Tag: Editoriaux

  • La paix maintenant

    La paix maintenant

    La signature par « toutes les parties » d’un accord de cessez-le-feu prévoyant la libération de tous les otages israéliens et de nombreux prisonniers palestiniens est un soulagement pour tous les peuples du Proche-Orient. Cela peut être une première étape vers l’arrêt du conflit.

    La paix n’est pas l’absence de guerre, « c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice », écrivait à juste raison Spinoza. Après tant d’horreurs vécues depuis le 7 octobre, tant de sang versé depuis des décennies, la paix ne pourra se faire que dans la justice, dans le respect du droit international, dans la reconnaissance mutuelle.

    Un État palestinien viable, sur la base des frontières de 1967, aux côtés de l’État d’Israël, est une nécessité. C’est la condition d’une paix juste et durable. Le poids de la France s’ajoute désormais aux 151 pays qui ont déjà reconnu l’État palestinien, à la différence des États-Unis.

    Sociétés civiles

    Il faudra aussi des femmes et des hommes pour faire la paix. Les sociétés civiles palestiniennes et israéliennes ont la ressource pour prendre le dessus sur les extrémistes religieux, les terroristes islamistes, les colons messianiques, à condition que des figures de paix émergent.

    Dans les deux peuples, seule la voie démocratique peut y parvenir. Dans cet esprit, Marwan Barghouti doit être libéré pour une Palestine libre, démocratique et laïque.

    Enfin, la solidarité internationale sera essentielle pour panser les plaies de la guerre et accompagner les efforts de paix dans une région du monde où une seule étincelle peut les réduire à néant.

  • La balle est dans le camp de l’Élysée

    La balle est dans le camp de l’Élysée

    « Moine-soldat » autoproclamé de la Macronie, homme lige du président de la République, Sébastien Lecornu a estimé que sa mission de consultation de la dernière chance était « terminée » sur le plateau de France 2.

    Atone devant une Léa Salamé aphone, on retiendra de son intervention un fait essentiel : il écarte une dissolution dans l’immédiat, considérant qu’une majorité absolue existe à l’Assemblée nationale sur l’idée de donner un budget à la France et à la Sécurité sociale avant la fin de l’année.

    Sans exclure la possibilité d’une nomination d’un Premier ministre de gauche – ce qui supposerait la non-censure d’une partie au moins de la Macronie – il a refusé de se prononcer explicitement sur la marche à suivre, renvoyant la balle dans le camp de l’Élysée.

    Le socle commun a échoué et explosé

    Emmanuel Macron, qui avait reçu son Premier ministre démissionnaire peu de temps avant son passage télévisé, a fait savoir par communiqué qu’il nommerait un Premier ministre dans les 48h.

    Il est aujourd’hui placé devant ses responsabilités, mais aussi face à son bilan qui a abîmé notre démocratie. Porté à l’Élysée deux fois par rejet de l’extrême droite, il a fait mine d’avoir été élu sur son projet. Après être passé en force sur la réforme des retraites très majoritairement rejetée dans le pays, avoir été sanctionné aux européennes, il a dissous l’Assemblée nationale sans appeler à Matignon un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire. Désormais, le socle commun, bricolé après les élections, a incontestablement échoué et explosé. Il n’a d’autre choix que de nommer un Premier ministre de gauche ou de convoquer de nouvelles élections.

  • Point de non-retour

    Point de non-retour

    Ambiance fin de règne. Le premier coup – et le plus dur – a été porté lundi soir par Gabriel Attal, président du parti présidentiel et du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Confiant ne « plus comprendre » les décisions du chef de l’État, il a déploré son entêtement dans la méthode.

    Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, viole le dernier tabou macroniste en appelant de ses vœux une présidentielle anticipée après le vote du budget.

    Élisabeth Borne, également ancienne hôte de Matignon, s’est quant à elle déclarée ouverte, au nom de la « stabilité » du pays, à la suspension de la réforme des retraites qu’elle avait imposée à coups de 49.3…

    Rassemblement

    « Un aveu : la réforme des retraites est un échec », a commenté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Emmanuel Macron lâché par les siens, face à un bilan en forme de champ de ruine, a-t-il conscience que la France avait atteint un point de non-retour ?

    S’il s’avère incapable de nommer un Premier ministre de gauche ou, pire, si la gauche se révèle incapable de proposer un compromis fondé sur la justice sociale au pays, alors il faudra en revenir aux urnes.

    Mais rien ne permet d’assurer que de nouvelles législatives conduiraient à une situation sensiblement différente d’aujourd’hui.

    L’extrême droite, haineuse et revancharde, bien que déconsidérée par les affaires, croit dur comme fer en ses chances.

    Il y a urgence à lui opposer un rassemblement pour la démocratie et le progrès social.

  • Celui qui ne combat pas a déjà perdu

    Celui qui ne combat pas a déjà perdu

    Il y avait comme un goût de bonheur ce vendredi à la Centrale de Gardanne. Un mélange de fierté, de fraternité et de soulagement.

    Au bout de 7 ans de lutte, les salariés ont non seulement obtenu le maintien de leur site avec le passage du charbon à la biomasse mais aussi la réembauche de leurs collègues licenciés grâce à un projet de biométhane porté par l’association des travailleurs de la centrale.

    Dans un contexte national marqué par l’incertitude et l’attentisme d’une partie du monde du travail, les leçons de Gardanne sont précieuses.

    Oui la lutte paie. Elle nécessite de l’opiniâtreté, du collectif et de la solidarité. La victoire des salariés de la Centrale est une victoire de classe : elle a été obtenue avec l’appui des travailleurs du Port, des docks, mais aussi des cheminots et de l’énergie qui avaient intérêt pour l’avenir de leurs propres emplois à refuser la fermeture.

    Organisés

    La lutte a payé aussi pour les agents RTM qui empêchaient il y a 20 ans, le tramway marseillais d’être confié au privé. 10 ans plus tard, ce sont 1 336 jours de lutte qui ont permis aux Fralib de mettre sur pied Scop-TI, leur entreprise de thé et d’infusions à Gémenos. Il y a 5 ans, c’était au tour des ouvriers du livre, au sortir d’une liquidation, de donner vie la coopérative de distribution de la presse CPMM qui diversifie aujourd’hui ses activités.

    D’autres victoires, sur le terrain judiciaire cette fois, ont été arrachées par des saisonniers de notre région, dont les droits étaient niés.

    Toutes et tous ont gagné grâce au collectif organisé dans leur syndicat CGT et à leur détermination.

    Comme le rappelle la citation de Bertolt Brecht à la Une de notre journal, chaque jour : « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

  • L’enfumage de Lecornu démasqué

    L’enfumage de Lecornu démasqué

    Pendant que la droite LR et les macronistes remettent en selle l’extrême droite dans les instances de l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre tente d’éteindre la colère sociale à coups d’annonces farfelues.

    Puisqu’il refuse de stopper la politique de son mentor Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu expose les recettes éculées du libéralisme : baisse des impôts, baisse de ce qu’il nomme, comme le Medef, « les charges sociales », pourtant vitales au financement de la santé.

    Sur la fiscalité, sa volonté de supprimer l’impôt sur le revenu des ménages au salaire minimum, serait risible si elle n’était pas aussi cynique. Les couples percevant deux salaires minimum sont pour la plupart déjà exonérés ! En revanche, l’idée d’augmenter ce salaire plancher n’a pas traversé l’esprit de l’ancien militant LR. Les primes sont aussi, pour lui, la solution miracle pour augmenter le pouvoir d’achat. Il entend remettre la prime Macron en marche ! La mesure a montré toutes ses limites.

    Arnaque

    Quant à la baisse des cotisations sur les salaires, c’est une arnaque de première : ces cotisations sont du salaire différé, indispensables au financement de la Sécurité sociale et donc aux soins de toutes et tous. La manœuvre, grossière, vise à priver notre modèle social de ses recettes et à dérouler le tapis rouge aux assurances privées.

    Ces annonces ont tout de l’enfumage de la part d’un Premier ministre dont les jours sont comptés. Face à cette stratégie, le mouvement social entend s’inscrire dans la durée. Le budget 2026 n’est pas encore ficelé et la pression doit s’accentuer.

  • Encore des pavés à battre

    Encore des pavés à battre

    Les comptes sont bons. Enfin, ça dépend pour qui, évidemment. 2024 a été une belle année, une année record, au terme de laquelle les entreprises du CAC 40 ont distribué pour 98 milliards d’euros de dividendes.

    Comme Michel Barnier avant-hier, François Bayrou hier, Sébastien Lecornu tente, aujourd’hui, de « trouver » entre 40 et 44 milliards d’euros pour : combler le trou de la dette, remettre le budget de l’État sur la voie de l’équilibre, réduire
    le déficit, etc.

    À coups d’année blanche, d’augmentation de la facture médicale, de réduction des droits des assurés, des salariés, des demandeurs d’emploi, des retraités…
    Mais attention, sans toucher à la réforme des retraites, sans restaurer l’impôt sur la fortune, sans mettre en place
    la taxe Zucman pour
    « prendre 2% aux plus riches ». Une proposition à la fois attaquée par
    le patronat, la droite et l’extrême droite, dans
    une coalition de grands bourgeois conservateurs.

    Coalition de grands bourgeois

    Alors qu’attendre d’un président de la République hors-sol, d’un Premier ministre sur un siège éjectable et sans gouvernement, et de cette alliance opportuniste de députés capitalistes au Parlement ? Quasiment rien, sinon d’entendre les salariés, retraités, citoyens au bord de
    la rupture, légitimement en colère contre des réformes qui sont faites sans eux et contre eux. La colère des citoyens, militants et syndicats qui ne se découragent pas face à une telle adversité qui, mobilisation après mobilisation, ont une envie commune, celle d’une société plus juste et respectueuse de chacun. Et visiblement, il y a encore des pavés à battre pour y arriver !

  • Commerce, signe de Paix

    Commerce, signe de Paix

    C’est une très vénérable institution qui célèbre son centenaire. La foire internationale de Marseille charrie avec elle les souvenirs des décennies passées, les promesses d’un ailleurs à portée de main durant quelques jours, et des merveilles technologiques et industrielles à découvrir les yeux écarquillés. Édition après édition,
    elle a été le fer de lance régional de la démocratisation des produits de consommation, des célèbres « frigidaires », dont le nom est passé dans le langage commun, à l’ameublement moderne. Sans oublier la gouaille des bateleurs, ces vendeurs à la voix forte et claire, qui emballe aussi vite le badaud que le produit.

    Des défis
    à relever

    La manifestation doit aujourd’hui relever le défi de la mondialisation des échanges et de la vente en ligne pour être le grand étal du « made in Marseille », en mettant en avant les producteurs et industriels de la région et les aider à rencontrer le public. être une véritable vitrine du savoir-faire local, une orientation pleinement assumée en cette année hautement symbolique. Mais la foire, c’est aussi une fenêtre grande ouverte sur le monde et en particulier le bassin méditerranéen. Marseille, « porte du Sud » tient pour tradition ancestrale, de ses 2 600 ans d’histoire, d’être un port ouvert aux échanges, à l’accueil et à la fraternité que les liens commerciaux ont toujours concrétisés. Signe qu’une paix stable et durable s’est progressivement installée. Et l’événement nous rappelle immanquablement l’impérieuse nécessité d’en appeler à la paix au Proche-orient.

  • Changement de cap

    Changement de cap

    Quelle sera la feuille
    de route du prochain Premier ministre d’Emmanuel Macron ? Certes, les députés
    ne se sont pas encore prononcés lors du vote
    de « confiance » sollicité par François Bayrou
    lui-même. Il n’y a aujourd’hui guère de doute sur le résultat du scrutin. Le Premier ministre a voulu se ménager une porte
    de sortie la moins déshonorante possible après avoir voulu prescrire une saignée
    à tous les Français.
    Une potion amère de 44 milliards d’euros
    « d’économies » à tous
    les étages, reposant
    avant tout sur les classes populaires et moyennes, des sans-emploi aux retraités en passant par les salariés bien sûr.

    La surdité
    de Macron

    À grands coups de rabots sur les budgets ministériels, la dépense publique, les aides à la personne, les soins, les retraites, la fameuse
    « année blanche », sans aucune revalorisation, sans oublier les deux jours fériés supprimés ou l’augmentation des restes à charge pour les actes médicaux… Aussi improbable qu’injuste.

    Quand « en même temps », les entreprises
    du CAC 40 battent, année après année, des records de bénéfices. Et si l’extrême droite tente de surfer sur la « colère » des citoyens, elle n’en remet pas pour autant en question les fondements de cette politique libérale, dont elle est tout aussi complice.

    L’entêtement d’un Emmanuel Macron, sa surdité à l’exaspération maintes fois exprimée dans la rue, des Gilets jaunes aux opposants
    à la réforme des retraites, devient véritablement dangereuse pour notre démocratie. Un vrai changement de cap est aujourd’hui vital et il
    ne pourra venir que
    de la gauche.

  • Des raisins de plus en plus précoces

    Des raisins de plus en plus précoces

    Les viticulteurs sont des vigies du changement climatique et des acteurs en première ligne de l’embrasement de la planète. Dans l’Aude, une grande partie du vignoble est partie en fumée et été et les vignes épargnées portent un raisin au goût de cendres impossible à récolter. Sans être en proie au même drame, la majorité des viticulteurs doivent faire face à la précocité des vendanges. Dans notre région, qui a connu des épisodes caniculaires majeurs, ce bouleversement démontre combien le réchauffement de la planète impacte cette activité humaine millénaire mais aussi la géographie et nos paysages. De plus en plus difficiles, les vendanges vont pourtant proposer de bons vins et un excellent millésime 2025. Mais un autre problème, de taille, met en grandes difficultés la profession.

    Climat et taxes Trump inquiètent

    Car outre le climat, qui nécessite d’adapter les cépages pour proposer des vins buvables, la politique agressive du président des États-Unis, Donald Trump, met en péril l’avenir de nombreux professionnels. Les taxes à l’exportation vont priver les viticulteurs d’un marché. Le phénomène du recul de la consommation de vin, au profit d’autres alcools, travaille aussi la profession. Mais la passion est toujours vivace en dépit des obstacles. En Provence, les exploitations sont à échelle humaine et la question, centrale, des conditions de travail des saisonniers dans les vignes, est désormais posée au grand jour par les syndicats.

    Une action indispensable pour dénoncer et mettre fin aux situations d’exploitation des travailleurs sans qui aucune récolte n’est possible.

  • Retrouver le chemin du progrès

    Retrouver le chemin du progrès

    La rentrée sociale et politique s’annonce explosive alors que François Bayrou et les composantes du « socle commun », minoritaire à l’Assemblée nationale, cherchent à faire passer un budget prévoyant près de 44 milliards d’euros de coupes.

    Quelle est leur feuille de route ? Infliger recul social sur recul social, serrer la vis des dépenses publiques pour toujours mieux préserver la poignée de possédants qui s’est enrichie à une vitesse exponentielle depuis la première élection d’Emmanuel Macron.

    Budget inacceptable

    Inacceptable pour la majorité des Français. C’est dans ce contexte que s’organise confusément la riposte. L’intersyndicale se retrouve le 1er septembre pour examiner la situation. L’appel informel à « tout bloquer » le 10 septembre est désormais soutenu par toutes les composantes de
    la gauche politique.
    La perspective
    d’une censure du gouvernement se rapproche…

    En tout état de cause, il faudra un rapport de force construit dans la durée pour imposer de nouveaux choix au sommet de l’État. Et pour mettre l’extrême droite face à son imposture : elle qui prétend défendre les intérêts populaires n’a toujours pas annoncé qu’elle censurerait le budget Bayrou.

    Elle constitue une impasse pour toutes celles et ceux qui cherchent un nouveau chemin de progrès.

    L’histoire de notre pays, qu’une stèle de la honte tente de falsifier à Saint-Raphaël, nous enseigne que ce sont dans les pires situations que les plus grandes avancées peuvent être arrachées.
    À condition de courage et d’opiniâtreté.