Tag: droite

  • Lecornu s’efface, Macron en première ligne

    Lecornu s’efface, Macron en première ligne

    « Je suis un moine soldat, ce soir, ma mission est terminée. » Sans aller jusqu’à jouer les Saint-Sébastien, meurtri par les flèches de ses propres archers, le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, a mis au moins fin à un suspense, mercredi soir, sur le plateau du 20h de France 2. Il ne rempilera pas à Matignon. « Je ne cours pas après le job », a-t-il lâché. Deuxième certitude : « La situation permet » au président Emmanuel Macron « de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures », a-t-il annoncé. L’Élysée a confirmé par communiqué, dans la soirée.

    Au terme de deux jours de consultations des formations politiques, à l’exception de la France insoumise, partisane de la démission d’Emmanuel Macron, et du RN, qui réclame en boucle la dissolution de l’Assemblée nationale et qui n’ont pas voulu se rendre à Matignon, le plus éphémère Premier ministre de la Ve République a livré ses conclusions après en avoir rendu compte à Emmanuel Macron. La perspective d’une dissolution s’éloigne, avait-il déjà déclaré le matin lors d’une courte allocution et avant de recevoir l’une après l’autre les formations de gauche : le PS, les Écologistes et le PCF. Il a déclaré « qu’il y a une majorité absolue à l’Assemblée nationale qui refuse la dissolution et pas que parce qu’il y aurait la peur de retourner aux urnes comme on a pu l’entendre », faisant allusion aux déclarations de la responsable d’extrême droite Marine Le Pen (RN). À propos du budget, il constate qu’il existe « une majorité très relative de plusieurs formations politiques qui, au fond, sont prêtes à s’accorder sur un budget commun ». Un budget pour lequel, selon lui, les formations politiques s’accordent à voir adopter d’ici la fin de l’année. Sur le point, essentiel, de la réforme des retraites, Sébastien Lecornu a dit qu’il « faudra trouver un chemin pour qu’on ouvre le débat ». Ajoutant : « Dans une démocratie, vous avez du mal à siffler “circulez, il n’y a rien à voir” », à propos d’une réforme pourtant passée en force par le 49.3 de la Constitution par les macronistes. Ce débat aura lieu lors de la discussion sur le budget de la Sécurité sociale.

    Quant au « profil » du futur locataire de Matignon, il a botté en touche : « C’est lui [Emmanuel Macron] qui prendra ses responsabilités. » La balle est renvoyée dans le camp d’Emmanuel Macron.

    RÉACTIONS

    Marine Tondelier Secrétaire nationale des Écologistes

    « M. Lecornu a démissionné de lui-même parce que son gouvernement a implosé. Les macronistes sont rentrés en résistance pour ne pas rendre le pouvoir. Qu’y a-t-il de stable depuis la dissolution ? Il n’y aura pas de travail sur une non-censure d’un énième gouvernement avec un macroniste à sa tête. Si nous étions nommés, nous aurions quelque chose de très puissant qu’ils n’ont plus depuis longtemps : un élan populaire. »

    Jean-Luc Mélenchon Fondateur de la France insoumise

    « Sébastien Lecornu dit qu’on ne peut trancher aucun sujet avant l’élection présidentielle de 2027. Solution ? Faisons l’élection présidentielle tout de suite. Le pays n’a pas de temps à perdre. »

    Dieynaba Diop Députée, porte-parole du Parti socialiste

    « Il revient maintenant au président de la République de dire s’il respectera enfin le résultat des urnes de juillet 2024, qui a placé en tête une coalition de gauche, ou s’il s’entêtera à nouveau avec le socle commun. Nous n’avons pas confiance, mais nous avons pleinement conscience qu’il va falloir trouver un chemin et des compromis. L’Assemblée nationale doit pouvoir se prononcer sur l’abrogation de la réforme des retraites. »

    François Ruffin Député « Debout ! »

    « Emmanuel Macron devait «prendre ses responsabilités» ce soir. À la place, il a envoyé le pauvre soldat Lecornu au front du 20h. Le pouvoir est vide. Pas de Premier ministre, pas de budget. Macron doit maintenant organiser son départ. Comme le demandent les révolutionnaires du Point, Édouard Philippe, Alain Minc, etc. »

    Thomas Ménagé Député, porte-parole du RN

    Un Premier ministre venu parler pour ne rien dire. Il cherche à gagner du temps, à sauver Macron et son macronisme à l’agonie. Les tractations bidons et ce sketch pathétique ont assez duré. Stop aux tractations, place aux élections ! »

    Aurélien Rousseau Député Place publique, ex-ministre

    « Oui, un chemin est possible pour ne pas s’enferrer dans une crise qui abîme le pays. Sébastien Lecornu, dans son intervention digne et claire, a acté que des changements de cap étaient possibles. Le compromis est un sport collectif. Il faut que tout le monde accepte de s’y mettre. »

    Éric Ciotti Député UDR, allié du RN

    « En 2024, macronistes, LR, socialistes, écologistes, communistes se sont alliés pour nous faire battre. Un an plus tard, ils se coalisent pour empêcher une dissolution et notre victoire. Quitte à paralyser le pays et offrir du répit à un président déchu. L’histoire les sanctionnera. »

    Pascal Savoldelli Sénateur communiste du Val-de-Marne

    « Lecornu s’est livré à un bavardage bien huilé. Lecornu en mission expresse pour justifier l’austérité brouille les cartes. Retraites ? Salaires ? Santé ? Rien de concret, mais toujours la défense du présidentialisme ! Le verbe au service du pouvoir, sans le peuple. »

    Renaud Muselier Président Renaissance de la Région Sud, ancien ministre

    « Ce soir, Sebastien Lecornu a montré avec dignité, responsabilité et clarté les grands enjeux qui sont devant nous, à commencer par le budget. Il a fait le boulot. Je souhaite que les partis à Paris s’en inspirent et enfin travaillent pour la France et les Français. »

    Clémentine Autain Députée « l’Après »

    « Tant qu’il n’y aura pas de justice sociale et fiscale, il n’y aura pas d’apaisement dans le pays. Le discours de M. Lecornu est un grand vide, il est venu meubler le silence assourdissant du président de la République. »

    Charles Sitzenstuhl Députée Renaissance

    « Le choix de la personne est important, mais ce n’est pas le seul déterminant. Nous avons une urgence avec le budget (….) il faut se mettre d’accord sur l’essentiel pour l’adopter avant Noël. »

  • Après la mort de Pierre Soujol, la guerre de succession a débuté à Lunel

    Après la mort de Pierre Soujol, la guerre de succession a débuté à Lunel

    Qui que soit le prochain maire de Lunel en mars 2026, la mort de Pierre Soujol le 28 juin dernier aura marqué un tournant.

    Car la belle unité de façade de la majorité municipale de centre droit a vite volé en éclats. À la surprise générale, Paulette Gougeon, ex-deuxième adjointe, a été préférée à l’ancien numéro un Stéphane Dalle pour assurer l’intérim à l’Hôtel de Ville. Lequel s’est vengé en inversant le rapport de force à l’Agglomération. À lui le poste de premier vice-président auprès du nouveau président Jérôme Boisson. Simple conseiller municipal à Villetelle, le président de l’office de tourisme a été préféré à Paulette Gougeon dont l’influence au-delà de Lunel semble donc limitée.

    Pour l’heure, celle qui est aussi conseillère départementale (et binôme de Jérôme Boisson…) n’a pas précisé si elle briguera un nouveau mandat à la Ville. Ex-adjoint déchu, le frondeur Stéphane Dalle a lui déjà annoncé sa candidature aux municipales. À droite, il n’est pas le seul à vouloir assurer la relève. Un duo composé de Stéphane Muscat et Christophe Musset vient de se dévoiler. Le premier est l’ex-directeur de cabinet de l’ancien maire Claude Arnaud (DVD). Le second est un ancien rugbyman reconverti dans les médias (fondateur de Médias du Sud). Avec leur laboratoire d’idées « Lunel autrement », l’attelage veut « mettre fin aux guerres d’ego et ambitions personnelles ».

    Encore un peu plus à droite s’agitent deux autres candidats potentiels. Ancien directeur de la police municipale de Nîmes, le président de « Lunel réussir ensemble », Thierry Razigade, est candidat déclaré. Ce n’est pas encore le cas d’Anthony Belin. Mais l’ancien directeur de cabinet de Pierre Soujol (qui a vu l’enquête pour favoritisme et détournement de fonds publics ouverte en 2024 classée sans suite en août par le procureur) prône l’union des droites et chercherait le soutien du député Ciottiste Charles Alloncle.

    À gauche, le défi de l’union

    Cette guerre ouverte de succession pourrait être un atout pour la gauche lunelloise. Problème, elle se montre pour l’heure indécise et divisée. Depuis plus d’un an, les Écologistes militent auprès des citoyens au sein de « Lunel collectif ». La structure qui lance ses permanences et débats citoyens vient de retendre la main dans un courrier envoyé aux partenaires de gauche. Nouvelle Donne, Génération.S, Ensemble et l’Après y ont répondu favorablement. Mais encore ni LFI, ni le PCF, ni le PS. Face au risque RN, les communistes se proposent eux aussi comme un « trait d’union », illustre François Got qui milite pour « l’union de la gauche ». Autour de Bruno Gagne, les Insoumis doivent bientôt officialiser leur stratégie, ils pourraient monter leur liste. Quant aux socialistes qui figurent dans l’actuelle majorité municipale et ont désigné Sylvie Thomas cheffe de file, le rapprochement semble compliqué. L’écologiste Lise Florès s’impatiente. « Quand le RN est à nos portes et qu’on a un tel niveau de chômage, il serait bien d’oublier un peu les stratégies nationales », déclare-t-elle.

  • « Aux municipales, je peux être l’alternative au RN »

    « Aux municipales, je peux être l’alternative au RN »

    La Marseillaise : Vous tenez ce vendredi soir l’assemblée générale de votre association politique Avignon Passion, lancée il y a un an. Pour quel bilan et quelles suites ?

    Julien Aubert : On a beaucoup travaillé, avec la volonté de fonctionner hors parti politique. Nous avons été les seuls acteurs à organiser une dizaine de réunions sur toute une série de sujets, réunissant à chaque fois entre 70 et 150 personnes. On a lancé deux enquêtes, l’une sur la circulation, l’autre sur la sécurité. Et puis on a grossi, puisqu’on était une quarantaine contre environ 400 membres aujourd’hui. Maintenant qu’approche l’élection municipale, l’association ne peut pas continuer à fonctionner normalement, donc elle va être mise en sommeil pour les six mois à venir. Désormais, on entre dans une phase plus politique et ce travail préalable de diagnostic de fond servira pour le programme. C’est la bonne manière d’aborder une élection : d’abord le fond des sujets puis les enjeux partisans et enfin les personnes.

    Vous lambinez depuis un an, mais serez-vous candidat ?

    J.A. : La Bible dit « veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure »… Je ne le dirai pas encore, mais j’ai une idée du timing. Les conditions pour être candidat, c’est d’abord d’être en capacité d’amener du changement : le sondage [publié lundi et commandé par LR] montre que oui. Deuxièmement, avoir une équipe, ça, c’est bon. Et, troisièmement, être en capacité de mettre en place une stratégie pour gagner. Ce sondage montre que je suis 2e en cote d’avenir [25%, derrière la RN Anne-Sophie Rigault, 29%], donc en gros 25% des gens ne seraient pas mécontents de m’avoir comme maire. J’ai le double en cote d’avenir par rapport aux intentions de vote, alors que les autres candidats ont le même score pour les deux thèmes. Je tends la main.

    À qui ? Au RN ? Aux macronistes, à Olivier Galzi ?

    J.A. : Cette ville est dirigée par la gauche depuis deux mandats : 60% des gens ne veulent plus entendre parler de l’équipe sortante et vont chercher une alternative. Aujourd’hui, cette alternative, c’est le RN. Si ce n’est pas le RN, a priori, je peux être l’alternative. Je n’ai aucun problème à parler aux électeurs du RN et à prendre leur défense. Ils ont des raisons objectives de ne pas être contents. En revanche, je ne suis pas dans une logique d’union de partis. La question qu’il faut se poser, c’est est-ce qu’on est là pour faire gagner le RN ou Avignon ? Si on est là pour faire gagner Avignon, est-ce que faire gagner le RN fait gagner Avignon ? Je réponds non, car Avignon est une ville de culture. Il y a le festival, et avoir un maire RN aurait plein de conséquences pour l’économie de cette ville. Mon travail sera d’expliquer aux électeurs que ça changera mieux et plus sereinement en passant par un autre vote alternatif que le RN. Olivier Galzi [ex-présentateur TV, pas officiellement candidat] m’a dit qu’il ne se rangerait derrière personne et voulait faire un truc totalement apolitique. Un peu comme Stéphan Fiori [DVD, notre édition de mercredi], qui était à Avignon Passion au début, c’est même lui qui a trouvé le nom. Les Voix d’Avignon [collectif du centre droit] éventuellement. Il y a une colonne vertébrale qui sera à droite, mais on peut très bien accueillir des gens de gauche.

  • Déterminés

    Déterminés

    La tambouille entre les droites LR et macroniste pour permettre à l’extrême droite RN de retrouver, mardi, deux vice-présidences au bureau de l’Assemblée nationale, illustre le fossé abyssal entre les aspirations à la justice sociale, qui se manifestent avec ampleur depuis la rentrée, et les petits calculs politiciens. Un vote aussi décalé que dangereux, dénoncé par les gauches, intervenu la veille d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles à l’appel d’une intersyndicale toujours unie et déterminée pour arracher la justice sociale et fiscale.

    Un plan antisocial

    L’essentiel n’a pas lieu dans les couloirs du Palais Bourbon, mais dans la rue. Rien n’est venu entamer, ces derniers jours, la détermination du mouvement social, qui exige un budget 2026 à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours sans gouvernement, tente de ranimer le « conclave » sur les retraites pourtant conclu sur un échec cuisant. Le voilà qu’il évoque la retraite des femmes sans remettre en cause une réforme inique passée en force. Sur le cœur du budget 2026, aucune réponse. Ni sur les franchises médicales, ni sur les suppressions de 3 000 emplois dans la fonction publique, ni sur le financement de la Sécurité sociale. Ni sur le niveau d’investissements pour les services publics. En repoussant la taxe Zucman sur les très hauts revenus, l’homme lige de Macron a envoyé un message limpide : la politique qui a asséché les recettes publiques va continuer. Un plan antisocial dont les travailleurs ne veulent pas. Ils le diront ce jeudi.

  • Stéphan Fiori se lance en candidat libre de la droite

    Stéphan Fiori se lance en candidat libre de la droite

    À ce stade, Stephan Fiori, sorti de nulle part, est le candidat le plus avancé dans la campagne des municipales des 15 et 22 mars : affiche, slogan, visuels de projets, candidats sur sa liste… Ce chef d’entreprise de 47 ans dans les assurances a frappé fort, ce mardi soir au Novotel du centre-ville, pour officialiser sa candidature.

    Il fallait au moins ça pour sortir de l’anonymat politique. « Je crois en moi », nous confie-t-il, très sûr sur sa personne et son destin, à l’issue de plus de deux heures de meeting, réunissant quelque 250 personnes. « Il y a toute la jet-set d’Avignon », glisse un connaisseur. Dans l’assistance, beaucoup de commerçants, chefs d’entreprise et quelques encartés LR, dont Yohan Courtois, candidat aux législatives de 2024, et son suppléant, Pierre Bories, époux de Pascale Bories, maire LR de Villeneuve. « En 2023, je me suis rapproché de LR, mais j’étais trop bridé, le meilleur moyen de défendre sa ville est de partir libre, sans parti », estime Stephan Fiori, dont les 52 autres colistiers n’ont aussi « aucun passif ». S’il y a bien eu quelques échanges avec Julien Aubert (LR), ils ont été vains.

    Se posant en pur Avignonnais – il vient d’y racheter un logement car vivant à Rognonas -, le candidat a déjà dévoilé plusieurs mesures phares, reposant sur un état des lieux assez précis et pédagogue. Mais les réponses peuvent paraître parfois symboliques (maire qui prend la délégation sécurité), voire populiste : « Plus aucune construction de logement social ». Sans surprise, la sécurité, la propreté et la circulation (fin du plan faubourgs, retour de la voiture en centre-ville) ont principalement animé son propos.

  • Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    « On ne peut pas penser séparément la lutte contre l’immigration clandestine et celle contre la délinquance. » Les mots du nouveau préfet de Paca et des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, lors du bilan de ces huit premiers mois marque bien sa nouvelle stratégie. Malgré des actes de délinquances en baisse, continuant la dynamique entamée en 2024, et des chiffres de la lutte contre le narcotrafic encourageants, le haut fonctionnaire a martelé l’importance de la lutte contre les personnes en situation irrégulière.

    L’occasion pour Georges- François Leclerc de faire le bilan sur la réforme administrative de mars 2025 qui « permet une unité de commandement ». Une transformation qui a permis « de concentrer davantage les moyens et les techniques sur la lutte contre l’immigration clandestine », selon le haut fonctionnaire.

    Cette stratégie répressive des personnes en situation irrégulière s’aligne avec celle du ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau incitant à plus de contrôles et plus de délivrance d’obligation à quitter le territoire (OQTF). Le préfet s’est donc félicité d’une hausse de 72% d’interpellations de personne en situation irrégulière entre janvier et août 2025, par rapport à la même période en 2024.

    Intensification des contrôles

    Une augmentation liée à une intensification des contrôles. Le commandant de gendarmerie Pierre Baillargeat affirme d’ailleurs que sur les zones rurales : « Plus de 300 gares et trains sont quotidiennement contrôlés par les gendarmes pour assurer la tranquillité des voyageurs et pour nous inscrire dans cette dynamique voulue par monsieur le préfet de contrôle des individus et de lutte contre l’immigration irrégulière », explique-t-il.

    Une hausse des contrôles qui entraîne selon le commandant « des résultats significatifs, puisque trois fois plus de personnes en séjour irrégulier ont été contrôlées cette année ». Sur les 7 111 personnes sans papiers interpellés sur les Bouches-du-Rhône, aucune information n’indique s’ils ont été appréhendés lors d’un contrôle d’identité ou d’un autre délit.

    Le préfet met d’ailleurs en avant l’augmentation des émissions d’OQTF. « À chaque fois qu’un dossier est transmis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, il y a l’émission d’une OQTF », affirme-t-il. Cette sanction administrative oblige la personne visée à quitter le territoire sous 30 jours. Elle peut être délivrée à toutes personnes n’étant plus en régularité sur le territoire ou ayant commis des troubles à l’ordre public.

    Lutte contre le narcotrafic

    La préfète de police, Corinne Simon, est ensuite revenue sur les réussites des forces de police dans la lutte contre le narcotrafic, avec notamment la présence constante de trois unités de CRS en résidence à Marseille. La création d’une brigade de CRS « nouvelle génération », déployable sur tout le territoire répond « à cette volonté d’être omniprésent sur toute la zone », affirme-t-elle. Le préfet se félicite également du déploiement de la stratégie utilisée dans les quartiers nord sur la zone entre Belsunce, Noailles, les Réformés et la Canebière. « Il n’y a pas un jour où il n’y a pas de patrouille », précise le fonctionnaire. Une stratégie qui permet notamment le contrôle des 9 points de deal du centre-ville identifiés. Le haut fonctionnaire a également insisté sur la baisse des chiffres des actes de délinquances sur le territoire (lire ci-contre). Pas un mot en revanche sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pourtant « grande cause nationale » d’Emmanuel Macron.

    Malgré les bons chiffres, la lutte contre le narcotrafic et la délinquance semblent être détrônée dans l’ordre des priorités par « lutte contre l’immigration clandestine », l’alpha et l’oméga de la politique de Bruno Retailleau, de l’État, de ses représentants… Comme de l’extrême droite.

  • La droite veut (encore) rendre le château de la Buzine à Nicolas Pagnol

    La droite veut (encore) rendre le château de la Buzine à Nicolas Pagnol

    Pour une énième fois ce vendredi, la droite marseillaise avait donné rendez-vous à la presse devant les grilles du château de la Buzine (11e arr.) pour tirer le bilan du Printemps en matière de protection du patrimoine. Face au 1/9e de page consacré au sujet dans le bilan municipal qui en comptait 144, Romain Simmarano, président du collectif Une Génération pour Marseille, attaque : « Ce n’est pas à la hauteur de la 2e ville de France ! » Pour le maire (LR) des 11-12 Sylvain Souvestre, la Buzine, où la droite avait ses entrées et qui est désormais reprise en régie, est « le symbole de l’échec en termes de culture ». Il évoque une baisse de la fréquentation de 40% depuis la reprise, quitte à comparer les goûters payants alors proposés aux enfants avec l’usine à films qui depuis a accueilli près de 16 500 personnes, rit-on à la municipalité. Mais le maire de secteur insiste : « Ce que nous voulons, c’est redonner la Buzine à Nicolas Pagnol [le petit-fils de Marcel Pagnol, Ndlr]. »

    La droite a cependant d’autres propositions. « Des villes comme Nice ont des brigades anti-tag qui interviennent dans les 24 heures », avance Sandra Blanchard, la secrétaire générale du collectif. Lequel propose aussi un guichet unique du patrimoine, la création d’un musée de la marine avec les collections de la CCI, une nouvelle exposition pour le musée d’histoire consacrée aux communautés qui ont fait Marseille, la demande d’une protection patrimoniale de la digue du large. Maltraité par la droite lorsqu’elle était à la mairie, le patrimoine marseillais bénéficierait-il alors de moyens renforcés ? « L’idée, ce n’est pas de mettre plus de moyens, c’est un meilleur pilotage des équipes », répond Sandra Blanchard.

  • [Rue de la République] Martine Vassal : « Je veux que Marseille devienne la capitale de la réussite »

    [Rue de la République] Martine Vassal : « Je veux que Marseille devienne la capitale de la réussite »

    Sa déclaration de candidature

    Didier Gesualdi : C’est la désormais candidate officielle à la mairie de Marseille que nous recevons. Pourtant, vous nous aviez dit ici que vous aviez été très marquée par la défaite de 2020.
    Oui, 2020 m’a marquée. J’en ai tiré les leçons. Je n’ai eu de cesse d’essayer de faire mieux que précédemment. Et puis, il y avait beaucoup d’incertitudes. D’abord savoir ce que Renaud Muselier voulait faire. Ensuite, savoir si la loi PLM allait passer. Jusqu’à début août, on n’avait pas de mode de scrutin, pas de date non plus. On sait que ça sera les 15 et les 22 mars. Enfin, quand je vois ma ville, la façon dont elle est et dont elle décline, eh bien je m’engage. On ne peut pas continuer comme ça. Quand j’entends des tas de gens dire qu’ils veulent la quitter parce que ça ne va pas du tout sur l’espace public, la sécurité, l’attractivité, je me dis, « j’y vais, je fonce ». J’ai l’honneur et la chance d’être présidente d’institutions, de faire beaucoup de choses, d’accomplir nos engagements de campagne. Je vois bien que ça ne va pas.

    Didier Gesualdi : Votre première motivation, ça serait l’échec du Printemps marseillais ?
    C’est surtout que je constate depuis ces 6 années que la gauche, le Printemps marseillais, a fait de Marseille un laboratoire de l’idéologie. Moi, je veux en faire une capitale de la réussite. Nous avons tellement d’atouts.

    Léo Purguette : La majorité sortante communique autour de « Marseille réussit », vous n’êtes pas d’accord ?
    Oui, grâce à la Métropole. Quand on voit ce qu’il y a dans le magazine, 80% de ce qui a été fait l’ont été par la Métropole, et c’est une fierté.

    Didier Gesualdi : On vous a longtemps présenté comme un bébé Gaudin. C’est fini, cette page est tournée ?
    En réalité, je suis l’héritière d’un papa Mazarguais et d’une maman fille d’immigré. C’est le seul héritage que je reconnais. Je n’ai pas l’habitude de regarder derrière. J’avance. Je fais. Le Printemps marseillais a été 6 ans en responsabilité, on voit tout ce qui s’est mal passé. Je suis depuis 10 ans à la tête du Département, de la Métropole, on a fait des bilans de mi-mandats, on a tenu nos engagements. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est d’expliquer à la population marseillaise ce que l’on veut faire, où on veut aller. Je n’ai pas les yeux derrière la tête, je les ai devant.

    La droite et le centre

    Léo Purguette : Une des leçons que vous aviez tirées de 2020, c’était les dangers de la division de votre camp. Est-ce que ça va tenir entre une Sabrina Agresti-Roubache et une Valérie Boyer ? Est-ce que Frédéric Collart sera votre Bruno Gilles 2026 ?
    Oui j’ai tiré des leçons. Je n’ai eu de cesse de travailler à cette union. Vous savez, c’est comme un mariage, il faut l’entretenir. Si vous n’entretenez pas le lien entre toutes ces personnes qui étaient là samedi dernier pour ma déclaration de candidature, eh bien ça se casse. Donc une union, c’est toujours fragile. Rien n’est acquis, mais il y a un fil qui nous relie, c’est qu’on aime Marseille.

    Léo Purguette : Au moment où on se parle, vous êtes confiante sur le fait d’être la seule candidate de droite et du centre ?
    Au moment où on se parle, j’arrive à avoir les investitures des différents partis de cet espace politique de la droite, du centre, des écologistes raisonnables. On a un éventail très large. Après, chacun est libre d’avoir des aventures personnelles. J’ajoute que l’on a ces gens qui viennent de la société civile, de la jeunesse, qui nous disent « on veut s’engager, on veut aller de l’avant dans cette ville », parce qu’elle compte des talents et des potentialités.

    Léo Purguette : Vous parlez de « méthode Vassal », qu’est-ce que ça veut dire ?
    C’est « je fais ce que je dis et je dis ce que je fais ». Sur les principes, c’est très clair, je n’ai pas de temps à perdre. C’est la façon dont je fonctionne : je prévois des actions et après je les réalise. Et si je ne peux pas, je dis pourquoi. Je suis claire, j’avance. Ce territoire, on l’a transformé. C’est une fierté.

    Les secteurs, le RN

    Léo Purguette : La réforme PLM est assez défavorable à votre camp, qui compte des notables implantés dans les secteurs. Comment allez-vous vous y prendre tactiquement ?
    Ce que je trouve dommage, c’est qu’on éloigne les habitants. Je ne parle pas de Paris ou de Lyon, je ne connais pas assez bien. Mais Marseille, c’est huit secteurs dont chacun représente l’équivalent d’une ville d’Aix. Comment voulez-vous arriver à gérer la proximité ? Il faut des maires de secteur. Si j’ai l’honneur d’être choisie par les Marseillaises et les Marseillais, je travaillerai avec tous les maires de secteur. Il y aura une liste mairie centrale et des listes pour chaque secteur avec deux urnes.

    Léo Purguette : Vous serez candidate dans quel secteur ?
    Moi je conduirai la liste sur Marseille.

    Léo Purguette : Dans les 6-8, vous ne serez pas tête de liste ?
    Je ne suis pas candidate d’un secteur, je veux représenter tous les Marseillais.

    Léo Purguette : Ce scrutin moins ancré dans la proximité donne une prime à l’extrême droite. Est-ce que ça vous fait peur ? Est-ce que cela explique votre prise de position vigoureusement contre l’immigration après le fait divers de Belsunce ?
    Non, non et non. En vérité, ce n’est pas d’aujourd’hui que je m’occupe de sécurité. Je vais vous rappeler ce que j’ai fait au Département : le 100% sécurité dans les collèges, l’aide que nous apportons à la police nationale, les gendarmeries que nous refaisons, les pompiers… Je finance 80% de la vidéoprotection des communes qui le souhaitent. Par rapport au RN, c’est un peu notre faute la situation dans laquelle on est. Pendant trop d’années, on a laissé la bien-pensance imposer qu’il ne fallait pas parler de sécurité, rien dire sur l’immigration. Le RN a pris cet espace.

    Le climat politique

    Léo Purguette : Vous avez dit « Marseille je t’aime ». Est-ce que ça suffit ? On n’arrive pas à accrocher le débat de fond avec des invectives sur les réseaux sociaux. Regrettez-vous ce climat ?
    Oui je le regrette…

    Léo Purguette : Est-ce que ça ne va pas mettre du vent dans les voiles à l’extrême droite et à l’abstention ?
    Ce que je vais faire, c’est regarder devant.

    Didier Gesualdi : Mais quand on dit « Benoît Payan a perdu mon numéro », ça sert à convaincre qui ? Les militants ?
    Non… J’ai voulu faire un trait d’humour. Mais, franchement, ce qui m’intéresse, c’est de faire. Le bilan que j’ai depuis 10 ans à la tête des institutions que j’ai l’honneur de présider le prouve. Regardez les transports, c’est une révolution ! Les gens en ont ras le bol d’entendre « c’est pas moi c’est l’autre ». Moi je suis dans l’action.

    Les axes de propositions

    Léo Purguette : Vous dites qu’à Marseille, ça ne va pas. Quelles sont vos propositions structurantes pour la Ville ?
    D’abord, on va rentrer dans le détail dans les semaines à venir, puisqu’on a fait des ateliers, que les différentes composantes ont travaillés. Je suis pour être simple : avoir un programme efficace et qui soit réalisable. Je veux avancer sur la sécurité, sur le bon sens et sur l’action. La sécurité, c’est quoi ? Mettre des policiers municipaux dans tous les quartiers…

    Léo Purguette : … Il y en a quand même eu beaucoup plus avec l’actuelle majorité.

    Didier Gesualdi : Ils ont doublé selon le Printemps marseillais.
    Il suffit d’ouvrir les yeux sur l’espace public. Où sont les policiers dans le 12e ? Dans le 15e ? Dans le 11e ? Il y a peut-être une ligne pour mettre une intention de postes et après, il y a la réalité dans l’espace public. Il faut plus que doubler les effectifs de police et surtout faire de la vidéoprotection, avec des gens derrière, pour gérer l’espace public. Là, il y a une chose que je reconnais au Printemps marseillais, c’est d’avoir tenu ses promesses : suppression de la vidéoprotection…

    Léo Purguette : … il a nettement évolué sur cette question avec Marseille en grand.

    Didier Gesualdi : Le Printemps marseillais dit que durant l’époque Gaudin, la moitié des caméras étaient débranchées.
    Oui c’est ça ! C’est pour ça qu’il y a nettement moins d’insécurité dans les rues maintenant… Je continue sur le bon sens. Enfin… On ne peut pas laisser l’espace public comme il est maintenant. Oui, la Métropole est responsable de la collecte et du nettoyage dont la Ville n’a pas voulu entre parenthèses. Le matin, on nettoie et eux, ils permettent de salir. C’est acceptable ça ?

    Didier Gesualdi : C’est si schématique que ça ? Ils permettent de salir ?
    Oui parce que quand vous avez des gens, des restaurateurs qui traînent la poubelle en laissant des traces d’huile partout… parce qu’on ne les contrôle pas, on ne leur explique pas. Le laisser faire tout et n’importe quoi, ça suffit, les enseignes qui ne sont pas conformes… La liste est très longue. Le bon sens, c’est de mettre l’espace public en ordre. La dernière chose, c’est l’action. Attirer ici des belles enseignes, des entrepreneurs. Ils les ont fait partir ! Les galeries Lafayette ferment, la villa Valmer à grands coups de procès, on abouti à ce qui était prévu au départ avec quatre ans de retard… J’aime cette ville, j’y ai grandi, fait mes études, élever mes enfants. Je veux que ce soit la capitale de la réussite.

    La justice
    Didier Gesualdi : Une procédure judiciaire est lancée par un de vos anciens collaborateurs qui dénonce un « système Vassal », que répondez-vous ?

    D’abord, je suis l’objet d’un maître chanteur. Un directeur que nous n’avons pas gardé. Et lorsque nous avons voulu mettre fin à son contrat, il nous a menacés de révéler un tas de choses qu’il a énuméré. Je n’ai pas l’habitude de céder au chantage, ce n’est pas maintenant que ça va commencer. J’ai porté plainte. Je ne suis pas assez bonne en communication, mon tort, c’est au mois de novembre quand j’ai porté plainte de ne pas avoir crié que j’étais victime d’un chantage. À la fin de son contrat, il a porté plainte également donc c’est une plainte conjointe et il faut savoir qu’après mon dépôt de plainte, une enquête a été ouverte qui ne me concerne pas et que j’ai déclenchée. Je veux bien tout, mais lancer des fausses rumeurs… Je m’excuse de vous dire qu’en 2015, j’ai mis fin à un système. Nous étions bien seuls avec Renaud Muselier à le décrier. Donc le système Vassal… J’aimerais plutôt parler de la méthode Vassal.
    La situation nationale

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le socle commun reste ensemble ? Ce n’est pas si simple. Et qu’avez-vous à dire aux gens qui descendent dans la rue et qui sont en colère par rapport à la situation sociale ?
    Je les comprends. Il n’y a rien qui avance. On a l’impression de reculer. La moitié des Français sont à découvert le 15 du mois. Quand un retraité à travaillé toute sa vie et n’a droit à rien. Ce n’est pas acceptable.

    Léo Purguette : Donc, il faut que M. Lecornu lâche sur la justice fiscale ?
    Il faut qu’il lâche sur la justice sociale, sur la justice fiscale. Un chef d’entreprise, vous ne croyez pas que ça lui ferait plus plaisir de donner à son salarié plutôt que de donner à l’État ?

    Didier Gesualdi : Ça sert aux services publics, ce n’est pas rien.
    Il faut de l’exigence sociale, que la solidarité aille à ceux qui en ont vraiment besoin. Il faut tout remettre à plat. Je crois au courage et à la décentralisation. Je crois qu’on va pouvoir sauver la France par les territoires.

    Léo Purguette : Encore faut-il qu’ils aient des moyens.
    Bien sûr, c’est pour ça qu’il faut attirer des richesses.

    La question des lecteurs

    Miseviciute : Quelle est la position de Marseille vers l’international ?
    Mon projet pour Marseille prend en compte la dimension internationale, je pense que la position de Marseille est essentielle. Marseille doit être la capitale de la Méditerranée, la capitale de l’ouverture vers le continent africain, qui connecte au reste de l’Europe. C’est un niveau essentiel. Il faut continuer à tisser des relations avec l’ensemble des villes qui le souhaitent pour continuer à en améliorer la qualité. Et avoir des échanges avec d’autres, les faire venir sur notre territoire, permettre à nos entrepreneurs d’aller chez eux. Dans ce domaine, Marseille à un rôle central à jouer.

  • Le Medef Sud combat LFI mais « discute » avec le RN

    Le Medef Sud combat LFI mais « discute » avec le RN

    En conférence de presse, ce mercredi à Marseille, le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou, a décidé d’envoyer les pieds à l’encontre de différents partis de gauche, sur fond de débat autour du budget et des consultations du Premier ministre, Sébastien Lecornu. « La démagogie, le clientélisme, l’incurie et l’inculture des politiques, notamment LFistes, m’insupportent de plus en plus. Raconter à ce point des bêtises, ce n’est pas possible ! », entame-t-il, visiblement remonté. Il fait notamment référence au passage d’Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, sur BFMTV, le 11 septembre dernier, qui s’était pour le moins emmêlé les pinceaux à propos du fonctionnement de la taxe Zucman. « LFI, Mélenchon, Coquerel… Ils surfent sur les angoisses des gens qui ne voient pas de perspectives et qui considèrent que faire payer les riches peut apporter des réponses à leurs difficultés, ce qui est totalement faux », développe Stéphane Benhamou. Il s’attaque également à l’économiste Gabriel Zucman et ses soutiens. « Ce nouvel économiste… Un pikettyste punaise ! [sic, référence à l’économiste classé à gauche Thomas Piketty] Il n’a jamais vu une entreprise. Il ne sait pas faire la différence entre un résultat d’exploitation et le patrimoine virtuel. » En passant, le PS en prend aussi pour son grade puisque l’entrepreneur varois dénonce ses « gesticulations ». « On ne peut pas se revendiquer élu de la république et tenir des propos clientélistes comme ça », tacle-t-il, accusant les socialistes de « surfer à 6 mois des municipales ». En bref, Stéphane Benhamou suit les traces de Patrick Martin, président du Medef, dans sa montée au créneau contre une potentielle reprise de mesures proposées par la gauche par le nouveau Premier ministre.

    « Ils veulent la stabilité fiscale »

    Mais il va bien plus loin dans son raisonnement, dressant un cordon sanitaire à l’encontre de LFI : « Je reconnais le travail des élus locaux et régionaux, de toutes couleurs politiques confondues, à l’exception de LFI. » Par contre, il n’a visiblement aucun problème à tendre l’oreille en direction d’élus d’extrême droite. « Je discute très régulièrement avec des députés du RN, tous me disent qu’ils veulent la stabilité fiscale, qu’ils demandent à ce que les entreprises ne soient pas davantage taxées », explique-t-il sans sourciller. De quoi contraster avec la position de son prédécesseur, Jean-Louis Maurizi, qui pointait un « programme économique vide et [qui] n’a aucun sens » du côté du RN lors des dernières élections européennes. Après l’invitation de Jordan Bardella à l’université d’été de l’organisation patronale, espérons que le grand patronat ne reprenne pas des positions que l’on croyait révolues depuis 1944…

  • Vassal officialise sa candidature, à droite toute

    Vassal officialise sa candidature, à droite toute

    C’était un secret de polichinelle qu’elle a dissipé samedi 13 septembre : la présidente de la Métropole et du Département, Martine Vassal, est officiellement candidate à la Mairie de Marseille. « C’est un jour particulier. Il y a six ans, je me lançais dans la campagne des municipales. Mais les choses étaient bien différentes à l’époque. Car l’union, nous l’avons aujourd’hui », lance-t-elle, dans l’espace de restauration cossu et bondé des Halles de la Major, à la Joliette. Elle avait alors échoué et vu les voix de la droite se disperser façon puzzle entre sa candidature LR, la liste du dissident Bruno Gilles et celle des macronistes menée par Yvon Berland.

    Cette prise de parole destinée à solder la journée de discussions et meeting organisée par le collectif de « droite et du centre » Une génération pour Marseille, est également l’occasion d’ « apporter des propositions » à leurs travaux. Parmi celles-ci, « le rétablissement de l’arrêt anti mendicité, des peines plancher, de la vidéo protection. La ville est souillée par des gens qui ne respectent rien », vitupère Martine Vassal, l’actuel maire de Marseille soutenu par une coalition de gauche, Benoît Payan, constamment dans son viseur.

    À ses côtés, plusieurs figures politiques locales comme la sénatrice LR Valérie Boyer ou l’ancienne députée et secrétaire d’État macroniste Sabrina Agresti-Roubache. Et évidemment, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’azur et délégué régional de Renaissance, Renaud Muselier. « Si on veut gagner, il nous faut une incarnation », s’était-il réjoui quelques minutes avant l’annonce, visiblement soulagé d’un poids. « Nous avions la nécessité de fédérer et éviter les erreurs qu’on a pu commettre dans le passé. On ne peut gagner que si on additionne », annonce ce briscard de la politique, juste après avoir salué son « frère, Bruno Gilles », ajusté Benoît Payan, « un maire non élu » qu’il juge encore coupable de « féminicide politique » envers Michèle Rubirola.

    À six mois du premier tour des élections municipales, la droite tente de mobiliser ses troupes pour « reconquérir Marseille », « tous unis sous les mêmes couleurs », slogans gimmicks d’une soirée au cours de laquelle la secrétaire générale du collectif Une génération pour Marseille, Sandra Blanchard, éructe devant les militants : « on a une putain de rage de gagner, on va les massacrer ».

    Grand écart ou salto ?

    La défaite aux élections municipales 2020 reste un traumatisme pour la droite locale, ville dont la gestion lui avait été retirée par les habitants après un quart de siècle de règne de Jean-Claude Gaudin, ce mentor et matamore de plusieurs générations d’élus de son camp, dont une bonne partie dans la salle.

    Au milieu de ce nuancier des droites et de ses soutiens, auquel manque encore Frédéric Collart, conseiller départemental issu de la majorité de Martine Vassal et candidat déclaré à la Mairie, l’ancien député des quartiers Nord, Saïd Ahamada est dans le public. La marque d’un soutien à Martine Vassal ? « Je viens en tant que spectateur », expose celui qui fut élu dans les quartiers Nord sous la bannière du parti de Macron lors de son premier quinquennat. « Je suis quelqu’un d’assez ouvert. J’espère surtout un arc républicain qui permettra de faire barrage à LFI et au RN. Qu’est-ce qui oppose Benoît Payan et Martine Vassal, si ce n’est la méthode de gouverner ? », ose l’actuel chef de file de Territoires de progrès. Une trentaine de minutes plus tard, Ludovic Perney, quinzième vice-président de la Région, cible encore le maire actuel qui s’est « mis à distribuer des couscous pour convaincre. Quelle indignité ! », harangue cet éternel jeune loup qui avait rallié la candidature de Bruno Gilles au détriment de Martine Vassal en 2020. Pendant six mois encore, le grand écart entre la macronie et la droite extrême s’annonce périlleux.