« Je suis venu apporter des crêpes, je me suis dit que les jeunes qui viennent de tous ces pays ne connaissent peut-être pas ! » Au moment d’installer le repas du soir, Philippe, retraité installé depuis cinq ans au Saix, dévoile les plats qu’il a cuisinés et apporté pour l’occasion, sous les exclamations enthousiastes de la vingtaine de jeunes présents.
Ce mercredi soir, l’association Le Village des Jeunes organisait un repas dans la cour de l’ancienne école, réunissant les volontaires du chantier du hameau du Faï, sur les hauteurs de la commune, et les habitants du village. L’association, créée en 1963, permet à des jeunes du monde entier comme de la région, en lien avec les missions locales et les établissements scolaires, de participer à des chantiers d’insertion.
« Ce qu’on fait vraiment ici, c’est donner chacun un peu de ce qu’il y a de beau dans nos cultures. C’est intéressant de voir que l’être humain est l’être humain peu importe l’endroit, explique Santiago, 24 ans, colombien diplômé d’ingénierie civile. Ici je peux apprendre tout ce qui a trait à la construction, et je suis heureux de le faire en aidant les communautés autour. » Il reste pour près d’un an, afin de se former à encadrer à son tour des chantiers. De 150 euros pour un projet de deux semaines à la gratuité selon les moyens, les chantiers se veulent accessibles, dans la philosophie de l’éducation populaire. « La seule chose qu’on demande c’est l’envie de s’engager dans des projets qui ont du sens », explique Hélène Baillet co-déléguée régionale de l’association.
Les volontaires résident à la ferme du Faï, autrefois abandonnée et maintenant habitée et cultivée grâce aux chantiers successifs que l’association organise en partenariat avec les communes voisines du Saix (126 habitants) et de Saint-Auban-d’Oze (75 habitants). « Ça fait plusieurs années, quand j’étais enfant puis quand je revenais ici pour les vacances, qu’il y avait des rencontres organisées avec le Village des Jeunes, témoigne Rémy 29 ans, infirmier né à Saint-Auban-d’Oze et revenu s’y installer. Je trouve ça chouette, on est quand même dans un petit microcosme, c’est toujours intéressant de voir des personnes qui ne sont pas d’ici. » L’association tient à rester connectée aux territoires où elle est implantée, comme le rappelle Hélène Baillet : « On souhaite créer de l’animation territoriale sur les villages où l’on a des chantiers, des moments d’échanges avec les habitants comme avec ces repas. Et toute personne qui veut participer à un chantier est la bienvenue ! »








