Tag: désinformation

  • Le collège Sylvain-Menu dans les coulisses de La Marseillaise

    Le collège Sylvain-Menu dans les coulisses de La Marseillaise

    « Sous la dictature du régime de Vichy, La Marseillaise résistait à l’occupation nazie. Nos fondateurs risquaient leur vie pour briser le mur de désinformation et la censure. » C’est autour d’une table ronde que Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise raconte aux élèves l’histoire du journal. Il en profite pour évoquer les différentes notions associées au paysage médiatique : transparence journalistique, pluralisme, déontologie. Des discussions sur les outils nécessaires pour appréhender, vérifier, situer l’information. Après quelques échanges, le directeur tend un journal pour le présenter à la classe. Certains connaissaient déjà, d’autres un peu moins…

    « Tombée dans

    la désinformation »

    Après avoir levé sa main, Briac rétorque : « C’est démodé les journaux ! » Il réajuste ses lunettes, puis tente de se justifier entre les quelques rires de ses camarades. Le jeune garçon de troisième scolarisé au collège Sylvain-Menu n’a pas pour habitude de lire le journal. Et il n’est pas le seul. Sur la quelque vingtaine d’élèves du collège du 9e arrondissement, la plupart s’informe sur internet. C’est le cas de Chloé, qui raconte être déjà tombée dans la désinformation. « Sur les réseaux sociaux nous n’avons même pas à chercher l’actualité, elle nous tombe dessus. C’est plus simple, plus rapide, et gratuit. Il faut cela dit faire attention à ne pas se faire avoir par l’IA ! », réplique-t-elle avec humour. Sur ces nouvelles plateformes, on retrouve en outre, des vidéos générées par l’intelligence artificielle, qui mettent en scène des situations inventées de toutes pièces.

    Pour Laurent Bedos, professeur d’histoire-géographie, il est important de sensibiliser les collégiens à la désinformation le plus tôt possible. « Cette visite s’inscrit dans le programme d’éducation morale et civique. J’ai pour habitude de pousser mes élèves à réfléchir. S’intéresser au monde qui les entoure. Les confronter à des idées qui ne sont pas les leurs. »

    Apprendre à se renseigner

    L’objectif : savoir se renseigner correctement pour prendre du recul sur ce que l’on apprend. Confronter, comparer, opposer. Maîtriser sa gestion de l’information et ne pas tomber dans la propagande. Après une visite de l’open space, le groupe se dirige vers l’entrée. Au mur, des plaques gravées du nom de personnes qui ont perdu la vie pour la liberté de la presse et pour que vive La Marseillaise. Mala Kriegel, Jean De Bernady, Léon Paranque. Le directeur éditorial en profite pour rappeler : « Mala Kriegel s’est faite mitrailler alors qu’elle distribuait un tirage de La Marseillaise pendant l’insurrection pour la libération de Marseille. Les personnalités inscrites sur ces plaques se sont battues pour qu’aujourd’hui, vous ayez le choix du média sur lequel vous vous informez. » La pluralité. Mais encore faut-il savoir faire le bon choix. Selon lui : « Une partie des jeunes s’informe sur les médias traditionnels. L’autre exclusivement via les réseaux sociaux. C’est très inégal. Les matinées de sensibilisations comme celle-ci sont nécessaires pour que tous les collégiens partent avec le même bagage. »

  • La désinformation en débat à l’université

    La désinformation en débat à l’université

    Préparée depuis décembre à l’initiative d’étudiants dans le cadre d’un projet du master Négociations internationales d’Aix-Marseille Université, la conférence organisée, ce mardi soir, sur la fabrique de l’information, au sein du campus Schumann d’Aix-en-Provence, ne pouvait tomber mieux, percutée par l’actualité locale aussi bien qu’internationale, des élections municipales aux répercussions de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

    PDG de Grimms partners, spécialisée dans la fourniture d’informations et de conseil international auprès de sociétés privées notamment dans des contextes de tensions, Sébastien Benotti était ainsi bien placé pour alerter sur les biais médiatiques, entre les cortèges d’experts, les imprécisions et l’orientation de l’information. À l’image des frappes annoncées des Houthis contre Israël, en réalité des tirs en direction de l’État hébreux. Et d’appeler à comprendre d’où vient l’information, et au temps long de l’analyse loin de toute précipitation médiatique.

    Ancien officier de communication, le lieutenant-colonel de réserve Christophe Chomel de Jarnieu pouvait aussi apporter son éclairage sur les guerres informationnelles et leurs réponses par les institutions, reprenant l’exemple des faux charniers dressés par les mercenaires russes de Wagner au Mali.

    Pour La Marseillaise, le journaliste Yves Souben a pu revenir sur les conditions de production de l’information, toujours plus contraintes par la marchandisation d’un secteur en crise, la course à l’audience, face à une concentration toujours plus forte, une offensive idéologique et les menaces de l’IA générative. L’occasion de rappeler que les promesses issues des États généraux de l’information, en septembre 2024, n’avaient toujours pas abouti malgré l’urgence.

  • Le Club de la Presse du Var alerte contre les atteintes à la liberté d’informer

    Le Club de la Presse du Var alerte contre les atteintes à la liberté d’informer

    Face aux atteintes à la liberté de la presse, qui se sont accentuées localement ces dernières semaines via les plaintes de la députée RN Laure Lavalette envers un confrère de Var Matin, et du député UDR du Gard Alexandre Allegret-Pilot contre Léo Purguette et Tristan Arnaud, président et journaliste de La Marseillaise, le Club de la Presse du Var monte au créneau.

    Ce dernier pointe « les “procédures bâillon” contre les journalistes qui appliquent l’éthique et la déontologie », et qui « ont déjà coûté la vie à notre regretté confrère “Le Ravi“ » ; les « invectives et menaces à l’intention de publications et de journalistes », « l’usurpation de l’identité de médias afin de discréditer ceux qui défendent l’honnêteté de l’information », et les « campagnes massives de désinformation, visant souvent les problèmes environnementaux et l’identité des personnes ».

    Dans le viseur, également, « les rachats de presse et d’édition par de nouveaux propriétaires connus pour leur distance aux règles républicaines (…) et des Droits de l’Homme ». Une situation alarmante qui a fait chuter la France « de la 21e à la 25e place dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières », alerte le Club de la Presse, qui met enfin « en garde contre les dérives qui parfois se produisent sous prétexte de défendre la liberté d’expression : ce n’est pas la liberté d’insulter, menacer, mentir, faire taire, diviser la société et générer des violences ».

  • « Comment lutter pour une meilleure information »

    « Comment lutter pour une meilleure information »

    La Marseillaise : Cette 6e édition du festival est consacrée à l’information. Comment et pourquoi avoir choisi ce thème ?

    Cyril Lemieux : C’est un thème judicieux, qui a du sens dans nos sociétés, d’autant plus dans le contexte actuel. Le festival cherche toujours à proposer un sujet en lien avec les enjeux politiques et les débats du moment. Au cours de cette édition, nous aborderons notamment la question de l’information et de la désinformation en temps de guerre.

    Quel est l’intérêt de croiser les disciplines dans un d’événement tel que celui-ci ?

    C.L. : Le point commun entre les différentes sciences sociales qui dialoguent dans ce festival (sociologie, anthropologie, économie, histoire), c’est qu’elles permettent de prendre du recul sur les phénomènes du monde qui nous entoure. Le fait d’établir des comparaisons entre les époques et les régions du monde permet de voir ce qui est relatif dans notre propre société. La table ronde finale (qui aura lieu dimanche 28 septembre à 15h, au Centre de la Vieille Charité), par exemple, traitera de la liberté d’informer dans le monde et accueillera des spécialistes de la Russie, de la Chine, du Burkina-Faso, des États-Unis, de l’Europe. Le but est de réfléchir ensemble à comment lutter pour une meilleure information dans des contextes différents, propres à chaque société.

    Quelle est l’importance d’ouvrir cet événement à tous les publics ?

    C. L : Le festival accueille toutes les tranches d’âge, des lycéens aux séniors. Les ateliers scolaires sont très importants pour nous car ils permettent d’amener les jeunes au contact des sciences sociales. Nous avons également une politique d’inclusion : pour les personnes en situation de handicap, il y aura des conférences interprétées en langue des signes. L’idée, c’est de rassembler les gens pour un moment de réflexion civique en dialogue avec les sciences sociales, et de leur montrer l’intérêt que ces sciences peuvent avoir pour eux. Outre les livres, les articles ou les conférences savantes, les sciences sociales ont un rapport avec des questions qui touchent directement les gens. C’est en ça qu’un tel événement peut être utile, pour aider à réfléchir et peut-être aussi à se libérer de toutes ces choses qui nous asservissent sans que l’on ne s’en rende compte.

    La question des fake news est centrale dans cette édition. Quel regard portez-vous sur les mutations actuelles du journalisme ?

    C. L. : C’est un sujet, en effet, qui sera abordé tout au long du festival, de plusieurs manières. Nous parlerons de la concentration des médias, de l’instrumentalisation de l’information, de la difficulté d’informer sur des zones de conflit, ou encore du complotisme. Les sciences sociales portent un regard complexe sur ces phénomènes, on construit les idées à partir de données empiriques en évitant le manichéisme et les jugements hâtifs. Notre rôle est d’essayer de comprendre ces processus, non pas pour les excuser, mais pour mieux les combattre.