Parmi les premiers aménagements prévus figure une piste cyclable bidirectionnelle d’un kilomètre sur l’avenue Geoffro-Saint-Hilaire. Destinée à relier le bas du centre-ville à l’ensemble Espace 3 000, au quartier de la gare et au futur pôle multimodal. Elle devrait entrer en service début 2028. L’objectif affiché étant de passer d’un ensemble de pistes et voies cyclables, certaines déjà présentes, à un réseau cohérent permettant une pratique sécurisée de ce mode de déplacement doux et écologique et d’attirer ainsi de nouveaux adeptes.
Tag: écologie
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![[#DisMoiPourquoi] les fourmis trouvent toujours le chemin du sucre, elles ont un GPS dans leur tête ?](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/ba93c03069caa5f2720a5d7cbceac4d8.jpg)
[#DisMoiPourquoi] les fourmis trouvent toujours le chemin du sucre, elles ont un GPS dans leur tête ?
Oscar, élève de CM1 à l’école Jean-Giono, à BollèneLes fourmis sont très performantes pour trouver du sucre, mais aussi tous les aliments dont elles ont besoin. Elles n’utilisent pas un GPS, mais leurs antennes qui leur permettent de sentir comme nous le faisons avec notre nez. Mais leur odorat n’est efficace qu’à quelques centimètres ou quelques mètres. Ce n’est donc pas suffisant si la nourriture est éloignée du nid des fourmis. Alors la reine des fourmis envoie des « éclaireuses » qui vont explorer au hasard les parties éloignées de la colonie. Lorsqu’une fourmi trouve de la nourriture, elle revient au nid en laissant derrière elle, sur le sol, des marques odorantes sous la forme de petites gouttes sécrétées par une glande spéciale de son abdomen. Comme le petit Poucet, elle balise son chemin ! En rentrant au nid les autres fourmis suivront les marques odorantes qu’elle a laissées pour retrouver à coup sûr la nourriture. Et plus les fourmis empruntent ce chemin, plus son odeur sera marquée et plus il y aura de fourmis qui la suivront. Et voilà comment en un clin d’œil des centaines de fourmis trouvent de la nourriture. C’est un système très efficace qui leur a permis de survivre pendant plus de 100 millions d’années !
Jérôme ORGEAS. Maître de conférences en écologie et entomologiste à Aix Marseille Université et à l’IMBE.
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À Montpellier, la friche Chaptal fait monter la colère des voisins
À dix minutes de la Comédie, les trois hectares autrefois occupés par la MSA, Groupama et les finances publiques ont été progressivement désertés. Après des mois de squats et de dégradations dénoncés par les voisins, le site s’apprête à changer de visage : un permis d’aménager a été délivré en mars. Les promoteurs Cogedim et Nexity projettent quelque 500 logements dans dix immeubles pouvant atteindre huit étages. S’y ajouteraient un hôtel, une crèche, une salle de sport, un parc de 3 600m² et une esplanade.
Depuis son balcon du boulevard Renouvier, Delphine Jaoul contemple les anciens bureaux des impôts. Demain, un nouvel immeuble pourrait lui faire face. « On se sent complètement zappés, oubliés », lâche cette architecte, membre d’ACRe, l’Association Chaptal-Renouvier. Créé au printemps, le collectif approche désormais la centaine d’adhérents. À l’origine de cette mobilisation, les nuisances liées à l’abandon du site. « Au début, c’étaient des gens sans logement », raconte Delphine Jaoul. Puis seraient venus les trafics, les agressions et les dégradations. Selon elle, l’ancien bâtiment des impôts a été dépouillé de ses fenêtres, tuyaux et câbles de cuivre, malgré la présence d’amiante. « Ce site n’était pas du tout surveillé », dénonce-t-elle, pointant les risques sanitaires.
Mais c’est la découverte du projet immobilier qui a fait grandir la colère : « On s’est rendu compte de l’existence du projet par pur hasard », déplore D. Jaoul, regrettant le manque d’information. Depuis, malgré plusieurs réunions publiques et échanges avec la mairie, elle ne constate que « de toutes petites améliorations ». De son côté, la municipalité défend une « opération de renouvellement urbain permettant de créer des logements sans artificialiser de nouveaux terrains ». Son cadre d’aménagement prévoit notamment « 40% de pleine terre, des cheminements piétons et la conservation d’une partie du bâti ». Des garanties insuffisantes pour le collectif, qui dénonce une concertation tardive.
Une aberration écologiqueL’association conteste surtout la démolition de près de 60% du bâti existant, selon ses estimations. « Je ne peux pas imaginer qu’à l’heure actuelle, on détruise un bâtiment qui soit en bon état », insiste D. Jaoul. Architecte spécialisée dans la réhabilitation, elle dénonce le « coût carbone considérable des démolitions, entre matériaux détruits, déchets produits et nouvelles constructions ». L’abattage de vieux micocouliers, la hauteur des immeubles et les risques d’engorgement du quartier nourrissent également la contestation. Enfin, malgré l’esplanade publique annoncée, ACRe déplore que le futur parc risque d’être réservé aux seuls résidents.
Les premiers permis de construire pourraient être délivrés dès fin octobre. « Au final, c’est aussi un acte manqué pour la municipalité : il y avait tous les ingrédients pour faire un projet emblématique », regrette l’architecte. À Chaptal, la question n’est plus seulement de bâtir un quartier. Mais de savoir avec qui.
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Marseille-Cassis poursuit son engagement écologique
Être plus responsable est devenu une obligation pour n’importe quelle course et Marseille – Cassis ne fait pas exception. Ces dernières années, l’épreuve a évolué pour garantir un respect de l’environnement plus strict. Dossards recyclables, ramassage et tri des déchets, sensibilisation auprès des coureurs, transports alternatifs privilégiés et gestion de l’eau font parties des engagements pris par l’organisation.
« Le parcours iconique de Marseille-Cassis traverse notamment le Parc national des Calanques sur près de 12 km, offrant aux coureurs un sublime décor entre mer et garrigue. Ce cadre unique contribue depuis près d’un demi-siècle à l’image de la course et participe à sa renommée », pointe l’organisation, sachant pertinemment que le lieu de la course rend celle-ci attractive.
Des postes de ravitaillement multiplesL’eau et sa distribution étant une question centrale dans une course comme Marseille-Cassis, l’organisation a encore amélioré son dispositif pour 2026. L’an passé, la nouveauté était la mise en place d’une rampe d’eau au 7e kilomètre, juste avant les pourcentages les plus forts du tracé. Cette mesure est reconduite à l’identique pour la 47e édition et une rampe similaire sera également posée dans la zone d’arrivée, pour ravitailler au plus vite les participants.
Trois autres points de ravitaillement sont prévus aux 5e, 10e et 15e kilomètres, avec des postes équipés de pistolets de distribution. Une innovation devant permettre de gâcher le moins possible d’eau, pour remplir les gourdes, flasques et autres gobelets réutilisables qui seront utilisés durant l’épreuve. Par ailleurs, 1 000 éco-cups seront remplies au préalable afin d’optimiser le ravitaillement des coureurs. Une flasque souple sera d’ailleurs remise à chaque personne, lors du retrait des dossards. Les organisateurs précisent : « Au ravitaillement de Luminy (5e kilomètre), un dispositif spécifique d’alimentation en eau du réseau urbain sera installé avec le concours de la Société des eaux de Marseille Métropole. Grâce au soutien de la Ville, les postes du col de la Gineste et de Bois Joli seront quant à eux alimentés par des citernes d’eau potable ». Une ambition écologique tout en permettant l’alimentation de l’ensemble des participants.
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Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse
« Avec la sécheresse, on ne sait pas du tout où on va. On a eu un hiver pluvieux, avec des arbres en forme ; et là, on se retrouve avec des olives toutes petites, qui tournent et deviennent noires » : Paolo Chabot, agriculteur agroécologique au moulin familial de Bonaventure, sur le plateau de Valensole, a subi de plein fouet les aléas climatiques cet été. « Le climat change trop, on n’arrive plus à faire de bons rendements de bonne qualité », regrette-t-il. Face à cette situation instable, il essaye de se diversifier et de miser sur des cultures moins vulnérables et sensibles au changement climatique. « Depuis deux ans, on essaye les oléagineux, comme le tournesol ; ou encore la moutarde », avec son père et son frère qui les a rejoints récemment sur la petite exploitation de 30 hectares. « On est assez peu à avoir la double casquette agriculteur et moulinier : il y a 10 moulins dans le 04, et que trois agriculteurs mouliniers », précise le producteur, qui a environ 800 clients agriculteurs.
Paolo Chabot « essaye de tout faire en agroécologie », ce que l’ingénieure agronome Brune de La Selle définit comme « produire avec plutôt que contre le vivant ». « Plutôt qu’éliminer les espèces qui nous dérangent, on essaye de comprendre comment elles peuvent nous être utiles », explique-t-elle. Cette approche se veut une alternative au système agro-industriel.
« Montrer que le bio peut être rémunérateur »Pour s’assurer d’avoir un revenu stable, l’agriculteur vend une partie de son huile d’olive à la start-up française Revoliva, qui propose à ses acheteurs un système de parrainage d’arbres et d’abonnement annuel. « On veut montrer que le bio peut être attractif, valorisant et rémunérateur », avance Daniel Bodenheimer Morales, qui a cofondé la marque Revoliva avec son ami d’enfance Fémi Faure. « On accompagne des fermes bio en France, en Espagne et en Italie. On peut doubler la rémunération en faisant du parrainage d’oliviers. La vente directe permet de mieux rémunérer les producteurs », affirme-t-il. La start-up, dont les bureaux sont à Paris, travaille aussi bien avec des particuliers qu’avec des chefs. Une quarantaine de restaurateurs parisiens se fournissent en huile d’olive chez eux. « Tout part d’un partenariat fort avec Paolo, qui est très engagé. On s’est compris en termes de valeurs », relate Daniel. « Chaque région a un pionnier », et Paolo est celui des Alpes-de-Haute-Provence.
Revoliva permet aux producteurs d’accéder au marché, ce qui est « extrêmement difficile » pour eux sans être accompagnés, avance le cofondateur. « Aujourd’hui, le producteur vend ses olives en vrac à bas prix, il est à la limite de la rentabilité. Les négociants qui achètent ont pour but d’augmenter leur marge, parce qu’après, ils revendent à un intermédiaire qui revend à un magasin. L’agriculteur, lui tout seul, ne peut pas organiser sa vente. Donc nous, l’utilité qu’on a pour l’agriculteur, c’est la commercialisation, la sécurisation de la vente », précise Daniel.
La France ne produit que 3 à 5% de l’huile d’olive qu’elle consomme, alors que l’Espagne produit près de la moitié de l’huile d’olive dans le monde. L’huile d’olive Revoliva est revendue uniquement sur le marché français.
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![[#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/19faa1eb6f9420b522d00a48c8c75615.jpg)
[#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?
Marina, 13 ans, en 4e au collège du pays de BanonPersonne ne s’en doute, mais je peux te dire que les mouches ont une très grande utilité dans la nature car elles recyclent la matière organique morte. Tu as remarqué que grâce à leur odorat très développé, elles sont attirées très vite par tout ce qui est très odorant : les crottes d’animaux, les cadavres, la viande, les fruits, etc. Chaque espèce de mouche (et il y en a des centaines de milliers) a son propre régime alimentaire.
Les adultes pondent dans la matière organique de minuscules œufs qui vont éclore sous la forme de vers (les asticots). Ces vers sont très voraces et ingèrent une quantité énorme de nourriture par rapport à leur taille. Ils transforment ainsi ce qui est mort en matière vivante. Ils sont comme les mouches adultes très très nombreux et constituent ainsi la base alimentaire de nombreux prédateurs (oiseaux, batraciens, petits reptiles, chauves-souris et une multitude d’insectes et araignées).
Les mouches sont donc indispensables au fonctionnement de la nature, par leur capacité à recycler la matière organique morte et en servant de garde-manger à d’innombrables animaux. Vive les mouches ! »
Jérôme ORGEAS Maître de conférences en écologie et entomologiste à Aix Marseille Université et à l’Imbe.
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La Fête de la science met les saveurs au menu
Cette année, la Fête de la science titille les papilles avec le thème « Saveurs savantes ». Pas moins de 917 actions sont prévues dans 109 communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Insolite ? Pas vraiment. « L’alimentation est au cœur d’importants enjeux de santé publique et soulève des questions environnementales majeures, de la résilience des systèmes agricoles à la préservation de la biodiversité », rappellent les organisateurs lors de la présentation de cette 35e édition. En biologie, en physique-chimie, en sciences humaines et sociales, en écologie ou encore en santé, à travers l’approche globale « One Health », l’alimentation est explorée sous toutes ses dimensions : santé publique, environnement, biodiversité, mais aussi résilience des systèmes alimentaires.
Diffuser la culture scientifiqueVendredi, les scolaires ont pu se précipiter avec avidité vers les premières installations, parcours et visites. Tout au long du week-end, les villages ouvrent tour à tour leurs portes à des familles toujours plus nombreuses à venir découvrir la science. Populaire et gratuite, cette grande fête favorise le partage des savoirs entre citoyens et scientifiques.
à Marseille, l’association Les Petits débrouillards est la cheville ouvrière du Festival des sciences, organisé du 10 au 12 octobre, sur l’esplanade Bargemon (2e). « La culture scientifique et technique est plus que jamais un outil de lutte contre la désinformation. Mais aussi une fête pour (re)découvrir les plaisirs de l’expérimentation dans des domaines nombreux », explique Solène Merer la directrice de l’association en Région.
Et de poursuivre : « Notre enjeu à nous, Petits débrouillards, est de maintenir une mobilisation importante sur ce temps fort, malgré des financements en baisse, en général pour les porteurs, et couvrir au maximum le territoire régional pour que tous les publics puissent avoir des propositions. »
Pour continuer à attirer un public toujours plus nombreux, il faut renouveler la programmation, mais aussi accompagner les chercheurs vers de nouveaux formats de médiation, plus ludiques et accessibles. « Escape game, jeux de rôle, spectacles, projections, dégustations, expérimentations… sont au menu de cette édition » conclut Solène Merer.
Informations et programme complet sur fetedelascience.fr
« Un outil
de lutte
contre la désinformation » -

À Oraison, le projet de centrale photovoltaïque avance contre vents et marées
Le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), a reconnu lundi avoir « commis une erreur » en décidant, seul, le huis clos du conseil municipal, sans le mettre au vote, ce qui est pourtant obligatoire selon le Code général des collectivités territoriales. Les délibérations votées après l’exclusion du public et de la presse pourraient ainsi être irrégulières, et devront être à nouveau examinées par le conseil.
Les militants du collectif contre les centrales photovoltaïques ont dénoncé lundi « un déni de démocratie ». Ils avaient appelé à manifester contre le projet d’implantation d’une centrale solaire pendant la séance et étaient venus munis de pancartes. La délibération contre laquelle ils protestaient, modifiant le PLU pour permettre l’implantation de cette centrale, sera donc à nouveau votée, mais « des mesures seront prises », les pancartes seront interdites et le public sera « filtré », a annoncé lundi le maire. Les militants du collectif Elzéard Lure en Résistance ont promis d’être à ce rendez-vous, dont la date n’est pas encore connue. « Chaque personne qui manifestera quelque chose sera de fait exclue de la salle », a prévenu l’édile. Les délibérations adoptées à huis clos seront annulées et remplacées.
En deuxième partie de sa conférence de presse, retransmise en direct sur Facebook « pour être sûr que l’information se diffuse le mieux possible », Benoît Gauvan a défendu « l’intérêt général » de ce projet de centrale photovoltaïque, affirmant avoir examiné toutes les possibilités.
« On efface la dette de la commune avec cet argent »La mairie avait publié un appel à manifestation d’intérêt à destination des entreprises intéressées pour installer des panneaux photovoltaïques sur des surfaces construites comme des toitures ou des parkings, mais cet appel a été « infructueux », a expliqué le maire. « Aujourd’hui, un porteur de projet photovoltaïque, ça ne l’intéresse pas de mettre des panneaux photovoltaïques sur des toitures existantes, parce que 9 fois sur 10, il y a un problème de structure du bâtiment, et donc un problème de coût de l’installation », a-t-il expliqué. La mairie avait par exemple voulu installer des panneaux sur le toit du gymnase, mais, « si on veut faire en sorte que la toiture supporte les panneaux photovoltaïques, il faut revoir la structure complète du bâtiment ». « On arrivait à même pas 3 hectares si on couvrait les bâtiments communaux. Pour un opérateur, c’est largement insuffisant en matière de rentabilité, de production énergétique », a justifié Benoît Gauvan.
Les premières délibérations concernant ce projet de centrale solaire contesté au Bois Saint-Martin datent de 2019, a rappelé l’édile. « La puissance de ce parc, c’est à peu près la consommation électrique de 12 000 foyers, donc le double d’Oraison », a-t-il affirmé. « L’économie de carbone calculée avec la production d’électricité du parc, sur les 30 ans d’exploitation, c’est 60 000 allers-retours Aix-Marseille avec un véhicule diesel », a martelé Benoît Gauvan.
Le terrain sur lequel le parc doit être construit appartient à la commune, qui a signé une promesse de bail et toucherait donc un loyer de 500 000 euros par an. « On efface quasiment la dette de la commune avec cette somme d’argent », a avancé le maire. S’il met en avant le fait que le parc « va créer des zones coupe-feu » dans la forêt, les militants du collectif Elzéard Lure en Résistance craignent de potentiels incendies provoqués par la centrale. « Les panneaux montent à 85 degrés l’été » et les centrales peuvent « prendre feu et embraser la forêt », ont-ils affirmé, rassemblés devant la mairie, déplorant une « destruction de la biodiversité ».
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![[Week-end] Ce signal qui précède souvent l’effondrement d’un stock de pêche](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/9915144c136a41269d56d8d244425e59.jpg)
[Week-end] Ce signal qui précède souvent l’effondrement d’un stock de pêche
La morue du nord-ouest de l’Atlantique est un cas emblématique : après des années de pêche miraculeuse au large du Canada, les stocks s’effondrent dans les années 1970-1980. D’autres cas similaires sont bien documentés : l’anchois du Pérou ou le thon rouge à l’ouest de l’Atlantique, par exemple. « Mais nous manquions d’une cartographie globale de ces événements », indique Mathieu Pélissié, ancien doctorant à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier qui a développé pendant sa thèse une méthode statistique pour détecter ces changements brutaux.
Sont-ils communs ? Où se produisent-il ? Quelles en sont les causes ? Dans un article paru dans Science Advances, le chercheur, aujourd’hui à l’Université de Padoue (Italie), apporte des réponses en montrant que des changements brutaux de productivité se sont produits dans au moins un quart des stocks de poissons entre 1950 et 2020. « C’est sans doute sous-estimé, avertit-il. Et c’est légèrement plus souvent des déclins que des augmentations ». La productivité s’entend comme le taux de croissance d’un stock de poissons en l’absence de pêche. Un déclin abrupt de productivité est donc différent d’un effondrement de stock, défini comme le franchissement d’un seuil minimal en-dessous duquel une population n’est plus assez nombreuse pour survivre.
Effet de la température ?
L’étude montre que parmi les stocks qui se sont effondrés, un quart avait été précédé par un déclin abrupt de la productivité. « Cette part monte à presque 50% si on considère des déclins pas forcément abrupts, ajoute le chercheur. Cela pourrait indiquer un risque que les stocks s’effondrent dans les années à venir ». Alors qu’aujourd’hui des mesures de régulation sont prises presque uniquement à partir du moment où des seuils critiques sont atteints. Sachant que les chutes brutales de productivité ont lieu en moyenne douze ans avant l’effondrement du stock. « Cela peut être vingt ou cinq ans avant », précise le chercheur. Ce qui peut laisser du temps pour prendre des mesures.
Pourvu que la productivité soit suivie de manière régulière. « Tous les ans, idéalement », estime Mathieu Pélissié. Et pas uniquement via les captures par les pêcheurs. « Ils tendent à cibler les endroits où il y a le plus de poissons, souligne le chercheur. Cela peut donner une vision biaisée et surestimée de l’état des populations. » Un suivi correct nécessiterait d’observer l’état des populations régulièrement et toujours aux mêmes endroits, sans chercher nécessairement les meilleurs.
Pour ce qui est des déclins abrupts de productivité, ils se produisent plutôt là où l’océan se réchauffe vite : au nord-ouest de l’Atlantique, en mer Baltique et en mer du Nord, notamment. De là à établir une relation de causalité, il faut être prudent. « Cela reste une forte corrélation », nuance le chercheur. Mais c’est peut-être là qu’il faut être plus attentif.
REPÈRES
315
C’est le nombre de séries temporelles sur lesquelles se base l’étude citée ci-contre. Issus d’une base de données en ligne, ces suivis de captures et de stocks de poissons ont permis de calculer l’évolution de la productivité – le taux de croissance de ces stocks en l’absence de pêche. Ces suivis devaient courir sur au moins 25 ans pour être pris en compte.
Gadiformes
Ces poissons sont ceux qui ont subi le plus de déclins abrupts de productivité entre 1950 et 2020, selon l’étude citée ci-contre. Cet ordre est celui de la morue et du merlu. Celui des clupéiformes – qui comprend le hareng, l’anchois, la sardine – a été aussi très touché.
1992
C’est la date à laquelle le Canada a mis en place un moratoire – qui a pris fin en 2024 – sur la pêche à la morue après l’effondrement des stocks au nord-ouest de l’Atlantique en raison de la surpêche.

