Tag: drogues

  • Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Des salariés plus gênés par la présence des caméras qu’autre chose… Sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e), c’est la rentrée ce lundi 15 décembre, après quinze jours de fermeture temporaire. La direction de l’entreprise ayant pris cette décision fin novembre après des « événements répétés » qui ont entraîné deux confinements. Les syndicats CGT et CFE-CGC avaient déposé des droits d’alerte pour « danger grave et imminent ». Tandis que la préfète de police déléguée, Corinne Simon, démentait, assurant n’avoir recensé aucun appel au 17, pas plus qu’avoir été alertée par la direction d’Orange.

    À la sortie du métro National, les salariés pressent le pas. « Franchement, on a l’habitude de cette ambiance, disons un peu chaude, les tags sur les murs, et tout le reste… Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Mais je n’ai jamais eu peur », confie l’une d’entre eux. Elle poursuit : « Ce n’est pas quinze jours de fermeture de site qui va régler un problème aussi important. » Même son de cloche chez un de ses collègues, Frédéric, habitant des quartiers Nord. Lui, ce qui « le tue », « c’est qu’on a un commissariat à quelques mètres et des points de deal de partout ». Un peu plus loin, un habitant tient à intervenir : « Y a pas qu’Orange, nous aussi on est là ! »

    La CGT prône

    le vivre-ensemble

    Depuis l’ouverture des portes ce matin-là une voiture de police a pris place sur le trottoir d’en face, une autre un peu plus loin. Le trafiquant de cigarettes est au rendez-vous lui aussi, vendant à l’unité, non sans succès si on en croit la liasse de billets qu’il compte. Les organisations syndicales ont pu rencontrer le responsable d’Orange France. « On est rassuré par le dispositif mis en place, on a aussi demandé une hotline avec des psychologues » indique Jérôme Bissey, délégué syndical CFDT Orange grand Sud Est, précisant que pour le moment 380 sur les 1 200 salariés du site, ceux qui viennent en transports en commun, sont concernés, dans l’attente de travaux sur les parkings.

    Contrairement à la CFE-CGC qui dénonce dans un communiqué un « retour forcé » et demande le « transfert des collaborateurs, tant que l’ordre républicain ne sera pas durablement rétabli dans le quartier », la CFDT réclame l’ouverture d’un deuxième site sur Marseille, Orange ayant vendu une bonne partie de son patrimoine immobilier. « Pour nous, cette réunion a permis de recadrer un peu certains syndicats qui font monter la sauce sur des thèmes politiques, ce qui n’est pas de bon augure dans un quartier comme Saint-Mauront, au lieu de travailler sur le vivre-ensemble, à la part sociale que doit prendre Orange dans le quartier », estime Guillaume Lamourette secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Pour le syndicaliste, la disparition des services publics dans les quartiers est aussi un facteur aggravant. Dans un tract distribué aux salariés, la CGT rappelle ses revendications : remboursement des abonnements RTM, ouverture de plusieurs sites, un parking…

    Après plus d’une heure de réunion, la préfète de police estime que la « crise est passée » mais précise que le dispositif restera « souple et adapté ». Au-delà des rondes et patrouilles, une présence statique est assurée « sur des horaires de rentrée et de sortie des salariés pour leur permettre de travailler en toute sécurité ». Et ce pour au moins quinze jours. La direction d’Orange affirme, elle, « rester pleinement mobilisée pour assurer un environnement de travail sécurisé et serein. »

  • Réunion au sommet contre le narcotrafic marseillais

    Réunion au sommet contre le narcotrafic marseillais

    Le drame de trop ? La réaction viendra-t-elle du sommet de l’État après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste, Amine Kessaci. Toujours est-il que le président de la République a pris l’initiative d’une réunion portant sur la lutte contre le narcotrafic.

    Les ministres Gérald Darmanin (Justice), Laurent Nuñez (Intérieur), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Amélie de Montchalin (Comptes publics), ainsi que le procureur de Marseille Nicolas Bessonne seront autour de la table, a fait savoir l’Élysée, confirmant une information de franceinfo.

    Le directeur général de la police nationale, de la police judiciaire, ainsi que le préfet des Bouches-du-Rhône seront également présents.

    Lors de la réunion, « un point à l’ordre de jour sera spécifiquement consacré à la situation à Marseille », a déclaré l’Élysée.

    Jeudi, le frère d’un militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, Amine Kessaci, a été abattu par balles à Marseille. Le procureur Nicolas Bessone n’a pas exclu un assassinat d’avertissement. Un autre frère d’Amine Kessaci avait été tué en 2020 (lire ci-dessous). À Grenoble, un jeune adolescent a par ailleurs été touché dans la nuit de samedi à dimanche par trois balles près d’un point de vente de drogue, et était toujours dans le coma lundi.

    Cette réunion au sommet doit porter selon l’Élysée sur la « mise en œuvre » et « la montée en puissance » de la loi narcotrafic, qui a été promulguée en juin.

    Celle-ci prévoit entre autres « l’installation du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) qui sera officiellement créé le 1er janvier prochain », précise l’Élysée.

    Ce nouveau parquet sera compétent sur les dossiers les plus graves et complexes en matière de crime organisé, sur le modèle du parquet national antiterroriste (Pnat) et du parquet national financier (PNF).

    « Le chef de l’État suit ce sujet de très près et s’était notamment rendu en mai dernier à l’état-major de lutte contre le crime organisé à Nanterre », a précisé l’Élysée.

    Reste à savoir quels seront les délais pour cette installation et les moyens alloués, au-delà des effets d’annonce.

  • « Les politiques contre la drogue sont un échec total »

    « Les politiques contre la drogue sont un échec total »

    La Marseillaise : En tant que présidente de la LDH, vous avez choisi de venir à Avignon pour cette journée de débats. Cela montre-t-il que les politiques autour de la drogue sont un sujet qui vous tient
    à cœur
     ?

    Nathalie Tehio : C’est effectivement un sujet particulièrement important. On se rend compte qu’il y a un vrai problème de sécurité lié au trafic de drogue. Et particulièrement dans le Vaucluse, d’où le choix d’organiser cette journée ici. On me parlait de la fusillade qui a touché un tram et c’est particulièrement grave, car cela montre que cela peut toucher n’importe qui. Donc, il est important de se poser à un moment donné pour réfléchir de nouveau, puisque la seule solution qui est proposée, comme une sorte d’engrenage, est une solution sécuritaire. C’est-à-dire qu’on nous dit : « Puisque le principe est de chercher la sécurité, vous acceptez les mesures que le gouvernement et les exécutifs locaux vous proposent », y compris lorsqu’elles sont contraires aux droits et aux libertés.

    Cette politique est-elle un échec, selon vous ?

    N.T. : C’est un échec total. Il faut rappeler qu’en Europe, la France est à la fois le pays qui a la politique la plus répressive et celui avec la population la plus consommatrice de drogues. C’est quand même fou et ça montre bien qu’il faut changer de politiques.

    À quoi cet échec est-il dû ?

    N.T. : C’est le résultat de politiques néolibérales. La loi prévoit, par exemple, un plan quinquennal d’éradication de la pauvreté, dont le lien avec le trafic de drogues est prouvé. Or, depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, il n’a pas été fait. On voit qu’éradiquer la pauvreté n’est pas une cause nationale. Tout comme le choix de la politique du chiffre mise en place lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir. On demande des comptes aux policiers et les enquêtes pour faire tomber un réseau durent des mois et des mois. Donc, on s’attaque aux petites mains, au trafic de rue ou encore au consommateur, car ce sont des cas résolus souvent en cinq minutes. Il faut que l’on se concentre sur le haut du panier et pas l’inverse.

    Quelles solutions portez-vous justement ?

    N.T. : On prône, par exemple, la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. C’est ce que prône également l’ONU. Pour la grande majorité de ceux qui consomment des drogues, l’usage est tout à fait contrôlé et raisonné. Tout en sachant qu’il peut y avoir des effets nocifs à l’égard d’autrui et il faut bien sûr en tenir compte.

    Quels sont vos leviers d’action ?

    N.T. : Tout d’abord à travers des journées comme celles-ci. Cette journée d’étude est nationale. Et on porte nos propositions au gouvernement avec le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD). Dans ce cadre, nous avons rédigé clés en main une proposition de loi qui est sur la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. Des propositions dont des députés et sénateurs se sont emparés. La sénatrice écologiste de Paris, Anne Souyris, a déposé une loi à ce propos, avec un texte largement inspiré de notre travail. On est toujours dans cette dynamique-là et on veut relancer d’autres sujets, comme celui des haltes soins addictions.

    L’événement se tient de 8h30 à 17h30, ce samedi, à la Scierie, 15, quai Saint-Lazare.

  • Repenser ensemble les politiques autour de la drogue

    Repenser ensemble les politiques autour de la drogue

    Alors qu’il y a moins d’un mois, le procès du point de deal du Ponzo, dans le quartier de Monclar à Avignon, rappelait la violence, l’ampleur et la professionnalisation du trafic de drogue, la LDH de Vaucluse organise ce samedi 15 novembre une journée de débats afin de « repenser les politiques des drogues », de 8h30 à 17h30, à La Scierie à Avignon.

    « Force est de constater que la France continue de traiter les conséquences visibles du trafic de drogue sans s’attaquer à ses causes profondes, alors que la France figure parmi les plus gros consommateurs de cannabis », précise Fabienne Haloui, vice-présidente de la section LDH Avignon Orange Carpentras et membre du comité national de la LDH, lors de la présentation de cette journée. Localement, il y a eu en 2025 quinze fusillades liées au trafic, qui ont causé la mort de huit personnes.

    Une journée qui sera partagée en 4 tables rondes animées par des intervenants de tous milieux. Comme par exemple Anthony Caille, secrétaire général de la CGT Intérieur et enquêteur à la Police judiciaire de Paris, Christian Ben Lakhdar, professeur d’économie à l’université de Lille et spécialiste de l’économie des drogues et des conduites addictives, ou encore Michel Antoni, médecin addictologue. « Nous voulons traiter le sujet dans sa globalité », précise Fabienne Haloui. La LDH avance ainsi plusieurs propositions sur le sujet : concentrer les moyens répressifs sur le haut du spectre de la criminalité ou en ouvrant le débat sur la légalisation encadrée du cannabis.

    Inscription souhaitée mais non obligatoire sur urlr.me/xUTPdE. la Scierie 15 boulevard
    Saint-Lazare, Avignon.