Tag: Destruction

  • La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane

    La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane

    Au total, ce sont ainsi 124 logements qui doivent être livrés aux engins de chantier, sept ans après le début de la démolition de la tour K. Dans le cadre du chantier de renouvellement urbain de la Castellane et de la Bricarde, quelque 702 logements doivent être démolis et 900 autres réhabilités, avec la création de nouvelles rues, la requalification de trois groupes scolaires, la relocalisation des deux centres sociaux et la construction d’une nouvelle crèche. Un chantier à 304 millions d’euros.

  • Marseille : le désastre de Bonneveine, un bourbier politique

    Marseille : le désastre de Bonneveine, un bourbier politique

    À l’initiative de LFI et de la coalition citoyenne Comm’un Possible Marseille (Donut Infolab, Alternatiba Marseille, Climat Paca, Eden Initiative, etc.), une petite manifestation d’une vingtaine de personnes s’est tenue devant la mairie centrale à 18h « pour rendre le massacre à son auteur » en déposant sous les fenêtres de Benoît Payan des tronçons d’arbres.

    « Du grand n’importe quoi » assène Romain Simmarano, le conseiller municipal (Renaissance) d’opposition pour qui « Bonneveine est plus qu’une simple faute politique, c’est un symptôme : la mairie est littéralement à l’arrêt, alors que Marseille a besoin de mouvement, d’énergie, d’envie, de résultats ! »

    Mardi matin, les tronçonneuses ont continué à hacher menu les 26 pins matures déstabilisés par les travaux et abattus la veille malgré la forte mobilisation citoyenne et associative. « C’est un désastre à partir d’une connerie initiale de la ville. S’il y avait eu un management compétent, on n’en serait pas là ! », peste Richard Hardouin, le président de France nature environnement 13, venu voir le désastre, mais empêché par les policiers municipaux d’approcher des cratères. « On aurait pu sauver des arbres en les élaguant ou en les étayant », estime le défenseur de l’environnement. « C’est choquant d’avoir constitué fin juillet un groupe avec des riverains responsables, de se réunir le 10 août avec Perrine Prigent, l’adjointe aux espaces verts, qui n’a pas attendu le délai de 15 jours qu’elle avait proposé. Ils ont abattu même des arbres non préconisés par l’expertise d’ONF Vegetis. » Une habituée du parc fulmine : « C’est un scandale sans nom. Quand on voit que des pompiers sont morts pour sauver des forêts dans les Landes ! »

    Plus loin, un militant s’est perché dans un grand pin condamné. Jean-Luc, habitant du Roy d’Espagne, entend ainsi protester « contre le plan de découpe lancé subitement par un bureau d’études qui a décidé sans l’avis des riverains avec sa vision de la nature, de lancer une guerre éclair. Ce sont des arbres matures qui rendaient service aux habitants. Les arbres ne sont pas des biens mobiliers. Le parc doit se faire autour des arbres existants. » Il finit par descendre, aidé d’un escabeau amené par la police.

    Invités à une réunion à la Direction de la Nature en Ville, avenue Clot-Bey, les représentants du collectif de riverains sont ressortis dépités. « On a été reçu par trois seconds couteaux des espaces verts, sans répondant, qui en ont dit le moins possible. Il n’y avait pas Perrine Prigent l’adjointe aux espaces verts, ni Marc Foveau le DGA qui avait lancé l’invitation », se désole encore Alain Senentz président du collectif de riverains.

  • [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    La Marseillaise : De nombreux Marseillais et militants associatifs sont choqués par la destruction par les services de la Ville d’une quarantaine d’arbres de haute tige dans la pinède du parc Bonneveine. Comment est-ce possible dans un projet qui vise à renaturer un parc public ?

    Hervé Menchon : Je suis triste et très en colère et je comprends et je ressens l’émotion des gens et des associations. C’est très dur aujourd’hui, en période de canicule, avec ce que l’on sait du dérèglement climatique et de ce qui nous attend. Après, je n’ai pas été impliqué dans ce dossier que je n’ai pas piloté. C’est un parc qui est labellisé EcoJardin et qui impliqué dans le programme « Territoires Engagés pour la Nature » et sur lequel j’attendais justement des réponses de mes services. Aujourd’hui, demain, rien ne sera équivalent à la protection et au maintien des arbres matures qui existent. Ce qui s’est passé, ce n’est juste pas possible ! 2050, c’est dans 24 ans. Les arbres qu’on plantera aujourd’hui n’apporteront jamais la même ombre, la même fraîcheur et ne seront jamais le même habitat que ceux qu’on a abattus. On mettra des décennies à récupérer la continuité écologique qu’apportaient ces arbres. On a détruit une canopée et au-delà un stockage carbone qui freine le dérèglement climatique.

    Au-delà du décompte des arbres abattus, c’est aussi la méthodologie de travail au sein d’une mairie à composante écologique qui est questionnée selon vous ?

    H. M. : Un arbre, c’est un monde. Il n’y a pas une espèce protégée et d’autres espèces qu’on pourrait détruire. Pas aujourd’hui, pas au XXIe siècle. On ne peut pas réfléchir comme ça alors qu’on est en train d’essayer de construire une planète vivable en 2050 et que se pose la question de l’habitabilité de la ville de Marseille en 2050. Ce qui s’est passé est digne de la politique agricole du XIXe siècle ou du productivisme du XXe siècle. On est ailleurs là, on est dans l’espace. On ne peut faire du génie contre la nature. Ça n’existe pas ! On doit faire alliance avec la nature, dès aujourd’hui, partout à Marseille, sur terre, en mer, en ville et pas seulement dans les parcs et jardins. La biodiversité, c’est ça. J’ai une «division» biodiversité, mais qui n’est même pas une direction biodiversité, et qui ne s’occupe pas des parcs et jardins. Je ne peux pas travailler avec ces outils-là aujourd’hui.

    En tant qu’écologiste engagé, je me suis battu pour sauver les 16 arbres du square Lévy, pour sauver la pinède du Roy d’Espagne, les jardins Joseph-Aiguier, le parc de la Mathilde. Je viens de là, moi et je ne cautionnerai jamais l’abattage de 30 à 40 arbres ! Il existe d’autres solutions que l’abattage. Même si on a des rapports d’experts, on peut avoir des contre-expertises. Il y a sûrement un génie humain qui est capable de maintenir les arbres. Alors peut-être qu’il était trop tard, qu’il y a la réalité et le temps administratifs. Il y a eu aussi les élections au milieu qui ont fait que chacun prend ses marques.

    Les associations dont FNE13 ont le sentiment qu’on leur a joué un mauvais tour, d’avoir été pris pour des idiots, en abattant précipitamment en pleine discussion. Vous comprenez ?

    Les associations m’ont sollicité. Je n’ai pas répondu parce que ce n’était pas mon dossier. On m’a mis adjoint à la biodiversité mais je ne suis pas la caution des massacres de la biodiversité. Je veux être adjoint à la biodiversité sinon ça ne sert à rien et je vais à nouveau grimper aux arbres. Même sur le tramway des Catalans, je ne suis pas chaud parce qu’il faut couper des arbres. Aujourd’hui, on aura du mal à avoir des arbres. On ne sait pas si les arbres qu’on plante aujourd’hui vont survivre. On n’aura peut-être pas l’eau pour les arroser avec une température de 50 degrés. Un arbre, c’est du vivant, ce n’est pas un meuble ! Ce n’est pas du mobilier urbain. Avec un arbre, il y a des champignons, des insectes utiles à la vie qui nourrissent des espèces protégées justement. Là, franchement, on est à rebours de mes ambitions, à rebours des enjeux du siècle. Je suis horrifié.

    Est-que cela suscite des discussions au sein de la gouvernance municipale ?

    J’aurai bientôt une réunion avec Perrine Prigent [ndr : adjointe DVG déléguée aux espaces verts qui pilote le dossier]. Je pense que là, une réunion avec le maire de Marseille s’impose. C’est tout le sens de mon engagement politique qui est remis en question aujourd’hui.

    Recueillis par David Coquille

  • Loups abattus dans les Hautes-Alpes, One voice participera au procès

    Loups abattus dans les Hautes-Alpes, One voice participera au procès

    Alors qu’à l’issue d’une enquête de près d’un an, la procureure de Gap, Marion Lozac’hmeur, a annoncé jeudi que trois personnes seront jugées pour avoir abattu illégalement neuf loups dans les Hautes-Alpes, l’association One Voice a annoncé dans un communiqué être « partie prenante de la procédure ». « Neuf loups dans un seul département, et pendant ce temps, 85 autres ont été tués légalement en France depuis janvier, sur un plafond national de 227 pour une population estimée à 1 082 individus, très loin du seuil de viabilité que les scientifiques situent a minima entre 2 500 et 5 000 », s’indigne-t-elle.

    Pour One Voice, « le système marche à l’envers » avec « un éleveur indemnisé dès lors que la responsabilité du loup “n’est pas écartée” et ce sont ces mêmes constats qui servent ensuite à justifier les tirs ». Et de demander que « la logique soit inversée ».

    Dans les Hautes-Alpes, les investigations avaient débuté en avril 2025 « à la suite d’un signalement d’atteintes à la faune sauvage » dans le nord du département, explique la procureure dans un communiqué sur ce « vaste coup de filet contre le braconnage des loups ».

    Une espèce protégée

    Des mesures de surveillance sont alors mises en place par l’Office français de biodiversité (OFB), qui permettent de découvrir « des dispositifs de captation d’images installés à proximité d’une habitation ». Presque un an plus tard, le 28 mars 2026, au cours d’une de leurs observations sur ce site, les inspecteurs de l’environnement font des constatations leur laissant présumer qu’un loup vient d’être abattu « en dehors de tout cadre légal ». Le lendemain, OFB et gendarmes perquisitionnent et tombent sur un charnier d’animaux, vraisemblablement destiné à servir d’appâts, de « nombreuses » armes à feu et même un cadavre de loup.

    Mardi, les enquêteurs ont procédé à l’interpellation de trois personnes, placées en garde à vue puis sous contrôle judiciaire dans l’attente d’un procès devant le tribunal correctionnel en janvier 2027. Elles devront répondre de « destruction et de complicité de destruction illégale d’espèce protégée ».

    Six autres personnes ont par ailleurs été entendues en audition libre. En France, l’abattage de loups est encadré par la loi, l’espèce restant toujours protégée. Il est interdit en milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux. Des « tirs de prélèvement » sont autorisés avec un nombre maximum de bêtes pouvant être abattues.

  • Marseille 1943, la justice s’achemine vers la reconnaissance des crimes

    Marseille 1943, la justice s’achemine vers la reconnaissance des crimes

    Bientôt huit ans après le dépôt de plainte du 17 janvier 2019 sur la rafle du Vieux-Port, la justice se dirige vers la reconnaissance des crimes perpétrés à Marseille en 1943. C’est l’aboutissement du long combat « pour la mémoire des disparus et la conscience des vivants » mené par le Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, son président Antoine Mignemi, 88 ans, rescapé des rafles, et l’avocat Pascal Luongo.

    Ce drame de la Seconde Guerre mondiale a longtemps été occulté. L’opération Sultan a été ordonnée par Hitler et exécutée avec le concours du régime de Vichy et de la police française, du 22 janvier au 17 février 1943. Cette collaboration s’incarne dans un cliché mettant en présence Bernhard Griese, le chef des SS, et René Bousquet, le secrétaire général de la police de Vichy.

    « Je suis extrêmement heureux, confirme Me Luongo, dont le grand-père et les siens furent raflés. C’est une formidable nouvelle que nous avons annoncée aux victimes, aux membres du collectif, car en plus du crime contre l’humanité des rafles du Vieux-Port, les crimes de guerre de la destruction des Vieux-Quartiers sont reconnus aussi. »

    Selon le Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, des magistrats du Parquet national anti-terroriste (PNAT) viendront, fin septembre, présenter aux plaignants cette décision historique à l’occasion d’une réunion publique exceptionnelle au Palais Monthyon. Des magistrats expliqueront aux parties civiles les conclusions du long travail d’enquête mené par le pôle crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre. Depuis mai 2019, les investigations ont été confiées aux enquêteurs spécialisés de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), rattaché à la Gendarmerie nationale. Cette réunion doit être suivie d’une commémoration organisée par la Ville de Marseille.

    Interrogé, le Parquet national anti-terroriste en charge de l’enquête, au tribunal de Paris, s’est refusé à confirmer l’information. « Nous sommes en fin d’investigation. Nous travaillons sur une décision qui n’est pas encore prise. Cette décision ne sera matérialisée qu’à partir du moment où les victimes seront informées. »

    « 12 000 Marseillais ont été chassés des quartiers Saint-Jean et de l’Opéra et transférés à Fréjus. 1 500 d’entre eux furent déportés vers les camps de la mort, et parmi eux plus de 804 déportés parce que juifs », avait déclaré le ministre de l’Intérieur, à l’occasion du premier hommage national rendu le 29 janvier 2023 pour les 80 ans des rafles des 22, 23 et 24 janvier 1943. Gérald Darmanin était venu, au nom du président de la République, « réparer cette injustice et signifier sa portée nationale ». L’État reconnaissait que cet épisode sombre de la Seconde Guerre mondiale était « bien trop peu relaté dans les livres d’histoire », un épisode dont il avait reconnu qu’il était « à la croisée de la grande histoire et des destins individuels, à la croisée de la honte de la collaboration et de la fierté de la Résistance ».

    Une mémoire occultée

    En mai 2019, le Pnat avait jugé « recevable » la plainte de 24 pages déposée au nom de huit Marseillais survivants et descendants (deux sont décédés en cours d’instruction) de la rafle du 24 janvier 1943 pour crime contre l’humanité. La plainte visait « toute personne ayant commis le crime contre l’humanité à Marseille, Fréjus et Oranienbourg (Allemagne), à l’encontre de la population civile du Quartier Nord du Vieux-Port, à Marseille, entre le 24 janvier 1943 [et] le 19 février 1943 et courant années 1944 et 1945, et en tout cas pour un temps non prescrit, en raison d’une atteinte volontaire à la vie, du transfert forcé de population, de la privation grave de liberté physique et des actes inhumains causant intentionnellement de grandes souffrances et des atteintes graves physiques et psychiques ».

    La plainte détaillait combien la population civile, ces familles pauvres issues pour la plupart de l’immigration italienne et en particulier napolitaine, « a été ciblée pour son lieu d’habitation et ses origines, a vécu des arrestations arbitraires, des persécutions, des transferts forcés, des déportations et des atteintes volontaires à la vie, autant d’actes inhumains dans un plan concerté pour le compte d’un État, l’Allemagne nazie, mais aussi de l’État français de Vichy ».

  • À Marseille, la renaturation du parc de Bonneveine  tourne à l’abattage

    À Marseille, la renaturation du parc de Bonneveine  tourne à l’abattage

    Des riverains dénoncent la conduite non maîtrisée du chantier de rénovation et de renaturation lancé, en septembre dernier, du parc central de Bonneveine, avenue de Hambourg, 8e, et de la promenade de la Sarette. L’opération s’accompagne, selon eux, de destruction injustifiée d’arbres.

    Lancé en septembre dernier, le marché de travaux prévoit la plantation de 70 arbres, la création de jeux, l’agrandissement de 5 000 m2 gagné sur l’ancien gymnase et la rénovation de l’éclairage, pour un coût annoncé de 2,4 millions d’euros. « Depuis quatre mois, tout est à l’arrêt sans raison valable, constate Jérôme Nardi, du collectif. Et la circulation le long du chemin de la Sarette est bloquée par des barrières de sécurité. On prend en otage les usagers du parc en pleine canicule. »

    « Quatre arbres de 50 ans sont tombés à la suite de l’arrachage des pavés qui habillaient les parois des cratères. Cela a déstabilisé leur système racinaire. Six autres ont été abattus sans précaution et 32 autres arbres sont menacés de destruction, dont 24 dans la pinède », explique Alain Senentz, qui montre comment le creusement de tranchées à la tractopelle a endommagé des sujets. « En février, un très gros pin de la place centrale s’est effondré peu après que des tranchées d’un mètre de profondeur ont été creusées à proximité pour passer le nouveau câblage des lampadaires. »

    Le soutien de France Nature Environnement

    La pétition du collectif a déjà obtenu 1 500 signatures et réclame le redémarrage du chantier avec des mesures « pour protéger les arbres restants en instaurant des méthodes de travail qui préservent l’environnement et évitent de renouveler les erreurs passées ». Ils demandent de la transparence sur les expertises techniques – et notamment le rapport complet de l’Office national des forêts (ONF) – qui fondent les décisions d’abattre les arbres. Au vu de « la fuite permanente devant les demandes d’explication », le silence de la mairie centrale et celle de secteur devant laquelle ils ont dû faire un sit-in pour être reçus, le collectif s’est résolu à aller au contentieux. Défendu par Me Sébastien Barles (ancien adjoint de Benoît Payan en charge de la transition écologique), il va assigner, la semaine prochaine, la Ville en référé devant le tribunal administratif.

    Vendredi, Richard Hardouin, président de France nature Environnement (FNE), était à leur côté : « Nous allons accompagner le groupe de nouveaux adhérents de FNE 13 du Parc Bonneveine dans le but de créer une instance d’échange avec la mairie et, si ça n’aboutit pas, nous agirons en justice. » Sa visite est édifiante. « Non, là, il n’y a rien qui justifie la coupe de cet arbre qui doit être conservé ! Ce cratère-là ne nécessite pas d’être touché. Il doit rester en l’état », tonne le militant, visiblement très mécontent. Elisabeth Parisot lui montre le grand pin qui est tombé sur le grillage de la résidence Le Véronese et qui est resté en place avec les autres.

  • À Gap, malgré la perte des silos,les hirondelles sont toujours là

    À Gap, malgré la perte des silos,les hirondelles sont toujours là

    « Il y a 400 nids et ils sont tous pleins, il y a donc au moins 800 hirondelles et martinets », confirme Eliane Dupland coordinatrice de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Gap. Ce mercredi matin, avec un groupe de bénévoles, elle est venue compter les hirondelles de fenêtre et les martinets noirs sur l’ancien site des silos à grain. Ces bâtiments de stockage du grain, détruits en 2021, étaient un refuge de l’hirondelle de fenêtre, espèce menacée en France. Le principal problème pour l’hirondelle est qu’à la différence du martinet, elle ne niche pas dans les cavités des bâtiments mais construit ses nids de boue sur les parois. Or, cela lui est impossible sur la plupart des façades des constructions modernes.

    Un temps boudés, les nids sont pleins

    « Avec le plan de démolition, on est intervenus pour que les nids soient pris en compte. Ainsi, il n’y a pas eu de travaux pendant les périodes de nidification, et une mare a été créée à proximité pour que les hirondelles y cherchent la boue pour leur nid, explique Eliane Dupland. Depuis un an, le nouveau bâtiment est construit, on y a fait mettre des nids artificiels, en béton de bois, car, autrement, le ciment du bâtiment glisse trop pour qu’elles y fassent leur nid. » Malgré ces mesures, Eliane explique que les bénévoles sont « restés très inquiets car les premières années les nids n’étaient pas occupés, elles semblaient les bouder. » Finalement, cette dernière prospection permet de constater que les hirondelles s’en accommodent très bien. D’après la LPO gapençaise, les nids ont été conçus par une entreprise de Toulon, ville pionnière dans les mesures de protection des hirondelles en milieu urbain.

  • Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Faire face à l’anéantissement de Gaza. C’est le thème du colloque organisé durant deux jours au Mucem (2e), ces 21 et 22 mai. Tenu dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le rendez-vous ambitionne de réunir « des artistes et chercheurs de Gaza (…), des institutions culturelles et artistes engagés pour la Palestine, ainsi que des spécialistes de la région et des migrations artistiques ».

    La journée de jeudi, après un accueil introductif d’une trentaine de minutes le matin, s’est ouverte avec un « état des lieux » de l’anéantissement à Gaza. Animée par la journaliste d’Orient XXI Sarra Grira, la rencontre a été l’occasion de revenir sur la destruction du patrimoine gazaoui. Une présentation assurée par Ahmed Ashour, chercheur à l’Université de Tours, spécialiste des politiques culturelles et de l’apprentissage communautaire dans des contextes marqués par la guerre et l’oppression.

    Aïda Delpuech, journaliste indépendante, a évoqué l’écocide en cours à Gaza, d’après elle outil important de la destruction durable de l’enclave. « Attaquer l’écosystème palestinien fait partie du mode opératoire israélien. Il faut comprendre que l’écocide est d’abord un outil du génocide à court terme, car si on prive une population de ses outils de production agricole, on alimente la famine et donc le génocide en cours, détaille-t-elle. Mais aussi à long terme : les bombardements rendent Gaza inhabitable pour une longue durée. On détruit les écosystèmes sur le moment, mais aussi après, avec des ressources, comme les sols, l’eau, l’air, qui sont durablement contaminées. »

    Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, est également intervenue, en visioconférence. « Nous devons accepter que nous vivons une destruction totale de ce qui est la Palestine en tant qu’identité », martèle-t-elle. Et de rappeler la définition des termes qu’elle emploie : « On parle de génocide lorsqu’il y a volonté de détruire totalement ou partiellement un groupe et religieux. Ici, la volonté n’est pas cachée. » D’après le ministère de la Santé du Hamas, plus de 70 000 personnes sont mortes dans l’enclave palestinienne, chiffre jugé fiable par l’ONU, depuis l’attaque terroriste du 7-Octobre du Hamas sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre à Gaza.

    Protestations

    C’est notamment pour protester contre la présence de Francesca Albanese que le président du Crif Marseille, Bruno Benjamin, avait appelé, en début de semaine, à un rassemblement devant les portes du Mucem, qualifiant la rapporteuse de l’ONU d’« antisémite notoire ». Il reproche aussi à l’événement d’être trop orienté politiquement et exige qu’il y ait « la même chose pour le 7-Octobre ». Lui et une trentaine de soutiens, dont le collectif Nous vivrons, sont venus manifester, jeudi matin, devant le musée. En réaction, plusieurs collectifs de défense de la Palestine sont, eux aussi, venus protester. « Mettre sur le même plan le dominant et le dominé, le colonisateur et le colonisé, ça n’a strictement aucun sens », s’est indigné Pierre Stamboul, membre de l’Union des juifs français pour la paix, collectif pro-palestinien.

    Les 428 militants de la flottille pour Gaza expulsés d’Israël

    Les quelque 430 militants de la Global Sumud flotilla, interceptés entre lundi et mardi au large de Chypre par les forces israéliennes, ont finalement été renvoyés en Turquie. Jusque-là détenus dans la prison israélienne de Ktziot, ils ont, jeudi, « tous été expulsés », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien. Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait provoqué un tollé international en publiant une vidéo montrant des militants agenouillés et les mains liées.

  • Digue du Large : 21 visites cet été sur réservation

    Digue du Large : 21 visites cet été sur réservation

    La Digue du Large, ouvrage portuaire exceptionnel dans l’emprise dirigeante du Grand Port maritime de Marseille, sera ouverte au public du 27 juin au 5 septembre pour 21 visites organisées par l’office de tourisme.

    Pas de précipitation car il faudra attendre le 12 juin pour pouvoir réserver. Les créneaux seront ouverts pour des visites tous les mercredis et samedis à 8h30. Une fois obtenu ce sésame gratuit mais obligatoire, il faudra se présenter impérativement 30 minutes avant le départ. Les places réservées sont gardées jusqu’à 15 minutes avant le départ. Au-delà, elles seront rendues disponibles et proposées aux personnes présentes sur place non munies de billets. Les places sont mises en ligne tous les 15 jours. Les réservations pour les 15 premiers jours d’août seront ouvertes fin juillet.

    La Digue du Large a été construite à compter du milieu du XIXe siècle sur un projet initié en 1844 sous le règne de Louis-Philippe et a continué à évoluer sous Napoléon III. Elle a été achevée en 1925. La Digue a été une réponse directe à la nécessité de moderniser le port et d’accroître sa capacité à accueillir des navires de plus en plus grands, en phase avec l’industrialisation croissante. Aujourd’hui la Digue s’étend sur près de 7 kilomètres de l’entrée du Vieux-Port jusqu’à l’Estaque. Elle est fermée au public depuis 25 ans.

    Le collectif des Libres-nageurs revendique « l’accès simple et gratuit à la Digue sur toute sa longueur, dans toute sa splendeur, tout le long de l’année dans le respect de l’activité du GPMM ». Pendant la campagne des municipales, le Printemps marseillais a annoncé la réouverture de la Digue aux Marseillais avec accès envisagé par le pont Pinède après réaménagement, et via une barge mobile reliant le J4 à la Digue.

  • [Entretien] Jean-Sébastien Gros, président du GDSA 83 : « Le Plan Frelon, ce n’est que de la communication »

    [Entretien] Jean-Sébastien Gros, président du GDSA 83 : « Le Plan Frelon, ce n’est que de la communication »

    La Marseillaise : En quoi le frelon asiatique nuit-il à votre activité ?

    Jean-Sébastien Gros : Je veux d’abord dire que c’est un problème général, pas celui des apiculteurs. C’est comme le Covid : au départ, on nous disait de ne pas nous inquiéter, qu’il allait se réguler seul. Aujourd’hui, ce frelon décime la moitié des insectes du pays. Les apiculteurs sont les seuls à avoir porté l’alerte, alors qu’il se nourrit à 30% d’abeilles domestiques contre 70% de faune sauvage. Un seul individu peut manger 13 kg d’insectes en un an. Il y a des zones où ne peut plus travailler. J’ai installé des ruches dans l’Ain et l’Isère car, dans le sud, ça devient compliqué, mais le problème arrive aussi là-bas. On est capable de reconstituer nos cheptels, on multiplie les ruches. Mais on va en avoir 600 ou 700 pour produire la quantité de miel qu’on faisait avec 400. Pour nous, c’est comme le loup. Sauf que les éleveurs ont des aides, nous non.

    Observez-vous une recrudescence ?

    J.-S.G. : On parle de progression de sa zone géographique d’implantation. Je n’en ai pas plus que les autres années, mais c’est devenu invivable. On a eu un hiver très doux, donc la pression arrive plus tôt. Il y a cinq ans, on n’en avait que sur la côte. J’ai des ruchers à Canjuers, à 1 200m d’altitude, où il est désormais en permanence. Il est également très bien implanté à Gap et Sisteron. Ça commence dans l’Isère et l’Ain. Petit à petit, il va coloniser toute la France. Il est capable de monter à 2 500m d’altitude dans sa région d’origine.

    Les abeilles sont-elles capables
    de se défendre par elles-mêmes
     ?

    J.-S.G. : S’il y a un seul frelon, ça ne fait pas trop de dégâts. Elles peuvent le tuer, mais c’est anecdotique, et dès qu’il y en a plusieurs, ce n’est plus possible. Le problème, ce n’est pas que le frelon mange des abeilles, c’est qu’il empêche les abeilles de rentrer et sortir de la ruche. Ça les confine, elles ne peuvent plus aller chercher à manger, la reine arrête de pondre et la ruche s’effondre.

    Comment luttez-vous ?

    J.-S.G. : Le seul moyen efficace et légal, c’est de déplacer sa ruche ailleurs. Les moyens techniques ne donnent rien de flagrant. Le piégeage ne marche pas. La destruction de nids si, la pression baisse pendant un temps, mais d’autres frelons reprennent le territoire. Les harpes électriques, qu’on teste depuis deux ans, fonctionnent s’il y en a beaucoup. Mais on n’a aucune info sur le déplacement du frelon et on ne sait pas s’il ne va pas revenir quand les harpes ne seront plus là. Le frelon est très malin et s’adapte vite au problème.

    Êtes-vous en relation avec les pouvoirs publics à ce sujet ?

    J.-S.G. : Oui, mais le Plan Frelon [lancé par le ministère de la Transition écologique début 2026, Ndlr.], sur lequel on a travaillé depuis trois ou quatre ans, n’est doté d’aucun moyen. C’est de la com’ [sic]. On plaide pour un fonds de recherche, afin de trouver des solutions. Le problème, c’est que chacun bosse dans son coin. Par exemple, l’Inra [Institut national de la recherche agronomique], qui travaille sur de la détection de nids par drone, refuse d’échanger avec des sociétés liées à la défense avec qui on est en contact et qui ont des solutions plus performantes. Ce qui importe, c’est leur brevet. On a besoin de concertation et de moyens. On fait 25 fois les mêmes choses et rien n’avance.