Tag: déserts médicaux

  • Marie Batoux : « L’extrême droite nie la grande majorité des violences faites aux femmes »

    Marie Batoux : « L’extrême droite nie la grande majorité des violences faites aux femmes »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie
    du territoire.

    Le droit à l’IVG

    Didier Gesualdi : À l’occasion de la journée internationale pour le droit à l’IVG, vous avez organisé à Marseille un événement sur ce thème. Rencontre-t-on encore des difficultés à avoir accès à ce droit ?

    On avait la chance d’avoir une gynécologue avec nous, jeudi, lors de cet événement et elle pointait une régression notamment à propos de la clause de conscience des personnels de santé. Aujourd’hui, une femme sur deux ayant eu recours à l’IVG indique qu’un professionnel a refusé de l’accompagner pour l’intervention contre 27% en 2024. C’est une dégradation extrêmement rapide au plan national. On est face à des pressions sociales, près de 64% de ces femmes disent en avoir subi pour ne pas effectuer leur avortement. Une femme sur cinq déclare avoir le sentiment de ne pas avoir eu le choix de sa méthode d’IVG. On a une loi qui encadre fortement les délais. On ne peut pas avoir au-delà de 16 semaines et aujourd’hui, il faudrait recevoir dans les 5 jours une femme qui a constaté qu’elle était enceinte et veut interrompre sa grossesse, or le délai moyen de rendez-vous est de 7 jours. C’est aussi une régression. À Marseille, on n’est pas exempt de cette démarche.

    Léo Purguette : C’est très paradoxal puisque ce droit a été inscrit dans la constitution. Est-on face à une insuffisance de moyens dans les services médicaux
    ou à une régression idéologique ?

    Le phénomène doit être pris dans un cadre global marqué par le recul du nombre de gynécologues qui exercent en ville ou à l’hôpital. C’est un sujet d’accès aux soins, notamment dans des quartiers qui sont de vrais déserts médicaux sur lesquels la Ville de Marseille tente d’agir en s’appuyant sur des acteurs associatifs. Il y a aussi ce que vous évoquez dans votre question, c’est-à-dire une montée du masculinisme, des forces réactionnaires dans ce pays qui fait que ces personnels de santé qui exercent leur clause de conscience sont de plus en plus forts. Il faut savoir que ce ne sont pas que des gynécologues, mais ça peut être aussi un anesthésiste, un infirmier… Cela concerne l’ensemble de la chaîne médicale et augmente le nombre de freins que l’on peut constater pour l’accès à l’IVG.

    Les leviers d’action de la ville

    Didier Gesualdi : Quels sont les leviers d’action dont vous disposez au niveau municipal ?

    Cette soirée que nous avons organisée jeudi, autour du droit à l’IVG, résulte d’une réflexion de l’assemblée du futur qui a eu lieu l’année dernière sur le sujet de la santé des femmes. Elle part d’un constat : aujourd’hui, nous devons sensibiliser, faire de la prévention, informer les jeunes filles, les femmes, sur leurs droits et leur permettre d’y accéder. C’est une première étape. Nous devons continuer de travailler avec notre partenaire associatif, le Planning familial, qui est notre référence en la matière, pour permettre de continuer à travailler sur l’accès aux droits. Notre dialogue avec l’AP-HM nous permet aussi d’avancer.

    Léo Purguette : Les droits des femmes dépassent évidemment le seul droit à l’IVG. Que peut une Ville en la matière ?

    Il y a en effet toute une réflexion à mener parce que cela peut relever de l’accompagnement social, de la police, de la justice, du droit au logement, de l’accès à l’emploi… Il y a une transversalité qui doit permettre aux partenaires institutionnels d’échanger et de trouver des solutions. Par exemple, la Ville avec la Métropole peut trouver des solutions sur le logement. Nous avons une expertise, la Ville a un service droits des femmes qui accompagne les victimes de violences et nous travaillons avec tous les acteurs incontournables de terrain. Nous avons un observatoire qui doit nous permettre de comprendre comment cela se passe sur notre territoire et de définir les politiques publiques à mener.

    Safer

    Didier Gesualdi : La Ville a déployé le dispositif Safer sur les plages pour protéger les femmes du harcèlement. Envisagez-vous de l’étendre ?

    C’est un dispositif né dans les festivals musicaux qui vient d’un acteur central à Marseille, Marsatac, qui a développé son propre outil et nous a permis d’en bénéficier sur les plages. C’est une application qui permet de signaler une situation de violence et qui doit être accompagnée de personnes physiques pour faire de la prévention contre les comportements inadaptés qui vont du regard lourd à l’agression. Nous l’avons mis en place sur les plages et déployé aussi cette année, sur l’été marseillais, de manière expérimentale. Cette année, ce sont 235 interventions qui ont été faites par nos équipes de médiation, soit 25% de plus que l’année précédente. Ce qui révèle la forte pertinence du dispositif. Il ne faut pas dédramatiser, mais dire que 186 situations ont été résolues par la médiation, ce qui veut dire qu’on n’a pas toujours besoin de la force publique. 26 interventions des forces de l’ordre ont été nécessaires.

    L’extrême droite

    Léo Purguette : Pour la première fois, une femme est donnée gagnante de la présidentielle. Elle est d’extrême droite, y voyez-vous un paradoxe ?

    C’est une femme héritière d’un système. Elle est le symbole d’un héritage politique ancien. On se rappelle bien, à Marseille, de l’OAS, de la guerre d’Algérie et de ces militants qui n’hésitaient pas à torturer et à commettre des attentats. On voit aujourd’hui l’extrême droite développer une sorte de sémantique autour du féminisme avec la mairie des 11-12 qui fait venir une association proche du mouvement Nemesis pour créditer un récit autour du migrant agresseur sexuel. Ce que fait l’extrême droite, c’est nier la très grande majorité des cas de violences qui sont intraconjugaux pour alimenter ses thèses racistes autour d’un bouc émissaire qui serait l’étranger. Par ailleurs, des thèses masculinistes perdurent au sein du RN selon lesquelles les femmes prennent le travail des hommes et devraient retourner au foyer, mais aussi des dangers sur l’IVG et la contraception.

    L’éducation des jeunes

    Léo Purguette : La meilleure manière de prévenir les violences sexistes et sexuelles n’est-elle pas l’éducation des jeunes garçons ?

    C’est tout un écosystème à changer, tout une prise de conscience collective. Pour l’éducation, la Ville mène déjà des parcours égalité fille-garçon dans les écoles. Il faut renforcer le dispositif. Le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle voulu par l’État est l’objet de beaucoup de fantasmes. Nous devons travailler à permettre aux familles de bien comprendre de quoi il s’agit : c’est l’apprentissage de la notion de consentement, de dignité humaine etc. Nous avons des travaux à mener avec des acteurs de l’éducation populaire également hors du temps scolaire.Beaucoup restent à faire par ailleurs sur la question de l’IVG ou de l’excision. On est sur des sujets qui concernent la santé sexuelle pour faire en sorte que l rapport à ces questions soit changé.

    Les moyens

    Léo Purguette : Faites-vous du partage d’expérience avec d’autres villes ? Durant les municipales, La Marseillaise avait relevé que des délégations comme la vôtre n’existent pas partout.

    Oui, c’est un travail que je mène effectivement. Je pense notamment à la cité des femmes qui est un lieu qui devrait permettre à toutes les associations, mais aussi aux acteurs de l’accès aux droits et aux services publics liés aux signalements, aux dépôts de plainte, d’accompagner les femmes. Nous échangeons avec les Villes qui ont mené à bien ce type d’expérience pour savoir comment elles s’y sont prises. Ce sont souvent des lieux associatifs ou municipaux. L’idée à Marseille est peut-être de faire quelque chose d’un peu hybride pour porter une politique publique qui fasse connaître le continuum de violences auquel les femmes sont confrontées et qui fasse reculer les violences sexistes et sexuelles.

    Didier Gesualdi : Les associations s’inquiètent des moyens disponibles pour mener à bien leurs actions.

    L’inquiétude est surtout de savoir quels seront les budgets des autres institutions qui sont en train de se réduire comme peau de chagrin après les annonces budgétaires qui sont faites de restrictions des dotations de l’État sur les collectivités. C’est extrêmement inquiétant pour 2027, c’est tout un tissu associatif qui va être mis en danger alors que son activité est d’intérêt général et qu’il se substitue finalement au service public.

    Léo Purguette : La Haute-commissaire à la protection de l’Enfance était sur ce plateau, la semaine passée. Contestez-vous les montants avancés par l’État pour financer la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants ?

    Ces montants ne sont pas crédibles parce qu’il valorise ce que l’État fait déjà, c’est ce que dénoncent les associations. Nous demandions 3 milliards contre les violences sexistes et sexuelles qui englobent l’ensemble des moyens nécessaires comme cela a été fait en Espagne, ce qui a produit des changements radicaux. On sent bien que les annonces du gouvernement sont pré-présidentielle, ce qui est inquiétant pour la suite. Cependant, le vote de cette loi intégrale nous permettra d’avancer et d’avoir une assise législative pour continuer le travail.

    Les Joggeuses

    Didier Gesualdi : On parlait des plages, mais ce ne sont pas le seul lieu où des jeunes femmes, des femmes, peuvent subir du harcèlement. Comment mieux lutter globalement contre ce phénomène ?

    Il y a de plus en plus de joggeuses qui sont l’objet d’agression. Nous devons nous emparer de ce sujet fortement. C’est une question de garantie d’utiliser l’espace public au quotidien. Le 25 novembre, nous aurons la dernière « la Voie est libre » de l’année et, à cette occasion, nous allons organiser la course des joggeuses. 1, 2, 3 km contre les violences sexistes et sexuelles. Cela doit permettre de rendre visible et de faire connaître ce phénomène pour sensibiliser l’ensemble des personnes sur la question.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Lisa : Je suis jeune maman, la question de la garde d’enfant me paraît plus qu’importante pour l’égalité. Que fait la mairie là-dessus ?

    Je pense en effet qu’il y a une politique à mener rapidement en direction des familles monoparentales pour permettre à toutes ces femmes qui élèvent seules des enfants d’avoir accès à la garde d’enfants plus facilement. C’est un coût financier fort pour elles. C’est toute un politique que nous engageons pour leur permettre aussi d’accéder aux services publics plus facilement, au logement, à un ensemble de propositions culturelles, et même d’un droit au répit leur permettant de souffler un peu. C’est une politique qu’on doit mener avec la CAF. La Ville finance aussi fortement les centres aérés et, depuis le début du mandat précédent, nous augmentons le nombre de places, le soutien aux associations culturelles, sportives et l’accompagnement périscolaire. C’est un ensemble de maillons qui doivent être améliorés et un dialogue permanent avec la CAF notamment puisqu’elle co-finance ce type d’actions.

  • Un nouveau centre médical a ouvert ses portes à Béziers

    Un nouveau centre médical a ouvert ses portes à Béziers

    « Nous nous sommes rendu compte que nous avions de plus en plus de patients sans médecins traitants. À peu près 18 000 sur 185 000 habitants. L’idée nous est donc venue de créer ce centre en lien avec l’hôpital de Béziers, dont les urgences explosent. Les gens qui n’ont pas de médecin traitant se rendent aux urgences. On s’est dit qu’il fallait les urgences de ces patients qui ont simplement besoin d’une consultation médicale », explique Laurence Safont, pneumologue et présidente de la CPTS Ouest Hérault, structure porteuse du projet qui couvre un territoire allant « d’Olonzac à Saint-Pons, jusqu’à la mer ».

    Ce nouveau centre territorial médical du Biterrois (CTMB), inauguré le 3 août, propose donc, en journée (du lundi au vendredi de 9h à 13h et de 14h à 19h), des consultations au sein de la maison médicale de garde située face à l’hôpital et gérée par lui, laquelle fonctionne de nuit et les week-ends. « L’hôpital de Béziers a été tout à fait favorable à nous la mettre à disposition gratuitement en journée », rapporte Laurence Safont.

    Un accès sur régulation via le 15

    La structure s’appuie sur une rotation de médecins libéraux. « Sur les 90 médecins actuellement présents sur le territoire, 30 ont déjà adhéré au principe de ce centre. Et il est probable que d’autres se manifestent en septembre, car certains confrères sont en vacances ou en effectifs réduits à cette période », indique la présidente de la CPTS Ouest Hérault. « Dans 80% des cas, les consultations auront lieu en présentiel. 20% des médecins, qui sont un peu éloignés sur le territoire, préfèrent opter pour la téléconsultation assistée par un infirmier libéral, qui aide le patient dans la démarche. La CPTS s’est donc équipée d’une valise de téléconsultation assistée avec stockage des données des patients, pour qu’ils puissent revenir pour le suivi en cas de prescription d’imagerie ou de biologie. »

    Chose importante : l’accès au CTMB se fait uniquement sur régulation via le 15. « Les patients appellent le 15, d’où ils sont basculés sur le SAS (service d’accès aux soins) qui prend rendez-vous sur notre agenda. On s’est engagé à répondre à la demande sous 48h », précise Laurence Safont. Des patients se trouvant aux urgences de l’hôpital de Béziers ou de la polyclinique Saint-Privat peuvent également être adressés au SAS par l’infirmier d’orientation. De quoi offrir une bonne bouffée d’oxygène aux services d’urgences.

    Les médecins généralistes du territoire devraient, en outre, recevoir dès novembre le renfort de 12 « docteurs juniors » : « Des 4e année d’internat de médecine spécialisés en médecine générale, qui vont travailler en autonomie. Ils seront là pour 6 mois à un an et j’espère que nous serons assez attractifs pour leur donner envie de s’installer. »

  • Le Médicobus fait le plein de patients dans les Hautes-Alpes

    Le Médicobus fait le plein de patients dans les Hautes-Alpes

    « Après sept mois d’activité, le dispositif a déjà démontré son utilité », rapporte l’Agence régionale de santé Paca (ARS). Cabinet médical itinérant installé dans un véhicule aménagé, le Médicobus apporte un suivi de médecine générale dans les communes rurales confrontées à la désertification médicale. Le dispositif permet aussi d’orienter les patients dans un parcours de soins et renforce la coordination avec les professionnels de santé du territoire.

    Pour l’heure, il circule dans deux secteurs en manque de praticiens : dans le sud des Hautes-Alpes, autour des communes de Rosans, Trescléoux, Orpierre et Barret-sur-Méouge, et dans le nord du département, autour des communes de Névache, Val-des-près ou La Vachette, Puy-Saint-André, Puy-Saint-Pierre, Puy-Saint-Vincent, Freissinières et Champcella.

    Le budget global du projet est estimé à 985 000 euros sur trois ans, financé par l’ARS, à hauteur de 180 000 euros par an pendant trois ans. Le dispositif bénéficie également du soutien du Département des Hautes-Alpes (5 000 euros), de la Communauté de communes du Pays des Écrins (3 500 euros) et du mécénat de la société Énergie Développement Service du Briançonnais (1 500 euros).

    L’acquisition et l’aménagement du véhicule a été rendue possible grâce à l’apport de 100 000 euros de la Région Sud, et de 60 000 euros de la Mutualité sociale agricole Alpes-Vaucluse.

    Un succès qui confirme

    les manques structurels

    À bord, une douzaine de médecins généralistes installés dans la région se relaient pour donner des consultations, ainsi qu’une assistante médicale permanente qui assure la continuité du suivi des patients. Le dispositif fait preuve de son utilité : « La forte fréquentation enregistrée dans le sud des Hautes-Alpes confirme le besoin d’une offre de soins mobile au plus près des habitants », note l’ARS dans un communiqué. Pour de nombreuses localités où les médecins ont déjà une patientèle pleine, ce dispositif est un soulagement. Néanmoins, ce succès confirme le manque structurel de soignants sur les territoires traversés, un déficit que le Médicobus a vocation à atténuer, mais pas à résoudre.

  • Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    C’était une promesse de campagne de Carole Delga. Dès juillet 2022, la Région Occitanie mettait en place un service public régional de médecine à travers la création du dispositif « Ma santé, Ma Région », consistant à salarier des professionnels de santé pour lutter contre les déserts médicaux. Depuis, 133 professionnels ont déjà été recrutés (119 médecins et 10 sages-
    femmes), dans 26 centres de santé répartis en Occitanie. 507 500 consultations ont été réalisées et 38 854 patients ont retrouvé un médecin traitant grâce à ce service. « Le 27e centre de la région ouvrira ses portes ce mercredi 24 juin à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, s’est félicitée la présidente de Région Carole Delga mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse donnée à Toulouse. L’objectif est d’ouvrir cinq nouveaux centres de santé en 2026. »

    Le tout premier centre de santé du dispositif a ouvert à Sainte-Croix-Volvestre, en Ariège, dès 2022. Le seul médecin de la commune venait de partir à la retraite et n’avait pas trouvé de remplaçant, laissant la zone sans solution de proximité. Le médecin généraliste Béranger Irondelle s’y était alors installé immédiatement grâce au dispositif « Ma santé Ma Région ». Il raconte : « Nous, les médecins salariés du centre, partageons le bâtiment financé par la communauté de communes avec des professionnels libéraux. Il y a une vraie collaboration entre nous et des échanges permanents pour fluidifier le suivi des patients. » L’un des avantages du centre de santé repose dans la prise en charge des tâches administratives par une équipe dédiée, ce qui soulage les médecins. « Je ne regrette pas du tout mon choix car désormais, je me consacre à 100% aux soins, se réjouit Béranger Irondelle. Cela nous permet aussi d’avoir du temps à consacrer aux activités de prévention, qui sont absolument essentielles. » Il ajoute que, comme tous les autres médecins salariés du dispositif, il pratique des visites à domicile.

    Pallier les inégalités

    « Le dispositif Ma santé Ma Région a été pensé dans un esprit d’équité des territoires, avec l’objectif de créer un véritable réseau de centres de santé qui sont en lien entre eux », détaille Vincent Bounes, vice-président en charge de la santé à la Région. Si la priorité a été donnée aux territoires ruraux, les inégalités d’accès aux soins existent aussi dans les territoires urbains, qui bénéficient donc également du dispositif. C’est
    ce dont témoigne Audrey Lacipière, médecin au centre de Cugnaux, proche de Toulouse : « En ville aussi, nous sommes confrontés au manque de médecins. Depuis sa création, le centre de Cugnaux a permis de désengorger les urgences, mais aussi de travailler en lien avec l’aide sociale de proximité, notamment le CCAS et le Cada. »

    Sur le terrain, les habitants semblent ravis. « En Ariège, on m’en parle spontanément, affirme Carole Delga. Il y a une forme de soulagement, pour des personnes qui, parfois, n’avaient pas vu de médecin pendant plusieurs mois, voire années. » Depuis novembre 2024, la Région a aussi mis en place un dispositif ayant permis le déploiement de 20 médecins spécialistes dans les hôpitaux, en partenariat avec l’ARS, la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, la faculté de santé de Toulouse et les trois CHU. Six postes supplémentaires de médecins spécialistes seront créés dès novembre 2026, dans les hôpitaux de Castres-Mazamet, Rodez, Albi, Uzès, Clermont-l’Hérault et Narbonne.

  • Dix projets innovants primés

    Dix projets innovants primés

    Dix projets portés par des acteurs de la région et financés par l’Union européenne ont été récompensés ce jeudi 7 mai à l’hôtel de Région, à Marseille. C’est le projet de l’ambulance connectée qui a remporté le prix du public lors de cette 4e édition.

  • Le bus santé itinérant inauguré pour pallier les déserts médicaux dans les Alpes

    Le bus santé itinérant inauguré pour pallier les déserts médicaux dans les Alpes

    Sillonner les routes du Haut-Verdon à la rencontre des habitants isolés : tel est l’objectif du bus santé inauguré vendredi à Castellane. « Nos territoires ruraux ont un grand besoin de santé auquel le médicobus répondra », a insisté le maire du village. Nathalie Blanc, la directrice de la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé), à l’origine du projet, a expliqué avoir voulu apporter « une réponse concrète aux enjeux de santé du territoire » et « garantir un accès équitable aux soins des territoires ruraux où les inégalités d’accès sont une réalité quotidienne ».

    « L’évidence s’est imposée : aller vers les patients plutôt que d’attendre qu’ils viennent », a-t-elle conclu, espérant que le modèle inspire d’autres territoires.

    La première vice-présidente de l’intercommunalité a salué un choix « profondément politique de ne laisser personne au bord du chemin ». « Garantir l’accès aux soins n’est pas une option, mais une responsabilité collective », a-t-elle lancé, rappelant que certains renoncent aux soins faute de proximité. « L’offre de soins doit s’adapter au territoire, et non l’inverse ».

    « Aller vers est une solution »

    Jean-Charles Borghini, représentant le président de la Région, a qualifié le bus de « projet exemplaire » : « Il reste encore beaucoup à faire, mais aujourd’hui, nous franchissons une véritable étape. » « Face aux fragilités, aller vers est une solution, plutôt que d’attendre que les patients viennent aux soins », a avancé la préfète du département, Isabelle Tomatis. « L’accès aux soins ne doit jamais dépendre du lieu de résidence », a-t-elle martelé.

    Lancé début mars, le bus santé dessert des villages isolés du Haut Verdon, d’Allos à Rougon, trois jours par semaine.

  • Cévennes : un front franco-cubain face au désert médical local

    Cévennes : un front franco-cubain face au désert médical local

    Il y a quasiment un an, lorsqu’André Chassaigne était venu à Alès pour présenter la possibilité d’attirer des médecins cubains dans les déserts médicaux français, beaucoup n’y croyaient pas. Mais onze mois plus tard, l’enthousiasme est revenu chez les Cévenols. La preuve, ils étaient une vingtaine de maires, une vingtaine d’autres élus et une soixantaine de citoyens présents à Cendras pour s’informer de l’avancée du projet, lundi 23 février.

    Car depuis, le travail mené par Sylvain André (PCF), maire de Cendras et président des maires ruraux du Gard, ainsi que par le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé en Cévennes a porté ses fruits en recevant le soutien de la quasi-totalité des acteurs du bassin alésien. « Nous avons aussi eu des réunions au ministère de la Santé et avec le conseiller santé du Président de la République. Ils sont d’accord avec la venue des médecins cubains, mais il faut pour cela travailler sur une convention », a expliqué André Chassaigne (PCF), qui a rendez-vous le 11 mars avec le ministère des Affaires étrangères pour présenter une première version de cette convention, dont le but est d’encadrer l’arrivée des médecins cubains.

    Dans un premier temps, cette venue devrait être expérimentale et concernerait trois zones en France : les Côtes-d’Armor, les Cévennes et les Alpes-de-Haute-Provence, notamment du côté de Sisteron et de Digne.

    24 000 médecins cubains déployés dans le monde

    Le travail de ces soignants serait payé par les hôpitaux à l’État cubain, qui reverserait une partie du salaire à ses médecins. « Cette situation ne sera que transitoire car ces médecins ne viennent pas pour remplacer, mais pour pallier des trous dans la raquette. Ces médecins seront aussi placés avec un médecin référent et ne seront pas envoyés seuls dans la nature », précise André Chassaigne.

    Pour confirmer le soutien de son pays à cette initiative, alors que Cuba compte actuellement 24 000 médecins déployés dans près de 50 pays, Justo Rodriguez, numéro deux à l’ambassade, s’est rendu dans le Gard ce 24 février, où il a pu échanger avec les élus et avec le directeur de l’hôpital d’Alès. « L’ambassadeur est favorable à la signature de cette convention. Pour nos médecins, ce sera aussi l’occasion de se former sur des technologies que l’on n’a pas à cause du blocus américain. Nous sommes donc disponibles pour mener cette coopération. Nous avons déjà 300 médecins déployés dans la région italienne de Lombardie », a expliqué le représentant cubain, qui a reçu officiellement le rapport sur les besoins spécifiques du bassin alésien. En Cévennes une centaine de médecins font défaut. Les analyses font apparaître un besoin de 24 praticiens au centre hospitalier d’Alès, des généralistes aux centres Filieris et sur la ville d’Alès et 28 généralistes ainsi que six spécialistes dans les communes environnantes. Après consultations et accord des divers éléments locaux du corps médical et celui des autorités nationales ses besoins pourraient être couverts par les Cubains. Si ce rapport devait être initialement remis en personne à l’ambassadeur, retenu par des affaires plus urgentes liées au contexte international, André Chassaigne estime que les pressions exercées par Donald Trump pour faire tomber le régime cubain ne perturberont pas le processus enclenché : « Le blocus exercé, avec maintenant l’interdiction d’approvisionner Cuba en pétrole, est ignoble. Quand je lui ai parlé des pressions américaines, Emmanuel Macron m’a promis qu’il assumerait. Je crois qu’il a la volonté de mettre de la distance avec les États-Unis pour affirmer son indépendance. » Des propos qui ont poussé le maire de Cendras (PCF), Sylvain André, à conclure avec optimisme : « À l’heure où les bombes pleuvent partout, cette coopération pourrait donner une autre image des relations internationales, qui seraient basées sur la solidarité. »

  • « Nous savons travailler aux côtés de la médecine libérale »

    « Nous savons travailler aux côtés de la médecine libérale »

    La Marseillaise : Que dira votre ambassade le 23 février à Alès ? Êtes-vous ouvert à une mission de médecins cubains en France et notamment à titre de test à Alès ?

    Otto Vaillant Frias : Des communes, des maires et des collectifs citoyens nous ont sollicités pour faire venir des médecins cubains. Nous avons examiné la situation des besoins liés à des déserts médicaux et confirmé la disponibilité de Cuba pour intervenir là où les besoins sont identifiés. Mais la loi française ne permet pas à des médecins non diplômés en Europe d’exercer. Il faudrait un décret spécial du Premier ministre, comme pendant la covid, qui avait autorisé des médecins hors UE à intervenir en Outre-mer. En cas d’urgence, un cadre juridique pourrait être établi. Cuba est prête, si l’autorisation est donnée.

    Il faudra donc des discussions entre les gouvernements français et cubain ?

    O.V.F. : Oui, entre gouvernements ou agences sanitaires. Côté cubain, cela passe par le Service médical cubain, chargé de la contractualisation internationale. Nous avons des accords avec des cliniques privées, des hôpitaux publics et des structures communautaires dans une centaine de pays. Dans certains cas, plusieurs centaines de nos médecins assurent le fonctionnement d’un hôpital entier.

    En Europe, c’est notamment le cas en Italie, en Calabre. Comment cela s’est-il déroulé ?

    O.V.F. : Pendant la covid, nous sommes intervenus à Crémone qui ne disposait ni de vaccin ni de traitement. Les médecins ont été envoyés au cœur du danger et leur courage a été salué. Ensuite, la Calabre a demandé près de 400 médecins ; environ 300 y travaillent aujourd’hui. De nombreux témoignages de médecins italiens louent leur préparation et leur engagement.

    Si cela se faisait en France, faudrait-il une formation préalable ?

    O.V.F. : En urgence, certains médecins ont pu intervenir sans maîtriser la langue par exemple. Mais en règle générale, ils suivent une formation linguistique avant leur départ. Nous pouvons envoyer aussi des médecins francophones. Dans les pays d’Asie, ils ont acquis l’expérience d’instruments de pointe dans des hôpitaux modernes et se forment dans tous les cas aux équipements de chaque pays. Les retours sont en général très favorables. Ils viennent toujours en appui des équipes locales, qui restent responsables de l’organisation.

    La France a un système libéral. Les médecins cubains sont salariés de l’État. Comment éviter la concurrence ?

    O.V.F. : Nos médecins travaillent déjà dans des pays à médecine libérale, aux côtés des praticiens locaux. Leur rémunération est fixée par contrat : une part leur revient, une autre soutient le système de santé cubain, notamment pour l’achat de médicaments. Les niveaux varient selon les pays, mais le salaire est correct.

    Ils ne remplaceraient donc pas des médecins libéraux ?

    O.V.F. : Non. Ils interviennent là où des médecins manquent ou bien quand des postes restent vacants. On m’a montré en France des services de néonatologie ou des unités d’accouchement ferment faute de personnel. Nous disposons de spécialistes – chirurgiens, orthopédistes, néonatologues- dans toutes les disciplines.

    Qui choisit les spécialités ?

    O.V.F. : La partie demandeuse précise ses besoins. Les médecins sélectionnés passent des examens de langue et de compétence. La sélection relève d’une commission du pays d’accueil – en France, probablement régionale – incluant les représentants hospitaliers.

    Ces départs ne fragilisent-ils pas le système de santé à Cuba ?

    O.V.F. : Après 1959, la moitié des six mille médecins ont quitté le pays ; il en restait trois mille. Cuba a alors massivement investi dans la formation, jusqu’à dix mille médecins par an. Plus de 150 000 médecins étrangers ont été formés gratuitement. L’École latino-américaine de médecine accueille encore des étudiants d’Afrique, d’Europe, des îles du Pacifique et des États-Unis, souvent issus de milieux modestes. Des bourses sont aussi accordées aux enfants de Cubains nés à l’étranger.

    Ces étudiants américains exercent ensuite aux États-Unis ?

    O.V.F. : Ils retournent dans leurs communautés d’origine. Des responsables cubains les ont rencontrés à New York lors de sessions à l’ONU : ils exercent aujourd’hui, notamment dans les quartiers défavorisés.

    « Nous avons
    des accords avec
    des cliniques, des hôpitaux dans une centaine de pays »

  • Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Il y a un peu moins d’an, une quarantaine d’élus locaux et responsables associatifs du haut-Gard se réunissaient à Alès. Deux questions dominaient les débats : comment faire face à la pénurie locale de personnel sanitaire ? Comment renforcer les capacités et l’efficience de l’hôpital public alésien ? L’établissement compte près de 880 lits, mais souffre d’un manque chronique de personnel, malgré les efforts intenses de la direction qui recourt déjà aux PADHUE (personnel hors Union européenne).

    Les conséquences sont lourdes : des délais de consultation pouvant atteindre près de deux ans en dermatologie, et des urgences régulièrement « régulées ». Le centre hospitalier rayonne également sur cinq structures d’accueil et d’hébergement pour personnes âgées, où interviennent plusieurs médecins généralistes. Il coiffe aussi le centre hospitalier de Ponteils, qui comprend notamment 75 lits (médecine, chirurgie, obstétrique) ainsi que l’hôpital d’Uzès.

    La pénurie ne touche pas seulement l’hôpital. Dans le territoire de l’agglomération alésienne, où vivent près de 136 000 personnes, on comptait 71 médecins en 2021. Ils ne sont plus que 55 aujourd’hui. À Alès, sous-préfecture de 46 000 habitants, on ne recense que vingt médecins du secteur 1. Résultat : 16 000 résidents de l’agglo sont privés de médecin traitant ; on compte un médecin pour 2 400 habitants.

    Pour le seul bassin alésien, l’estimation des besoins humains fait apparaître un manque global d’environ quatre-vingt-quatre professionnels de santé, toutes catégories confondues. Face à cette carence qui nuit gravement à la santé des habitants, la direction hospitalière et les élus locaux se tournent de plus en plus vers les praticiens diplômés hors Union européenne, devenus indispensables au maintien de l’offre médicale. Mais une autre option prend corps : faire appel, à titre provisoire, à des médecins cubains dans le cadre de l’hôpital local. L’expérience existe déjà en Calabre (Italie), où le personnel cubain est réparti dans quatre grands centres hospitaliers. Une coopération reconduite chaque année.

    Alès, un test national

    Forts de ces expériences réussies, fin du printemps dernier, une quarantaine de maires et élus du haut-Gard, conduits par Sylvain André, ont engagé une démarche commune auprès du sous-préfet d’Alès pour soutenir la venue de médecins cubains. À l’échelle nationale, la démarche est défendue par André Chassaigne, député communiste durant 23 ans et ex-président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Fin connaisseur du dossier, il travaille à lever les obstacles réglementaires, en lien avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Santé. « Ce n’est pas une démarche individuelle » insiste André Chassaigne. « Les praticiens sont sélectionnés, formés, et payés par l’État cubain. Ce sont des missions qui concernent aujourd’hui une cinquantaine de pays dans le monde. » Ce fut notamment le cas lors de la covid 19, avec des interventions en Caraïbe aux côtés de PADHUE en Martinique et en Guadeloupe.

    Pour Jean Michel Suau, du Comité de défense de l’hôpital, l’établissement public d’Alès « pourrait devenir un test à valeur nationale ». L’Alésien figure parmi les chevilles ouvrières de ce projet santé, soutenu par André Chassaigne, qui coordonne les nombreuses demandes formulées par les élus à travers le pays. La possibilité d’un renfort cubain intéresse également les centres et antennes de santé Filieris, issus de la Caisse Autonome Nationale de la Sécurité Sociale des Mines, présents notamment aux Mages, Saint-Florent/Auzonet, La Grand-Combe, Saint-Martin-de-Valgalgues, Bessèges, Saint-Ambroix, Salindres et Saint-Christol. D’ores et déjà vingt maires sont prêts à mettre à disposition des locaux pour accueillir les praticiens.

    Dans un territoire confronté à une désertification médicale accélérée, la venue de médecins cubains pourrait-elle marquer un tournant ? « Les besoins ont été évalués à 84 médecins environ » pour le bassin sanitaire, précise Jean-Michel Suau. Un bassin de 180 000 habitants (qui comprend aussi la basse Ardèche et la basse Lozère) dont 146 000 vivent dans l’agglo d’Alès (72 communes). La rencontre du 23 février pourrait bien ouvrir une nouvelle page pour la santé dans le haut-Gard.

    Lundi 23/02 à 18h, soirée au Prolé d’Alès en solidarité à Cuba.

  • Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    La camionnette « Au fil de la Ligue », garée sous le soleil de la place Jules Guesdes, à Marseille, a été inaugurée ce mardi, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le cancer. Les représentants du projet ont coupé le ruban, ouvrant les routes des Bouches-du-Rhône à ce véhicule décoré à l’effigie de la Ligue contre le cancer.

    En ralliant trois communes par semaine, dans « les marchés, sur les plages ou dans les entreprises », la camionnette est un « nouvel outil pour aller là où sont les gens, les rencontrer dans leur lieu de vie » notamment « ceux qui manquent d’information, isolés », détaille Magali Maugeri, directrice générale de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône.

    En commençant par le marché de Gardanne le vendredi 6 mars, cet espace mobile de prévention parcourra le département, avec des missions de prévention et de dépistage. Avec une psychologue, une onco-esthéticienne et une médecin interne à son bord, les habitants pourront être sensibilisés à l’importance du dépistage, dans une région où le cancer est la première cause de mortalité. Pour Michelle Philip, retraitée et bénévole depuis 4 ans au sein de la Ligue, la camionnette « est magnifique, et va permettre d’aller au plus près des gens, partout », chose importante car « le cancer touche toutes les familles, tous les environnements possibles ».

    « Au plus près du dépistage »

    Le dépistage précoce d’un cancer permet très souvent un meilleur traitement, moins lourd et avec plus de chances de guérison. Or, sur les traitements des cancers du colon ou de la prostate, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur constate un retard de 20 à 25 points par rapport aux autres régions, en raison d’un « manque de prévention sur le dépistage, sur lequel il nous reste encore des choses à faire », insiste Renaud Muselier, président du conseil régional PACA. Ambition régionale donc que de travailler à une meilleure prévention, « faire en sorte d’être au plus près du dépistage ».

    Mais pour se faire dépister, il faut oser. La peur de connaître le diagnostic freine : un sondage réalisé par l’IFOP pour Biogroup à l’occasion d’octobre rose en 2025 montre qu’une personne sur deux interrogées redoute le dépistage, quand 12% renoncent à la démarche. Justement, Charlotte Douchet, responsable de la prévention au sein de la Ligue, affirme qu’il s’agit bien « d’être disponible, d’aller contre les peurs des personnes ». En se rendant dans « des lieux retirés ou populaires, pour aussi aller vers des personnes qui ont moins accès à l’information », la camionnette est une tentative de généraliser le dépistage dans le département.

    Ainsi, c’est avec le soutien de la première région française à avoir adopté un « Plan cancer » que la Ligue souhaite rendre accessible sa connaissance de la maladie. Déjà pionnière, la branche des Bouches-du-Rhône, qui accueille entre 650 et 700 personnes par mois dans ses centres, lutte notamment contre les déserts médicaux. La camionnette « Au fil de la ligue » rejoindra donc des communes isolées, dans lesquelles les rendez-vous médicaux sont parfois longs à obtenir.

    Rendre la santé mobile est une manière de généraliser l’accès au soin et à l’information. Si la camionnette n’a pas encore entamé son périple, Renaud Muselier est confiant : en 2020, la région avait développé une camionnette de vaccination et de tests Covid, qui avait « très bien fonctionné ». Selon lui, « pour un développement harmonieux de la région, il est nécessaire de lutter contre les déserts médicaux, d’aller vers les habitants dans les lieux où il y a moins de médecins ».