le doublement des effectifs de l’inspection du travail et des services de prévention, ou encore une politique pénale sévère contre les employeurs responsables d’accidents graves.

    Était également présent le Collectif Amiante Pays des Sorgues. Ceux-ci regrettent la mise en place d’un timbre à 50 euros pour saisir la justice. « On refuse que la justice devienne un service payant, c’est une régression sociale », clame Guy de Zordi, nouveau président de la structure.

  • [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    La Marseillaise : Que représente cette journée mondiale pour les agents de l’inspection du travail ?

    Cécile Clamme : Pour nous, cette journée mondiale est une grosse date. Il faut mettre en avant le fléau social que sont les accidents du travail et les maladies professionnelles. On oublie souvent ce deuxième point alors qu’elles provoquent de gros dégâts : le sujet emblématique est celui de l’amiante, qui est au cœur des préoccupations de l’inspection du travail depuis des années. Pour nous, dédier une journée dans l’année à ces questions, mettre l’accent sur ces questions, c’est majeur. Cela permet de s’interroger collectivement : Pourquoi on est encore là en 2026 ? Pourquoi la France a des chiffres aussi inquiétants ? À l’inspection du travail, on est justement pas trop mal placés pour avoir des indications et des réponses. On est directement concerné. Pour nous, il y a deux éléments de réponse : le manque de moyens, les sanctions en cas de manquements qui ne sont pas assez importantes.

    Quelle est l’ampleur du manque de moyens à l’inspection du travail ? Quel lien avec le nombre d’accidents et de morts au travail en France ?

    C.C. : Une des dimensions majeures de notre travail est d’enquêter lorsque l’accident du travail survient, mais c’est aussi de contrôler, en amont, pour que l’accident de travail ne survienne pas. Or, dans l’état actuel de nos effectifs, nous ne pouvons pas toujours assurer cet aspect de prévention. Quand on est pris par l’actualité, par les dossiers qui s’accumulent, on ne peut pas faire d’actions de prévention. Avec des effectifs en berne comme ils le sont actuellement, on a moins le temps pour faire ce travail-là. Sur les 15 dernières années, on estime à entre 20% et 25% de baisse du nombre d’agents. On a une énorme baisse des effectifs pour les agents d’assistance, ceux qui font le travail administratif. Pareil pour les agents en charge des renseignements, qui sont pourtant les premiers interlocuteurs des salariés en difficulté. À l’heure actuelle, notre direction considère qu’une charge de travail « normale » pour un agent de contrôle, c’est 1 pour 10 000 salariés. Mais, sur le papier, on est moins de 2 000 alors qu’il y a entre 21 et 22 millions de salariés : on est environ 1 800 avec 10% de postes vacants. Il y a peu, on était 1 600. Entre-temps, il y a eu trois ans où les recrutements étaient plus importants, avec des grosses campagnes de communication. Mais malheureusement, tout a été stoppé l’année dernière. On aura donc la dernière grosse promotion pour cet été 2026.

    Quelle estimation des besoins ?

    C.C. : Il aurait fallu continuer encore 3 ans de plus pour atteindre les 2 000… Pour toute la France, il y a eu 45 inspecteurs du travail recrutés l’année dernière, cette année ce seront 60 recrutements. Alors qu’il y a 200 postes vacants et, qu’au bas mot, 100 collègues partent pour différentes raisons chaque année. Très rapidement, on va encore être dépassée par les départs en retraite et les promotions. Quoi qu’il arrive, il y a un problème. D’autant qu’on ne s’occupe pas uniquement des travailleurs salariés. Par exemple, la direction a engagé, il y a 6 mois, une action sur les faux travailleurs indépendants. Cela se fait en plus du travail sur les salariés, puisque par définition ils ne sont pas comptés dans les 21-22 millions de salariés. On est aussi compétent pour la santé et sécurité de la fonction publique hospitalière. Si, sur un secteur, il y a un gros CHU, cela va alourdir la charge de travail sans que ça ne soit compté officiellement… À la CGT TEFP, on revendique 1 agent pour 5 000. Ça n’aurait rien de délirant si l’on compare à d’autres missions de service public. Surtout quand on voit les statistiques de la France en matière d’accidents du travail : 2 morts par jour. Il faudrait donc plus que doubler les effectifs, 3 000 inspecteurs de plus.

    Comment expliquez-vous ces statistiques ?

    C.C. : Notre mot d’ordre est simple : des moyens pour la prévention, des sanctions pour les patrons. Quand il y a un manquement, les sanctions ne sont pas assez dissuasives ! Quand un employeur est condamné, on est en général sur des peines qui sont de l’ordre de l’amende. Lesquelles sont d’un montant qui sera ridicule pour un grand groupe mais important pour une petite entreprise. Par exemple : pour une condamnation faisant suite à un accident mortel, il y a souvent une condamnation, de la personne morale donc pas du dirigeant directement, a une amende, parfois partiellement assorti du sursis… C’est aberrant. Et c’est sans compter toutes les fois où les procédures n’aboutissent pas : classées sans suite pour telle ou telle raison, quand l’entreprise a un avocat meilleur que celui de la victime… La CGT a fait des estimations sur certains départements sur plusieurs années : en moyenne, moins de 20% des procédures vont au bout, y compris pour des accidents graves ou mortels.

  • La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    On n’est pas contre la fusion, mais on veut que les salariés soient représentés. C’est pour eux notre combat aujourd’hui. » Au sortir de l’audience, ce mardi 21 avril, du recours en référé engagé par la CGT Telecoms, suivie de la fédération SUD Telecoms et de la CFDT S3C Provence Alpes, les représentants du CSE (comité social économique) de Certicall à Marseille, un des trois centres d’appels de Free, devenu marque du groupe Illiad, restent inquiets. Ils dénoncent la décision de leur direction de fusionner ces entités puis de les absorber dans une filiale, Protelco, renommée « Free assistance », au détriment du nombre de représentants du personnel.

    « Illiad a décidé de fusionner, c’est son droit. Mais le faire sans consultation du personnel, en affirmant que les mandats disparaissent… », argumente leur avocate, Mathilde Fruton-Létard. Et de dénoncer l’attitude de l’entreprise, qui fait « tout pour gagner du temps », alors que la fusion doit être effective début mai. L’audience devait se tenir la semaine dernière, mais la partie adverse a obtenu un renvoi. Pour l’avocate, la requête des syndicats est légitime quand la fusion va avoir « indéniablement des impacts au niveau local ».

    « Pas de magouille »

    Elle revient sur la position de la direction selon laquelle rien ne change pour les salariés. « Ce sont les mêmes effectifs, le même périmètre, alors pourquoi la représentation du personnel doit-elle changer ? » avance-t-elle. Elle s’interroge sur la démarche entamée, un prétexte à « se débarrasser des représentants du personnel », estime-t-elle, soutenue dans sa demande par l’avocate du syndicat SUD.

    Mais, pour la partie adverse, le recours est tardif. « La consultation a commencé le 18 décembre, l’ensemble des CSE ont reçu les informations et trois mois après, ils viennent plaider l’urgence. Il y a un délai pour agir », estime une des avocates de la direction. Quant à la caducité des mandats des représentants du personnel, « c’est un effet juridique automatique », assène-t-elle. Et le processus de fusion en deux temps, « ce n’est pas une fraude, mais c’est le Code du commerce, il n’y a pas de magouille », assène maître Pellequer, intervenant pour Protelco. Pour elle, vouloir bloquer la fusion est même « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un argumentaire qui agace les représentants des salariés. Ils dénoncent des conditions de travail déjà détériorées avec aussi la mise en place de mini-centres d’appels, les « Free proxi ». Des structures légères au plus près des clients, estime la direction. Un moyen d’isoler les salariés, rétorque la CGT, qui évoque de forts risques psychosociaux. Et le rachat de SFR par Bouygues, Orange et leur entreprise, annoncé le 17 avril, ne les rassurent pas franchement non plus.

    Délibéré les 28 et 29 avril.

  • Des chouettes menacées

    Des chouettes menacées

    Des populations en constante diminution… Parce que « la Chevêche d’Athéna et l’Effraie des clochers jouent un rôle écologique essentiel, notamment dans la régulation naturelle des populations de micromammifères », la LPO Paca lance une campagne de financement participatif ce mardi 21 avril pour protéger ces deux espèces. Leurs effectifs « diminuent fortement en Provence-Alpes-Côte d’Azur », les suivis menés par la LPO Paca montrant « une baisse d’environ 25% des effectifs de Chevêche d’Athéna entre 2010 et 2024 ». L’Effraie des clochers est « quant à elle classée « En danger » sur la liste rouge régionale des oiseaux nicheurs. »

    L’argent récolté doit permettre de financer la pose de nichoirs, de restaurer des haies et de mener le suivi scientifique des deux rapaces nocturnes.

    Une pression anthropique

    Petite chouette de 22 cm de haut pour une envergure comprise entre 54 et 58 cm, avec ses yeux dorés marqués d’un sourcil blanc oblique, la Chevêche d’Athéna est menacée par la fragmentation de son habitat note la LPO avec la transformation des prairies en cultures ou en terrains à bâtir, la suppression des haies et des arbres isolés, l’abattage des arbres creux et l’utilisation de pesticides agricoles qui réduisent la densité de proies.

    Plus grande, l’Effraie des clochers ou Dame blanche, 35 cm de haut pour 1 mètre d’envergure, est elle plus particulièrement impactée par la circulation routière, « bon nombre de cadavres sont retrouvés sur le bord des routes » indique la LPO. Seuls 15 individus avaient été recensés en Paca dans la dernière enquête de l’association.

  • Dans le secondaire, les collèges payent le prix fort

    Dans le secondaire, les collèges payent le prix fort

    « Jusqu’à présent on avait une hausse des effectifs que les moyens alloués ne suffisaient pas à compenser, et maintenant qu’on a un léger tassement démographique, on nous enlève plus massivement des postes et des moyens », dénonce Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier. Le second degré (collèges et lycées) n’est pas épargné par les suppressions de postes et les fermetures de divisions, conséquences directes « d’une baisse des dotations horaires globalisées dans tous les départements de l’Académie », qui cible plus particulièrement les collèges.

    Ceux du Gard accusent une perte de 868 heures et ceux de l’Hérault, une baisse de plus de 500 heures d’enseignement, qui se traduisent respectivement par la suppression de 26 et 21 postes d’enseignants à la rentrée prochaine. Si on pousse un peu plus dans le détail, les 21 postes supprimés dans l’Hérault sont le résultat de 46 suppressions auxquelles sont soustraites 25 créations, mais des créations quasiment toutes (20) dévolues aux deux nouveaux collèges, à Juvignac et Maraussan, qui ouvrent en septembre. Autrement dit, « si on enlève les deux nouveaux établissements, c’est 41 suppressions. C’est pour ça qu’on parle vraiment de saignée au collège pour cette rentrée 2026 », insiste le représentant du Snes FSU.

    « Cette baisse démographique est instrumentalisée »

    L’Académie justifie ses choix par une baisse des effectifs scolaires, que Stéphane Audebeau préfère qualifier de « tassement ». « Sur les lycées de l’Académie, cette baisse est de – 0,6%. Dans les collèges de l’Hérault, on est à
     0,8%… C’est très faible. Cette baisse démographique est complètement instrumentalisée. Elle est vraiment à relativiser. Ensuite, pour nous, c’est une chance historique qu’on attend depuis longtemps de pouvoir améliorer le fonctionnement du système éducatif, alors que depuis plus de 10 ans les moyens par élève ont considérablement baissé et les effectifs par classe, augmentés. Là, on s’en éloigne complètement », déplore le syndicaliste.

    Bien que moins impactés, les lycées ne sont pas pour autant épargnés. « S’ils ont reçu, au niveau académique, une dotation équivalant à zéro, c’est-à-dire pas de baisse ni de moyens supplémentaires, au final on assiste quand même à 14 suppressions de postes dans l’Académie, sachant qu’un nouvel établissement ouvre à Cournonterral, dans l’Hérault, qui absorbe 22 créations », détaille Stéphane Audebeau.

    Au-delà des postes d’enseignants, certains dispositifs sont également sacrifiés, notamment dans les collèges, en lien avec la baisse des dotations horaires globales. « Il y a tout un ensemble de dédoublements, en sciences et langues vivantes notamment, qui ne sont plus possibles parce que les collèges n’ont pas de marge suffisante pour les mettre en place. On est aussi parfois obligés, sur certaines options, je pense notamment à l’allemand, l’italien ou l’occitan, de regrouper plusieurs niveaux (5e, 4e, 3e…) dans un même groupe », regrette le co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier. Qui pointe également « le manque de personnels de vie scolaire et de santé » dans les établissements.

  • [Entretien] Pascale Thoirey : « L’école ne fait plus sens, il y a une perte de repères »

    [Entretien] Pascale Thoirey : « L’école ne fait plus sens, il y a une perte de repères »

    La Marseillaise : En quoi la baisse de moyens rapportée à la baisse d’effectifs n’est pas une bonne chose ?

    Pascale Thoirey : On a une logique comptable d’un côté et une logique pédagogique de l’autre, forcément ça coince. Il arrive que des gens en poste au ministère n’aient pas été confrontés à la gestion d’une classe, à ce que c’est qu’enseigner. On a des théoriciens de la pédagogie qui sont déconnectés de la réalité. Nos élèves ont changé, c’est générationnel. Depuis 30 ans, les sollicitations sont différentes. Avant c’était papier/crayon. Les élèves d’aujourd’hui sont sursollicités depuis la naissance par les écrans. C’est la société du zapping. La nuit, les enfants dorment moins, ils arrivent à l’école dans d’autres dispositions. L’école ne fait plus sens comme avant avec son rôle d’ascenseur social. Il y a aussi une perte de repères. Il suffit de regarder ce que certains médias nous donnent à voir. Les gens s’invectivent, lâchent des gros mots en toute tranquillité. Regardez les attaques racistes contre les maires sans que le gouvernement ne réagisse. On accable les familles en disant que les parents sont démissionnaires. Pas du tout, c’est sociétal. Tout cela participe de la perte de statut, de la désacralisation de l’enseignant.

    Quel est votre regard sur l’école inclusive ?

    P.T. : Je suis évidemment pour, tous les enfants ont droit à l’école de la République. Tous sont capables et on va les amener d’un point A à un point B, même s’il ne sera pas le même pour tous. Sauf que l’école inclusive, nous y avons vu une possibilité d’avancer alors que l’État y a vu une possibilité de faire des économies. Tout se fait toujours à moyens constants. Ces enfants porteurs de handicap qui étaient accueillis dans des établissements spécialisés avec un enseignant spécialisé, à 8 par classe, avec des éducateurs, des thérapeutes… sont aujourd’hui en écoles ordinaires sans rien. À charge pour les familles de se débrouiller pour assurer les soins. Les AESH sont aussi un grand mensonge. On oblige ces femmes à travailler à temps partiel sans statut, avec un salaire de misère. Le Code du travail s’applique au privé mais pas ici. Et on leur demande d’être des magiciennes. Avec la mutualisation, elles doivent s’occuper d’enfants, sans formation, dans plusieurs établissements. Certains enfants n’ont certes pas besoin d’être accompagnés toute la journée. Mais si vous avez un handicap reconnu par la Maison départementale des Personnes handicapées (MDPH) qui donne droit à 6h le lundi, il ne disparaît pas par miracle le mardi ni les jours suivants. C’est un mensonge institutionnel, on n’accomplit pas une mission de service public. On a besoin de personnels formés. La santé mentale s’est aussi nettement dégradée depuis le Covid. Avec moins d’élèves dans les écoles, on pourrait garder le même nombre de personnels pour avoir des groupes allégés.

    Les idées reçues sur les enseignants sont tenaces…

    P.T. : On est des nantis ! Quand j’ai commencé il y a 30 ans, un enseignant qui débutait gagnait 2,5 fois le Smic, aujourd’hui c’est 1,2 fois le Smic. Pourtant ceux qui présentent le concours cette année sont plus diplômés qu’avant (Bac+5 au lieu de Bac+3). J’ai préparé le concours avec une licence de droit sauf que j’ai eu ensuite une vraie année de formation avec une réflexion sur le métier et de la pédagogie. Désormais, la formation se vide de plus en plus. Quant aux contractuels, c’est « à la va comme je te pousse ». On est pourtant le métier le plus important pour l’avenir de la République et on recrute sans formation.

    Qu’est-ce qui explique la crise des « vocations » ?

    P.T. : Une multitude choses. Dans l’idée des gens, c’est facile d’être enseignant, on est tous allés à l’école, voyons. On a tellement dévoyé ce métier… Le prof-bashing est réel, plus personne ne nous respecte. Pourquoi les jeunes nous respecteraient ? Pendant le Covid, sur les réseaux sociaux, des gens nous disaient : « Promis je ne critiquerai plus jamais la maîtresse d’école ». Ils s’étaient aperçus qu’on fait un vrai métier. Trois jours après c’était reparti. On est soi-disant des privilégiés avec des vacances tout le temps. Alors que souvent on finance nos formations et même du matériel dans nos classes sur nos propres deniers.

    L’agression au lycée Jules Guesde* à Montpellier est-elle la conséquence du manque de moyens ?

    P.T. : Forcément, c’est une responsabilité collective globale. Je ne connais pas les détails mais c’est le résultat d’un mépris social, d’une perte de sens. Des jeunes ne savent plus pourquoi ils viennent à l’école. Je pose parfois la question à mes élèves de 4e Segpa. Ils répondent : « pour voir mes copains », « sinon ma mère va me punir, me prendre mon téléphone », « parce que je n’ai pas le choix », « parce que je m’ennuie à la maison ». Il y a une forme de désenchantement. Ce n’est pas toujours clair, y compris dans des familles où l’École fait sens. Dans le secondaire, on cumule des problématiques : classes surchargées, élèves allophones et l’adolescence qui s’en mêle. La montée hormonale c’est compliqué à gérer. Dans les écoles, on peut avoir le soutien d’un Rased [réseau d’aides spécialisé pour élèves en difficulté] en éducation prioritaire, en collège, il n’y a rien du tout. Les psychologues et infirmières scolaires sont à temps partiel et sur plusieurs établissements. L’ancien pôle médico-social est réduit à peau de chagrin. Avec le phénomène des réseaux sociaux où on se filme sans arrêt pour devenir le héros du quartier, on en arrive à ce genre d’agressions.

    Y a-t-il une volonté de casser l’École publique ?

    P.T. : Notre analyse c’est qu’effectivement ils veulent faire la part belle à l’école privée. On n’arrête pas de nous dire que les services publics coûtent de l’argent. Il n’y a qu’à voir dans quel état l’Hôpital se trouve. Si vous n’êtes pas contents, on vous encourage à aller voir les cliniques ou les écoles privées. C’est une casse organisée de l’École publique. Les écoles privées perdent aussi des élèves mais moins vite que nous. Le comble c’est que les établissements privés sous contrat sont financés par de l’argent public.

    *Le ministère a ouvert une enquête après les violences entre un groupe d’élèves et un enseignant, le 10 avril