Tag: éducation populaire

  • La science à portée de tous

    La science à portée de tous

    L’évènement astronomique de ce mercredi 12 août est historique car la prochaine éclipse solaire totale visible en France le sera en 2081. C’est donc à l’échelle d’une vie humaine un moment important et vertigineux. Historique aussi, car le rendez-vous s’inscrit dans la très longue histoire des découvertes de la physique et du fonctionnement de l’univers. Historique enfin car, la vision de cette éclipse sera partagée par des millions de personnes. Elles tourneront ensemble le regard vers le même astre. Un moment rare
    de partage, d’émerveillement mais aussi de transmission.

    Ne pas éclipser l’éducation populaire

    Car les rendez-vous publics organisés par les communes, les associations et les observatoires sont surtout l’occasion de partager des savoirs, de mettre à portée de tous la science avec à l’appui un spectacle unique. Ainsi, l’association française d’astronomie s’est engagée à former des « montreurs d’éclipse » afin de diffuser largement les connaissances. C’est essentiellement le large mouvement de l’éducation populaire qui est à la manœuvre pour organiser, au quotidien, des actions comme celles qui rassembleront des adultes et des enfants ce soir pour admirer et comprendre l’éclipse. Un mouvement d’éducation populaire résistant face aux baisses de subventions publiques et des budgets de plus en plus contraints. Sans éclipser son plaisir et la joie de cette soirée, il faut avoir à l’esprit que peut s’éteindre l’accès à la culture scientifique si on ne prend pas garde aux attaques au vaste tissu associatif.

  • Tichadou investigation, l’émission qui remet au centre le lien social à Port-de-Bouc

    Tichadou investigation, l’émission qui remet au centre le lien social à Port-de-Bouc

    Bonsoir à tous et bienvenue dans le 20h spécial Tichadou investigation. » Le ton y est pour cette émission réalisée par les ados du centre social Tichadou durant cette semaine passée et terminée vendredi.

    Au programme, « une enquête consacrée au rôle des centres sociaux : comment accompagnent-ils les habitants au quotidien et quels sont les défis auxquels ils font face », annoncent les deux speakerines, promettant reportages et témoignages.

    La directrice Yannick Combaluzier en est. « C’est la troisième année de notre cycle d’éducation aux médias, après le travail de presse écrite et photo l’été dernier », explique-t-elle. « Ce travail permet à l’ado de questionner l’info à laquelle il est exposé sur les téléphones », reprend-elle, mais aussi « de parfaire son expression orale et sa posture », selon la directrice.

    Le réalisateur Alexandre Mameli, venu pour la 10e fois au centre social, leur avait proposé trois thèmes. Les ados ont retenu le centre social car « ça nous concerne plus », justifie Kella, qui rentre en 1ère au lycée.

    « Faire les interviews c’était de la patate »

    Tous les rôles ont été distribués et échangés. « J’ai pris la caméra, le son au casque, monté le fond vert, mis les lumières », liste Sofiane, 13 ans. Mais sa partie préférée était de faire les interviews : « C’était de la patate », dit-il. Kella a préféré filmer et faire la voix off. « C’était un peu un mélange entre poser ma voix et parler normalement », détaille-t-elle.

    L’émission complète est disponible sur la page Facebook du centre social.

  • À Montpellier, l’association Les Ziconofages lance un cri d’alerte

    À Montpellier, l’association Les Ziconofages lance un cri d’alerte

    Depuis 25 ans, les Ziconofages, association d’éducation populaire implantée essentiellement à Montpellier, propose « à des publics en situation de précarité ou issus des quartiers populaires de prendre la parole à travers l’outil vidéo et de coréaliser des films. Nous apportons notre savoir-faire audiovisuel et eux, leur expertise d’usage du territoire », explique Pascal Biston, coordinateur de l’association. Les films sont ensuite diffusés dans des médiathèques, des cinémas ou des lieux partenaires. À titre d’exemple, cette année, une vingtaine d’ateliers ont permis de réaliser des films sur les questions de santé et de précarité, qui ont été projetés récemment au Gazette café. Les Ziconofages ont également un travail en cours sur les violences faites aux femmes, à la fois sur le territoire de Montpellier et sur celui du Clermontais-Lodévois. « L’idée est aussi de déconstruire les préjugés sur les gens pauvres. On subit tous les images, mais les gens des quartiers populaires encore plus. C’est pour ça qu’on propose, avec ces films, d’inverser les rôles pour qu’ils créent leurs propres images et leurs propres paroles », insiste Pascal Biston.

    « L’état se désengage

    jour après jour »

    Un travail de terrain au plus près de l’humain qui pourrait bien disparaître faute de moyens. « Comme beaucoup de structures associatives du social et du culturel, les politiques publiques se désengagent de ce champ de l’action sociale et culturelle », dénonce le coordinateur de cette petite association locale, qui compte deux salariés, une vingtaine de bénévoles et une centaine d’adhérents.

    « Nous avons perdu petit à petit des aides précieuses qui nous permettaient de mener des actions dans de bonnes conditions », poursuit-il. « De 3 salariés, nous sommes passés à 2 car nous avons perdu un poste adulte-relais en 2021 (financé par l’État) ; en 2024, on a subi une baisse de 33% de notre principale subvention, allouée par le Département de l’Hérault, du fait des contraintes budgétaires de la collectivité ; et nous venons d’apprendre la suppression de 2 subventions de la DDETS (direction départementale de la cohésion sociale) pour un montant de 5 000 euros sur nos stages vidéo jeunes », liste Pascal Biston. « Sur un budget de 70 000 euros, c’est considérable. Sachant que ma collègue salariée et mois ne travaillons qu’à 70%, sinon on fermerait l’association », souligne-t-il.

    Ce désengagement est surtout le fait de l’État, qui a également réduit la somme allouée dans le cadre du fonds de développement de la vie associative, passée de 5 000 euros à 1 000 euros l’an dernier. « Et cette année, on ne sait pas ce qui nous attend… » La Ville de Montpellier, elle, maintient sa subvention annuelle (5 000 euros) et le Département a consenti cette année une petite rallonge de crédits en lien avec le sujet sur les violences faites aux femmes.

    « On est représentatif de ce qu’il se passe dans le monde associatif », estime Pascal Biston. Une réunion entre plusieurs associations de La Mosson a d’ailleurs eu lieu au mois de mai pour évoquer ces problématiques des coupes budgétaires qui se multiplient et des restrictions financières, notamment nationales. « L’état choisit de mettre sans problème de l’argent pour pourchasser quelques teufeurs, financer les industries d’armement, mais se désengage jour après jour sur l’éducation, le social et le culturel, qui viennent en appui aux populations les plus vulnérables, aidant à la cohésion sociale, à la lutte contre les inégalités et au vivre ensemble », dénonce le représentant des Ziconofages. « On a l’impression qu’on a une politique de droite voire d’extrême droite quand on voit les choix qui sont faits. C’est un peu reprendre les idées des villes qui ont basculé RN et qui coupent les budgets à beaucoup de structures associatives qui font de l’éducation populaire, comme nous. »

  • À Marseille, une tournée pour célébrer les congés payés

    À Marseille, une tournée pour célébrer les congés payés

    Depuis le 22 juin et jusqu’en novembre, une camionnette festive sillonne la France pour aller à la rencontre des territoires, des structures et des publics qui font vivre cet héritage au quotidien. Les Marseillais ont bénéficié de deux dates au Panier(2e) et au centre social de Campagne l’Évêque (15e). À chaque étape, l’Eskale se déplie comme une guinguette itinérante : tables, guirlandes, exposition, témoignages, échanges autour des acquis sociaux du Front Populaire, banquets citoyens, bals, …

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Concert de rap, documentaire sur le racisme, atelier pour sensibiliser les adolescents aux discriminations… Une programmation riche et variée est prévue pour le festival d’éducation populaire Regarde sous tes fenêtres, qui se tiendra aux alentours de la place Pechiney de jeudi à samedi. « C’est important pour nous que ce festival se déroule dans l’espace public et qu’il soit gratuit, accessible à toutes et tous », explique Julie Vuoso, fondatrice et programmatrice du festival.

    Jeudi, le festival commencera avec un apéro d’ouverture, suivi d’un spectacle jeune public, d’un repas de soutien au festival à prix libre, puis d’une soirée de projection de films. Ce sera d’abord un documentaire sur le racisme dans la cité minière qui sera projeté, réalisé spécialement pour le festival par Maya Perusin Mysorekar, artiste en résidence à Château-Arnoux-Saint-Auban. « Le festival est né de l’histoire de la cité ouvrière. à Saint-Auban, tout a été construit par l’usine et pour l’usine. Le passé industriel de la ville fait qu’il y a eu beaucoup d’immigration depuis toujours. Le festival permet de faire de ce passé migratoire une richesse », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la Maison commune, qui coorganise chaque année le festival avec la MJC. « En 2006, il y a eu la délocalisation de l’usine, et un abandon de l’espace commun de Saint-Auban. On a voulu proposer un événement dans la rue pour faire revenir la vie collective », explique Julie Vuoso. « Il y avait très peu de commerces, donc l’idée est aussi d’animer la vie locale. C’est un choix, par exemple, de ne pas proposer de nourriture pour le festival, mais que ce soit pour les commerçants, et que l’événement serve à tout le monde sur la cité, que les gens qui travaillent toute l’année puissent s’y retrouver », avancent les deux organisatrices.

    « Un espace inclusif »

    « L’idée du festival, c’est aussi de créer dans notre programmation un espace inclusif où tout le monde est représenté, de ne pas faire une programmation où il n’y a que des personnes blanches, des hommes », ajoute la programmatrice.

    Le film Pédale Rurale, qui raconte l’organisation de la première Pride à la campagne, sera ensuite projeté. « L’idée a toujours été de proposer une programmation pluridisciplinaire, avec de la danse, du théâtre, de la musique, des films », explique Julie Vuoso. Vendredi, Myriam Soulanges proposera « un récit chorégraphique qui interroge les héritages de la domination patriarcale et de l’histoire coloniale guadeloupéenne ».

    Le festival est financé par la mairie, le Département, la Drac et la Dilcra. Le théâtre Durance prête son matériel, essentiel pour mener à bien le projet. Des mineurs étrangers non accompagnés viennent également de Digne pour prêter main forte à titre bénévole.

    Programme : rstf.fr/programme.html

  • À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    « Résister face à la pédagogie du renoncement et s’assurer que les lumières ne s’éteignent pas dans l’esprit de nos jeunes » : telle est l’une des contributions majeures de l’éducation populaire, selon Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements. L’élu est venu à la rencontre des acteurs associatifs du secteur, mardi matin, à l’occasion d’une réunion organisée par sa mairie. « L’éducation populaire est essentielle pour notre société. C’est un levier essentiel pour la démocratie, l’émancipation humaine, la citoyenneté et la transformation de la société, a-t-il poursuivi. Cette rencontre de nouvelle mandature doit permettre d’échanger nos expériences, mais surtout de construire ensemble des projets. Une association isolée peut faire de grandes choses, mais associée aux autres, elle peut se rendre beaucoup plus efficace. »

    C’était l’ambition de ce premier temps d’échanges entre associations, organisé à l’initiative de Lyèce Choulak, conseiller municipal délégué à l’éducation populaire et aux vacances pour tous dans les 15-16. « C’est l’occasion de rassembler toutes les forces vives de l’éducation populaire dans les 15-16, parmi lesquels on compte les associations de proximité et les centres sociaux, bien sûr. Mais aussi les institutions (Métropole, État) et les bailleurs, détaille-t-il. Je voudrais qu’on puisse aboutir sur un projet commun qui défende l’intérêt collectif ».

    Pour soutenir la démarche, Hassan Guenfici, adjoint au maire délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire, était présent pour représenter la mairie centrale.

    Un budget pour l’enfance ?

    Les difficultés financières des collectivités, limitant le niveau des subventions accordées aux différentes structures, n’ont pas manqué d’être évoquées. Dans ce contexte budgétaire serré, une idée a tout de même émergé : investir avantage dans l’enfance. « L’enfant pauvre des cités est souvent le secteur de l’enfance, note Nicolas Rett, directeur du centre social de la Bricarde (15e). C’est très difficile de déployer des actions, parce que nos moyens sont très limités. Il y a pas mal d’espaces jeunes sur le territoire, ce qui nous permet de capter les jeunes à partir de 11-12 ans. Mais les 5-10 ans qui ne sont pas inscrits au foot ou à l’aide au devoir, ce sont eux qui sont un peu à la rue entre 17h et 19h. Ça les rend vulnérables, notamment aux réseaux [de trafic de drogue] ».

    « La question de la protection de l’enfance et de l’accueil des mineurs est sur la table, le travail est entamé », a assuré Hassan Guenfici. Jean-Marc Coppola ajoute : « La Ville fait son possible, mais ne pourra pas se substituer à tout le monde. Les échéances électorales de l’an prochain doivent être l’occasion de décider dans quel type de société nous souhaitons vivre. »

  • Les librairies menacées d’un scénario catastrophe

    Les librairies menacées d’un scénario catastrophe

    L’annonce début juin par le Centre national du livre (CNL) a fait l’effet d’une bombe. Pour la première fois depuis que ce recensement existe, il s’est fermé plus de librairies (85) l’an passé en France qu’il ne s’en est ouvert (83). Si en 2025 les fermetures concernaient majoritairement des structures créées dans la dernière décennie, les librairies historiques ne sont plus épargnées en 2026.

    Deux enseignes majeures, Gibert et le groupe Nosoli, propriétaire du Furet du Nord et de Decitre, viennent d’être placées en redressement judiciaire. Si la librairie montpelliéraine Gibert n’est pas directement visée, il n’en est pas de même de son homologue Sauramps, qui célèbre ses 80 ans cette année. Depuis plusieurs mois, la rumeur d’une mauvaise santé financière enflait au fil de témoignages de salariés inquiets. Le propriétaire, l’architecte François Fontès, avait d’abord tenté de rassurer sans convaincre. Le mois dernier, l’absence de Sauramps lors de l’événement majeur de la Comédie du livre avait fait grand bruit à Montpellier. Le couperet est tombé quelques semaines après. La librairie historique, qui avait déjà été reprise en 2017 par le groupe Ametis et qui accuse environ 3,5 millions d’euros de pertes et une absence de trésorerie, vient à son tour d’être placée en redressement judiciaire le 15 juin (lire page 6). François Fontès n’est pas décidé à laisser tomber. De leur côté, la Région Occitanie de Carole Delga (PS) et la Métropole de Michaël Delafosse (PS) ont signifié leur soutien. L’audience est fixée au tribunal de commerce le 3 juillet.

    Sur les 3 400 librairies que compte l’Hexagone et qui vendent près d’un livre sur deux, des centaines d’autres librairies indépendantes seraient au bord du gouffre. Chaque fois, le scénario se ressemble. Les librairies sont prises en étau entre la hausse de leurs coûts fixes (loyers, matières premières, personnel…) et l’érosion continue du lectorat (-6% des ventes au premier trimestre 2026, selon le CNL), que la période Covid n’avait que freinée un temps. Le CNL précise que l’érosion que subit le livre papier est générale. Elle touche toutes les tranches d’âge et tous les milieux sociaux.

    Creuset social

    Impossible aussi de ne pas penser à la concurrence de la grande distribution (+6 points) ou à l’impact d’internet. Mais pour Marion Mazauric, qui dirige la maison d’édition Au Diable Vauvert, dans le Gard, le numérique (+6%) est un faux coupable. « Ce phénomène de décroissance de la lecture n’est pas nouveau, il a 40 ans. On aime incriminer les plateformes (…) mais on peut être connecté et lire beaucoup. Nous avons beaucoup de geeks dans nos lecteurs  », assure-t-elle.

    Pour l’éditrice gardoise, la perte de la pratique de la lecture est surtout corrélée à la dégradation de la situation sociale de nombreux Français. « Une poignée ont tout, beaucoup d’autres n’ont rien. Quand vous vivez sous le seuil de pauvreté comme 40% des Nîmois, vous ne passez pas vos journées à lire des romans ». Et d’ajouter : « De plus en plus de gens sont dans des vies qui les éloignent de la lecture ». L’écosystème traduisant parfois le manque de demande. « Le Gard est l’un des départements les plus pauvres de France. D’Aigues-Mortes à Sommières, il n’y a pas une seule librairie ». Marion Mazauric observe par ailleurs un impact de l’apprentissage raboté et de la place réduite de la lecture à l’École. « L’éducation populaire a aussi beaucoup décru », déplore-t-elle.

    Aujourd’hui, l’éditrice invite l’ensemble des acteurs à faire bloc autour des libraires. « Ils sont le poumon du secteur du livre. Sans eux, on n’existe pas. On doit être très attentif à tout ce qui peut les aider ». Au-delà de l’appel aux lecteurs, elle aimerait que l’État prenne enfin ses responsabilités. « Le tissu des librairies françaises est unique au monde. Elles ne sont pas un commerce comme les autres, elles constituent un commerce d’utilité publique ». Dans la lignée des demandes du Syndicat de la librairie française (SLF), l’État est appelé à agir concrètement. Par exemple en pratiquant des allègements immédiats sur les loyers ou les charges. Bien d’autres mesures sont possibles. Il y a urgence.

  • Un camp d’été dans le Dévoluy pour les collégiens de REP

    Un camp d’été dans le Dévoluy pour les collégiens de REP

    « Bon allez, si dans cinq minutes, il y en a qui ne sont toujours pas prêts, on part sans eux ! » Jean-Lou Vinard, médecin retraité et accompagnateur de montagne, donne de la voix. Il est 8h50, la randonnée débute dans dix minutes. Il s’apprête à emmener 21 élèves de 5e du collège de Laragne-Montéglin et leurs deux professeurs pour une boucle de 12 km entre Saint-Étienne-en-Dévoluy et le Vallon d’Âne.

    Lui et Luc Bernard, herboriste, tous deux randonneurs de montagne chevronnés, ont créé « Tous ensemble au sommet ! », un programme à travers lequel ils emmènent en camps de montagne des collégiens de REP, souvent issus de milieux modestes, avec plus de difficultés scolaires.

    Course d’orientation, escalade, fabrication d’un herbier, spéléologie… La majorité des élèves du groupe, âgés de 12 à 14 ans, n’a jamais passé autant de temps en montagne ou pratiqué des activités comme la via ferratta. « C’était mon moment préféré. Je ne connaissais pas du tout, ça faisait un peu peur mais c’était super cool », témoigne l’un d’eux, mi-exalté mi-effrayé par le souvenir du parcours en altitude sur les falaises. « C’est tarpin bien ! , s’enthousiasme sa camarade. En plus, on est sans nos téléphones, on est déconnectés alors on profite à fond. »

    La montagne pour tous

    Pour eux, le camp apporte son lot de découvertes, à tous les niveaux. « On mange plein de choses nouvelles, comme des fleurs, on en a dans toutes les salades, ça rajoute du goût », remarque Paris. « On fait plein de choses mais le meilleur moment c’est quand on se rassemble le soir, qu’on est entre nous, on mange des marshmallows sur le feu et on joue au loup-garou », témoigne Kenzo, suscitant l’adhésion de son groupe. Seul hic : « Les nuits en tente ! Il fait froid et le matin tout est mouillé », grimace l’une d’entre eux. « Pour moi, la montagne, c’est une belle maîtresse d’école, elle apprend aux enfants l’initiative, la solidarité, l’effort. Elle m’a beaucoup apporté et pour des gamins, ça leur ouvre la tête, affirme Jean-Lou Vinard. L’idée nous est venue d’un copain, Loïc Preghenella, accompagnateur de montagne comme nous, qui a emmené en 2023 des enfants de milieux défavorisés de la région parisienne grimper le Monte Cinto en Corse. On a contacté Dominique Gosselin, principale du collège de Laragne, qui nous a donné son feu vert. » Au bout d’une heure de marche, le groupe s’arrête à la fontaine de la ferme de Luc Bernard, herboriste, qui a grandi dans le Dévoluy. « Je randonne ici depuis maintenant soixante ans. C’est un espace naturel magnifique à leur faire découvrir, explique ce dernier, qui, la veille, a fait composer un herbier au groupe. On est tous deux retraités alors on a du temps pour transmettre. J’essaye de renouer un peu avec ce savoir des anciens, la connaissance des plantes avec lesquelles on peut manger, se soigner ou celles qui sont dangereuses. »

    Après deux ans, le partenariat est pérennisé avec le collège de Laragne. Mais Jean-Lou déplore cependant un manque de soutien local : « On fait découvrir le Dévoluy et pourtant on voit qu’autour de nous, ça ne se mobilise que partiellement. Cette année, on a démarré le projet en négatif de 3 000 euros. On va finir par les trouver, mais on aimerait être un peu plus soutenus », soupire-t-il.

  • Des jeunes venus du monde entier animent un petit village des Hautes-Alpes

    Des jeunes venus du monde entier animent un petit village des Hautes-Alpes

    « Je suis venu apporter des crêpes, je me suis dit que les jeunes qui viennent de tous ces pays ne connaissent peut-être pas ! » Au moment d’installer le repas du soir, Philippe, retraité installé depuis cinq ans au Saix, dévoile les plats qu’il a cuisinés et apporté pour l’occasion, sous les exclamations enthousiastes de la vingtaine de jeunes présents.

    Ce mercredi soir, l’association Le Village des Jeunes organisait un repas dans la cour de l’ancienne école, réunissant les volontaires du chantier du hameau du Faï, sur les hauteurs de la commune, et les habitants du village. L’association, créée en 1963, permet à des jeunes du monde entier comme de la région, en lien avec les missions locales et les établissements scolaires, de participer à des chantiers d’insertion.

    « Ce qu’on fait vraiment ici, c’est donner chacun un peu de ce qu’il y a de beau dans nos cultures. C’est intéressant de voir que l’être humain est l’être humain peu importe l’endroit, explique Santiago, 24 ans, colombien diplômé d’ingénierie civile. Ici je peux apprendre tout ce qui a trait à la construction, et je suis heureux de le faire en aidant les communautés autour. » Il reste pour près d’un an, afin de se former à encadrer à son tour des chantiers. De 150 euros pour un projet de deux semaines à la gratuité selon les moyens, les chantiers se veulent accessibles, dans la philosophie de l’éducation populaire. « La seule chose qu’on demande c’est l’envie de s’engager dans des projets qui ont du sens », explique Hélène Baillet co-déléguée régionale de l’association.

    Créer la rencontre avec les habitants

    Les volontaires résident à la ferme du Faï, autrefois abandonnée et maintenant habitée et cultivée grâce aux chantiers successifs que l’association organise en partenariat avec les communes voisines du Saix (126 habitants) et de Saint-Auban-d’Oze (75 habitants). « Ça fait plusieurs années, quand j’étais enfant puis quand je revenais ici pour les vacances, qu’il y avait des rencontres organisées avec le Village des Jeunes, témoigne Rémy 29 ans, infirmier né à Saint-Auban-d’Oze et revenu s’y installer. Je trouve ça chouette, on est quand même dans un petit microcosme, c’est toujours intéressant de voir des personnes qui ne sont pas d’ici. » L’association tient à rester connectée aux territoires où elle est implantée, comme le rappelle Hélène Baillet : « On souhaite créer de l’animation territoriale sur les villages où l’on a des chantiers, des moments d’échanges avec les habitants comme avec ces repas. Et toute personne qui veut participer à un chantier est la bienvenue ! »

  • Cinq tonnes de déchets récoltés sur le site de Corbière

    Cinq tonnes de déchets récoltés sur le site de Corbière

    Sur la plage de Corbière, ce mercredi matin, des dizaines de petites mains s’activent entre les rochers. « J’ai trouvé une bouteille ! » « Moi, j’ai un mégot ! ». Une centaine d’enfants venus de centres aérés voisins, mais aussi des particuliers, se sont réunis dès 9h30 pour un grand nettoyage de la côte. Munis de gants, sacs en plastique et pinces, ils sont tous vêtus de t-shirts floqués « le Grand bleu », l’association organisatrice de l’événement.

    Brahim Timricht est son fondateur. Depuis 22 ans, grâce à cette manifestation, il sensibilise les plus jeunes à la protection de l’environnement. « C’est une goutte dans le sable, mais des milliers de gouttes font des rivières. Sensibiliser les tout-petits, dès 3 ans, c’est créer des réflexes pour plus tard. » Brahim Timricht, qui a été nommé cette année Chevalier de l’ordre du mérite, est un homme engagé socialement. Notamment au travers d’activités nautiques et de l’apprentissage de la nage, qu’il organise toute l’année. « On transmet aux jeunes marseillais le goût et le respect de la mer. »

    Cette journée s’inscrit donc dans la continuité de son action. À la base nautique de Corbière, kayak, paddle géant, voilier et même une double pirogue polynésienne, « la première de Marseille », sont mis à disposition des enfants pour récupérer des déchets en mer et pour beaucoup, découvrir ces sports nautiques souvent inaccessibles.

    La valeur du collectif

    La joie se lit sur le visage des enfants, qui sont 400 à participer aux activités de l’après-midi. Un moment de jeu et de découverte autour de l’écologie qui demande de la cohésion d’équipe et qui valorise les enfants. « Je suis fière, on a rendu notre plage plus propre », explique Mélissa, 8 ans, qui vit à l’Estaque.

    Les soutiens institutionnels et privés, notamment Suez et la Seramm, étaient présents pour assister à l’événement. Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, espère que le projet s’élargisse au-delà de Corbière. « Nous soutenons désormais le développement des activités du Grand bleu à l’ancien village olympique. » Durant la journée, environ 5 tonnes de déchets ont été récoltées par les enfants.