Tag: direction

  • Place Bargemon, encore un platane à abattre

    Place Bargemon, encore un platane à abattre

    La Métropole doit procéder à l’abattage d’un nouveau platane atteint de la maladie du chancre coloré sur le haut de la place Villeneuve Bargemon. Après l’élimination ces dernières années de quatre sujets malades, l’esplanade de l’hôtel Daviel (MH) fait triste mine en dépit de jardinières posées. L’organisme sanitaire Fredon avait préconisé d’abattre préventivement les deux derniers sujets, considérant les soudures racinaires entre eux, mais l’Architecte des bâtiments de France s’y est refusé sur cette place à valeur historique et architecturale. « Le platane encore vivant sera conservé et soigné aussi longtemps que possible. Les arbres à planter seront des sujets devenant de haute tige, le choix est laissé à l’appréciation des services de la Métropole en accord avec les services arboricoles de la Ville », a-t-il exigé.

    Quelles espèces choisir pour cette dalle en béton armé ? Régulièrement interpellé par des collectifs citoyens et l’association Sites & Monuments, la Ville a exigé de la Métropole d’être associée. « Dans le cadre des échanges avec la Métropole et afin de répondre aux enjeux de diversification végétale et de préservation des infrastructures, nous avons préconisé deux micocouliers de Provence et deux chênes lombards » explique Nassera Benmarnia, l’adjointe au maire en charge des espaces verts, des parcs et jardins, du retour de la nature en ville. Ces choix viennent d’être validés dans une déclaration préalable modificative, formalité à laquelle s’est soumise la Métropole suite à un rappel à la loi de l’ABF.

    Pour la direction de la nature en ville, « la plantation de deux espèces distinctes permet de limiter les risques sanitaires liés à une attaque de pathogènes et de ravageurs en évitant la monoculture et la perte potentielle de l’ensemble des arbres. Les essences ont été sélectionnées pour leur système racinaire non invasif réduisant les risques de dégradation des structures souterraines présentes sous la place ».

    Car le choix en arbre de haute tige est restreint du fait des problèmes d’infiltration d’eau sous la dalle, le pavillon Daviel étant relié sous terre à l’hémicycle du conseil municipal. De grands travaux d’étanchéité de la dalle sont prévus. Le cèdre du Liban, le tilleul argenté ou le Sophora du Japon ont été jugés inadaptés au site.

  • À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    Une plateforme de vente chérie des collectivités et établissements publics programme la vente aux enchères, le 10 mars prochain, d’un bien immobilier des Domaines. En l’espèce une cave de 20 m2 située en sous-sol du 106 avenue des Chartreux (4e), à Marseille, et donnant sur une cour. Mise à prix initiale : 18 750 euros.

    Rien d’anormal de prime abord, mais des détails font vite piquer les yeux. à la lecture de l’annonce, le mot « appartement » surgit, puis la mention « destination : habitation ». L’État, pilote de la lutte contre l’habitat indigne, invite sans rougir ses concitoyens à acquérir une cave « par nature impropre à l’habitation », pour y loger. La cave, dans un « état dégradé », est vantée comme un « bien atypique » pour « projet audacieux » et même un « bien d’exception ».

    Une erreur pas vraiment rectifiée

    Est-ce parce que cette cave, située deux niveaux sous terre par rapport à l’avenue, est dotée d’une ouverture donnant sur une cour intérieure en partie commune, que cela suffirait à la rendre habitable ? Dans le règlement de copropriété, c’est une cave. Pour rappel, des marchands de sommeil, qui arguaient que leur cave aménagée bénéficiait d’un éclairage naturel, ont été condamnés au pénal. Il en va ainsi de la cave du 18, rue Briffaut (4e), louée durant des années par un marchand de sommeil à une personne vulnérable. Le jugement souligne que l’éclairage naturel par un soupirail n’effaçait pas le sentiment angoissant d’enfouissement, ni le froid, ni l’humidité, ni les nuisibles.

    Interrogée, la préfecture a transmis à La Marseillaise la réponse de la Direction des Finances publiques : « L’État a récupéré ce bien dans le cadre d’une succession vacante. [Sa] vente a été confiée à un prestataire de services, Agorastore, qui effectue des ventes pour le service des Domaines dans le cadre d’un marché national. Lors de la publication de l’annonce, Agorastore a coché par erreur la case “habitation”, mais il s’agit bien d’une cave. L’annonce a été rectifiée. »

    Une erreur rectifiée, vraiment ? Si les mentions « appartement » et « destination : habitation » ont soudain disparu, le local tout pourri reste néanmoins rangé dans la catégorie « bien atypique » et, il faut oser, « bien d’exception ». Le dossier technique téléchargeable, qui comprend les diagnostics réglementaires, mentionne toujours qu’il s’agit d’un « appartement-studio » et mentionne un mesurage de « surface loi Carrez habitable de 20 m2 ». Faut-il rappeler que l’article 46 de la loi Carrez de 1965 exclut à dessein les « caves, garages, emplacements de stationnement » de son application car ce ne sont tout simplement pas des surfaces habitables. L’article R1331-17 du Code de la santé publique stipule que « sont par nature impropres à l’habitation et ne peuvent en conséquence être mis à disposition aux fins d’habitation, à titre gratuit ou onéreux, par application de l’article L. 1331-23 : 1° Les caves, quels que soient les aménagements et transformations qui leur sont apportés ». L’article 27 du Règlement sanitaire départemental des Bouches-du-Rhône, bible des inspecteurs de salubrité, souligne « l’interdiction d’habiter dans les caves, sous-sols ». D’ailleurs, ce local ne dispose d’aucun sanitaire et pour cause.

    L’habitat souterrain encouragé

    L’annonce a été tellement été rectifiée qu’Agorastore a cru bon de créer un nouvel onglet qui suggère désormais que la cave pourrait être habitable : « Changement de destination possible sous réserve de l’obtention des autorisations de la copropriété et de l’urbanisme », peut-on lire.

    L’habitat souterrain est en plein essor à Marseille, boosté par la crise du logement. Un marchand de sommeil vient encore d’être condamné pour avoir loué à un malheureux une cave au 48 rue Curiol (1er). Il est mis en cause pour une autre cave habitée rue Saint-Savournin. Est-il nécessaire que les pouvoirs publics participent à ce phénomène, même si on l’a bien compris, l’objectif du vendeur est d’appâter le chaland pour se débarrasser d’un encombrant immobilier. Est-on conscient du pouvoir d’attraction d’une telle annonce sur les prédateurs de l’immobilier dégradé. Ne vaudrait-il pas mieux se prémunir de tout risque d’une mise en location qui nourrit le cycle de l’habitat indigne, en offrant cette cave à une association qui pourrait y stocker son matériel ? Ce n’est pas le chemin pris.

    En octobre dernier, La Marseillaise avait déjà pointé la mise aux enchères risquée, sur Agorastore, d’un studio avec son box confisqué par la Justice au Campus 1, avenue du Merlan (14e), une copropriété dégradée en péril et en plein naufrage. Aucune offre ne s’était exprimée.

  • À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    Émoi chez les salariés de Kalhyge, la blanchisserie industrielle située chemin de Saint-Jean-du-désert (5e) à l’annonce par la direction de la suspension des contrats de travail de salariés dont le titre de séjour n’a pu être renouvelé. Trois salariés plongent dans l’inconnu. Parmi eux une mère de quatre enfants.

    « Vendredi après-midi, deux salariés en CDI et un autre en CDD ont reçu un coup de téléphone de la direction leur annonçant que leur contrat de travail était suspendu suite au non-renouvellement de leur titre de séjour », alerte Kamel Bouanani, délégué syndical CGT de l’établissement qui emploie 134 salariés dont environ 80% sont de nationalité étrangère. « C’est très inquiétant. Ces salariés résident légalement en France depuis de nombreuses années. D’autres entreprises sont confrontées à des situations similaires, liées aux délais et décisions des préfectures. Nous constatons également que certaines entreprises profitent de ce contexte pour ne pas remplacer les salariés concernés, ce qui engendre une forte précarisation des salariés, des difficultés organisationnelles sur les sites, et surtout un véritable vide juridique, les salariés comme les employeurs se retrouvant sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable », alerte le syndicaliste.

    « Ça sera trop dur sans salaire »

    Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants, est agent de production en CDI depuis 2023. « Le travail m’a appelé pour me dire de ne pas venir lundi car mon récépissé avait expiré. » Ressortissante comorienne, elle vit en France depuis 1998. « C’était ma 2e carte de séjour après celle de 2015. J’ai fait les démarches de renouvellement en juin avant son expiration le 23 septembre. On m’a dit que tout était ok. Puis j’ai eu une prolongation de 3 mois qui a fini le 23 décembre. » Depuis juillet 2024, les démarches sont dématérialisées sur le site Anef (Administration numérique pour les étrangers en France). « Sur mon dossier en ligne, ils me marquent que ma carte est “en construction” », ne comprend pas Mariama qui s’est rapprochée de la Cimade pour interpeller la Préfecture. « Ça sera trop dur sans salaire. J’ai quatre enfants de 9, 12, 15 et 16 ans, un loyer de 935 euros et des factures à payer. » Elle a perçu son dernier salaire de 1 700 euros et se raccroche à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendra la carte.

    L’UL CGT des quartiers nord avait alerté la semaine dernière du refus de délivrance par la préfecture d’une carte de séjour à un salarié de Primark.

  • Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Alors que le Centre des monuments nationaux s’est targué ces derniers jours d’un nouveau record de fréquentation (12 millions pour l’année 2025), la réalité du terrain n’est pas toujours aussi reluisante. La CGT-CMN pointe ainsi « des moyens humains et matériels insuffisants et des équipes en souffrance ». Des difficultés qui touchent les agents de l’abbaye du Thoronet, l’un des plus emblématiques monuments varois, qui revendiquait plus de 84 000 visiteurs en 2025. Ils ont ainsi déposé un préavis de grève, qui court du 19 au 31 janvier.

    Discussions infructueuses

    En cause : des conditions de travail dégradées, notamment dues au manque d’effectif, de rémunération et à la non-prise en compte du temps de travail. Les grévistes réclament ainsi « la création de postes (a minima un en billetterie et un en accueil) afin de pallier l’accroissement des missions » ; « une révision de l’effectif minimum de sécurité, tenant compte des contraintes pour le passer de 3 à 5 ou 6 agents » ; « l’attribution d’une enveloppe de vacations » ; « la reconnaissance financière et la valorisation des missions annexes (pratique des langues étrangères, référent RH…) » ; « la prise en compte dans le temps de travail des déplacements pour les séminaires, formations et réunions » et « le réaménagement du comptoir billetterie datant de 1994 attendu depuis des années. » Des travaux sont prévus pour 2027, sans plus de précision.

    Une réunion s’est tenue entre la direction et les syndicats mercredi dernier. Mais si « des discussions sont ouvertes » concernant « les déplacements et la reconnaissance des missions annexes, aucune réponse n’a été apportée sur les questions d’emplois, de reconnaissance salariale, et le renforcement de la sécurité », pointe la CGT-CMN. « Sur les créations de postes, la direction se retranche derrière la contrainte du plafond d’emplois du CMN insuffisant pour répondre aux besoins », poursuit le syndicat, qui fustige la proposition « d’externalisation du poste Vigipirate, pour un coût prohibitif, au prétexte de libérer un poste en accueil et surveillance, tout en restant à effectif constant ». « Les agents ont fait part des difficultés auxquelles ils sont confrontés. La direction doit les entendre ! », conclut la CGT-CMN.

  • Une nouvelle directrice pour l’économie sociale en Paca

    Une nouvelle directrice pour l’économie sociale en Paca

    « Notre ambition, c’est de continuer le passage à l’échelle de l’économie sociale et solidaire. » Mathilde L’Hôte, qui a récemment pris les rênes de la Cress Paca en tant que nouvelle directrice, affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles pour le développement de la chambre et des entreprises du secteur, ce mercredi, lors d’un point presse à Marseille. « On est une économie qui fonctionne, qui emploie et qui répond à des besoins concrets des populations et des territoires », entame-t-elle. Avant de rappeler que l’économie sociale et solidaire est un modèle sur lequel il faut plus que jamais compter : « C’est 11 139 entreprises de divers statuts dans la Région, ça représente plus de 181 000 salariés, c’est 12,8% de l’emploi privé ! »

    Elle vise donc un développement du secteur, tout en restant fidèle « aux principes fondateurs » de l’ESS, qui rassemble sociétés coopératives, entreprises mutualistes, associations ou encore les fondations : « Utilité sociale, gouvernance démocratique et la lucrativité limitée. » Un rappel pas anodin dans un contexte plus que difficile pour l’ESS : « On est dans une contraction budgétaire, avec une incertitude sur une baisse, voire disparition, des financements publics. » Concrètement, elle plaide pour « un renouvellement des enveloppes budgétaires » pour la Cress alors même que le budget alloué au développement de l’ESS pourrait être largement réduit par l’État. D’où l’importance d’un autre chantier auquel elle entend s’attaquer : « Consolider les modèles économiques de nos structures. » « On doit renforcer notre capacité d’accompagnement des acteurs. Il y a un besoin de croissance et de diversification des ressources pour les entreprises de l’ESS », développe-t-elle.

    Poursuite du combat pour la consularité

    Et cela passe par une autre de ses priorités : « Notre plaidoyer en direction des pouvoirs publics doit être accentué. (…) Nous avons pour mission de visibiliser ces acteurs. » D’un point de vue plus politique, elle se place dans les pas du président de la Cress Paca, Denis Philippe, notamment à propos de la question de la consularité des chambres de l’ESS.

    Pour rappel, si la Cress a des « missions régaliennes » à l’instar de la Chambre de commerce et d’industrie, elle n’est pas reconnue comme une chambre consulaire à l’inverse de cette dernière. « Je soutiens totalement son positionnement. On représente la totalité des entreprises de l’ESS, pour autant on ne bénéficie pas des moyens des chambres de commerce », martèle-t-elle.

  • La ferme abattait la volaille avec un agrément sanitaire suspendu à Aubagne

    La ferme abattait la volaille avec un agrément sanitaire suspendu à Aubagne

    Une ferme d’Aubagne et leurs deux gérants ont été condamnés lundi en correctionnelle à Marseille pour mise en vente de découpe de volailles malgré la suspension de l’agrément sanitaire suite au constat de nombreuses non conformités. Ils encouraient 6 mois de prison et 15 000 euros d’amende.

    « La ferme avicole des Espillières est surtout un abattoir de volailles produites dans la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence », décrit la présidente Liselotte Poizat avant d’exposer les faits reprochés aux deux gérants, père et fille, et à la société familiale. Le 6 juin 2023, des inspecteurs du service vétérinaire de la direction départementale de la protection des populations constataient la présence de cages à poules souillées de fientes hémorragiques, d’un vestiaire en désordre, de l’absence de mesures pour éviter les contaminations croisées et éviter les souffrances des poules et pintades lors du choc par électronarcose pour étourdir la volaille suspendue par les pattes, la tête plongée dans l’eau avant le saignage, le défaut de mise à jour du dossier d’agrément, etc. 4 mois plus tard, ils revenaient constater l’insuffisance des mesures correctives demandées sur les chocs électriques, l’absence de traçabilité de volailles, de plan de nettoyage, de vérification des carcasses et d’analyses microbiologiques. Une suspension d’agrément était notifiée le 24 février 2024 avec cessation immédiate d’activité.

    Près de 14 000 poulets écoulés

    Cinq mois plus tard, le 25 juillet suivant, des inspecteurs trouvaient à Marseille chez un distributeur de produits de la région du pays d’Aubagne des lots de la ferme d’Espillières mentionnant toujours le numéro d’agrément suspendu. Ils retournaient à Aubagne pour découvrir que la ferme avait continué à abattre et vendre 13 792 poulets pour une valeur marchande totale de 91 000 euros. Des rappels de produits étaient ordonnés.

    « Je me suis embrouillée. Je n’avais pas compris que c’était suspendu. Je pensais qu’on avait encore un délai. C’était flou pour moi », explique Stéphanie, 42 ans, la gérante. « C’est une profession très réglementée avec des lourdeurs administratives. L’échange a été très compliqué. On n’arrive pas à être aidé. Je n’ai eu aucun retour et j’ai sous entendu que les mesures correctives étaient valables », dit-elle pour invoquer au final « des contraintes économiques et sociales. C’est toute une filière qui est touchée quand on arrête. Aujourd’hui on est 5 salariés, avant on était 11. On ne fait plus d’abattage, que de la vente de poulets vivants », conclut-elle en réprimant les larmes. Sa ferme est désormais en redressement judiciaire. La présidente précise que ses demandes d’agrément ont reçu des réponses négatives sur les questions du bien-être animal.

    « Quand il y a un scandale sanitaire, on se retourne toujours vers les services de l’État », expose le procureur Guillaume Bricier pour souligner l’importance des contrôles vétérinaires sur cette filière sensible. « La suspension n’est pas tombée subitement d’un coup. Elle est intervenue après un long processus de demandes correctives. Ici, les mises en demeure de régulariser sont restées vaines. De février à juillet, 13 792 poulets ont été abattus sans agrément sanitaire. Ce ne sont pas des petits volumes et cela pose un risque sanitaire. » De rappeler que ce ne sont pas des oies blanches au vu de condamnations antérieures. La ferme et les gérants ont déjà été condamnés pour pratiques commerciales trompeuses en 2020 tandis que le gérant – à la retraite depuis – a été condamné pour abandon d’un animal domestique et mauvais traitements dans les années 2013-2014. De requérir 5 000 euros d’amende contre les deux et 15 000 euros contre la société.

    « Les agents n’ont pas vu tout ce qui a été mis en place ? 100 000 euros ont été investis. Toutes les machines d’électronarcose sont conformes, tout est respecté sur la chaîne de l’abattage. Qu’est ce qu’il faut faire ? C’est profondément injuste », plaide la défense qui réfute toute souffrance animale. A l’entendre si la fermière a poursuivi l’abattage, c’était aussi pour limiter ses souffrances des volailles confinées. « Qu’aurait-elle fait de tout son stock ? »

    Serge, le père, gérant à la retraite, a écopé de 3 mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Sa fille est condamné plus légèrement à 3 000 euros d’amende. La ferme avicole se voit infliger 10 000 euros d’amende, sans interdiction d’exercer comme requis par le parquet pour lui permettre de se relancer.

  • La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    Suite à l’annonce d’un licenciement économique de six salariés et non plus sept comme prévu initialement de l’hôtel Marseille Saint-Charles, une grève a débuté lundi. C’est dans ce contexte que la directrice des ressources humaines (DRH) du groupe Alboran, qui possède l’établissement, a rencontré quatre de leurs représentants, ce vendredi. La direction n’est pas revenue, lors de ce rendez-vous, sur ces six licenciements, qu’elle qualifie d’économique, d’après les syndicats. La grève est donc reconduite ce samedi, devant l’hôtel.

    Depuis lundi, les casseroles et les sifflets se font entendre dès que l’on s’approche de l’ex-hôtel Holiday Inn, face à la gare Saint-Charles, à Marseille. Accompagnés par leur syndicat, CNT-SO, les six salariés, qui ont appris leur licenciement le lendemain de Noël, réclament l’annulation de cette procédure. Karima Malagouen, coordinatrice de petit-déjeuner depuis 15 ans au sein de l’hôtel, a été la première à être au courant. C’est l’incompréhension pour la syndiquée à la CNT SO : « On nous jette sans prendre en compte notre ancienneté, sans nous proposer de solutions dans d’autres hôtels du groupe, ou des formations. » Pour le moment, seule elle et son collègue équipier Toufik Ghodbane, délégué syndical à la CNT SO, ont été officiellement informés de leur licenciement.

    Alors que la direction affirme qu’il s’agit de licenciement économique, les concernés refusent d’y croire et réclament l’accès aux dossiers comptables, qui justifierait ces licenciements. Malgré la réunion avec la DRH, aucun document comptable ne leur a été transmis. « Ils disent qu’il n’y a plus d’argent, mais ils font des travaux dans l’hôtel pour 5 millions d’euros », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical et équipier. Le 8 janvier doivent commencer ce chantier de plusieurs mois pour permettre à l’hôtel, propriété du groupe Alboran depuis janvier 2023, de devenir un quatre étoiles.

    Pour Karima Malagouen, c’est d’autant plus incompréhensible que l’hôtel est souvent complet. « Je participe aux réunions toutes les semaines. On est souvent complet, et les clients sont très satisfaits de notre travail ! » Danila Gomes, femme de chambre depuis 2019, ne comprend pas non plus cette décision : « Je ne vois pas comment ils vont faire pour nettoyer toutes les chambres sans nous, alors que l’on fait plein de choses : les chambres, mais parfois, on est équipier ou gouvernante. »

    Pour la coordinatrice de petit-déjeuner, c’est un moyen pour l’hôtel de baisser les salaires. « Ils me licencient car je coute cher, et ils réembaucheront quelqu’un a un salaire beaucoup plus bas », suppose-t-elle. La grève est donc reconduite ce samedi. « On n’arrêtera pas la grève, parce que c’est le seul outil qu’on a », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical.

    Contacté, le groupe n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    Caisse de grève : we-solidaire.com (solidarité grévistes hôtel Marseille centre gare Saint-Charles)

  • Poupée pédopornographique : un acheteur inquiétant jugé à Aix-en-Provence

    Poupée pédopornographique : un acheteur inquiétant jugé à Aix-en-Provence

    L’acheteur de 56 ans d’une poupée pédopornographique proposée sur une plateforme de vente en ligne comparaît libre, ce vendredi, devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, pour « détention ou acquisition d’images ou de représentations de mineurs à caractère pornographique ». Il encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

    Le quinquagénaire, domicilié à Bouc-Bel-Air, avait reconnu en garde à vue avoir « commandé cette poupée à des fins sexuelles ». Il a été déféré le 5 novembre au parquet d’Aix-en-Provence et placé sous contrôle judiciaire jusqu’au procès. Le procureur avait précisé que le colis n’était pas de la plateforme Shein.

    Deux jours plus tôt, des employés d’une société de livraison avaient alerté la gendarmerie de la découverte d’un colis plutôt lourd et en partie ouvert qui contenait une poupée pédopornographique en silicone de 1,30 mètre, expédiée par la société chinoise Zech. Le destinataire est tout sauf inconnu, étant déjà inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’agressions sexuelles (Fijais), à la suite d’une condamnation pour agression sexuelle sur mineur.

    Prison ferme et obligation de soins

    Le scandale de la vente en ligne décomplexée de ces poupées remonte au 3 octobre, quand la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a alerté la justice sur la présence de ces produits sur plusieurs plateformes asiatiques de e-commerce, d’abord sur le site chinois Shein, puis ensuite AliExpress, désormais sous enquête.

    La Répression des fraudes a rendu public la découverte et rappelé aussi aux diffuseurs qu’ils engageaient leur responsabilité pénale : la diffusion, via un réseau de communications électroniques, de représentations à caractère pédopornographique, est passible de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Le communiqué fustigeait en particulier Shein, « un site et une marque pour lesquels des pratiques commerciales trompeuses et des allégations mensongères, ainsi que plusieurs non-conformités, ont déjà été largement constatées et sanctionnées précédemment ».

    En France, une vingtaine d’acheteurs âgés de 20 à 70 ans ont été interpellés et certains déjà traduits en justice. Le 15 décembre, un homme de 41 ans a été condamné à Tarbes à 2 ans de prison ferme avec mandat de dépôt, ainsi qu’à un suivi socio-judiciaire de 5 ans avec obligation de soins pour cet achat, mais aussi pour une agression sexuelle sur une fillette de 8 ans. « Il n’y a pas de doute dans ce dossier. Les jouets sexuels évoquaient clairement des enfants. Il a reconnu l’agression sexuelle. C’est un passage à l’acte pédophile. Nous sentons que ses pulsions prennent clairement le pas sur sa raison », avait lancé le procureur, cité par La République des Pyrénées.

  • La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La CGT des agents territoriaux de la Ville de Marseille débute l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a déposé un « préavis de grève reconductible du 1er au 31 janvier 2026, couvrant l’ensemble des services municipaux ». Et si le préavis reprend, sans surprise, des revendications d’ordre national sur fond de « politique d’austérité depuis le mandat d’Emmanuel Macron », une « nouveauté importante » s’est ajoutée dans les demandes des agents. « Face aux nombreuses situations injustes remontées par les agents ces dernières semaines, la CGT a décidé d’ajouter une nouvelle revendication au préavis : la fin des inégalités dans l’attribution du CIA », explique la CGT Territoriaux Ville de Marseille. Et cette dernière ne parle pas de l’agence de renseignement états-unienne mais du complément indiciaire annuel (CIA). Une sorte de prime, versée pour l’année 2025 en ce mois de décembre, intégrée au régime indemnitaire des fonctionnaires, lequel est une partie de la rémunération de l’agent public. « C’est la première année que le CIA est attribué d’une manière aussi injuste », dénonce Mikael Casanova, secrétaire général de l’organisation. Avant de développer : « Le CIA est en place depuis un moment à la Ville, mais auparavant il dépendait de “raisons exceptionnelles”. Par exemple pour les agents qui ont aidé sur les Jeux olympiques ou les événements de la rue d’Aubagne. » Et c’est là où ça coince pour l’organisation syndicale. Car selon elle, le CIA a été attribué « au soi-disant mérite» pour 2025. « Ce sont les supérieurs hiérarchiques des agents qui l’ont donné de manière subjective. Certains se sont investis et ont eu le niveau 1, donc 0 euro, d’autres beaucoup moins et ont eu le niveau 3, plusieurs centaines d’euros », poursuit le syndicaliste. Il y voit là « un outil opaque, source de divisions entre collègues, générateur d’injustices et de frustrations, sans critères clairs ni équité de traitement ».

    Un réexamen pour FO

    En tout cas, la CGT n’est pas la seule organisation à se pencher sur le sujet. Le 14 décembre dernier, Patrick Rué, figure du syndicat FO de la Ville, s’alarmait sur les réseaux sociaux : « FO a demandé à ce que les agents privés de prime sans critères objectifs puissent demander la révision de cette décision ! ». Deux jours plus tard, son organisation explique avoir obtenu « le réexamen des décisions de niveau 1 » après « une alerte auprès de la direction des ressources humaines ». « Les procédures d’évaluation […] ont été appliquées d’une manière différente d’un manager à l’autre ou d’une direction à l’autre. De nombreux agents s’estiment injustement lésés par la décision d’attribution », développe le syndicat. Avant de se féliciter : « Le maire [Benoît Payan Ndlr] a donné suite favorable à la demande de réexamen. »

  • Charles Berling : « La scène nationale doit rester un service public »

    Charles Berling : « La scène nationale doit rester un service public »

    La Marseillaise : Après 15 années passées à Châteauvallon, vous avez décidé de prendre votre retraite. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

    Charles Berling : Je pense que 15 ans c’est bien. Cela fait très plaisir d’avoir construit quelque chose, mais il est temps de passer la main. C’était en même temps une grande joie et une charge, avec plein de devoirs. Je n’étais pas directeur avant, je ne le serai pas après. Je veux continuer ma carrière artistique, ce qui était le deal au départ, même s’il a parfois fallu faire des choix. Je retourne à ma liberté, car quand on dirige une scène nationale, on a une responsabilité publique et sociale très forte. Quand on est artiste aussi, mais ce n’est pas la même chose. Je ne suis pas pour la direction à vie. Je crois qu’en démocratie, il faut que le pouvoir tourne.

    Quel bilan tirez-vous de votre gouvernance ?

    C.B. : On a commencé en 2010, on a créé le théâtre Liberté. On est devenu scène nationale en 2015, sous la direction de Christian Tamet. Je suis très heureux et fier, d’avoir noué une relation de confiance avec un large public. D’avoir participé à une sorte d’émancipation de la métropole toulonnaise, qui l’a vue sortir de son enclave entre Marseille et Nice depuis les années 2000. Et je suis très heureux d’avoir bâti, avec la soixantaine de personnes qui composent l’équipe, une hiérarchie plus horizontale qu’habituellement. Cette équipe est autonome, responsable, passionnée. Je suis également très heureux d’avoir été vers tous les publics, dans les quartiers, d’avoir rempli ce qu’est la signature d’un service public. On a aussi lancé le festival LGBT+ « In&Out », qui a ramené la gay pride à Toulon. J’ai connu Toulon il y a longtemps. C’était un désert culturel, on allait à Marseille, Avignon… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

    Si vous ne deviez conserver qu’un souvenir, lequel serait-ce ?

    C.B. : Ce serait dommage de n’en garder qu’un, mais je dirais l’inauguration du théâtre Liberté, avec Fanny Ardant, le ministère de la Culture, Falco… Fanny m’avait dit : « La première chose que tous ces officiels vont faire, c’est regarder du théâtre et écouter Marguerite Duras. » Ça me restera, c’était une très belle inauguration, un très beau souvenir. Mais on en a tellement, un magnifique festival d’été, les 60 ans de Châteauvallon, avec le film réalisé par des enfants. Pour moi, la jeunesse d’aujourd’hui doit imaginer les 60 ans à venir de Châteauvallon-Liberté. Ça m’a bouleversé, et je crois que c’est ce qu’il faut que nous fassions plus dans la société : croire en les enfants.

    Comment voyez-vous en l’avenir pour Châteauvallon ?

    C.B. : Dans des lieux où on fait du spectacle vivant, on peut faire du business. Mais la première chose, c’est qu’il faut qu’une scène nationale reste un service public, vecteur de lien social. Elle ne doit pas rentrer dans la violence du mercantilisme et du business. Avoir fait de la culture un service public, c’est l’exception culturelle française. À l’heure des réseaux sociaux, il est fondamental que nos lieux fassent la différence, car ce n’est pas du virtuel. Je veux que Châteauvallon-Liberté continue de se développer dans cette relation magnifique entre ville et campagne, mais au sein d’un service public. Il ne faut pas vendre son âme, il ne faut pas vendre Châteauvallon. Et aussi la Cité des sciences et de la Nature. On a besoin de marier les arts, les sciences et le soin de la nature. Châteauvallon doit rester au cœur de cette ambition, et que des jeunes s’en emparent pour continuer de défendre ce supplément d’âme, non pas comme un business mais comme un bien commun.

    L’avenir de la culture est menacé, avec des financements en chute libre et un mouvement réactionnaire qui vise à le défaire. Êtes-vous inquiet ?

    C.B. : Oui, car quelque chose de très irrationnel se produit. Des gens votent pour des politiques qui les arnaquent totalement. C’est un rapport au totalitarisme qui est délirant pour moi. Je ne comprends pas comment les Américains pauvres peuvent faire confiance à Trump, alors qu’ils sont en train de se faire voler comme le dit Robert de Niro. C’est pareil en France avec le RN, qui prétend s’appuyer sur le populaire, le social, mais qui est soutenu par des Bolloré, des Stérin, qui manipulent avec de l’information abominable. C’est comme un torrent de boue qui nous arrive dans la gueule (sic) et on a nos petits canoës pour essayer de remonter le courant. Mais en même temps, quand on mène des événements participatifs, et qu’on voit cette population française très diversifiée qui a la volonté de raconter la nation ensemble, ça donne du baume au cœur. Certaines chaînes TV font de la désinformation à dessein, ou en tout cas appuient sur les mêmes boutons à des fins électorales. La population est beaucoup plus unifiée et forte qu’on le dit. Mais il y a à nouveau un affrontement direct entre des forces réactionnaires, fascistes, et des forces progressistes. Il faut se battre de façon positive en essayant de bâtir ensemble.

    Quels sont vos projets pour les années à venir ?

    C.B. : Je suis Varois, Toulonnais, je vais continuer à l’être. Je vais continuer de traîner par là dans les deux ans qui viennent, y compris au théâtre, puisqu’on a produit des spectacles qui tournent beaucoup. Après, je vais pouvoir tourner un peu plus au cinéma et à la télé mais je vais travailler et rester dans la région tant que je le pourrai. Ce n’est pas une rupture, même si je laisse la place à d’autres pour la direction, en espérant que ce sera quelqu’un qui continuera à respecter le passé de l’institution, pas un Bolloré (rires).