Tag: Éducation

  • À Vitrolles, Loïc Gachon mise sur le service public

    À Vitrolles, Loïc Gachon mise sur le service public

    Énergie, enfance et éducation. Voilà les thèmes abordés lors de la 2e réunion publique de campagne du maire sortant Loïc Gachon (PS). « N’y voyez pas de lien, il n’y en a pas », prévient-il face aux habitants venus en nombre dans la maison de quartier du Roucas. Et en fait si.

    « Les maîtres mots de notre politique, quel que soit le domaine, sont : protéger au présent et projeter dans l’avenir », explique l’édile. Ce mantra se traduit par une municipalité qui consacre « 40% de son budget à sa jeunesse », affirme Didier Saura, adjoint délégué à la communication. « Ce mandat, nous avons construit deux nouveaux groupes scolaires : Anne Sylvestre, et Robert Badinter, qui clôt la rénovation du quartier des pins. (…) Chaque année nous investissons 3 millions d’euros pour rénover et entretenir nos 12 autres écoles. »

    Christian, arrivé à Vitrolles il y a une quinzaine d’années, salue les efforts de la Ville en matière « de qualité de services publics ». « Je sors du conservatoire pour un cours de guitare, ma fille d’un cours de danse, et mon fils est à Névache en classe neige dans le centre municipal qui est un excellent vecteur de lien social et de vivre-ensemble. »

    En matière d’énergie aussi, la majorité de Loïc Gachon tente de mettre au point un service public avec la communauté d’énergie photovoltaïque citoyenne. Lancé au printemps dernier, ce projet concerne particuliers, professionnels et bâtiments communaux. « La commune a signé avec groupement d’entreprises un contrat de concession de trente ans, détaille Isabelle Rovarino, conseillère municipale au numérique. Pour démarrer les panneaux solaires sont placés sur 25 bâtiments municipaux, ce qui représente une production de 8 GW, soit la consommation électrique de 2 000 foyers. » Un projet qui devrait occuper la liste de Loïc Gachon en cas de réélection.

  • Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Cinq structures sont soutenues financièrement par le Fonds de dotation de Marseille, initié par des entrepreneurs pour mettre en œuvre des actions destinées à réduire la frature sociale sur le territoire. La 3e édition de leur gala « à jamais solidaires ! » se déroule le 30 mars pour récolter des fonds.

    A chacun son domaine pour favoriser l’égalité des chances : la cuisine du bouillon de Noailles, le Rugby club marseillais côté sport, Castelife pour l’entreprenariat, l’accès à la culture par Action Bomaye reliant l’éducation et la réinsertion, deux vecteurs aussi soutenus par Ambition 360.

    Vecteur de cohésion

    Certains représentants d’associations ont été poussés par leur histoire personnelle, à l’image d’Ismaël Cousin, le directeur d’Action Bomaye. Déscolarisé à 17 ans, placé en foyer, il sert aujourd’hui d’exemple aux minots tout en dressant un constat alarmant : « des jeunes de 7 à 10 ans souhaitaient être livreur plus tard », se désole-t-il… Il faut « casser le plafond de verre », lance-t-il, pour favoriser l’égalité des chances et que ces jeunes développent des ambitions.

    Le Fonds de dotation de Marseille, créé en 2019, a déjà soutenu une cinquantaine de projets grâce à plus de 600 000 euros collectés. Ce collectif d’entrepreneurs appelle à les rejoindre, comme l’a fait, fin 2025, Cécilia Barontini, ancienne cadre de l’OM : « j’avais coutume de dire, à tort, que l’OM était le seul vecteur de cohésion sociale », avant de découvrir ce projet. Sa participation présage l’arrivée « d’anciens bleu et blanc », comme celle de l’ancien défenseur de l’OM Eric Di Meco déjà annoncée. Cet invité d’honneur présidera d’ailleurs le Gala 2026.

    Plus de 100 mécènes, 10 000 euros défiscalisables par table, et un menu en 6 actes présenté par les Toques Françaises. Le Gala 2026 s’ouvrira le 30 mars. Avec pour principal enjeu de donner de la visibilité aux cinq associations et de la montée des « enchères » pour les investissements des mécènes et de leurs invités.

  • Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    L’effroi a une nouvelle fois frappé le milieu scolaire. Qui plus est dans un collège réputé sans histoire, dans une commune peu habituée aux faits divers, d’autant plus d’une telle gravité. Peu après 14h, un élève de 14 ans, en 3e du collège la Guicharde de Sanary a porté trois à quatre coups de couteau à sa professeure d’arts plastiques, au niveau du torse, avant de prendre la fuite. Il a rapidement été appréhendé par un assistant d’éducation, sans manifester d’opposition. Il a ensuite été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. Une enquête a été ouverte et confiée aux commissariats de police de Toulon et de Sanary.

    La professeure, âgée de 60 ans, a rapidement été secourue et transférée vers l’hôpital Sainte-Anne de Toulon. Elle y a été opérée en urgence puis placée dans un coma artificiel. mardi soir, son pronostic vital était toujours engagé.

    « Des tensions avec cette professeure »

    Qu’est-ce qui a bien pu, dès lors, pousser cet élève à commettre un tel geste ? « Pour le moment, il n’y a aucune connotation religieuse ni politique qui apparaissent », a annoncé le procureur de la République de Toulon Raphaël Balland. « On sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure, et qu’il lui en voulait d’avoir fait des rapports à son encontre. » Une version corroborée par des témoignages d’élèves. « Le matin, il disait qu’il voulait tuer la prof de maths. On croyait que ce n’étaient que des paroles. Mais comme elle n’était pas là, il s’en est pris à la prof d’arts plastiques car elle lui mettait beaucoup d’observations », déclarait l’un d’entre eux. Autre élément important : l’élève « avait visiblement des problématiques familiales, mais il n’était pas connu pour le moindre fait de violences », a ajouté le procureur, ce qui aurait pu, également, favoriser son passage à l’acte.

    Tatiana Kolodziej, professeure d’EPS et référente premiers secours au collège la Guicharde, est la première à avoir secouru sa collègue : « Les élèves sont venus me chercher. On a eu peur, mais elle est partie consciente », a-t-elle expliqué. Au sein du corps enseignant, c’est « la stupéfaction, le choc. Les collègues sont en larmes. On ne s’attendait pas du tout à ça dans un collège privilégié, tranquille », déplorait-elle.

    « Il faut mettre plus de moyens humains notamment pour le contrôle des sacs. C’est un collège d’une petite ville, on n’est pas à l’abri de ce type d’acte dans n’importe quel établissement », s’est ému Dominique Queyroulet, représentant du Snes-FSU dans le Var. Du côté des parents d’élèves « on ne comprend pas. Ma femme et ma fille ont eu cette professeure lorsqu’elles étaient au collège, elle est super gentille (sic). On est une grande famille, les Sanaryens. Il va falloir se soutenir face à ce traumatisme », déplore Roland.

    Les élèves ont quant à eux été rapidement sortis de classe, puis regroupés dans la cour de récréation, avant d’être progressivement évacués à partir de 15h30. Ce mercredi, les cours n’auront pas lieu, mais une cellule psychologique a été mise en place, ainsi qu’un « accueil organisé par le collège pour les professeurs, mais aussi pour les enfants qui en ressentent le besoin », a précisé le préfet du Var Simon Babre. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est quant à lui rendu sur place dans la soirée.

  • « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    Elle ne mâche pas ses mots.  
    « On meurt dans vos Universités. On meurt dans mon Université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence. » Ainsi débute la lettre ouverte à Emmanuel Macron adressée par la présidente de l’université de lettres et sciences humaines Paul-Valéry de Montpellier, publiée le 26 janvier par le journal Le Monde.

    Ce n’est pas la première fois qu’Anne Fraïsse tire la sonnette d’alarme sur la situation de son université, parmi les moins bien dotées de France. Mais cette fois, alors qu’ont commencé le 8 janvier les Assises du financement des universités, c’est le Président de la République lui-même qu’elle interpelle, dans un geste de colère et de désespoir.

    À l’automne dernier, au moment des débats budgétaires, le ministre de l’Éducation nationale avait voulu relativiser la crise budgétaire des universités lors de son audition devant la commission de la culture et de l’éducation au Sénat (alors que deux tiers des facs françaises ont fini en déficit en 2025, au détriment des étudiants et personnels) : « Ce n’est pas Zola non plus », avait-il estimé, suscitant un tollé dans la communauté universitaire.

    « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le président  », rétorque Anne Fraïsse dans ce courrier. « En 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. Cette année, dans notre communauté, 3 fonctionnaires en activité sont morts. Certes, ces décès ont des causes multiples mais les statistiques sont là et ce bilan pour une université de 1 003 titulaires pour 23 000 étudiants révèle des conditions de travail insupportables », dénonce la présidente de l’université montpelliéraine.

    « Nous venons de voter notre sixième budget en déficit ; notre université est une des moins dotées et, plus grave, des moins encadrées de France (11 départements à moins de 50%, voire 40% d’encadrement en enseignants titulaires) », assène-t-elle encore. « Depuis plus de 10 ans nous sommes en surchauffe, en travail forcé, en déséquilibre permanent, jamais sûrs d’arriver à remplir nos missions faute de bras. Nous l’avons dit, répété, crié : il est urgent de créer des postes, de revenir à des dotations pour charges de service public à la hauteur du nombre d’étudiants accueillis, de rétablir un modèle d’allocation des moyens qui répare les injustices, qui soit clair et transparent », insiste-t-elle, dénonçant l’opacité du système : « Pour un étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait, aucune justification aux plafonds d’emplois, à la dotation de l’État, aux demandes de fermeture de formations ».

    « Savoir et se taire c’est être complice, je ne peux pas taire cette injustice », conclut Anne Fraïsse avant de saluer Emmanuel Macron « comme les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux et présidait à leur destinée : “Morituri te salutant” ».

    « Depuis plus de 10 ans, nous sommes en surchauffe. »

  • Les centres d’initiation, fleurons de Martigues

    Les centres d’initiation, fleurons de Martigues

    Entre 2020 et 2026, les réalisations se sont multipliées : le bassin extérieur de 50 mètres de la piscine Avatica a permis au club de gagner des dizaines d’adhérents et d’attirer l’entraîneur Philippe Lucas, les terrains de padel ont donné un nouveau souffle au club de tennis, le stade Francis-Turcan a été remis aux normes, le collège Henri-Wallon s’est vu doter d’un gymnase, la base de voile de Tholon a été rénovée et étendue, la « Zone Jeun’s d’Aurélio » a démocratisé la pratique du BMX, des plateaux d’évolution (ou city stades) ont été construits dans les quartiers…

    Martigues est « une terre de sport », affirme Éliane Isidore, conseillère municipale (DVG) en charge de la question. Et ce n’est pas nouveau. « On a 1 300 gamins qui s’essaient à plus de 25 activités dans nos Centres d’initiation sportive (CIS), qui sont un véritable fleuron de notre politique. Ces CIS ont été créés il y a plus de 60 ans. C’est dire si on a été précurseurs en la matière. » Depuis 2020, ces centres proposent du sport adapté aux enfants en situation de handicap. Trois créneaux par semaine sont animés par des éducateurs formés et habilités à encadrer ces publics.

    Mixité sociale et éducation

    Les amateurs de sport ont de quoi faire et les résultats sont là : la commune de près de 50 000 habitants compte 11 000 licenciés au sein des différents clubs. Éliane Isidore résume : « Notre politique est l’accès au sport pour tous. (…) On a à cœur de soutenir toutes les pratiques, qu’elles soient de loisir, de compétition ou hors du cadre fédéral. (…) Ces chiffres n’arrivent pas par hasard, c’est le fruit d’une politique sportive mise en place il y a longtemps, rendue possible par la stabilité politique de la ville. »

    L’élue souligne le travail mené par les associations et leurs bénévoles : « Je leur témoigne ma reconnaissance et leur dire à quel point ce qu’ils font est essentiel pour le lien social. C’est dans le sport que la mixité existe et c’est un endroit d’éducation populaire pour les jeunes. C’est là, aussi, où on apprend les règles du vivre ensemble, le respect de l’autre. »

  • Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Les syndicats des enseignants et des personnels de l’Éducation nationale dans l’académie d’Aix-Marseille ne décolèrent pas.

    Du côté de l’académie, et donc du ministère de l’Éducation nationale, le calcul est simple : le nombre d’élèves scolarisés est en baisse : près de 4 600 élèves en moins dans les écoles primaires : 36 postes en moins dans quatre départements de l’académie (Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Bouches-du-Rhône et Vaucluse). Même tendance et même résultat pour le second degré, en collège et lycée : 883 élèves en moins globalement, 40 emplois supprimés. Du côté de l’administration, cette « forte baisse des effectifs » va de pair avec « l’augmentation des moyens d’enseignement » depuis 2020. Les dispositions pour cette rentrée permettraient, toujours selon les documents officiels de l’Académie que La Marseillaise a pu consulter, une « convergence des taux d’encadrement par types d’établissements par rapport aux ratios nationaux ».

    Effectivement, « l’académie a un niveau d’encadrement bien inférieur à la moyenne nationale », confirme Charlotte Bourgougnon, enseignante et cosecrétaire départementale du SNUipp-FSU des Bouches-du-Rhône. « Cette baisse des effectifs aurait pu nous permettre d’améliorer les conditions d’enseignement, mais au contraire, ces suppressions vont encore plus les affaiblir. Elles vont notamment toucher les remplacements, les enseignements spécialisés, et les établissements des quartiers prioritaires », détaille-t-elle. « Cela va être encore plus difficile voire impossible de dédoubler les classes » dans ces établissements, poursuit Françoise Julia, représentante CGT. Alors que le nombre de ces établissements devrait être à la hausse, théoriquement. « C’est un budget de guerre contre l’Éducation nationale ! », résume Tanguy Langlet, délégué des enseignants FO du Vaucluse, qui a claqué la porte de cette réunion. « Ces suppressions résultent d’un véritable choix politique. L’Éducation n’est clairement pas une priorité pour ce gouvernement ! », dénonce-t-il. Les syndicats ne comptent pas en rester là.

  • La mixité scolaire, carrefour des politiques à Marseille

    La mixité scolaire, carrefour des politiques à Marseille

    Il ne faut que quatre minutes, à pied, pour aller de l’école Jean-Mermoz à celle de Notre-Dame de l’Huveaune. Les deux établissements situés dans le très cossu quartier de Saint-Giniez, dans le 8e arrondissement de Marseille, l’un public et l’autre privé, partagent un public favorisé. Et pourtant, leurs compositions sociales évoluent dans des sens opposés. La première a vu son indice de positionnement social – indice utilisé par l’éducation nationale pour mesurer les milieux d’origine socio-culturelle des élèves dans chaque école – décrocher au fil des trois dernières années scolaires. La seconde s’est hissée, à la rentrée 2024, sur le podium des écoles les plus favorisées de la ville.

    Fracture nationale

    Leur évolution illustre bien un fossé qui se creuse à Marseille. Si l’indice de positionnement social des écoles y reste globalement stable, il s’infléchit dans le secteur public
    (-1,3 point en trois ans) et surtout augmente fortement dans le secteur privé (+2,6 points). Créant un écart abyssal de 31,4 points à la rentrée 2024.

    Mais la cité phocéenne n’est pas une exception. à l’échelon national, 16,4 points séparaient, en moyenne, les écoles publiques et privées à la rentrée 2022. Trois ans plus tard, il faut en compter 18,4. Signe d’un séparatisme scolaire de plus en plus marqué chez les plus riches, alors que le premier degré ne se prête pas à des découpages arrangeant de la carte scolaire, à l’inverse des collèges, comme le dénoncent les organisations syndicales dans les Bouches-du-Rhône.

    « Les écoles sont à l’image de la géographie, de la sociologie de la ville », explique l’adjoint (G.s) à l’éducation, Pierre Huguet. Mais, alors que le secteur privé reste marqué par une grande diversité à Marseille, il veille à ne pas rallumer une guerre scolaire. « Le principal levier de la mixité sociale à l’école, c’est investir dans l’école publique, argumente-t-il. Revaloriser l’école publique, c’est faire revenir des enfants. » Alors il défend le bilan du Printemps marseillais en la matière, à commencer par le Plan écoles. « Quand on refait une école à 15 ou 20 millions, qu’on met des moyens, les parents ont de nouveau confiance », avance l’élu, qui met aussi en avant la chute des grèves inopinées dans les cantines. Au prix d’une attaque contre le droit de grève.

    Plus de moyens

    Surtout, la municipalité a réformé en 2022 le système de dérogations à la carte scolaire pour en faire l’exception, notamment en faveur des élèves en situation de handicap ou pour les familles séparées. La Ville a multiplié les rencontres entre écoles, par des événements communs à l’image des visites du stade Vélodrome, des jumelages de classes. Les moyens alloués ont aussi été revalorisés, en prenant en compte cet indice de positionnement social, mais aussi en favorisant les établissements avec le plus de mixité sociale, tandis que les caisses des écoles bénéficiaient de crédits augmentés. La municipalité a aussi hérité du dossier du forfait communal, les subventions obligatoires aux écoles privées sous contrat, après l’annulation en 2019, par le tribunal administratif, de la convention triennale proposée par la précédente majorité. « Nous avons clarifié la situation pour pouvoir repartir sur des bases saines », se félicite Pierre Huguet. Avec notamment un calcul plus fin des dépenses de fonctionnement à prendre en compte, loin des subventions exceptionnelles accordées par les collectivités dirigées par la droite. S’y ajoutent la mise en place des kits scolaires, saluée par une enquête parlementaire, l’extension de la gratuité à la cantine, que la majorité sortante promet d’ores et déjà de poursuivre. « Mais les plus grandes ruptures d’égalité se font en dehors du temps scolaire », pointe l’adjoint. Avec en ligne de mire les rénovations urbaines, les conditions de vies dans les quartiers, l’offre éducative en périscolaire. « La mixité sociale est au carrefour des différentes politiques publiques », insiste-t-il. Et des programmes présentés aux électeurs.

  • Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Un million de candidats face à la machine Parcoursup

    Depuis 2018, Parcoursup est présenté comme un outil au service de l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur. La plateforme centralise, organise et affecte les vœux des candidats, qui peuvent en formuler jusqu’à dix.

    Près de 14 000 licences sont proposées sur un total d’environ 25 000 formations. Comme l’explique Nagui Bechichi, économiste de l’éducation rattaché à l’Institut des politiques publiques et cofondateur de l’outil en ligne gratuit SupTracker. « Il y a de la place pour tout le monde, mais pas nécessairement au même endroit. » Les chiffres le confirment : en 2025, 18% des lycéens ont dû recourir à la phase complémentaire, faute de places dans les filières en tension.

    Critères de sélection

    Mais comment la machine classe-t-elle un million de candidats ? Chaque formation dispose de sa propre « recette » pour classer les dossiers, aidée par un algorithme. C’est sur la base de ce classement pédagogique que les propositions d’admission sont ensuite envoyées aux candidats. Sur Parcoursup, les établissements s’appuient généralement sur plusieurs critères : les résultats scolaires de première et de terminale, l’avis du lycée, et la fiche Avenir. Remplie lors du conseil de classe du deuxième trimestre, cette dernière indique si les vœux formulés sont en adéquation avec le profil du candidat. Les rubriques « projet de formation motivé » et « activités et centres d’intérêt » permettent également d’évaluer cette adéquation entre les vœux et le projet de l’élève et sont très importantes.

    Une sélection contestée

    Plusieurs élèves pointent un manque de concertation et d’information à ce sujet. « On ne parle pas du tout de ça en cours », rétorque Samia, lycéenne en ST2S à Montpellier. Avant même l’ouverture de la phase d’admission, les règles du jeu sont posées. Les rectorats imposent aux établissements plusieurs critères qui pèsent directement sur l’accès aux formations. Un taux minimal de boursiers, d’abord. Les élèves bénéficiant d’une bourse de lycée plus sélective que celle du supérieur sont favorisés sur Parcoursup. Un taux maximal de non-résidents, ensuite. La proximité géographique est privilégiée. À dossier équivalent, un candidat hors académie part avec un handicap. Résultat : un candidat moins bien classé peut être appelé avant un autre pourtant mieux noté, simplement pour respecter ces taux.

    Les établissements établissent bien un classement pédagogique. Mais l’ordre d’appel final, lui, propose une autre lecture. Une critique portée également par le Scum (Syndicat de combat universitaire de Montpellier). « Pourquoi est-on sélectionné, et sur quelle base ? » Pour le syndicat, cette sélection repose sur des inégalités systémiques, économiques et culturelles, une logique qu’il qualifie de « sociale et raciste ». Selon le Scum, si cette sélection existe, c’est avant tout parce qu’il n’y a pas assez de places et que les universités ne disposent pas des moyens nécessaires pour en créer davantage. Malgré 25 000 formations, les universités, sous-dotées (environ 10 500 euros par étudiant), réduisent parfois leurs places en L1 de 5 à 10% faute de moyens, un contraste avec le discours « place pour tous ».

  • « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    Succès croissant pour le concours Reporters en herbe en Vaucluse. Un dispositif, mis sur pied par le club de la presse Grand Avignon-Vaucluse et le Département. Il vise à la fois à présenter le métier de journaliste, et plus largement le monde de l’information à des collégiens, tout en leur donnant des conseils pour la réalisation de leur projet. Cette année, 19 collèges et 22 classes participent à Reporters en herbe, contre 12 collèges et 14 classes en 2025.

    Comme l’an dernier, La Marseillaise est impliquée dans le concours. Après une première intervention début décembre au collège Jules-Verne du Pontet, nos deux journalistes de la zone se sont rendus tout récemment aux collèges Saint-Exupéry de Bédarrides, Barbara-Hendricks d’Orange et Champfleury d’Avignon. La thématique du concours cette année est le Vaucluse en 2050. À Bédarrides, la classe média s’est tournée sur la construction d’installations sportives. À Orange, la classe de 6e s’est penchée sur le traitement des déchets, en particulier ceux agricoles. Enfin, la 5e Obama du collège Champfleury d’Avignon a choisi le thème de la relation entre la ville et les arbres dans 100 ans. La classe vainqueure sera invitée à Marseille dans les locaux de France 3.

  • [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    La Marseillaise : Ce salon est organisé à quelques jours de l’ouverture de Parcoursup. Quel regard portez-vous sur ce système où un algorithme décide de l’avenir des lycéens ?

    Éric Berton : C’est un système qui a le mérite d’exister, qui s’améliore chaque année. Mais c’est vrai que l’on retrouve souvent des parents et des étudiants qui se posent des questions, que cela angoisse un peu. Et certaines formations, privées en particulier, en profitent pour se vendre avec des produits… Pas toujours vendables.

    Dans ce contexte concurrentiel, comment défendez-vous l’université ?

    E.B. : Nous, nous sommes l’université de toutes les jeunesses et on revendique le fait d’accueillir le maximum d’étudiants. On est la plus grande université en termes de nombre avec 82 000 étudiants, 12 000 étrangers. On revendique le fait de donner l’accès à l’éducation, à l’enseignement supérieur, au plus grand nombre. Le but, c’est de faire réussir l’ensemble de nos étudiants, de leur trouver un avenir et au-delà de ça, d’en faire des citoyens éclairés qui peuvent réfléchir par eux-mêmes, qui sont curieux. On ne les enferme pas dans des cases, des castes. Ils peuvent changer de parcours, on a une certaine fluidité. Et nos étudiants ont le droit de se tromper, ils peuvent se réorienter. C’est ça, le service public.

    Qu’est-ce qui fait la différence avec les autres formations proposées ?

    E.B. : Justement cet état d’esprit, mais aussi la qualité de cette formation par rapport à d’autres, même s’il existe des écoles privées de qualité évidemment. Nous, nous pouvons aussi dire que nous sommes évalués, renouvelés. Nous avons un contrat avec l’État. Nous sommes accrédités. C’est ça aussi ce qui fait la force de notre université et de nos formations.

    À raison de 175 euros l’année en licence, 230 en master, les frais de scolarité sont relativement accessibles pour AMU. De quels moyens disposez-vous ?

    E.B. : Actuellement, c’est vrai que nous sommes dans un flou budgétaire, comme toute la fonction publique. Et c’est vrai que je revendique depuis longtemps un accroissement du soutien financier de l’État à l’enseignement supérieur et à la Recherche. C’est nous qui formons toutes les jeunesses et un pays doit investir dans sa jeunesse. C’est son avenir. Tous les conflits que nous vivons actuellement sont la conséquence d’un sous-investissement dans l’enseignement supérieur et la Recherche. Quand on enseigne, quand on cherche, on apprend à connaître l’autre, à ne plus en avoir peur. C’est ça, l’université. Elle est liée à la démocratie. Elles doivent prendre soin l’une de l’autre. On a besoin vraiment que la France, pays de liberté, de culture, réinvestisse dans sa jeunesse. Un pays qui ne le fait pas est un pays qui va dans le mur.

    Ce modèle français, vous l’avez également défendu avec le programme « Safe Place For Science », qui permet d’accueillir des chercheurs américains s’estimant menacés dans leur liberté académique par la politique de Donald Trump. Où en est-on ?

    E.B. : Ils arrivent et vont arriver tout au long de l’année. Même si certains sont déjà sur place, on leur laisse le temps. D’autres publient déjà sous notre nom. On ne les presse pas. Il y a des contingences matérielles avec des enfants encore à scolariser ou des parents dont il faut s’occuper. Cela se passe plutôt bien, ils ont l’impression ou le sentiment d’être chanceux par rapport à ceux que l’on n’a pas accueillis, ressentent parfois de la culpabilité. Là, pour le coup, l’État nous a beaucoup aidés. Avec 30 personnes au total, 20 sur le programme Amu « Safe place for Science » et 11 sur le programme « Choose France », c’est nous qui avons le plus de lauréats au niveau national. Il faut dire aussi que nous avons bien préparé leur venue. Ils arrivent aussi avec leurs étudiants et cela nous amène beaucoup d’échanges et de culture. C’est également l’occasion de montrer que notre modèle universitaire doit être préservé. Et je vous avoue que dans le cadre des prochaines élections… Je ne voudrais pas qu’ils aient fui Trump pour se retrouver dans un système similaire.