Tag: Économie

  • Les offres de reprise d’Alinea sabrent dans les effectifs

    Les offres de reprise d’Alinea sabrent dans les effectifs

    Une énorme claque. Alors que la société Néomarché, maison-mère de l’enseigne de décoration et mobilier, est en redressement judiciaire depuis le 20 novembre dernier, les repreneurs potentiels avaient jusqu’au 26 janvier pour faire connaître leur offre auprès du tribunal des affaires économiques de Marseille. Sur les 6 à 7 offres reçues, le repreneur le mieux disant « ne reprendrait que 575 salariés sur les 1 172 au niveau national », observe une salariée, qui souhaite garder l’anonymat. Ce promoteur immobilier « a fait la proposition de reprendre plusieurs magasins, dont une partie du siège social de Napollon », indique-t-elle. Sur les 184 salariés de Napollon, 89 perdraient leur emploi… La météo sociale est tout aussi sombre pour le magasin Alinea de la zone des Paluds à Aubagne. Une autre offre, détaille la salariée, celle de Centrakor, du groupe Cargo, également propriété (comme Alinea, Kiabi, Norauto, Midas…) de la richissime famille Mulliez « voudrait n’occuper qu’un étage du magasin, et ne reprendre que six salariés sur les 65 actuels… Encore faudrait-il que le bailleur accepte ». Les repreneurs ont jusqu’au 2 mars pour améliorer leur offre.

    Round social

    Pour les organisations syndicales, une autre bataille commence. Le 19 février est la date butoir fixée pour négocier, avec la direction, les mesures d’accompagnement de ce plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Et le premier round, auxquels participent les syndicats CGC-CFE-Sega, FO, CFTC, CFDT débute dès ce vendredi. « On va se mobiliser pour obtenir quelque chose de décent, honnête par rapport à l’investissement qu’a eu chaque salarié. Certains ont plus de 40, 50 ou même 60 ans, cela va être compliqué pour eux de retrouver du travail. La conjoncture économique est compliquée, le coût de la vie a augmenté », plaide la salariée. Alors que la direction doit présenter aux organisations syndicales ce vendredi 6 février « son enveloppe, avec par exemple le budget de départs anticipés à la retraite, les mesures supra-légales ; si ce n’est pas raisonnable, on ne pourra pas accepter l’inacceptable. Et il faudra absolument maintenir le mouvement de mobilisation prévu samedi à Aubagne ». Dans un climat pesant, la direction fait en effet pression sur syndicats et salariés pour que celle-ci n’ait pas lieu, « pour ne pas nuire à la reprise », évoquerait-elle. Contactée depuis mercredi, elle n’a jamais répondu à nos sollicitations. Pour la salariée interrogée, Alinea aurait fait de « mauvais choix », et n’aurait pas su s’adapter aux nouveaux modes de consommation, mais aussi au pouvoir d’achat, en baisse, des clients.

  • La ministre de la Mer et de la Pêche lance un vaste appel à projets pour la décarbonation du secteur maritime

    La ministre de la Mer et de la Pêche lance un vaste appel à projets pour la décarbonation du secteur maritime

    « Ça y est, on a un budget ! Et on a inscrit la décarbonation du secteur maritime dans celui-ci via la déclinaison nationale d’un appel à projets », explique-t-elle. Ces appels sont en lien avec le marché carbone européen (ETS)* du secteur en place depuis 2024 et seront lancés « d’ici fin mars avec le ministère des transports » et « opéré par l’ADEME ». Ils portent sur « 3 thématiques : le déploiement de technologies de décarbonation à bord des navires, le soutien au chantiers navals pour les flottes et le financement d’infrastructures portuaires ».

    Concrètement, la ministre pointe « un soutien de 70 millions au bénéficie du secteur, via des autorisations d’engagements et 30 millions de crédit de paiement », développe-t-elle. Elle évoque aussi « deux dispositifs complémentaires, l’un avec la mobilisation de garanties de projets stratégiques jusqu’à 20 millions d’euros pour des projets de décarbonation, l’autre le renforcement des financements mobilisables via un dispositif de certificats d’économie d’énergie ». Elle cible des « technologies matures, comme le vélique ou les batteries ». « On veut lancer une vraie dynamique industrielle avec ces appels à projets. On œuvre pour un fléchage des ETS dans le secteur, il y a une légitime attente de ceux qui versent l’ETS mais il faut une vision stratégique pour que la décarbonation irrigue la filière », conclut elle.

    *Système de quota d’émission carbone comme il existe ailleurs, depuis 2024 les entreprises du secteur sont soumises au système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’UE

  • Des idées pour « booster » l’économie marseillaise

    Des idées pour « booster » l’économie marseillaise

    « On est là pour aider les futurs élus à améliorer notre ville, on espère qu’ils s’engageront », exprime avec enthousiasme Jean-Luc Chauvin, président de la CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIAMP) et membre du collectif « Tous acteurs ». Cette association regroupe 180 acteurs économiques du territoire. Réunis ce mardi à la Bourse du commerce, ils ont annoncé 42 propositions concrètes destinées aux candidats déclarés aux municipales, de tous les bords politiques. Ces idées ont été transmises ce mercredi.

    Elles sont articulées autour de cinq grands axes stratégiques : foncier économique et logement, mobilité, centre-ville, attractivités-grands projets et enfin jeunesse.

    Des propositions « audacieuses »

    « L’audace entrepreneuriale, c’est notre moteur, nous voulons proposer de l’ambition », insiste Jean-Luc Chauvin. Une ambition qu’ils veulent insuffler au monde politique. Elle se matérialise dans ces propositions présentées comme « audacieuses », comme la construction d’ici 2030 de 1 200 km de pistes cyclables structurées à l’échelle métropolitaine. L’un de leurs projets les plus ambitieux serait de transformer le terre-plein central de l’autoroute A51, entre Plan de Campagne et La Pioline, en voie réservée sur rail, afin de le connecter au réseau ferroviaire.

    S’adaptant aussi aux besoins à court terme, « Tous acteurs » propose de « petits pas », comme l’idée d’aménager un espace de stationnement dédié aux autocars dans toutes les gares ferroviaires. Le collectif demande également « un engagement public des futurs élus pour débuter une collaboration structurée entre les services publics et le monde économique ».

  • La gauche bientôt à la tête de la mairie de Clermont-l’Hérault ?

    La gauche bientôt à la tête de la mairie de Clermont-l’Hérault ?

    Pour Gérard Béssières, ce mandat était celui « du rattrapage ». C’est donc tout naturellement que l’édile clermontais (Divers) candidate à un second mandat, présenté comme celui de la continuité. « En 2020, nous avons mis en place un certain nombre de projets. Car il y avait beaucoup de rattrapage à faire suite à l’action de l’ancienne municipalité, qui avait plutôt failli dans sa tâche. Il a fallu faire de la réhabilitation au niveau des écoles, des équipements sportifs, des rues, etc. Mais il est impossible de tout faire dans un seul mandat quand il faut faire du rattrapage. Il me semblait important de poursuivre cet élan  », soutient le maire.

    L’ancien maire « qui a plutôt failli », c’est Salvador Ruiz, aujourd’hui élu d’opposition (Divers) et candidat au scrutin de mars. Ce dernier met en avant ses réalisations lorsqu’il était aux commandes, entre 2014 et 2020. Évoquant le parking de la gare et le camping du Salagou, Salvador Ruiz fait de l’économie sa priorité, voulant « accompagner la croissance et renforcer l’activité économique ». Les deux hommes devront faire face à une troisième liste, celle de Claude Blaho-Poncé (Divers gauche), aussi conseillère d’opposition.

    Et c’est notamment sur son bilan que Gérard Béssières sera jugé. « Ce mandat était un mandat de projets vitrines qui ne correspondait pas aux priorités d’une ville paupérisée comme Clermont. Il y a des problèmes de circulation, de voirie », soutient Claude Blaho-Poncé. Et ainsi de lister ses priorités : « Nous demanderons un audit de gestion pour recalibrer ces projets vitrines trop dispendieux, comme le tiers lieu de la Filandière, la ZAC de la Cavalerie – qui prévoit 450 logements en plus. Nous réviserons le PLU », précise Claude Blaho-Poncé. À cela s’ajoute le développement des mobilités douces ; une « ville plus juste et plus sûre en misant sur la solidarité et être à l’écoute de tous les citoyens ».

    Le maire défend son bilan

    Un bilan contesté mais défendu bec et ongles par Gérard Béssières. « Nous avons commencé à poser les jalons pour le programme à venir. Les grands dossiers sont lancés, comme le centre culturel de la Filiandière dont l’ouverture est prévue en 2027. Il y a aussi le projet de demi-échangeur, la voie verte qui traversera Clermont. On poursuivra le travail engagé si les électeurs veulent bien nous reconduire », soutient Gérard Béssières. Qui mentionne aussi le projet d’extension du cinéma : « il ne dispose que d’une salle, ce qui est un frein important au développement de la culture et ne satisfait pas la diversité du public. Il aura donc 4 salles et ne coûtera rien en investissement à la commune. »

  • L’économie sociale et solidaire réunie à la Criée

    L’économie sociale et solidaire réunie à la Criée

    Fier d’avoir « installé l’économie sociale et solidaire dans le paysage économique de cette région », Denis Philippe, président de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress), a rappelé dans ses vœux, prononcés à la Criée ce mardi, que « la reconnaissance ne suffit pas ».

    Soulignant le dynamisme des acteurs dans la région, il leur souhaite « une belle année », remerciant Robin Renucci, le directeur de la Criée, pour son accueil, et les a encouragés à « être ambitieux » même si le contexte économique délicat, notamment pour le mouvement associatif, est dans toutes les têtes.

    « Même statut que les chambres de commerce »

    Renaud Muselier (Ren.), le président de la Région Sud, qui finance la Cress, a souligné le poids de l’économie sociale et solidaire dans l’économie régionale : « C’est 13% de l’emploi privé, avec des bastions comme les départements alpins et Marseille à 20%, c’est 12 000 entreprises… »

    Il a également cité les 96 millions d’euros pour l’économie sociale et solidaire mobilisée par la collectivité jusqu’en 2030 et réaffirmé son soutien à la transformation des Cress pour qu’elles soient dotées du « même statut que les chambres de commerce et d’industrie ».

    Quant à Didier Mamis, secrétaire général aux affaires régionales de la préfecture, il a salué « le modèle que vous représentez. Vous alliez l’efficacité économique, l’utilité sociale et la démocratie dans les pratiques de gouvernance. »

    La cérémonie s’est conclue par la remise du prix de l’économie sociale et solidaire à la Cantina, une structure fondée en 2018 pour lutter contre le gaspillage alimentaire, qui a pris son essor avec la crise covid de 2020.

  • Air France baptise un de ses Airbus A 220 « La Ciotat »

    Air France baptise un de ses Airbus A 220 « La Ciotat »

    « L’attribution du nom “La Ciotat” à cet appareil constitue une reconnaissance symbolique de l’identité et du patrimoine de la commune, berceau du cinéma mondial et ville marquée par une histoire industrielle et maritime forte, aujourd’hui engagée dans les enjeux de transition et d’innovation » : la municipalité est plus que ravie de l’annonce réalisée par Air France.

    La compagnie aérienne française lui a en effet fait savoir qu’elle avait décidé d’attribuer le nom « La Ciotat » à l’un de ses avions : un Airbus A220, immatriculé F-HOZB, intégré à la flotte moyen-courrier de la compagnie. Avec une vitesse de croisière d’environ 870 km/h et une autonomie pouvant atteindre 5 000 km, l’Airbus A220 « La Ciotat » est destiné à relier les principales villes françaises et européennes, avec une capacité d’accueil allant jusqu’à 148 passagers.

    « Cet avion contribuera au rayonnement de la ville, dans un contexte de modernisation du transport aérien et de réduction de son impact environnemental », se félicite encore la mairie. L’Airbus A220 est en effet censé se distinguer par des performances économiques et environnementales permettant notamment une réduction de la consommation de carburant et des émissions de CO2₂ pouvant atteindre 25 %. Il serait également moins bruyant avec une diminution de l’empreinte sonore comprise entre 25% et 50%.

  • Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Dans l’auditorium de Pablo Neruda, la gauche nîmoise a choisi le décor et le message : l’heure n’est plus aux intentions générales, mais au « grand oral ». Autour de Vincent Bouget, l’équipe de Nîmes en commun (union de la gauche hors LFI) a présenté ce 19 janvier ce qu’elle appelle un « projet » faisant office de programme, et insiste : « ce n’est pas un catalogue de promesses  ». Avant tout, la campagne se veut être une rupture après les 25 ans de mandat de Jean-Paul Fournier : la gauche souhaite surtout mettre un cap lisible sur la table. Avec une idée simple, martelée : la mairie ne peut pas se contenter de gérer des chantiers et des façades. Elle doit réparer le quotidien – logement, écoles, santé, transports, sécurité – et retisser du commun.

    Une méthode : « Rendre le pouvoir aux Nîmois »

    Le collectif met d’abord en avant sa manière de faire. Film participatif, dizaines de réunions publiques, 3 000 contributions : le projet se revendique issu du terrain. « Aucune décision importante ne doit être prise sans les habitants », insiste Vincent Bouget, qui promet des conseils de quartier renforcés, des débats municipaux transparents et des outils concrets de participation. Sur des dossiers sensibles comme les Halles, la gauche veut tourner la page des décisions descendantes et « repartir sur une large concertation ».

    En finir avec « Nîmes
    à deux vitesses »

    Le diagnostic est partagé par toute l’équipe : Nîmes est aujourd’hui une ville fragmentée. La campagne se construit donc autour d’un fil rouge, celui de l’unité. « Les Places communes » en deviendront le symbole : des lieux ouverts dans les quartiers pour se retrouver, monter des projets, recréer du lien. « On a besoin de se parler, de se retrouver ensemble », répète Bouget. Une dizaine de sites sont évoqués à l’échelle du mandat. Derrière cette idée, une exigence simple : que chaque quartier bénéficie du même soin, de la même attention, de la même présence des services publics.

    Remettre de la dignité

    Sur le logement, le candidat attaque frontalement : « Nous voulons loger tous les Nîmois. » Observatoire du logement, lutte contre les logements vacants, développement du logement social, guichet unique : la gauche assume un virage social face à une ville qu’elle juge excluante. Sur la santé, la médecin Catherine Fenech pose un constat simple : « Il y a 70 médecins pour 100 000 habitants dans cette ville, dont la moitié partiront à la retraite en 2030. » D’où la proposition d’un centre de santé municipal pluriprofessionnel et universitaire, d’une mutuelle communale et d’une approche globale liant santé, environnement et conditions de vie.

    Sécurité : la proximité

    Sur un thème souvent confisqué par la droite et l’extrême droite, la liste avance une ligne sans ambiguïté. La police municipale resterait armée, mais davantage tournée vers la proximité, avec des horaires élargis, des postes mobiles et un maillage plus équilibré dans la ville. Le commissariat de plein exercice à Pissevin est présenté comme une priorité, tout comme le renforcement des médiateurs, dont le rôle est jugé essentiel pour apaiser les tensions. Et pour couper court aux caricatures : « Le RN ment. Nous ne voulons pas désarmer la police municipale. »

    Jeunesse : « Une ville
    à hauteur d’enfant »

    La jeunesse traverse tout le projet. Vincent Bouget parle d’une ville pensée à hauteur d’enfant, où on lutte contre le décrochage, où on accompagne chaque parcours. Cela passe par un réseau de réussite, la gratuité des transports pour les scolaires et une mesure qui marque les esprits : « 1 000 enfants partiront en vacances chaque année. » Marianne Bernède prolonge cette vision dans l’espace public : abords d’écoles piétonnisés, cours végétalisées, rues sans voiture expérimentées. Elle y associe un combat plus large pour l’égalité. « Nous voulons faire de Nîmes une ville féministe », dit-elle en évoquant notamment des transports nocturnes adaptés pour permettre aux femmes de circuler sans crainte.

    Économie et finances : reprendre la main

    Sur le développement économique, Pierre Jaumain (PS) décrit un territoire trop cloisonné. Il plaide pour une agence locale capable de fédérer les acteurs, d’accompagner les entreprises et de redonner une dynamique à la ville. La gauche entend aussi rouvrir plusieurs dossiers emblématiques : gestion publique des monuments romains, avenir des Halles, défense du site universitaire des Carmes. Enfin, la question budgétaire est abordée sans détour. Gilles Guillaud dresse un constat sévère – 758 M€ de dette cumulée entre la Ville et l’Agglo – et assume une ligne de rigueur sélective : pas d’augmentation d’impôts, mais un recentrage des dépenses pour retrouver des marges d’investissement. En conclusion, il résume l’enjeu du mandat à venir d’une formule limpide : « Ce sont des choix politiques. »

  • Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Coup de tonnerre sur les bancs de l’Assemblée nationale, le 14 janvier. Alors que la veille, les députés votaient pour une revalorisation de la Dotation globale de fonctionnement (DGF), un amendement déposé par le Rassemblement national (RN) et ses alliés ciottistes – prévoyant de réduire de 4,9 milliards d’euros la DGF – a été adopté. Pour cause, la faible présence de députés dans l’hémicycle (57 voix pour et 47 contre). Le RN a pu compter sur la docilité des députés gardois et héraultais puisque Stéphanie Galzy (RN, 5e circo de l’Hérault) et Yoann Gillet (RN, 1ère circo du Gard) ont voté pour le texte.

    Une mesure justifiée par le fait de lutter contre « le millefeuille territorial français […] source d’une véritable gabegie pour les finances publiques ». Dans le viseur, les Régions et les Établissements publics de coopérations intercommunales (EPCI) – on retrouve notamment les Communautés de communes, d’Agglomération ou encore les Métropoles. Une victoire pour le groupe présidé par Marine Le Pen, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy fanfaronnait même « les autres partis blablatent et dépensent à tout va, le RN vote 5 milliards de dépenses en moins » sur son réseau X.

    Augmenter les impôts ?

    Pourtant, ces EPCI sont importants pour la vie locale. Ils permettent d’élaborer des projets d’aménagement, d’urbanisme que seule la Commune ne pourrait tenir. De plus, ceux-ci rendent possible la gestion commune de compétences telles que le ramassage des ordures ménagères, l’assainissement, les transports en commun. D’autres vont même plus loin en mettant en commun des compétences facultatives. À l’instar de la Communauté de communes de Cèze-Cévennes. « Nous exerçons ensemble la politique culturelle et celle concernant l’enfance-jeunesse. Ce sont des choix politiques forts. Nous gardons le même niveau d’engagement cette année car c’est important. Mais demain, si on a des recettes qui diminuent, on ne pourra pas garder ce même niveau d’engagement », soupire Olivier Martin, président de Cèze-Cévennes et maire de Gagnières.

    Et ainsi de se retrouver avec le dilemme entre une baisse des services publics – déjà mis à mal par le désengagement de l’État, notamment en ruralité – ou augmenter les impôts locaux, au risque de se mettre à dos ses propres administrés. Dans les deux cas, les citoyens sont les grands perdants de cette combine de l’extrême droite. Si le recours à l’article 49-3 par Sébastien Lecornu pour adopter le budget – le soutien du PS au gouvernement semble éloigner le risque de censure – a permis de ne pas retenir l’amendement décrié, l’affaire montre le vrai visage de l’extrême droite, qui, une fois au pouvoir, aura les mains libres pour mettre à mal les services de proximité.

  • Hérault : le Minervois entre dans la cour des Grands Sites

    Hérault : le Minervois entre dans la cour des Grands Sites

    Le label a été attribué au territoire « Cité de Minerve, gorges de la Cesse et du Brian », rassemblant sept communes : Cesseras, Azillanet, La Livinière, Minerve, Siran, La Caunette et Vélieux. C’est l’aboutissement d’un travail de 16 ans, mené sous la houlette du Syndicat mixte du Pays Haut-Languedoc et Vignobles, précise Jean Arcas, son président. L’objectif n’est pas d’attirer toujours plus de visiteurs, mais de mieux les répartir, explique Jean-Pierre Barthès, vice-président de la Communauté de communes. « Il s’agit de montrer que le territoire ne se résume pas à une carte postale figée, mais à une mosaïque de lieux et d’usages. »

    Un label structurant pour le territoire

    Le label Grand Site de France, attribué par l’État, distingue des territoires d’exception engagés dans une gestion durable conciliant préservation, accueil du public et développement local. Le Minervois rejoint ainsi la vingtaine de territoires labellisés Grand Site de France. Pour l’obtenir, le territoire doit protéger un paysage remarquable classé, impliquer les habitants et garantir un accueil de qualité sans dénaturer le site. L’intercommunalité a permis de mutualiser les moyens, de renforcer l’office de tourisme et de structurer l’action publique. Elle valorise surtout la diversité du territoire : de l’altitude du Caroux aux paysages méditerranéens vers Narbonne. La randonnée, l’escalade, le canoë : chaque commune devient la porte d’entrée des autres.

    Pour les élus, le label est une opportunité, à condition d’assumer des investissements conséquents. Pour Didier Vordy, maire de Minerve, « cela signifie des routes entretenues, une téléphonie fiable, demain la fibre. Autrement dit : maintenir le lien social et enrayer l’érosion économique, sociale et démographique qui touche ces villages depuis des décennies. » La communauté de communes mobilise déjà 42 000 euros par an pour cofinancer le poste de chargé de mission dédié à la gestion du site. Dans un territoire marqué par l’exode rural, l’intercommunalité devient un outil de survie collective, bien plus qu’un simple échelon administratif.

  • Mai, date butoir pour reprendre l’enseigne Alinea

    Mai, date butoir pour reprendre l’enseigne Alinea

    Les 1 172 salariés de l’enseigne d’ameublement, décoration, aménagement intérieur et extérieur de la maison Alinea, répartis dans 35 magasins, peuvent souffler. Au moins pour l’instant. Ce lundi 12 janvier, le tribunal de commerce a acté « le tribunal des affaires économiques de Marseille a jusqu’au 26 janvier pour examiner les offres de reprise, partielle ou globale, de l’enseigne de décoration et mobilier Alinea placée en redressement judiciaire à l’automne dernier», a déclaré, au sortir de l’audience, Sébastien Laisne de la Couronne, délégué syndical central (CFDT) à Néomarché, maison-mère de l’enseigne Alinea.

    Le siège social est établi à Aubagne. Cette enseigne française fait partie de « la galaxie Mulliez », qui possède Kiabi, Norauto, Midas… Alinea a été fondée en 1989 à Avignon. Le rendez-vous du 12 janvier avait été fixé lors du jugement du 20 novembre dernier, lorsque Alinea avait été placée en redressement judiciaire. Alinea devait présenter en cette mi-janvier au tribunal « des pistes sérieuses de restructuration ». Peu de choses ont filtré de l’audience, qui s’est tenue à huis clos. Les représentants du personnel n’ont rien voulu commenter. Le délégué syndical central a lui-même été peu disert. « S’il n’y avait plus eu de trésorerie, le tribunal aurait rendu un avis différent », a observé Sébastien Laisne de la Couronne.

    « Les salariés inquiets »

    Sous entendu, ce feu vert pour la poursuite de la période d’observation est un nouveau petit pas. « Les repreneurs ont jusqu’au 20 mai prochain pour proposer des offres de reprise, globale ou partielle. Le tribunal étudiera ces offres. Nous aussi, au comité social et économique (CSE) central, nous pourrons auditionner ces repreneurs, analyser leur plan. Mais c’est le tribunal qui tranchera. Et s’il n’y a pas de repreneur, ce dernier prononcera la liquidation », explicite le délégué syndical. Pour l’heure, confie-t-il, « les salariés sont dans l’attente. Ils sont de plus en plus inquiets, mais ils sont toujours impliqués pour montrer que notre entreprise a du potentiel et peut être reprise. Elle vaut le coup ». Le jugement du 20 novembre dernier soulignait que « le résultat d’exploitation d’Alinea se creuse. Il est pressenti pour l’exercice 2025 à moins 44 millions d’euros. L’écosystème Mulliez a soutenu la débitrice à hauteur de 170 millions d’euros ».

    Alinea, déjà placée en redressement judiciaire en 2020, avait alors perdu 17 magasins sur 26, et subi une hémorragie de près de 1 000 salariés sur 1 800. Elle avait été finalement reprise par ses propres actionnaires, opération rendue possible par une ordonnance gouvernementale prise à la faveur de la crise sanitaire.