Tag: #DisMoiPourquoi

  • [#DisMoiPourquoi] Les IA « génèrent » du texte qui n’a parfois aucun sens ?

    [#DisMoiPourquoi] Les IA « génèrent » du texte qui n’a parfois aucun sens ?

    La question de Amel, 12 ans, collège Arausio d’Orange (84)

    Une IA générative fabrique du texte en associant des mots successifs ou des morceaux de phrases successifs de la manière la plus probable possible, en fonction de la demande de l’utilisateur (le prompt). Probable signifie que ces associations ont été vues dans le passé un grand nombre de fois dans des textes qui ont servis à l’apprentissage de l’IA. Au final, un texte généré artificiellement n’a pas forcément un sens global : c’est un texte dont les enchainements sont justes probables. Cela a deux conséquences : une IA générative s’adapte très bien aux discussions courantes et aux conservations de tous les jours, mais il est difficile de faire dire à une IA générative des choses vraiment novatrices au sens des idées et rarement vues auparavant.

  • [#DisMoiPourquoi] Qui est le premier homme à avoir existé sur Terre ?

    [#DisMoiPourquoi] Qui est le premier homme à avoir existé sur Terre ?

    La question de Youssef, 9 ans, école publique Malbousquet à Marseille (13)

    Il est très difficile de répondre à cette question, car la notion « d’homme », au sens d’être humain, est très compliquée à définir, notamment parce que cette définition n’est pas uniquement scientifique, mais aussi philosophique. Pour savoir qui est le premier, il faut regarder très très loin dans le passé parmi les fossiles de nos ancêtres. Tous les humains actuels appartiennent à l’espèce Homo sapiens et dans le passé, il y a eu de nombreuses autres espèces faisant partie du genre Homo. Si pour simplifier on considère qu’un humain est un représentant du genre Homo, alors les plus anciens fossiles attribués par les chercheurs au genre Homo sont datés d’environ 2,7 millions d’années. Il s’agit probablement d’une espèce appelée Homo habilis, même si les fossiles sont tellement rares et incomplets que les chercheurs ont juste dit qu’il s’agissait de représentants du genre Homo, sans se prononcer sur l’espèce. Si on remonte encore plus loin dans le passé, on ne voit plus parmi les fossiles que les australopithèques, comme Lucy par exemple, qui elle est datée d’environ 3,2 millions d’années. Mais les australopithèques étaient-ils des êtres humains ? C’est une autre question….

  • #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ?

    #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ?

    Après trois semaines de publications quotidiennes, c’est aujourd’hui le dernier « Dis moi pourquoi ? ». Un grand merci aux enfants petits et grands, aux chercheurs de tous les labos qui se sont portés volontaires et aux Petits débrouillards, partenaires essentiels de cette opération. À l’an prochain !

    Emma, 11 ans, en 6e au collège Marie-Rivier à Sorgues

    C’est une bonne question ! Les IA ont appris ce qu’elles savent sur des bases de données. Ces bases paraissent immenses, les temps d’apprentissage sont longs et l’énergie associée à l’apprentissage très importante, par exemple pour de la reconnaissance dans des images ou des IA génératives. Mais en réalité, ces bases sont toutes petites par rapport à l’expérience d’un humain qui apprend chaque jour sur des millions de données qui lui sont présentées en permanence, avec des circuits d’apprentissage qui sont également transmis de génération en génération et qui évoluent depuis la nuit des temps. Au final, les IA arrivent à très bien faire des tâches précises, mais les bases d’apprentissages sont infiniment moins générales et fines que celles des humains, ce qui engendre parfois des erreurs absurdes. »

  • #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ? Emma, 11 ans, en 6e au collège Marie-Rivier à Sorgues

    #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ? Emma, 11 ans, en 6e au collège Marie-Rivier à Sorgues

    Après trois semaines de publications quotidiennes, c’est aujourd’hui le dernier « Dis moi pourquoi ? ». Un grand merci aux enfants petits et grands, aux chercheurs de tous les labos qui se sont portés volontaires et aux Petits débrouillards, partenaires essentiels de cette opération. À l’an prochain !

    C’est une bonne question ! Les IA ont appris ce qu’elles savent sur des bases de données. Ces bases paraissent immenses, les temps d’apprentissage sont longs et l’énergie associée à l’apprentissage très importante, par exemple pour de la reconnaissance dans des images ou des IA génératives. Mais en réalité, ces bases sont toutes petites par rapport à l’expérience d’un humain qui apprend chaque jour sur des millions de données qui lui sont présentées en permanence, avec des circuits d’apprentissage qui sont également transmis de génération en génération et qui évoluent depuis la nuit des temps. Au final, les IA arrivent à très bien faire des tâches précises, mais les bases d’apprentissages sont infiniment moins générales et fines que celles des humains, ce qui engendre parfois des erreurs absurdes. »

  • #DisMoiPourquoi : l’IA peut-elle inventer des histoires vraiment nouvelles ?

    #DisMoiPourquoi : l’IA peut-elle inventer des histoires vraiment nouvelles ?

    Lila, 12 ans. En CM2 à l’école La Salle à Avignon.

    Quand tu parles de l’IA, tu veux sans doute dire l’IA générative, avec un programme comme Le Chat, ChatGPT, ou d’autres. Ces programmes fonctionnent, comme tout ce qu’on appelle « intelligence » artificielle, avec des algorithmes, et donc compilent d’immenses bases de données à partir de consignes données par l’utilisateur, des « prompts ». Ils sont capables de générer des histoires, et même des histoires plutôt réussies ; mais est-ce que c’est vraiment « inventer » ?

    Quand une IA générative te fournit une histoire nouvelle, c’est parce qu’elle a un immense stock d’histoires dont elle a réagencé les éléments entre eux. Les écrivains aussi s’inspirent des histoires des autres, c’est vrai. Toutefois, l’invention, et la création artistique ça signifie, pour moi, être conscient de ce qu’on veut faire – avoir un projet ou une idée de départ. Même si, comme le disait le philosophe Alain, le résultat d’une œuvre d’art dépasse toujours ce qui avait été imaginé avant. »

    Caroline Antherieu-Yagbasan, chercheure en philosophie AMU au Centre Gilles-Gaston-Grange

  • #DisMoiPourquoi: on grandit ?

    #DisMoiPourquoi: on grandit ?

    Lina, 8 ans. En CE2, écoles Les Salins à Hyères

    Comme la plupart des êtres vivants complexes du globe terrestre, animaux comme végétaux, les humains passent par plusieurs étapes au cours de leur vie. De la naissance jusqu’au début de l’âge adulte, notre corps vit une phase de développement de tous nos organes, c’est pendant cette phase que l’on va notamment, grandir en taille. Ces processus de développement sont contrôlés ou influencés par de nombreux facteurs, de plusieurs types. Il existe un contrôle génétique de la taille d’un individu, certains de nos gènes vont déterminer la taille finale de l’adulte ; c’est pourquoi durant l’enfance on pourra prédire, relativement précisément, la taille du futur adulte. Certaines hormones régulent la taille, par exemple, on sait que le nanisme est dû à un déficit en hormone de croissance. Enfin, des facteurs « externes » (comme l’alimentation ou encore des facteurs environnementaux), durant la phase de développement, vont influencer la taille finale d’un individu. »

    Bernard Binetruy, directeur de recherche émérite à l’Inserm.

  • #DisMoiPourquoi : Est-ce qu’un jour l’intelligence artificielle pourra inventer toute seule comme un scientifique ? 

    #DisMoiPourquoi : Est-ce qu’un jour l’intelligence artificielle pourra inventer toute seule comme un scientifique ? 

    Noah, 13 ans. En 5e au collège Anselme-Mathieu à Avignon.

    Il est très difficile de prédire ce que “l’intelligence artificielle” pourra faire dans le futur, tant les nouveautés dans ce domaine se succèdent rapidement. Il y a deux sous-questions ici : qu’est-ce que l’IA et ses possibilités futures, qu’est-ce qu’inventer. Pour la première, il est impossible de prévoir le futur. Je pense que le terme intelligence, toutefois, n’est pas très adapté ici. Car l’IA, c’est plutôt une forme de collecte et reconfiguration des données, et l’intelligence, c’est beaucoup plus que ça ! Quant à l’invention scientifique, elle n’est pas seulement composée de matériau informatique, comme du langage ou des images, mais elle est partie prenante d’un corps et du monde dans lequel il s’insère. Comment pourrait-il y avoir recherche et découverte scientifiques sans vision, sans ouïe, sans contact concret avec le monde, sans mains pour manipuler ? On ne parle pas seulement ici du corps mécanique, comme celui d’un robot, mais de proprioception, c’est-à-dire de conscience de son corps et du monde autour. Et ça, jusqu’à preuve du contraire, une IA n’en est pas capable ! »

    Caroline Antherieu-Yagbasan. Chercheure en philosophie AMU au Centre Gilles-Gaston-Grange.

  • #DisMoiPourquoi: Est-ce que toutes les parties du cerveau fonctionnent en même temps ?

    #DisMoiPourquoi: Est-ce que toutes les parties du cerveau fonctionnent en même temps ?

    Toutes les parties du cerveau sont toujours plus ou moins actives en même temps, de façon très organisée et précise dans le temps. Ce qui est important, c’est le niveau d’activité de chacune. Il y a une partie qui sert à voir, et qui va plus s’activer quand on ouvre les yeux, la zone du cerveau pour entendre, qui s’active plus quand il y a du bruit etc. Souvent, on fait plein de choses en même temps, on voit, on entend, on bouge, on parle, on réfléchit… pour éviter les embouteillages, on a deux astuces. D’abord, il y a des parties du cerveau qui font comme les feux rouges. Elles décident qui parle avec qui, ce qui est important à faire, ce à quoi on doit faire attention etc. Ensuite, les zones du cerveau parlent en rythme. Ces rythmes du cerveau, c’est comme les rythmes dans la musique, mais en beaucoup plus vite, plein de fois par seconde. Grâce à eux, dans un moment très court, certaines zones peuvent s’activer en même temps et donc parler entre elles, alors que d’autres, avec lesquelles elles ne doivent pas communiquer, se taisent. »

    Pierre-Pascal Lenck-Santini, chercheur à l’Inserm.

  • #DisMoiPourquoi les poissons ne se noient-ils pas ?

    #DisMoiPourquoi les poissons ne se noient-ils pas ?

    La très grande majorité des poissons possèdent des branchies qui permettent de respirer dans l’eau. Tout comme nos poumons avec l’air, les branchies permettent de capter le dioxygène (O2) et de rejeter le dioxyde de carbone (CO2), mais dans l’eau. Les branchies ne fonctionnent que dans l’eau, tout comme nos poumons ne fonctionnent que dans l’air. C’est pour ça que les poissons ne se noient pas dans la mer, tout comme nous, les humains, ne nous étouffons pas dans l’air. »

    Christophe Lejeusne, enseignant-chercheur à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (CNRS, IRD)

  • #DisMoiPourquoi on a des os?

    #DisMoiPourquoi on a des os?

    Dans le règne animal, l’espèce humaine fait partie des vertébrés, c’est-à-dire d’animaux possédant un squelette interne composé d’un crâne et d’une colonne vertébrale. Chez les vertébrés terrestres, en permettant de supporter le poids du corps, le squelette osseux va faciliter une locomotion efficace, et l’évolution des espèces a sélectionné la formation de membres comportant des os. Dans le cas de l’espèce humaine, en sélectionnant une croissance particulière, unique parmi les mammifères, des os du bassin, l’évolution a, de plus, permis la bipédie et la posture verticale. Cet élargissement des os du bassin assure ainsi le soutien du poids du corps en position verticale. La fonction de soutien du poids du corps n’est pas la seule fonction assurée par nos os, mais, du point de vue médical, elle se traduit, lorsqu’elle est déficiente (vieillissement), par une plus grande susceptibilité aux fractures. »

    Bernard Binetruy. Directeur de recherche émérite à l’Inserm