Tag: écologie

  • Hommage à Jean-Claude Cheinet et ses combats

    Hommage à Jean-Claude Cheinet et ses combats

    « C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition de notre camarade », déclare la fédération du Parti communiste français des Bouches-du-Rhône, ce dimanche. « Communiste engagé de longue date, géographe, ancien adjoint au maire de Martigues dès 1989, Jean-Claude aura consacré une grande partie de sa vie au service de l’intérêt général, de son territoire et des combats qu’il portait avec conviction », rappelle-t-elle.

    L’écologie avant l’heure

    « Ce militant infatigable des questions environnementales, membre de la commission nationale Écologie du PCF, aura beaucoup œuvré pour faire avancer une écologie populaire, indissociable à ses yeux des enjeux sociaux et industriels », notamment dans le pays de Martigues où se retrouvent tant d’enjeux, entre industries, habitants et travailleurs du pourtour de l’étang de Berre. Il fut également l’un des fondateurs du MNLE.

    « Jean-Claude était de ceux qui ont contribué, bien avant que l’urgence écologique ne s’impose dans le débat public, à faire vivre ces combats au sein de notre parti », souligne la fédération qui « perd un camarade précieux et profondément engagé ». Et d’adresser ses pensées les plus fraternelles à sa famille, ses proches et ses camarades, « qui ont partagé ses combats ». La Marseillaise tient à adresser aux proches de ce grand ami du journal ses condoléances attristées.

  • [Sénatoriales] LFI joue la carte de la rupture dans le Gard

    [Sénatoriales] LFI joue la carte de la rupture dans le Gard

    Faute de Jardins de la Fontaine, refusés pour l’occasion, c’est dans la pénombre du Café Olive que LFI a lancé le 25 août sa campagne sénatoriale. Mais dans les mots, aucun clair-obscur. « Avec le PS, plus rien n’est possible », tranche Charles Ménard, coordinateur départemental du mouvement. Après la Nupes et le Nouveau Front populaire, les insoumis assurent avoir encore « tendu la main ». Sans succès. Le PCF a choisi la liste conduite par le socialiste Denis Bouad. Charles Ménard fustige ainsi une « vieille gauche institutionnelle » soucieuse, selon lui, avant tout de « se maintenir ».

    La liste insoumise sera donc menée par Jean-Baptiste Thibaud, adjoint au maire du Vigan, ancien chercheur au CNRS et ingénieur agronome. À ses côtés : Marie-Pierre Vaselli, Xavier Segura, Audrey Bonnet et Christophe Clément. « Je n’ai pas une ambition politique dévorante », assure la tête de liste, mais la volonté de porter « un vrai projet politique de gauche », avec l’écologie comme « axe central ».

    Une campagne

    qui dépasse le Sénat

    Au programme : davantage de moyens pour les communes, les services publics, le Sdis et l’ONF, lutte contre les déserts médicaux, gestion publique de l’eau ou encore abrogation de la retraite à 64 ans. LFI veut aussi revoir le ZAN pour ne pas pénaliser les petites communes.

    Mais le fond programmatique est vite rattrapé par la bataille interne à la gauche. Jean-Baptiste Thibaud accuse le PS de « sauver les gouvernements successifs » et de voter des mesures « antisociales ». Marie-Pierre Vaselli va plus loin : « Ils ne sont plus à gauche, et même à droite, voire un peu plus à droite que ça. »

    Dans un scrutin où LFI reconnaît elle-même partir avec peu de grands électeurs, la candidature semble donc aussi servir un autre objectif : affirmer sa place dans le paysage politique gardois. Mais à force de concentrer les coups sur le PS et ses anciens partenaires, une question affleure déjà au-delà des sénatoriales : à l’approche de la présidentielle de 2027, la gauche peut-elle se permettre de se tromper d’ennemi ? Alors que l’extrême droite continue de progresser dans le Gard comme ailleurs, la stratégie de la rupture permanente pourrait finir par peser bien plus lourd que le seul résultat du 27 septembre.

  • Quarante familles réussissent le défi de l’alimentation durable

    Quarante familles réussissent le défi de l’alimentation durable

    Si elles étaient cinquante sur la ligne de départ fin novembre, quarante familles ont finalement suivi l’aventure jusqu’au début de l’été. Ce sont les chiffres encourageants que présente la Communauté de Communes de Serre-Ponçon, qui a lancé en fin d’année 2025 des « défis déchets alimentation ». Cuisiner « zéro déchets », remplacer la viande par des protéines végétales… Chaque mois, un nouveau défi et des ateliers pour aider à les relever étaient proposés aux familles participantes. C’est l’association Gap Sciences et Animations qui s’est chargée du volet réduction des déchets, tandis que l’association Solidarités et Environnement menait les ateliers pour adopter une alimentation plus saine, de saison et locale sans augmenter son budget.

    « Il y a beaucoup de choses très simples qu’on peut faire, sans se rajouter beaucoup d’efforts ou de charge mentale en plus », constate Justine, Embrunaise, qui a participé aux défis de réduction des déchets avec ses deux enfants, de cinq et neuf ans, qui ont fabriqué leur éponge réutilisable pour remplacer celles en plastique. « Maintenant, avec les magasins où il y a du vrac il y a des produits comme les cosmétiques, qui sont faciles à récupérer avec ses contenants, plutôt qu’acheter puis jeter le tube de dentifrice, le stick de déodorant, le shampooing, le liquide vaisselle ou la lessive… », affirme-t-elle.

    Des efforts moindres

    que ce que l’on pense

    Pour aider les participants à consommer localement, le programme a organisé des visites chez les agriculteurs, comme à la ferme des Têtes rousses à Réallon, ferme d’altitude de brebis laitières. « Ça permet aussi de se rendre compte qu’on a tout à portée de main, surtout nous dans notre région où l’on ne manque pas de producteurs. Et je trouve que ce n’est pas non plus super compliqué à mettre en place. Surtout qu’en circuit court, avant, on était obligés d’aller chez chaque producteur. Maintenant, il y a des associations comme le panier Embrunais, qui regroupe tout en une seule commande », note Audrey, habitante des Orres qui a relevé tous les défis d’alimentation.

    « Si la plupart des familles participantes étaient déjà assez sensibles à ces sujets, le fait de pouvoir impliquer toute la famille, de venir avec ses enfants, a créé un bel engouement, commente l’une des techniciennes de la communauté de communes en charge du projet. Les recettes partagées par exemple, ont été très appréciées et reprises par les gens chez eux. Sur l’autre volet également, on a constaté une nette réduction des poids de déchets au fil des pesées. » L’équipe organisatrice prépare désormais une nouvelle session pour 2027, mais sur une période plus réduite, pour faciliter le suivi de tous les ateliers de bout en bout.

  • Le Parc national des Écrins, entre loups et bergers

    Le Parc national des Écrins, entre loups et bergers

    Ce mardi et ce mercredi, le Parc National des Écrins diffuse le dernier film de Jean-Michel Bertrand, Vivre avec les loups, dans lequel le cinéaste emmène le public à la rencontre d’éleveurs et de bergers confrontés au prédateur. La séance, qui se déroule au centre du Parc au Monêtier-les-Bains, est suivie d’un temps de discussion entre le public un garde-moniteur du Parc. « Le dernier film de Jean-Michel Bertrand est plus axé sur les incidences du retour du loup sur l’activité dans les vallées, et il aborde les conséquences pour les éleveurs, c’est un film qui traite de cette coexistence », explique Pierre Bouvet, chargé de mission au Parc National des Écrins. « Nous sommes à l’interface entre les deux mondes, d’où le fait de faire des projections pour informer et sensibiliser les gens sur la présence du loup et aussi et surtout sur les incidences liées à la présence pastorale. »

    Une mission parfois difficile à expliquer alors que la prédation du loup sur les troupeaux suscite de plus en plus la colère d’éleveurs qui voient dans cette nouvelle contrainte une menace pour l’avenir du pastoralisme. « Le rôle du Parc c’est la protection et la conservation de la biodiversité, dont le loup fait partie, explique Pierre Bouvet. En revanche, c’est une espèce qui est aussi très compliquée à vivre pour le monde de l’élevage, et le Parc est très attaché à cette culture du pastoralisme, qui entretient et façonne les paysages et qui constitue une grande part de l’identité du Parc quand même. »

    Si le Parc n’intervient pas dans la politique du loup, décidée au niveau de l’État, il participe aux prospections de terrain pour déterminer les effectifs de l’animal sur le territoire français, estimés à environ 1 100 individus. En parallèle, les agents coopèrent aussi tout au long de l’année avec les éleveurs, en leur communiquant les indices de présence du canidé, en recrutant chaque été des bergers d’appui pour aider à surveiller les troupeaux et en aidant les communes pour installer des cabanes d’alpage qui permettent aux éleveurs de rester près de leur cheptel en estive. « Il y a plus de 115 000 moutons sur le Parc, où les alpages représentent environ 40% du territoire. C’est un milieu incontournable pour nous. Ça étonne parfois les gens qui pensent souvent que le Parc est un espace sanctuarisé sans activité humaine, ce n’est pas du tout le cas », rappelle Pierre Bouvet.

    Vingt ans après, la coexistence reste un enjeu

    Reste qu’avec près de 350 constats d’attaques de troupeaux pour plus de 800 victimes en 2025 selon la Chambre d’agriculture, la cohabitation n’est pas sans heurts. Même s’il reconnaît que le loup reste « une menace et une pression constantes pour les éleveurs », pour Pierre Bouvet, ce travail d’adaptation entre loup et pastoralisme fonctionne mieux qu’on ne le croit : « Depuis plus de vingt ans que le loup est revenu dans les Hautes-Alpes, même s’il y a des tensions, en réalité il y a du progrès. On dit souvent que la prédation explose en France mais en fait non. Elle augmente dans les nouvelles régions où le loup revient, là où l’on redécouvre ce sujet et où l’on a plus les moyens de protection, alors que dans les Alpes elle est plutôt stable ».

    Projection « Vivre avec les loups » le 26 août de 16h à 17h30 au centre d’accueil du Parc national des Écrins, col du Lautaret, 05220 Le Monêtier-les-Bains.

  • Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Mesurer la température du Buech en le survolant. C’est l’opération de « cartographie thermique infrarouge », qu’ont réalisée, en juillet, les techniciens du Département et de l’entreprise Scimabio, bureau d’experts pour la conservation de la biodiversité aquatique. « Ça consiste à emporter une caméra thermique et un appareil photo numérique dans un ULM (engin aérien motorisé ultraléger), et de réaliser une acquisition d’images en suivant le cours d’eau, en général entre 300 et 500 m d’altitude », explique Arnaud Caudron, cofondateur de Scimabio. Le système infrarouge offre une précision à 0,3 degré, et la résolution d’image est à un pixel tous les 20 à 30 cm de rivière. En parallèle, des sondes thermiques sont placées dans la rivière pendant le survol, afin de comparer les deux sources de données et améliorer la précision des relevés. La finalité est d’identifier les variations de température de la rivière pour mieux préserver les milieux aquatiques.

    « Ça permet d’établir une gamme générale de la température de la rivière et de dégager des anomalies thermiques. Soit des réchauffements, des effets de seuil liés à des plans d’eau, l’eau stagne à cause d’un barrage par exemple, ou des rejets d’eau chaude, comme ceux d’une centrale électrique par exemple, détaille Arnaud Caudron. À l’inverse, on va voir les anomalies d’eau froide qui apparaissent dans la rivière, plutôt d’origine géologique, des affluents froids, des résurgences, des adoux, des sources… Ça permet de définir des zones où on a encore des apports d’eau froide important dans ces périodes de canicule pour la sauvegarde de la faune aquatique. » Des zones refuges pour la truite par exemple, très dépendante de la température.

    Établir des zones refuges pour la biodiversité

    Scimabio réalise ce type de diagnostics depuis près de cinq ans, et totalise une quinzaine de projets de ce type, pour 1 000 km de rivière diagnostiqués. « On voit beaucoup de choses qui peuvent être réglées en termes de réchauffement, affirme Arnaud Caudron. Car, souvent, les zones de réchauffement qu’on voit sur les rivières sont dues à des impacts locaux, comme des barrages, des stagnations d’eau liées à des seuils, des rejets d’eau chaude ou des débits réservés. Quand il y a une usine électrique, par exemple, l’eau est dérivée, et la partie où la rivière a moins d’eau se réchauffe. »

    Si le Département n’a pas de compétence d’action sur ce domaine, cette opération permet de produire des données pour les acteurs de la gestion des milieux aquatiques, comme les syndicats de gestion, les services de l’État comme l’Office National de la Biodiversité. « Ce relevé thermique permet aussi de comprendre tous les échanges entre les écoulements de la rivière et les eaux souterraines, voir là où l’eau s’infiltre et là où elle revient. S’il y a un endroit où on voit qu’il y a une arrivée d’eau fraîche en berge alors c’est un endroit qu’il va falloir préserver, il ne va pas falloir faire un enrochement bétonné par exemple. », Explique, Pascal Krieg-Rabeski, technicien au service Eau du Département. Si l’opération de survol ne prend qu’une heure, le traitement des données, lui, va nécessiter six à huit mois de travail.

  • Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Parcourir en un mois 1 500 km parcourus dont 45 000m de dénivelé positifs. C’est une aventure aux airs d’épopée dans laquelle s’est lancé le 19 août un petit groupe mêlant Mélanie Corthay, guide de haute montagne, Aurélie Gonin, réalisatrice de documentaire et un couple de cyclistes, Nathalie et Fabien Monnier, qui ont dessiné le parcours à vélo. À leur tête, Loubna Freih, sportive de haute montagne, est à l’initiative de cette « Alpine Quest II », après une première édition effectuée en mars 2025. « Pour le premier jour, on est arrivés au pied du glacier blanc, raconte Loubna Freih depuis le refuge du Pré de Madame Carle. On va traverser tout l’arc alpin jusqu’en Slovénie, à travers la France, l’Italie et la Suisse, en vélo. L’idée est de connecter des glaciers importants pour raconter et documenter ce que vont devenir les Alpes après les glaciers ».

    L’expédition ira à la rencontre d’une dizaine de scientifiques français, suisses et italiens et traversera une quinzaine de glaciers, en passant notamment par celui d’Aletsch, en Suisse, le plus grand d’Europe centrale. « On prélève des eaux à l’embouchure de chaque glacier, pour récupérer l’eau profonde du glacier, pas de la neige en surface. Les prélèvements sont ensuite envoyés au CNRS de Nancy avec l’aide de Cluster Eau, une association basée à Évian », détaille Loubna Freih. On travaille aussi avec un géobiologiste qui nous parle de la flore et des changements dans ce qu’on appelle les marges des glaciers. C’est là où le glacier se retire et c’est une zone très intéressante pour la science pour comprendre ce que laisse le glacier, ce qui disparaît, mais aussi ce qui vient à la place ».

    Agir, que l’on soit sportif ou scientifique

    Alors que la moyenne de la température mondiale a augmenté d’1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle, ce chiffre est multiplié par deux dans les Alpes, où la fonte des glaciers s’accélère. Pour ces athlètes de montagne, aux premières loges du bouleversement, agir est vital. « À Verbier, en Suisse, où je vis, on a eu une première canicule à la fin du printemps, puis une deuxième, une troisième et on vient de finir la quatrième, témoigne Loubna. Je vois les massifs du Grand et du Petit Combin changer sous mes yeux. Je ne peux pas rester sur mon balcon à regarder ». Comme pour la première, le but d’Alpine Quest 2 est de produire un documentaire pour toucher le grand public. « L’idée est d’aller voir avec nos jambes puis d’en faire une narration, de raconter une histoire basée sur la science mais aussi sur ce qu’on vit et ce qu’on voit », conclut Loubna.

  • Le Modef célèbre à Laragne- Montéglin ce week-end l’agriculture paysanne et familiale

    Le Modef célèbre à Laragne- Montéglin ce week-end l’agriculture paysanne et familiale

    Ce samedi après-midi, le syndicat organise pour la première fois une fête paysanne dans les Hautes-Alpes. L’évènement est organisé au 60 Île d’Oriane, à Laragne-Montéglin, sur l’exploitation de Lucie Illy, arboricultrice, productrice de pommes bio. Au programme, un marché paysan, une buvette puis à partir de 19h, des repas paysans sont proposés à la vente. Mais la principale animation sera surtout le débat ouvert au public autour de la question : « Face à la disparition de notre agriculture, que mangerons-nous demain ? » Un questionnement au cœur des revendications porté par le Modef, syndicat certes mineur derrière les grandes organisations agricoles françaises, mais qui cherche à faire connaître sa ligne de défense des petits exploitants et du monde paysan.

    Promouvoir une agriculture paysanne

    « Le but c’est d’échanger avec les gens. On se rend compte que la société civile a souvent une vision de l’agriculture qui ne correspond pas à ce que nous, on vit tous les jours, pose Christian Reynaud, président du Modef 05. On veut savoir ce que pensent les gens de l’agriculture et dans quel sens ils veulent l’emmener, s’ils sont plutôt pour une agriculture industrielle avec des aliments à bas coûts ou une agriculture comme celle que l’on défend, c’est-à-dire familiale, à taille humaine. On est ouverts, on peut tout entendre, on est là pour partager. »

    Le Modef, fondé en 1959 et héritier des idées politiques du Conseil National de la Résistance, défend historiquement les petites et moyennes exploitations familiales, face notamment à l’essor des grandes exploitations agro-industrielles dans le paysage rural français, où peu à peu s’effacent les familles paysannes. « On a de plus petits modèles, familiaux, mais comme je dis toujours, ce n’est pas parce qu’on est petits, qu’on a pas de grandes idées, déclare Christian Reynaud. On promeut un modèle à taille humaine parce qu’on considère qu’il est plus adapté à notre territoire. Et on pense que la société civile a aussi de plus en plus envie d’avoir affaire à une agriculture comme celle-là plutôt qu’une agriculture totalement industrielle. »

  • Le nombre d’incendies flambe dans les décharges de la région Sud

    Le nombre d’incendies flambe dans les décharges de la région Sud

    Ce samedi 14 juin 2025, ils sont 170 sapeurs-pompiers à intervenir sur l’incendie qui frappe l’entreprise Spur Environnement, filiale du groupe Veolia, à Rognac. Le feu s’est déclaré à 19h30 dans un hangar de ce site classé Seveso seuil haut, et lorsqu’il est éteint, 70% du site où étaient stockées 950 tonnes de pots de peinture, solvants et aérosols sont détruits. Cinq blessés sont à déplorer, les eaux d’extinction débordent dans l’étang de Berre : baignade, pêches et activités nautiques sont interdites pendant dix jours. L’incendie doit être déclaré comme accident majeur à la Commission européenne.

    Pour exceptionnel qu’il est, il s’inscrit dans une hausse inquiétante des feux qui touchent les installations de gestion des déchets, dans la région comme dans le reste du pays. Dans son bilan de l’inspection des installations classées publié au mois de juillet, le ministère de la Transition écologique s’inquiète de la situation dans les centres de gestion des déchets non dangereux : « Le nombre d’incendies enregistrés a augmenté de 55% depuis 2024. Il est à son plus haut niveau enregistré ».

    Failles de sécurité

    En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 32 incendies ont été déclarés au Bureau d’analyse des risques et des pollutions industrielles (Barpi) en 2025 sur l’ensemble des installations de gestion des déchets. Un record : ils sont trois fois plus nombreux qu’en 2024 (11 incendies). Parmi ces sinistres, la préfecture de région comptabilise 12 incendies dans des centres de gestion de déchets non dangereux en 2025, contre 8 l’année précédente. On y retrouve aussi des feux dans des casses automobiles, parfois suspectés d’être d’origine criminelle comme celui qui a détruit 200 véhicules hors d’usage à Vedène (Vaucluse), le 25 novembre dernier. À Cabasse dans le Var, les flammes frappent à trois reprises en trois semaines la plateforme de compostage de Valéor (groupe Pizzorno). Le 8 juillet 2025, c’est l’incendie de l’Estaque qui touche deux hangars et le bâtiment administratif du centre de tri Suez aux Pennes-Mirabeau.

    « Le constat d’augmentation de l’accidentologie dans les installations de traitement et stockage de déchets est un sujet bien identifié par le ministère en charge de la Transition écologique et suivi au niveau national comme local », assure la préfecture de région. Certes, ces accidents sont désormais mieux déclarés. Mais les services de l’État reconnaissent ne pouvoir « tirer à ce stade de conclusion de cause à effet statistiquement établie ». Les rapports publiés par le Bureau d’analyse des risques et des pollutions industrielles pointent les déchets mal triés avec des bouts de verre ou d’acier, qui peuvent provoquer des surchauffes, des batteries au lithium qui prennent feu… Mais la sécurité des sites est aussi mise en question. Touchée par un sinistre le 2 août 2025, la plateforme de compostage d’Agrosylva à Saint-Julien (Var) n’avait pas de plan de défense incendie. À Rognac, c’est le mélange accidentel de deux produits phytosanitaires qui est à l’origine du feu. Mais le rapport d’enquête publié au mois d’avril dernier pointe les défaillances en cascade qui l’ont transformé en catastrophe, avec l’absence de murs coupe-feu, la défaillance du système automatique d’extinction, l’alerte donnée seulement plusieurs heures après les premières fumées. Le site avait pourtant déjà été touché par des incendies.

    « Un programme national d’action a été déployé », explique la préfecture, décliné en quatre arrêtés ministériels en 2024 et 2025, tandis que l’inspection des installations classées réalise les contrôles sur le terrain. Avec « une attention toute particulière » en 2026 promet le bilan du ministère. À Marseille, un site de transit de déchets verts avait ainsi fermé en 2025 après une mise en demeure .

  • [C’est l’été] Un festival de théâtre s’invite dans les jardins marseillais

    [C’est l’été] Un festival de théâtre s’invite dans les jardins marseillais

    « Bravo ! », s’exclament les spectateurs à la fin de la pièce de théâtre Impeccable, jouée au square Albrecht, ce lundi, à l’occasion de la sixième édition du festival Avant le soir. L’unique personnage du spectacle, Viktor, interprété par le comédien Mathieu Tanguy, quitte la scène sous les applaudissements du public. « Ça m’a vraiment plu, j’ai pleuré à la fin. On a envie de lui demander si c’est son histoire », s’émeut Séverine, 53 ans, habituée du festival. Organisé par la mairie des 1er et 7e arrondissements dans le cadre de l’Été marseillais, ce festival propose trente spectacles gratuits, depuis le 6 juillet et jusqu’au 28 août. Avec une petite particularité : les représentations prennent place dans les squares et jardins des deux arrondissements. « L’idée est d’ouvrir le théâtre à tout le monde. Ça peut être un lieu qui intimide un peu et qui peut paraître très fermé. Avec ce festival, il suffit de pousser la porte de son square pour y avoir accès », explique Maëlle Charpin, responsable de l’accueil des spectateurs et des artistes du festival.

    Des comédiens locaux

    Avant le soir est piloté par la compagnie de théâtre marseillaise Didascalies & Co. Son fondateur et directeur, Renaud Marie Leblanc est derrière la programmation de la manifestation depuis sa création. Cette année, elle mêle théâtre, théâtre musical et conte théâtral. Les comédiens des dix spectacles, joués à trois reprises tout l’été, sont originaires de la région. Une volonté de l’organisation, qui souhaite faire connaître les artistes locaux aux Marseillais et touristes de passage. « On peut penser à une idée écologique du spectacle. On va souvent chercher des artistes qui viennent de loin. Alors qu’en réalité, ici, ça fourmille d’artistes. Il est bon de les connaître », assure Maëlle Charpin, qui fut chargée de diffusion dans la compagnie.

    Le festival existe depuis six étés. « Il y a des fidèles d’années en années. Je vois aussi des personnes qui reviennent chaque été et qui, pour certaines, n’allaient pas au théâtre avant d’aller à Avant le soir. Ce festival sert vraiment à décloisonner la culture », défend celle qui est aussi comédienne et metteuse en scène. Selon elle, il fait même naître une vocation chez certains spectateurs. De son côté, le comédien Matthieu Tanguy soutient lui aussi cette initiative. « Avec les difficultés que connaît le monde de la culture, ce festival est une vraie force ».

    Fanny Velay

  • [C’est l’été] Une série d’énigmes sensibilise les enfants à l’écologie à Marseille

    [C’est l’été] Une série d’énigmes sensibilise les enfants à l’écologie à Marseille

    « Je suis venue parce que c’était à côté de chez nous, je pensais pas rester longtemps mais mon fils s’éclate », rigole Pauline, dont le fils de 7 ans participe à un atelier. Les enfants, projetés en 2050, voient leur monde en danger, ils doivent libérer le gardien du parc en répondant à des énigmes. Cette activité, proposée par L’été marseillais dans différents parcs de la ville, sensibilise les enfants aux enjeux écologiques.

    « Le but était de reprendre les grands classiques de l’enfance et de demander à des collectifs d’artistes locaux de s’emparer du jeu de piste, et de le réviser à une sauce créative et accessible pour le public », explique Manon Bernard, chargée de production. Les enfants, répartis en groupes, vont d’ateliers en ateliers proposés par quatre artistes de la collective Panthera, guidés par un robot.

    Le premier atelier est tenu par Juliette, les enfants cherchent à identifier des odeurs ou à composer des formes avec du slime. Clara incarne un cafard qui a survécu à la destruction de la planète et s’amuse en tenant une kermesse avec ce qu’il a pu récupérer. Au bout du pont, Nicol, incarne « une fleur ». « Il y a un jeu de mémoire sur les aliments et les plantes, et pour les petits, ils recomposent une fleur à partir des couleurs ». « Ces activités ludiques permettent aux enfants d’avoir un rapport concret à la nature », ajoute Nicol.

    Équilibrer l’écosystème

    du parc

    Une fois les ateliers réalisés, les équipes récupèrent une clé USB pour avoir le dernier indice donné par le robot. « Il faut récupérer une carte au trésor », crie une petite fille en courant vers les buissons. Cette carte mène à un coffre dans lequel se cachent les éléments pour reconstituer le gardien du parc. « À quels éléments de la nature cela vous fait-il penser ? », demande le robot. « Au feu ! », « À l’eau ! », « À l’air ! », chaque enfant crie une réponse, ravi. Petit à petit, chaque équipe reconstitue le squelette du gardien. « Vous avez réussi ! », tonne le robot, la musique est lancée, les enfants hurlent de joie : ils ont libéré le gardien qui pourra équilibrer l’écosystème du parc.

    Gabrielle Cartellier