Tag: direction

  • La CGT alerte sur le dialogue social à Transfix

    La CGT alerte sur le dialogue social à Transfix

    Les prochaines semaines s’annoncent animées chez Transfix. Soumise à un mouvement social après la suppression de plus de 50 postes en 2021, la société spécialisée dans les matériels et équipements électriques, qui emploie quelque 250 personnes sur son site de La Garde, suscite le mécontentement de ses salariés.

    Il y a quelques jours, la Fédération CGT de la Métallurgie, les sections CGT locales et les élus CGT de Transfix ont fait parvenir au PDG de l’entreprise, Grégoire Libert, une lettre pour manifester leurs inquiétudes concernant « un climat social dégradé, des difficultés persistantes dans le dialogue social, des sujets majeurs concernant les orientations stratégiques de l’entreprise, la politique sociale, l’emploi, les conditions de travail et les négociations salariales ».

    Une pétition en cours

    Eu égard aux consultations engagées au sein du CSE et du début prochain des négociations annuelles obligatoires, la CGT reste « particulièrement attentive aux décisions, aux orientations et à la méthode de dialogue retenues par la direction », alors que les dernières NAO n’avaient débouché sur aucune augmentation de salaire. « Le Smic augmente de 2,41% au 1er juin : c’est le minimum concevable comme base de négociation », prévient le syndicat, espérant « de véritables négociations, loyales et sérieuses, avec des mesures salariales à la hauteur des efforts fournis par les salariés ». À ce titre, une pétition a déjà recueilli la signature de 140 salariés.

  • Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

    Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

    « La direction d’Eurenco franchit une nouvelle étape : elle frappe nos camarades », lâche la CGT sur sa page Facebook. Le syndicat réagit ainsi au licenciement, le mois dernier, d’un de ses membres au sein de l’entreprise de poudres explosives.

    Selon la CGT, cet employé travaille depuis quinze ans sur le site de Sorgues. « On lui reproche des faits mineurs, notamment dans les relations avec un membre de la direction, avec un désaccord sur la confidentialité d’échanges de travail, car il y avait un intérimaire présent », indique Jérémy Caillé, délégué syndical CGT d’Eurenco. Deux autres salariés syndiqués ont également reçu des sanctions disciplinaires ces dernières semaines.

    La CGT annonce qu’elle va demander l’annulation de ce licenciement. Si celui-ci est maintenu, elle accompagnera le salarié concerné dans ses démarches auprès du conseil des prud’hommes.

    Contactée par La Marseillaise, la direction ne souhaite pas commenter publiquement les procédures disciplinaires. Elle précise toutefois que « la nature particulièrement sensible de nos métiers exige une rigueur absolue : le strict respect des consignes de sécurité et de comportement est donc une obligation qui s’impose à l’ensemble de nos collaborateurs, sans exception. »

    En réaction, un rassemblement est prévu devant les grilles de l’entreprise à partir de 7 heures du matin, ce mercredi 20 mai, ainsi que sur l’autre site d’Eurenco, à Bergerac. Un comité social et économique (CSE) doit également se tenir dans la matinée sur le site vauclusien. « Stop à la répression syndicale. Quand on touche à un camarade de la CGT, on touche à tous », tonne le syndicat dans son appel à la grève.

    En conflit

    La CGT établit un lien entre ce licenciement et le conflit social en cours depuis janvier. Avec Force ouvrière, les organisations syndicales demandent notamment une augmentation générale de 130 euros pour tous, ainsi que le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20%. Elles justifient ces revendications par des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ». Mais ce lien est contesté par la direction d’Eurenco, qui assure que « les mesures de sanction mentionnées visent uniquement à faire respecter notre règlement intérieur » et « qu’elles n’ont aucun lien avec d’autres sujets contextuels ».

    Des tensions qui ne datent pas d’hier. En 2020, Jérémy Caillé avait été poursuivi par l’un des cadres de l’entreprise pour diffamation au sujet d’un tract syndical d’octobre, intitulé « Eurenco Sorgues, foyer de contamination, de précarité et d’imbécillités ». Reconnu dans un premier temps coupable par le tribunal correctionnel d’Avignon en 2023, il avait ensuite été relaxé par la cour d’appel de Nîmes, en mai 2024.

  • Emplois, salaires : la CGT Orange voit rouge

    Emplois, salaires : la CGT Orange voit rouge

    Beaucoup de signaux négatifs et peu d’avancées sociales positives pour les salariés du premier opérateur télécom français.

    Ce mardi, plusieurs dizaines de travailleurs d’Orange se réunissaient sur la place de la Joliette, à Marseille. « En parallèle d’une assemblée générale des actionnaires à Paris, on a décidé de faire un mouvement de grève et d’actions avec des rassemblements partout sur le territoire », campe Olivier Néri, secrétaire général de la CGT FAPT Télécoms 13. L’objectif de la mobilisation est limpide : « On veut mettre la pression sur la direction et les actionnaires sur plusieurs sujets. »

    Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de l’organisation, précise : « On veut demander des comptes : encore une fois, on a une année record de bénéfices et des NAO (négociations annuelles obligatoires) qui ne sont pas à la hauteur. On nous a baissé l’intéressement et la participation, par contre, ils augmentent les dividendes aux actionnaires ! » Les syndicalistes ont un exemple parlant : « On est la seule entreprise des télécoms à ne pas avoir de 13e mois alors que ça fait 20 ans qu’on réalise plusieurs milliards de bénéfices chaque année ! » Forcément, ça ne passe pas vraiment quand l’entreprise engrange plus de 3 milliards en 2025 : « Mettre en place un 13e mois couterait 300 millions d’euros pour l’ensemble des salariés du groupe ! »

    D’autant que cette colère sur les salaires s’accompagne d’inquiétudes de plus en plus grandissantes sur la question de l’emploi. Surtout lorsque la vente de SFR, l’un des quatre acteurs des télécoms en France, se profile. « Orange, Free et Bouygues vont mettre plus de 20 milliards sur la table pour racheter SFR. Ils veulent se partager le gâteau : le réseau, les clients, les infrastructures… », explique Guillaume Lamourette. Avant de tonner : « Mais aucun des opérateurs ne parle des salariés de SFR. On revendique que les personnels fassent partie de la reprise par le consortium : il ne faut pas les laisser à la rue ! »

    Un datacenter à Saint-Mauront ?

    Et le deal à venir, ou pas, pour SFR, n’est que la partie émergée de l’iceberg. « Solution 30, une entreprise qui faisait le déploiement de fibre comme sous-traitant, est en redressement judiciaire. On revendique aussi l’intégration de leurs personnels », poursuit Guillaume Lamourette. Il pointe également certaines orientations d’Orange jugées préoccupantes. « Orange, via le nouveau dispositif “Orange Drone Guardian”, se positionne sur les drones de surveillance pour sécuriser des sites ou même des territoires. La cyberdéfense prend une place de plus en plus importante dans l’entreprise. » Et Olivier Neri s’inquiète aussi de la présence accrue de l’intelligence artificielle (IA) dans leur quotidien : « Ils mettent en place une IA pour organiser le planning des techniciens et une autre pour remplacer les téléconseillers des plateformes téléphoniques. » De quoi questionner alors qu’un vaste projet de réorganisation de l’entreprise, nommé « regain », est en cours d’élaboration du côté de leur direction depuis plusieurs mois.

    Une fois que la CGT met tous les éléments bout à bout, le constat est sans appel : « Notre directrice générale [Christel Heydemann, Ndlr.] a dit en commission parlementaire que l’objectif est de passer à 35 000 salariés d’ici 2030, alors qu’on est 68 000 aujourd’hui », assure Guillaume Lamourette.

    Localement, la CGT tient à alerter particulièrement sur la situation du site de Saint-Mauront, dans le 3e arrondissement. « On aimerait avoir la vérité sur ce que veut faire l’entreprise du site de Saint-Mauront », martèle Guillaume Lamourette. Quand Olivier Neri s’inquiète de l’avenir concret du site : « Le directeur, la semaine dernière, nous annonçait que le site est bien toujours à nous et qu’ils vont y faire un datacenter. » Si le conditionnel est de mise, pas de quoi satisfaire le syndicat, qui réclame un retour des salariés sur place et s’oppose à sa fermeture en tant que site majeur d’Orange dans la région.

  • [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    La Marseillaise : Que représente cette journée mondiale pour les agents de l’inspection du travail ?

    Cécile Clamme : Pour nous, cette journée mondiale est une grosse date. Il faut mettre en avant le fléau social que sont les accidents du travail et les maladies professionnelles. On oublie souvent ce deuxième point alors qu’elles provoquent de gros dégâts : le sujet emblématique est celui de l’amiante, qui est au cœur des préoccupations de l’inspection du travail depuis des années. Pour nous, dédier une journée dans l’année à ces questions, mettre l’accent sur ces questions, c’est majeur. Cela permet de s’interroger collectivement : Pourquoi on est encore là en 2026 ? Pourquoi la France a des chiffres aussi inquiétants ? À l’inspection du travail, on est justement pas trop mal placés pour avoir des indications et des réponses. On est directement concerné. Pour nous, il y a deux éléments de réponse : le manque de moyens, les sanctions en cas de manquements qui ne sont pas assez importantes.

    Quelle est l’ampleur du manque de moyens à l’inspection du travail ? Quel lien avec le nombre d’accidents et de morts au travail en France ?

    C.C. : Une des dimensions majeures de notre travail est d’enquêter lorsque l’accident du travail survient, mais c’est aussi de contrôler, en amont, pour que l’accident de travail ne survienne pas. Or, dans l’état actuel de nos effectifs, nous ne pouvons pas toujours assurer cet aspect de prévention. Quand on est pris par l’actualité, par les dossiers qui s’accumulent, on ne peut pas faire d’actions de prévention. Avec des effectifs en berne comme ils le sont actuellement, on a moins le temps pour faire ce travail-là. Sur les 15 dernières années, on estime à entre 20% et 25% de baisse du nombre d’agents. On a une énorme baisse des effectifs pour les agents d’assistance, ceux qui font le travail administratif. Pareil pour les agents en charge des renseignements, qui sont pourtant les premiers interlocuteurs des salariés en difficulté. À l’heure actuelle, notre direction considère qu’une charge de travail « normale » pour un agent de contrôle, c’est 1 pour 10 000 salariés. Mais, sur le papier, on est moins de 2 000 alors qu’il y a entre 21 et 22 millions de salariés : on est environ 1 800 avec 10% de postes vacants. Il y a peu, on était 1 600. Entre-temps, il y a eu trois ans où les recrutements étaient plus importants, avec des grosses campagnes de communication. Mais malheureusement, tout a été stoppé l’année dernière. On aura donc la dernière grosse promotion pour cet été 2026.

    Quelle estimation des besoins ?

    C.C. : Il aurait fallu continuer encore 3 ans de plus pour atteindre les 2 000… Pour toute la France, il y a eu 45 inspecteurs du travail recrutés l’année dernière, cette année ce seront 60 recrutements. Alors qu’il y a 200 postes vacants et, qu’au bas mot, 100 collègues partent pour différentes raisons chaque année. Très rapidement, on va encore être dépassée par les départs en retraite et les promotions. Quoi qu’il arrive, il y a un problème. D’autant qu’on ne s’occupe pas uniquement des travailleurs salariés. Par exemple, la direction a engagé, il y a 6 mois, une action sur les faux travailleurs indépendants. Cela se fait en plus du travail sur les salariés, puisque par définition ils ne sont pas comptés dans les 21-22 millions de salariés. On est aussi compétent pour la santé et sécurité de la fonction publique hospitalière. Si, sur un secteur, il y a un gros CHU, cela va alourdir la charge de travail sans que ça ne soit compté officiellement… À la CGT TEFP, on revendique 1 agent pour 5 000. Ça n’aurait rien de délirant si l’on compare à d’autres missions de service public. Surtout quand on voit les statistiques de la France en matière d’accidents du travail : 2 morts par jour. Il faudrait donc plus que doubler les effectifs, 3 000 inspecteurs de plus.

    Comment expliquez-vous ces statistiques ?

    C.C. : Notre mot d’ordre est simple : des moyens pour la prévention, des sanctions pour les patrons. Quand il y a un manquement, les sanctions ne sont pas assez dissuasives ! Quand un employeur est condamné, on est en général sur des peines qui sont de l’ordre de l’amende. Lesquelles sont d’un montant qui sera ridicule pour un grand groupe mais important pour une petite entreprise. Par exemple : pour une condamnation faisant suite à un accident mortel, il y a souvent une condamnation, de la personne morale donc pas du dirigeant directement, a une amende, parfois partiellement assorti du sursis… C’est aberrant. Et c’est sans compter toutes les fois où les procédures n’aboutissent pas : classées sans suite pour telle ou telle raison, quand l’entreprise a un avocat meilleur que celui de la victime… La CGT a fait des estimations sur certains départements sur plusieurs années : en moyenne, moins de 20% des procédures vont au bout, y compris pour des accidents graves ou mortels.

  • Un vaste chantier destiné à « humaniser » Montfavet

    Un vaste chantier destiné à « humaniser » Montfavet

    Un « vaste programme d’humanisation de 60 lits d’hospitalisation en psychiatrie adulte » a été présenté, ce mercredi 22 avril, au centre hospitalier de Montfavet, spécialisé dans la psychiatrie.

    Plusieurs structures vont donc être successivement réhabilitées et étendues. À commencer par le bâtiment 103, au sein du pôle Luberon Val de Durance. En 2027, un autre chantier concernera un bâtiment appartenant au pôle Aigues Ventoux. Des améliorations sont également prévues en matière d’isolation, certains édifices datant du milieu du XIXe siècle. Le coût total de l’opération s’élève à 13,9 millions d’euros, financés en partie par l’Agence régionale de santé (ARS).

    « C’est le début des grands travaux à Montfavet et ça va continuer. Cela s’inscrit dans un projet à long terme également en termes d’architecture », souligne Yann Bubien, directeur général de l’ARS Paca, présent lors d’une réunion avec la direction de l’établissement.

    à propos du terme « humanisation », la directrice de l’établissement s’explique : « L’humanisation, c’est d’abord l’amélioration du confort des patients, avec des chambres individuelles, des sanitaires individuels, des salles de convivialité plus développées, puis des salles qui permettent une prise en charge thérapeutique plus adaptée aux patients. » Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier. La moitié est hospitalisée au moins à une reprise.

    Quelle suite ?

    Un rapport publié le 26 mars dernier par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) pointait des conditions difficiles dans certains services, notamment pour l’accueil des mineurs et des détenus (notre édition du 7/04). « C’est une référence importante pour nous afin d’identifier les points d’amélioration », poursuit la directrice. La création d’un service spécifique figure d’ailleurs parmi les prochaines étapes de la transformation de l’établissement. Avec l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), l’hôpital est celui qui accueille le plus de détenus, issus de quatre centres pénitentiaires du territoire. D’où « l’importance de faire une Usip, une Unité spécifiquement pour les détenus ». Cette unité aura « vraiment pour vocation de répondre aux besoins des détenus qui, aujourd’hui, sont dans des unités classiques et peuvent parfois poser des difficultés avec les autres patients que l’on accompagne », précise Marie-Laure Piquemal-Ratouit.

    Plus globalement, ce lancement de travaux est perçu comme un signal positif dans un contexte où la psychiatrie traverse une crise depuis plusieurs années. « On a le sentiment qu’aujourd’hui, en plus avec le projet d’établissement, on est vraiment dans un début de sortie de crise. Même plus qu’un début, c’est une relance », explique la directrice. Amélioration qu’elle attribue à ce projet d’envergure, mais aussi à l’augmentation du nombre de psychiatres, « même si ce n’est pas encore suffisant », d’internes et de soignants dans les équipes. « On regarde l’avenir de façon beaucoup plus positive que ces trois dernières années », conclut-elle.

  • La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    On n’est pas contre la fusion, mais on veut que les salariés soient représentés. C’est pour eux notre combat aujourd’hui. » Au sortir de l’audience, ce mardi 21 avril, du recours en référé engagé par la CGT Telecoms, suivie de la fédération SUD Telecoms et de la CFDT S3C Provence Alpes, les représentants du CSE (comité social économique) de Certicall à Marseille, un des trois centres d’appels de Free, devenu marque du groupe Illiad, restent inquiets. Ils dénoncent la décision de leur direction de fusionner ces entités puis de les absorber dans une filiale, Protelco, renommée « Free assistance », au détriment du nombre de représentants du personnel.

    « Illiad a décidé de fusionner, c’est son droit. Mais le faire sans consultation du personnel, en affirmant que les mandats disparaissent… », argumente leur avocate, Mathilde Fruton-Létard. Et de dénoncer l’attitude de l’entreprise, qui fait « tout pour gagner du temps », alors que la fusion doit être effective début mai. L’audience devait se tenir la semaine dernière, mais la partie adverse a obtenu un renvoi. Pour l’avocate, la requête des syndicats est légitime quand la fusion va avoir « indéniablement des impacts au niveau local ».

    « Pas de magouille »

    Elle revient sur la position de la direction selon laquelle rien ne change pour les salariés. « Ce sont les mêmes effectifs, le même périmètre, alors pourquoi la représentation du personnel doit-elle changer ? » avance-t-elle. Elle s’interroge sur la démarche entamée, un prétexte à « se débarrasser des représentants du personnel », estime-t-elle, soutenue dans sa demande par l’avocate du syndicat SUD.

    Mais, pour la partie adverse, le recours est tardif. « La consultation a commencé le 18 décembre, l’ensemble des CSE ont reçu les informations et trois mois après, ils viennent plaider l’urgence. Il y a un délai pour agir », estime une des avocates de la direction. Quant à la caducité des mandats des représentants du personnel, « c’est un effet juridique automatique », assène-t-elle. Et le processus de fusion en deux temps, « ce n’est pas une fraude, mais c’est le Code du commerce, il n’y a pas de magouille », assène maître Pellequer, intervenant pour Protelco. Pour elle, vouloir bloquer la fusion est même « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un argumentaire qui agace les représentants des salariés. Ils dénoncent des conditions de travail déjà détériorées avec aussi la mise en place de mini-centres d’appels, les « Free proxi ». Des structures légères au plus près des clients, estime la direction. Un moyen d’isoler les salariés, rétorque la CGT, qui évoque de forts risques psychosociaux. Et le rachat de SFR par Bouygues, Orange et leur entreprise, annoncé le 17 avril, ne les rassurent pas franchement non plus.

    Délibéré les 28 et 29 avril.

  • Free fusionne ses centres d’appels, la CGT va en justice

    Free fusionne ses centres d’appels, la CGT va en justice

    Un plan social « déguisé » et une attaque en règle des droits de représentation des salariés. C’est ce que dénonce la CGT Telecoms dans un communiqué sur la situation des centres d’appels de Free, désormais une marque du groupe Illiad dont le président-fondateur reste Xavier Niel. Par un savant principe de fusion de Centrapel à Paris, Certicall à Marseille et Equaline à Bordeaux, puis d’absorption, par une filiale, Protelco, rebaptisée « Free assistance », prévue pour le 4 mai, et la mise en place d’un GEEP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), l’entreprise se réorganise en profondeur. Au détriment des salariés, alerte Annabel Ros, élue CGT au CSE de Certicall.

    Parallèlement, des Free Proxi, mini-centres de 10 personnes, installés dans des appartements, ont été mis en place. Leur mission : répondre aux abonnés et les dépanner, les centres se consacrant aux abonnements pros. « Ils ont vidé les effectifs des centres, avec une baisse de trois quarts, de 4 000 en 2017 à 1 000 en 2025 », assure la syndicaliste, « à Marseille 48 personnes sont parties, 90% ont préféré quitter l’entreprise face une ambiance délétère, profitant de primes de départ supérieures au niveau légal. » Dans les « Proxi », sur « 400 recrutements, on dénombre 107 licenciements et une centaine de démissions », ajoute-t-elle.

    « Aucun collaborateur contraint » selon Free

    Sur le pont de 8h à 21h du lundi au dimanche, sans manager mais avec un « coordinateur », ces petites cellules « plus pratiques quand il s’agit de travailler ensemble ou de partager une pizza », vante Xavier Niel, donnent lieu à de l’isolement, des intimidations avec « entretiens préalables au licenciement fréquents » et des difficultés pour s’organiser syndicalement déplore Annabel Ros. Dans les centres, « des accords sont en cours, puisque la fusion fait tomber tous les mandats, mais on nous propose trois fois moins de représentants qu’actuellement, nous avons décidé d’attaquer en justice », explique-t-elle, soupçonnant « une volonté de se débarrasser des élus ». Après une audience à Bordeaux ce lundi 13 avril, c’est à Marseille que se tient la seconde ce mardi.

    « Free fait le choix de rassembler ses deux équipes d’assistance abonnés, les centres de relation abonné et Free Proxi, au sein d’une structure unique [pour] mettre fin aux silos (…) et mieux servir nos abonnés », se défend la direction du groupe. Mieux, il s’agit pour les salariés d’« une vraie opportunité et une attente », assure-t-elle. Sur le GEEP, signé en 2025, il « repose sur un double consensus social, négocié et signé par la majorité des organisations syndicales représentatives, et intégralement fondé sur le volontariat », insiste Free, assurant qu’« aucun collaborateur n’est contraint de changer de poste ». Mieux, nombre d’entre eux « ont saisi avec enthousiasme l’opportunité de rejoindre ce nouveau modèle ». Free en veut pour preuve des effectifs qui entre 2024 et 2025, « ne sont pas en baisse ». Et de préciser que 195 Proxi ont été déployés en France.

  • Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    C’est la deuxième grève de l’histoire du groupe en France, c’est historique ! » Devant le magasin de vêtements Zeeman, sur le boulevard d’Athènes à Marseille (1er), une petite vingtaine de salariés tiennent le piquet. L’enseigne d’habillement à bas coût a ses grilles fermées ce samedi, tout comme la plupart des autres boutiques marseillaises de la marque.

    En cause ? Un mouvement de grève national, à l’appel notamment de Force ouvrière, sur fond de négociations annuelles obligatoires (NAO). « La direction a proposé une enveloppe bidon. L’an dernier, on n’avait déjà presque rien eu et on avait été pris pour des imbéciles ! Pour obtenir quelque chose cette fois, on s’est dit qu’il allait falloir bloquer », expose Stéphane, délégué syndical FO et travailleur du magasin situé à l’avenue Jean-Lombard (11e).

    Dans le détail, le montant prévu pour ces NAO serait, pour l’heure, de 570 000 euros pour les 1 800 salariés du groupe. FO met en avant un montant correspondant à seulement « 0,3% du chiffre d’affaires ». Pas de quoi sauter au plafond. « C’est presque rien ! Sachant qu’on n’a pas de tickets-restaurants, pas de chèque vacance, peu de primes et pas de treizième mois », abonde Anis, élu Unsa, du magasin du Cours Julien. « On demande à ce que l’enveloppe soit dédiée à un treizième mois, c’est notre combat », développe Stéphane, alors que la prochaine réunion sur le sujet est prévue pour ce mardi 14 avril.

    Une petite famille

    qui ne connaît pas la crise

    Preuve du mécontentement des salariés, ils avaient déjà mené un premier jour de grève, le 8 avril dernier. Ils haussent le ton depuis : « Le magasin des Cinq avenues est fermé, celui du Merlan, celui de rue d’Italie aussi… Sur Marseille, ils sont presque tous fermés. » Rien d’anodin pour le secteur du commerce et encore moins alors que « la zone de Marseille est l’une des plus importantes de l’entreprise en France » selon les travailleurs présents. « Fermer un samedi, c’est pas de gaieté de cœur, mais on n’a pas d’autres choix que de mettre la pression pour obtenir quelque chose », abonde Jérôme, du magasin rue d’Italie. Il insiste : « On demande une reconnaissance, une motivation… Ça fait des années qu’on demande un geste et qu’il n’y a que des refus. »

    Comme le discounter Action, Zeeman est un groupe néerlandais qui ne lésine pas sur l’import de produits asiatiques pour pratiquer des prix défiant toute concurrence. Mais c’est surtout un capital détenu à 100% par les descendants de son fondateur Jan Zeeman, décédé en 2020 qui avait lancé le premier magasin en 1967 et l’une des plus grandes fortunes des Pays-Bas. Depuis, la croissance est exponentielle : 300 magasins en France, 1 300 au total sur plusieurs pays européens.

    Si moult enseignes de vêtements françaises sont en difficulté, comme Jott (lire notre article du 11/04), ce n’est pas le cas de Zeeman France qui a remonté la bagatelle de « 5 millions d’euros versés en dividendes au groupe en 2024 » selon les calculs de FO. « Le prévisionnel est bon, la croissance est là », assure Stéphane. En parallèle, les salariés ont de quoi revendiquer : « L’inflation, les loyers, l’essence… Tout augmente, mais notre Smic n’augmente pas ! »

    D’où l’attitude jugée « méprisante » de la direction à l’égard des demandes des représentants syndicaux. « La dernière fois, on est venu négocier et ils nous ont dit cash : “on parle pas du 13e mois” », s’indigne Anis. Comme un symbole, le rassemblement des salariés avait lieu devant un magasin « qui va bientôt fermer ». Contactée, Zeeman n’a pas répondu à notre sollicitation à l’heure où nous écrivons ces lignes.

    « 5 millions d’euros ont été versés en dividendes »

  • La dématérialisation de la déclaration des revenus divise

    La dématérialisation de la déclaration des revenus divise

    Alors que la Direction départementale des finances publiques présentait ce vendredi 10 avril les particularités de ce début de campagne de déclaration des revenus 2025, qui s’est ouverte ce jeudi 9 avril, une longue file d’attente pour accéder au guichet physique apparaît derrière les membres de l’équipe de direction. Un accueil physique visiblement très demandé.

    C’est exactement ce que la CGT des Finances publiques de Vaucluse clame. Une dizaine de membres du syndicat se sont ainsi mobilisés ce jeudi 9 avril devant la porte fermée du service pour illustrer leur propos. « C’est à nouveau fermé le jour de l’ouverture alors que des gens se déplacent exprès. Le service public n’est plus rendu correctement », assure Lionel Chabert, secrétaire adjoint de la CGT FIP84. Le syndicat pointe une « exclusion des plus vulnérables dans un des départements les plus pauvres de France ». Les points d’accueil physique, il y en a 5 en Vaucluse, à savoir Orange, Avignon, Carpentras, Apt et Cavaillon. Mais ceux-ci sont ouverts sans rendez-vous les lundis, mercredis et vendredis matin, soit 12 heures par semaine. La CGT estime que « les usagers sont contraints de s’adapter aux restrictions horaires arbitraires, créant des tensions inutiles et une surcharge de travail pour les agents ». La campagne court jusqu’au jeudi 4 juin.

    Michel Laffitte, directeur de la DDFIP, explique de son côté qu’il a pris cette décision à l’aide de la remontée de données chiffrées et qu’il y a « une plus forte demande de réponse au téléphone que de déplacements physiques. Faire les deux en même temps était trop lourd pour les agents », pointant que 80% des demandes sont résolues avec un coup de fil, sans besoin de se déplacer. « On est obligés de faire des choix et de s’adapter », poursuit-il, évoquant des effectifs qui baissent de 1 à 2% chaque année. Et vante aussi le développement des maisons France services, qui sont au nombre de 28 un peu partout sur le territoire. « Les agents de ces endroits sont formés pour les premières étapes. Et ils peuvent même prendre rendez-vous avec nos services depuis là-bas si nécessaire, ou encore imprimer des papiers », abonde-t-il. Des permanences de la DDFIP y sont également prévues.

    Dons aux organismes

    D’autres nouveautés et données de cette campagne ont été exposées par les équipes de direction. Comme par exemple l’évolution des régimes des locations meublées non professionnelles. Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, si le seuil de revenus issus de ces logements pour les particuliers dépasse les 15 000 euros par an, contre 77 000 auparavant, ceux-ci doivent être déclarés différemment, comme une entreprise, et l’abattement sur les revenus est passé de 50 à 30%. La réduction d’impôt pour les dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté est, elle, rehaussée à 2 000 euros, contre 1 000 euros en 2025.

  • Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    « Jott contribue depuis des années à structurer la filière mode locale, nous appelons à une décision qui garantisse la pérennité de l’entreprise, la sauvegarde des emplois et le maintien du siège à Marseille. » Dans un communiqué commun, Jocelyn Meire, président de Mode in Sud et Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIMP) montent au créneau pour défendre la marque aux doudounes colorées. L’avenir de la société fondée voilà 16 ans par deux Marseillais et cousins, Mathieu et Nicolas Gourdikian, placée en redressement judiciaire le 18 décembre, devrait être scellé ce lundi 13 avril.

    Pour Jocelyn Meire, c’est le projet de reprise « Mars », proposé par des membres de l’équipe dirigeante actuelle, qu’il faut soutenir. « Ce n’est pas le mieux-disant en termes de maintien des salariés » convient-il quand seulement 34% des 200 employés seraient gardés. Mais l’idée que Jott puisse être repris par un fonds d’investissement qui détient Chevignon et surtout Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein », dans le cadre de l’offre portée par le groupe Amoniss, le défrise. Proposition qui aurait eu un écho favorable lors de l’audience au tribunal de commerce fin mars. Un « mauvais signal » martèle-t-il, craignant le démantèlement.

    « L’humain oublié »

    Il va dans le sens des salariés qui ont écrit au juge-commissaire, alerté la CCIMP, la Ville de Marseille, la Région et le Département, explique une salariée du siège. « On sait bien qu’on ne peut pas reprendre tout le monde » estime-t-elle mais « on craint de voir la marque associée à la fast fashion ». Une vaste consultation a été engagée par les représentants des salariés au CSE, précise Damien Laine, l’un d’entre eux, « les équipes soutiennent à plus de 70% Mars ». Après avoir été racheté en 2021 par L. Catterton, chez Jott, « l’humain a été oublié » déplore-t-il, les actionnaires ne voyant « que le financier ». « On souhaite que cela redevienne une marque familiale », insiste-t-il.

    C’est parce qu’ils ne « voulaient pas que ça s’arrête », que Mathilde Picard, directrice commerciale Retail de l’entreprise et deux autres membres de la direction se sont lancés dans la bataille. « On a contacté Nicolas Gourdikian, on lui a présenté notre projet, il a dit : “go” », explique-t-elle. Passer de 25 à 15% de frais de personnel lui paraît plus tenable. « Ce n’est pas par gaieté de cœur, mais financièrement ça ne passe pas », précise-t-elle. Si Jott en est arrivé là, c’est que Catterton a remis en cause un modèle « où 65% du chiffre d’affaires se fait en 4 mois, de septembre à décembre », analyse-t-elle. Multiplier les points de vente, monter les prix alors que la marque se voulait de qualité mais accessible, sont pour elle autant d’erreurs. Or, la doudoune a de l’avenir car « l’outwear », le vêtement d’extérieur, a le vent en poupe en France : « C’est +2% et les projections de marché, c’est +5 à +6% à 3 ans », assure-t-elle.