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  • Les liquidateurs de Fibre Excellence ont gardé les clés de l’usine

    Les liquidateurs de Fibre Excellence ont gardé les clés de l’usine

    « On s’attendait ce matin à voir Realtec et les mandataires judiciaires quitter le terrain pour laisser place à l’Ademe [Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, ndlr], pour que soit enfin procédé à la mise en sécurité des installations », s’étonne Jean-Michel Bulinge. Le délégué syndical du site et trois autres ex-salariés restent en veille et s’inquiètent « de la lenteur de frappe du gouvernement alors qu’il y a urgence à agir et que des décisions ont été prises », par le ministre de la Transition écologique et le préfet des Bouches-du-Rhône.

    Depuis que la station d’épuration et les pompes qui alimentent le système incendie ont été remises en fonctionnement, le 17 septembre dernier par les anciens salariés, ils sont une poignée à se relayer « pour gérer le lessivage des eaux polluées », détaille Julien, technicien de maintenance. Dans l’usine, lundi matin, les salariés de Realtec, société « spécialisée dans la fermeture de site » missionnée par les administrateurs judiciaires, géraient toujours, quant à eux, les entrées et les sorties sur le site Seveso.

    Deux entreprises prestataires de Fibre Excellence s’y sont cassé le nez. La première, Chimirec, spécialisée dans le tri et traitement des produits chimiques, entendait récupérer ses conteneurs « toujours stockés dans l’usine et remplis », indiquait la salariée, un peu « inquiète d’être restée sans réponse des mandataires ». Le second prestataire, Soprovise échafaudages, venu récupérer son matériel dans le local où il l’entrepose s’est également vu refuser l’entrée. Jeudi, lors d’une visite du site, les ex-salariés, en présence de journalistes, avaient constaté que la grille du local de cette entreprise avait été forcée. « La situation est des plus préoccupantes, confirme l’UD CGT 13, les salariés présents assistent impuissants à des méthodes qui s’apparentent à du pillage de matériels, d’outillages et d’éléments divers dans l’usine. »

    Renaud Muselier « attentif »

    En fin de matinée, les agents de l’Ademe et de la Dreal Paca (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) sont entrés accompagnés d’un huissier et ont procédé à un tour du site. « On subit une vraie pression de la part des liquidateurs, témoigne Julien, alors qu’on s’évertue à éviter les catastrophes étant donné qu’ils ont tout stoppé n’importe comment ». Une nouvelle fuite serait survenue « depuis le retour de Realtec sur le site », précise l’UD CGT 13 qui demande « l’intervention de la préfecture, de la Dreal et des services compétents pour constater l’origine et l’étendue de la fuite, le prélèvement et l’analyse du réseau pluvial dans le Rhône, un inventaire des matériels présents » et « la suspension de tout démantèlement ».

    Car la CGT est convaincue qu’il y a un avenir pour la production de pâte à papier sur le site de Tarascon comme à Saint-Gaudens où la présidente (PS) de la Région Occitanie s’est engagée à la recherche d’un industriel et financièrement. Interpellé par le syndicat sur son niveau d’engagement en faveur de Fibre Excellence Provence dont 270 emplois directs et toute une filière dépendent, le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, « a bien reçu la demande d’audience de l’UD CGT 13 et le projet présenté par le syndicat fait actuellement l’objet d’une étude attentive ». Mais il y a urgence à agir.

    Licenciés et dans l’impasse

    Tous les contrats de travail ont été stoppé au 29 Août, selon le délégué syndical, « mais certains ont continué jusqu’au 1er septembre, voire jusqu’au 17 , et on a déjà un licencié dans ce cas que France Travail a prévenu que ce qui lui a été versé après le 29 août pourrait être un trop perçu car le mandataire est sensé le payer ». Un autre, qui a refusé le CSP et a créé son entreprise, est bloqué « parce qu’il n’obtient pas les documents administratifs nécessaires à son inscription à France Travail et il est en train de perdre ses futurs clients ».

  • La relance de la LEO reste au point mort

    La relance de la LEO reste au point mort

    C’est l’un des dossiers majeurs, voire « le numéro 1 », ouvert par Olivier Galzi dès son élection comme maire (DVD) d’Avignon puis comme président du Grand Avignon : relancer la liaison Est-Ouest (LEO), rejetée dans sa version initiale par ses prédécesseurs au point que, en novembre dernier, l’État stoppait les crédits prévus pour la phase 2. Une semaine à peine après son accession au Grand Avignon, Olivier Galzi rencontrait à Paris, Philippe Tabarot, ministre des Transports. « Il a été acté que le dossier est rouvert et tout sera fait pour récupérer les crédits », s’enorgueillissait le maire à la sortie de la réunion.

    Sauf que depuis, la LEO reste au point mort. Selon nos informations, aucun courrier d’intention du ministre n’est arrivé sur le bureau d’Olivier Galzi ni encore moins d’engagement financier. Contacté, le ministère des Transports n’a pas donné suite dans l’immédiat. Côté Grand Avignon, on préfère aussi le silence à ce stade. « Nous communiquerons sur les prochaines étapes en temps voulu », répond l’agglo. Ce qui sous-tend bien que la situation n’a guère évolué favorablement, bien que le « sujet reste majeur ». Ce statu quo vient confirmer les difficultés financières et techniques d’un projet qui reste toujours vivement critiqué. Depuis le début, Olivier Galzi a, lui, bien conscience que le tracé n’est plus « optimal » mais s’en accommode par « pragmatisme », craignant sinon de ne rien voir « avant 20 ou 30 ans ».

    L’État prêt à renoncer

    à la maîtrise d’ouvrage ?

    « Je ne dis pas que cela va être simple, parce qu’il y a des procédures qui ont dû s’arrêter, des financements qui sont partis », prévenait en avril Philippe Tabarot. Dans la foulée, fin avril, le préfet de Vaucluse se montrait aussi très prudent, notamment dans l’attente de nouvelles études de faisabilité sur une version minorée de la LEO, passant d’une 2×2 voies façon autoroute comme sur la phase 1, à une 2×1 voie en ceinture verte avec croisement d’autres routes et feux rouges. En service depuis octobre 2010, la tranche 1 (Courtine-Rognonas) de la LEO devait être suivie d’une seconde étape (Rognonas – carrefour de l’Amandier à Avignon) et d’une troisième jusqu’aux Angles avec un nouveau pont sur le Rhône. Un projet routier, déclaré d’utilité publique en 2003, dont les autorisations sont proches d’être caduques.

    Lors de la relance, Olivier Galzi mettait en avant un consensus politique, vantant le soutien des Départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, de la Région et de Terre de Provence, l’agglo du nord des Bouches-du-Rhône. L’ensemble réuni dans un pack territorial, aux côtés également de syndicats patronaux et organisations économiques (Medef, U2p, CPME). Une réunion de ces acteurs, prévue le 23 septembre, a été ajournée en octobre. « Nous pourrons apporter plus de précisions à l’issue de celle-ci », temporise la Région, sollicitée pour savoir si elle était toujours prête à maintenir son engagement financier (38 millions d’euros, soit 27% du coût de la phase 2 initiale estimée en 2014 à 142 millions). Côté Vaucluse, on semble davantage dans les starting-blocks : « Dès que le projet repart avec l’engagement de l’État, le Département est prêt à remettre sa participation prévue », indique la collectivité. Soit 21 millions d’euros.

    Pour rappel, l’État restait le principal financeur (54 millions d’euros, soit 38% du montant global) et porteur du projet. Mais jusqu’à quand ? D’après nos informations, fin juillet, la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a manifesté son intention de se retirer de la maîtrise d’ouvrage faute de temps face à d’autres priorités de transports. Si rien n’est acté, les signaux ne sont pas vraiment au vert. En avril, Olivier Galzi espérait glisser la LEO sur une ligne budgétaire du projet de loi de finances 2027. À terme, si l’État remet du carburant, il faudra aussi que le Grand Avignon soit certain d’abonder. L’agglo avait fléché quelque 18 millions d’euros dans la mouture initiale.

  • À Tarascon, l’usine de Fibre Excellence toujours protégée par ses salariés

    À Tarascon, l’usine de Fibre Excellence toujours protégée par ses salariés

    La garantie de sécurité du site dépend des salariés ! » Ce dimanche, Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT du site, réaffirme la volonté des travailleurs de Fibre Excellence de poursuivre la mise sous protection du site le temps nécessaire à sa sécurisation complète.

    Pour rappel, après sa liquidation judiciaire c’est un mandataire judiciaire qui a pris la main sur la gestion de l’usine de pâte à papier, et le site devait officiellement fermer, vendredi 28 août, avec la fin du contrat de travail des salariés. Mais nombreux sont les travailleurs qui s’inquiétaient de la manière dont la transition allait se faire et pointaient des risques industriels (lire nos articles du 29/08 et du 27/08) pour le site classé Seveso. « On veut tout faire pour éviter un déversement accidentel de produits chimiques dans le Rhône, un incendie ou autre… Il faut donc que les mesures nécessaires pour maintenir l’intégrité du site soient prises avec les concernés », rappelle Jean-Michel Bulinge.

    D’où des tensions avec le mandataire judiciaire la semaine passée, jusqu’à un gros coup de chaud le jour de la fermeture où la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) est venue constater la situation. « On connaît le site comme personne. Il y a de l’acide, de la soude, des produits alcalins, des bactéries, de l’acide phosphorique pour le traitement des eaux dans les bassins d’aération… On leur demande le temps de sécuriser avec notre expertise », expliquait, ce vendredi, Yohan, opérateur aux 24 ans d’usine.

    « L’arrêté préfectoral

    nous donne raison »

    Et visiblement, les travailleurs n’étaient pas dans le faux puisque la préfecture des Bouches-du-Rhône s’est fendue d’un arrêté inédit dans la foulée de la visite des services de l’État. Cet arrêté prescrit « des mesures d’urgence » à l’adresse du mandataire-liquidateur. Ce dernier, que La Marseillaise a pu consulter, constate que « la mise en sécurité du site n’a pas été initiée » par ledit mandataire et « qu’il convient de maintenir au-delà du 28 août 2026 une présence humaine adaptée sur site ».

    Plus que ça, la préfecture va dans le sens de la CGT et tacle l’action du mandataire : « Le liquidateur est mis en demeure d’assurer la surveillance du site et le maintien des dispositifs de sécurité […] sur la base d’une organisation comprenant […] l’équipe proposée par la CGT. » En clair, les salariés ont pu rester tout le week-end sur l’usine, comme le préconisait l’organisation syndicale. « Cet arrêté est une victoire. Il nous donne raison, on voit bien que l’action du mandataire ne tient pas la route », réagit Jean-Michel Bulinge. « Fermer sans plus de sécurité c’est de l’inconscience… L’arrêt, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. On n’arrête pas une usine à papier comme une boulangerie », abonde Jaïr Flor-Pachi, délégué FO et mécanicien atelier qui est entré à Fibre Excellence en 2003 en intérim puis salarié en 2012.

    « Jusqu’au bout

    des opérations »

    D’où un week-end apaisé avant une nouvelle semaine qui s’annonce chargée pour les travailleurs papetiers. « On a une réunion ce lundi avec le secrétaire général de la préfecture et les représentants des différents services de l’État concerné par le dossier », développe le syndicaliste. Une rencontre où les enjeux sont grands pour l’avenir du site : « Nous allons demander le maintien des salariés sur site, a minima pour les postes nécessaires pour qu’il y ait une garantie environnementale et sécuritaire. » Cette revendication concerne une quarantaine de salariés. Reste à savoir combien de temps cette situation de mise en sécurité va durer et si la préfecture accède aux demandes des travailleurs. « Dans tous les cas, il faut le maintien des travailleurs jusqu’au bout des opérations », conclut Jean-Michel Bulinge.

  • Fibre Excellence, la fermeture sous tension d’un site Seveso

    Fibre Excellence, la fermeture sous tension d’un site Seveso

    « Ce sont 11 000 m3 de produits dangereux qui se déverseront dans le Rhône si on coupe l’électricité comme l’a envisagé le mandataire ». C’est, au bas mot et résumé par François Batista, responsable UD CGT 13, ce qui inquiète les salariés alarmés par la fermeture précipitée du site.

    Ce vendredi à 23h, leur contrat de travail prend fin. Dans la matinée, le mandataire, qui balaie d’un revers les alertes des travailleurs de l’usine à papier de Tarascon, avait missionné des techniciens pour couper l’électricité conformément à ce qu’il avait annoncé la veille. Il estimait être « sur une simple mise en sécurité du site » avec « une coupure maîtrisée » et quatre personnes pour veiller à la sécurité d’un site de 45 hectares où sont encore stockées des tonnes de produits chimiques dangereux.

    Les CRS en stand-by

    Un document interne que La Marseillaise a pu consulter, indique que la situation est beaucoup plus complexe : « une vidange des capacités en six mois exige 5 personnes et durant les six mois, il faut l’effectif pour garantir la protection de ce site Seveso, sans compter les congés : 34 personnes ». Car, précise Jean-Michel Bulinge, DS CGT Fibre Excellence, « les bacs de liqueurs sont pleins alors que le mandataire avait avancé qu’elles étaient figées, cristallisées », dans les cuves. « La Dreal a pu le constater avec nous ce soir ». Une visite de l’usine permet en effet de comprendre le process de fabrication de la pâte à papier.

    Des tas de copeaux sont massés au sol. « C’est très inflammable, on a déjà eu 4 incendies en 18 ans », se souvient Jhonatan, opérateur au parc à bois. Au-dessus d’une cuve à liqueur un panneau avertit « atmosphère explosive ». Frédéric, autre « castor » du site et par ailleurs pompier volontaire, assure devant un autre silo : « L’eau qu’on pompe du Rhône est plus sale que celle qu’on rejette, mais si les pompes sont désactivées, la fosse se remplit et il n’y aura plus de traitement des eaux. Et je suis doublement inquiet car en cas d’incendie, si on essaie d’éteindre certains produits chimiques avec de l’eau on peut aggraver la situation ». Plus loin, Julien, responsable opérationnel, ouvre la vanne d’un autre gigantesque bac à liqueur blanche au pied de la grande chaudière surnommée « la cocotte-minute ». Et un flot de liquide s’écoule. Sur le site, les salariés tiennent bon et demandent « le maintien de l’activité industrielle, tout en garantissant la sécurité des populations, la protection de l’environnement ». Vendredi, l’administrateur n’était pas sur place. Les forces de l’ordre se tenaient prêtes à évacuer l’usine en fin de journée. Mais « après le constat de la Dreal, rien ne bouge, a indiqué Jean-Michel Bulinge, surtout pas nous ».

  • [Exclusif] Les salariés de Fibre Excellence en appellent à la police de l’environnement

    [Exclusif] Les salariés de Fibre Excellence en appellent à la police de l’environnement

    La situation est toujours plus que tendue sur le site de Fibre Excellence de Tarascon. Après le blocage, ce mercredi, de l’arrivée d’une entreprise de maintenance industrielle qui doit gérer la fermeture du site classé Seveso, voilà que la CGT monte à nouveau au créneau. Et toujours pour un potentiel «risque industriel et environnemental» en lien avec la transition post-fermeture du site. « Le mandataire judiciaire veut couper l’électricité sur le site. Cela a été annoncé ce matin », s’alarme Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine. Son inquiétude ne vient pas de nulle part : Forcément, une coupure d’électricité, si elle est mal réalisée, peut avoir un vrai impact sur un site de cette ampleur. « Le mandataire veut couper l’électricité au motif que les liqueurs sont figées et qu’il n’y a donc pas nécessité à les maintenir en circulation », explique-t-il. Pas de quoi alerter les non initiés mais cette question des liqueurs n’est pas anodine.

    En effet, les liqueurs, noires et blanches, sont des solutions chimiques utilisées dans le procédé industriel des papeteries et usines de pâte à papier. Quand elles sont «figées», c’est qu’elles ne coulent plus. D’où le problème soulevé par la CGT : « Elles ne sont pas figées ! On va droit face à risque industriel ». Une affirmation appuyée par plusieurs vidéos où les salariés constatent effectivement qu’elles coulent toujours. « S’il n’y a plus d’électricité, les liqueurs ne circuleront plus, elles vont se figer et cela va dégrader l’outil. S’il n’y a plus d’électricité, on ne peut plus prendre la main, en cas de défaillance, sur beaucoup de vannes qui sont pneumatiques », alerte Jean-Michel Bulinge. Avant de tonner : « On est prêt à accueillir les services de l’État, la Dreal [Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement], et à le faire constater ».

    Contacté, le mandataire judiciaire se veut, au contraire, rassurant et balaie d’un revers de main les inquiétudes syndicales : « On est sur une simple mise en sécurité du site, ni plus ni moins, en concertation avec les équipes qui en sont en charge depuis 3 semaines ». Il évoque une coupure d’électricité « maîtrisée ». « On ne va pas couper l’électricité en tant que telle, nous allons mettre à l’arrêt certains secteurs isolés de manière raisonnée, avec les gens qui connaissent leur usine et leur métier », développe Maître Brenac. Et de conclure sur la question des liqueurs : « Ce sont des inquiétudes infondées ».

    Pas de quoi convaincre la CGT : « Qu’il le démontre avec un plan de coupure ! ». Elle n’est d’ailleurs pas la seule à monter au créneau puisque l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) du site, dans un communiqué de presse diffusé dans l’après-midi appuie l’inquiétude : « Le liquidateur prévoit tout simplement de couper l’électricité de l’usine afin de supprimer les risques. Comment peut-on simplement penser qu’il suffirait de couper l’alimentation électrique pour que notre usine de Tarascon, classée Seveso, ne soit plus dangereuse ? ».