Tag: eau

  • Le réseau d’eau du Grand Avignon a besoin de travaux, mais le tuyau financier est à sec

    Le réseau d’eau du Grand Avignon a besoin de travaux, mais le tuyau financier est à sec

    Les élus du Grand Avignon sont confrontés à un dilemme : augmenter la part de fiscalité dans la facture d’eau pour continuer à investir dans un réseau qui en a bien besoin, ou ne pas taper au porte-monnaie des habitants mais réduire drastiquement les travaux. « Il va falloir faire des choix », résume prosaïquement Xavier Belleville, vice-président (LR) du Grand Avignon en charge des finances. Un sujet abordé, ce lundi soir en conseil communautaire, lors des projections budgétaires 2026.

    Pour l’heure, la proposition présentée se fonde sur la seconde option : maintenir en l’état « la redevance de notre surtaxe sur l’eau qui n’a pas bougé depuis 2018 », souligne Xavier Belleville. Année où est entré en vigueur le contrat eau avec le délégataire Suez (pour 8 des 16 communes) du Grand Avignon. Soulignons qu’en 2024, le taux d’impayés des factures est de 6%, « l’un des plus importants dans la région », s’alarme Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) du Grand Avignon délégué à l’eau potable et assainissement, en présentant le rapport annuel sur la qualité des services.

    En présence dans le public de membres du Collectif de l’eau, partisans d’une gestion publique, Patrick Sandevoir constate une baisse globale du taux de rendement – l’eau produite qui arrive bien au robinet – à 75,35% contre 77,17% en 2023, à cause « malheureusement d’une multitude de petites fuites ». 550 ont été réparées sur 1 260 km de réseau sondé. Sans livrer le chiffre 2024, le vice-président assure qu’une pénalité de 221 000 euros a été infligée au délégataire pour ces mauvais chiffres. Soit un tiers de moins (300 000 euros) que les pénalités réclamées par Suez aux usagers pour retard de paiements…

    L’état du réseau nécessite des investissements supplémentaires, alors que 16 millions d’euros ont été entrepris sur le mandat. Or, « nous faisons face à une difficulté structurelle avec une diminution constante de la consommation d’eau [-6,74% entre 2023 et 2024], ce dont on peut se féliciter, mais qui baisse nos recettes, l’inflation galopante des coûts de travaux et l’accélération des projets », décrypte le vice-président aux finances. Résultat, l’épargne nette fond. « Il n’est plus possible de poursuivre la même cadence d’investissements en gardant l’équilibre des budgets », estime-t-il. Le Grand Avignon s’apprête à sabrer dans les investissements sur l’eau potable : 1,9 million d’euros en 2026 puis 2 et 2,2 en 2027 et 2028, alors que les besoins prévus étaient respectivement de 3,1 millions d’euros, 4,5 et 4,8.

    « Une régie publique aurait permis beaucoup plus de souplesse, y compris pour fixer les tarifs et les investissements, la gestion en DSP n’est pas performante et on a encore la preuve cette année », revendique Julien De Benito, élu (PCF) d’Avignon. Alors que la DSP arrive à terme en 2028, ce sera l’un des premiers dossiers chauds de la prochaine mandature.

  • À Sète, le PCF veut irriguer la campagne de ses thèmes

    À Sète, le PCF veut irriguer la campagne de ses thèmes

    La tête de liste du collectif « Nouvelle Page » ne sera connue qu’à l’issue de la votation citoyenne du 11 octobre. Mais les communistes ont déjà débuté la campagne municipale.

    Les sections PCF de Sète, Frontignan, Balaruc, Mèze, Nord Bassin de Thau viennent de rédiger une lettre à destination de la population qui sera distribuée par les militants dans les prochaines semaines.

    Parmi les cinq grandes thématiques que les communistes du Bassin de Thau entendent placer au cœur de la campagne municipale, figure l’eau. Tandis que les contrats de délégation de service public arrivent à terme en 2026 ou 2027, le PCF milite pour un passage de l’or bleu en régie publique. « Les tarifs sont plus attractifs pour les usagers et cela permet de réinvestir l’argent dans l’entretien des réseaux plutôt que de rémunérer les actionnaires », argumente Jonathan Level, secrétaire de la section sétoise. François Liberti précise que des rencontres ont déjà eu lieu avec des maires ainsi que des réunions publiques à Mèze, Sète, Frontignan, Balaruc ou Montbazin. Selon l’ancien maire PCF de Sète, la privatisation de l’eau, bien commun, engendre des « errements » en matière de transparence et de facturation de l’ordre de +25%.

    Relier Sète à Mèze en bateau toute l’année

    Seconde proposition inspirée de Montpellier : la gratuité des transports en commun. « Il faut aussi revoir le plan de circulation sur l’agglo. Depuis la fusion, des quartiers sont mal desservis. Et pourquoi ne pas instaurer un transport en bateau sur l’étang pour relier Sète à Mèze toute l’année ? », illustre Jonathan Level. À contre-courant du très contesté parking souterrain de la place Aristide-Briand, le communiste milite pour des parkings de délestage aux entrées de ville avec navettes gratuites afin de « limiter les bouchons ». Une mesure qui va de pair avec un projet d’entrée Est « à repenser vers plus de foncier en faveur des activités économiques ». Enfin, le logement est identifié comme un point noir à Sète. Le secrétaire de section veut lutter contre la spéculation immobilière et pousser à la construction de « logements sociaux et d’habitats à prix accessibles à tous ».

  • Le Conseil Communautaire de Sud Sainte-Baume vote une aide sur l’eau

    Le Conseil Communautaire de Sud Sainte-Baume vote une aide sur l’eau

    C’était un effort attendu par l’ensemble des habitants de la communauté d’agglomération Sud Sainte-Baume, au sein de laquelle la colère était considérablement montée ces derniers mois, notamment du côté du Beausset où se sont tenues des réunions publiques houleuses durant l’été.

    Le conseil communautaire, réuni lundi, a voté une subvention aux CCAS des neuf communes, pour aider les personnes en difficulté, à payer leur facture d’eau. Suite au passage d’une régie communautaire à une délégation de service publique (DSP, gérée par Véolia au nord du territoire, et Suez au sud) au 1er janvier 2025, la facture de juillet comporte deux abonnements (1er janvier-30 juin et 1er juillet-31 décembre), et la grille de tarification a changé, occasionnant dans certains cas un doublement du montant de la facture. Les aides ont été allouées en fonction de la taille de la commune (de 13 449 euros à Sanary, à 1 472 euros pour Evenos), et seront réparties par les CCAS, en vertu du quotient familial des bénéficiaires.

    Nouvelle aide pour la dette du GP du Castellet

    Sud Sainte-Baume a aussi annoncé la mise en place d’un service de covoiturage à destination de ses citoyens. Depuis le 1er octobre, ceux-ci peuvent trouver des automobilistes effectuant les mêmes trajets quotidiens qu’eux via l’application Karos. Le conducteur perçoit une indemnité de 2 euros par trajet, sur laquelle l’agglo finance 1,50 euro, ce qui ramène le coût pour l’usager à 50 centimes. Un bon coup de pouce, quand on sait que deux tiers des salariés de la zone d’activités de Signes vivent hors du territoire. Sud Sainte Baume a budgété 12 450 euros pour une année, soit environ 8 300 trajets.

    Enfin, la communauté d’agglomération a également voté une seconde contribution au remboursement de la dette du GIP Grand Prix de France F1 du Castellet. Organisé de 2018 à 2022 après 26 ans d’absence, il reste endetté à hauteur de 12 millions d’euros (30 millions originellement). Le 31 mars dernier, Sud Sainte Baume avait proposé de procéder, via une délibération, à un premier versement 72 017 euros.

    Ce versement correspond à deux critères : la participation de Sud Sainte Baume dans le GIP (2,2%) et aux sommes remboursées par les autres partenaires (le département et la Métropole toulonnaise, qui participent à hauteur de 14,8%, ne s’étaient vus demander que 484 000 euros). Le Conseil d’Administration du GIP a déposé un recours pour faire annuler cette délibération, demandant à ce que l’Agglo verse 750 000 euros. Aujourd’hui, même si le recours n’a pas été retiré, il est demandé un second versement fixé à 183 880 euros, « ce qui correspond à notre participation à due proportion, puisqu’il est demandé au département et à la métropole 1 236 113 euros » se satisfait le président de Sud Sainte-Baume Jean-Paul Joseph.

  • #DisMoiPourquoi doit-on boire ?

    #DisMoiPourquoi doit-on boire ?

    La réponse est simple : notre corps élimine 2 à 3 litres d’eau par jour, il faut donc boire pour remplacer une quantité équivalente, mais on trouve aussi un apport d’eau dans nos aliments. Si on ne boit pas ou pas assez notre corps se déshydrate (comme une plante qu’on oublie d’arroser !). Le corps humain est fait à 60% d’eau répartie en proportion variable dans nos organes, quelques % dans les dents jusqu’à 80-90% dans nos 5 litres de sang ou dans le cerveau. L’essentiel de l’eau est contenu à l’intérieur de nos cellules. Nous éliminons des quantités importantes d’eau par trois mécanismes principaux : la respiration -les échanges gazeux au niveau des poumons font que nous rejetons de la vapeur d’eau (on voit le nuage de vapeur d’eau lorsqu’il fait froid), – la transpiration par la peau (notre peau « respire ») et, enfin, – la production d’urine. »

    Bernard Binetruy. Directeur de recherche émérite à l’Inserm.

  • Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Derrière la grue qui a pris place depuis quelques semaines rue Saint-pierre, élus de la ville de Marseille et promoteurs se sont réunis ce vendredi pour poser la première pierre symbolique de la résidence Op’timone. Dans 15 mois, c’est au croisement de cette rue et de la rue Crillon que devrait s’élever cette nouvelle résidence sociale pour étudiants.

    « Ce projet répond à un vrai besoin de logements étudiant. On sait qu’en France certains étudiants changent d’orientation ou abandonnent leurs études à cause de difficultés à se loger », insiste Jean-Philippe Trede, directeur général de Fac Habitat. Ce sont donc 87 logements qui devraient sortir de terre dans ce quartier où la demande est forte avec notamment la faculté de médecine à quelques centaines de mètres. La résidence proposera des studios ou des T2 avec ou sans balcons et sera pourvue d’un jardin, une laverie, une chaufferie et d’espaces communs. Le rez-de-chaussée devrait être occupé par des commerces.

    Un terrain qui n’a pas été choisi au hasard. « La rue Saint-Pierre est importante dans la vie étudiante, puisqu’elle relie la plaine à la Timone, affirme Didier Jau, maire (EELV) du secteur 4/5. C’est dans cette vie étudiante foisonnante que va s’inscrire cette résidence. » Un projet qui accompagne la transformation de la rue Saint-Pierre promise pour 2027 par la Métropole. « Ces projets vont permettre un renouvellement du quartier », affirme le maire de secteur.

    « Ce projet est la preuve que des partenariats publics, privés peuvent se faire pour l’intérêt commun », insiste Raphaël Emin, directeur général de Demathieu Bard Immobilier. Après la construction du gros œuvre par ce promoteur, la gestion sera donnée à Axentia et Fac Habitat, une association de gestion de résidences étudiantes. Dans tout ce processus, la Ville de Marseille a été un partenaire important.

    La résidence sera ouverte pour tous les étudiants sous conditions de ressources. Les loyers n’ont pas encore été définis, « mais ils devraient être autour de 540 euros toutes charges comprises : électricité, eau et wifi. Et les logements seront évidemment éligibles aux APL », explique Jean-Philippe Trede.

    L’immeuble devrait sortir de terre à la rentrée 2027, et les dossiers pourront être déposés 6 mois avant son ouverture.

  • Nouvelles irrégularités au forage de la Castillonne ?

    Nouvelles irrégularités au forage de la Castillonne ?

    Véritable serpent de mer de Montagnac, le forage de la Castillonne n’en finit plus de faire parler de lui. Voilà près de trois ans qu’une partie des riverains – regroupée sous le collectif Veille eau grain – tente par tous les moyens de s’opposer à la vente par la mairie de 3 700 m² de parcelles agricoles, comprenant un forage donnant sur une nappe phréatique à la Compagnie générale des eaux de source (CGES). La filiale de la multinationale Alma a pour projet de construire une usine d’embouteillage afin d’y produire pas moins de 1,6 million de bouteilles par jour.

    Utilité d’un tel projet dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, sous-estimation de la vente comparée aux potentielles recettes d’un tel projet, beaucoup d’irrégularités ont été soulevées par les opposants. Nouveau rebondissement dans ce projet décrié, la déclaration préalable – déposée en mairie en juillet 2023 et affichée en juin 2025 – comprendrait elle aussi son lot d’anomalies. « Cette démarche est une nouvelle fois entachée de mensonges. Le PLU n’est pas respecté : depuis le début, on nous parle d’un projet sur une zone agricole et nous sommes sur un projet industriel puisqu’a été a posé une demande préalable pour réaliser un local technique sur la tête de forage. L’emprise au sol de l’arrêté municipal est de 16m² or l’architecte parle d’un bâtiment de 27,5 m², ce qui aurait nécessité un permis de construire. Enfin, la position du panneau, normalement en limite du domaine mais ici, il est à une centaine de mètres, donc absolument pas visible », soutient Vincent Lapasset, membre du collectif.

    Dès lors, direction le tribunal ? « Je ne sais pas si nous allons ouvrir une nouvelle procédure, nous n’avons pas des moyens financiers inépuisables », précise Vincent Lapasset. En effet, le collectif en a déjà déposé trois. « Sur l’une, on a été déboutés bien que le juge reconnaisse que les règles qui auraient dû s’appliquer lors de la vente du terrain en conseil municipal n’ont pas été respectées. Nous avons fait appel. Nous avons également porté un recours sur la plus-value réalisée, sous-estimée par la mairie », reprend Vincent Lapasset. Malgré ces revers, le collectif reste combatif. « Il y a un dossier que personne ne met en cause, on amène des faits. On reste optimiste dans le fait que la justice dise stop à cette magouille à grande échelle. » Les élections municipales en mars prochain feront-elles pencher la balance ? Reste aux futurs candidats à s’en saisir.

  • Les habitants du Clos des Fontaines sont toujours à sec

    Les habitants du Clos des Fontaines sont toujours à sec

    « Je dois porter ça au moins trois fois par jour depuis plus d’une semaine. C’est insupportable », déplore Mélissa Urbano, habitante de la résidence du Clos des Fontaines, à Avignon, pendant qu’elle remplit deux bidons d’eau d’un robinet coincé entre un mur et une poubelle. Avant de les porter, faute de mieux, jusqu’à son appartement, au 5e étage, où l’attend son fils âgé de quelques mois.

    Car ce point d’eau est, depuis ce lundi 1er septembre, le seul qui fonctionne pour environ 230 appartements. Et ce, car les pompes de la copropriété ont lâché. Ce qui entraîne un défilé de dizaines de familles devant ce petit local à poubelles lugubre pour remplir bidons et bouteilles. « Le rez-de-chaussée a un petit filet d’eau. Mais, au-dessus, on n’a rien et on en a besoin pour tout. J’ai même dû demander à déplacer la garde de mes enfants, le week-end dernier, car je ne pouvais pas les accueillir dans de bonnes conditions », confie de son côté Mourad Rahi, habitant au 6e étage d’un des bâtiments concernés. « On se lave depuis plus d’une semaine avec des lingettes et on va à la laverie alors qu’on a une machine. Et ça, personne ne va nous le payer », lance un autre habitant, excédé. Une distribution par la mairie, suite à des échanges avec la préfecture de Vaucluse, de trois packs d’eau par foyer, s’est tenue ce mardi 9 septembre, dans le quartier.

    Manque d’entretien

    Devant les fameuses pompes, visiblement en piteux état car pleines de rouille et baignant dans l’humidité et les moisissures, un technicien s’affaire depuis ce mardi 9 septembre, soit plus d’une semaine après l’arrêt des pompes. D’après lui, le précieux liquide devrait revenir d’ici ce jeudi, au plus tard, dans les robinets. Mais de nouveaux travaux devraient être engagés dans les prochains mois pour pérenniser le bon fonctionnement des machines. « Elles n’ont tout simplement jamais été entretenues correctement », pousse Rabah Kherrouf, l’un des copropriétaires particulièrement engagé dans la résidence.

    Il pointe du doigt le mandataire judiciaire, AJ Associés, avec lequel une scission est toujours demandée. Car ce n’est pas la première fois qu’il y a un conflit entre cette structure et les habitants. En septembre 2024, les parties communes de deux bâtiments de la résidence étaient privées d’électricité suite à des factures impayées. Contacté par La Marseillaise, le mandataire judiciaire n’a pas répondu.

    Le député de la 1ère circonscription, Raphaël Arnault (NFP/LFI), s’est également rendu sur place, ce lundi 8 septembre. Il a adressé une lettre à la mairie d’Avignon et à la préfecture, leur demandant notamment « d’assurer la coordination avec le mandataire judiciaire afin que ses responsabilités soient pleinement assumées. »

  • La Commission locale de l’eau de la Crau est installée

    La Commission locale de l’eau de la Crau est installée

    « En 1554 Adam de Craponne obtenait l’autorisation de dériver les eaux de la Durance pour alimenter notre territoire. En 2025, Monsieur le préfet de Région Georges-François Leclerc installe la Commission locale (CLE) du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux de la Crau pour que, collectivement nous mettions en place un projet de territoire visant la résilience des usages de l’eau dans un contexte de raréfaction de la ressource. » Quelques jours après son élection à la tête de la nouvelle assemblée, Céline Tramontin, par ailleurs présidente du syndicat mixte de la nappe Symcrau, dit sa « détermination » à remplir sa mission.

    Les enjeux sont grands. Sur ce territoire de 52 000 hectares situés sur le paléo-delta de la Durance, la nappe phréatique de la Crau est vitale : elle alimente près de 300 000 habitants en eau potable et fournit chaque année près de 70 millions de mètres cubes aux nombreux agriculteurs et aux sites industriels. Seulement, le constat de l’étude prospective Sinergi, réalisée entre juin 2018 et septembre 2020, est sans appel : sans action, le territoire de La Crau pourrait faire face à un déficit en eau critique d’ici 2050. En cause : le changement climatique, le développement urbain et le vieillissement des infrastructures.

    Céline Tramontin l’affirme : « La résilience de la Crau vis-à-vis du changement climatique passera nécessairement par une réduction de la pression de prélèvement exercée en Durance. Nous devrons faire mieux avec moins ou tout du moins avec moins en été. »

  • Menelik « veille » sur les cours d’eau du territoire

    Menelik « veille » sur les cours d’eau du territoire

    Mille deux cents kilomètres de cours d’eau. Les équipes de Menelik, (anciennement syndicat du bassin de l’Arc), établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau, ont sous leur surveillance cette longueur de rivières et de fleuves, répartis sur 57 communes et deux départements. Leur mission : préserver les bassins de l’Arc, de la Cadière, jusqu’à la Touloubre et le pourtour de l’Étang de Berre se répartit globalement en deux volets principaux. « La prévention d’inondations et la préservation des cours d’eau. Tout notre travail se décline à partir de ces deux axes, résume Maxime Lenne, directeur technique opérationnel et travaux. On est sur un territoire où il y a de tout : de l’économie, beaucoup d’humain, des villages, des grandes villes, du relief, du plat et un climat méditerranéen qui se traduit par ses excès. » L’équipe du pôle qualité et ressource pilote notamment le suivi de qualité de l’eau et de l’état de la ressource, l’une des missions de Menelik, dont la première campagne a été lancée au cours de l’été 2024. Objectif, détecter rapidement d’éventuelles pollutions, mesurer l’état écologique des cours d’eau et préserver durablement la ressource. Ces données servent ensuite de base aux décisions locales en matière d’assainissement et de gestion de l’eau. « Parce qu’il y a beaucoup de monde sur notre territoire, la question de la qualité de l’eau est un sujet fort pour Menelik. Plus on a de monde, plus on a de rejets, plus les milieux sont impactés. Il y a une palanquée de cours d’eau en France en bon état parce que le bassin-versant est très peu urbanisé. Ce qui n’est pas le cas chez nous. On a la double peine : beaucoup de monde et des cours d’eau naturellement très fragiles car les étiages sont très marqués. »

    Un état « très disparate »

    Alors, quatre fois par an, des contrôles dits « chimiques » des cours d’eau sous la gestion de Menelik sont effectués par des bureaux d’études spécialisés. Ils interviennent au mois février, avril, août et novembre, sur une soixantaine de points de prélèvement. Une campagne de contrôle biologique est elle aussi menée une fois par an. « Ce sont des indices. Si vous trouvez des invertébrés ou des microalgues très sensibles à la pollution, cela veut dire que le cours d’eau est peu pollué. Si elles sont tolérantes, alors vous en tirez une note plus faible qui va indiquer que le cours d’eau est pollué », précise Maxime Lenne. Le suivi qualité est entièrement financé par les budgets métropolitains de la Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et de l’assainissement, ainsi que par une aide de l’Agence de l’eau. La Métropole, l’un des membres fondateurs de l’Epage, contribue au financement d’appels à projets portés par Menelik. Sur le territoire, selon Menelik, l’état actuel des rivières varie. « C’est très disparate, conclut Maxime Lenne. De par la taille du territoire et la multiplicité des cours d’eau, on se retrouve avec une palette de cas de figure possibles. » Le pôle qualité et ressource travaille, pour 2026, à sensibiliser sur ses missions.

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».