Tag: écologie

  • La biodiversité ne peut plus attendre

    La biodiversité ne peut plus attendre

    Le frelon asiatique ne représente pas seulement un problème pour les seuls apiculteurs : il est le symptôme d’un déséquilibre plus profond.

    En quelques années, ce prédateur a trouvé sa place dans nos écosystèmes fragilisés, au point de menacer l’une de leurs pierres angulaires : les pollinisateurs.

    Or, sans abeilles ni insectes sauvages, c’est toute la biodiversité, et plus largement notre sécurité alimentaire, qui vacille.

    Face à cette menace, les initiatives locales se multiplient.

    Des collectivités s’organisent, les habitants installent des pièges, les apiculteurs s’adaptent. Cette mobilisation est salutaire, mais elle révèle en creux l’essentiel : la lutte repose encore trop sur le volontariat et le bricolage. Peut-on réellement enrayer une invasion avec des moyens dispersés et insuffisants ?

    Des choix à assumer

    Car le défi est à la hauteur de l’enjeu écologique. Comprendre les dynamiques du frelon, améliorer les techniques de piégeage, coordonner la destruction des nids : tout cela exige de la recherche, des moyens financiers et une stratégie cohérente au niveau national. Sans cela, chaque territoire lutte seul et bien souvent trop tard.

    Protéger la biodiversité ne peut être un vœu pieux. C’est un investissement. Et comme tout investissement, il suppose des choix politiques clairs et assumés. Faute de quoi, le frelon asiatique continuera de prospérer, et avec lui, le lent effacement du vivant.

  • Un catamaran écologique en escale au Vieux-Port

    Un catamaran écologique en escale au Vieux-Port

    Ce mardi 5 mai était le premier jour d’une longue escale pour la fondation Race For Water. Depuis 2015, le groupe réalise des expéditions avec notamment deux odyssées à son actif, dans le but de sensibiliser à l’importance des océans avec des bateaux uniques et révolutionnaires, qui dégagent zéro émission de CO2 et aucun bruit. Le projet Posidonia Connect se déroulera du 5 au 28 mai avec une escale à Naples en Italie, le catamaran MODX70, terminera son voyage à Toulon. Une expédition et des missions réalisées augmentées d’études scientifiques sur l’impact du changement climatique dans les océans et une promotion des solutions technologiques pour contribuer à la décarbonation du monde maritime. « Autour de cette course de voile, on voulait sensibiliser à l’importance des océans tout en harmonisant les méthodes d’étude scientifique », explique Camille Rollin, coordinatrice de l’odyssée.

    S’imposer pour 2030

    La fondation rêve grand et espère s’imposer dans les années 2026-2030. La première innovation se trouve dans le bateau, le navire utilise 100% d’énergies renouvelables, 126 tonnes d’émissions de CO2 évitées par an, soit l’équivalent de 60 voitures parcourant 15 000 km. « On a cette ambition pour les années à venir d’avoir cette vision à l’échelle du bassin méditerranéen de l’état de l’écosystème de l’air », déclare Patrick Astruch, ingénieur de recherche. Dans la continuité d’une édition 2025 réussie avec plus de 13 sites explorés. La fondation vise aujourd’hui l’Italie : « L’enjeu de la campagne va être de rejoindre deux secteurs d’intérêt, notamment dans le nord de la Sardaigne, en collaboration avec des équipes de recherche sur place », complète le docteur qui espère sensibiliser aux enjeux de la posidonie. Ce navire « nous a épatés à la Ville de Marseille, commente Hervé Menchon, adjoint à l’écologie, il nous était impossible de ne pas soutenir ce projet ».

  • À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    Rendre les villes plus vertes, un effort auquel chacun peut participer, des collectivités aux habitants en passant par les associations et les commerçants : c’est l’objectif des 48h de l’agriculture urbaine, qui font étape à Toulon et dans cinq communes du département (La Valette-du-Var, Six-Fours-les-Plages, La Farlède, Le Val, Le Castellet) de vendredi à dimanche.

    Festival organisé depuis 2016 par l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP), il se veut « l’événement vitrine de l’agriculture urbaine en France et en Europe ». Il défend trois objectifs : promouvoir l’agriculture urbaine et sa diversité auprès du grand public, encourager la création d’espaces cultivés en milieu urbain, et créer du lien social et favoriser les rencontres pour faire émerger de nouvelles initiatives. L’an dernier, 35 villes françaises y ont participé, avec plus de 1 000 activités participatives gratuites (ateliers, visites, projections-débats, conférences et tables rondes, banquets populaires, concerts…) pour débutants et passionnés.

    Marché des producteurs, atelier séchoir solaire…

    À Toulon, c’est au Collectif varois pour l’agriculture urbaine (CVAU) que l’on doit l’organisation de l’événement, avec un programme qui fait la part belle aux acteurs locaux du domaine. Les réjouissances débuteront vendredi, avec un premier atelier, place Vincent Raspail, qui consistera à fabriquer des jardinières à partir de palettes récupérées auprès des halles de Toulon. Celles-ci seront ensuite remplies à partir de compost, puis disposées sur les terrasses des halles. Une activité préliminaire à la soirée d’ouverture qui se tiendra dès 18h30 au Domaine d’Orves, à La Valette-du-Var, et sera le théâtre d’une conférence dédiée aux jardins nourriciers.

    Les animations se poursuivront samedi et dimanche. Des dizaines de producteurs locaux proposeront un marché de saison samedi, dès 8h, rue Paul Lendrin. Vous pourrez aussi découvrir l’agroécologie au jardin du Chemin ver.s.t, au Castellet, vous essayer à la fabrication d’un séchoir solaire au domaine de la Pierre Blanche, dans la même commune, ou pour les débutants, apprendre les bases du jardinage au jardin partagé de la Florane, à Toulon.

    Programme complet à retrouver sur les48h.com

  • Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Pas moins de dix lieux totems accueilleront les 72 heures de l’écologie à Aubagne et à Marseille, un événement porté par La Cité des Transitions.

    Cette nouvelle édition rassemble de nombreuses associations, avec la participation des villes de Marseille et d’Aubagne, ainsi que d’acteurs de la Métropole Aix-Marseille‑Provence. L’accès est gratuit et ouvert au grand public.

    L’événement se veut engagé

    « C’est un événement important parce que la filière de tous nos acteurs est particulièrement dynamique et c’est l’occasion d’aller à leur rencontre et de connaître leurs actions », explique Marianne Morini, responsable de la Cité des transitions. L’événement permet également de faire redécouvrir des lieux parfois oubliés des Marseillais, comme le stade nautique Florence-Arthaud, ancienne marina olympique habituellement fermée au public.

    Marianne Morini annonce : « C’est aussi l’occasion de faire changer un peu les regards, parce qu’on fait souvent croire que l’écologie et la solidarité sont des façons un peu austères d’aborder le changement qui est nécessaire, et là on montre que c’est tout l’inverse. »

    Ce rendez-vous annuel est proposé par des organisations engagées avec des associations locales, des structures de l’ESS (l’économie sociale et solidaire), des collectifs et des institutions. Des noms comme les Shifters, Enercoop Paca et Banlieue Santé.

    « Notre association est un réseau d’acteurs engagés dans les transitions écologiques et sociales. Ces mêmes acteurs qui organisent les 72 heures de l’écologie », explique-t-elle.

    Une nouveauté permet aussi d’augmenter l’ampleur de l’événement. En effet, la Cité des transitions s’est associée avec le Jour de la Terre, le 22 avril, qui est aussi une journée primordiale pour les acteurs engagés dans l’écologie, notamment à Marseille. « Entre la thématique et les lieux, c’est obligé de trouver un intérêt, en plus c’est gratuit », insiste Marianne Morini.

    Les 72 heures de l’écologie
    à Marseille et Aubagne,
    du vendredi 24 au dimanche 26
     avril. Programme
    sur citedestransitions.org

  • Gardanne : la majorité fait de « l’écologie » sa cause municipale 2026

    Gardanne : la majorité fait de « l’écologie » sa cause municipale 2026

    Cette année, l’environnement a été choisi comme cause municipale 2026. L’annonce, a été formulée par la majorité ce jeudi 16 avril, au cours d’un conseil municipal en grande partie dédié au rapport d’orientation budgétaire 2026. « La commune poursuit sa transition énergétique et écologique en investissant de manière importante dans la rénovation de ses éclairages publics, avec une enveloppe de près d’un million d’euros permettant de réduire sa consommation énergétique », précisait Sandrine Zunino, reconduite comme adjointe aux finances. « Nous avons toujours estimé que la collectivité se doit de montrer l’exemple par des actes concrets », déroulait Pascal Nalin, nouvel adjoint en charge de la transition énergétique.

    Promesse de projets

    Sur le précédent mandat, la majorité considère que son bilan est positif : plantation de 750 arbres et désimperméabilisation de 11 000m2 de sols, création d’espaces verts, labellisation Territoires engagés transition écologique, d’ailleurs relancé avec l’ambition d’un meilleur score à l’issue des quatre prochaines années…

    Parmi les projets phares de cette cause municipale, la majorité promet une « rénovation des abords de l’Étang de Fontvert » pour en faire « un lieu de rencontre et de loisir tout en ayant scrupuleusement en tête la préservation du développement de la biodiversité », mais aussi la lutte contre les incivilités en poursuivant des actions de prévention et de répression, « aux moyens de la vidéoverbalisation concernant les dépôts sauvages ». Pour stabiliser son budget lié au coût de l’énergie, la majorité ambitionne d’atteindre un objectif « 100% LED » d’ici la fin du mandat. « Depuis 2020, nous avons réduit notre consommation de l’éclairage public de 27,5%, présente Pascal Nalin. Soit une réduction globale de l’énergie de plus de 26% avec une baisse, entre 2024 et 2025, de 8%. Un résultat indispensable pour les surcoûts d’énergie qu’on subit tous et pour absorber l’ouverture prochaine du cinéma, celle de la plateforme qui a déjà eu lieu et du foyer des seniors qui aura lieu à Biver. » Une mesure « insuffisante », pour Marion Robert, élue d’opposition dans le groupe de Jean-Marc La Piana. « Les charges passent de 7,4% en 2025 à 8,9% en 2026. Sur ces montants, plus de 34% concernent les fluides. Les LED, c’est peut-être fort utile, mais ce n’est pas suffisant », estime l’élue. Dans la même équipe, Laurent Deshaies (EELV) pointe, sur les questions d’énergie toujours, un manque de « stratégie écologique (…). Le document prévoit une baisse significative du coût de l’énergie (…) mais on ne peut pas à la fois constater l’instabilité du contexte et retenir un scénario aussi optimiste ».

  • [Entretien] Isabelle Autissier : « On ne peut pas aimer la mer et ne pas se soucier de l’écologie »

    [Entretien] Isabelle Autissier : « On ne peut pas aimer la mer et ne pas se soucier de l’écologie »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous accepté d’être marraine de la 23e édition du salon des Nauticales ?

    Isabelle Autissier : Pour moi, c’est une occasion de porter des messages, de rencontrer des gens, de faire avancer un certain nombre de projets. Je suis très attachée à la cause environnementale et à la biodiversité marine. Mais aussi à la découverte de l’océan par tout le monde. J’encourage les gens à aller eux-mêmes au bord de la mer, sur ou sous l’eau, pour comprendre comment ça se passe, pour s’extasier et pour se faire plaisir. Nous sommes sur une planète bleue, il n’y en a pas beaucoup dans l’univers apparemment, donc il faut en profiter et découvrir au mieux ce milieu.

    En tant que présidente d’honneur de WWF, comment aller
    vous porter votre combat de préservation de l’environnement sur le salon
     ?

    I.A. : Dans mes discours, dans mes rencontres je vais parler de ces problèmes. Il ne faut pas se les cacher. Mais je vais aussi parler des solutions parce qu’heureusement il y en a beaucoup. En fait, c’est ça l’éducation. Il faut répéter mille fois les choses. Il faut revenir, parler, rediscuter, échanger, convaincre et pousser les gens à s’engager à leur niveau. C’est inlassable, mais je pense que c’est indispensable.

    Et donc, comment va la Méditerranée ?

    I.A. : Très mal. Elle se réchauffe plus vite encore que l’océan parce que c’est une petite mer. Elle a aussi de moins en moins d’apports d’eau douce puisqu’il y a moins de pluies. Ce réchauffement de la Méditerranée produit des effets catastrophiques sur la vie dans la Méditerranée. Je pense aux coraux par exemple, mais à beaucoup d’autres espèces. Et aussi, c’est une mer qui est, au niveau des plastiques, la plus polluée au monde. On est nombreux à avoir cette impression d’eaux limpides, mais malheureusement, elle est bourrée de microplastiques. C’est aussi une des mers du monde où la surpêche est la plus grave. On ne peut pas accepter ça. On ne peut pas à la fois dire qu’on aime la mer Méditerranée et dire qu’on ne soucie pas de l’écologie, qu’on verra bien après. Non. Il existe des solutions et donc il faut les mettre en œuvre.

    Quelles sont ces solutions ?

    I.A. : Il faut arrêter d’utiliser du plastique à tort et à travers. On ne résoudra pas le problème juste en ramassant le plastique. C’est comme si vous vouliez vider la mer avec une petite cuillère. Parce que le plus grave, ce sont surtout les micro-plastiques, qui font moins d’un millimètre, et qu’on ne peut pas ramasser. Ils passent dans la chaîne alimentaire puis dans notre corps. C’est dramatique parce que c’est cancérogène, ce sont des perturbateurs endocriniens, c’est très mauvais pour la santé, la nôtre et celle de la biodiversité. Donc il faut d’abord diminuer la consommation de plastique, parce qu’il y a plein de choses qui n’ont pas besoin d’être en plastique, et qui ne l’était pas avant : les batteries de cuisine, les jouets, le mobilier… Il faut que l’on diminue sa production, que l’on utilise d’autres matières.

    Peut-on associer nautisme et préservation de l’environnement ?

    I.A. : Oui, parce qu’on protège ce qu’on aime. Aimer l’océan, c’est se réjouir et profiter de ses beautés, de tout ce qu’il peut nous offrir. C’est faire des balades en mer, de la plongée, des balades à pied ou aller se baigner. ça, il faut l’encourager, mais pas n’importe comment. C’est vrai qu’avoir un bateau avec un gros moteur, je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure façon de profiter de la Méditerranée. Je pense qu’il y a des façons plus simples, plus tranquilles, qui sont moins polluantes. Je pense qu’il faut réfléchir à comment on fait les choses. La question, ce n’est pas de se priver de les faire, c’est juste de les faire mieux.

    Entretien réalisé par Eva Janus

  • Une mission pour sauver le crapaud des Alpes

    Une mission pour sauver le crapaud des Alpes

    « On n’en a récupéré que cinq, c’était le dernier soir. » Jeudi 12 mars marquait la fin de la saison pour Éliane Dupland et son petit groupe. Responsable de l’antenne locale de la LPO de Gap (Hautes-Alpes), elle se rend chaque soir au bord de la départementale 19 qui jouxte le lac de Pelleautier. À ses côtés, avec leurs seaux et leurs gants, des bénévoles, sympathisants ou personnes désireuses d’aider. Commence alors une drôle de cueillette : il ne s’agit pas de champignons ou de fruits, mais de batraciens. Lampe torche à la main et gilet jaune sur le dos, par petits groupes, ils ramassent les crapauds sur la route pour les déposer de l’autre côté. Ils leur évitent ainsi de se faire écraser par les automobilistes qui empruntent cette route fréquentée.

    Des effectifs en chute

    « On patrouille le long de la route, avec nos sceaux, on met les gilets, lampes frontales, torches, on enfile nos gants », explique Éliane. S’ils viennent par petits groupes de sept à quinze personnes, au total, ils sont 52 à avoir participé à la campagne de cette année. « On donne aussi aux voitures qui s’arrêtent une petite fiche qui les appelle à lever le pied pour les crapauds… Et pour ceux qui les ramassent », détaille Éliane. De son côté, la préfecture installe, à cette période, une limitation de vitesse à 50 km/h. « Et ils sont loin de tous la respecter, regrette Éliane. Au début, on a été victimes d’incivilités incroyables, voitures taguées, insultes, vol de notre matériel… Mais, au fil des ans, il y en a beaucoup plus qui ralentissent et qui comprennent. »

    Chaque année, des centaines de crapauds rejoignent le lac de Pelleautier à la fin de l’hiver. En majorité de l’espèce du crapaud épineux (Bufo spinosus), ils traversent les champs et, malheureusement, les routes pour rejoindre le lieu de leur naissance afin d’y pondre à nouveau. Or la mortalité routière fait chuter les populations de cette espèce déjà menacée.

    « En 2014, la première année où l’on a lancé ces opérations de sauvetage, on comptait 1 100 crapauds sauvés. Ça a diminué d’année en année. En 2021, on est tombés à 300 et même à 196 l’an dernier, alerte Éliane Dupland. Affolés, on a organisé une réunion technique le 24 février, à la veille de la campagne de cette année. » Plusieurs raisons à cette hécatombe ont été avancées : la circulation routière, bien évidemment, mais aussi les pratiques agricoles. Les intrants chimiques, les labours profonds ou encore la disparition des haies menacent les populations de crapauds qui vivent dans les champs et les bosquets. Il y a aussi les sécheresses causées par le changement climatique, qui affectent le lac de Pelleautier. En 2022, il était presque à sec. « Ça grouillait de têtards presque adultes. Ils étaient en train d’agoniser faute d’eau », se remémore Éliane.

    Le groupe milite pour l’installation de crapauducs temporaires. Ce sont des filets installés le long des routes, qui redirigent les crapauds vers des seaux que les bénévoles vident ensuite. « On l’a demandé dès la première année, mais on nous a dit que c’était trop cher. Un crapauduc temporaire coûterait 20 à 30 000 euros, regrette Éliane. Mais ce serait quand même un comble qu’on ne protège pas les animaux dans ce département où la nature est reine. »

  • Sciences Po Aix à l’épreuve du climat

    Sciences Po Aix à l’épreuve du climat

    Mars 2026, l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence célèbre ses 70 ans. Et pour ouvrir l’année universitaire, Alessia Lefébure, qui entame sa première année à la tête de l’institution, présente ce lundi la ligne de conduite de Sciences Po Aix pour l’année à venir. Année au cours de laquelle l’établissement s’attache à renforcer son engagement en termes de « développement durable, de la responsabilité sociétale et de l’engagement collectif ». À ses côtés, pour une conférence face aux étudiants, Marine Braud, fondatrice de la société de conseil Alameda, autrice du livre Qui aurait pu prédire ? et ancienne conseillère écologie au cabinet d’Élisabeth Borne, alors au ministère de la Transition écologique. « Sciences Po en général, a pour mission principale de former à partir de la recherche en sciences humaines et sociales des gens qui vont prendre des postes à responsabilité dans tous les secteurs d’activité qu’ils soient privés ou publics, contextualise Alessia Lefébure, d’ailleurs première femme à la tête de Sciences Po. On considère que l’enjeu de la transition écologique est un enjeu majeur et transversal. Au moment de cet anniversaire, au moment où je prends mon poste, on l’inscrit de façon encore plus lisible, plus volontariste, plus affirmée, comme ligne de fond qui va orienter tout ce que l’on fait, dans la formation, dans la recherche et dans la gestion de l’établissement. » Les « festivités », de ce 70e anniversaire, vont durer 12 mois, jalonnés de rendez-vous, d’invitations de « figures inspirantes », et une demande d’adhésion au label DD and RS. Entre autres. « J’étais sur ces bancs il y a 20 ans, les décideurs publics et privés que je rencontre aujourd’hui ont le même logiciel, dans lequel la transition écologique rentre difficilement. Un logiciel de croissance, où les symboles de réussite ne sont pas forcément bons pour la planète, explique Marine Braud. Je trouve ça très bien que mon école se pose ces questions-là, jusque dans la question des enseignements. » En toile de fond donc, former « différemment » les prochains décideurs. « En invitant des personnes [comme Marine Braud], on contre-attaque en montrant qu’on peut être quelqu’un qui réussit, en adoptant un mode de vie différent. On propose des alternatives, ce sera à eux de choisir », estime Alessia Lefébure.

  • L’État et EDF condamnés pour préjudice écologique

    L’État et EDF condamnés pour préjudice écologique

    La justice a donné raison à l’association l’Étang nouveau. Les rejets d’eau douce de la centrale électrique EDF de Saint-Chamas, « par leur ampleur, leur durée et leurs effets », portent bien une « atteinte non négligeable à l’écosystème de l’Étang de Berre, par sa désoxygénation et la prolifération de matières organiques, à l’origine d’un préjudice écologique », reconnaît le tribunal administratif de Marseille dans son jugement.

    « En conséquence, la responsabilité de l’État et de EDF, chargée de l’exploitation du canal de la Durance depuis 1955 et de centrales, en raison du fonctionnement même de ce canal usinier, est retenue », relate la décision du 12 mars.

    Évaluer la saisonnalité

    C’est « une première » dont se réjouit le cabinet d’avocat TTLA qui porte le dossier, bien qu’aucune remise en état ni aucune indemnité n’aient été prononcées. L’Étang nouveau réclamait 200 000 euros répartis entre EDF et l’État.

    Alors qu’un protocole expérimental de 4 ans avait été signé entre l’énergéticien et le Groupement d’intérêt public de l’étang de Berre pour saisonnaliser les rejets, le tribunal enjoint néanmoins les défendeurs à « évaluer les conséquences des modifications apportées au fonctionnement des centrales sur l’état écologique de l’étang de Berre au terme de la période d’expérimentation, soit en prolongeant celle-ci, soit en pérennisant les nouvelles modalités, soit, en l’absence d’amélioration notable, en les modifiant en vue de permettre une réduction effective des phénomènes d’eutrophisation et d’anoxie provoqués par les rejets d’eau douce du canal EDF de la Durance ».

  • [Science] Chez les enfants babouins, il y a de la jalousie dans l’air

    [Science] Chez les enfants babouins, il y a de la jalousie dans l’air

    Des babouins ont été suivis pendant des mois dans un parc de Namibie. En milieu naturel, donc. « C’est une force de l’étude », insiste la chercheuse. Un moment était particulièrement scruté : celui du toilettage des enfants par la mère. Les scientifiques observaient alors le comportement des frères et sœurs qui, souvent, s’approchaient et restaient là, à côté, l’air de rien. « C’est souvent très subtil, note Axelle Delaunay. Ce sont rarement des explosions de colère ou des agressions. » Même si les plus petits pouvaient faire des caprices. Dans un unique cas, une tentative de jeu avec le frère en cours de toilettage pour l’attirer ailleurs et prendre sa place a été observée.

    Favoritisme

    Comment être sûr qu’il s’agit de jalousie et non pas de recherche d’attention de la mère, du frère ou de la sœur ? « Un faisceau d’indices nous le laisse penser, résume Axelle Delaunay. Nous avons testé différentes hypothèses et ce que nous avons observé se rapproche plus du comportement attendu dans le cas de la jalousie. » D’abord, les enfants interfèrent plus avec leur mère quand elle est occupée à toiletter quelqu’un. « Ce n’est pas le meilleur moment s’ils veulent se faire toiletter ou jouer », glisse la chercheuse. De plus, ils ciblent plus volontiers les enfants de leur âge ou du même sexe. Enfin, le comportement avait deux fois plus de chances de perturber le toilettage que d’obtenir l’attention de la mère, du frère ou de la sœur. En résumé : « S’ils cherchent à se faire toiletter ou à jouer avec leur frère ou leur sœur, ça ne fonctionne pas du tout », s’amuse Axelle Delaunay.

    Un dernier élément fait pencher la balance en faveur de la jalousie : les frères et sœurs ciblent plus volontiers l’enfant favori. Car oui, le favoritisme semble exister chez le babouin : certaines mères passent plus de temps à toiletter certains de leurs enfants. « Cela n’avait jamais été vraiment montré », assure Axelle Delaunay, qui admet que l’idée ne lui était pas venue à l’esprit avant l’étude. « Nous l’avons constaté sur le terrain, indique-t-elle. Cela donne envie d’y revenir pour étudier ce phénomène plus en détail. »