Tag: droits des femmes

  • L’ex de Laëtitia jugé pour viols et proxénétisme dès ce lundi à Digne

    L’ex de Laëtitia jugé pour viols et proxénétisme dès ce lundi à Digne

    Ce lundi s’ouvre devant les assises à Digne le procès de Guillaume B., directeur d’une agence bancaire manosquine accusé d’avoir torturé, violé et livré à la prostitution à « des centaines d’hommes » son ex-compagne Laëtitia. Ils se sont rencontrés en 2015. Laëtitia, alors préparatrice en pharmacie, était âgée de 32 ans, et Guillaume B. de 42 ans. Dans Sept à Huit, elle se confie sur les violences physiques et psychologiques qu’elle a subies dès le début de la relation : « Il me demandait de lui envoyer des photos pour voir comment j’étais habillée, il me demandait où j’étais. » « Très vite », les menaces de mort arrivent. Guillaume B. « menaçait de me faire perdre mes enfants, de diffuser à ma famille des choses de ma vie intime ».

    Parmi les violences subies, « au début, des gifles jusqu’à ce que je perde une dent », puis « des coups de ceinture, des fessées à me faire des marques pendant deux semaines, des coups de planche à découper, de câbles électriques. Il m’a déjà étranglée plusieurs fois jusqu’à ce que je perde conscience, il me mettait des sacs-poubelles sur la tête jusqu’à ce que je perde conscience », témoigne-t-elle. Ces violences avaient lieu « la nuit, le jour quand mes enfants étaient à l’école, à la maison, sur des parkings, des aires d’autoroute ». Elle dit « avoir dissocié par moments » et ne pas se rappeler de certaines violences en raison du traumatisme subi. Chasseur, il conservait quatre armes à leur domicile. « Il y avait une carabine tout le temps chargée dans le salon. »

    Guillaume B. l’inscrit ensuite sur « des sites d’escortes, de prostitution » pour la livrer à « des centaines d’hommes », raconte-t-elle. Elle n’a pas subi de soumission chimique car « il disait qu’il fallait que je me rende compte de ce qu’il m’arrivait ».

    Forcée à se prostituer, même enceinte

    Certains payent « très cher » pour avoir des rapports sexuels avec elle et lui faire subir des violences physiques, « chez eux ou dans des hôtels », témoigne-t-elle. Elle subit des violences « même enceinte, avec des contractions, à six mois de grossesse. J’ai même été hospitalisée ». Elle essaye de s’opposer, mais « plus je m’oppose, plus il est frustré et devient dangereux. Mon corps s’en souvient », explique-t-elle. Pendant ses rendez-vous médicaux, elle doit l’appeler pour qu’il écoute toute la conversation.

    Au bout d’un moment, « je me suis dit, c’est soit je pars, soit je meurs ». Un jour, « une amie dont je n’avais pas de nouvelles depuis cinq ans m’envoie un message. J’étais alors aidée par une association et une psychiatre. On s’est appelées et je lui ai tout raconté ». Son amie prévient alors les forces de l’ordre, et c’est là que l’instruction commence.

    Encore aujourd’hui, elle porte des séquelles, est « incontinente », a « des douleurs dans tout le corps », dort « deux ou trois heures par nuit » et prend de la morphine et des anxiolytiques. Elle est reconnue adulte handicapée. Elle est mère de quatre enfants âgés de 8 à 23 ans, dont la dernière est de lui. « Pour elle, c’est pas son père. Elle l’a rayé complètement. Elle a vécu la peur. Pendant sept ans, avec les enfants, on était séquestrés. Les seules sorties autorisées pour eux, c’était l’école et chez leur père », se rappelle Laëtitia. Les expertises psychiatriques décrivent Guillaume B. comme « sadique, pervers, dangereux », selon Sept à Huit.

    Laëtitia a refusé le huis clos. « Il m’a tenue avec la peur, avec la honte. C’est lui qui devrait avoir honte, moi j’ai subi », déclare-t-elle, espérant pouvoir aider d’autres femmes à parler.

    Le procès commencera ce lundi à 14h, avec l’examen des faits qui durera jusqu’à ce mardi. Les personnalités de Guillaume B. et de Laëtitia seront ensuite étudiées mercredi, à l’aide notamment d’expertises. Les parties civiles seront entendues jeudi matin, puis les avocats plaideront et le procureur énoncera ses réquisitions l’après-midi. L’accusé prendra la parole et le délibéré sera rendu vendredi. Guillaume B. encourt la perpétuité.

  • Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Rassembler les femmes face à la montée des masculinismes » et promouvoir « la force poétique et créatrice des femmes » du pourtour méditerranéen : tel est le projet de l’association Forum Femmes Méditerranée (FFM), créée il y a 34 ans par Esther Fouchier.

    Trois jours avant l’inauguration de la saison Méditerranée, le 15 mai, à Marseille, l’association FFM lance une « saison off » dans le but de porter des sujets qui ne figureront pas au programme officiel. « Les questions relatives aux droits des femmes, à l’écriture et aux résistances en Méditerranée ne sont pas assez abordées et c’est pour cela que nous organisons la journée Voix de femmes autour de l’écriture de femmes de l’Algérie jusqu’à la Bulgarie », explique Esther Fouchier. Des débats, des lectures de poèmes et un concert sont prévus sur la journée. Basée à Marseille mais présente dans chaque pays du pourtour méditerranéen via un réseau composé de la société civile locale, l’association avait lancé un concours de nouvelles annuel pour promouvoir des « textes poignants à vocation universelle ».

    « Le salon littéraire a été organisé sans aucune aide, nous avons dû économiser pour relancer ce concours de poésie, en espérant avoir la force de le poursuivre », confie la présidente du FFM avant d’ajouter : « On ne peut plus tout faire bénévolement. Nous n’avons pas pu inviter des écrivaines faute de budget. » Comme d’autres associations, le tarissement de subventions nationale et européenne se fait lourdement ressentir depuis 10 ans.

    Le salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Forum Femmes Méditerranée, se tient le mardi 12 mai de 9h à 18h30 à la Maison des associations, 93 la Canebière (1er).

  • La Marseillaise des Femmes allie sport, fête et engagement aux plages du Prado

    La Marseillaise des Femmes allie sport, fête et engagement aux plages du Prado

    Une course engagée. Le message de La Marseillaise des femmes est clair : rassembler autour de la santé et des droits des femmes. Plusieurs milliers de personnes s’apprêtent à prendre part à la 16e édition de cet événement, qui a réuni plus de 10 000 participants lors d’une édition record, l’an passé.

    Comme chaque année depuis sa création, le peloton, composé très majoritairement de femmes – les hommes pouvant participer uniquement sur invitation et la volonté de renoncer au classement – va devoir parcourir une distance de 5,4 km entre les plages du Prado et l’Escale Borély. « On essaye chaque année de rassembler dans une ambiance chaleureuse et festive, pour faire du sport tout en soutenant des causes caritatives », souligne Christine Rollais, présidente du club des Marseillaises, l’association organisatrice.

    Une partie des inscriptions sera reversée à la Fondation pour la recherche médicale, dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein, et à Amnesty International pour la défense des droits des femmes. Cette démarche suit les initiatives lancées par l’organisation depuis la dernière édition. La Marseillaise des femmes s’est notamment engagée, lors d’Octobre Rose, en soutenant la Fondation pour la recherche médicale, avant de lancer l’opération « Résiste » en faveur d’Amnesty International en mars. Depuis 2010, plus de 175 000 euros ont été reversés à ces deux associations caritatives.

  • Appel aux dons du foyer pour femmes

    Appel aux dons du foyer pour femmes

    Rénovation énergétique, transformation des chambres en studios équipés, plus d’autonomie pour les femmes hébergées… Tels sont les projets de l’association Habitat et Humanisme, qui appelle aux dons pour pouvoir réhabiliter son foyer d’accueil d’urgence pour les femmes et enfants victimes de violences. La rénovation est déjà financée à hauteur de 75%, et l’association compte sur les dons des particuliers et des mécènes pour les 25% restants. Elle appelle également les collectivités locales et notamment le Département à se mobiliser pour lui venir en aide. Les travaux sont prévus « pour le second semestre » et devraient coûter « 600 000 euros », explique Michel Mané, secrétaire d’Habitat et Humanisme Alpes Provence. Les objectifs sont d’améliorer l’accueil, l’accompagnement et la sécurité des femmes et enfants hébergés.

    Plus de dignité

    Dix-neuf femmes et enfants sont actuellement hébergés dans ce foyer d’urgence, qui les accueille pour quelques nuits ou quelques mois, selon leurs besoins. Le nom de la campagne de financement participatif, Digne avec elles, joue sur la polysémie du mot Digne, avec la ville de Digne-les-Bains et la dignité qu’elle permettrait d’apporter aux bénéficiaires.

    L’association Habitat et Humanisme a pour projet de permettre aux personnes les plus précaires de se loger avec des loyers sociaux, adaptés à leurs moyens.

  • Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    En un an, cette maison est devenue exactement ce que nous avions rêvé qu’elle soit : un refuge, un repère, un tremplin. » Les différents acteurs qui ont participé à la création de la maison des femmes de Manosque, le CIDFF, la mairie, l’hôpital, la Région et le Département, se sont félicités de son bilan pour son premier anniversaire jeudi. « Un grand merci aux femmes qui franchissent la porte de cette maison. Leur confiance nous rappelle chaque jour pourquoi elle existe », a déclaré Laetitia Serena-Bidalot, directrice du CIDFF 04 (centre d’information sur les droits des femmes et des familles).

    « Ce lieu a été placé sous l’égide de Simone-Veil. Porter son nom pour une maison des femmes et de l’égalité n’est pas qu’un symbole. C’est une boussole », a lancé Lila Desjardins, présidente du CIDFF 04. « En ouvrant nos portes il y a un an, nous lui avons fait une promesse : celle de ne jamais reculer, de ne jamais détourner les regards face aux violences, aux inégalités et au silence qui étouffent encore trop de parcours de vie », a-t-elle ajouté.

    En un an, la maison des femmes a accompagné « plus de 340 femmes, dont 65% de victimes de violences conjugales, intrafamiliales, sexistes ou sexuelles », s’est réjouie la directrice sortante du CIDFF. Dans ce lieu d’accueil, d’écoute, d’entraide et de relaxation, les femmes peuvent « fuir les violences, venir chercher un conseil juridique, un soutien psychologique ou simplement briser l’isolement et trouver un espace bienveillant », a rappelé Lila Desjardins.

    « Nommer ce qui fait mal »

    « Il faut un courage immense pour demander de l’aide, nommer ce qui fait mal et oser revendiquer ses droits. À chacune d’entre vous, votre résilience force mon admiration », a salué la présidente du CIDFF 04 en s’adressant aux femmes accompagnées par la maison Simone-Veil.

    Le président du groupement hospitalier territorial, regroupant notamment les hôpitaux de Digne-les-Bains et de Manosque, a rappelé que la maison des femmes avait ouvert ses portes « avec une conviction simple mais essentielle : aucune femme ne doit rester seule face aux violences ». « Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les distances et l’isolement rendent l’accès aux dispositifs plus difficile », a regretté Gilles Duffour. En un an, 153 patientes âgées de 15 à 79 ans ont été accueillies pour des consultations médicales au sein de la maison Simone-Veil. Elles ont pu y rencontrer une assistante sociale, une psychologue ou encore une sage-femme.

    Hausse des violences

    Le maire sortant de Manosque Camille Galtier s’est réjoui d’avoir apporté avec cette maison des femmes « un nouveau service public à la population ». Il a fait le vœu de pouvoir la fermer, espérant que « les violences, les inégalités et les discriminations disparaissent ». Il a regretté que « les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes et aux enfants dans le cadre familial » aient « augmenté » dans la ville de Manosque.

    « Protéger une femme, c’est aussi très souvent protéger un enfant. Une mère sécurisée, c’est un enfant que l’on préserve de l’ombre des violences », a rappelé Stéphanie Colombero, vice-présidente du conseil départemental en charge des affaires sociales et des solidarités.

    La directricedu CIDFF 04 s’est vue remettre la médaille de la ville par le maire sortant, « symbolisant son engagement pour la maison Simone-Veil ».

  • [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    La Marseillaise : Comment et pourquoi êtes-vous devenue marraine de la maison des femmes à Manosque ?

    Karen Sadlier : La maison des femmes de Manosque m’a invitée à être marraine, et j’étais très contente de le devenir parce que je trouve que toutes les maisons des femmes sont extrêmement importantes pour le suivi, l’accompagnement et la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants. Je pense qu’ils m’ont connue parce que je donne beaucoup de conférences et j’écris des livres sur le sujet, surtout sur l’impact des violences au sein du couple sur les enfants. L’agresseur peut utiliser son autorité parentale et son droit de visite pour continuer à exercer les violences.

    Pourquoi le sujet de la conférence, l’impact des violences au sein du couple sur les enfants, est-il important pour vous ?

    K.S. : C’est un sujet très important parce que les enfants sont co-victimes des violences dans le couple. Les violences continuent après la séparation et s’exercent dans la parentalité. 80% des enfants sont témoins oculaires ou auditifs des violences au sein du couple. 50% sont aussi victimes de maltraitances physiques de la part de l’auteur. 60% de ces enfants ont présenté des troubles post-traumatiques en lien avec les violences dans le couple. En France, pendant longtemps, on avait l’idée que l’enfant restait indemne, alors que les enfants sont en grande souffrance par rapport à ces violences et doivent être vus comme des victimes.

    De quoi allez-vous parler à la conférence ?

    K.S. : Je vais parler de comment la violence au sein du couple va s’exercer dans la parentalité. L’idée « ça peut être un mauvais conjoint, mais un bon parent », on a des centaines d’études qui montrent le contraire. Ils sont en difficulté sur la parentalité.

  • Var : deux expositions autour des Droits des femmes dans l’atrium de l’hôtel du Département jusqu’au 13 mars

    Var : deux expositions autour des Droits des femmes dans l’atrium de l’hôtel du Département jusqu’au 13 mars

    La première, à la fois chronologique et historique, est consacrée à l’évolution des Droits des femmes jusqu’à nos jours. La seconde est une rétrospective historique, est dédiée aux femmes scientifiques pionnières en matière de découverte et recherche : « Femmes et sciences : l’effet Matilda. » Elles ont été inaugurées ce lundi par Jean-Louis Masson, président LR du Département et Valérie Rialland, conseillère départementale.

    Jusqu’au 13 mars de 9h à 17h30. Atrium de l’Hôtel du Département du Var – 390, av. des Lices, Toulon.

  • Un 8 mars placé sous le signe de la résistance féministe

    Un 8 mars placé sous le signe de la résistance féministe

    C’est seulement quand je suis partie à la retraite, que je me suis rendue compte que je n’étais pas payé pareil. Et au final, ça change tout. Il y a une grosse différence de pension », lâche Dany, professeur des écoles. Elle abonde : « Je milite depuis pour l’égalité salariale dans le public comme dans le privé. »

    Le village du collectif 13 droits des femmes joue son rôle en proposant de nombreux stands. Tandis qu’au micro, les prises de paroles se succèdent en ce 8 mars journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Égalité salariale, reconnaissance des AESH, lutte contre la lesbophobie et toutes les discriminations, contre la violence économique et les emplois sous‑qualifiés des femmes migrantes : les femmes résistent face aux attaques du gouvernement, des impérialismes et des politiques d’extrême droite.

    « Ce qu’on a voulu, aujourd’hui, c’est relayer la parole des travailleuses, en tant qu’organisation syndicale. Les prises de paroles se sont cantonnées aux trois organisations, Solidaires, FSU et CGT », expose Monia Haddaoui, membre du bureau UD CGT. Sans oublier de rappeler que « certes le 8 mars est symbolique, mais qu’à partir du 10 novembre, les femmes ne sont plus payées. On appelle à continuer la lutte féministe à travers nos revendications en tant qu’organisations de travailleurs et de travailleuses ».

    Réécriture de l’histoire

    « Cette année, on revient encore pour que l’égalité homme-femme et femme-homme soit enfin respectée dans tous les domaines ! », s’exclame Catherine Lecoq comédienne déléguée à la CGT Spectacle. Poursuivant : « Je viens d’entendre des chiffres assez alarmants, 7 femmes sur 10 sont touchées par la charge mentale du foyer, de leur vie quotidienne. On est encore sur des droits, pourtant très simple de salaire. » Et de souligner : « C’est beaucoup de violence, beaucoup d’insultes, une décomplexion qui, à mon sens, va de pair avec la montée de l’extrême droite. »

    Notre société serait-elle en train de régresser ? « Le masculinisme rampant arrive à nouveau pour dire que les femmes doivent rester au foyer et libérer les postes », constate-t-elle. Face à la montée pernicieuse du fascisme qui tente de réécrire l’histoire, le bas de la Canebière n’a pas échappé aux tensions : des cordons de CRS ont dû s’interposer entre collectifs pro‑Israël et pro‑Palestine pour assurer l’expression et la sécurité de toutes et tous.

  • Un mois entier dédié au 8 mars à Martigues

    Un mois entier dédié au 8 mars à Martigues

    On met l’accent sur les femmes invisibilisées qui ont apporté au pays », résume sobrement Gérard Frau, adjoint (PCF) de Martigues aux égalités, aux discriminations et aux droits des femmes, à propos du programme déployé par la Ville autour du 8 mars.

    Car une commune peut faire quelque chose, à sa hauteur, pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et en dehors. « On a développé un programme sur un mois avec de nombreux partenaires » illustre l’élu, qui rappelle aussi « la Commission extra-municipale de toutes les égalités, créé il y a 2 ans, et dans laquelle j’anime la partie discrimination femme-homme ». Tout comme « le dispositif Femmes en place pour renommer les espaces publics dans lesquels les femmes sont aussi invisibilisées », à l’image de la maison de Carro Anita-Conti, du nom de la pionnière de l’océanographie, ou de l’espace santé autonomie Madeleine-Riffaud, « une grande journaliste résistante », commente Gérard Frau.

    Un programme varié

    Le programme est dense avec par exemple la rencontre-débat avec des autrices de bandes dessinées organisée par le collectif féministe du PCF de Martigues à la salle Dufy de l’espace Simone Veil, ce samedi 7 mars de 15h30 à 20h, ou encore les ateliers sur l’égalité proposés mercredi 11 et 18 mars par le service jeunesse de la Ville à l’Espace infos jeunes du quai Toulmond. Les agents de la Ville auront aussi droit à pièce de théâtre de sensibilisation le 17 mars à 14h à l’hôtel de Ville. « À Martigues, on a vocation à lutter et créer des égalités », conclut Gérard Frau.

  • « Avec le Printemps marseillais, est née une volonté politique féministe »

    « Avec le Printemps marseillais, est née une volonté politique féministe »

    La Marseillaise : Défendre les droits des femmes relève d’une politique nationale. Qu’est-ce que cette délégation municipale a changé ?

    Nathalie Tessier : Les femmes représentent un peu plus d’un tiers de la population, il est normal que leur voix soit entendue, partout. Il a fallu une loi sur la parité pour qu’autant de femmes que d’hommes siègent au conseil municipal. Quand on ne l’impose pas cela ne se fait pas. Or, il y a des réponses concrètes à apporter aux problèmes que les femmes rencontrent sur le territoire, et une ville peut mettre en place une politique féministe. A commencer par rencontrer les associations, les écouter. Quand elles ont été reçues par le maire en 2020, c’était la première fois que la Ville de Marseille leur répondait. Il n’y avait aucune volonté politique de travailler autour de leur protection et de la lutte contre les violences faites aux femmes avant l’arrivée du Printemps Marseillais. Le budget consacré à ces associations est passé de 43 200 euros à 335 000 euros, c’est un sacré levier pour pouvoir travailler sérieusement à mettre des actions concrètes en place. L’amicale du nid pour l’hébergement, le relais parents enfants au Beaumettes, les luttes contre l’excision et le mariage forcé menée par Naky Savané, femmes solidaires… Tous ces projets féministes sauvent des vies, le soutien aux associations est un socle sur lequel doit s’appuyer une municipalité pour avancer dans tous les domaines, notamment à destination des plus précaires, des étrangères, qui sont les plus exposées aux coups, à la prostitution.

    Le dispositif Safer plages lancé en 2022 s’est rapidement étendu à l’ensemble du littoral marseillais. Le signe d’une nécessité d’agir dans l’espace public ?

    N.T. : C’est encore un dispositif de la ville porté par une association, Orane, en collaboration avec d’autres. des médiateurs ont été formés, des permanences installées, de la sensibilisation faite auprès des publics. Il y avait des agressions. Mais pas de réelle prise de conscience. Et les retours sont très positifs, les jeunes filles viennent directement au stand, parlent, dénoncent. La honte a changé de camp. Toute cette prévention est vitale pour l’avenir.

    Le violentomètre et l’observatoire des violences faites aux femmes donnent-ils une vision plus claire de la situation ?

    N.T. : Nous en avons déjà distribué 250 000. Il permet une discussion, c’est l’alpha et l’oméga pour s’apercevoir que les choses ne sont pas normales et mieux agir en conséquence. Il y a aussi le numéro 39.19 pour pouvoir joindre les associations et nous avons créé un annuaire marseillais des droits des femmes, qui réunit de la plus petite à la plus grande association, qui leur permet de se contacter pour se relayer, travailler ensemble. L’Observatoire est encore un des éléments que la ville a mis en œuvre, car il faut pouvoir quantifier, se poser la question à chaque fois de combien d’hommes, de femmes sont concernés par ces violences.

    Quels sillons souhaitez-vous encore creuser ?

    N.T. : J’ai plein d’idées encore, que seule une politique de gauche peut porter. Quelque chose me tient à cœur, c’est de créer, à l’image de la Cité audacieuse à Paris, une cité des femmes, un lieu où toutes les associations féministes seraient reçues, un espace de sororité, de rencontres qui leur permettrait de mieux travailler collectivement.