Tag: déserts médicaux

  • Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Une annonce inquiétante pour les usagers des centres de soins Oxance – Mutuelles de France. Le groupement mutualiste et ses 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, risquent bien de faire face à un placement en procédure de sauvegarde auprès d’un tribunal de commerce.

    C’est l’annonce qui a été faite lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, ce mardi 6 janvier, selon la CGT. Celle-ci s’alarme, dans un communiqué de presse publié ce jeudi, des « conséquences sur l’emploi, l’organisation du travail et les conditions de travail des salariés ». Mais aussi « d’une menace grave pour l’accès aux soins » dans un « contexte de pénurie de soignants et d’aggravation des déserts médicaux ». « On ne sait pas si l’on se dirige vers une liquidation judiciaire, un redressement, un plan de sauvegarde de l’emploi ou des cessions de centres », s’inquiète Pauline Jean, déléguée syndicale CGT et élue CSE.

    La demande de placement en sauvegarde se ferait d’ici quelques jours, « soit en fin de semaine, soit début de semaine prochaine ». Contactée, la direction d’Oxance n’infirme pas les annonces de la CGT. « Je ne conteste pas et je ne nie pas les éléments de la CGT, mais nous communiquerons en temps voulu et nous ne commentons pas outre mesure », explique Jacques Seguin, président du groupe. Avant de bien confirmer qu’une « démarche judiciaire de sauvegarde est imminente », sans vouloir en dire davantage. Et de promettre plus d’explications à venir. Quoi qu’il en soit, l’annonce aurait été confirmée en conseil d’administration, ce jeudi. « À l’unanimité, on s’est abstenu de donner un avis en l’absence d’éléments concrets. Mais on a acté le recours à un cabinet d’expertise », commente Pauline Jean. Pour rappel, Oxance est issu de l’union de la Fédération des mutuelles de France et Mutuelles de France réseau santé (MFRS). Lequel avait notamment repris les structures du Grand conseil de la mutualité en 2018, à la suite d’une cessation de paiements. « Il y a 15 ans, on était la deuxième offre de soins dans le département des Bouches-du-Rhône », rappelle Pauline Jean.

    Aujourd’hui, entre les centres dentaires, de soins ou optiques, on compte plus d’une quarantaine de centres Oxance dans la région, dont une vingtaine dans les Bouches-du-Rhône. D’où les inquiétudes de la CGT quant à l’avenir des structures et des salariés : « Au Grand conseil, il y avait eu la vente de centres optiques, de cliniques pour renflouer la trésorerie. »

    D’autant que le centre de La Ciotat avait fermé ses portes peu ou prou dans la foulée de la reprise du Grand conseil de la mutualité. Plus récemment, les fermetures de ceux de Miramas et de Berre-l’Étang avaient fait grand bruit, avec des mairies qui avaient largement dénoncé ces décisions. Notamment via un courrier commun, également appuyé par Gaby Charroux, maire PCF de Martigues, demandant des comptes sur les « motivations principales de ces décisions ».

    « On savait qu’il y avait des difficultés financières, mais on n’en connaissait pas l’ampleur », commente Pauline Jean. Son organisation syndicale évoque des dettes de l’ordre de 30 millions d’euros. Un montant que la direction aurait communiqué lors d’instances représentatives du personnel.

    « On ne connaissait pas l’ampleur des difficultés financières »

  • Que font-ils de leur serment ?

    Que font-ils de leur serment ?

    La grève des médecins libéraux, corporatiste, est aussi le symptôme de la crise de notre système de santé grignoté par le libéralisme. Le budget 2026 de la Sécurité sociale n’embrasse pas les questions urgentes de l’accès aux soins et des droits de chacun a être soigné où qu’il vive et quels que soient ses revenus. Le plus choquant dans cette fronde des médecins libéraux est qu’elle se tient alors que 13,5 millions de Français vivent dans des déserts médicaux et que 6,7 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant.

    Un Français sur quatre renonce à des soins

    Ce qui est choquant c’est qu’une personne sur 4 en France renonce à des soins pour des raisons financières et que 68% des Français ont renoncé à des soins en raison du temps d’attente au cours des cinq dernières années.

    La santé et l’accès aux soins sont donc une priorité majeure pour nombre de nos concitoyens et, à moins de trois mois des municipales, le sujet irrigue les programmes dans de très nombreuses communes.

    L’ordre des médecins avance des propositions et promet un livre blanc pour 2027. Mais où sont les collectifs de citoyens, les élus locaux et les collectivités locales dans cette réflexion ? Pour l’heure, il n’y en a pas trace. Or, ce n’est qu’en imaginant un système de soins associant toutes les composantes de la société que l’on renouvellera la promesse de la Sécurité sociale. Les centres de santé sont une piste à développer dans les territoires. Une solution qui permettrait aux médecins libéraux d’accomplir leur serment de soigner de façon inconditionnelle, sans dépassement d’honoraires et dessous de table pour certains.

  • Les médecins libéraux en grève dès le 5 janvier dans l’Hérault et le Gard

    Les médecins libéraux en grève dès le 5 janvier dans l’Hérault et le Gard

    Que l’on habite dans les Cévennes gardoises ou dans la plaine héraultaise, on sait combien il est long d’obtenir un rendez-vous chez un spécialiste. Dans les hauts cantons et de plus en plus en ville, il est parfois impossible d’obtenir un rendez-vous en moins d’une semaine chez son médecin généraliste.

    Du 5 au 15 janvier, cela risque d’être encore plus compliqué. Les six syndicats de médecins libéraux et internes appellent généralistes et spécialistes à reporter leurs rendez-vous et à fermer leurs cabinets. Un mouvement radical que certains prédisent « historique » destiné à protester contre la politique gouvernementale qui selon les syndicats met à mal la profession.

    Au-delà du grand rassemblement prévu le 10 janvier à Paris, des manifestations pourraient voir le jour dans le Gard et l’Hérault. Pour l’heure, on connaît la liste des griefs relatifs au budget de la Sécurité sociale adopté définitivement le 16 décembre 2025. Le dossier médical partagé (DMP) explique une partie du courroux des médecins libéraux. Ils s’insurgent contre la possibilité d’être sanctionnés par des amendes (en théorie jusqu’à 25 000 euros par médecin ou 100 000 euros par établissement) en cas de non alimentation ou de non consultation des fichiers jugés « trop complexes à utiliser et inefficaces ».

    Les syndicats dénoncent aussi la possibilité pour l’Assurance maladie de baisser de « manière unilatérale et autoritaire » les tarifs des consultations et actes en cas de rentabilité jugée « excessive ». Un point qui va à l’encontre de la négociation conventionnelle instaurée depuis 1971. Par ailleurs seraient supprimés les remboursements de l’Assurance maladie pour les ordonnances rédigées par les médecins non conventionnés pour les soins prescrits par ces médecins à titre gracieux pour eux ou leurs proches.

    Autre motif de colère, la possible mise sous objectifs de médecins qui prescrivent plus d’arrêts de travail que leurs confrères. Le but étant de les inciter à réduire leurs arrêts maladie ou dans le cas contraire à les pénaliser financièrement.

    Enfin, les six organisations syndicales réitèrent leur opposition frontale aux propositions des lois Garot et Mouillé. Toujours examinées aux Parlement, elles visent à lutter contre les déserts médicaux à réduisant le principe de totale liberté d’installation des médecins. En avril 2025, cette mesure qui semble de bon sens compte tenu de la pénurie de médecins, avait déjà suscité une levée de boucliers.

  • Déserts médicaux : 3 400 signatures pour l’accueil de médecins cubains en Cévennes, l’Élysée s’en mêle…

    Déserts médicaux : 3 400 signatures pour l’accueil de médecins cubains en Cévennes, l’Élysée s’en mêle…

    « La santé est une préoccupation prioritaire pour le Grand Alès » a insisté Paul Planque élu municipal à Alès et tête de liste du printemps alésien aux prochaines municipales. En précisant que « 16 000 habitants d’Alès Agglomération n’ont pas de médecin traitant [soit 12% de la population, Ndlr.] ? ». « Cela atteint des niveaux insupportables », il pointe du doigt une situation qui n’échappe à personne et qui occupe de plus en plus les conversations. C’est de cette réalité que s’est emparé depuis le début de l’année le Comité de défense et de promotion d’hôpital et de la santé dans le bassin cévenol présidé par docteur Leyssenne pour dégager des solutions visant à remédier à cette carence. Le recours à des personnels venus de pays hors UE a déjà lieu. Il s’avère insuffisant. La possibilité de requérir à l’expérience des médecins cubains, comme c’est encore le cas notamment en Italie (lire ci-contre) s’est alors imposée comme une évidence. Comme le rappelle Sylvain André maire de Cendras et président des maires ruraux du Gard, très impliqué sur ce dossier « d’un côté nous avons une population en manque de médecins et de l’autre Cuba dispose d’une grande ressource de praticiens compétents et disponibles. C’est une solution transitoire que nous n’avons pas le droit d’écarter », ajoute l’élu communiste.

    En janvier à l’Élysée

    Comme nous l’avions relaté la semaine dernière, accompagnée d’André Chassaigne ancien député et chargé de mission par l’Assemblée Nationale sur la question des Caraïbes, une délégation du comité de défense a été récemment reçue au ministère de la Santé « où nous avons rencontré la ministre Stéphanie Rist qui avait une excellente connaissance du dossier et semblait très favorable à cette proposition », a relaté Jean-Michel Suau membre du comité.

    Maintenant, il convient de franchir l’écueil diplomatique qui dépend en grande partie de la présidence de la République. L’espoir est permis. En effet, début janvier, rendez-vous a été fixé avec un conseiller de l’Élysée pour travailler cette question. « Il ne s’agit pas seulement de reconnaître une faiblesse mais uniquement de permettre de franchir le gué du manque de médecins né du numérus clausus dont les effets se feront ressentir encore une dizaine d’années malgré l’abandon récent de ce dernier » a expliqué Jean-Michel Suau.

    Le soutien de l’hôpital d’Alès prêt à accueillir ces médecins et même mettre des structures locales à disposition, l’appui de Filiéris, mutuelle de l’ancien régime minier également favorable à cette mesure pragmatique et transitoire cimentent cette ambition au point qu’Alès a rejoint Guingamp et les Hautes-Alpes pour servir de territoire pilote pour cette expérience.

    Mardi 16 décembre, une délégation d’élus et du comité de santé a remis au sous-préfet d’Alès Emile Soumbo, 3 400 signatures recueillies sur une pétition réclamant la venue des médecins cubains sur le territoire cévenol. La mobilisation ne devrait pas faiblir.

    Trois questions à Sylvain André maire de Cendras

    L’élu a conduit une délégation d’élus et de citoyens à déposer 3 400 signatures d’une pétition en faveur de l’accueil des médecins cubains en Cévennes

    La Marseillaise : Pourquoi vous êtes-vous inscrit dans ce mouvement revendicatif ?

    Sylvain André : Il me suffisait d’écouter les Cendrasiens qui avaient du mal à obtenir un rendez-vous chez un médecin quand ils en trouvaient un, pour mesurer l’ampleur du problème. Cette situation anxiogène pour nos administrés ne peut pas perdurer plus longtemps. Même transitoire, cette solution faisant appel à des médecins cubains me paraît la mieux adaptée.

    Comment les maires peuvent-ils intervenir ?

    S.A. : Nous avons su nous réunir à 36 maires mais aussi 3 conseillers départementaux, un conseiller régional et l’association des Maires ruraux du Gard pour nous mobiliser et mobiliser nos populations sur ce dossier capital.

    Et maintenant ?

    S.A. : Nous allons poursuivre la mobilisation avec les collectifs et le centre hospitalier pour rendre l’accueil des médecins cubains possible mais nous devrons aussi constituer un maillage homogène pour que leur action soit la plus efficace possible le plus vite possible.

  • Déserts médicaux : des maires gardois chez le sous-préfet d’Alès

    Déserts médicaux : des maires gardois chez le sous-préfet d’Alès

    Avec la même volonté, le 10 décembre, une autre délégation venue du Gard, de Bretagne et du Bourbonnais s’est rendue au ministère de la Santé pour exposer l’état alarmant de leurs territoires. Aux côtés d’André Chassaigne, chargé de mission, figuraient le député de l’Allier Yannick Monet, Christine Caro de l’Atelier citoyen Santé Bretagne, Fabien Cohen, spécialiste des centres de santé, et Jean-Michel Suau du comité de défense de l’hôpital d’Alès.

    On se souvient que, le premier jour du printemps, une trentaine d’élus locaux s’étaient déjà réunis à l’initiative du comité alésien. Vincent Le Meaux, président de l’agglomération Guingamp-Paimpol, confronté aux mêmes difficultés, y participait pour partager expériences et solutions.

    Dans le seul bassin alésien, plus de 16 000 habitants sont sans médecin traitant. Malgré l’engagement du personnel, l’hôpital d’Alès doit réguler les urgences et refuser certains patients. Le délai pour une consultation en dermatologie atteint près de deux ans.

    Moins 11% d e médecins

    Depuis cette réunion, un mouvement local et national s’organise pour identifier les déserts médicaux et définir les priorités. L’État, pourtant maître d’œuvre, peine à répondre à l’urgence : alors que les besoins augmentent, le nombre de médecins a chuté de 11% entre 2020 et 2022 et ne connaît qu’un frémissement en 2024 avec 1% de praticiens supplémentaires. Le vieillissement des médecins, le désengagement des gouvernements successifs en matière de santé et la formation insuffisante de praticiens risquent d’accentuer la pénurie. Le recours aux praticiens hors Union européenne (Padue) progresse -l’hôpital d’Alès en accueille déjà plusieurs- mais cela demeure insuffisant. Le comité de défense estime qu’il faudrait 50 praticiens supplémentaires pour répondre aux besoins les plus pressants. D’où la proposition des élus et du comité d’Alès de faire appel aussi à des médecins cubains, reconnus pour leur expertise. Ils l’ont démontré pendant le Covid en soutenant plusieurs pays européens et assurent aujourd’hui encore la continuité des hôpitaux de Calabre, en Italie.

    Dans la micro-région cévenole, l’arrivée de Padue et de médecins cubains renforcerait l’hôpital et permettrait de rouvrir l’un des cinq centres de la mutuelle des mineurs (Fidelis), actuellement fermés faute de personnel. Ils offriraient également une présence médicale quasi permanente au sein de l’Ehpad de Saint-Christol, des deux d’Alès et ceux de Rousson, Génolhac, Ponteils…, tous rattachés à l’hôpital cévenol. Ce maillage soulagerait les équipes et assurerait de meilleurs soins aux habitants vivant à proximité de ces centres. « C’est ce que nous avons expliqué au représentant de la ministre lors de notre entretien », a expliqué Jean-Michel Suau à la sortie du ministère. « Les autorités se sont montrées ouvertes au recours à des praticiens étrangers et notamment avec les Cubains dans le cadre d’un accord de coopération mutuellement avantageux pour les deux nations. » L’hôpital d’Alès, celui de Guingamp et des établissements des Alpes-de-Haute-Provence pourraient être des bases d’expérimentation.

    Le dossier sera prochainement déposé sur le bureau de la plus haute autorité du pays. Le 16 décembre à Alès les maires appuieront la démarche pour une mise en œuvre rapide de ses solutions vitales pour leurs populations. À suivre…

    EN CHIFFRES

    13,5

    millions de Français vivent dans des déserts médicaux.

    6,7

    millions de personnes n’ont pas de médecin traitant.

    1

    médecin pour 679 habitants à Cannes contre 1 pour 979 habitants à Alès.

    1

    personne sur 4 a renoncé à des soins pour raisons financières.

    68

    pour cent des Français ont renoncé à des soins en raison du temps d’attente au cours des cinq dernières années.

    Le 15 décembre à 18h à l’espace Cazot d’Alès, forum sur l’accès aux soins dans le bassin de vie.

  • Douleurs chroniques : 42% des Français seuls face à la souffrance

    Douleurs chroniques : 42% des Français seuls face à la souffrance

    Algologie. Du grec « algos » (douleur) et « logos » (savoir). Cette discipline médicale concerne la prise en charge des douleurs. La spécialité aurait vocation à se développer fortement au regard des résultats du baromètre de la douleur 2025. Il révèle l’ampleur du mal : 42% des Français affirment souffrir de douleurs chroniques, soit 23 millions de la population adulte. La dernière mesure connue, fruit d’une enquête menée en 2008, faisait état de 12 millions de personnes concernées par les douleurs chroniques. L’étude montre donc une augmentation significative de la prévalence de la douleur chronique dans notre pays.

    Ce baromètre de la douleur 2025 agrège les principaux résultats de l’enquête Prevadol, menée au premier trimestre de l’année auprès de 11 940 Français, avec l’Observatoire français de la douleur et des antalgiques (Ofda)et l’institut de sondage OpinionWay.

    Parmi les 23 millions de personnes en souffrance chronique, 57% sont des femmes et 43% des hommes. Ce ne sont pas seulement les personnes âgées les plus touchées : l’âge moyen mis en lumière par l’enquête est de 46 ans. Cette jeunesse montre que des millions de travailleurs sont concernés. Les douleurs musculosquelettiques, propres aux métiers répétitifs, qu’ils soient physiques ou de services ont une prévalence de 36% dans la population française, suivies par les douleurs céphaliques (33%), abdominales (15%) neurophatiques (12%) et en lien avec un cancer (4%).

    Plus inquiétant encore, près d’une personne sur deux présente des douleurs intenses, c’est-à-dire que sur une échelle de 10, le niveau de leurs maux se situe entre 7 et 10. La moyenne d’intensité de la douleur est de 6 sur 10 pour l’ensemble des 23 millions de Français atteints. Signe que nous sommes face à un enjeu de santé publique, 44% des Français affirment souffrir depuis plus de trois ans. Cela révèle un défaut structurel dans la prise en charge médicale ; une insuffisance qui coûte cher à la société comme l’explique à La Marseillaise le professeur Eric Viel qui dirige le Centre d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD) de Nîmes.

    Avec le centre antidouleur du CHU de Montpellier, les hôpitaux publics sont à la pointe sur le sujet car leur approche est multidisciplinaire et va des soins à l’accompagnement social. Mais les listes d’attente sont longues et le médecin traitant est le principal recours.

    36% ont un handicap modéré à sévère

    Or, souligne le baromètre 2025 de la douleur « malgré la prescription d’antalgiques souvent forts – 27% ont une prescription opioïde -, ils sont peu nombreux à voir leur symptômes s’améliorer – moins de 1 patient sur 3 ». Les conséquences sur la vie quotidienne sont lourdes : « 50 à 80% [des 23 millions concernés] présentent des répercussions physiques, émotionnelles ou sociale » et 36% « un handicap fonctionnel modéré à sévère ».

    Aujourd’hui, à peine un patient sur trois est satisfait de la prise en charge de sa douleur et moins de un sur trois a vu une amélioration de ses symptômes sur les dix derniers mois. Face à l’insuffisance de structures antidouleurs pluridisciplinaires, les patients ont recours à l’automédication dans les proportions inquiétantes, de l’ordre de 87%. Au-delà du paracétamol, prescrit à 70% et des inflammatoires (51% des prescriptions médicales), 27% des ordonnances comportent des opioïdes.

    Un plan national à l’arrêt

    L’étude constate une automédication dramatique de ses substances très addictives si elles ne sont pas encadrées. Or, 16% des 23 millions de personnes souffrant de douleurs chroniques ont recours à un opioïde en automédication. Si la législation française a pour l’instant épargné le pays de l’épidémie des opiacés qui décime les États-Unis – où les multinationales ont vendu légalement une drogue mortelle – le trafic de ces substances est effréné dans le commerce en ligne qui lui n’a que peu de contrôles n’y de frontières. Ce trafic continuera à prospérer tant que le plan national pourtant lancé il y a près de 25 ans ne sera pas mis en œuvre et financé. La Société française d’étude et traitement de la douleur (SFETD) qui va tenir son congrès du 26 au 28 novembre à Lyon fait un constat alarmant : « Depuis 2013, aucun plan, aucun programme, aucune action gouvernementale n’ont été mis en œuvre autour de la douleur alors qu’il s’agit d’un des premiers postes budgétaires en Santé publique. » Les résultats du baromètre de la douleur serviront-ils d’électrochoc ? Nul ne peut ignorer l’ampleur du mal.

  • Les médecins solidaires débarquent dans le Gard

    Les médecins solidaires débarquent dans le Gard

    Depuis le mois d’octobre, des médecins volontaires assurent des consultations dans des zones des Hautes-Pyrénées, du Gers, du Tarn-et-Garonne et de l’Hérault où l’accès aux soins laisse à désirer.

    Baptisé « médecins solidaires », ce dispositif porté par l’Agence régionale de santé (ARS) s’inscrit dans le cadre du Pacte de lutte contre les déserts médicaux, « en complément de leviers déjà existants comme les aides à l’installation ou l’appui à l’exercice coordonné (maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé) proposés aux professionnels de santé », indique Céline Saintin, responsable du pôle soins primaires à la direction du premier recours de l’ARS. « Ce dispositif vise un besoin d’urgence pour les populations de 28 zones prioritaires identifiées en Occitanie, qui attendent un médecin », poursuit-elle. « On essaie d’anticiper l’augmentation de la demande de soins et le départ à la retraite des généralistes. D’où cette action forte, dont l’organisation sera adaptée au fil de l’évolution des besoins », détaille la représentante de l’ARS.

    Les médecins volontaires pour intervenir ponctuellement dans ces zones prioritaires s’inscrivent sur une plateforme nationale dédiée. « On est parti sur une base moyenne de deux jours par mois mais certains médecins viennent une semaine. Chaque journée de consultation solidaire est indemnisée forfaitairement à hauteur de 200 euros en plus des honoraires perçus pour les consultations et des mesures de remplacement sont mises en place pour garantir la continuité de l’activité habituelle du médecin volontaire », explique Céline Saintin. En amont, l’ARS travaille avec les collectivités sur l’appui logistique (locaux, équipements…) afin d’identifier des lieux de consultation qui offrent des conditions d’exercice optimales.

    Bientôt des renforts

    De leur côté, les habitants peuvent prendre rendez-vous en ligne sur le site de l’ARS, qui propose un accès direct aux plannings des consultations solidaires déjà opérationnelles*. « Ils sont également informés, une fois que toutes les formalités sont en place, via un flyer diffusé dans les pharmacies, les maisons de santé, les collectivités territoriales, etc. Cela se déroule comme une consultation médicale classique : ils viennent avec leur carte Vitale, il n’y a pas de dépassement d’honoraires », précise la représentante de l’ARS. « Depuis le lancement de ces consultations, certains patients ont trouvé un médecin traitant, le médecin volontaire pouvant le devenir », insiste-t-elle.

    « On a actuellement un vivier de 30 professionnels validés dans le cadre de la procédure », poursuit Céline Saintin. Des médecins qui viennent en priorité de la région, mais pas uniquement, le dispositif étant national. À partir de mi-novembre, des consultations solidaires seront également assurées dans le Gard, à la Maison de santé du Vigan notamment, où cinq médecins sont attendus. Deux autres se sont portés volontaires pour un renfort au centre de santé Filieris de Saint-Ambroix et au pôle de santé de Lasalle. Dans l’Hérault, le dispositif a été testé dès cet été à La Salvetat « et d’autres lieux de rendez-vous sont à venir. »

    *https://www.occitanie.ars.sante.fr/un-medecin-pres-de-chez-vous-0

  • Denis Cauchy est le nouveau secrétaire général de la CGT Pôle Centre

    Denis Cauchy est le nouveau secrétaire général de la CGT Pôle Centre

    Denis Cauchy est le nouveau secrétaire général de l’Union locale CGT Pôle Centre, qui regroupe les secteurs du Pontet, de Sorgues et de Carpentras, pour un mandat de trois ans. Il succède à Sylvain Espenon, qui a désormais plus de responsabilités à l’Union départementale, où il est secrétaire à la politique financière.

    « On veut s’inscrire dans la continuité », confie ainsi, tout d’abord, le nouveau secrétaire général. Et ce, en s’inscrivant « dans les luttes nationales avec tout ce que nous traversons politiquement, en animant le débat », pousse-t-il, en écho aux élections municipales à venir, mais aussi aux enjeux internationaux.

    Le territoire couvert par le Pôle Centre est particulièrement pourvu en entreprises, avec des zones industrielles où se trouvent de grandes entreprises comme Eurenco, par exemple. Mais aussi « de nombreux commerces dont on veut se rapprocher. Notre feuille de route est d’élargir nos bases et de s’implanter là où on ne l’est pas », confie Denis Cauchy. Et ce, car il y a pour lui un « gros, gros besoin pour la classe ouvrière de se retrouver ».

    Ancrage local

    Autre enjeu pour la section, qui résulte notamment de la fusion entre celles de Carpentras et de Sorgues/Le Pontet il y a trois ans pour « mutualiser les forces », est d’agir sur les enjeux locaux. Listant, entre autres, les déserts médicaux, l’offre de transport en commun ou encore le fret. « On va s’y pencher avec la commission exécutive. Si on peut, à notre modeste place, participer au débat, on est dans le bon esprit », conclut-il.

  • Les débuts « timides » des médecins volontaires

    Les débuts « timides » des médecins volontaires

    Ausculter dans un désert médical reste encore une donnée rare en Vaucluse, malgré la mise en place du dispositif « Un médecin près de chez vous » (notre édition du 24-09). Il y a un mois, l’Agence régionale de santé (ARS) instaurait une mission de solidarité en incitant les praticiens libéraux à consulter dans les zones les plus tendues, moyennant une indemnité de 200 euros par jour (ou 100 euros la demi-journée). « Ces créneaux viendront compléter l’offre de soins locale et alléger la pression sur les médecins déjà installés », assure l’ARS dans un communiqué. Cinq territoires ont été retenus dans toute la région, dont trois en Vaucluse.

    Dans la région, « vingt médecins généralistes libéraux se sont d’ores et déjà engagés et des premiers patients ont pu les consulter et bénéficier ainsi du dispositif », indique l’ARS. Mais dans le détail, le Vaucluse est le moins bien loti. Car, sur les trois zones concernées – le plateau de Sault, l’enclave des Papes et Rhône-Lez-Provence (Bollène) -, un seul médecin est venu consulter la semaine dernière à Sault, sur une journée. « Il a reçu une dizaine de patients », précise à La Marseillaise Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84. Installé à Pertuis, le médecin est venu sur une journée de repos habituel. « J’ai beaucoup de travail à Pertuis, j’essuie les plâtres, mais ça se passe bien, a confié le Dr François Faure. Les gens sont contents de voir un nouveau médecin. » Mais, à date, aucun nouveau créneau de consultation n’a été ouvert par ses soins ou un autre praticien.

    Un logement gratuit proposé

    « On a d’autres médecins volontaires en cours d’inscription [dans le processus, en lien avec l’ordre des médecins et l’assurance maladie], mais ça reste timide », concède Loïc Souriau, qui « espère un engouement un peu plus important pour les semaines à venir ». Les trois cabinets médicaux identifiés sont donc à Sault (quartier Mougne), Lapalud (place Fernand-Morel) et Valréas (cours Tivoli). L’ARS relance « un appel au volontariat auprès des médecins généralistes libéraux de la région pour renforcer cette initiative de solidarité territoriale ».

    Ce démarrage poussif, Loïc Souriau l’explique par « la nouveauté ». « On met tout en œuvre pour vraiment apporter des conditions d’accueil, de confort, il y a tout le matériel nécessaire à disposition dans les cabinets, la commune de Lapalud propose un logement gratuit pour un médecin qui souhaiterait venir plusieurs jours », développe le directeur de l’ARS 84. Bien qu’expérimental, le dispositif n’a pas de durée limitée pour l’heure. En Vaucluse, 44% des médecins devraient être à la retraite dans moins de 4 ans.

  • À Avignon, un dispositif pour renforcer la médiation en santé dans les quartiers

    À Avignon, un dispositif pour renforcer la médiation en santé dans les quartiers

    Octobre rose oblige, l’association Santé et environnement pour tous (Sept) organisait, ce mercredi 8 octobre, des ateliers de sensibilisation au cancer du sein au centre social de La Fenêtre, à Avignon. L’occasion de se mettre en valeur auprès d’élus et de responsables locaux, elle qui, depuis son installation en Vaucluse en janvier dernier, est très active dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV).

    Depuis son arrivée, pas moins de 6 874 personnes ont été sensibilisées au cours d’actions organisées par la structure, grâce à des permanences dans six QPV d’Avignon, chaque semaine. Mais surtout, elle accompagne les personnes vers des examens médicaux, et notamment des dépistages de cancers, en particulier du sein. « On fait un questionnaire à chaque personne avec qui on entre en contact. Selon les réponses, on les oriente vers des examens adaptés et, si elles acceptent, on prend rendez-vous pour elles », confie Nana Edi, médiatrice santé, entre deux initiations à l’autopalpation.

    « Avant, il n’y avait pas de souci pour avoir un rendez-vous, mais depuis que le centre de radiologie a fermé, on doit attendre des mois et ça m’a fait abandonner. Mais ils m’ont proposé de m’amener et de me ramener, et tout s’est bien passé », témoigne Olga, habitante du quartier de Saint-Chamand. En un peu plus de neuf mois, 737 personnes ont été prises en charge grâce à Sept. Celle-ci organise notamment, une fois par mois, des déplacements pour des personnes ne pouvant se rendre seules à leurs examens médicaux, à l’aide d’un minibus prêté par le centre social de l’Orel. Grâce à cela, quatre cancers ont été décelés chez des femmes avignonnaises.

    Dépistage précoce

    Une installation et une action félicitées par les personnalités politiques et publiques présentes. Comme le directeur de l’ARS Paca, Yann Bubien, qui souligne « l’importance des médiateurs pour faire revenir les personnes qui sont éloignées de la santé, notamment dans des zones comme celles-ci ». « On parle beaucoup de ruralité quand on évoque les déserts médicaux, mais ici, dans les quartiers populaires, on en voit aussi s’installer. Il faut développer ces “allers vers” car il y a une appréhension sur ces choses. D’autant plus quand on sait que la détection précoce d’un cancer est primordiale. On ne parle pas de chiffres mais de familles sauvées », souligne Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon.