Tag: Économie

  • La fraternité fertilise la réussite économique

    La fraternité fertilise la réussite économique

    Les travailleurs de Duralex, de Scop-Ti ont refusé la mort annoncée de leur outil de travail. Ces femmes et ces hommes ont relevé la tête, ensemble, pour bâtir un projet commun où chacune et chacun prend sa place pour développer, dans le respect mutuel, ces métiers exigeants, aux savoir-faire inestimables. Les citoyens ne s’y trompent pas. S’ils soutiennent ces coopératives pour la qualité de leurs produits, ils sont aussi conscients d’accomplir un acte de solidarité et de participer à une économie à visage humain.

    Des boîtes où le travail fait sens

    Pour tout cela nous pouvons nourrir l’espoir d’un nouveau système économique et travailler à une société plus désirable. Vivable, égalitaire et fraternelle. Une société où le capitalisme serait mis en échec par l’intelligence collective. Où l’individualisme mortifère, les ressentiments qui macèrent dans des esprits de plus en plus étriqués faute de visée émancipatrice et abrutis par un environnement ubérisé, deviendraient de vieux cauchemars.

    Les coopératives tracent des perspectives car dans sont ces boîtes le travail fait sens. Elles portent des histoires de luttes. Pendant des années, les travailleurs de Scop-Ti se sont battus contre une multinationale, Unilever. Ils ont gagné car la fraternité fertilise la réussite économique. C’est aussi le cas de la coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne sans qui le droit à l’information dans le sud-est, serait encore plus affaibli. Les combats des coopératives continuent et leur réussite éclatante est un formidable message d’espoir pour le monde du travail.

  • Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Toujours pas de rebond économique notable en Occitanie, qui néanmoins ne s’en sort pas si mal comparé au reste de l’Hexagone. Voilà la tendance issue de la dernière note de conjoncture de l’Insee pour le deuxième trimestre 2025.

    Comme les autres régions, l’Occitanie souffre d’une mauvaise conjoncture. « En France, il n’y a pas de confiance et peu de croissance », résume Katia Le Goaziou (Insee) qui avance deux causes majeures. D’abord le fait que « le protectionnisme des États-Unis [les droits de douane de Trump, Ndlr.] a mis à mal le commerce mondial. La zone Euro est fortement affaiblie ». Ensuite la morosité dans l’Hexagone due à l’impasse politique. Malgré une moindre inflation (+0,8% en août), « les taux d’épargne battent des records. Les ménages ne consomment pas et les acteurs économiques hésitent à investir ». Et la cheffe du service études et diffusion de l’Insee de préciser : « Il existe un attentisme traditionnel avant les périodes électorales, et le contexte budgétaire peut jouer sur les investissements. »

    Malgré tout, l’Occitanie tire plutôt son épingle du jeu. Le second trimestre est synonyme de « léger mieux » côté emploi salarié qui s’accroît de 0,3% (+5 700 emplois), soit 0,1 point de mieux qu’en France. Une légère hausse due à un rebond dans le tertiaire marchand hors intérim (+0,4% ; +3 600 emplois), essentiellement grâce à l’hôtellerie-restauration (+2 400 emplois). L’intérim progresse lui aussi (+1% ; +500 emplois). En revanche, en dépit d’une hausse dans l’aéronautique et le spatial, l’emploi industriel reste stable comme en France et se contracte dans la construction (-0,6% ; -800 emplois). À noter qu’avec les Hautes-Pyrénées (+0,5%) et le Gard (+0,4%), l’Hérault (+0,6%) fait partie des trois bons élèves d’Occitanie.

    Le taux de chômage régional n’en reste pas moins « très élevé » (8,9% contre 7,5% en France) tout en étant stable car « la population active continue d’augmenter en Occitanie », explique François Hild, chargé d’études. La Lozère est épargnée (4,7%) mais les Pyrénées-Orientales conservent leur bonnet d’âne national avec un chômage qui culmine à 11,9%.

    Au deuxième trimestre, l’activité économique régionale est donc relativement stable
    (-0,1%). Elle diminue dans la construction, les services marchands (communication, informatique…), les services immobiliers et aux ménages. L’activité progresse dans les services non marchands et l’industrie, notamment la fabrication de matériel de transports « malgré les difficultés d’approvisionnement d’Airbus », précise François Hild. À noter des disparités : l’Hérault accuse un léger retrait (-0,2%), le Gard un regain (+0,4%).

    Concernant les secteurs d’activité, le tourisme affiche la meilleure santé avec 7,2 millions de nuitées (hors campings), avec un rebond pour les hôtels (+2,2%). Le littoral et les zones urbaines (surtout Montpellier et Toulouse) profitent d’une recrudescence des touristes étrangers (+7,6%). En dépit d’un niveau encore « historiquement faible » (36 200 logements en un an, soit -4,5%), la construction amorce peut-être sa reprise. Entre avril et juin, 10 800 logements ont été mis en chantier (+18%).

    Enfin, on note un dernier contraste chez les entreprises. Si les créations (26 300 ; +0,7%) se maintiennent à un niveau élevé en Occitanie, la hausse reste supérieure en France (+4,2%). Quant aux défaillances d’entreprises, elles continuent de croître. En un an, la région a ainsi perdu 6 100 sociétés. C’est de 10 points de plus que l’année précédente.

    « En France il n’y a pas de confiance et peu de croissance »

  • En Occitanie, le livre a pignon sur rue

    En Occitanie, le livre a pignon sur rue

    C’est une tendance qui semble se confirmer d’année en année. De plus en plus de Français boudent la lecture. La dernière étude publiée par la Commission nationale du livre (CNL), en avril 2025, confirme cette inexorable déliquescence. « 63% des Français ont lu au moins 5 livres au cours des 12 derniers mois, hors lectures professionnelles et livres lus aux enfant », note la CNL. Soit une baisse de 6 points en deux ans. La part de la lecture quotidienne est au plus bas depuis dix ans : 45 % des Français liraient chaque jour.

    Un état des lieux peu reluisant, reflétant le contexte national. « On observe une baisse de fréquentation dans les librairies, donc une baisse des achats, il y a une désaffection par rapport à la lecture. Ce à quoi s’ajoutent la problématique des charges sans cesse croissantes au niveau des maisons d’édition et des charges fixes également dans les librairies, de la situation de précarité des auteurs », détaille Yanik Vacher, chargée de mission Édition à l’agence régionale Occitanie livre et lecture [devenue l’Agence Occitanie culture depuis le 1er octobre, Ndlr]. Toute la chaîne du livre se retrouve ainsi impactée. Afin de prendre le pouls de la filière régionale, l’agence réalise chaque deux ans un baromètre de suivi du livre. À l’aune de la publication des chiffres clés de 2025, Occitanie livre a réuni plusieurs acteurs de la filière le temps d’une journée d’échange sur les mutations observées du livre.

    La force du maillage

    Car il semble que l’Occitanie est moins touchée par cette désaffection pour la lecture qu’au niveau national. En effet, fin 2024, on comptait 1294 autrices et auteures occitans (écrivains, illustrateurs, scénaristes BD, traducteurs littéraires) avec un tirage initial de plus de 500 exemplaires. Soit une hausse de 5 points en deux ans. Cette bonne santé se confirme également dans le nombre de libraires – 278 avec des plusieurs ouvertures au cours des deux dernières années – et dans le nombre de bibliothèques avec 1947 points de lecture, faisant de l’Occitanie la seconde région de France la plus garnie.

    « La force d’un territoire pour maintenir sa vitalité, c’est le maillage. Si vous avez de la création, des éditeurs, des libraires, une agence dynamique qui va du coup faire du lien entre les différents cloisonnements, les points de vente, les médiathèques, de forts événements. Tout ceci vient casser cette dynamique nationale », détaille David Demartis, éditeurs aux Éditions du Murmure et invité lors de la journée interprofessionnelle. À cela s’ajoute le bouche-à-oreille entre libraires, médiathécaires et auteurs. Un bon réseau régional qui permet une meilleure information de la chaîne du livre. « Les auteurs sont assez peu au courant des problématiques d’éditeurs, des problématiques des imprimeurs, des distributeurs, des diffuseurs, des libraires, des médiathèques. Il y a vraiment ce travail d’identification d’une profession. On était il y a encore quelques années incapables de faire une liste des auteurs et autrices qui avaient référencé dans telle ou telle région », souligne Stéphanie Le Cam, maître de conférences en droit privé à l’Université Rennes 2 et directrice de la ligue des auteurs professionnels. La précarisation des acteurs lors de la crise sanitaire a fait bouger les lignes. « C’est souvent suivi de mise en place de dispositifs d’accompagnement, de soutien, pas forcément par le biais d’aide à la publication, parfois de permanence juridique », poursuit Stéphanie Le Cam.

    Tout cela étant permis grâce à la politique volontariste de la Région Occitanie. « Par rapport à l’édition, on est sur un système d’aide qui est particulièrement remarquable puisque nous sommes la seule Région justement où les aides à la fabrication et à la création de collection font partie de la ligne investissement », insiste Yanik Vacher. Une aubaine en cette période de sape des budgets culturels, premières victimes de l’austérité.

  • Combattre l’extrême droite et l’uniformisation

    Combattre l’extrême droite et l’uniformisation

    Alors que ces dernières années l’extrême droite a mis le grappin sur plusieurs médias – Cnews, Europe 1, Paris Match, etc. -, un phénomène bien documenté, on connaît moins sa bataille contre le monde de l’édition. À l’instar de Vincent Bolloré, milliardaire ayant racheté Hachette après avoir vendu Editis à Daniel Kretinsky. Au risque de mettre à mal le pluralisme. « Une profession, quand elle n’est pas organisée, pas structurée, pas consciente des enjeux de transformation des métiers, ne peut pas lutter contre toute politique de contamination qui arrive », précise Stéphanie Le Cam, maître de conférences en droit privé à l’Université Rennes 2 et directrice de la ligue des auteurs professionnels. Une contamination brune qui a déjà fait des victimes. Notamment la collection Fayard, qui vient de publier la biographie de… Jordan Bardella. « Un monument qui s’est écroulé », soupire David Demartis, éditeur aux Éditions du Murmure.

    Parallèlement à ces attaques de l’extrême droite, l’édition est également aux prises, depuis quelques années, avec un phénomène d’uniformisation, les grands distributeurs privilégiant ce qui fait vendre. « Le phénomène de best-sellerisation n’a jamais été aussi présent chez les gros éditeurs, qui veulent systématiquement faire des coups. Au début des années 90, nous étions à 3 500 nouveautés à l’année. Aujourd’hui, nous sommes passés à 60 000. Il y a donc une massification de la production, on sature l’espace. On ne sait pas vers quoi le public va se diriger mais si ça marche, les techniques d’impression permettront de faire un stock rapide », souligne David Demartis. Attirés par l’appât du gain, les distributeurs mettent à mal la diversité. « Il y a la volonté de prendre le moins de risques possibles, donc sur une publication très originale, singulière au point que le risque économique est beaucoup plus grand, on a tendance peut-être effectivement à chercher à atténuer tout ça », confirme Stéphanie Le Cam.

    « Prise de conscience »

    Deux phénomènes qui mettent à mal les petites structures. Au risque de définitivement les condamner ? « Il y a une prise de conscience. Aujourd’hui des structures sont de plus en plus capées et ont compris ces enjeux de transformation, de concentration, de politique et donc sont en mesure de répondre mais avec des moyens qui sont, soyons clairs, insuffisants financièrement », reprend Stéphanie Le Cam. Une résistance à l’œuvre qui passe notamment par les médiathèques et libraires, « nos alliés et en première ligne, puisque c’est eux qui vont recevoir par exemple ces bouquins à la vente ou à la prescription », fait valoir David Demartis. Le combat ne fait que commencer.

  • Une économie régionale résiliente

    Une économie régionale résiliente

    Quand différents acteurs de l’économie régionale se réunissent pour des analyses croisées, cela donne le Club de la conjoncture Paca. Et ce dernier n’est pas complètement négatif sur l’état économique local : « Le CA des entreprises régionales sur 12 mois s’est élevé à 329 milliards d’euros, c’est plus 5,7% sur un an. C’est un chiffre qui vaut le coup d’être dit au regard de la croissance nationale », campe Daniel Margot, président par intérim de la CCI Paca. Denis Lauretou, directeur régional de la Banque de France abonde avec un autre signal positif : « Dans la région, avec une analyse sur 12 mois arrêtée à la fin août, nous avons 6 447 défaillances d’entreprises. Mais ce qui est intéressant, c’est le rythme : on est en diminution, de moins 2,4% alors que la France entière est en augmentation, de plus 6,5%. » « C’est assez notable, assez peu de régions sont en diminution dans le nombre de défaillances », insiste-t-il.

    Un point positif qui se retrouve dans une analyse sectorielle : « Dans l’industrie, elles diminuent de moins 12%, contre 3% à l’échelle nationale. Dans le transport, baisse de moins 16% alors que nationalement en augmentation de 13%. » France Travail note aussi un taux d’accès à l’emploi de 1,6 point de pourcentage plus élevé qu’au niveau national.

    Quelques points noirs au tableau tout de même : « 4 artisans sur 10 constatent une baisse de l’activité, cette part s’accroît progressivement de +9 points en 2 ans », note Yannick Mazette pour la Chambre des métiers et de l’artisanat. Même retours du côté de la Chambre d’agriculture : « Le moral des agriculteurs est au plus bas, il y a un vrai manque de confiance », abonde Claude Rossignol. La CCI Paca résume cette situation : « Il y a un écrasement de la confiance des chefs d’entreprise sur l’économie locale et régionale qui passe de 41% à 33%. Sur le national, ça passe de 19% à 13%. » En bref, du bien et du moins bien.

  • La nef B réhabilitée, MB92 peut continuer à grandir

    La nef B réhabilitée, MB92 peut continuer à grandir

    « Regardez autour de vous : huit ateliers ultra-modernes, un grand magasin, de vastes zones de stockage, des bureaux lumineux et des espaces de vie accueillants », déclare, ce mardi, Rob Papworth, PDG de MB92 La Ciotat. Avec aujourd’hui près de 200 salariés et plus de 130 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année, MB92 La Ciotat est le leader français du refit, de la maintenance et de la réparation des superyachts.

    Après la coupure du ruban, aux côtés du maire (DVD) Alexandre Doriol, de Patrick Ghigonetto et Olivier François, respectivement président et directeur de La Ciotat Shipyards* (LCS), Rob Papworth prend la parole. D’une longueur de 250 m, large de 33 m et haute de 26 m au faîtage, la nef B, construite en 1968, a été réhabilitée. MB92, qui réalise chaque année plus de 100 projets sur des yachts de 24 à 180 m, y a investi 6,5 millions d’euros.

    Gage de développement

    « C’est un montant important, mais surtout un engagement concret pour renforcer notre capacité de production, améliorer les conditions de travail et accompagner la croissance du site en améliorant les services proposés », assure Rob Papworth. LCS a financé les travaux à hauteur de 4,2 millions d’euros, avec un accompagnement par l’État et la Région Paca.

    Responsable des infrastructures pour MB92, Mathieu Bauden explique : « Avant, tout était rassemblé dans la nef C, à côté, sur 2 000 m2, aujourd’hui, tout l’est sur 5 000 m2. » Remplacement de la toiture, des bardages, désamiantage, encapsulage des peintures au plomb, mais aussi traitement antibruit, éclairage dans les ateliers : tous les travaux ont été menés en collaboration avec la Carsat Sud Est, « pour que les salariés ne soient pas exposés à des accidents ou à des maladies professionnelles », a souligné Thierry Moussy, contrôleur de sécurité.

    * Société publique locale qui gère le site des chantiers navals ciotadens.

  • Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef n’est visiblement pas ravi de la suspension de la réforme des retraites et de la tournure des débats autour du budget. Et le président du Medef Sud, déclinaison régionale de l’organisation patronale, Stéphane Benhamou, en premier lieu. « La notion de compétitivité du pays n’existe pas en France », tonne-t-il, en préambule de sa conférence de presse qui se tenait ce mardi, à Marseille. Avant de développer, sans forcer sur la caricature : « La réduction du déficit public n’est plus un sujet. La baisse des dépenses de l’État, n’est plus un sujet. Et travailler plus pour gagner plus, c’est passé aux oubliettes ! »

    In fine, c’est surtout la suspension de la réforme des retraites qu’il vise. Une suspension qui ne passe pas pour le patronat : « Au-delà du coût de cet abandon, c’est tout ce qu’il représente pour la dynamique entrepreneuriale qu’il faut nourrir dans ce pays. C’est un signe fort donné à des franges très minoritaires politiquement, puisqu’on parle de 69 députés dans l’hémicycle. » En clair, cette suspension serait pour lui « une décision à l’emporte-pièce visant à préserver des postures d’élus », en l’occurrence celle des députés du Parti socialiste. À l’inverse, évidemment, il rappelle que le Medef plaide pour un « rééquilibrage du système de retraite avec une introduction par capitalisation ». S’il note que « plus de 80% des Français demandent à ce que les entrepreneurs s’engagent dans le débat public », en citant un sondage Odoxa pour appuyer ses propos, il oublie bien de préciser que 70% d’entre eux rejettent le système de capitalisation et que 73% des salariés sont toujours opposés à la retraite à 64 ans, selon l’Ifop. Forcément, le patronat a la réponse à ce « paradoxe », jugeant que c’est « un rejet de la réalité d’un revers de main émotionnel ». Le patron des patrons de la région développe son raisonnement : « Le discours politique est de plus en plus clientéliste et populiste. Face au défaut d’argumentation, on parle au cœur et non à la tête. Et donc, ce qui passe très bien dans notre pays c’est : Il faut faire payer les riches, il faut faire payer les entreprises. » Et de ressortir les vieux mots d’ordre du Medef, dénonçant la « surenchère fiscale ».

    Mais le paritarisme

    a du bon

    Le patron des patrons régionaux explique tout de même que son organisation sera de la partie pour la conférence sociale proposée par Sébastien Lecornu. Une participation sous condition : « Nous y participerons, mais pas pour servir de caution à un processus politicien (…), on voit bien où le conclave a mené. Ces sujets relèvent des organisations patronales et syndicales, mais sur notre calendrier. » Il en profite pour vanter les bienfaits du paritarisme, et paradoxalement ses bonnes relations avec les organisations syndicales de salariés : « Je parle régulièrement avec les organisations syndicales, notre relation est franche, on débat sereinement. »

    Le versement mobilité dans le viseur

    Après le vote en assemblée plénière du conseil régional, vendredi dernier, de la baisse de la contribution des entreprises pour le financement des transports régionaux, alias le versement mobilité, qui passe de 0,15% à 0,08%, le Medef Sud ne saute pas de joie. « Cette réduction, nous en pensons du bien, nous l’avons soutenu, mais nous appelons de nos vœux la descente jusqu’à 0% », explique Stéphane Benhamou. Une opposition de principe visiblement : « Nous sommes naturellement contre tout impôt de production en général au Medef. » Rien de nouveau sous le soleil. A.B.

  • Le retour du marché Cours Voltaire a toujours ses partisans

    Le retour du marché Cours Voltaire a toujours ses partisans

    Le marché du Cours Voltaire, déplacé sur l’Esplanade de Gaulle le temps des travaux du Val’Tram, avait promis la Ville, pourrait-il retrouver son emplacement d’origine ? Interrogée à ce sujet, l’ajointe au maire Danielle Menet a répondu : « On a pris note de certaines demandes de commerçants non sédentaires de revenir Cours Voltaire, mais nous ne savons pas quel va être l’impact lorsque le Val’Tram va fonctionner. On reverra cette demande quand le Val’Tram sera livré, si c’est réalisable, compte tenu des éléments de sécurité à prendre en compte. »

    « C’est un double discours ! », réagit lundi par téléphone, Nicolas Gavend, gérant du restaurant La Table de Voltaire, sur le Cours du même nom. « En septembre, quand on a eu le retour de la consultation, la Ville nous a dit : “la concertation est claire. La grosse partie des commerçants et des Aubagnais veulent que le marché reste sur l’Esplanade de Gaulle” », relaie-t-il. Lui fait partie des fervents partisans du retour du marché Cours Voltaire. « J’ai perdu 20 à 30% de mon chiffre d’affaires depuis que le marché n’est plus sur le Cours. Les gens, quand ils viennent au marché, le mardi, le jeudi, le samedi, le dimanche, ils ne nous voient plus. On a perdu en visibilité », déplore-t-il. « Donc, quand la mairie nous répond qu’elle fait tout pour relancer l’attractivité et la visibilité du centre-ville, ça nous fait doucement rire… Au contraire, tout le monde vous dira qu’elle fait tout pour nous tuer. »

    Une foraine propose une piste de réflexion : « Ne serait-il pas pertinent de réaménager le marché Cours Voltaire, et le rendre plus accessible et adapté au changement climatique ? ».

  • En un an, 23 commerces ont ouvert en centre-ville d’Aubagne

    En un an, 23 commerces ont ouvert en centre-ville d’Aubagne

    Les affiches sont prêtes. On y lit « J’aime Aubagne, je consomme dans ses boutiques », accompagné du slogan « Soutenir nos commerces, c’est cultiver notre art de vivre. » « Ces affiches vont être apposées dans les vitrines. La campagne de communication va également se déployer sur les réseaux sociaux et des clips vidéo vont être diffusés, cette semaine, sur BFM TV Marseille », expose Danielle Menet, adjointe au maire déléguée à l’économie.

    Face « à ceux qui disent qu’il n’y a pas de commerces à Aubagne, ce qui est méprisant », lâche-t-elle, l’élue met en avant les atouts du centre-ville, selon elle : « c’est la présence de la culture », avec par exemple le cinéma Le Pagnol, le théâtre Comoedia et les loisirs, comme le manège. « Cela peut attirer le public, pour une expérience de consommation autre que de commander depuis son canapé », pose-t-elle.

    Si elle reconnaît que les travaux « pour le Bus+ en direction des Paluds et pour le Val’Tram* ont gêné les automobilistes, on espère que l’embellissement de la ville va faire oublier tout ça. » Elle poursuit : « Le Val’Tram, qui devrait être opérationnel à la fin du premier semestre 2026, va faire venir à Aubagne la clientèle d’autres communes.»

    100 commerces vacants

    Malgré un contexte économique maussade, « que l’on constate aussi dans la galerie marchande d’Auchan, zone de la Martelle, avec des commerces qui ont fermé », souligne pour sa part Céline Fourcade, directrice du Paci (Initiatives Pays d’Aubagne- La Ciotat), « on compte cette année 23 installations de commerces en centre-ville, contre 11 l’an dernier », se réjouit Danielle Menet. Directrice de l’économie à la Ville, Noria Medjebeur précise qu’il y a eu, cette année, « 39 ouvertures de commerces et 2 accompagnements en cours, et 16 fermetures ou changement de propriétaires. » Les nouveaux commerces, « restauration, esthétique, bien-être, friperie, prêt-à-porter femmes (…) » ont ouvert dans l’hypercentre, dans les rues Rastègue, Martinot, de la République, Cours Voltaire.

    Pour favoriser le commerce, indique Danielle Menet, la Ville a par exemple « doublé la taxe sur les friches commerciales en 2024 ». Cette taxe se paie lorsqu’un local est fermé depuis deux ans. Sur toute la ville, on dénombre « 100 cellules commerciales vacantes » à ce jour. La Ville peut épauler un porteur de projet pour négocier, avec un propriétaire de local commercial, un loyer moindre. Un autre outil « est la préemption. Dès qu’un local se libère, la Ville est informée. Selon le local, le maire statue sur la faisabilité du projet », éclaire l’adjointe. Grâce à ce système, Hélène Joliet, sophrologue, va par exemple pouvoir ouvrir avec sa maman mosaïste un commerce, début 2026. Elle va occuper 26m2 au 17, rue Martinot pour un loyer de 200 euros par mois.

    * Porté par la Métropole, Val’Tram prolonge la ligne de tramway d’Aubagne à La Bouilladisse. 15 000 voyageurs par jour en moyenne devraient l’emprunter.

  • La gauche seynoise travaille ses dossiers

    La gauche seynoise travaille ses dossiers

    C’est cette fois au Café des Arts que Stéphane Sacco (GRS) et toute son équipe de La Seyne à Venir ont convié ceux qui partagent les valeurs de progrès social, de solidarité et de développement durable. L’objectif : présenter une partie des travaux réalisés en ateliers par 157 personnes sur 17 chantiers thématiques différents. L’idée est de continuer à coconstruire, avec les habitants, un programme alternatif porteur des valeurs de la gauche et de l’écologie.

    Après notamment l’éducation et la démocratie locale, place cette fois-ci aux dossiers tourisme et transports. Pour le premier, il s’agissait de mettre en évidence autant les enjeux liés au développement économique que les écueils à éviter pour ne pas qu’il s’opère au détriment des habitants. C’est ce qu’a souligné d’emblée Valérie Romboni, rapporteuse du groupe de travail sur ce thème.

    Sans perdre de vue, donc, que le tourisme peut « générer également des effets pervers » avec, par exemple, un fort impact sur les prix de l’immobilier et l’aggravation de la pénurie d’offres locatives. Le marché se concentrant sur les locations saisonnières, plus lucratives. Le défi est donc de réguler les dérives liées à la forte attractivité touristique du territoire. « La municipalité en a les moyens », insiste la militante en rappelant que « le logement est un sujet essentiel de nos politiques publiques ».

    Un sujet qui interroge également la gestion des déchets, dont la quantité s’accroît significativement en période estivale. Mais aussi la préservation du patrimoine naturel et la politique culturelle.

    « Les touristes ont soif de culture et, à La Seyne, on a ce qu’il faut, mais il est nécessaire de la mettre en valeur », ajoute Valérie Romboni. Une des pistes évoquées est la création d’un comité consultatif composé des représentants des professions concernées, mais aussi de citoyens et de membres de comités d’intérêts locaux, de conseils de quartier…

    La gratuité des transports

    Stéphane Sacco, candidat soutenu par plusieurs partis de gauche, dont le PCF, s’est ensuite attaqué au très lourd dossier concernant les mobilités. Il a rappelé que « La Seyne est en proie, depuis des décennies, à de graves problèmes de déplacements et d’aménagements de ses axes de circulation ».

    Concernant la traversée par l’axe longeant les quais, constamment congestionné aux heures de pointe, La Seyne à Venir propose le recouvrement d’une partie du port par une dalle, afin de créer de nouvelles voies de circulation, mais aussi une zone apaisée côté centre-ville. « Cela permettra aussi le passage du tramway ou du BHNS », précise Stéphane Sacco. Avec, donc, des fonds débloqués par la Métropole pour ce faire.

    « Pour nous, La Seyne à Venir, seul le tramway répondra aux défis du XXIe siècle », martèle-t-il à l’occasion. Il poursuit : « Nous mettrons tout en œuvre pour que soit mise en place la gratuité des transports en commun, comme cela a été fait avec succès dans d’autres grandes communes ou métropoles gérées par la gauche. »

    Le candidat de la gauche évoque également, parmi les pistes à l’étude, « un omnibus maritime électrique de cabotage qui desservirait la côte seynoise ».

    La Seyne à Venir propose également la création de 900 places de parking en centre-ville, avec un certain nombre réservé aux résidents, afin de rendre le commerce local plus accessible et de libérer les trottoirs trop souvent encombrés faute de places disponibles.

    Tout cela est, bien sûr, loin d’être exhaustif.