Tag: Économie

  • Le sous-préfet Mathieu Gatineau mise sur le dialogue

    Le sous-préfet Mathieu Gatineau mise sur le dialogue

    Mathieu Gatineau, originaire de la région lyonnaise, est officiellement entré en fonction comme sous-préfet le 15 septembre, succédant à Bruno Cassette. Il prend la tête d’un arrondissement préfectoral de plus de 500 000 habitants, répartis sur le Pays d’Aix et le Pays Salonais, soit 48 communes.

    Ce jeudi, cinq semaines après sa prise de poste, Mathieu Gatineau fait le point sur les grands dossiers du territoire et et les priorités qu’il entend porter dans les mois à venir. « On connaît toujours le haut du spectre [du Pays d’Aix], mais il y a tout le reste de l’arrondissement : les quartiers prioritaires de la ville, le territoire agricole, ses zones à forte protection environnementale », contextualise-t-il. Depuis son arrivée, Mathieu Gatineau s’est rendu dans dix communes de l’arrondissement.

    Ce mercredi, en sous-préfecture, il a installé le premier Comité opérationnel de lutte contre le logement insalubre. Sujet qui figure parmi les priorités de Mathieu Gatineau. Respect de la loi et lutte contre les trafics, respect de l’ordre publique, sécurité, s’affichent aussi parmi les « points importants » listés par le sous-préfet.

    Social et économie

    « Le préfet nous a demandé d’avoir des objectifs clairs. Quant aux priorités que l’on a ici, ce sont surtout nos politiques en matière de protection des personnes les plus faibles, avec le développement du logement social, qui reste un sujet très important, pour lequel il y a des solutions et qui peuvent convenir à la fois aux objectifs de l’État et des élus », estime Mathieu Gatineau. « Du contact que j’ai eu, il y a des communes carencées, mais je ne dirais pas que j’ai face à moi des maires réfractaires, rapporte le sous-préfet. Beaucoup aimeraient construire dans des conditions qui garantissent la mixité sociale, la diversité des habitats et qu’on respecte la liberté d’aménager… Avec du dialogue, on arrive toujours à produire du résultat ».

    Des « groupes de travail concrets » avec l’ensemble des services de l’État concernés sont déjà programmés. Dans les quartiers prioritaires, « il y a aussi beaucoup d’actions économiques à mener. On essaie de promouvoir des contrats d’initiative emploi pour les jeunes (…) Sous l’autorité d’Isabelle Epaillard [préfète déléguée à l’égalité des chances, Ndlr.], je tâcherais d’accélérer les choses », souligne Mathieu Gatineau.

    Dans le viseur du sous-préfet également, le développement économique du territoire. Parmi les enjeux : le projet international Iter, les mobilités, les aérodromes, le développement du bassin minier de Gardanne-Meyreuil… « Concilier le besoin de développement économique, le développement du tourisme d’affaires, de loisir, tout en garantissant la sécurité, la tranquillité de l’environnement et satisfaire aux demandes des riverains, c’est possible, assure Mathieu Gatineau. Encore une fois, il faut descendre dans le détail et chercher des solutions concrètes, plutôt que de se contenter de postures. »

  • Les petits patrons locaux « épuisés » par l’instabilité

    Les petits patrons locaux « épuisés » par l’instabilité

    Souvent, on disait que les crises économiques amenaient les crises politiques. Là, c’est l’inverse qui se produit : cette succession de crise politique amène une crise économique », campe Corinne Innesti, présidente de la CPME 13, ce vendredi dans les locaux de l’Alliance française, à Marseille. Voilà de quoi résumer les grandes lignes de l’enquête « conjoncturelle » que l’organisation patronale présentait, avec plus d’une centaine d’entreprises interrogées en septembre.

    Une enquête qui a donc été menée en amont du « coup de théâtre de lundi », avec la démission de Sébastien Lecornu. Cet événement a « créé encore plus de défiance et d’inquiétudes », selon Corinne Innesti, qui pointe un « ras-le-bol général ». Pour rappel, la CPME représente les très petites entreprises et les petites et moyennes (TPE et PME). L’organisation fait d’ailleurs valoir sa « différence » avec ses homologues du patronat : « On est dans le concret, sur le terrain, la CPME rassemble des entreprises patrimoniales », rappelle Corinne Innesti.

    « Incertitude et défiance »

    Autant dire que les petits entrepreneurs locaux accusent le coup : « Près de 70% signalent une trésorerie dégradée ou en stagnation. » Dans la même lignée, plus d’un tiers des entrepreneurs questionnés affirment que « la marge diminue » pour leur structure, quand plus de 40% évoquent une stagnation. Côté investissement, le tableau n’est pas plus reluisant : 42% expliquent qu’ils ont réduit leur budget dédié. Et 40% font part d’une incertitude directement liée au flou politique du pays puisqu’ils attendent « plus de stabilité avant de prendre une décision ». « L’incertitude et la défiance ressortent dans les témoignages. On est résilient mais jusqu’à quand et à quel prix ? », commente Corinne Innesti.

    Côté sujets de préoccupations, 39% des entrepreneurs pointent « la baisse d’activité » puis « les retards de paiement » à 23%. Pas loin derrière, 19% estiment qu’une nouvelle feuille de route gouvernementale est un sujet de préoccupation, loin devant l’inflation, à 9,5%, ou les questions de recrutement, au même niveau. En résumé, un constat globalement négatif. Mais reste la question de comment répondre à ces préoccupations. Et le petit patronat ne perd pas le nord : « Ce que nous voulons, c’est de la simplification, moins de charges […] que les TPE-PME ne soient pas la variable d’ajustement. » En clair, la CPME demande « un budget pro production, pro entreprise » au prochain gouvernement. « Pas plus tard qu’il y a trois semaines, j’étais à Matignon pour défendre nos idées et nos entreprises. Nous négocions dans les différentes instances », conclut Catherine Guernio, vice-présidente déléguée de la CPME au niveau national.

  • Dans les coulisses de la série Alter ego, où Cantona joue un flic

    Dans les coulisses de la série Alter ego, où Cantona joue un flic

    Élégant dans son costard, lunettes de soleil sur le nez, Éric Cantona, en ce début d’après-midi, enchaîne les prises de vues sous la direction du réalisateur Philippe Dajoux.

    Dans un décor de rêve, entre la Grande Bleue, le paysage des Trois Secs et les portiques des chantiers navals au loin, « The King », surnom du Marseillais pour ses exploits de joueur de foot, remonte l’allée, à proximité du Neptune Club et du port St-Jean. Cantona est reconnaissable entre mille. Avec sa carrure et sa manière si caractéristique de se tenir parfaitement droit, les épaules en arrière.

    « Un peu une comédie à l’italienne »

    Après plusieurs essais, le réalisateur, Marseillais lui aussi, qui a un peu vécu, enfant, à La Ciotat, juge que la prise est bonne. Éric Cantona confie : « Le tournage se passe très bien. Les paysages sont magnifiques. Je prends beaucoup de plaisir à tourner ici, avec mon ami Philippe Dajoux. Je joue un commissaire qui revient à Marseille et la série mêle enquêtes et histoires familiales. C’est un peu une comédie à l’italienne, il y a des moments émouvants, d’autres plus drôles. J’adore jouer les scènes où il se dégage une certaine émotion. »

    Directeur de production sur la série, Jean-Paul Nogues, juste après, commente : « On a tourné une séquence. On a fait une mise en place avec les comédiens, les décorateurs, la caméra, le réalisateur. On a regardé comment on pouvait articuler le texte et se déplacer dans l’espace. On a défini un cadre et un mouvement. » Il développe : « Le réalisateur intervient sur la direction d’acteurs, avec des indications de jeu, et quand il est satisfait, on passe à la prise de vue. La scripte est à côté du retour vidéo. Elle a le scénario en mains, et vérifie que le texte est bien dit. »

    Philippe Dajoux – il a réalisé le film Les collègues en 1998 – se dit « très satisfait du tournage. On a tout ce qu’il faut comme il faut. À Marseille, dans le Sud, à La Ciotat, on est gâté pour tourner ». Diffusée en trois soirées de deux épisodes l’an prochain sur TF1 (on ignore encore à quelles dates), la série campe « un policier [Joseph Batista, alias éric Cantona, Ndlr.] associé à un avocat [Samy Kaddourian, alias Bruno Sanches] qui enquête. C’est surtout une comédie familiale policière », consent à dire le réalisateur.

    Venu assister au tournage de la séquence, Renaud Muselier (Cap sur l’avenir), président de la Région Sud, ne cache pas son enthousiasme. Entièrement tournée en Provence, de mai à octobre 2025, produite par Quelle aventure ! et Empreinte digitale, la série sera soutenue, après un vote d’aide à la production le 17 octobre prochain à la Commission permanente, à hauteur de 100 000 euros. Parce que le cinéma et l’audiovisuel représentent, pour l’élu, « une économie non délocalisable, qui attire des investisseurs et fait rayonner nos territoires ». La Région apporte à la filière un financement de 7,4 millions d’euros, « de la formation à la diffusion, de la production à l’éducation à l’image ». Avec plus de 5 000 jours de tournage par an, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur« est devenue la deuxième région pour les tournages, après l’Île-de-France ».

  • [Grand Entretien] Alexandre Gautier, directeur Insee Occitanie : « Donner le goût des vrais chiffres aux citoyens »

    [Grand Entretien] Alexandre Gautier, directeur Insee Occitanie : « Donner le goût des vrais chiffres aux citoyens »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre
    à nos questions. Ce vendredi, Alexandre Gautier, nouveau directeur régional de l’Insee Occitanie. L’économiste de formation explique en quoi l’institut de la statistique éclaire les politiques publiques à l’heure de l’IA, du scepticisme et des fake news.

    PARCOURS

    LM : Vous êtes à l’Insee depuis 1997. C’est une vocation ?

    Alexandre Gautier : Je suis un pur produit de l’Insee, formé dans ses écoles. J’ai assez peu quitté l’Insee et jamais la statistique publique. Économiste de formation, j’ai travaillé à la direction générale en début de carrière. Puis mon parcours m’a fait passer par l’Outre-Mer à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie (directeur), en Corse (directeur adjoint). Puis récemment directeur adjoint en Paca. Dernièrement j’étais retourné aux affaires financières à la direction générale. Je connais bien la maison, ses envies, projets, problématiques… En Occitanie, ce sont 280 personnes. Je vais faire les trajets entre Montpellier et Toulouse. Il y a des convergences à trouver, des points à mutualiser avec de la solidarité.

    RÉGION OCCITANIE

    LM : Des créations d’emplois mais un taux de chômage élevé. D’où vient ce paradoxe régional ?

    A.G. : Ce paradoxe a une explication assez simple et contre laquelle on ne peut pas grand-chose. C’est que l’Occitanie est extrêmement attractive. La croissance démographique y est très rapide (+1,2% par an), la plus élevée en France continentale. Cela signifie qu’il faut créer beaucoup d’emplois pour absorber cette croissance. Il s’en crée plus de 30 000 en moyenne par an. C’est énorme, probablement suffisamment dans les phases ascendantes du cycle économique mais pas assez dans la phase descendante. Historiquement, les régions du Sud de la France qui sont moins industrielles, on a des taux de chômage plus élevés. Les salaires sont généralement liés au tissu productif. L’industrie est plutôt rémunératrice. On le voit vers Toulouse avec Airbus, un peu à Montpellier avec l’informatique.

    L’industrie du Gard va mal…

    A.G. : Je n’ai pas de données pour l’instant. Mais l’emploi industriel, facteur d’appréciation de la vitalité économique, est l’un des indicateurs que l’on regarde en premier. On va aussi finement regarder les saisonniers pour le tourisme, l’agriculture. Il y a plusieurs angles sur les saisonniers : le revenu, le logement, les transports.

    Vos prochaines études ?

    A.G. : Les grands axes restent la statistique démographique et sociale avec des projections, pas des prévisions. On sait de quels scénarios, hypothèses on parle. Que se passe-t-il si la fécondité diminue, se maintient, repart ? À 30 ans, les résultats diffèrent. On va travailler sur le numérique, l’aéronautique, la filière automobile. On s’intéresse aussi à la réindustrialisation.

    Fonctionnement

    L.M : Comment choisissez-vous vos sujets d’étude ?

    A.G. : Nous avons des travaux d’enquête réalisés partout comme le recensement, le calcul du taux de chômage… Et puis il y a les études que l’on produit localement. On choisit nos sujets en fonction des politiques publiques. De quoi ont besoin la Dreal, le rectorat, la Région, le conseil départemental… ? On a aussi des sujets plus généraux comme la démographie. La moitié de nos travaux reste du national pur. À Montpellier, on est spécialistes de la statistique d’entreprises liées au tourisme, des infographies numériques.

    Comment conserver votre objectivité quand une étude vous est commandée par un partenaire, une collectivité ?

    A.G. : Nous faisons des partenariats public/public. Il peut y avoir des contreparties financières mais pas systématiquement. L’idée c’est de mettre deux matières grises en commun pour éclairer un sujet. S’ils font appel à nous c’est pour la rigueur de notre expertise. Notre réputation s’appuie sur l’absence de biais de nos travaux. Nous conservons notre objectivité totale et nous publions systématiquement, y compris des résultats qui pourraient déplaire à nos partenaires. Tous nos travaux sont rendus publics sur notre site.

    Que change l’IA pour vous ?

    A.G. : Nous développons des modèles fondés sur l’intelligence artificielle (IA) depuis déjà plusieurs années. L’IA grand public est générative. Est développé à l’Insee le « machine learning », qui permet de coder automatiquement pour aller plus vite. Nos emplois se transforment. On a eu bien sûr une décroissance rapide de nos agents de l’Insee. La société se transforme, les outils sont différents d’il y a 20 ans. On a moins besoin de reprise manuelle. Notre structure a changé : on a plus de cadres, de data scientists, d’ingénieurs et moins d’agents de gestion. Nos travaux sont rédigés par des humains.

    INSEE

    LM : Qu’est-ce que l’Insee ? À quoi ça sert ?

    A.G. : Il y a souvent confusion, on pense que l’Insee est une agence, un établissement public. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est une direction du ministère de l’Économie et des Finances. La loi précise que l’Insee est indépendant. Il n’y a donc aucune collusion entre les données produites et par exemple l’administration fiscale ou autre. Il n’y a jamais de données nominatives permettant de recouper des informations. Nos études et analyses produites en région ont un objectif : éclairer les politiques publiques, donner un cadrage. Par exemple, on va travailler avec le rectorat et le conseil régional à projeter la population des lycées à l’horizon 20-30 ans.

    Rencontrez-vous du scepticisme vis-à-vis de l’Insee ?

    A.G. : La question est moins celle de l’appartenance à un ministère que de la transformation numérique de la société. Le rapport du citoyen à la donnée, à l’information, a complètement éclaté avec Internet. Il peut y avoir de la défiance dans nos enquêtes en face-à-face un peu plus difficiles qu’avant. Il faut prendre le mal à la racine. Essayons de réussir une certaine acculturation des jeunes publics à la statistique, à la donnée, qu’on sait distinguer de la fake news, du chiffre sorti de nulle part. Lire une statistique, ça s’apprend. On a des partenariats avec les Rectorats dans toutes les régions. On livre des kits aux enseignants de tous niveaux, on est en appui. Il faut réussir à donner le goût des vrais chiffres à ceux qui seront les citoyens de demain.

    Comment entre-t-on à l’Insee ? Un conseil à donner ?

    A.G. : L’Insee c’est la fonction publique, donc les concours toutes catégories, on a des écoles. L’Insee recrute aussi des contractuels. Nos annonces sont sur le site choisirleservicepublic.fr Je conseillerais à un lycéen de postuler à un stage d’observation chez nous.

    Comment marche le recensement ?

    A.G. : Depuis 2004, le recensement n’est plus exhaustif dans les villes de plus de 10 000 habitants. On interroge 8% de la population par an. Au bout de 5 ans on a environ 40% d’une ville ce qui donne une très bonne idée de la population. Il n’est donc pas anormal qu’en 5 ans on puisse ne pas avoir été interrogé. Dans les communes de moins de 10 000 habitants, le recensement a lieu tous les 5 ans de manière exhaustive. La réponse est obligatoire, le recensement est encadré par la loi. La logistique est largement à la charge des communes qui recrutent et rémunèrent les agents recenseurs.

  • Les patrons en ordre dispersé face à l’appel du Medef

    Les patrons en ordre dispersé face à l’appel du Medef

    L’appel du Medef au meeting du 13 octobre à Paris pour dénoncer une « dérive anti-entreprise », divise le patronat. Seul le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti) soutient l’idée. L’Association française des entreprises privées (Afep) n’a pas statué et l’Ethic (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance) a pris acte de l’initiative mais ne participera pas. L’U2P qui représente les entreprises de proximité, elle, ne participerait pas.

    Du côté de la CPME, première organisation patronale en nombre d’entreprises adhérentes (243 709) et d’employeurs (155 175), on réserve sa décision. Amir Reza-Tofighi, son président, a laissé le choix aux territoires. Alain Gargani n’y voit à ce stade pas d’intérêt.

    « Il faut une raison pour faire une manifestation. Attendons d’abord l’atterrissage du budget. Et si vraiment on est impacté, la question se posera. Si on met en danger nos TPE-PME, je serai le premier à monter au front mais je me poserai la question au bon moment… Pour mobiliser, il faut que dans chaque territoire, les chefs d’entreprise se mobilisent et pour cela il faut communiquer. Dix jours ça me paraît court », glisse le président de la CPME Sud, malgré son opposition catégorique à la taxe Zucman.

    « On n’est pas favorable à toute taxe supplémentaire empêchant l’entreprise de progresser. C’est une erreur majeure qui risque de faire fuir encore des entreprises de notre territoire. » Lui, alerte sur une économie fragilisée, « des TPE, des PME n’arrivent pas à joindre les deux bouts, et des marchés qui s’embrument », et pointe l’instabilité politique : « C’est le vrai sujet : donnez-nous de la visibilité, laissez-nous faire notre métier ». Et de craindre les répercussions de la taxe : « Les TPE-PME sont souvent les sous-traitants des grosses entreprises. Si on commence à vouloir les taxer, le risque majeur, c’est qu’elles partent ailleurs. Taxons plutôt Shein. Là, il y a des enveloppes financières à aller chercher ».

  • Les femmes invitées à découvrir les métiers de la transition écologique

    Les femmes invitées à découvrir les métiers de la transition écologique

    « On s’est aperçu qu’il y avait des préjugés autour des métiers liés à la transition écologique, selon lesquels ils seraient des métiers d’hommes », amorce Emeline Mainy. Au sein d’Evolio Pays d’Aubagne et de l’Étoile, incubateur d’innovation sociale et environnementale implanté quartier du Charrel à Aubagne, elle coordonne le projet de remobilisation professionnelle « Décou’Vert ». Celui-ci s’adresse aux demandeurs d’emploi d’Aubagne, Marseille et des environs, âgés de 16 à 70 ans, diplômés ou non.

    Initié en juin 2024, ce projet « Décou’Vert » doit s’achever en décembre 2025. Cofinancé par des fonds européens, il vise à accompagner les demandeurs d’emploi vers, par exemple, « les métiers de l’économie circulaire, collecte et tri des déchets, reconditionnement, upcycling*, reconditionnement informatique (…), écoconstruction ou encore les énergies renouvelables », détaille Emeline Mainy. Chaque participant s’engage pour un à trois mois, période durant laquelle il est aidé à définir son projet professionnel, sensibilisé aux métiers liés à la transition écologique et invité à des ateliers ou visites d’entreprises.

    « Un travail de fourmi »

    Pour démentir l’idée selon laquelle ces métiers seraient réservés aux hommes, « nous invitons à témoigner au petit-déjeuner du vendredi 19 septembre**, par exemple, la directrice opérationnelle de LVD Énergie, structure de La Varappe qui transforme les conteneurs en habitats », poursuit Emeline Mainy.

    Depuis son lancement, le projet « Décou’Vert » a accompagné plus de 50 personnes et organisé 25 visites et ateliers de sensibilisation. « Ce lundi par exemple, nous sommes allés visiter Recyclope, à la Friche Belle de Mai à Marseille. Cette entreprise de recyclage de mégots de cigarettes s’apprête à recruter un chargé de communication et des techniciens de tri et de collecte. Nous effectuons un travail de fourmi pour nous mettre en connexion avec ces structures et comprendre leurs enjeux en termes de recrutement », précise la coordinatrice. Les personnes accompagnées peuvent être en situation d’urgence et orientées vers des chantiers d’insertion, ou bien au RSA, récemment arrivées en France (…).

    * Donner une seconde vie qualitative aux produits usagés.

    ** Lieu et heure du rendez-vous : emeline.mainy@evolio.fr

  • Pagnol et l’argile, valeurs sûres de l’attractivité touristique

    Pagnol et l’argile, valeurs sûres de l’attractivité touristique

    Malgré une période estivale contrastée, à cause de la canicule, des incendies, de la baisse du pouvoir d’achat, « l’été s’est plutôt bien passé en Pays d’Aubagne et de l’Étoile », constate Gérard Canavese, président de l’Office de tourisme. « Certaines destinations voisines, comme La Ciotat et Marseille, ont observé une baisse en juillet, alors que notre Office de tourisme intercommunal poursuit sa dynamique positive avec des fréquentations stables ou en hausse », relève-t-il.

    Parmi les « locomotives » de l’attractivité aubagnaise, Marcel Pagnol. Né en 1895 à Aubagne, l’académicien, écrivain, dramaturge et cinéaste est une « valeur sûre ». D’autant plus qu’avec la sortie mi-octobre du film d’animation de Sylvain Chomet, Marcel et Monsieur Pagnol, le sujet a une actualité. Cet été, 4 234 personnes ont visité la maison natale de Marcel Pagnol à Aubagne (+7% par rapport à 2024), 2 784 (+14%) le Petit monde de Marcel Pagnol. 1 382 Pass 2 musées ont été vendus (+17%).

    L’argile fait également office de moteur pour le tourisme. « La nouvelle visite guidée à la rencontre des maîtres de l’argile, à la poterie Ravel et chez Sicard, a été très appréciée en août », commente Gérard Canavese. Le petit train touristique a transporté 1 889 passagers, soit +16% par rapport à 2024 grâce à une opération de gratuité le dernier jour.

    Balades annulées

    Si le cinéma en plein air plaît toujours autant, à Aubagne, Auriol, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, St-Savournin, le vent a perturbé quelques séances. Le film a alors été diffusé dans une salle. Mais ce sont les balades théâtrales sur la thématique de Pagnol, dans le massif du Garlaban, qui ont payé le plus lourd tribut. « À cause du vent, et dans le cadre de la prévention des risques incendie dans les massifs, on a dû en annuler 4 sur 9, et rembourser 1 000 billets… Il faut trouver une alternative », observe Gérard Canavese. Le chiffre d’affaires de l’Office de tourisme a ainsi été amputé de 21% (il s’élève à 56 528 euros pour les prestations touristiques individuelles). Le marché de la céramique et des santons, Cours Foch, a souffert aussi de la chaleur. L’an prochain, des brumisateurs seront installés. Il a fait chaud aussi à Argilla, la biennale de l’argile, début août. Parmi les totales réussites, Gérard Canavese et Pascal Coudurier le directeur de l’Office de tourisme, mentionnent des soirées Chérie FM et Nostalgie. Sur l’Esplanade, à Aubagne, elles ont attiré en 4 soirées 12 500 personnes, et 1 850 en un soir à Auriol.

    Parmi les visiteurs de l’été, les étrangers augmentent de 12% (Belgique 36%, Allemagne 12%, Suisse 9%, Italie 9%, Canada 9%). Les Français qui visitent le pays aubagnais viennent pour 36% de Paca, 10% d’Île de France et 9% d’Auvergne Rhône-Alpes.

  • Habitants des quartiers prioritaires, ils vont créer leur entreprise

    Habitants des quartiers prioritaires, ils vont créer leur entreprise

    Ils et elles sont 13. Dix femmes et 3 hommes. 8 viennent du quartier du Charrel, 2 de La Tourtelle, 1 d’un autre quartier d’Aubagne, 1 de Cuges-les-Pins, et 1 de La Ciotat. Tous font partie de la première promotion de l’Accélérateur Emergence, un programme d’accompagnement intensif et gratuit, soutenu par le Ministère du travail, la Banque des Territoires et de Bpi France. L’initiative vise à dynamiser l’entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. À Aubagne, au Charrel, à La Tourtelle (70% de l’effectif), mais aussi dans d’autres communes (30% de l’effectif).

    Un « accompagnement

    au top »

    Lancé le 5 mai dernier, présente Céline Fourcade, directrice du Paci ; l’Accélérateur Emergence a retenu 13 candidatures. « Les porteurs de projet ont bénéficié de 210 heures d’appui chacun, dont 135 heures en collectif, 54 heures d’appui individuel et 21h de mise en réseau. Notre objectif, c’est de les amener jusqu’à l’immatriculation de leur entreprise», souligne-t-elle.

    « L’accompagnement, je le recommande à 100%. Il est au top », lâche Romain Donadey, 28 ans. Habitant de La Tourtelle, il a l’entrepreneuriat chevillé au corps. Il a d’abord quitté un emploi salarié pour ouvrir son camion à pizza. Avec l’Accélérateur Emergence, « mon but est de créer, d’ici novembre, une application, Proximity. Chaque commerçant pourra s’inscrire sur la plateforme, présenter son activité, et dans un second temps pour un abonnement de près de 10 euros par mois, il pourra vendre sur cette plateforme. » Mathilde, 23 ans, habitante de La Ciotat depuis un an, souhaite ouvrir un centre d’éducation canine à Ceyreste. « L’accompagnement m’a permis de prendre confiance en moi. S’il n’y avait pas eu cela, je ne me serais jamais lancée », dit-elle. Fatima Madani, 38 ans, habitante du Charrel, veut proposer « une gamme de lingerie confortable et esthétique pour femmes actives. » D’abord via le e-commerce, puis dans une boutique. « Cet accompagnement nous fait voir tous les points de vue : l’étude de marché, le statut juridique, la trésorerie (…) de façon à avoir une pérennité dans le projet. » Elle pense pouvoir créer son entreprise « dans les mois à venir ». Si elle a souhaité sauter le pas vers l’entrepreneuriat ? « J’ai toujours travaillé dans la vente et j’ai toujours rêvé de créer ma propre entreprise. » Elle enchaîne : « Entreprendre, c’est avoir des craintes, mais aussi une liberté. On se dépasse. Il ne faut pas écouter cette voix intérieure qui veut nous freiner. » La phase de recrutement pour la 2e promotion de l’Accélérateur Emergence est déjà lancée. Le programme débutera courant 2026. De quoi rendre concret son rêve d’entreprendre. Sur des fondations solides.

  • L’éco-campus de la Pauliane prend vie pour les étudiants

    L’éco-campus de la Pauliane prend vie pour les étudiants

    Pour la première fois depuis les travaux lancés en décembre 2023, le campus de la Pauliane, auparavant disséminé sur différents sites, est rassemblé en un même lieu. Autour de la Maison Mega (Maison de l’économie et de la gestion d’Aix-en-Provence), inaugurée en 2022 et lieu de rencontre des doctorants et enseignants-chercheurs, un éco-campus de 15 000m² accueille, depuis la rentrée, les étudiants en licence et en master dans cette faculté d’éco-gestion.

    Ce nouveau site regroupe les anciens campus Forbin, dont le bâtiment a été vendu par la Mairie, et Ferry. Ainsi, près de 650 étudiants de première et deuxième années de licence, ainsi que de master, découvrent ensemble ce nouvel environnement. Au total, entre 2 500 et 3 000 étudiants circulent désormais sur ce site livré par l’entreprise Travaux du Midi. « Il fallait permettre à la faculté d’éco-gestion de disposer de bâtiments capables de fédérer l’ensemble de ses activités en un même endroit », indique Bruno Decreuse, doyen de la faculté de gestion, qui travaille aux côtés de Sophie Hutier, vice-doyenne. Bâtiments neufs, baies vitrées, lieux de vies épurés : l’architecture du lieu reflète une volonté de modernité, mais s’engage aussi à réduire son impact environnemental.

    Une « demande sociale »

    D’où son appellation « d’éco-campus », qui repose notamment sur l’absence de climatisation, la préservation du parc entourant l’établissement ou l’exploitation des transports en commun. « C’est aussi un cahier des charges, en accord avec les enjeux sociétaux autour de l’environnement », ajoute Bruno Decreuse.

    La faculté propose trois licences accessibles via un portail commun. « En première année, on est très interdisciplinaires, souligne Bruno Decreuse. Petit à petit, on se spécialise au sein de la faculté (…). Je pense qu’on a répondu à une demande sociale qui est celle d’une éducation plus à la carte et d’abord centrée sur l’expérience étudiante. » S’ajoutent à cela une double licence droit-économie, plus sélective, et une licence internationale dispensée en anglais. Un point d’honneur a été fait sur l’intégration des élèves : un bureau des associations étudiantes est installé dès le hall d’entrée, avec diverses salles, et un dispositif de parrainage entre étudiants.

    Parmi les étudiants rencontrés sur le campus, le constat est quasi unanime : le bâtiment est moderne, agréable, et l’espace extérieur permet des pauses « qualité ». « Dommage qu’on ne soit plus en ville, si on veut manger dehors, il faut prendre la voiture. Les transports pour aller dans le centre, c’est une galère. Mais le parking à côté est plus pratique pour ceux qui ont une voiture. Sinon, l’intérieur et le matériel, c’est génial », observent Maïlys et Sofia, étudiantes en L2. Il ne reste plus que quelques aménagements à finaliser, comme la salle des marchés, pour que le campus soit pleinement opérationnel.

  • Halles de Nîmes : un chantier qui laisse des étals vides

    Halles de Nîmes : un chantier qui laisse des étals vides

    Ce devait être une simple parenthèse de quelques mois. Mais pour certains étaliers des Halles de Nîmes, la parenthèse s’est muée en véritable cauchemar. Depuis le printemps, deux commerces, la charcuterie Bruguier et la boucherie Assenat, restent rideau baissé, empêchés d’ouvrir pour raisons sanitaires et techniques. « Nous nous sentons pris en otage », résume le fromager Sylvain Crégut, solidaire de ses collègues. À l’origine, l’installation de deux escalators destinés aux futures Galeries Lafayette. Des travaux lourds, qui ont entraîné poussière, dégâts matériels et absence d’autorisations de conformité. Chez David Bruguier, par exemple, un tuyau de frigo bouché par de l’eau empêche toute reprise d’activité. « L’étal m’a été rendu dans un état déplorable », peste-t-il par la voix de son avocat.

    La mairie se défend

    Au-delà des malfaçons, c’est aussi l’indemnisation qui crispe. Les protocoles signés prévoyaient des compensations rapides, majorées en cas de retard. Mais plusieurs étaliers affirment n’avoir rien perçu. « Sur le papier, tout devait être réglé en quelques jours. Dans les faits, certains n’ont pas vu la couleur de ces indemnités », assure Sylvain Crégut. Résultat : des trésoreries à bout de souffle après plus de sept mois sans recettes. La mairie, elle, tempère. Christophe Pio, adjoint chargé des Halles, rappelle que la plupart des commerçants ont pu rouvrir : « Nous avons respecté nos engagements. Les documents de sécurité réclamés doivent être fournis par la Socri, pas par la Ville. » L’entreprise exploitante, contactée, reste silencieuse. Une nouvelle réunion est prévue début septembre entre étaliers, municipalité et Socri. Tous espèrent un accord rapide pour mettre fin à ce bras de fer qui ternit l’image du chantier, qui devrait être livré à l’automne avec un goût amer.